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Anges 25 fevrier

IntégréTéléchargement
Choix de poèmes
de Daniel Villaperla
Période du 9-2 au 9-3-2008 (N°29)
Attendez que la musique de Mozart démarre et prenez
le temps d’apprécier les textes poétiques que vous
aimez dans cette sélection…
Les diapositives changent au clic de la souris
Victor Hugo
Soleils couchants IV (Les Feuilles
d'Automne)
Le soleil c’est couché ce soir dans les nuées.
Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l’aube, et ses clartés de vapeurs obstruées;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui
s’enfuit !
Tous ces jours passeront; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous
aimons.
Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S’iront rajeunissant; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il
donne aux mers.
Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas
ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et
radieux !
Tchin-tchin !
Agrodolce
Tchin-tchin !
J'ai trinqué à toi
et à ta voix chaleureuse...
d'un geste lent, précis, banal,
selon le rituel,
j'ai levé mon verre
de cette mixture suspecte,
âpre et piquante.
Tchin-tchin !
Mélancolieillusiondoucetristesse
mornes paroles qui se succèdent
chantant amourpassiontendresse
j'espère peut-être faire impression.
Tchin-tchin !
Je regarde autour de moi :
il n'y a personne.
Esseulée, la coupe tinte
en quête de compagnie,
je plonge et tourne mon doigt
dans l'apéritif
puis je trinque seule
à ma mélancolie.
J'ai peur et je m'accroche à la vie
qui fout le camp !
Aujourd'hui, j'ai peur
de reprendre espoir en cette vie.
J'ai peur de demain,
j'ai peur de moi.
Je vois bien que j'ai perdu,
je vois bien que je n'en peux plus.
Maintenant je n'ai plus rien
que la peur du temps
qui s'écoule si lentement.
Je voudrais en finir,
je voudrais tout abandonner,
je voudrais tout effacer.
Je ne sais plus très bien
où j'en suis maintenant !
Michelle
Juaire
Démons et merveilles
Comme basse terre
en attente d'eaux vivifiantes,
en apnée profonde
en pays rubigineux.
Envahie par d'inlassables
fugues de brumes,
en apnée
dans l'absurde des limites
dans l'angle mort
de la mémoire.
Arrachée au silence,
une patience infinie pour le vivant
et pour l'ineffable
l'étonnement incrédule.
En quête de sédiments
où renaître
en adéquation peut-être
dans l'aujourd'hui.
Agnès Schnell
CHIEN ET LOUP
aux premiers rubans
du ciel vif-argent
les papillons noirs
abandonnent grisés
les tenues d'apparat
de leurs nuits blanches
aux flaques irisées
puis ailes dépliées
font sur les pétales
une toilette de rosée
pour s'offrir emperlés
en négligé de coquette
que l'air frais apprête
à la lame du sécateur
Paul Fenoult
LeananSidh
La nuit à...
(L'Ecchymose)
La nuit a d’étranges frissons
Qui vous laissent les larmes aux yeux
L’amour a d’étranges secondes
Qui vous laissent la glace au cœur
Ses mains ont d’étranges audaces
Qui me laissent le cri aux lèvres
Sa voix a d’étranges caresses
Qui me laissent la fièvre au corps
Le ciel a d’étranges tendresses
Qui vous laissent les bras tendus.
Patricia Ahdjoudj
JuliaQuinn
Webmasteur heureux
RICKWAYS
shyble
Communiquer...instinct et besoin de l'être
humain.
De la parole à l'art, chacun fait vibrer ses
liens...
Inspiré de rimes et de vers,
J'ai voulu dire à terre entière,
Que la poésie était universelle,
Que les barrières n'étaient plus éternelles.
J'ai croisé cette femme aux rimes enfantines,
D'un âge bien différent, d'un pays bien lointain.
Et pourtant la magie est née de cette union
Sur cette toile, partageant vers tous les
horizons.
Le cœur des poètes est venu nous rejoindre
Dans ce groupe chaleureux, ils ont voulu se
joindre
Pour l'aventure unique d'hommes si différents
Oubli des apparences, nos esprits convergents.
Le site les poètes rencontre un doux plaisir
Auprès de ces auteurs, fruit de son devenir
Voyage
Nous devions visiter Venise,
Et la tour penchée de Pise,
A La fontaine de Trévise
Faire ensemble de doux vœux
Pour y revenir à deux…
Mais lorsque tu fis ta valise
Moi je n’étais pas du voyage
Car tu avais tourné la page ..
Tu t’envolais vers d’autres lieux
Pour naviguer sous d’autres cieux
Et te noyer dans d’autres yeux
Me laissant au bord de la route
L’âme et le cœur en déroute .
Depuis que tu as fui ma vie
Je ne vais plus en Italie
Brigitte de Labarre.
