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bulletin hivernal

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Bulletin du Groupe Allure Libre A.S.B.L.
Section du Racing Club de Bruxelles
Compte N° 210-0069120-11
1170 Watermael-Boitsfort
Av. des Nymphes 1a
N° 139 — hiver 2015-2016
Bureau de dépôt 1170 Bxl 17 — prochaine parution : printemps 2016
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AIR LIBRE
RCB-GAL: dates à retenir :
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Avant de vous livrer page suivante les premières dates de nos calendriers,
voici un résumé de la nouvelle version du règlement des courses. Vous
trouverez le texte complet (faisant loi) sur notre site ( www.rcb-gal.be).
Les challenges du Racing Club de Bruxelles – Groupe Allure Libre
Le RCB-GAL propose à ses membres deux challenges liés à la participation à des
courses : le challenge Performance et le challenge Trail Marc Hoste ; le challenge Groupe
Allure Libre (GAL en abrégé) est supprimé en 2016, toutefois l’accumulation des
GALopoints est maintenue et permettra aux membres d’obtenir le cadeau annuel
dès 10 GALopoints.
Chaque année, le conseil d'administration (parfois nommé comité) établit une liste
de 21 courses comptant pour le challenge Performance, et environ 15 courses comptant
pour le challenge Trail Marc Hoste ; quelques courses pourront se retrouver dans les
deux challenges telles le TriGAL ou les GALopades.
Le challenge Performance récompense la performance et la régularité du coureur ; ce
challenge attribue des points proportionnellement à la vitesse courue. Le règlement
de ce challenge est disponible sur le site internet du club (www.rcb-gal.be). Pour être
classé, il faudra avoir couru 7 courses.
Le challenge Trail Marc Hoste récompense la participation du coureur ; pour
l’essentiel, ce challenge attribue des points proportionnellement à la distance et au
dénivelé courus. Le règlement de ce challenge est disponible sur le site internet du
club (www.rcb-gal.be). Pour être classé, il faudra avoir couru 5 courses.
Les GALopoints récompensent les membres qui animent le club par leur
participation et/ou par l’aide bénévole lors des courses internes et déplacementsclub.
1. Pour chaque participation, comme coureur, à une des courses des challenges
Performance et Trail le membre reçoit 1 GALopoint. Si la course fait partie des
deux challenges, le membre reçoit 2 GALopoints
2. Les membres bénévoles à une de nos organisations internes ainsi qu’aux
« Hivernales du RCB » ou à « l’UTTWB » reçoivent 2 GALopoints.
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3. Les membres accompagnant nos déplacements-club reçoivent également 1
GALopoint.
4. Les membres participant à une course hors-challenge réunissant au moins 10
membres reçoivent également 1 GALopoint lorsqu'il s'agit d'une sortie
organisée par un membre – moyennant validation, avant la course, par le
comité.
L'une ou l'autre course supplémentaire, rapportant 1 GALopoint, comptant
éventuellement pour le challenge Trail mais ne rapportant pas de points pour le
challenge Performance, pourra être rajoutée en début ou en cours d'année, telle la Bally
Race, un stage, etc. En fin d'année, les meilleurs des challenges Performance et Trail
seront mis à l’honneur. En outre, tous les finishers des challenges Performance ou
Trail recevront le traditionnel cadeau annuel, ainsi que les membres ayant franchi le
seuil de 10 GALopoints
c = challenge Performance
M=
challenge Trail Marc Hoste
au choix ===> marathon, trail, montagne ou très long
valant chacun 1 ou 2 courses voir règlement
c1 M1 Sam 09/01/16
c2 M2 Sam 16/01/16
M3
1er>2h
max 2,
10:30 Galopades du Club
5 & 8 & 11 km
formule/parcours/inscriptions décrit par mail le 22/12,
réservés membres et invités
13:00 Relais Givrés
8 km + 4 km
pts du challenge sur temps individuel de 8 km,
inscript via club
Sam 23/01/2016
Hors Challenge
18:00 Soiron: Trail des Lucioles 21km (Marche 10km)
Inscription night trail complet /
Marche ouvert et sur place / soirée après course
07/02/16 Les Hivernales du RCB:
http://leshivernalesdurcb.blogspot.be/
M4
Sam 20/02/16
c3
Sam 20/02/16
10:00 Braine-le-Comte: Trail des Bosses édit 7
25,40 & 50 km dép 40 & 50 km à 11:00,
inscript dés le 1/11
15:00 La Hulpe : fonds des ails 12,4 km
Challenge Brabant Wallon
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c4
Dim 06/03/16
M5
11:00 Ostende-Bruges 10 miles 201616,7 km
course en ligne, un plus à déterminer pour les membres
Dim 13/03/16
/!\
Lundi 14/03/2016
c5
Sam 19/03/16
c6
M6 Dim 10/04/16
09:30 Ablain st Nazaire (FR, 59): trail des poilus
17
28 51 km à 2h 180 km, au sud de Lille, près de Lens
Liévain, inscript.ouvertes, attention
limite à 400/800/600 trailers et 200 marcheurs
19h30 (heure à préciser)Conférence (sujet à déterminer)
du RCB-GAL le à La Vénerie (Watermael-Boitsfort)
15:00 Waterloo : les 13000 yards 13 km
Challenge Brabant Wallon
M7
c7
c8
M8
10:30 Auderghem: Trigal 5, 10, 15 km course relais
réservée membres et invités,
pts ch perf calculés sur 5 km
Sam 16/04/2016
La Reid (Theux) 4910 : Trail de la Reid 17, 27, 47 km
Longue distance le matin, les autres l'après-midi
(site non à jour, organisation confirmée)
Dim 17/04/16
10:30 Ixelles : 10 km de l'ULB edit 5
10 km au profit de la recherche scientifique,
ouvert inscrip 1/2016
/!\ Les organisations suivantes ne sont pas encore confirmées /!\
vers le sam 7/5
? stade du rcb: 5000/10000
5 et 10 km coordination de la date avec section piste
Dim 08/05/2016
Daverdisse: Trail de la Lesse
15, 35, 50km
Longue distance 9h, les autres ensuite
10:00 Salins-les-bains(Jura Fr):
32 ème montée du Poupet
7.5 & 17,5 km
déplacement club 2016 non marathon,
inscriptions ouvertes; km 7,5: dép 10h40
c9
Dim 15/05/16
M9
Sam 28/05/2016
M10
Marche-les-Dames: Trail des Valées du Roi Chevalier
17, 32 km Très belle course longue distance
avec une partie en via ferrata (si météo OK)
Sam 02/07/2016
14:00 Herbeumont: Festival Trail Semois 16, 28, 55 km
Uniquement si pas de participation au stage!!!
Départ 55km à 14h, ensuite 15h et 16h
Notez déjà :
•
Deux stages de trail seront organisés au mois de juillet.
•
Le déplacement club 2016 se fera le 2 octobre au RheinEnergie Marathon
Köln de Cologne (marathon, semi-marathon et relais)
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Sommaire
Air Libre
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C'est toujours… BON À SAVOIR ---------------------------------------------------------------6
Le mot du coach--------------------------------------------Marc VANDERLINDEN------------8
Les nouveaux visages du groupe allure libre-------Luc & Jacques----------------------9
32e course de l'heure du RCB vue de l'intérieur---Marc VANDERLINDEN----------14
La « Joyeuse Entrée » de Sophie Hardy au RCB ! --Jaques WIAME--------------------15
"RUNNING-TENDANCES"-------------------------------------livier VANHUYSSE.-----------------19
Fabrice boutique champion d'Europe----------------- Jaques WIAME-------------------28
Le Roi Georges au Pays des Uns et des Autres-----A. D., M. J., M.-B. S, J.R.---------29
Z TRI-bune Z----------------------------------------------------------------------------- 32
ADELAIDE : Jérôme Claeys champion du monde de duathlon des 40-44 ans !! - -32
par Jérôme CLAEYS & Jaques WIAME
2015 : une grande année pour le RCBT qui fête ses quinze ans d’âge !
J. W.--- 36
Le Kustmarathon van Zeeland-------------------------Stéphanie & Marie---------------39
L’endurance Trail (les Templiers) –--------------------Barbara DE WAN----------------41
Run&Bike : Les avis de vrais spécialistes------------- Ph. COLSON, A. DEBEKKER--50
Nos photos de couverture :
Avant :
Maintenant que vous avez consulté nos programmes, vous
voyez qu'il n'était pas nécessaire d'acheter une boule de
cristal pour prévoir une saison fracassante au RCB-GAL.
Arrière:
Liévain Crefcoeur, en action aux foulées Axa, dont il a
remporté le classement espoir. Vous lirez le rapport de cette
course dans notre édition du printemps.
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C'est toujours… BON À SAVOIR
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➢
➢
➢
➢
➢
Les entrainements les jours fériés ont lieu comme les dimanches à 10h à partir
du lieu de rendez-vous à la barrière au bout de l'av. Schaller à Auderghem.
Chaque membre qui paie sa cotisation pour la première fois a droit à un beau tshirt gratuit aux couleurs du club.
Nous t'invitons à le demander à notre responsable des équipements, Chantal
Jauniaux. (02/660 74 51 ou 0476/74 64 33) (chantaljauniaux@hotmail.com)
Chantal veille également sur toute une gamme de pièces d'équipements aux
couleurs du club, allant des collants longs aux cuissards, en passant par les
sweat-shirts, polars, polos, maillots légers, etc., qui, nous en sommes sûrs, vous
iraient/iront à ravir.
Ce bulletin paraît en version papier et une version électronique, sous forme de
fichier pdf. Ce pdf, lisible sur tout ordinateur grâce à un programme gratuit, a les
avantages suivants :
 Il parvient plus rapidement que la version papier chez le lecteur.
 Il préserve la nature, et l'énergie de nos distributeurs et expéditeur.
 Il contient plus d'illustrations en couleurs.
 Son volume, moins de 10 méga-octets, permet un stockage très facile sur le
disque dur.
 Les économies réalisées (impression et expédition) permettent à votre club de
vous offrir d'autres avantages.
Nous invitons ceux qui ne l'ont pas encore fait à préciser la version préférée à
Chantal Jauniaux (chantaljauniaux@hotmail.com)
F Toute modification à apporter dans la liste d'adresses peut être transmise à
Chantal Jauniaux (chantaljauniaux@hotmail.com)
F Libre le jeudi matin ? Rendez-vous à 10 h précises aux étangs du fer à cheval,
pour y réaliser un entrainement durant lequel la convivialité est le mot d'ordre,
en s'adaptant au rythme du coureur le moins rapide.
F Les membres du Rcb-Gal et du Rcbt s'inscrivent sous le sigle "RCB" aux épreuves
de course à pied. Ils s'inscrivent sous le sigle RCBT aux épreuves de triathlon.
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Ce bulletin est le vôtre
Beaucoup d'articles nous viennent de membres désireux de partager leur émotion,
leur expérience ou leur avis concernant une ou plusieurs courses, une anecdote, etc.
Tous ceux qui désirent partager leurs expériences peuvent procéder ainsi :
1. Transmettre par courriel le résultat de leur inspiration.
2. Indiquer comme destinataires :
Jacques Wiame jack.wiame@skynet.be
et
Alain Debekker a.debekker@skynet.be
Pour que l'article paraisse élégamment dans le bulletin :
 Ne pas utiliser de polices de caractères symboles (Windings, Dingbats…) car les
différentes versions de ces polices de caractères créent des surprises lors de
l'importation du texte.
 Insérer dans le message le lien vers une éventuelle galerie de photos (par
exemple Picasa de Google).
 Si les éventuelles photos ne sont pas sur internet, en attacher l'une ou l'autre au
message. Le format jpg est très pratique mais vouloir comprimer un cliché de
3.000.000 de pixels dans un petit fichier dégrade terriblement les couleurs.
Mieux vaut diminuer le nombre de pixels !
Attention : évitons de diffuser des images dont un tiers détiendrait les droits d'auteur !
Rien n'est plus simple donc !
Les récits publiés rapportent les émotions et les perceptions des membres qui les ont
rédigés et ne sont donc d'aucune manière le reflet d'une tendance que la rédaction
voudrait donner au bulletin. Le placement des textes et des illustrations aux
différentes pages procède de questions de mise en page et de disponibilité de photos
et aucunement de la priorité relative accordée aux divers événements de la vie du
club.
De récentes évolutions de cette revue viennent de remarques et suggestions
constructives des lecteurs. N'hésitez donc pas à communiquer les vôtres, Alain
Debekker les entendra avec plaisir.
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Le mot du coach
O ccupa t io n de la pist e : le s rè gl es d'o r !
Bon nombre d'entre vous ont l'habitude d'effectuer leurs foulées sur la piste du stade
tous les mardis, depuis des lustres pour les plus anciens.
