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chronique complémentaire

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Du cœur à l’ouvrage pour «Ton sac à 5$»
Une journée dans la vie d’une bénévole au comptoir mobile
Par Francine Dallaire, bénévole de première heure
C’est encore l’aurore et déjà…
Aujourd’hui, c’est le 3e samedi du mois et comme depuis un an déjà, le Centre Marie Eve tient
sa vente «Ton sac à 5$».
Malgré l’heure hâtive et la fraicheur du matin, une petite poignée de bénévoles sont sur pied
et je dirais «sur cœur» pour attaquer la journée. Objectif : transformer le local des Chevaliers
de Colomb de St-Eustache en magasin d’un jour.
La porte à peine débarrée, nous dévalons les escaliers – Même le concierge est surpris - «Vous
êtes de bonne heure à matin, mes dames». Le temps de déposer nos manteaux qu’on s’attelle
à la tâche: préparer la salle avant l’arrivée du camion, qui rapportera la «milliarde» de boites
remplies à ras bord de marchandise – surtout des vêtements mais aussi des jouets, des articles
de maison, des décorations, etc. Tous des dons reçus et en surplus (une fois les mères servies),
qui sont destinés à la vente mensuelle.
Pendant ce temps, une des coordonnatrices s’est rendue à l’entrepôt pour coordonner le
chargement du camion. Aujourd’hui c’est Isabelle puisque Nathalie est en voyage.
On a beau prendre de l’expérience, c’est toujours une course contre la montre! Ouvrir le
cagibi, dénicher les longues tables, les disposer dans la salle de façon fonctionnelle – Monter
les supports à vêtements, organiser l’espace pour la caisse, suspendre au plafond les cartons
d’identification des sections : «Hommes», «femmes», «bébé filles», «bébé garçons», «Jouets»,
etc.
La bonne humeur est de rigueur. On se salue, on s’anime, on est content/es de se retrouver.
Une aventure s’amorce et les plus expérimentés savent combien les premières heures
d’ouverture seront intensives.
On peut qualifier notre équipe bénévole de «multi âge», puisque l’âge varie joyeusement. À
partir de notre ainée qui frôle son 77 ans jusqu’au Petit Nathan qui frise son 5 ans. Certains
s’impliquent de façon assidue, d’autres font partie de l’équipe «volante» ou viennent offrir
quelques heures. Bonne nouvelle, aujourd’hui, l’équipe est enrichie de 5 jeunes filles venues
de l’école St-Gabriel et de la Polyvalente St-Jérôme.
Mais ainée, ado ou fiston, nous partageons un même désir : celui de contribuer à ce que cet
événement soit accompli et réussi.
Moyen défi à remonter!
Décharger le camion dans cet escalier étroit demeure un «méchant» défi - Les plus musclé/es
et/ou les plus déterminé/es s’installent en haut des marches - on construit une chaine
humaine – D’une paire de bras à une autre, les nombreuses boites – plus d’une centaine- sont
portées jusqu’à l’intérieur et redistribuées par section. Aussitôt déchargé le camion, les gars
de ABS Transport repartent pour «faire leur journée».
À titre de coordonnatrice du projet, Isabelle nous rassemble pour un petit «briefing». Après un
mot d’accueil et consignes, chaque bénévole choisit sa section pour quelques heures ou pour
la journée. Une personne à l’accueil, deux à la caisse, trois pour l’emballage, quelques
personnes à chacune des sections et circulant sur le plancher.
Maintenant, à nous de jouer!
Constituée entièrement des surplus (les mères se sont d’abord servies) offerts par les gens de
la communauté, la marchandise à vendre est abondante. Chaque fois, nous sommes étonnés
et reconnaissants de constater l’abondance et la qualité des dons reçus.
La tâche est quasi colossale : Il s’agit d’ouvrir les boites, de disposer son contenu sur les tables
– par section et de façon le plus attrayante possible – de suspendre certains vêtements, de
mettre en valeurs les articles saisonniers ou certains jouets plus neufs, etc. .
Ça sent la ruche, et l’ambiance est à l’entraide. La frénésie s’empare de nous; même les plus
calmes hâtent la cadence afin que tout soit fin prêt à l’arrivée des clients.
Au mur, la grande horloge est implacable! L’heure déboule! Isabelle nous exhorte «Lâchezpas, gang! – reste plus que 45 min. avant l’ouverture des portes – tout doit être empilé sur les
tables et les boites vides rangées. Ah oui. Sécurité d’abord - tous les exactos doivent être
rapportés à la caisse.» –
Puis vers 9h50 – Ca fait déjà belle lurette qu’une file d’attente s’est alignée dehors - Nathalie
et/ou Isabelle proposent une petite pause –«Y a du café et des muffins a l’arrière. Faut en
profiter, parce qu’après, ça va rouler! Vous n’aurez plus le temps de grignoter!»
10h pile, …
On ouvre les portes ! C’est fou mais à chaque fois, ça m’apparait comme un moment quasi
«solennel». Isabelle salue les clients dehors et leur explique comment ça marche! Tout ce qui
rentrera dans votre sac coutera 5$. Pour les articles divers ou plus volumineux, une liste de
prix est affichée au mur.
À peine le verrou déclenché qu’une joyeuse marée humaine dévale l’escalier. Aujourd’hui, il
semble qu’on soit «victime» de notre succès! On doit contrôler le flot de clients à l’entrée.