Ibogaine
En colère, en colère
comme mille bourgeons
en colère
comme la vague bleue
une île fouettée par le vent,
un palmier solitaire
en colère
comme une pluie fine sur la terre
des milliers d'hirondelles, une aile
une aile comme un cri dans le ciel
en colère
comme mille éclairs,
douze tonnerres
et le ciel qui se fend
et l'encre se répand
et l'étoile qui se rend
en colère
comme un livre ouvert, simplement
en colère
mille arbres qu'on déracine
ne feraient pas autant de bruit
que ma colère et le son de la terre
des étoiles qui chutent
au fond de l'océan
ne feraient pas autant de vent
que ma colère et le chant de la mer
mille bourgeons qui s'ouvrent
et qui offrent leur coeur
n'auraient pas ce frémissement
et mille abeilles rayées
qui butineraient les fleurs
ne donneraient pas
un miel plus nourrissant
que ma colère... (*)
Aïda Hamza
Mon ange
Que faire lorsqu'un beau jour un Ange vous tombe
dessus
Que l'amour s'installe sans vous avoir prévenu
Que tout devient lumière
Et les ombres éphémères
Qu'un nouveau monde s'ouvre à vous
Un monde parfait, éblouissant...
Que je regarde comme un enfant
C'est un territoire inconnu
Mais je l'ai tellement voulu
Tu es là, tu es à moi
Ma douce moitié, ma destinée...
Tes baisers, tes caresses... j'en rêve
De la tendresse sans aucune trêve
Ta douceur, ta chaleur...
Ta présence me fait oublier mes peurs
Tu es mon océan de bonheur
L'étoile filante dans le ciel
Le sang qui coule dans mes veines
Et les battements de mon cœur
Que faire lorsqu'un jour l'on retrouve la raison
Cet amour n'était qu'une illusion
Ce qui me sépare de toi avec tant de violence c'est la
distance...
Entre le ciel et la terre il y a... cet espace qui nous
détruira...
Accepte de perdre tes ailes et rejoint moi
Car je ne peux pas vivre en ton absence
Ma vie n'aurait plus aucun sens.
Stéphanie Pitino
J'aime l'automne
quand le vent se lève
et plisse l'onde
entre les
rochers bruns,
quand ne s'entend plus
que le chant poignant de la mer.
J'aime l'automne
quand la caresse franche du vent
est un souffle imprégné de sel marin
qui câline les cheveux et le visage,
plaque les vêtements au corps
et amène encore
les vestiges de l'été.
Pauline
indospan
L'IMPALPABLE
Christian Pequeux
Elle n’a pas le piquant du chardon
Ni la souplesse du saule,
Elle n’a pas la blondeur des chaumes
Ni le goût des bombons,
Elle n’a pas l’éclat des roses
Ni la douceur du limon,
Elle n’a pas la présence des choses
Ni les oublis de l’abandon.
Elle est immatérielle, un rêve
Qui m’abandonne sur la grève.
Elle a la souplesse du vent
La profondeur des océans,
Elle a la durée de l’espace
La transparence des glaces,
Elle a la puissance des orages
Et l’illusion des mirages,
Elle a la beauté du diable
Mais elle est impalpable,
Je la vois mais elle n’existe pas.
Je n’irai pas à ses sabbats.
NABUCHODONOSOR par Renée Laurentine
« …les chats puissants et doux, orgueil de la maison»
(Baudelaire)
Non, ce n’est pas le roi de Babylone, mais régnant souverain sur
notre maisonnée, il mérite bien qu’ainsi on le nomme ! On dit
Nabu parfois, ou Kodo rarement, et Zor, le plus souvent ! Car
son nom est si long, si long, que lorsqu’on l’appelle Sa Majesté,
avant de répondre, a le temps de faire le tour du monde ! Oui,
ils sont comme ça les chats… N’en font qu’à leur tête ! Mais…
ah ce qu’ils sont câlins, charmeurs, un peu poètes ! Donc, le plus
souvent, on dit Zor et cela glisse, c’est rapide, parfait pour celui
qui se prend pour un tigre ! Mais lorsque le Zor en question
commet quelque fredaine qui exige un sermon, alors on le lui
lance, son titre historique en martelant bien les sons pour faire
plus dramatique: Na bu cho do no sor !!! Avec chaque syllabe,
un regard en vrille, un geste qui se veut menaçant (mais tout ça,
en famille !) Et notre beau tigre s’asseoit tout bonnement,
moustaches en éventail avec un bâillement, et posément procède
à sa toilette.Une lèche par-ci, une lèche par là, puis frotter la
patte derrière les oreilles et ça, c’est signe de pluie, n’en doutons
pas! Il faut s’attendre à quelque averse . . . Ainsi se venge ce
rusé d’une accusation fort injuste: le vase brisé ? Ce n’est pas
lui, c’est un mauvais coup des souris. Et c’est moi, Zor, qui vous
le dis !
Ronron et petit patapon vite qu’on me serve ma collation, de
préférence du saumon bien assaisonné d’herbe-à-chat Mm Mm
Miaou, ah que j’aime ça !