Le club au fil des ans s'est agrandi et partage le stade des Trois Tilleuls avec plusieurs
sections. Ainsi, les sprinters utilisent les couloirs de 3 à 6 pour leurs exercices et ce,
parfois dans les deux sens.... Les jeunes de l'orientation ou du triathlon se
mélangent aux Galopins, de plus en plus nombreux. A cela, s'ajoute le club de
jogging voisin qui s'entraîne une demi-heure plus tôt. Cela fait parfois beaucoup de
monde aux couloirs un et deux.
Il n’est donc surement pas inutile de rappeler les règles d'or concernant
l'entrainement sur piste:
1. Assurez-vous d'abord, en traversant la piste, de ne gêner aucun coureur, de ne
pas lui couper sa trajectoire. Si vous voyez un sprinter trop tard, le risque de
collision est réel mais aussi, ce dernier peut se blesser en voulant vous éviter.
Regardez, comme dans la rue à gauche et à droite!
2. L'échauffement ne se fait JAMAIS sur le tartan mais soit sur les bords du terrain
de football, soit à l'extérieur de l'enceinte.
3. Les efforts par intervalle se font dans le premier couloir, le deuxième sert au
dépassement des moins rapides.
4. Ne courez jamais de front à vitesse égale mais rabattez-vous au couloir un dès
que possible…
5. Outre la dernière ligne droite, réservée aux sprinteurs au-delà des deux
premiers couloirs, les 300 autres mètres servent à récupérer au couloir 3 ou
encore aux abords intérieurs de l'anneau. Veillez CHAQUE FOIS, lorsque vous
vous arrêtez, à jeter un oeil à trois quarts vers l'arrière afin de vous assurer que
votre poursuivant ne soit pas gêné…
Bons entrainements…
Marc VANDERLINDEN
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Les nouveaux visages du groupe allure libre
Pierre CERKEL
Pierre Cerkel connaissait le Racing pour y avoir fait de la compétition en sprint il y a
quelques années.
Ce Bruxellois de 35 ans est marié et père de
trois filles. Employé chez Tractebel, il aime
la lecture, le VTT et le sport en général
puisqu’il a participé à des raids multisports
en équipe (course d’orientation, run/bike,
kayak, VTT, etc…). Il s’est aussi entraîné
pendant deux ans sur piste à l’USBW.
Il y a quelques mois, il a découvert le
monde du « Trail running ». Soucieux
d’allonger les distances, vers l’ultra si
possible, tout en prenant du plaisir, il a cherché un club, facile d’accès et avec une
section Trail. Il a repensé au Racing et le voilà de retour dans notre club. Bienvenue à
lui !
Luc VAN GOSSUM
Jean-Pol BOONE
Originaire de Liège, Jean-Pol Boone n’habite
que depuis six mois à Bruxelles. Mais il y
travaillait déjà depuis 15 ans comme
entrepreneur en e-commerce.
Agé de 39 ans, il pratique la course à pied
depuis 8 ans. Mais pas vraiment en dilettante
puisqu’il a récemment bouclé le marathon du
Mont Blanc !
Et ses ambitions ne sont pas minces puisqu’il
aura participé à Olne-Spa-Olne, à la fin de ce
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mois de novembre. Et qu’il vise un « 100 bornes » en montagne, l’été prochain,
comme par exemple, Courmayeur, Champex, Chamonix, la fameuse « CCC ».
C’est avec tous ces objectifs en tête qu’il a cherché un club sur Facebook et qu’il s’est
finalement inscrit au RCb.
Rassurons-nous, ce n’est pas qu’un extra-terrestre. Il paraît qu’il aime aussi l’art, les
bons vins et les petits restos.
Luc VAN GOSSUM
Michal KOPYCZOK
Comme son nom peut le laisser
deviner, Michal Kopyczok est
polonais.
Natif de Cracovie, il est arrivé
récemment en Belgique pour le
travail et ne parle pas encore bien le
français. C’est d’ailleurs parce qu’il
est tombé sur le site du RCB-Gal en
anglais qu’il s’est intéressé à notre
club.
Agé de 30 ans, ce passionné d’escalade et d’alpinisme a commencé à courir il y a un
peu plus de trois ans. Et sur conseil de sa fiancée (bravo à elle !), il s’est lancé dans
l’aventure du trail.
Son rêve ? Améliorer sa résistance et son niveau physique pour pouvoir se lancer
dans un ultra trail de 100 miles avec un dénivelé de 10.000 mètres. Rien que cela !
L’autre hobby de Michal est la photographie. Peut-être pourra-t-il combiner les deux
et nous rapporter un fabuleux reportage pour un prochain Bulletin. Bienvenue au
club.
Luc VAN GOSSUM
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Martin MYANT
Anglais d’origine, Martin Myant, chercheur en économie, a fait toute sa carrière
professionnelle en Ecosse, et plus précisément à l’Université de Glasgow, où il a
enseigné pendant 34 ans.
Agé aujourd’hui de 65 ans, il a redonné
un nouveau souffle à sa vie active en
acceptant, il y a deux ans, un poste
intéressant à l’Institut Syndical européen,
à Bruxelles, où il compte rester
probablement encore 5 ans.
Sa carrière de coureur à pied est tout
aussi bien remplie puisqu’il a été membre
du Giffnock North Athletic Club à
Glasgow de 2001 à 2013. Et qu’il a réalisé
quelques belles performances, notamment un marathon en 3h.09’05 à Lochaber en
1999, un semi en 1h.26’01 à East Kilbride en 2001 et qu’il courait à cette époque
régulièrement les 10.000 mètres sous les 40 minutes.
C’est un peu par hasard qu’il a fait la connaissance du Racing de Bruxelles,
puisqu’en 2013, en faisant son entrainement dominical en Forêt de Soignes, il a
croisé les Hivernales. Il a été voir sur le site de notre club et a participé à quelques
unes de nos organisations, notamment l’ UTTWB, en septembre dernier.
Là, il a eu l’occasion de s’entretenir avec certains de nos membres et il s’est décidé à
s’inscrire au GAL.s
Son objectif : continuer à participer le plus longtemps possible à des courses (ndlr :
apparemment à un bon niveau si l’on regarde le résultat qu’il vient d’obtenir pour sa
première participation à la Course de l’Heure !).
Notons encore que Martin est marié, père de 3 enfants et grand-père de 4 petits
enfants, qu’il est amateur de cinéma et qu’il compte bien profiter de son séjour en
Belgique pour perfectionner son français.
Luc VAN GOSSUM
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Daniela PANFILI
Ceux qui s’intéresseront à la rubrique
« Nouveaux Visages » dans ce Bulletin
feront cette double constatation : en
premier lieu, le caractère international
de notre club ne cesse de se confirmer.
En second lieu, la tendance « ultra » est
vraiment à la mode.
Daniela Panfili en fait parfaitement la
synthèse. Cette italienne de 44 ans
s’inscrit au RCB pour améliorer sa
vitesse sur les trails longs.
Elle a déjà à son actif quelques
performances impressionnantes,
comme le « Matterhorn ultracks », qui
comporte 48 km et un dénivelé de
3.600 mètres et qu’elle a terminé en 9h.56’.
« User experience designer » chez Thomson Reuters, elle pratique aussi le yoga et la
danse. Déjà, membre de l’Enjambée, c’est par notre ami Yves Warnau qu’elle a été
convaincue de rejoindre notre club.
Benvenuti !
Luc VAN GOSSUM
Marc LOVENIERS
Tiens, en voilà un qui n’est ni d’origine étrangère, ni fanatique de trail ! Mais sportif,
il l’est certainement dans l’âme. Car à 41 ans, Marc a déjà derrière lui une belle
panoplie d’expériences sportives diverses: 15 ans de judo, 8 ans de volley et 4 ans de
hockey sur gazon. En fait la course à pied ne s’est imposée que par la simplicité de sa
pratique, lorsque la vie professionnelle devient trop difficile à combiner avec des
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sports trop chronophages. Marc y trouve la flexibilité qui lui permet d’avoir sa « dose
d’adrénaline nécessaire quand il le souhaite ».
Après quelques années de pratique, notre zinneke bruxellois, -parents d’origine
wallonne et flamande-, a déjà réalisé 1h32 sur les 20 km de Bruxelles et souhaite, si
possible, améliorer simultanément son volume d’entrainement et sa vitesse de base.
Cet avocat, spécialisé dans le
droit de la propriété
intellectuelle et des nouvelles
technologies et résidant
aujourd’hui à Auderghem,
s’est décidé à rejoindre un
club de course à pied, pour
bénéficier de conseils avisés et
judicieux et pour éviter de
courir seul ou idiot. Mais il
souhaite aussi tenter sa
chance sur marathon et
arriver à y maintenir une
vitesse de l’ordre de 14 km/h.
Heureux père de deux filles, Mélusine et Bérénice, âgées respectivement de 13 et 10
ans, Marc est un amateur de lecture et d’écriture, ce qui ne l’empêche pas
d’apprécier la randonnée, la cuisine et le vin. La course à pied s’imbrique donc
parfaitement bien dans le tableau pour « éliminer les excès tanniques de nos soirées
de dégustation de vins, que nous organisons régulièrement, ma compagne et moi,
avec nos amis ».
L’arrivée de Marc au Rcb-Gal s’est faite assez naturellement, car son beau-père est
ancien du Rcb-athlétisme et lui-même avait régulièrement foulé la piste des Trois
Tilleuls avec son école, Saint Boniface, dont les entrainements étaient dirigés par un
certain Philippe Schelkens. Enfin, ajoute Marc, la consultation du site du club sur
internet, lui a donné l’image d’ « un club dynamique malgré son âge respectable ».
Jacques WIAME
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32e course de l'heure du RCB (11.11.201515)
vue de l’intérieur par Marc VANDERLINDEN.
J'ai pu dernièrement participer à la course de l'heure dans le but de passer les quinze
kilomètres... Me connaissant bien, j'avais estimé pouvoir le faire. Et me voilà parti
avec en point de mire 1'36 au tour ou 4'00 au km. Aidé par trois jeunes du RCBT
jusqu'à mi-course, je sentais tout-de-même
que ça allait être très juste, trop juste... Car à
partir du 8ème, je me retrouvais seul, ne
pouvant compter que sur ma foi légendaire
(hum!), mon expérience et les
encouragements des compteurs de tours... Au
12ème, mon retard sur le tempo de base se
chiffrait à 25 secondes, soit cent mètres. Par
déduction, je pouvais espérer au mieux
14,9km, voire quelques mètres de plus... Et
pourtant, j'ai vécu cinq derniers tours d'enfer,
comme dans le bon vieux temps (jeune
temps, devrais-je écrire), ne lâchant pas mon
effort, me prouvant que je peux encore
refuser cette irréversible et cruelle horloge
temporelle en me voulant plus jeune ( ou
moins vieux, selon ) grâce à ce résultat tant
espéré... Je termine avec 14,960 mètres
exactement. Mieux, je ne pouvais faire. Mais
traverser une heure d'enfer me rappelle bien ce qu'est le paradis: nous vivons dans
une société où nous pouvons nous payer le luxe du choix de l'intensité de notre
souffrance. D'autres n'ont pas cette chance... Pensons-y!
Bref, je me suis pris le mur de face, pas loin de le surmonter. Il s'en est fallu de
quelques briques...
Merci à tous les aidants qui ont contribué à ce que ce 11 novembre soit si convivial...
Marc VANDERLINDEN
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La « Joyeuse Entrée » de Sophie Hardy au Racing de Bruxelles !
Une température d’été indien, quelques discrets rayons de soleil, un vent
presque absent, telles étaient les conditions qui allaient présider aux « 32e
courses de l’Heure du Racing de Bruxelles ».
Des circonstances idéales pour réaliser
quelques performances marquantes et ils
furent quelques-uns à ne pas s’en priver.
Et pour briser la tendance de ces
dernières années, cette fois ci c’est du côté
des dames qu’il fallait chercher les raisons
de s’esbaudir ! En effet, à peine entrée
dans les rangs des Racingwomen depuis
moins d’un mois, c’est Sophie Hardy qui
nous a régalés d’une démonstration de
ses capacités en ce 11 novembre
d’armistice, dont elle avait sûrement
oublié le sens premier. Car c’est à une
attaque en règle contre le record du RCB
féminin sur l’Heure que s’est livrée
Sophie. Dès les premiers hectomètres elle
se trouvait sur un rythme supérieur aux
15,275km réalisés par Zaïna Semlali
en 1993. Et, après un passage aux 10 km,
en 38.23, bien titillée par François
Stockmans, qui l’accompagna jusqu’à 2
km de l’arrivée, elle ne devait faiblir à
aucun moment. Au contraire, de sa foulée
aérienne et dynamique, elle devait réussir
un « negative split » de 12 secondes, qui
l’amena finalement à un superbe record
de 15,617 km !! Bravo !
