close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

Autour du Signal de Mailhebiau

IntégréTéléchargement
3
Autour du Signal
de Mailhebiau
François LEGENDRE
6 km
Dénivelé 150 m
Sans difficulté
Présentation générale
Le Signal de Mailhebiau, point
culminant de l’Aubrac à 1469 m d’altitude, est le reste d’un ancien volcan
qui forma de longues coulées de
laves recouvrant le socle granitique.
De petits glaciers quaternaires rabotèrent le tout et adoucirent les reliefs en
un dôme en pente douce où le granite
affleure parfois.
Il en résulte un paysage ondulé et verdoyant composé de pâturages, de
hêtraies et de plantations de conifères,
le tout ayant pris place sous la main de
l’Homme. Il ne faut pas oublier les creux
et vallons où l’eau est omniprésente et
forme parfois de belles tourbières ou des
mares temporaires. •
Mailhebiau
46
Refuge des Rajas
Floraison des Crocus en mai
47
Intérêt naturaliste
Le climat montagnard marqué
laisse la végétation s’épanouir
d’avril à août. Cela commence
en mars avec l’apparition des
premières Perce-neiges, puis
accélère doucement en avril avec
l’Erythrone dent-de-chien et les
premières jonquilles. En mai et
juin c’est l’explosion des couleurs
et des fleurs où le botaniste « en
herbe » n’aura aucun mal à discerner les Anémones pulsatilles,
les Narcisses des poètes, l’Orchis sureau ou le jaune Tussilage
d­e s marais qui ne s’épanouit
que le pied dans l’eau. En juin,
c’est au tour des Centaurées,
Campanules, Gentianes,
Renouées, Pédiculaires ou des
Valérianes de diversifier le vert
dominant du plateau.­
La faune n’est pas en reste avec
la belle Hermine se faufilant
entre les murets à la recherche de
quelque campagnol et ici ou là les
restes d’un carnage de Loutre sur
des Grenouilles rousses ou des
Crapauds calamites. Le Lézard
vivipare, espèce montagnarde, se
faufile entre les touffes d’herbe
et, très bon nageur, n’hésite pas
à se mettre à l’eau. Un serpent
file entre des pierres : il se peut
qu’il s’agisse de la rare et discrète
Vipère péliade, remplaçant en
montagne la belle Vipère aspic,
et trouvant ici la limite méridionale de son aire de répartition.
Mais les Couleuvres vertes et
jaunes ou les Couleuvres à collier ne dédaignent pas l’endroit
riche en rongeurs.
Au petit matin le Chevreuil n’est
pas rare tout comme le Renard
mulotant pour nourrir sa portée
attendant dans quelque terrier
caché sous un rocher ou dans un
bosquet. On peut aussi y rencontrer le Cerf élaphe très démonstratif à l’époque du brame de
mi-septembre à mi-octobre.
Côté oiseaux, le secteur se révèle
plus riche qu’il n’y parait au premier abord. Les Pipits farlouses
Flouve odorante
48
Cerf élaphe bramant
Trouvez-moi
Hermine
et les Alouettes des champs
emplissent l’air de leurs chants.
Le Traquet motteux occupe le
terrain dès qu’il est parsemé de
rochers apparents.
Le Tarier des prés s’installe dans
les prairies humides, souvent dans
les vallons. Le rare Pipit spioncelle, dont seuls quelques couples
nichent en Aubrac, s’observe ici
dans les prairies détrempées de
pente. Les rapaces fréquentent
assidûment le Signal avec une
cohorte classique d’une dizaine
d’espèces dont le rare Aigle royal
qui niche dans la vallée. Aux passages migratoires, il n’est pas
étonnant de noter des pompes*
de Milans noirs ou de Bondrées
apivores auxquelles se joignent
de temps en temps les cigognes,
blanches ou noires, qui s’arrêtent
parfois dans une prairie inondée.
Dectique verrucivore
Nacré porphyrin
Piste de renard dans la neige
49
Le Pluvier guignard peut s’observer en automne surtout sur les
secteurs sommitaux et quelques
limicoles* fréquentent les mares
temporaires, principalement au
printemps tout comme le rare
Pipit à gorge rousse qui fait une
halte sur la route de la Laponie.
Le bruit de fond des prairies en
été est souvent dû au Criquet
jacasseur, facile à observer et
à reconnaître avec ses longues
ailes noires et sa stridulation à
laquelle on ne peut échapper et
qui évoque l’accélération d’une
locomotive à vapeur. Parmi les
orthoptères*, on remarquera aussi
le gros Dectique verrucivore,
proie recherchée par de nombreux rapaces. Dans les prairies
très humides où l’eau reste en été
on trouvera le typique Criquet
ensanglanté, nommé ainsi à
cause de ses tibias roue-sang.