La morale de cette histoire -- faut-il y croire ?-- c’est que Zor
est un doux fripon que l’on adore parce que c’est lui, notre sanspeur et sans-façon Nabuchodonosor !
eyadness
Federico Garcia
da Lorca
Idylle
Tu voulais que je te dise
Le secret du renouveau.
Mais je garde le secret
Tout autant que le sapin.
Arbre dont les milles doigts
Indiquent mille chemins.
Je ne te dirais jamais, mon amour,
Pourquoi si lentement le fleuve coule.
Mais je mettrai en ma voix d’eau
dormante
Le ciel cendré de tes regards
Tourne autour de toi, ma brune,
Et prends garde bien à me feuilles.
Tourne encore, tourne toujours
Jouant à la noria de l’amour.
Quand je voudrais, je ne puis te dire,
Hélas, le secret du renouveau.
afox2004
D'une île au vent
Sur la jambe d'une île en croix
Je pêche au rebond des vagues
De là-bas la vieille terre
M'envoie des rides en colère
Que le récif de ma joie
Brouille en fontaines sauvages
Dans ces pas de lave et de craie
Dans ces empreintes au bout de l'océan
Nous n'avons pas oublié
Les voyages au-dedans
Mais nos racines sont aériennes
Entre l'écume et le volcan
Ici les gorges des diablotins des organistes des parulines
L'ombre des oiseaux allés en paradis
Les braises des immortelles et les plumets
Les flamboyants roulent corsos dandys
Tréfilant nos journées
Inégales en ces anneaux d'azur
Que font tinter les alizés
Le long d'une chaîne enchantée
En repentir d'interminables murmures
Guy Ripoll
Puissé-je n’avoir ni attaches ni limites
O vie aux mille visages débordants,
Pour pouvoir répondre à tes invites
Suspendues au miracle des instants.
Sophia de Mello Breyner Andresen
XYZ
Tout à la fin de l’alphabet
se bousculent
zèbres
zébus et
zibelines…
Avec la société des yacks
et celle des xérus
-- autant dire des X Y Z -ça fait des gens pas très sociables (je dirais
même peu fréquentables) :
les zèbres, en vérité,
sont des forçats en liberté ;
les zébus ? On n’en voit que dans les rebus ;
les zibelines ? Ridicules aux précieuses
manières !
Et les yacks ? Bêtes de somme,
en somme,
qui prennent les taupinières pour des
Himalayas !
Quant aux xérus, sans dictionnaire
y n’existent pas !
Renée Laurentine
Sur ce sentier poussiéreux,
nous sommes deux pas
qui hors d'haleine se pourchassent
pour s'arrêter exténués
dans une vieille auberge.
Deux atomes d'hydrogène
dans une goutte d'eau,
assoiffés, inséparables,
liés au courant inexorable
de la destinée.
Nous sommes la rime embrassée
d'un vieux quatrain,
naufragé dans la ballade
de cette vie étrange.
Nous nous poursuivons dans les vers
pour nous rencontrer
sur les lèvres lasses du poète.
Dans une course folle sur la portée
nous sommes deux petites notes
d'une grande mélodie
qui se couchent épuisées à la pause.
Deux étoiles dans la nuit,
si semblables, si différentes,
tellement lointaines dans le ciel,
pourtant si proches de notre regard.
Nous sommes les syllabes d'un mot,
deux battements du coeur
de cette jungle solitaire.
Toi - moi.
Agrodolce
Osmose
Je t’aime comme on respire
Mon cœur est l’écho de ton
cœur
Ton sourire appelant mon
sourire
Ta tristesse appelant mes
pleurs
De loin je ressens des
choses
Que tu ne peux me cacher
Au travers des portes closes
Toi tu peux lire mes
pensées
Comme un bouquet dont
les roses
N’auront jamais défleuri
Que notre tendresse éclose
Entretienne au long de nos
vies
Cette délicieuse osmose
Ce lien qui nous réunit
Brigitte de Labarre
A quoi pense
la jeune fille,
Celle qui rit,
chante
et s'habille,
En se regardant
au miroir...
Joseph Lenoir
CROCODILE
La Duchesse de
Kekparparla
aime le promener à
son bras,
mais pas lui pas lui
lui, ça l’horripile :
il regrette les bords
du Nil
il préfère les coins
tranquilles
où l’on reste entre
reptiles.
Entre nous, je vous
dirai qu’il
aime soigner son
sex-appeal
et se coller des
faux cils.
C’est utile, ça,
c’est utile
quand on est
lacrymophile,
car ça pleure, ça
pleure tout plein,
un crocodile.
Renée Laurentine
O Capitaine! mon Capitaine! fini notre
effrayant voyage, Le bateau a tous écueils
franchis, le prix que nous quêtions est gagné,
Proche est le port, j'entends les cloches, tout le
monde qui exulte, En suivant des yeux la ferme
carène, l'audacieux et farouche navire ; Mais ô
cœur! Cœur! Cœur! Oh ! Les gouttes rouges
qui lentement tombent Sur le pont où gît mon
Capitaine, Etendu mort et glacé. O Capitaine!
mon Capitaine! lève-toi et entends les cloches!
