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Alain Éludut, Géographiques L`ombre insatisfaite ne peut

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Alain Éludut, Géographiques
L’ombre insatisfaite ne peut s’empêcher de rôder (p. 62)
*
Solitaire qui marche dans les traces, dans l’informe, presque l’effacement. Qui
retourne encore, revient. Qui sait que la terre rétrécit ; qui sent frôler le corps,
réapparaître sous nos yeux l’espace d’une durée intacte, en amont de la perte, d’une
présence si humble qu’elle sauverait tout, rend tout impensable.
Une voix nue, comme voilée (de larmes ?), aux sonorités de plain-chant, de fonds
où tremblent arbres et gouttes d’eau. Tout cela, d’emblée, irradie, touche encore
l’inespéré, le sens de la matière première…
Pourquoi, à chaque mot élevé de ces pages, cette chute, cette attente qui (…)
consumait ? Lisant, d’où nous quittions-nous en mémoire ? Par quel miracle de solitude,
que parcourt ce monologue, fiévreux de savoir, comme d’y échapper ? Ce que nous
ignorions était (…) notre savoir. Nous courions après lui…
Enseignement dépouillé – ou délivré – du Soi. Mémoire longeant son absence
sœur – cet art double, métaphysicien, de l’imparfait et de l’aoriste. Parole pieuse serrant
dans le soir. Musique légère pour tenter de tout redresser (…), peut-être de conquérir le
vide, ou l’inutile.
Solitaire – où ? – presque sans lui ; par hygiène, à distance de lui. Sa vibration de
petite toux le long du chemin abandonné.
Notre marche ainsi, frôlant l’humus, elle-même voilée, presque hantée. Sans
témoin. Sans but. Ni personne.
Quel horizon ? Peu à peu, dit une fin de page, la trace devint apparente.
Quête où rien ne s’empare. Qui ne finit pas par posséder.
*
Attente. L’inespéré au fond du jardin prenait forme… (Pensée furtive à René Char,
Pierre-Albert Jourdan).
Mais le texte entier des Géographiques unit, plus secrètement, l’ancienne
tendresse de vivre à – quelle poignante présence ?
Incarne-t-on ? Est-on quitté ?
*
Et si ce n’était pas par là ?
*
Qui lit, écrit, se parle solitaire. Rarement répond.
Comment ne pas entendre ces pas dans les pas ? Ces intervalles seuls où – qui
s’éloigne ? Seul, ferait vibrer l’ensemble de l’espace.
On se tait pour atteindre. On parle pour se quitter. Pour dire où se retrouver : ce
bruit de pas, de feuillage où boire. Comme à travers le temps, ce souffle initial, cette
presque mémoire acoustique…
Une quête, oui
Est-ce nostalgie, ou reconnaissance ?
La main bouge dans l’air,
S’appose.
Christian Hubin
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