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caserne (casernement) dite casernement de Restefond, de l

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Provence-Alpes-Côte d'Azur, Alpes-de-Haute-Provence
Jausiers
Restefond
caserne (casernement) dite casernement de Restefond, de
l'organisation défensive de l'Ubaye.
Références du dossier
Numéro de dossier : IA04000009
Date de l'enquête initiale : 1992
Date(s) de rédaction : 1997
Cadre de l'étude : enquête thématique régionale architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Degré d'étude : étudié
Désignation
Dénomination : caserne
Précision sur la dénomination : casernement
Appellation : casernement de Restefond, de l'organisation défensive de l'Ubaye
Parties constituantes non étudiées : caserne, enceinte, édifice logistique, infirmerie
Compléments de localisation
Milieu d'implantation : isolé
Références cadastrales : 1975, C10, 1531 ; 1532 ; 1533
Historique
L'occupation militaire de ce site remonte aux années 1890-1900. En 1901, la chefferie du Génie de Gap envisage la
construction d'un baraquement défensif pour trois compagnies. De 1901 à 1906, on construit les quatre bâtiments du
casernement défensif proprement dit. De 1912 à 1913, on édifie sept bâtiments logistiques : quatre écuries, un pavillon
d'officiers, une infirmerie et une cuisine. Par la suite, on édifie des baraquements provisoires, parmi lesquels celui appellé
poste de la Cabane noire.
Période(s) principale(s) : 1er quart 20e siècle
Description
Trois bâtiments de casernement sont disposés en U autour d'une cour centrale, le quatrième côté étant fermé par une
courtine. Les murs de fond des bâtiments constituent une enceinte crénelée, flanquée de bastionnets. Les trois bâtiments,
rectangulaires, à simple rez-de-chaussée, maçonnés en mellons, sont couverts d'un toit en très léger appentis. La façade
du bâtiment de fond est précédée d'une galerie construite en briques rouges. A côté de l'entrée se trouve l'édifice carré
du corps de garde, constituant le quatrième bâtiment. A l'extérieur, le pavillon d'officier est élevé sur deux niveaux ; il
est couvert d'un toit de tôles en appentis. Les autres édifices logistiques (les trois écuries et la cuisine) sont en rez-dechaussée, maçonnés en moellons et couverts d'un toit de tôles à deux pans. Seule l'infirmerie est couverte d'un appentis. A
proximité de l'ensemble se trouve un édifice en bois, en rez-de-chaussée surélevé et couvert d'un toit de tôles à deux pans.
Eléments descriptifs
Matériau(x) du gros-oeuvre, mis en oeuvre et revêtement : pierre, moellon ; bois
Matériau(x) de couverture : tôle ondulée
Étage(s) ou vaisseau(x) : en rez-de-chaussée, 1 étage carré
Type(s) de couverture : appentis ; toit à longs pans, pignon couvert
Statut, intérêt et protection
Statut de la propriété : propriété publique
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Provence-Alpes-Côte d'Azur, Alpes-de-Haute-Provence, Jausiers, Restefond
caserne (casernement) dite casernement de Restefond, de l'organisation défensive de l'Ubaye.
IA04000009
Historique et analyse architecturale
Intérêt stratégique, historique
L'occupation militaire de ce site remonte aux années 1890-1900, au moment où la VIIIe armée (armée des Alpes) en raison
de la tension politique avec l'Italie, a été progressivement portée à plus de 200.000 hommes à effectifs de guerre. Sous
l'impulsion des généraux Davoust d'Auerstaedt (1884-89), Berge (89-93), puis Zedé, cette force bien rodée développe une
stratégie tendant à pousser, dès le temps de paix, son dispositif de sûreté le plus en avant et le plus haut possible vers
la crête frontière, avec l'intention d'en occuper les passages, et même quelques positions importantes du versant italien,
dès la première alerte.
Précédée par l'aménagement de la route, prolongée par le col de Restefond jusqu'aux Fourches (mais pas au-delà pour
éviter son utilisation par les Italiens en cas de remontée de la Tinée) la construction d'un baraquement défensif pour trois
compagnies est envisagée le 8 avril 1901 par la chefferie du Génie de Gap. Mais le projet est réduit et, finalement, on
construit :
Le site et une partie des bâtiments vus de l'est depuis la route du col. De gauche à droite, écuries g, j, i, cuisine k,
casernement défensif et cuisine l.
- de 1901 à 1906, le casernement défensif proprement dit (bâtiments a, b, c, d) pour une compagnie
- en 1912-1913, les écuries g, h, i, pour 65 mulets chacune, l'écurie j, pour 20 chevaux, le pavillon f, pour les officiers,
l'infirmerie 1, la cuisine k : c'est-à-dire-une véritable agglomération militaire, avec extension possible, en été, sur une
aire de cantonnement sous tentes à proximité immédiate. Parmi les unités qui participent aux travaux, on note les 14e,
28e et 50e bataillons de chasseurs à pied (le 50e, de réserve, probablement à l'occasion d'une convocation verticale à des
manœuvres d'été) et de détachements du 4e régiment du Génie.