Lève-toi - c'est pour toi le drapeau hissé - pour
toi le clairon vibrant, Pour toi bouquets et
couronnes enrubannés - pour toi les rives noires
de monde, Toi qu'appelle leur masse mouvante
aux faces ardentes tournées vers toi; Tiens,
Capitaine! père chéri! Je passe mon bras sous ta
tête! C'est quelque rêve que sur le pont, Tu es
étendu mort et glacé. Mon Capitaine ne répond
pas, pâles et immobiles sont ses lèvres, Mon
père ne sent pas mon bras, il n'a ni pulsation ni
vouloir, Le bateau sain et sauf est à l'ancre, sa
traversée conclue et finie, De l'effrayant voyage
le bateau rentre vainqueur, but gagné; O rives,
Exultez, et sonnez, ô cloches ! Mais moi d'un
pas accablé, Je foule le pont où gît mon
Capitaine, Etendu mort et glacé. Walt Whitman
Les princes de l'humanité de Daniele Linard
(A mon menuisier de mari)
Faut-il que l'on me pince! j'ai épousé un prince?Un prince de la noble matière, qui a traversé les
ères: Le bois, celui des rois; Celui qui sera un jour leur dernière tour; Celui que l'on pleure
Quand il meurt; Celui qui rassure D'être centenaire et pur; celui qui se travaille, Jusqu'aux fonds
de ses entrailles; docile, il n'en est que plus éternel. Et devient alors fierté naturelle... de nos
forêts encombrées d'ombrages multicolores.Au su de tant de félicité, Mon prince de l'humanité,
Sourit de l'escalier majestueux, Où circuleront les pieds gracieux D'une reine, Sans doute la
sienne ! Où bien, en bibliothèque raffinée Où les livres, mal alignés, Aiment à prendre position
Sur la matière même de leur composition. Mon prince apprivoise le bois, le contourne, l'imagine,
le conçoit Dans tout autre posture que planté là comme un "I" d'injure Mon prince veut d'un bois
ravi de ce qu'il peut lui donner vie. Qu'il finisse bahut, horloge ou table... il n'en sera pas moins
chêne, merisier ou érable. Mais vous ai-je parlé de ce compagnon de vie Qui est au bois ce que je
suis à la poésie? On disait compagnons artisans menuisiers On disait qu'ils étaient princes de
l'humanité Quand est-il aujourd'hui d'eux ? Le bois en parle toujours mieux... Des doigts d'or ne
peuvent être que princiers Sans orgueil, sans richesse, sans fierté; ils sont juste artisans dans toute
leur élégance, Et princes ou pas, ils sont de ma résonance. Alors mon artisan de mari, est bien
plus qu'un prince Ainsi, il est inutile que l'on me pince J'aime la qualité d'une telle humanité faite
de bois dur et travail acharné Et c'est en cela Qu'il devient mon Roi !
Elsa au miroir
C'était au beau milieu de notre tragédie
Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d'or je croyais voir
Ses patientes mains calmer un incendie
C'était au beau milieu de notre tragédie
Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit
C'était au beau milieu de notre tragédie
Qu'elle jouait un air de harpe sans y croire
Pendant tout ce long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit
Qu'elle martyrisait à plaisir sa mémoire
Pendant tout ce long jour assise à son miroir
A ranimer les fleurs sans fin de l'incendie
Sans dire ce qu'une autre à sa place aurait dit
Elle martyrisait à plaisir sa mémoire
C'était au beau milieu de notre tragédie
Le monde ressemblait à ce miroir maudit
Le peigne partageait les feux de cette moire
Et ces feux éclairaient
des coins de ma mémoire...
Louis Aragon
Elvazur
La fuite du temps
Maille à l'endroit, maille à l'envers,
Du temps les aiguilles rapides
Tricotent, été comme hiver,
Pour combler les heures trop vides
La trame des nuits et des jours.
Beau point d'amour, maille soyeuse
Aux brins moelleux tout de velours,
Saison triste ou saison heureuse,
Maille à l'envers, maille à l'endroit,
Les ans fuient entre nos doigts.
Maille ratée du temps de pluie,
Le fil se brise, l'on s'ennuie,
Maille à l'endroit, maille à l'envers,
Vient la marquer un nœud pervers.
La grosse pelote si douce,
Des premiers jours de la naissance,
Etire comme l'eau dans sa course,
Un chemin pavé d'espérance.
Maille à l'envers, maille à l'endroit,
La vie fuit entre nos doigts.