Dans les herbes hautes et les massifs de framboisiers on entendra
facilement la Decticelle des
alpages qui sera nettement plus
difficile à observer qu’à écouter !
Sur les petits ruisseaux les
libellules telles que les Caloptéryx
vierges, ou demoiselles, aux ailes
noires et au vol papillonnant sont
typiques des eaux bien oxygénées. Sur les plans d’eau comme
celui de Bonnecombe, la Petite
Nymphe au corps de feu est
facile à admirer.
Le naturaliste averti trouvera sur
l’Aubrac de quoi satisfaire sa
curiosité !
La liste des insectes présents
sur l’Aubrac serait trop longue à
dresser mais à n’en pas douter de
belles et surprenantes rencontres
seront au rendez-vous où que
vous soyez.
En forêt vous trouverez surtout,
dans les plantations de conifères
assez pauvres, la Mésange noire,
le Geai des chênes, le Pinson
des arbres, la Fauvette à tête
noire et le plus remarquable
Bec-croisé des sapins pouvant former de belles troupes
bruyantes. Vieillissant, ces forêts
commencent à abriter la rare
et montagnarde Chouette de
Tengmalm. •
La période
d’avril à août
est la plus
favo ra b l e
Jonquilles et Mailhebiau
Intérêt au fil des saisons
Mailhebiau
La Petite
Nymphe
au corps
de feu
est facile
à admirer
50
Vous l’aurez compris, la période
d’avril à août est la plus favorable, comme souvent, avec un
optimum en mai et juin. C’est en
effet durant ces deux mois que
l’Aubrac arrive vraiment à desserrer son étreinte montagnarde
et que la faune et la flore peuvent
donner la mesure de leur exubérance. Cependant, les promenades automnales sont pleines de
charme dans un calme serein idéal
pour se ressourcer dans le roux
des hêtres, dans les cristaux de
glace des premières gelées, dans
le ciel dégagé ouvrant le monde
sur les massifs du Cantal, du Sancy,
du mont Lozère, de la Margeride
et sur la (presque) chaude vallée
du Lot ou encore sur les causses
et plus loin le mont Aigoual. Il
arrive même lors d’un ciel radieux
que l’on puisse voir la ligne
blanche des Pyrénées. En hiver
une promenade en raquettes
permettra de découvrir les nombreuses traces de Lièvre, Renard,
Chevreuil, Sanglier ou même la
piste d’une Loutre le long d’un
ruisseau en partie pris sous la
glace voire la rare piste d’un Loup
gris. Sensation du sauvage !
Dès les premiers dégels des lacs,
les canards colvert, siffleur, chipeau, pilet, la Sarcelle d’hiver,
le Fuligule milouin et le Grèbe
huppé en migration peuvent être
observés, parfois en nombre. •
51
Itinéraires possibles
IMPORTANT : même en été, même quand il fait beau et
« chaud », n’oubliez jamais une petite laine et gare aux orages.
Au départ du col de Bonnecombe plusieurs options s’ouvrent à vous :
Parcours 1
Le Signal de Mailhebiau (1) : marcheurs moyens, petit dénivelé
(150 m) : suivre le route puis le chemin jusqu’au refuge du Rajas (2)
puis monter vers le sommet en se laissant guider. Ne pas s’éloigner du
chemin permettra de franchir les nombreux réseaux de fils barbelés
grâce aux passes aménagées à cet effet. Attention aux troupeaux : ne
pas s’en approcher mais les contourner calmement mais sans inquiétude excessive.
Parcours 2
Une balade en forêt au départ du col de Bonnecombe : le plus facile
et le plus sûr est de suivre un parcours de ski de fond qui est balisé et
dont les longueurs sont indiquées.
− Un tour vers le lac de Bonnecombe (3)… quand la foule n’y est pas
présente.
− Une promenade vers le Truc de la Garde (4) et la croix de la Dévèze
(5). Pour ce faire il suffit de longer la route peu fréquentée qui part du
col de Bonnecombe vers Les Hermaux. Comptez 5 km aller/retour sur
un parcours quasiment plat. Vous pourrez observer presque tous les
milieux rencontrés dans ce secteur du Mailhebiau et la vue depuis la
croix est splendide.
À voir dans le secteur
• Les chaos rocheux du Tioulas. • La forêt de Bonnecombe pour ses
oiseaux forestiers. • Les lacs d’Aubrac (voir itinéraire 1).
52
53
Auteur
Документ
Catégorie
Без категории
Affichages
4
Taille du fichier
2 648 Кб
Étiquettes
1/--Pages
signaler