Le site est alimenté en eau, par conduite enterrée, depuis le captage d'une source extérieure située au pied sud-ouest du
Mourre-Haut, il est également relié à Jausiers par une ligne téléphonique, tandis que, grâce à sa position, rien ne s'oppose
à une liaison optique avec le signal de la Condamine.
La grande guerre vide la région au profit des théâtres d'opérations du nord-est et ce n'est que vers 1924 que l'activité
reprend avec la tension entre la France et l'Italie fasciste. Le site est particulièrement actif à partir de 1931 avec la mise en
chantier des ouvrages Maginot de Restefond, de la Moutière, des Granges Communes et de l'Abri du Col, qui attire sur
place, à l'occasion des campagnes d'été, le personnel et le matériel des entreprises de construction, qui resteront jusqu'en
1939. On construit une chambre de coupure du réseau téléphonique enterré de forteresse.
A cette occasion 5.417.400 F sont consacrés aux travaux d'amélioration de la route Jausiers-Restefond, exécutés par
l'entreprise Zinani-Imbert-Faudon (projet approuvé par DM 592.2/4 du 19 mai 1931). L'édition 1933 de la carte l/50.000e
type 1922, révisée en 1930-31, indique encore la route à l'état de chemin muletier entre Prégonde et le Piz, soit sur près
de 3 km. Des baraquements provisoires sont construits le long de la route autour du col de Restefond, dont ceux destinés
au stockage du ciment. L'infirmerie k est aménagée en bureau du Génie (fortifications). Un téléphérique - disparu - sera
installé entre Prégonde et le casernement.
L'armistice de 1940 entraîne à nouveau l'évacuation de la zone, qui ne connaîtra qu'une activation périodique pendant
l'hiver 44-45, lors des combats de la libération puis, après 1945, comme zone de bivouac d'unités en manœuvres d'été.
En 1976, le casernement est utilisé comme poste temporaire par la gendarmerie de montagne (abandonné depuis). A la
date de l'enquête, la zone reste en domaniabilité militaire, en raison d'un champ de tir fréquenté par le C.I.E. C.M. de
Barcelonnette, mais les bâtiments laissés à l'abandon, ni surveillés ni entretenus, se dégradent sous la double action du
vandalisme et des intempéries.
Description
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caserne (casernement) dite casernement de Restefond, de l'organisation défensive de l'Ubaye.
IA04000009
Vue aérienne prise du sud.
Situation
Casernement défensif situé à 9,5 km à vol d'oiseau au sud-est de Jausiers, à 2580 m d'altitude, sur un replat du versant ouest
de la crête Mourre-Haut-Restefond, à proximité des sources du torrent de Clapouse et le long de la route BarcelonnetteNice, à 20 km de Jausiers.
Composition
Ensemble de 3 bâtiments disposés en fer à cheval autour d'une cour centrale, et dont les murs de fond constituent une
enceinte défensive crénelée fermée, sur le quatrième côté (sud) par une courtine, le tout formant une sorte de "bordj"
carré de 40 m de côté.
Le casernement défensif vu de l'est, de la route du col. Au premier plan à droite, vue arrière du pavillon d'officiers F. De
face, la façade sur cour du bâtiment a, et la façade extérieure du bâtiment c, à droite, bâtiment b.
Outre les créneaux horizontaux et verticaux alternés des courtines, l'enceinte est flanquée, au nord et à l'est par des
bastionnets et au sud-ouest, par une tour d'angle rectangulaire jouxtant l'entrée. Celle-ci est constituée par un portail
encadré de deux montants en pierre de taille harpée surmontés d'un linteau en grille défensive et fermé de deux vantaux
pivotants en tôle.
A l'intérieur de l'enceinte, les bâtiments a et c, en vis à vis constituent les branches ouest et est de l'ensemble. Ce sont des
bâtiments identiques rectangulaires de 30 x 7 m, à un simple rez-de-chaussée, divisés par quatre refends transversaux en
cinq compartiments : deux grandes chambres de troupe, accolées en bout, avec deux vestibules d'extrémité et une chambre
d'officiers, chaque bâtiment ayant une capacité de 90 hommes et un officier.
Le couchage était, comme à la Pelouse, aux blockhaus des Fourches et de la Planas, assuré par deux rangées à deux étages
de lits de camp en bois dont l'ossature est supportée par les poteaux soutenant les poutres et une toiture plate en bois
revêtue d'une feuille d'étanchéité. A chaque niveau de couchage correspond une rangée de petites fenêtres donnant sur
la cour centrale. La branche nord est constituée par le bâtiment b, où l'on trouve, en particulier le four à pain (marque
"Terrassier, à Tain dans la Drôme"). Le bâtiment est divisé par dix refends transversaux. La façade est précédée d'une
galerie couverte en briques rouges, sans doute adjonction contre les intempéries.
Mise en oeuvre
Construction en maçonnerie de moellons, avec arêtes et chaînes d'angle en pierre de taille dressée et harpée. Encadrements
de baies en briques rouges posées à plat, avec harpage et surmontés d'un arc segmentaire en briques de champ à clef
passante. Encadrements de créneaux et tablettes de fenêtre en béton moulé.