Marie-Claire Simon
Atreas
Bestiaire I
Ulfsark
Regarde le feu du ciel
Et le faîte des grands arbres
Si tu lis l'oiseau qui parle
La huppe au vol de paradis
Dis-moi l'infini céleste
Où naissent les plus beaux chants
Si tu vois l'aigle planant
Si tu salues l'oiseau royal
Dis-moi la liberté de l'air
La pureté dans les montagnes
Et ces nids au goût de neiges
Si tu penses un jour la mer
Et son vent de grands voyages
Vois à l'angle des navires
Ces blancs oiseaux du monde
Les albatros du poète
Qui emportent dans leur vol
Mon espoir et ma raison
Si tu peins amis de plumes
Amis de becs et de charmes
N'aie garde d'oublier leurs chants
Ni leurs couleurs d'ocre d'ors
Ni l'oiseau bleu, ni l'aigle noir
Car ils sont dans l'univers
Témoins de notre humanité...
Marie-Françoise VANDENBERGHE
Dans le creuset du quotidien
Il y a le soleil du matin
Timide rayon vermeil
Qui m'invite au réveil
Dans le creuset du quotidien
Sur mon front, un léger baiser
Un murmure à mon oreille
Bonne journée
Dans le creuset du quotidien
Il y a le café qui fume
Du pain frais, des confitures
Moment heureux du déjeuner
Dans le creuset du quotidien
Il y a tant de choses à faire
Au bureau ou à la maison
Course folle suivant l'horaire
Dans le creuset du quotidien
Il y a le coup de téléphone
De l'ami qui a du chagrin
Que l'on écoute et qu'on console
Il y a l'enfant à bercer
La visite à l'hôpital
Le coup de main à donner
Dans le creuset du quotidien
Il y a la douceur du soir
Où l'on échange et l'on partage
Où l'on se dit que l'on est bien
Dans le creuset du quotidien
Il y a cet inestimable trésor
Plus précieux qu'un lingot d'or
Dans le creuset du quotidien
Il y a la saveur du bonheur
Dans le creuset du quotidien
Marybé
Le miel du temps passé coule à flot en ma bouche ;
Les éclats d’enfants clairs tissent des tabliers
A carreaux blancs et bleus, pavage aux ans farouches.
Je m’arrache au présent titubant sous mes pieds.
Mon corps se souvient des tartines épaisses
Des bols gras matinaux énormes et fumants
Dont les volutes rêve étaient blanches promesses
Nous remplissant le ventre et l’âme tout autant.
La maîtresse radio posée sur l’étagère
Grésillait nos journées de moineaux batailleurs.
Elle jetait ses chansons, ses jeux de ménagères
Ensemençant juillet de musique couleur.
Dans la bassine cuivre aux reflets qui flamboient
Nous mangions les étés collés de confiture
Comme soleil couchant sur le bout de nos doigts,
Nos rires étoilés de petits points de mûres.
Nous étions chevaliers d’herbes hautes –châteaux,
Combattant les moutons comme dragons féroces
Armés d’une brindille ongles noirs au pommeau,
Tours de foin défendues par nos plaies et nos bosses.
Les rus prenaient appui sur nos ponts pacotille
Pour se gonfler en fleuve allant jusqu’à la mer,
Des coquilles de noix devenaient nos flottilles
Les gâteaux du goûter sonnant fin de ces guerres.
A boire cet élixir de rêves et de rires
Nous, tout petits ailleurs, poussions comme géants
Tailladant d’un seul poing les monstres d’avenir
Cachant dans les replis nos peurs et nos tourments.
Mais si nous avions su que passe le passé
Nous aurions rêvé plus et joué davantage
Souvenir pointilliste et cœur en pointillés
Tissant des fils de soie à l’accroc de nos âges.
maximus79
Souvenirs
Johale
MisS_The_rieuZz
SOUS JUILLET
Luc Rose
Les plaines sont fumantes
Et trouble sous juillet
Dont le soleil enfante
Bien des rêves en bouquets
Aux cris fous des cigales
Exprimant leur amour
Répond l’ombre estivale
Par des chuchotis lourds
Le paysage est mort
Dès la fin des pénombres
Mais grouille sans remord
Dans chaque recoin sombre
Là, en dessous des pins
Tout un monde s’agite
À côté des chemins
Où le soleil crépite
Les plaines sont brûlantes
Et tremblent sous juillet
Écoutez-les qui chantent
Et dansent sous juillet
C’est ton corps mon amour.
qui me met en émois.
Où les diables d'alentour.
Me jalousent, me foudroient.
Tu es l'âme irréelle.
Qui, des quatre saisons.
A choisit la plus belle.
Pour faire briller ton nom.
Tu es ma libertine.
et ma prison de cœur.
Mon abeille qui butine.
mes instants de bonheur.
Mille caresses assouvies.
Sur ta peau délicate.
Chaque baiser, une envie
Que ma "victoire" éclate.
Car je suis ton amant.
Par ton corps attiré.
Et je sais que le temps .
Ne pourra qu'attiser.
Cette flamme ignorée.
Par tous les imbéciles.
Sans vergogne profanes.
Qui pensent que c'est une île.
La jouissance diaphane.
Si je connais l'amour.
Bien plus que la raison.