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C
HEZ LES HOMMES, ce sont Philippe Colson, le triathlète, et Fred Debaste,
vainqueur du 10 km sur piste de juin dernier, qui devaient mener la danse. Les
deux hommes devaient se relayer régulièrement jusqu’au 8e km moment où
Philippe, en belle forme tout au long de cette année, devait très progressivement
prendre le dessus. L’écart entre les
deux hommes culmina à une
trentaine de secondes pour
finalement représenter 50m à
l’arrivée après un beau dernier tour
de Fred. Pour sa première
participation, Philippe avait
parcouru 16,800 km et Fred 16,750, ce
qui améliorait son RP d’environ
200m !
Mais ils n’ont pas été les seuls à se
distinguer. C’est dans toutes les
catégories que cela bouge…
C’est ainsi que Maxime Pétré, encore
un triathlète, s’est payé un beau RP à
15,750 km, que Cillian Buckley a
passé la barre des 15 km (15,210), que
Muriel Cartiaux, avec 13,450, passe à
la 2è place du classement « tous
temps » chez les dames +45, que
Guy Baikrich taquine les 12 km en
+70 (11,900), qu’Etienne Marchand,
pour sa première course dans la catégorie +70, s’approche à 100m du record de la
catégorie (12,500) détenu par Jo Mommaerts, que Marc Vanderlinden (14,950) fait de
même chez les +55 où Pierre Luchen, avec 15,800 reste encore bien devant, et que
notre nouveau coéquipier, Martin Myant, dépasse les 12 km chez les +65.
C
ETTE ANNÉE nous avons compté 84 participants sur la piste, équipes de relais
comprises, et cela en dépit de l’heure particulièrement matinale de la première
course et du jour férié qui nous a privés de quelques Européens. Cela fait quelques
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années que nous n’avions pas connu une aussi belle participation. Plusieurs choses
nous réjouissent en parcourant la liste des protagonistes et les résultats. Tout
d’abord, un bon nombre de nouveaux/nouvelles se sont alignés et nous espérons
qu’en dépit de la difficulté morale et physique de cette épreuve, ils auront été
convaincus de son intérêt. Nous avons aussi vu avec plaisir qu’un certain nombre
d’anciens (et assimilés...) n’avaient pas hésité à encourager leur progéniture à
participer à la course, que ce soit en individuel ou en relais. Nous pensons en
particulier à la famille Hock, qui a vu Esteban, encore cadet (14 ans), dépasser les 14
km (14,070 !), à la famille Crefcoeur, dont Liévin, jeune scolaire (16 ans) a presque
atteint les 15 km (14,900) et à la famille Lejeune où Maxime (12 ans) a accompagné
son père sur 11,150 km ou encore les filles de Thierry Balfroid, Anaïs et Louise. Nous
avons vu aussi les familles Marsin, De
Lissnyder et Kylstra joliment animer les
épreuves de relais malgré le jeune âge de
la génération montante ! Nous constatons
aussi avec satisfaction une bonne
participation des triathlètes du RCBT.
Enfin, nous nous réjouissons de voir que
nos dames ont repris la place qui leur
revient parmi les participants à notre
épreuve : elles étaient 18 sur 66 à s’aligner
en individuel, alors que l’an dernier elles
n’étaient que 7 sur 58.
Je ne voudrais pas terminer sans
souligner à quel point notre petite
organisation s’est bien déroulée. Et le
mérite en revient en bonne partie à la
disponibilité dont vous avez fait preuve
en nous aidant dans le calcul des tours,
l’installation du matériel et la gestion du
secrétariat.
A l’année prochaine, encore plus nombreux !
Jacques WIAME
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Course de l'heure — meilleurs temps féminins
HARDY SOPHIE - 09.02.89
SEMLALI ZAINA -1/1/69
JONES WENDY-68
DEEGAN JULIE-31-08-64
DI MEO Maria-Rita-20/10/76
JOLY-VAUDOISEY Anne-4/8/67
LOPEZ FIORENTINA-1/1/67
AVENATI CATHERINE-11/6/58
WANET SANDRINE-75
HUMBLET FRANCOISE-66
SCHEERS JULIE-80
HAGGAR RACHEL -66
PULHAM MONIQUE-54
WOROU MARIE-LAURENCE-68
BEBE JANICK-30/4/66
D'ADESKY ANNE-MARIE-59
VERMEULEN ISABELLE-66
OSTERBURG ASTRID-75
SONMEREYN SYLVIANE-18/3/65
CARTIAUX MURIEL - 69
ALAERTS LEEN-64
HAULAIT SANDRA
PROTHERS Jenna-4/2/81
DAVENPORT NICOLA -11/1/76
BOMBAERS MURIEL-61
ROZENBERG Sandrine-71
MARTIN FEDERICA-9/9/72
ROELANDTS SOPHIE-10/12/88
15617M
15275m
15000m
14890m
14510m
14155m
14000m
13992m
13980m
13928m
13920m
13892m
13830m
13810m
13750m
13740m
13670m
13650m
13569m
13450m
13400m
13385m
13350m
13340m
13278m
13270m
13210m
13100m
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2015
1993
1999
2005
2013
2010
1997
2011
1990
1990
1994
2009
1986
2006
2006
1994
1990
1993
2003
2015
1995
2008
2011
2011
1995
2004
2004
2011
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Pour notre nouvelle rubrique "Running-Tendances", le comité de « A l'air
libre » est heureux de se voir rejoindre Olivier Vanhuysse.
Formé en Education physique, entraineur personnel, spécialiste en nutrition sportive,
ancien directeur d’exploitation à Décathlon et directeur de magasin à AS Adventure,
Olivier travaille actuellement pour JIMS fitness, où il continue à se recycler en
permanence sur tout ce qui touche à l’entrainement.
Travaillant dans le milieu de la forme depuis plus de 15 ans, il reprendra pour vous les
questions les plus fréquentes qu'il a rencontrées dans le monde de la vente et de
l'entrainement personnel, ainsi que les réponses qu'il a recherchées pour aider au mieux
les clients qui s’adressaient à lui.
Olivier nous les présentera régulièrement dans la nouvelle rubrique "RunningTendances" de votre bulletin.
Running - Tendances
Bienvenue en 2016 ! Les magasins se remplissent déjà de soldes, Saint Nicolas et Père
Noël nous ont apporté les cadeaux qu’il faut penser à présent à échanger, on
grignote encore les restes de nos divers repas de fêtes, et la liste des bonnes
résolutions est fin prête ! La même que l’année passée, on change juste la date. ..
Enfin, pour le reste de la population. En tant que coureurs, nous parlons de calories
en trop à bruler, froid et obscurité à combattre encore quelques mois, boue et routes
enneigées à fouler, et objectifs de cette année à atteindre car on va faire mieux qu’en
2015 !
Inutile de déjà penser aux beaux jours, alors qu’il nous reste 2 mois complets pour
courir dans des conditions bien plus dures. Excepté pour la prépa de l’UTMB
(NDLR : Ultra Trail du Mont Blanc) ou du prochain TAR (NDLR : Trail des Aiguilles
Rouges), pourquoi voulons-nous absolument passer notre temps libre dehors, alors
que le canapé et notre entourage nous rappellent qu’il est si simple de rester au
chaud ? La réponse est libre et différente pour tous, par contre, on se pose tous la
même question : comment s’y prendre ?
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En hiver, chacun a sa formule magique pour ne pas avoir froid, pour s’alimenter
sans prendre du poids, pour ne pas tomber malade après une longue sortie par -5°.
Quand je pose d’abord la question aux coureurs pour savoir comment ils s’y
prennent, je ne reçois jamais deux fois la même stratégie. Voici donc quelques règles
de base, expliquées avec des mots simples, et faciles à appliquer, qui vous
permettront de reprendre vos entrainements après les fêtes dans les meilleures
conditions :
Comment éviter les blessures dues à la raideur matinale en hiver ?
Le corps fonctionne de manière optimale entre 38 et même 39 degrés pendant
l’exercice. Lorsque les températures baissent, il faut consacrer plus de temps à
l’échauffement.
Il serait inutile de s’étaler sur de longs protocoles d’échauffement avec le débat bien
connu des techniques d’étirements spécifiques, car en tant que coureur récréatif, on
n’attend qu’une seule chose, c’est d’y aller... Si vous démarrez simplement en
douceur, avec de petites foulées et une couche supplémentaire pour garder cette
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chaleur (à enlever par la suite), vous partez déjà gagnant. Un bon échauffement dure
10 à 15 minutes, pas moins. Il faut sentir que les tensions se relâchent, que la foulée
devient agréable et fluide, et que vos appuis vous semblent 2 fois meilleurs qu’au
départ.
Il est intéressant de s’arrêter après 15 minutes pour alors effectuer quelques
étirements dynamiques rapides de la chaine postérieure principalement. (Ischios,
mollets, lombaires,..) , et ce, pour préparer les muscles à un effort plus soutenu.
Ensuite, laissez-vous aller ! Si l’entrainement est long et intense, ne vous étirez
surtout pas immédiatement après. Cela n’a aucun intérêt et risque de casser encore
un peu plus de fibres musculaires. Faites-le plutôt après votre douche par exemple.
Comment dois-je m’habiller pour éviter le « coup de froid » ?
« ATCHOUM ! », comme dirait l’autre… La sinusite qui surprend après la sortie
longue, on connait. Les marques regorgent d’astuces pour vous promettre une
évacuation rapide de la transpiration par des fibres miracles, et pourtant, votre
« GORE-TEX® Active Shell imperméable 30000 Schmerber(*) avec une RET(**) de
2 » est trempée de l’intérieur, tout comme votre sous-vêtement en mailles Dry-fit
dernier cri, et on est plus en piscine que sur la route. Les fournisseurs seraient-ils des
vendeurs de rêves à la publicité mensongère ? Eh bien non, une fois bien utilisé, le
matériel technique est une véritable aide pour rester confortable pendant vos sorties.
Voici comment en profiter au maximum :
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Les vêtements techniques se portent (très) près du corps !
Toute la technicité de votre équipement dépend d’abord de la façon dont il va réagir
aux changements dans votre corps lors de l’activité physique.
1. La première couche évacue la transpiration en l’absorbant, et en la
transformant en vapeur pour sécher. Si elle ne « colle » pas à votre corps, la
chaleur ne se transmet pas, et il restera mouillé beaucoup plus longtemps.
Evitez les vieux t-shirts en coton bien sûr, ils ne sèchent pas, s’alourdissent et
se détendent.
2. Si vous mettez une deuxième couche fine, type micro polaire, assurez-vous
qu’elle est aussi saillante, pour que la vapeur passe facilement au travers, sans
avoir le temps de se retransformer en eau entre les deux couches. Gardez en
tête qu’une deuxième couche n’est utile que pour un rythme très lent, et sans
trop de D+. Il est intéressant d’en avoir une dans le sac de trail, pour les
moments de récupération, mais, en plein effort, vous surchaufferez très vite. Il
suffit de regarder la différence au départ entre François Stockmans, habillé à
peine plus chaudement que Jean Michel Saive dans une salle chauffée, et moimême, au départ du trail des bosses par 0 degrés pour comprendre le principe
inversement proportionnel entre intensité/habillement.
3. La dernière couche, la célèbre « gore tex », ou pour les plus anciens, le « K–
way », va couper le vent et donc empêcher une perte de chaleur qui se ressent
très vite, même en plein effort. Elle vous protège aussi des intempéries, la
neige, la pluie…
Cette couche idéale est probablement la plus recherchée par tous, car elle nous
donne le look du coureur moderne, ou d’Emile Zatopek (ce qui reste flatteur,
avouons-le..).
Il faut éviter à tout prix les modèles « low cost », qui ne sont que des bâches en
plastique améliorées, qui vont retenir toute la vapeur d’eau, et vous faire baigner
dans votre sueur dès les premiers kilomètres. Mieux vaut mettre un budget
minimum et opter pour une veste avec une membrane imper/respirant.
Ensuite, et c’est là que ça devient moins connu, elle doit également être près du
corps. Et surtout elle doit rester fermée. Pour que la vapeur d’eau soit « poussée » à
travers la membrane, il faut une différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur
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de votre veste, sinon elle va s’accumuler sur la doublure. Cette respirabilité n’est
également efficace que par temps froid. Plus la différence de température est grande
entre l’intérieur et l’extérieur de votre veste, mieux elle respire. Il est donc inutile
d’enfiler le meilleur gore tex du monde en milieu tropical, vous serez aussi mouillé
dedans que dehors. Les aérations mécaniques (ouvertures avant, sous les bras, et via
les poches) ne sont là qu’en cas d’efforts très intenses et longs, qui demanderont une
évacuation du surplus de condensation. Elles permettent aux couches en dessous de
sécher plus vite, mais pas à augmenter l’efficacité de la membrane. Certaines
marques ont commencé à travailler sur des technologies différentes, pour pallier
cela, comme Polartec® et son Neoshell®, ou l’Event®. Ces membranes laissent
passer une quantité infime d’air et de vent non perceptible par votre corps mais qui
permet de ne pas avoir besoin de cette différence de pression pour respirer. Elles
sont pour l’instant déjà beaucoup utilisées dans le milieu alpin, (RAB®, Marmot®,
Mammut®), qui les préfère au Gore Tex. Elles arriveront dans le milieu du «
running » bientôt.