Pendant que la horde d’acheteurs se précipite sur les aubaines afin de dénicher une trouvaille,
d’autres devront attendre patiemment le OK pour rentrer.
Les enfants doivent rester près d’un parent, c’est la consigne! Mais certains se faufilent vers la
table de jouets – Le Petit Nathan qui a aidé son papa à placer les jouets, doit reculer
maintenant. De son coté, Loraine, qui a fièrement aligné «ses» poupées rafraichies avec tant
de soins, espère de tout son cœur «qu’une petite fille sera assez charmée pour l’acheter » ditelle. À l’autre table, Jeanne qui supervise la section «Maison» ne manque aucune occasion
d’offrir les plus belles pièces à quiconque s’avise de manifester un brin d’intérêt.
Pendant près de 3 heures, la course aux trésors se poursuit sans répit.
À la caisse, comme à l’accoutumée, ce sont les fidèles piliers : Francine et Siméon qui assurent
le service. On comptabilise, on note, on encaisse les paiements – Parfois, quand le sac
déborde, on doit négocier avec diplomatie. Certains jours – c’est le cas aujourd’hui – la file
d’attente pour payer s’aligne jusqu’en arrière de la salle – contents de leurs trouvailles,
certains lorgnant avec envie les trouvailles dans le sac voisin, les clients attendent docilement
leur tour, surveillant tant bien que mal leurs enfants sautillants.
Moi, aujourd’hui, je me promène dans les allées – tantôt pour ramasser ce qui, dans la cohue,
a glissé par terre – tantôt pour déplacer un vêtement qui mérite d’être mis en valeur – tantôt
pour aider une cliente à trier ce qui peut l’intéresser : «Il a quel âge, votre Enfant, madame?»
Puis vers l’heure du midi, une accalmie – certaines tables ont été littéralement pillées – on
replace et remplace la marchandise. Le temps est propice pour manger et se reposer un brin –
Parce que, non, non, la besogne n’est pas terminée.
Dès la fermeture à 15h, il faut amorcer l’opération inverse, soit remballer les «invendus» afin
de libérer la salle. Certains articles seront apportés aux autres comptoirs de la région, d’autres
seront conservés et rangés dans l’entrepôt en attendant la prochaine vente. À 16h30 le
camion revient – Il s’agit de refaire l’exercice du matin, à rebours. Nouvelle chaine humaine
pour, cette fois, remonter les boites – moins nombreuses c’est vrai – jusqu’à la sortie.
Une fois chargé, le camion repart vers l’entrepôt où l’une des coordonnatrices se rend pour
superviser le rangement. Certains bénévoles restent pour remettre la salle en état.
L’expérience tire à sa fin.
Savourer la récolte
Mais avant de boucler, combien, pour cette vente Isabelle? Chacun-e essaie de deviner «y a eu
beaucoup de monde – tous les ensembles d’hiver ont été vendus. Les poupées sont presque
toutes disparues…. Tu sais, l’ensemble de literie….». Bon, avec un grand sourire, Isabelle nous
informe : Aujourd’hui, c’est une journée en or. Élan de contentement partagé : oui, on peut
dire : «Mission accomplie».
Fourbis, moins jasants, mais fort contents, les bénévoles se saluent chaleureusement avant de
rentrer chez eux…. «On se revoit le mois prochain, hein».
Ça prend toute une équipe généreuse….
Notre comptoir mobile jouit d’une popularité grandissante. Cet article a pour but de
démontrer que ça ne se fait pas tout seul! «Ça prend tout un village pour éduquer un enfant»
dit le proverbe. Ça prend toute une équipe de bénévoles engagés qui portent fidèlement ce
projet dans leur cœur et leur horaire. Notre gratitude,
 À vous, bénévoles «trieuses» – qui, tout au cours du mois, vous affairez à repérer ce qui
– parmi les dons reçus et non retenu par les mères – mérite d’être conservé et stocké en
prévision de la vente mensuelle.
 À nous, bénévoles «de première heure» - qui portons le projet depuis les tout débuts
de cette folle entreprise.
 À vous, bénévoles ponctuelles, qui ajoutez –de temps en temps ou plus souvent - cet
événement à votre horaire du samedi.
 À vous, de l’équipe du CMEve – Isa, Ginette, Catherine, Carole et les autres qui venez
faire un petit coucou durant la journée de vente.
 À eux, de l’équipe de ABS transport, qui nous offrent l’entreposage et le transport à
l’allée et retour de la marchandise –Sans leur généreux appui, cette activité ne pourrait
se tenir.
 À vous, notre clientèle, fidèle ou nouvelle (certains parmi vous portent le chapeau
double de bénévole et client) et qui contribuez aussi à ce succès.
Si vous lisez cette chronique, c’est que vous savez déjà qu’au CMEve, tous les services offerts
aux mères sont gratuits. Ce qui nécessite vigilance et créativité pour trouver des sources de
revenus. Le comptoir mobile s’inscrit dans cette optique.
Oui, la solidarité peut revêtir de multiples visages – et au comptoir mobile, le don de soi est
l’ingrédient qui sert de «colle céleste» pour que tant d’efforts soient transformés en soins aux
mères qui fréquentent le CMEve.
Avis de recherche
Ce récit a piqué votre intérêt et vous aimeriez vous joindre à l’équipe de bénévoles du
comptoir? Communiquez avec Isabelle au 450-491-1494
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