C'est grâce au doux velours.
Qui te sers de toison.
Et je suis en émois.
Car ton corps est ma voie.
Les émois de nos corps
Mademoiselle_Kee
Loquinet
La poésie est la prose
qui se transforme en pose.
Mais elle ne se repose jamais :
elle ajoute d'abord e,
personne ne sait pourquoi ;
puis elle ajoute i pour
rêver nuit et jour.
Et comme par magie,
apparaît la poésie.
Agrodolce
Rien que
cette odeur du café
quand le matin
sommeille encore
La toute première gorgée
du soleil
aux portes du jour
Rien qu'un baiser
sur une épaule
dénudée
de rires et de nuit
Nath
Vœu (Gravitations)
Mon peu de terre avec mon peu de jour
Et ce nuage où mon esprit embarque,
Tout ce qui fait l’âme glissante et lourde,
Saurai-je moi, saurai-je m’en dépendre ?
Il faudra bien pourtant qu’on m’empaquette
Et me laisser ravir sans lâcheté,
Colis moins fait pour vous, Eternité,
Qu’un frais panier tremblant de violettes.
Jules Supervielle
Exeral
BESTIAIRE
L’Homme est fort comme un Lion
a un cou de Taureau
dort comme un Loir
sait faire l’Autruche
a un bec de Lièvre
a des dents et copule comme un Lapin
a une dentition de Cheval
court comme une Gazelle
est lent comme une Tortue
marche comme un Crabe
a un appétit de Moineau
picore comme un Pinson
chante comme un Coq
jacasse comme une Poule
a des jambes d’Echassier
se love comme un Serpent
pique comme le Scorpion
saute et boxe comme un Kangourou
…
Mais L’Homme n’a rien d’un Animal
Même si pour l’imitation il se donne du mal.
L’homme vit suivant une conscience,
Qu’il sait amputer de l’insouciance.
L’animal lui, vit grâce à son instinct.
La différence est que l’un
Souhaite connaître et influencer sa Fin.
frixin
Florent VALLEY
Lorsque tu fermeras
mes yeux
Lorsque tu fermeras mes yeux a la lumière,
Baise-les longuement, car ils t'auront donné
Tout ce qui peut tenir d'amour passionné
Dans le dernier regard de leur ferveur dernière.
Sous l'immobile éclat du funèbre flambeau,
Penche vers leur adieu ton triste et beau visage
Pour que s'imprime et dure en eux la seule image
Qu'ils garderont dans le tombeau.
Et que je sente, avant que le cercueil ne se cloue,
Sur le lit pur et blanc se rejoindre nos mains,
Et que près de mon front, sur les pales coussins,
Une suprême fois se repose ta joue.
Et qu'après je m'en aille au loin avec mon cœur
Qui te conservera une flamme si forte
Que même à travers la terre compacte et morte
Les autres morts en sentiront l'ardeur.
adamy
Emile Verhaeren
La force du miroir
Guillaume Apollinaire
J'étais, indigne, un jour, en la chambre au lit blanc
Où Linda dans la glace admirait sa figure
Et j'emportai, grâce au miroir, en m'en allant,
La première raison de devenir parjure.
Linda fut non pareille avant, mais aujourd'hui
Je sais bien qu'elle est double au moins, grâce à la glace ;
Mon cœur par la raison où son amour l'induit
Est parjure à présent pour la seconde face.
Or, depuis ce jour-là, j'ai souvent comparé
Dans la chambre où la glace accepte un pur mirage,
La face de Linda, le visage miré,
Mais mon cœur pour élire a manqué de courage.
Si, parjure toujours, pour choisir j'ai douté,
Ce n'est pas qu'au miroir la dame soit plus belle ;
Je l'adore pourtant d'être en réalité
Et parce qu'elle meurt quand veut sa sœur formelle.
J'adore de Linda ce spécieux reflet
Qui la simule toute et presque fabuleuse,
Mais vivante vraiment, moderne comme elle est :
La dame du miroir est si miraculeuse !
Et la glace où se fige un réel mouvement
Reste froide malgré son détestable ouvrage.
La force du miroir trompa plus d'un amant
Qui crut aimer sa belle et n'aima qu'un mirage.
Le café
Il est une liqueur, au poète plus chère,
Qui manquait à Virgile, et qu'adorait Voltaire ;
C'est toi, divin café, dont l'aimable liqueur
Sans altérer la tête épanouit le coeur.
Aussi, quand mon palais est émoussé par l'âge,
Avec plaisir encor je goûte ton breuvage.
Que j'aime à préparer ton nectar précieux !
Nul n'usurpe chez moi ce soin délicieux.
Sur le réchaud brûlant moi seul tournant ta graine,
A l'or de ta couleur fais succéder l'ébène ;
Moi seul contre la noix, qu'arment ses dents de fer,
Je fais, en le broyant, crier ton fruit amer,
Charmé de ton parfum, c'est moi seul qui dans l'onde Infuse à
mon foyer ta poussière féconde ;
Qui, tour à tour calmant, excitant tes bouillons,
Suis d'un oeil attentif tes légers tourbillons.