Vous pouvez aussi opter pour les vestes en « soft shell », qui ne sont pas 100%
imperméables, mais permettent de rester confortables même sous une bonne heure
de pluie, en respirant beaucoup mieux.
Beaucoup de clients reviennent au magasin un an après leur achat, en se plaignant
que leur veste finit par « percer ». Sachez que les membranes restent ad vitam
imperméables, ce qui se produit c’est que la couche externe perd sa déperlance, se
gorge d’eau et empêche par la suite la membrane de travailler. Il suffit alors
d’appliquer un produit réimperméabilisant de qualité, de préférence par
imprégnation en machine (type « Granger® 2 en 1» ou les produits Nikwax®), et
votre veste reprendra du service pour l’année suivante.
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Lavez souvent vos équipements
1. Le sel dans votre transpiration finit par boucher les pores des fibres. Il faut les
laver après utilisation (Au moins rincer votre veste), sinon, fini la technicité.
2. Utilisez un détergent liquide, les restes de poudre peuvent avoir le même effet
que le sel. L’idéal pour votre veste, c’est les produits spécialisés comme « Tech
Wash » qui n’enlèvent pas la déperlance. Mais cela ne reste qu’un avantage
très léger par rapport aux produits traditionnels.
3. Ne JAMAIS utiliser d’adoucissant. Cela aplatit les fibres pour les rendre plus
douces, et on perd tout l’intérêt des fibres creuses, qui gardent la chaleur et
laissent passer la vapeur.
Les Chaussures, imperméables ou pas ?
1. Nous avons testé et vendu beaucoup de chaussures avec membranes, une fois
que le marché fut envahi par cette innovation. Il faut savoir que le retour est
toujours le même : tant que l’eau ne rentre pas par-dessus, c’est impeccable ;
mais posez votre pied dans une flaque trop profonde, et ils resteront trempés
toute la sortie. Cela veut dire aussi échauffement, frottements, ampoules, etc.
2. Ces chaussures peuvent donc être agréables pour la sortie relax autour de
chez soi, si la neige fondante rend le parcours difficile et qu’on veut garder ses
pieds bien au chaud. Pour le reste, par temps froid, il vaut mieux laisser
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s’évacuer l’eau dans la chaussure et laisser le corps chauffer votre pied de
manière naturelle.
3. En été, elles sont à éviter absolument ! Tous nos clients nous donnent le
même ressenti : ça ne respire pas assez.
Les besoins nutritionnels sont-ils différents en cette période ?
Premièrement, si vos repas de fêtes se sont déroulés comme il le faut, vous aurez
ingurgité pas mal de calories mais surtout beaucoup d’aliments acidifiants pour le
corps (Je ferai un article plus détaillé là-dessus dans un prochain bulletin) . Cela
favorise l’inflammation et vous risquez de réveiller vos anciennes blessures plus
facilement. Pensez à manger beaucoup de fruits et légumes, de soupes, et à boire de
l’eau alcaline (Badoit, Vichy,.. ). Ceci neutralisera l’acidité du corps.
Ensuite, par temps froid, le corps a besoin de plus de calories pour maintenir la
température corporelle. Le nombre de calories varie selon le poids, le pourcentage de
graisse, l’âge, le sexe,... Mais les principes restent les mêmes pour tous, et si le
marketing est très doué pour nous vendre des produits à l’allure scientifiquement
prouvée, sachez qu’on peut faire très simple et efficace :
Avant l’effort : prenez simplement quelques petits beurres, ou
des nic-nacs. Ils comprennent des sucres lents et rapides, et
comme nous en avons tous mangé étant petits, ils sont très
bien assimilés et tolérés. Ils ne provoquent aucune réaction
autre qu’une bonne réserve d’énergie, contrairement à des
produits trop concentrés en sucres rapides, qui provoqueront une hypoglycémie 20
min plus tard à cause d’un pic d’insuline.
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Pendant : Si l’entrainement ne dépasse pas une heure, de l’eau suffira. Au-delà,
entre 1h et 3h, de l’eau et du sucre. Plus (marathon pour la plupart sauf pour
François Stockmans et ses fusées, et ultras), eau + sucre et une pincée de sel. Si
l’effort musculaire est aussi intense (trail de montagne), on peut rajouter des
protéines, mais pas plus de 15%. Ce qui change par temps froid, est la concentration
de sucre. Plus la température diminue, plus le corps en a besoin. La teneur en
glucides de la boisson de l’effort doit varier entre 20g/litre (effort de faible intensité,
par temps chaud) et au grand maximum 80 g/litre (intensité élevée, températures
froides). Plus que cela, le corps ne l’assimile pas et
elle restera dans l’estomac en attente. La plupart
des boissons du commerce étant trop sucrées, il est
conseillé de les diluer. Encore une fois, mieux vaut
une recette maison : Utilisez un pur jus (de raisin
de préférence, il présente un bon mélange
Glucose/Fructose), et diluez le dans l’eau. Le jus de
raisin contient 15g de sucre/100ml. Donc si vous
mélangez 1/3 de jus et 2/3 d’eau, vous obtenez une boisson à 45g de sucre/litre, qui
est très efficace. Si vous le supportez bien, vous pouvez légèrement augmenter la
dose au besoin, en fonction de l’effort à fournir. Rajouter une petite pincée de sel
pour les ultras.
Après : Comme vous venez d’augmenter l’acidité du corps par l’effort physique,
pensez à vous hydrater rapidement en eau alcaline,
comme cité plus haut, pour ramener un bon
équilibre et éviter les inflammations. Ensuite,
sachez que vous avez 45 minutes (la célèbre
« fenêtre métabolique ») pour refaire les réserves, et
aider ainsi votre corps à bien récupérer. Il faut boire
ou manger un bon mélange « 85% glucides à index
glycémique haut / 15% de protéines » le plus
rapidement possible. A nouveau, les barres de
récupération et les boissons post- efforts existent,
mais ne sont pas toujours adaptées et supportées
par tous. Une bonne astuce ? Ayez dans votre sac
de sport, un fruit (la banane est la reine des fruits pour les sportifs, à cause du
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potassium) + un Cécémel + un yaourt à boire. L’apport « minéraux/protéines/sucres
rapides » est très intéressant et donnera à votre corps ce dont il a besoin pour
récupérer. Sans cela, si vous attendez trop de temps, vous aurez tendance à vous
jeter sur des aliments salés et gras et, comme votre corps s’adapte, il va stocker plus
que nécessaire car vous ne lui aurez pas apporté ce dont il a besoin directement
après l’effort.
Je profite de ces dernières lignes pour vous remercier de m’avoir lu et de me donner
la possibilité de partager ma passion du sport à travers le Bulletin. Il me reste à vous
souhaiter une bonne année 2016, pleine de nic-nacs, de jus de raisins (non Yves
Warnau, pas celui-là.. un verre par jour seulement), et de chocolats chauds de
récupération.
Pour reprendre les mots de ma compagne,
A bientôt sur les routes/chemins/sentier,
Olivier
Sources :
1.
Manuels de formation « Gore », « Event » et « Novadry »
2.
Cours de nutrition du sportif : Dr Aurélie Vandevoorde
Note explicative :
* : Le Schmerber est une unité de mesure de l’imperméabilité d’un textile
qui doit son nom à l'industriel du textile Charles-Édouard Schmerber (18941958) qui l'a définie et a créé les outils pour la mesurer.
** : Coefficient RET (Résistance Evaporative Thermique). Ce coefficient
détermine la résistance qu’oppose un textile à l’évacuation de l’humidité du
corps. Plus cette résistance est faible, plus l’évacuation de l’humidité est
optimale (selon la norme ISO 11092).
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Fabrice Boutique champion d’Europe !
C’est vrai que nous avons peu l’occasion de le voir courir parmi nous à
l’entrainement ou en compétition dans la région bruxelloise. Il faut dire qu’en tant
que comédien, il partage sa vie entre Paris, Les Etats-Unis et Bruxelles. Si cette vie de
« saltimbanque du monde » l’empêche par moments de suivre un entrainement
structuré et régulier, à d’autres moments il se rappelle à notre bon souvenir pour
nous prouver qu’il n’a rien perdu de ses belles capacités en réalisant l’une ou l’autre
performance sortant de l’ordinaire.
C’est ainsi que l’an dernier il avait titillé la barre des
2h40 sur le marathon alors que cette année, pour
prouver son éclectisme, il avait décidé de marquer le
coup sur des distances nettement plus courtes.
Comme il n’échappe pas plus que les autres aux
affres du temps qui passe, c’est donc aux
championnats d’Europe pour Vétérans (Masters)
qu’il avait décidé de se situer par rapport à ses
compagnons d’âge, donc dans la catégorie 45/49 ans.
Et bien lui en a pris puisqu’il n’est pas exagéré de
dire que cette expérience fut un plein succès ! En
effet, les trois courses auxquelles il a participé lui ont
apporté deux médailles d’or et une d’argent, dans
des conditions que nous ne qualifierons pas
d’optimales. En effet, ces trois courses se sont
succédé sur une semaine et elles ont été entrecoupées de quatre matchs de foot. Pas
vraiment une préparation idéale pour quelqu'un qui avait eu une préparation assez
réduite. En outre les hostilités commencèrent plutôt mal : sur 5000m, comme Fabrice
attendait de s’expliquer au sprint avec un Russe pour la victoire, lorsque l’officiel de
service indiqua « 1 » à Fabrice, celui-ci se lança dans un sprint final qui lui permit de
passer la ligne en premier. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’en passant la
ligne il entendit retentir la cloche. Epuisé, il se fit évidemment redépasser par son
concurrent russe et, au lieu de réaliser un temps autour de 17 min, il termina la
course au petit trot en 17’35, en 2è position. Il devait toutefois prendre sa revanche
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sur le même concurrent sur 1500m, où il gagna en 4’34 et finalement il décrocha
encore l’or sur 10km en 36’42 devançant un Français.
Les temps réalisés ne le satisfont pas vraiment Fabrice a promis l’an prochain
d’essayer d’atteindre 4’15 sur 1500 et 16’30 sur 5000m ! C’est tout le mal que nous lui
souhaitons !
Jacques WIAME
Le Roi Georges au Pays des Uns et des Autres
Sacré Georges Kin, après plus de 30 marathons, 2500 compétitions et à plus de 73 ans
il décida de participer au Marathon Club de Budapest. Je lui ai demandé « pourquoi
Budapest ? », parce que si Georges ne manque aucune activité club et est bien connu
de tous, il est, c’est le moins qu’on puisse dire, éclectique dans ses choix. La réponse
fut très honnête et aussi très commune « Pour suivre Andrée, mon épouse ». En
effet, dès l’annonce du choix du Marathon, un groupe de dames très dynamiques se
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mit en place, avec l’idée de courir le Relais-Marathon. Vous comprenez que Georges
ne pouvait que s’inscrire et mettre son talent au service de ses ambitions.
Notre groupe de joyeux Galopins se retrouva au complet, la veille de l’épreuve
(42km195, 30km ou 10km) dans le même hôtel à 300 mètres de la place des Héros,
lieu de départ et à 100 mètres du métro qui permettait de rejoindre le centre
historique de la ville. Ainsi tout le monde profitait du travail d’Elsa Fréville, des
relations familiales de Virginie Babinet et amicales de Brigitte Demeuse, ou mme
Martinache.
De nouveau, le génie des dames enrichit notre séjour et ainsi, grâce à elles, le culturel
nous mena au farniente dans les thermes après des massages réparateurs et un
détour à travers l’histoire d’un empire et d’une capitale.
Mais tout cela se mérite et il fallut courir.
Chacun se retrouva sans peine et avec un
influx intact sur la ligne de départ. Pour les
relayeuses, en principe l’organisation était
plus compliquée, mais grâce au métro et à
Laurence Compère, présente depuis
quelques jours, tout se déroula avec
beaucoup de facilité.
Pendant longtemps le marathon fut le
Graal du coureur à pied, c’était un tournant
dans une carrière, naturellement dans un
club issu de l’athlétisme, on quitte le
domaine du doux amateurisme.
Dans la catégorie POUSSIN de l’année,
Benoit Huyskens fit un excellent trip
(4h43), accompagné de son avisé mentor,
Jacques Wiame, à bicyclette.