Le bâtiment d’ancien corps de garde
Dans la tour touchant l'entrée et qui a été transformé en poste de transformation électrique, aboutissement de la ligne M.T.
(déposée) dont les pylones sont encore visibles dans le vallon de Clapouse.
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Ecuries.
Ecurie muletière g. Pignon nord-est.
Ecuries : intérieur.
Bâtiments extérieurs
- g, h, i : écuries pour 65 mulets chacune. Bâtiments rectangulaires de 18 x 4 m, en maçonnerie de moellons et toiture
à deux pentes.
Compartimentage par six refends transversaux avec passage pour l'allée centrale. Mangeoires en béton armé le long des
longs pans. Une entrée latérale, en milieu de bâtiment, plus une (ajoutée) à chaque pignon.
Ecurie : intérieur.
- j : écurie pour 20 chevaux : identique aux précédentes, mais longueur réduite à proportion (fig.
- f : pavillon d'officiers : bâtiment rectangulaire à deux niveaux (rez-de-chaussée + 1), toiture plate. La façade principale
(sud-ouest) est encadrée à chaque extrémité d'avant-corps en légère saillie reliés au premier étage par un balcon en béton.
- k : (ancienne infirmerie, puis bureau du Génie) et l (cuisine) : pour mémoire.
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Dépôt de cuirassements
Sur le terre-plein bordant les 4 écuries h, g, j, i et dans les bâtiments eux-mêmes, sont encore déposés des cuirassements
livrés par les firmes métallurgiques, destinés à l'équipement des blocs des ouvrages de Restefond et des Granges
Communes, et dont la déclaration de la guerre mondiale a empêché la construction des structures d'accueil. Un dépôt
analogue se trouve, non loin, au col de Restefond proprement dit.
Ce dépôt regroupe :
- 2 cloches GFM grand modèle en 2 parties à 4 créneaux destinées aux blocs 1 et 2 de Restefond (fig. 19-20)
- 1 cloche L. G. grand modèle en deux parties destinée au bloc 1 de Restefond
- les embases de ces cloches
- 4 trémies de 81 mm de casemate, pour les blocs 2 de Restefond et 1 des Granges Communes
- 1 caisson d'embrasure et 2 plaques d'embrasure de 75-32 de casemate pour le bloc 5 de Restefond avec 2 écrans à douille
- 3 plateformes intérieures pour cloche GFM
- 2 colonnes intérieures de cloche lance-grenades grand modèle.
Cloches cuirassées en dépôt sur le terre-plein des écuries. Au centre, debout, cloche GFM A. A gauche, la même couchée.
A droite, couchée, cloche lance-grenades.
Poste de la "Cabane noire" : petit bâtiment, à usage inconnu, le long de la route Jausiers-Restefond.
Conclusion
Au terme de la longue montée depuis Jausiers, la découverte de cette curieuse agglomération militaire constitue une
surprise, au milieu de la grandiose solitude de ce paysage de haute montagne, à la végétation raréfiée. Il s'agit là plus
d'habitat que de fortification.
Bien qu'en bien meilleur état, et constitué de manière analogue en ce qui concerne la maçonnerie, le casernement défensif,
avec sa toiture plate, n'a pas du tout l'élégance architecturale de son homologue de Viraysse. Il en est de même du bâtiment
f, à la silhouette banale d'immeuble de rapport, ou du bâtiment k. A la limite, les édifices les mieux proportionnés et les
mieux adaptés au paysage sont les quatre écuries, avec leur terre-plein en bord de terrain.
D'un autre point de vue, la conjonction d'un potentiel appréciable en surfaces couvertes, d'une bonne desserte routière
- ouverte du 1er juin au 1er octobre en moyenne - de la possibilité de rétablir électricité et téléphone et l'existence de
ressources en eau devrait inciter à réactiver cette sorte de hameau bien construit, et à l'entrée même du Parc National
du Mercantour. Ce pourrait être dans le sens d'une réutilisation fonctionnelle respectant à la fois l'aspect extérieur des
bâtiments - bâtiments qui témoignent, en quelque sorte, d'une avancée victorieuse de l'homme sur la nature - et l'aspect
désolé de l'environnement. Cette perspective ne deviendra possible qu'une fois levée la servitude du champ de tir et
l'appartenance du domaine militaire.
Références documentaires
Documents figurés
•
Camp de Restefond. (Alt. 2. 400 m.) / Carte postale, sd.
•
Les Alpes. Camp de Restefonds (2550m). Pavillon des Officiers. / Carte postale, sd.
•
Les Alpes pittoresques. Camp de Restefond. Les casernements. / Carte postale, sd., Richaud éditeur à
Barcelonnette. Collection particulière.
•
Les Alpes pittoresques. Restefond. Les blockhaus. / Carte postale, sd. Collection particulière.
Dossiers liés
Est partie constituante de : ensemble fortifié dit organisation défensive de l'Ubaye
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Auteur(s) du dossier : Philippe Truttmann, David Faure-Vincent
Copyright(s) : (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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