Enfin, de ta liqueur lentement reposée,
Dans le vase fumant la lie est déposée ;
Ma coupe, ton nectar, le miel américain,
Que du suc des roseaux exprima l'Africain,
Tout est prêt : du Japon l'émail reçoit tes ondes,
Et seul tu réunis les tributs des deux mondes.
Viens donc, divin nectar, viens donc, inspire-moi.
Je ne veux qu'un désert, mon Antigone et toi.
A peine j'ai senti ta vapeur odorante,
Soudain de ton climat la chaleur pénétrante
Réveille tous mes sens ; sans trouble, sans chaos,
Mes pensers plus nombreux accourent à grands flots.
Mon idée était triste, aride, dépouillée ;
Elle rit, elle sort richement habillée,
Et je crois, du génie éprouvant le réveil,
Boire dans chaque goutte un rayon du soleil.
Jacques Delille
not_sleeping
Le Cœur veut du plaisir –
d’abord –
Ensuite – des raisons de ne pas
souffrir –
Et puis – ces petites choses
Qui adoucissent la souffrance
Ensuite – il veut dormir –
Puis – si tel est le plaisir
De son Inquisiteur
Le luxe de mourir.
Emily Dickinson
danielfaiad
Je raconterai...
(Dans le temps divisé)
Je raconterai la beauté des statues –
Leurs gestes immobiles ordonnés et froids –
Et parlerai du visage des navires
Sans que personne ne découvre les secrets
Qui tels des fleuves coulent dans mes bras
Et emplissent de sang la pointe de mes doigts.
Sophia de Mello Bryner Andresen
azriel911
L'extase
La nuit était venue, la lune émergeait de
l'horizon, étalant sur le pavé bleu du ciel sa
robe couleur soufre. J'étais assis près de ma
bien-aimée, oh ! bien près !
Je serrais ses mains, j'aspirais la tiède
senteur de son cou, le souffle enivrant de sa
bouche, je me serrais contre son épaule,
j'avais envie de pleurer ; l'extase me tenait
palpitant, éperdu, mon âme volait à tire
d'aile sur la mer de l'infini.
Tout à coup elle se leva, dégagea sa main,
disparut dans la charmoie, et j'entendis
comme un crépitement de pluie dans
la feuillée.
Le rêve délicieux s'évanouit... ; je
retombais sur la terre, sur l'ignoble terre. O
mon Dieu ! c'était donc vrai, elle, la divine
aimée, elle était, comme les autres,
l'esclave de vulgaires besoins !
Joris Karl Huysmans
Blue_Raine
LETTRES DE L'HOMME MIS EN ISOLEMENT DANS UNE PRISON
C'est aujourd'hui dimanche.
Aujourd'hui pour la première fois ils m'ont extrait pour le soleil.
Et moi pour la première fois de ma vie, en m'étonnant de voir
que le ciel est aussi loin de moi
à ce point bleu
et infiniment large
je suis resté sans bouger.
Ensuite je me suis assis respectueusement sur la terre ,
j'ai adossé, mon dos contre le mur.
A cet instant, il n'y a pas de risque de sombrer dans les vagues,
A cet instant, nulle question de combat, de liberté, de ma femme.
La terre, le soleil et moi
Je suis heureux.
N.Hikmet Ran
talks_in_math
Quelques mots d'amour...
Il manque quelqu'un près de moi
Je me retourne tout le monde est là
D'où vient ce sentiment bizarre
que je suis seul
Parmi tous ces amis
et ces filles qui ne veulent
Que quelques mots d'amour
De mon village capital
Où l'air chaud peut être glacial
Où des millions de gens
se connaissent si mal
Je t'envoie
comme un papillon à une étoile
Quelques mots d'amour
Je t'envoie mes images
Je t'envoie mon décor
Je t'envoie mes sourires
des jours où je me sens plus fort
Je t'envoie mes voyages
Mes jours d'aéroport
Je t'envoie mes plus belles victoires
sur l'ironie du sort...
MON CHAT N’EST PAS UN CHAT
Mon chat n’est pas un chat.
Je le vois bien dans ses gestes
Lorsqu’il nous guette
A sa façon de nous observer
A tout méticuleusement regarder
Mine de rien, l’air ailleurs
Qu’il va rejoindre en évitant les fleurs.
Il a beau voir, savoir
Que de grandes différences existent
Entre lui et nous, jusque dans le miroir,
Il n’en est pas moins persuadé
Que lorsqu’il sera plus grand, plus sage, réaliste
Ces différences sauront d’elles même s’estomper.