Dans la catégorie COUREURS AU LONG
COURS, qu’ils fussent plus ou moins
blessés, plus ou moins préparés ils
atteignirent leurs objectifs, eux qui n’en
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avaient pas ou si peu à savoir Gauthier Martinache (3h33), Elsa Fréville (4h22) et son
cicérone, Pierre Falque (4h22), Laurent Blasson (2h56) et notre inattendu, Paul Titart
(4h29),
Quant à nos COUREURS DE COMPETITION, ils se donnèrent à fond et arrivèrent à
leurs fins, loin des dernières. (Ce n’est pas bon, mais cela m’amuse).
Nos présidents furent excellents et gagnèrent, l’un 5’ et l’autre 20’ sur leurs temps
précédents: Christian Capelle (2h44) et François Borceux (3h01). Notre roi Georges
(4h15) fut impérial, il jeta tout dans la bataille et ne rendit que 1h10 sur un quart de
siècle, un exploit, et ce grâce à son entrainement toujours aussi débridé que
compulsif.
Enfin il y en a deux que je suis obligé de mettre dans CATEGORIE DES ESPOIRS deux
vétérans, un triathlète Patrick Delmelle (le 30km en 2h21) et un traileur égaré,
Thomas Compère (3h).
Nos dames au relais-marathon furent fantastiques et notre Mr Potty renversant de
célérité. Chacun et chacune poussa les manettes à fond et fut récompensé par le
spectacle de Catherine Hotton-Borceux et Océane, mère et fille, ensemble, sur la
ligne d’arrivée.
La victoire des GALois sur les Huns se fêta dans un excellent restaurant magyar où
chacun se réjouit à l’idée de participer au marathon de Cologne en 2016 après, bien
entendu, avoir juré qu’on ne les y reprendrait plus.
Certifié conforme et véritable par Alain DEBEKKER, Michèle JOPPART (Mme FALQUE)
et Marie Blanche SURNY et irréfutable par les photos de Julie RASMONT.
x
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T TRI-Bune T
ADELAIDE : Jérôme Claeys champion du monde de duathlon des 40-44 ans !!
C
ELA FAIT À PEINE DEUX PETITES ANNÉES que Jérôme est membre du RCBT.
Mais le milieu sportif et le haut niveau, il connaît bien, car il a déjà derrière lui
une belle carrière de coureur à pied, qui lui a rapporté rien moins qu’un titre de vicechampion de Belgique de marathon, en 2004, année où il devait réaliser le temps
impressionnant de 2h16 sur marathon !! Entre-temps, les études, les occupations
professionnelles, les activités familiales avaient eu raison du sport de haut niveau et
ce n’est que fin 2013 que la curiosité l’amena à vouloir découvrir le triathlon.
Quelques mois plus tard et quelques kilos en moins, il tentait sa chance dans un
premier triathlon, mais la difficulté à progresser rapidement en natation,
contrairement au vélo, le poussa à approfondir le créneau du duathlon. Avec succès,
comme nous allons le constater… En effet, en 2014 il prend le bronze au
championnat de Belgique de duathlon (distance standard 10/40/5km) en Masters A
(plus de 40 ans) et en juillet 2015, en dépit d’une mauvaise chute et d’une fracture
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de la main fin avril qui hypothèque ses chances de participer au championnat de
Belgique à Hosingen en mai, Jérôme se classe 2ème dans cette même catégorie au
duathlon de Courtrai début juillet. Cette performance fait germer l’idée d’aller
disputer les championnats du monde de la discipline qui ont lieu fin octobre en
Australie. Il sollicite la Ligue belge et obtient sa sélection pour Adelaïde où il
représentera donc la Belgique. Entretemps il gagne le championnat de Belgique de
duathlon sprint à Torhout (toujours en Masters A)
C’est de cette course que Jérôme nous fait le récit ci-dessous…
Signalons qu’à Adelaïde deux épreuves se disputent simultanément et donnent
chacune droit au titre de champion du monde de Duathlon : le « Duathlon-sprint »
et la distance « standard » ou « moyenne » (10 càp/40 vélo/5 càp) sur laquelle s’aligne
Jérôme.
(jacques W.)
R
5H DU MAT pour manger mes céréales 3 h avant la course prévue à 8 h.
Soleil radieux, 15 degrés, peu de vent (une dizaine de noeuds). C'est le
printemps à Adélaïde (Australie). La température montera jusqu'à 22 degrés en fin
de course. Les concurrents sur la distance standard partent par vagues/par groupe
d'âge avec 1min d'intervalle. On est un peu plus de 50 dans ma catégorie (40-44). Les
concurrents dans la distance sprint sont partis à partir de 7h30. Au total cela fait plus
de 1000 athlètes qui se partagent le parcours, ce qui crée quelques embarras de
circulation.
ÉVEIL À
Le parcours cap n'est pas très exigeant. Il est constitué d’une boucle de 5km à
parcourir deux fois, en bordure de la rivière (Torrens) qui coule au centre
d'Adélaïde. Il présente peu de dénivelé mais n’est jamais plat à cause des passages
sous ou au-dessus des ponts, outre deux casse- pattes de 30m et des athlètes à
remonter en permanence.
Je commence par suivre un rythme peu soutenu imprimé par deux Australiens.
Après 3 km j'accélère et me retrouve seul. Je suis surpris de ne pas voir dans ma
foulée Lee Piercy, un Anglais, le favori ayant gagné les deux éditions précédentes.
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Vers le 8ème km une vieille blessure au tendon d'achille droit se réveille.
Heureusement c'est bientôt fini. Je ne sens pas mes douleurs dorsales, probablement
grâce au nurofen 400 avalé une heure plus tôt. Je termine le 1er 10km avec 1min25s
d'avance sur le second en 33min (3:19min/km). Je ne sais pas à ce moment là, qu'il y a
un Français de 35 ans, parti 3min plus tard, qui fait le parcours 1min30 plus vite. J'ai
le 5ème temps toutes catégories confondues après ce premier tronçon. J'aurais
probablement pu faire mieux en partant plus vite.
La transition vélo qui comporte un long parcours à pied n'est pas idéale. Je ne
retrouve pas tout de suite mon vélo. La visière de mon casque aéro se détache. Je
mets mes chaussures vélo à l'arrêt ne sachant pas encore les enfiler en roulant. Pour
cette opération, je n'ai que le 25ème temps de mon groupe d'âge et le 128è au total !
Ma marge de progression est donc bien réelle dans ce secteur... !
L
E PARCOURS VÉLO se fait sur une boucle de 10 km à parcourir 4 fois. Très plat
mis à part une côte d’environ 600m avec un max à 7% mais le parcours est
relativement technique avec 3 virages à 180° et 11 à 90° et surtout un monde fou sur
la route. Je remonte constamment d'autres coureurs issus des catégories parties plus
tôt et que je double à partir du 2è tour, hommes et femmes. On a tous un tatouage
sur le mollet gauche indiquant si on fait la distance standard ou sprint et un autre
sur le mollet droit indiquant le groupe d'âge. A la fin du 1er tour, je prends le
dernier 180° trop large et me retrouve dans la ligne droite d'arrivée. Je dois donc
m'arrêter, passer au-dessus de la berme centrale, et repartir sur la bonne voie. Je
ressens une douleur aux ischios droits à mi-course (ai-je trop poussé?). J'essaie de me
ménager. Je m'attends à me faire rattraper par Lee Piercy mais personne ne me
dépasse. Finalement je réalise le parcours en 1 heure et 11s, meilleur temps de mon
groupe d'âge mais seulement 4s de mieux que Lee Piercy. C’est le 8e temps toutes
catégories confondues. J’aurai accompli les quatre tours à une vitesse en progression
constante : le 1er à 38,1km/h de moyenne, probablement à cause du départ à l'arrêt et
de l’épisode en fin de tour, le second à 40,7km/h puis à 40,8km/h et enfin 40,9km/h.
Je suis très content de mon nouveau vélo de triathlon, un « Trek Speedconcept »
disposant d’une roue pleine à l'arrière et de 9cm de profil à l'avant et je suis d’ailleurs
un des seuls à avoir cette caractéristique à l'avant.
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J'enlève mes chaussures dans la dernière ligne droite sans me casser la figure et cette
deuxième transition se passe plutôt bien, puisque je réalise le 5è temps de ma
catégorie et le 50è au total.
I
L Y A BEAUCOUP MOINS DE MONDE dans le dernier tronçon de course à pied
(5km). En effet, les concurrents de l’épreuve « sprint » ont fini et les participants à
l’épreuve « standard » sont peu
nombreux à être arrivés. J'ai
quelques concurrents du groupe
d'âge 25-30 partis plus tôt en point
de mire. Une famille de canetons
décide alors de traverser le sentier
juste devant mes pieds. Je n’arrive
pas à en éviter un, ce qui provoque
de grands cris d'indignation dans le
public, mais il y a plus de peur que
de mal. Je reprends le vainqueur de
la catégorie 25-29 dans le dernier
km (qui est soulagé de voir mon
tatouage sur le mollet droit !) et
termine en 17’25 pour ce tronçon de
5 km, soit 3:20/km. A l’arrivée j’ai
1’18 d'avance sur le second de ma
catégorie sur ce tronçon et je réalise
le 3è temps, seulement 2 secondes
derrière le premier tous groupes
d’âges confondus. Je ne perds donc
quasi rien par rapport au 1er tronçon ce qui est plutôt bien mais indique aussi que
j'aurais pu aller plus vite lors des 10 premiers km.
In fine au classement général total, je termine en 1:53:17 et, dans ma catégorie, j’ai un
peu moins de 3 min d'avance sur un Australien. Lee Piercy n'est finalement classé
que 4ème. Le Français de 35 ans gagne au scratch final et fait au total 19 sec de
mieux que moi. Le deuxième, un Australien de 21 ans, arrive 5 sec devant moi.
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Cette performance aura-t-elle des prolongements en 2016 ? Difficile à dire pour
l’instant.
Les maux de dos pourraient constituer un frein à l’envie de de m’approcher encore
plus près de mes limites, tout comme les contraintes professionnelles et familiales.
Mais pour l’instant le mot d’ordre c’est de profiter du plaisir d’avoir réussi cette
performance.
Jérôme CLAEYS
2015 : une grande année pour le RCBT qui fête ses quinze ans d’âge !
Déjà 15 ans alors qu’il nous semble que c’était hier que quelques membres du
Groupe Allure Libre du RCB, décidaient de créer un nouveau club de Triathlon, qui
ne pouvait s’appeler autrement que « RCB-T » !
C
ETTE INITIATIVE avait connu un succès immédiat puisque nous étions déjà une
vingtaine d’inscrits la première année et qu’en 2004 le tout jeune RCBT
connaissait un premier « sommet », puisqu’au championnat de Belgique
francophone sur la distance olympique (1/4 de triathlon), notre club l’emportait à
l’inter-équipes plaçant 5 hommes dans le top-30. Cette année là également, le RCBT,
qui s’était fait dès le début une spécialité de l’ Ironman (le triathlon complet : 3,8km
de natation, 180 km de vélo et un marathon), avait vu pas moins de 13 de ses
représentants terminer cette épreuve !
Après quelques années d’une certaine stabilisation dans les résultats et le nombre
d’affiliés, le club devait reprendre sa marche en avant vers 2007-2008, notamment
grâce à la création de l‘école des jeunes lancée avec succès par Philippe Schelkens,
actuel président de la section. Cette évolution a abouti en 2015 à ce que le RCBT
devienne le premier club francophone en termes de licenciés, alors que nous
comptons un total de plus de 170 membres cotisants, répartis entre environ 95
adultes et 75 moins de 20 ans. Ceci constitue un chiffre qu’on peut considérer
comme la limite structurelle gérable par le club, en particulier chez les jeunes, qui
demandent un encadrement de tous les instants.
Ces dernières années déjà nous approchions ces chiffres, mais ceux-ci ne se
traduisaient pas suffisamment dans les résultats au niveau des challenges
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francophones et nationaux. Or l’année 2015 a marqué une évolution sensible sur ce
plan aussi bien chez les jeunes que chez les adultes.
C’est ainsi que cette année, chez les jeunes garçons nous sommes représentés dans
toutes les catégories, non seulement en nombre de classés, mais aussi au niveau des
podiums et des places d’honneur. Nous notons par exemple, chez les jeunes, qu’à la
Super-coupe de la Fédération Francophone de Triathlon, -en quelque sorte le
classement de régularité côté francophone-, le RCBT occupe l’intégralité du podium
dans la catégorie des garçons +16 ans, et qu’au total des 4 catégories, notre club
cumule 12 top 10 ! Ces résultats individuels se reflètent évidemment au classement
interclubs où nous montons sur la 3è marche du podium, alors que le RCBT n’était
encore que 13è l’an dernier.
C’est l’occasion de souligner le magnifique travail réalisé par les entraineurs, dont le
dynamisme n’est plus à démontrer !
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Que dire alors du groupe des adultes, qui n’a été dépassé au classement interclubs
de la super-coupe que lors de la dernière épreuve par le TRIGT, le club hyper
dominant du triathlon francophone. Sur le plan individuel, Thomas Van Diest
termine en grand vainqueur de cette épreuve de régularité, en dépit d’une blessure
encourue en milieu de saison et après avoir remporté trois des épreuves entrant en
ligne de compte pour ce challenge. Soulignons aussi la 5è place de Philippe Colson
qui réalise sa meilleure saison cette année et la superbe 3è place obtenue par Joachim
Verstraeten, chez les -23 ans. .
Par ailleurs, 7 Racingmen ont goûté aux joies de l’Ironman cette année, parmi
lesquels nous ressortirons les brillants débuts de Nicolas Van Damme à Vichy, en
10h23 et les résultats remarquables de ceux qui ont cherché la difficulté, Sébastien
Calle à Lanzarote et Marc Warnier à Embrun !
Et nous avons gardé pour la bonne bouche, « LA » performance de l’année réalisée
en cette fin de saison par Jérôme Claeys, devenu à Adelaïde, en Australie, le premier
Racingman a décrocher un titre mondial, puisqu’il a remporté la catégorie 40-44 ans
sur la distance « standard » (10/40/5km) de duathlon ! Nous vous invitons à lire le
récit de ses exploits dans les pages de ce bulletin !
T
OUT EN NOUS RÉJOUISSANT de pouvoir souligner l’excellente ambiance qui
règne parmi les troupes du RCBT et qui ressort à chaque stage organisé par le
club, nous devons quand même nous demander ce que nous pourrions encore
améliorer, ce qui nous manque
encore après 15 ans d’existence.
En premier je citerais le
déséquilibre entre le nombre de
membres masculins et féminins du
club, ce qui constitue d’ailleurs un
phénomène général en Belgique.
Mais à nous d’essayer d’inverser la
tendance et de nous distinguer en
réduisant ce retard. Par ailleurs, si
nous nous sommes améliorés en
« Team Series » – équipe RCBT
quantité et en qualité, notre
participation à la première organisation des « Team Series » – une rencontre entre les
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20 meilleurs clubs belges sur 5 épreuves différentes – si elle a été appréciée par les
participants et si elle renforce l’esprit de club, nous a montré le fossé qui existe
encore entre notre niveau moyen et le niveau des meilleurs clubs flamands qui
dominent outrageusement la discipline. Enfin, même si le triathlon reste un sport
très individuel, même individualiste, il ne serait sans doute pas mauvais d’essayer de
regrouper un peu plus les Racingmen à l’occasion d’entrainements de vélo ou de
course à pied. Cela ne pourrait que nous faire progresser à l’aube des quinze
prochaines années d’existence du RCBT !
Jacques WIAME
Le Kustmarathon van Zeeland,
o n e n a chié ma is qu’e s t -ce que c’é t a it be a u !! !
Pourquoi s’être embarquées dans l’aventure du Kustmarathon de Zélande ? Cette
question nous nous la sommes posée plus d’une fois durant les 42 km « et des
fafiottes » parcourus le 3 octobre dernier.
La sélection, faite plusieurs mois auparavant, nous avait semblée évidente : la
Zélande c’est beau, c’est nature à fond les ballons et surtout, ben c’est plat. Et comme
nous avions la naïve ambition d’améliorer nos temps respectifs – sous les 4 heures
pour Stéphanie ; sous 3h20 pour Marie – c’était un argument de poids. Après
quelque 6 semaines d’entraînement tout de même soutenu (en moyenne 4 sorties
hebdomadaires avec des vitesses d’endurance et de course inédites pour nous), un
ami bien intentionné a eu la bonne idée de vérifier les performances des années
précédentes, et de regarder la petite vidéo de présentation. Il a fallu revoir un brin à
la baisse notre enthousiasme : le premier homme faisant grosso modo 2h30 (mais le
marathon inscrit à peine un gros millier de participants et pas nécessairement des
« stars », enfin pas à notre connaissance), et le parcours compte trois tronçons dans
le sable, dont un de 5 km. Qu’à cela ne tienne, c’est un défi comme un autre, ça reste
beau, il faut juste se préparer psychologiquement à ne pas atteindre l’objectif fixé
initialement.
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Nous voilà finalement samedi 3 octobre, en route en bus pour Burgh Haamstede, sur
la deuxième île de Zélande, lieu de départ. Le Kustmarathon se différencie là aussi
des marathons « classiques » (d’après notre expérience, s’entend). Il a lieu un samedi,
départ à midi, et ne fait pas une boucle : arrivée 42,195km plus bas, à Zoutelande ! Le
départ est donné sur une petite place, autour d’une église, dans une ambiance de
flonflons et de fête des plus sympathiques. La quasi-totalité des inscrits viennent des
Pays-Bas, et plus de la moitié de Zélande. On se rendra vite compte que les
Zélandais qui ne courent pas sont sur le parcours à hurler les prénoms (visibles sur
les dossards), à chanter, encourager, tenter de nous nourrir et nous faire boire. Pas
un tronçon de 500 mètres sans public, sauf peut-être les passages sur les ponts. Il fait
superbe, entre 17 et 19 degrés, et le décor est magnifique. Très vite nous quittons
Burgh pour passer dans des sous-bois et déjà tâter un autre sol, la boue. Je (Marie)
pars quand même sur le 13km/h initialement fixé, cela se révèlera bien trop
ambitieux, et sans doute un peu traitre. Vers le 8ème km, premier tronçon de sable,
un kilomètre à peine mais cela a le mérite de clarifier les choses : courir dans le sable
est difficile, fatigant, et fait perdre le rythme à peine dans les jambes. S’ensuivent les
ponts et barrages qui protègent les Pays-Bas des inondations. Masse d’eau
impressionnante, puissante, et horizon à l’infini avec seuls quelques mâts posés sur
l’eau. Tout va bien, on reprend son souffle, sa vitesse de croisière, jusqu’au 18ème
kilomètre où le tronçon de 5 km dans le sable va définitivement changer la donne.
Descendre jusqu’au sable « dur », qui aujourd’hui nous semble tout sauf dur, est déjà
épuisant. Les dizaines de mètres dans le sable fin font baisser la moyenne à du 9 ou
10km/h. Paf. Le reste sur le sable humide est à peine plus facile. La remontée vers les
dunes met un terme à toute ambition si ce n’est de terminer la bête. A mi-marathon
nous voilà quasi dans le même état qu’après 35 km de marathon « classique » (plutôt
plat, sur bitume). Le retour au plat et au bitume sera salutaire pour le moral et durera
jusqu’au 35ème kilomètre où nous découvrirons les dunes, un revêtement de
gravillons mais un parcours en dents de scies, avec toujours autant de public, ravi de
nous encourager en haut d’escaliers qui semblent à chaque fois interminables. Un
dernier petit tronçon d’un kilomètre dans le sable, au 40ème kilomètre. Arrivée à
Zoutelande où la fête bat son plein. Nous avons beaucoup marché, expérience
unique que cette épreuve mi-marathon mi-trail (point positif de l’exercice : douleurs
musculaires post-marathon quasiment inexistantes). Il nous a ensuite fallu trois
heures, entre taxi et bus, pour remonter au point de départ, rien n’étant prévu pour
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ceux qui, comme nous, ne se sont pas souciés de cet aspect de l’organisation. Mais
retour sous le soleil, et dans un décor de nature exceptionnel.
(Stéphanie : 4h10 ; Marie : 3h37)
Stéphanie et Marie
L’endurance Trail (les Templiers)
T
OUT A COMMENCÉ par une envie de courir dans les montagnes... juste en
croisant un groupe de jeunes coureurs du club alpin sur les sentiers du GR20. Et
me voilà partie, quatre ans, plus tard sur les chemins forestiers avec les coureurs du
RCB. Les distances se sont enchaînées. D'abord 15 km, puis 20 km … yessssss! Puis je
suis passée à 31 km mais bien malgré moi, car le manque de sens d'orientation est un
précieux allié pour vous rajouter des kilomètres au compteur. Puis arrive mon
premier 56 km, la Bouillonnante, qui se passe plutôt bien. Et voilà que j'ai enfin
l'occasion de faire ma première course en montagne : l'OCC (Orsières - Champex –
Chamonix), le dernier né de l'UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc), grâce à Yves
Warnau qui m'a inscrite à l'insu de mon plein gré pour me faire une surprise. Si vous
côtoyez Yves régulièrement, vous découvrirez que c'est dans ses habitudes d'inscrire
les gens par surprise (pas vrai, Yves ?!).
Bref l'OCC se passe bien et arrive le moment de choisir un nouveau projet de course.
Un 100 km maintenant ce serait chouette. Et mon choix sera l'UTAT (Ultra Trail du
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Toubkal) au Maroc qui fait 106 kilomètres et 6600 de dénivelé positif, tip top le
double de l'OCC : ça me plaît ). J'en ai entendu parler par Pierre-Jean Lerat qui l'a fait
et m’en a vanté et la beauté de la course et l’ambiance.
Avant cela, j'aimerais aussi faire les 100 km des Célestes - il paraît qu'ils sont très
sympas les « Coureurs Célestes » : ça donne envie !
Après m’être rendu compte qu'en fait je cours, grosso modo, une à deux fois par
semaine en mode touriste, je me réveille soudainement et je commence à
m'entrainer beaucoup, un peu trop en fait - pas assez de repos- jusqu'à me blesser. Je
ne saurai jamais ce que j'ai eu au cou-de-pied (Thomas Compère me dit que c'est
peut-être dans la tête, il n’a peut-être pas tort). Les radios et les hôpitaux, ce n'est pas
trop mon truc, donc j'ai juste choisi le repos et l'arrêt total pendant 3 mois. J'ai donc
lâchement laissé tomber Thomas (on comprendra mieux le pourquoi de la
parenthèse ci-dessus : ))) ) puisque j'ai renoncé à la fois aux Célestes que je devais
faire avec lui et à l'UTAT. C'était ma manière de me soigner : pas de lâcher Thomas
mais d'arrêter de courir, vous l'aurez compris… Un peu radical mais efficace.
D
U COUP, ME VOILÀ DE RETOUR EN FORÊT début août avec un arrière-goût de
"je me ferais bien une petite grande course". Je me décide pour les Templiers
version 73 km mais plus de dossard ! Je mets une annonce sur Kikourou (pour ceux
qui ne connaissent pas) pour finalement pencher vers le 100 km car d'une part,
j'évite la foule (il y a 2500 coureurs sur les 73 km) et en plus je venais de croiser
Christian Planus, un coureur de l'Enjambée, un pote d'Yves Warnau, qui est aussi
devenu le mien, avec qui on a fait l'OCC l'année passée . Christian me dit qu'il s'est
inscrit sur le 100 km. Il ne m'en faut pas plus pour me décider. Je me suis bien dit que
deux mois et demi d'entraînement c'était court après 3 mois d'arrêt total mais je me
suis dit aussi que les 2 ans et demi d'entrainement que j'avais faits, ils serviraient bien
à quelque chose, non ?
C'est donc décidé, je me lance dans l'organisation de ce projet et dans un
entrainement qui doit allier efficacité et prudence (surtout ne plus me
surentrainer !). Bref que du plaisir !
Deux mois et demi plus tard, me voilà à 7h10 du matin dans le TGV. Ouf !, on l'a eu,
merde j'ai oublié mon CamelBak. Ça commence bien... ça pourrait être pire, j'aurais
pu oublier mes chaussures ... j'essayerai d'en racheter un sur place.
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Nous, mon copain Alan et moi, arrivons d'abord à Montpellier où nous louons une
voiture pour remonter sur Millau; le trajet nous a déjà laissé voir la beauté des
paysages. Wouah !, je n'imaginais pas le coin aussi montagneux.
Nous arrivons à Millau chez Marc Baerts, qui y vit depuis deux ans avec sa femme et
qui nous accueille le temps de la course car après, il repart directement sur Bruxelles.
Christian, son grand ami, est là aussi. Il n'y a qu'Yves W. qui n'est pas de la partie
(pour cause de challenge trail) mais c'est comme s'il était avec nous car on a bien ri
grâce à lui : on le connaît tous bien et donc on s'est raconté toutes les anecdotes
qu'on connaît sur le personnage. Et il y a matière, croyez-moi :)))
Nous sommes donc arrivés un jour et demi avant la course. J'avais mal à la tête en
quittant Bruxelles, j'ai eu mal à la tête et j'ai mal dormi jusqu'à la ligne de départ - pas
très réjouissant tout ça ! Ce qui a été chouette, par contre, ce sont les sms que j'ai
reçus de certains d'entre vous et que j'ai pu lire avant mon départ. Ça m'a boostée.
Nous voilà donc le jour J sur la ligne de départ, à 4h15 du matin, motivés et un peu
stressés. Il fait étrangement doux : 12°C. On va laisser derrière nous Alan qui va
pouvoir retourner dormir, le veinard. J'ai réussi à racheter un CamelBak, encore
mieux que celui que j'ai oublié à Bruxelles et finalement, je choisis de courir sans
bâtons pour une raison toute simple : vu mon mal de tête et mon peu d'aptitude à
utiliser les bâtons au niveau musculaire, j'ai peur de me crisper encore plus et que ça
finisse en « giga » mal de tête. J'essayerai sur une prochaine course.