Il devra vivre avec moins de poils, devra s’habiller
Il maîtrisera l’eau ou ne se lavera pas
Il se déplacera plus lentement, sans courser
Jouer, s’amuser avec sa nourriture
Il apprendra la prononciation, le savoir parler
Ronronnant parfois de plaisir, comme tout être humain
Il ne passera plus ses journées dans l’oisiveté
Ni la nuit dans le lit de ses maîtres…
Florent VALLEY
chochweets
Étendue nonchalante,
le regard vague,
j'observe le tableau
suspendu devant moi.
Mon esprit, léger
comme une plume, voltige
dans ce chemin
noyé dans l'ombre
des arbres feuillus
aux troncs altiers.
Des buissons pourpres
de rhododendrons
encerclent
le vert sentier.
Des cailloux échauffés
semblent exhaler
les souvenirs de pas d'autrefois.
Il me vient l'idée fugace
d'y faire revivre
la chaleur d'une caresse, des voix,
un chuchotis seulement
perçu par le coeur,
un sentiment égaré dans les saisons
d'un soleil à jamais disparu.
Jennifer
Conte de fée
Il était un grand nombre de fois
Un homme qui aimait une femme
Il était un grand nombre de fois
Une femme qui aimait un homme
Il était un grand nombre de fois
Une femme et un homme
Qui n’aimaient pas celui et celle qui les aimaient.
Il était un fois
Une seule fois peut-être
Un homme et une femme qui s’aimaient
Robert Desnos
WhoAnne
Bestiaire II
Marie-Françoise VANDENBERGHE
"Quelle famille!" dit le singe, las de tous ces cris...
"Quelle sinistre idée de les avoir ainsi faits à mon image!"
"Où sont le bonheur
Le ciel bleu et pur
La paix et le soleil?"
Répondit le petit chat
Ronronnant de tout son cœur
Sous la caresse humaine...
"LA-BAS, sous les étoiles"
M'assura alors
Un moineau chanteur.
Tanahe
Il me plaît qu'elle me
rende fou
Il me plaît qu’elle me rende fou
La femme qui n’est pas revenue,
Qu’elle me force à plus d’insomnie
Au-delà du sacrifice, à plus d’offrande.
Passion, mais pas de bras en croix,
Passion pour étouffer l’effroi,
Passion des lisières hantées,
Passion de notre passion enchantée.
Il me plaît que ce soit toi
Qui m’enjoigne de changer la mort
Et de serrer entre mes bras
La haute migration de ton corps.
André Velter
Stock_28
Roman
I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un
beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés
tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les
tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent
bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si
doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de
bruits - la ville n'est pas loin - A des parfums de vigne
et des parfums de bière...
II -Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon D'azur
sombre, encadré d'une petite branche, Piqué d'une
mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons,
petite et toute blanche...Nuit de juin ! Dix-sept ans ! On se laisse griser. La sève est du champagne et vous
monte à la tête ... On divague ; on se sent aux lèvres
un baiser Qui palpite là, comme une petite bête ...
III Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,
Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère, Passe une
demoiselle aux petits airs charmants, Sous l'ombre du
faux col effrayant de son père ... Et, comme elle vous
trouve immensément naïf, Tout en faisant trotter ses
petites bottines, Elle se tourne, alerte et d'un
mouvement vif ... - Sur vos lèvres alors meurent les
cavatines ...
IV Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.Tous
vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût. - Puis
l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...
V- Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade... - On
n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Et qu'on a
des tilleuls verts sur la promenade. Rimbaud
Entre mes mains
ont glissé
les jours,
gris,
brumeux,
mornes,
pareils,
- telles des journées,
froides et humides,
de novembre et je viens seulement,
en un éclair,
de m'en apercevoir.
Liza
Neige d'encre sur la fenêtre,
La nuit colle à tes yeux
La brume du sommeil ;
Dans le regard des étoiles
Crépite le soleil de tes songes ;
La brise de ton souffle
Dessine sur ma bouche
Une dentelle de vapeur ;
Tu dors
Et m'abandonnes…
L'écharde de l'insomnie
S'enfonce dans mon oreiller défait ;
Mes doigts pincent
La harpe de ton dos ;
Tromper l'ennui
Du silence immobile ;
Tu dors
Et m'abandonnes…
Tes bras, tes jambes,
Liserons autour de ma peau ;
Captive de ton désir somnambule
Mon corps s'évade dans ton rêve ;
Contre toi, une fleur multicolore.
Pascale Dahmani
hakanphotography
Disparition
Qu'est que le regard ?
Un dard plus aigu que la langue
La course d'un excès à l'autre
Du plus profond au plus lointain
Du plus sombre au plus pur
Un rapace
Philippe Jaccottet
promis
Francis Carco
Extrait de la
Bohème et mon
cœur
Il pleut - c'est merveilleux. Je t'aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d'arrière-saison.
C'est merveilleux : il pleut. J'écoute...
Walls Spaceache
Musique de Mozart :
Romance du Concerto pour
piano et orchestre N°20 K.466
Daniel Mars 2008
danielvillaperla@gmail.com
Ce diaporama poèmes n°29 est
strictement privé.
Il est à usage non commercial.
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