Bon, ça y est ! Me voilà partie fraîche (plus ou moins) et sans trop savoir ce qui
m'attend (je persiste à
penser que c'est
certainement mieux comme
ça, héhéhé !), si ce n'est les
beaux paysages et le beau
temps. Le départ est ultra
rapide -pour moi en tout
cas- car les 18 premiers
kilomètres sont très
roulants. Du coup, j'arrive
super vite au premier ravito
et là je me rappelle que,
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zut !, j'ai oublié mon mp3 et ma super compil concoctée pour les moments difficiles.
J'envoie un sms à Alan pour qu'il le prenne avec lui et du coup j'ai l'occasion de voir
que j'ai reçu un sms d'un copain qui s'est levé super tôt pour me suivre sur le « live
trail » et m'encourager. Il m'a d'ailleurs supportée jusqu'au bout, merci Jacques ! Ça
m'a bien fait rire et ça m'a encouragée à un moment bien difficile sur lequel je
reviendrai.
Bref, je passe le premier ravito et le soleil s'est déjà levé. Le ciel est gris mais on peut
déjà admirer les paysages de moyenne montagne avec des couleurs d'automne à
tomber par terre. Et c'est ce qui m'arrive, je tombe une première fois et rien de grave,
ouf !
J'arrive au deuxième ravito où je croise un monsieur déjà suturé au visage : aïe aïe !
ça craint. Avant d'arriver à ce ravito, j'étais précédée par un jeune homme très
prévenant qui se retournait toutes les deux minutes pour me signaler tel ou tel
danger sur le chemin. Il n’y a quand même que des traileurs pour faire des trucs
pareils. Je parle un peu avec lui au ravito et je lui demande avec appréhension s'il
faut courir à cette allure pour boucler la course dans les temps parce qu'alors là, je
suis certaine de ne pas tenir. Il me dit qu'il espère terminer à ce rythme-là même si
c'est vrai que l'année d'avant il a dû arrêter au 65ème kilomètre. Je ne l'ai jamais revu
donc je ne sais pas comment ça s'est terminé pour lui.
Je repars vers le 3ème ravito. Il commence à faire beau, chouette ! Et après quelques
kilomètres, bardaf, je tombe une deuxième fois, dans une descente cette fois-ci. Je me
fracasse littéralement le genou gauche sur une pierre. Les traileurs qui passent me
demandent si ça va. Et je leur réponds que "ça va même si ça ne va pas du tout et
que j'ai bien bien mal au genou". Je me remets quand même à trottiner puis à courir
en me disant que je vais retrouver mon chouchou et que je vais pouvoir pleurer un
peu dans ses bras. En effet, mes larmes commencent à monter car mes pieds
accrochent tout ce qui dépasse et bien que d'habitude, j'aie de bons réflexes, je
manque de tomber à chaque fois. Je commence à avoir peur de la troisième chute.
Quand j'arrive en vue du troisième ravito, je commence franchement à pleurer car
d'une part je n'y retrouve pas mon chéri comme prévu mais, en plus, je commence à
me dire que ma course est peut-être compromise vu que je m'éclate le genou autour
du 40ème kilomètre et qu'il m'en reste 60. C'est chaud.
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Les larmes coulent, c'est aussi ma façon de décompresser : c'est bon de se connaître.
Je vais à l'ambulance où on me désinfecte le genou et on me donne une pochette de
glace à mettre sur mon genou. A ce moment-là, je reçois un sms de ma grand-mère
qui me dit qu'elle est avec moi et qu'elle me supporte à fond les ballons. Ca m'a
vraiment fait du bien, ça tombait à pic. A l'ambulance, je croise un autre blessé qui,
lui, a des blessures au visage et un petit bout de doigt en moins. Il me voit pleurer et
me dit " ma p'tite dame, faut pas vous mettre dans un état pareil, ça n'en vaut pas la
peine ". Ce qui n'a pas été dit dans l'histoire, c'est que les hormones étaient de la
partie et ne m'ont pas beaucoup aidée dans cette affaire.
Je reste donc au ravito un temps assez long en espérant voir arriver mon chéri et là je
tombe sur Rémi avec qui j'avais déjà couru ce matin. Je pensais qu'il était derrière
moi, il pensait que j'étais devant lui. Il se trouve que c'était l'inverse. Nous nous
parlons un peu de nos bobos respectifs et de nos impressions sur la course.
Finalement après 30 minutes, je repars bien décidée à marcher jusqu'au bout s'il le
faut. Il fait vraiment très beau et pas trop chaud ce qui m'a aidée à passer ce petit
moment difficile. Les montées sont parfaites- bien raides et pas trop longues - ce qui
rend la course dynamique. Les paysages sont très beaux et mon seul regret sur cette
course est de n'avoir pas fait d’arrêts pour prendre des photos. Sur la prochaine
course, je prendrai le temps. Je continue à marcher et là dans une descente, je
retrouve une jeune femme au sol avec des blessures au visage. Elle me dit que tout
va bien même si ça n'en a pas l'air. Je continue donc ma route en me disant que ça
rigole pas cette course au niveau des risques d'accident et encore on n’est qu'à la
moitié. Je continue vaille que vaille et je cours de temps en temps quand je le sens. Je
passe un ravito eau parce que je n’aime pas les files (ce qui, peut-être, un jour me
perdra ...mais bon) et j'arrive enfin au ravito des 65 km. Il est arrivé assez vite
finalement ce ravito. Je suis en compagnie de Rémi que j'ai rattrapé un peu avant et
là, surprise :Alan m'attend en compagnie de Marc Baerts qui a abandonné au 40ème
(il le savait d'avance donc ça n'a pas aidé :)) ) J'ai droit alors à de la bonne humeur,
des boissons fraîches et vitaminées comme je les aime et même à un petit massage
vite fait des dorsaux. Finalement, je ne prendrai pas les bâtons ni les vêtements de
rechange : il fait tellement bon !
Je quitte Alan et Marc et vais m'approvisionner en miam-miam à l'aire de ravito qui
n'est pas accessible aux visiteurs.
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J'y retrouve Rémi qui me propose de terminer la course ensemble.
Juste une petite anecdote qui montre à quel point certains traileurs sont vraiment
sympas. Avant de quitter le ravito, je ne sais pas quelle mouche m'a piquée mais j'ai
commencé à m'étirer les mollets et les quadriceps, moi qui prône toujours le
stretching le lendemain des efforts mais sûrement pas à chaud juste après. Alors là,
je vois un traileur à côté de moi qui me regarde avec tellement d'insistance qu'il
aurait été difficile de ne pas lui demander ce qui se passait dans sa petite tête. Il me
dit alors que ce n'est vraiment pas une bonne idée de s’étirer ainsi en milieu de
course et que je demande à mes muscles de se détendre alors que l'effort de la course
me demande le contraire. Ce n'est peut-être pas très académique comme explication
mais ça me va. Merci à ce traileur donc.
Je me remets en route avec Rémi, ultra traileur confirmé originaire de Lyon, qui me
propose la stratégie suivante pour être sûr de terminer la course dans les temps, mais
surtout de la terminer. Marcher non-stop et d'un bon pas, sauf dans les descentes où
on court. Ça me va. On arrive sur des terrains moins techniques- moins rocailleux.
Les paysages sont toujours aussi beaux et c'est là que j'ai pu le mieux profiter du
décor. Le soleil commence à baisser. Nous proposons notre stratégie à quelques
coureurs croisés sur la route qui semblent fatigués, dont la jeune femme trouvée
écroulée sur le chemin. Elle nous suit un peu puis renonce car elle est fatiguée, je
présume. Rémi est devant, il donne le rythme. Je le suis tout en discutant-ce qui n'est
pas facile pendant des heures sur un chemin monotrace. Cela demande des
capacités d'attention assez pointues, si si, je vous jure !))
J'ai dépensé un bon paquet d'énergie à ce jeu-là mais ça en valait largement la peine.
Vivent les chouettes rencontres sur les trails !!!
Nous continuons notre bonhomme de chemin en doublant beaucoup de coureurs
dans les descentes. Il commence à faire noir, nous sortons les frontales. On pense
être tout près de la dernière descente avant les dix derniers kilomètres. Mais on se
trompe lourdement car on n’arrête pas de monter et de tourner en rond au milieu
des bois sans rien voir d'autre que le ciel et des rescapés qui sont plus nombreux et
qui ressemblent à des spectres sous leur couverture de survie. On croit arriver à la
descente et on monte toujours et encore. On commence un peu à en avoir marre,
suffisamment en tout cas pour avoir envie de cravacher sur les 10 derniers
kilomètres. On arrive enfin à cette descente qui nous mène au dernier point de
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scanning avant les 10kms finaux. J'attends Rémi qui avait des petits arrangements
techniques à faire… et je retrouve Alan qui a sympathisé avec d'autres supporters et
qui m'attend avec un thermos de thé chaud et des tartines. Personnellement, je n'en
peux plus de manger. Rémi, par contre semble ravi de pouvoir s'envoyer toutes les
tartines au fond du gosier ! Nous voilà repartis, impatients d'en finir ! Y a plus grand
chose à voir de toute façon. Je bouffe littéralement la dernière montée à coups de
"pardon, puis-je passer svp ?" ; je pense que c'est l'effet de beaucoup de marche qui
fait qu'on a de l'énergie à revendre au final. A ce stade-ci de la course donc, les
montées me réussissent mieux que les descentes ou le plat pour cause de quadriceps
fatigués ou de genou éclaté. On arrive finalement sur le plat au dernier ravito qui a
plus une atmosphère de chalet en montagne et où je suis accueillie par des blagues
sur les Belges même si on m'assure qu'on aime beaucoup les Belges :-). Ils ne peuvent
pas s'en empêcher, hein ? J'y rencontre aussi un jeune homme croisé quelques
heures plus tôt complètement vidé au bord du chemin. Ca fait plaisir de voir qu'il a
remonté la pente et qu'il va terminer sa course, cool ! A propos de bords de route, je
dois vous dire au passage que j'ai jamais vu autant de mecs (eh oui il y avait
seulement des mecs) couchés au bord du chemin, à profiter du soleil et à recharger
les batteries que sur cette course. A essayer aussi une prochaine fois, ça donnait
envie…
On quitte le refuge pour la dernière ligne droite avant la descente. Petit changement
de piles de la frontale pour être sûre de pas tomber à court de jus pendant la
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descente finale. Eh bien, mettre des piles dans la Nao, ce n'est pas évident, c'était
aussi une première ! Nous voilà enfin prêts à attaquer la dernière descente - descente
que tous les coureurs de toutes les courses du festival des Templiers font. Elle
s'appelle «la Puncho d'Agast » et je peux vous dire- en tant que coureuse qui aime les
descentes et n'en a pas peur- que c'était chaud et qu'elle était meurtrière dans le noir
avec 98 km dans les pattes. Et que si le record des blessés n'avait pas encore explosé,
je devine que c'est chose faite après cette dernière partie de course. Une vraie
tuerie ! Mais bon, au stade où on est, on ne réfléchit plus trop, on demande un
dernier effort à ses quadriceps chéris et on se lance parce qu'on veut en finir une fois
pour toutes ! La dernière bonne surprise, c'est qu'ils ne nous ont pas baladés dans
Millau : au bas de la pente, il y avait 50 mètres et puis l'arrivée. Du coup j'ai couru
jusqu'au bout avec Rémi pour passer la ligne d'arrivée. Après quoi je vous passe les
détails d'une interview complètement ratée à l'arrivée (je n'ai pas fait honneur aux
Belges, ça c'est sûr) mais bon il ne faut pas prendre les gens par surprise après
100 km et 20 heures de course. Un mois après c'est beaucoup plus facile de voir le
bon côté des choses et de la course, quand on se retrouve à écrire un article pour le
journal du club : si, si je vous assure :-) . J'ai quand même réussi à glisser au speaker
que les paysages étaient fabuleux ainsi que les supporters de leur club retrouvés tout
au long du chemin.
Une fois arrivée, personne ne m'attendait à l'arrivée. J'ai attendu en discutant un
coup à droite, un coup à gauche. Je n'avais pas faim. J’en avais marre de manger. La
fatigue commençait à se faire sentir. J'avais froid et pas d'affaires de rechange
puisque c'est Alan qui les avait et mon genou commençait à se réveiller. Finalement
Alan est arrivé avec Marc et après moult insistances, et après une marche à reculons,
il m’a reconduite «at home » pour une bonne douche avant d'aller repêcher
Christian qui terminait sa course. Peu après ils arrivaient : échange d’impressions sur
la course et puis hop au lit, pour un long dodo qui sera suivi d'une journée
« hypracoooool », le lendemain. Evidemment et c'est bien de le dire pour ceux qui ne
connaissent pas bien l'ultra-trail : la nuit n'a pas été fabuleuse vu l'adrénaline ou je ne
sais plus quelle hormone qui nous tient dans un état de nervosité assez important.
J'avais déjà connu cela après un trail en Belgique mais ici c'était encore plus fort. Il y a
d'autres conséquences mais ça pourra faire l'objet d'une autre discussion, je pense.
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Je suis encore restée quelques jours dans la région pour profiter des beaux paysages.
C'est vraiment un bel endroit pour une sortie club l'année prochaine et les gens par
ici sont sympathiques.
Merci à Gaétan M. d'avoir insisté pour que j'écrive cet article car j'avais des pieds de
plomb (ou devrais-je dire la main … ?) . Grâce à lui et un peu à vous, je me suis
replongée dans mes aventures du trail de l'endurance de Millau qui restera un bon
souvenir. Je l'ai fait et terminé dans les temps, j'en suis super contente et pour ceux
qui se poseraient la question : je n'ai pas eu envie un seul instant d'abandonner
pendant la course, ce qui fait que j'aimerais faire une course plus longue l'année
prochaine. Quand on commence, on n'arrête plus...
Barbara DE WAN
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Run&Bike : Les avis de vrais spécialistes
On entend parler régulièrement du « Run&Bike ». On peut imaginer de quoi il
s’agit. Mais finalement, peu d’entre nous en ont une réelle expérience. Nous avons
recueilli ci-dessous les avis croisés de deux spécialistes en la matière : Philippe
Colson, par ailleurs brillant vainqueur de notre dernière Course de l’Heure, et Alain
Debekker, notre éclectique coéquipier.
1. Une définition personnalisée de Philippe Colson
Le Run&Bike, c’est pour moi :
1. le seul sport où je peux faire une compétition avec mes enfants (même si ils
n’ont que 6 ans) et donc leur donner le gout de l’effort. Mes enfants ont
également participé ensemble aux « 4 km de Dour ».
2. un vrai sport d’équipe (ça change du triathlon, du jogging, du duathlon)
3. un sport où la technique et la stratégie jouent un rôle important. Voir
notamment :
a.
Comment bien faire le passage de vélo en perdant le moins de temps
possible ?
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b.
Comment utiliser la « règle des 10 mètres » pour optimiser la
récupération ?
c.
Quand faire les changements, à quelle fréquence, en fonction du
parcours mais également des forces et faiblesses des partenaires ?
d.
Comment gérer au mieux les temps de relais en fonction des forces et
faiblesses des partenaires (les temps de chacun ne doivent pas
nécessairement être égaux pour faire la meilleure performance) ?
1. une excellente séance d’intervalles training
2. très souvent, un moment convivial et fun où on peut discuter le coup après la
course.
2. Les savoureuses élucubrations d’Alain Debekker
Les origines
Les premiers qui ont
couru un Run&Bike
sont partis de Huy le
10 Mai 1940 et sont
arrivés le 20 du même
mois à Nogent le
Rotrou, et ce, après
s’être échauffés,
chacun, sur son vélo,
entre Liège et Huy.
Là, nécessité faisant
loi, un des deux
vélos ayant disparu, ils créèrent ce merveilleux sport : le Run&Bike . Mais nous
touchons ici à la grande Histoire, la « World War II » : leur but était de traverser la
Loire avant les troupes allemandes. Je prierais ceux qui connaissent d’autres versions
de l’origine de ce sport d’en faire part à la rédaction de notre Bulletin « A l’AIR
LIBRE ».
Les règles
Les règles sont simples : 1 vélo pour 2 et ne pas arrêter d’engueuler son coéquipier.
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Les caractéristiques
C’est à la fois un cours de morale, un sport hybride, un sport du bon sentiment, un
sport d’entrainement.
Sport de cours de morale : 1 heure de Run&Bike pourrait remplacer 1 heure de cours
de morale. En effet, le Run&Bike est l’illustration de multiples qualités
chevaleresques : le plus fort met sa puissance au service du plus faible ; l’audacieux,
son adresse au service du prudent ou du timoré (n’oublions pas que cela se court sur
des circuits de mountain-bike) ; la solidarité est de mise car la loi d’airain des « 10
mètres » enchaîne les partenaires. Naturellement le Run&Bike permettrait aussi
d’illustrer ce que signifie frustration (loi d’airain déjà citée), jalousie (devant un choix
malheureux d’équipier), humilité (devant les gagnants). Et comme toutes nos écoles
sont mixtes, et plus, si il y a affinités, on pourra mettre en évidence galanterie,
l’égalité entre les sexes parfois, et souvent, comme dans le bon vieux temps, la
supériorité des garçons. Gymnastique et cours de morale pourraient ainsi fusionner
et devenir « cours de rien ». Qu’en pensez-vous, Mme Milquet ?
Sport hybride et sport bâtard : Activité physique de jeux et d’efforts, sans conteste.
Activité hybride, certainement : d’abord, deux sources d’énergie. Ensuite, un
véhicule à roues, d’une part, et de l’autre côté une pompe à oxygène : c’est bien un
sport hybride ! Sport bâtard car c’est un mélange et le résultat d’une liaison douteuse
entre la course à pied populaire, un cyclisme, à l’origine dévoyé, et qui gagne
seulement ici ses lettres de noblesse. Entre le triathlon, son succédané, le duathlon et
le vélocross, le Run&Bike a beaucoup de parrains mais pas de filiation directe.
Sport d’entrainement : Ceci, bien entendu, est un avis qui n’engage que moi. Le
Run&Bike est, par excellence, un bon entrainement car il développe toutes les filières
énergétiques, la vitesse et l’endurance et il développe l’adresse lors des transitions
et l’équilibre car cela se court sur des terrains accidentés. C’est une succession
d’intervalles, le cœur du coureur bat la chamade et, ensuite, devenu cycliste après un
bond de carpe, parfois oui, parfois non, il se calme et une pente entraine le cavalier.
Naturellement, cette douceur émolliente n’est pas toujours au rendez-vous, au
contraire : parfois le rouleur est roulé car il doit jeter toutes ses forces dans la bataille
pour suivre, les cuisses tétanisées, son coéquipier qui s’envole dans une côte, alors
que lui non seulement lutte contre le relief mais en plus affronte un labour, du sable,
des herbes traitresses. Il est bien loin le macadam.
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Sport de bon sentiment : Naturellement, car pour le pratiquer, il faut partager le
vélo, il faut partager son temps d’effort, il faut partager le résultat. Sport
confidentiel, il y règne un amateurisme de bon aloi, parents et gosses se mêlent aux
organisateurs et chacun vit ce genre d’épreuve sportive à son niveau.
Pour terminer ce petit tour d’horizon du Run&Bike, je voudrais remercier ceux qui
m’ont coltiné sur les pistes de cette discipline : mon initiateur, Jacques Wiame , mon
training-partner et ma victime, Philippe Colson, et mes super équipiers sur l’ Ecotrail, Gauthier Martinache et Bernard Robinet.
3. Conseils et astuces de Philippe Colson
Le changement de vélo - la technique et la stratégie:
1) stratégie : il est important de changer en fonction des forces et des faiblesses des
partenaires.
Les partenaires ont souvent des points forts différents. L’un est un pur coureur alors
que l’autre est plus fort à vélo. Dans cet exemple: les changements devront se faire
en fonction du relief et le pur coureur aura rarement le vélo en montée, car celle-ci
risque de lui tuer ses bonnes jambes de coureur !
À vous de voir les autres cas de figure du genre : l’un est mauvais descendeur (à
pied) ou a difficile dans les passages techniques.
En montée, le cycliste a souvent aussi dur (si pas plus) que le coureur. Donc il ne faut
pas hésiter à pousser le cycliste. Après une côte, il est intéressant de faire des relais
très courts pour permettre aux deux d’avoir rapidement un temps de récupération
après la bosse.
Il faut également profiter des « 10 mètres » dans la côte : le cycliste prend de l’avance
(maximum 10 mètres) et ralentit (récupère). Quand il passe le vélo, il a récupéré et
peut faire un bon relais.
Les relais en côte sont à éviter car c'est souvent difficile d’y démarrer en vélo.
2) technique des relais :
D’abord, se mettre d’accord sur l'endroit du changement en utilisant des points de
repère. Exemple : au poteau, après la flaque d eau, après le virage, etc.
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Ensuite, savoir de quel côté le partenaire monte sur le vélo (souvent une préférence).
Si il monte par la gauche, alors celui qui est en vélo doit venir à sa droite pour passer
le vélo.
Enfin, savoir qu’un bon relais est un relais où on ne perd pas plus de 3 mètres sur le
partenaire ! Et on profite de la vitesse du vélo pour les premiers mètres en course à
pied.
Comment ?
Suivez bien : dans l'exemple, le coureur préfère monter par la gauche.
Le cycliste dépasse le coureur par la droite d’un mètre, il saute du vélo et, en
quelques secondes, les actions suivantes s enchaînent :
1) le cycliste A met les pieds à terre. Ses 2 mains lâchent le guidon et la main droite
tient la potence. (ceci est important pour éviter de tourner le guidon et de faire
tomber le vélo)
2) le coureur B prend la selle avec sa main droite et crie « ok ». A lâche la potence et
court.
3) B continue à courir, prend le vélo par le guidon et saute sur celui-ci.
Très important : B ne doit pas courir plus vite ou s’étendre pour prendre la selle. Il
doit juste tendre le bras à 2 heures.
Ces étapes se font en quelques secondes.
Les équipes qui ont une bonne technique de passage de vélo gagnent du temps si
elles font plus de relais car elles profitent aussi de la vitesse du vélo pour les premiers
pas en course à pied.
* en venant de derrière le coureur, le cycliste va plus vite que le coureur et celui-ci
peut ainsi profiter de cette vitesse sur les premiers mètres, si le changement a été
bon.
Autres astuces :
- on change dans des endroits propices. Pas dans une section difficile, par exemple
parsemée de trous ou de racines.
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- en descente, si le cycliste est devant, Il doit laisser quelques mètres pour que le
coureur voie bien où il va mettre les pieds (et puisse ainsi éviter une entorse!)
- protection contre le vent : quand le vent est de face, le cycliste se met devant et le
coureur juste derrière lui.
- se faire tirer par le cycliste : le cycliste se met devant et le coureur à pied tient la
selle avec sa main droite et le cycliste pousse plus fort. Cela aide le coureur à aller
plus vite.
- dans certains cas (grosses et longues côtes), pousser le vélo à deux ou pousser le
cycliste peut s’avérer plus efficace.
- fréquence et durée des changements:
1) Il faut faire des relais courts pour limiter l’acide lactique (c’est le principe
de l’intervalle training). En moyenne, 30 à 45 secondes, parfois au dessus de
1 minute, en fonction du parcours.
2) les relais ne doivent pas être identiques en durée entre les partenaires.
L'objectif est d'avoir une intensité d'effort et de récupération similaire pour
chaque athlète. Pour être plus clair, l’athlète en meilleure condition physique
prendra des relais plus longs que son partenaire. En effet, l’athlète en
meilleure condition physique récupère plus vite. Donc, par exemple, le plus
fort, fait 40 secondes de course à pied et seulement 30 secondes de
récupération en vélo.
Ca, c’est le principe mais, comme parfois c'est le vélo qui est plus dur, il convient
d’adapter aux circonstances.
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ACING CLUB D
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GROUPE ALLURE LIBRE A.S.B.L. ─ FONDÉ EN 1986
Co urs e à pie d t o us te rra ins , to ut es dis ta nce s
* Président : BORCEUX François
* Vice-Président : CAPELLE Christian
* N °compte bancaire : 210-0069120-11
* Site Internet : www.Rcb-Gal.be
Entrainements
10h départ du parking à l’angle de la Drève du Comte et de la
Mardi :
Drève du Caporal, dans la forêt de Soignes. La rapidité n'est pas demandée
(8-9 km/h) mais bien la capacité de courir 10 km sans devoir marcher.
Mardi :
Jeudi (hiver) :
Jeudi (été) :
Jeudi :
Dimanche :
Piste (Stade 3 Tilleuls) 18 h 00 - 20 h 00
Variante
16 h 30 au même endroit
Devant les vestiaires du Stade des 3 Tilleuls 18h25 -20 h 00
Forêt (Av. Schaller -1160 Bxl) 18 h 25 -20 h 00
Forêt (étangs du fer à cheval) 10 h foulées détendues
Forêt (Av. Schaller -1160 Bxl) 10 h 00 -12 h 00
« À l 'air libre » 31e année – Feuille de liaison du Groupe Allure Libre
Bachelart,
J. Chaudron B 1 – 1160 Bruxelles
Éditeur responsable : Bernard
AIR LIBRE
N° 13961–Avenue
HIVER 2015-2016
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