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"La France est désormais le deuxième partenaire du Technion

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INTERVIEW
"La France est désormais le deuxième
partenaire du Technion après les ÉtatsUnis" (Muriel Touaty, Technion France)
Par Anne Roy
Muriel Touaty, DG de Technion France
D.R."Il y a dix ans, le Technion était connu des laboratoires et des grandes écoles, mais pas au
niveau institutionnel. J’ai dû faire œuvre de pédagogie pour qu’il y ait une prise de conscience
de ce qu’il peut apporter en identifiant les domaines d’excellence et d’intérêt commun avec
les industriels, comme l’énergie, l’eau, le data, le machine learning, la pharmacie. La France
est désormais le deuxième partenaire du Technion après les États-Unis", expose Muriel
Touaty, directrice générale de Technion France, une association à but non lucratif chargée de
représenter l’Institut technologique Technion Israël en France et en Europe francophone. Elle
répond aux questions d’AEF le 17 décembre 2015, quelques jours après le colloque annuel de
l’association, dont elle explique la stratégie, "pragmatique, destinée à positionner le Technion
dans l’écosystème français".
Une université du Technion à Shantou (Chine)
Le Technion lance, le 16 décembre 2015, son premier campus universitaire à Shantou, dans la
province de Guangdong en Chine. Selon l’accord signé en septembre 2013 entre ce dernier et
l’université de Shantou, Technion Guangdong se destine à être une université de recherche
qui délivrera des diplômes d’ingénieur au nom du Technion, à tous niveaux : bachelor, master
et doctorat. L’enseignement et la recherche se feront en anglais.
AEF : Comment fonctionne l’association Technion France ?
Muriel Touaty : L’association Technion France, à but non lucratif, existait depuis 1951
quand j’en ai été nommée directrice générale en 2002. J’avais passé près de 20 ans en Israël,
j’avais l’expérience des start-up. Et j’ai décidé de lui donner une impulsion nouvelle, pour
sortir de l’affectif et d’un modèle d’association purement caritative. Il s'agissait de lui donner
également une stratégie pragmatique destinée à positionner le Technion dans l’écosystème
français. L’association reçoit un budget opérationnel du Technion pour financer le bureau, les
salaires, le local et la bureautique. Pour le reste, nous fonctionnons comme une start-up et
nous devons trouver nos propres financements. C’est un modèle unique : les autres
représentations de l’université dans le monde (États-Unis, Chine, Australie, Europe nonfrancophone, etc.) fonctionnent toutes dans une logique caritative.
AEF : Que représentent les collaborations entre les institutions françaises et le
Technion ?
Muriel Touaty : Il y a dix ans, le Technion était connu des laboratoires et des grandes écoles,
mais pas au niveau institutionnel. J’ai dû faire œuvre de pédagogie pour qu’il y ait une prise
de conscience de ce qu’il peut apporter en identifiant les domaines d’excellence et d’intérêt
commun avec les industriels, comme l’énergie, l’eau, le data, le machine learning, la
pharmacie. À 4 000 kilomètres de distance, la coopération peut paraître virtuelle. C’est en
outre un pays difficile au niveau géopolitique. Il était important de se détacher de la politique
et de centrer sur la valeur d’excellence, de montrer en quoi les deux pays se renforcent
mutuellement. J’œuvre ainsi pour que tout l’écosystème en retire un bénéfice. En Israël, nous
avons moins une culture élitiste qu’en France, nous savons aller chercher l’excellence là où
elle se trouve. Par ailleurs, du côté du Technion, l’université étant plutôt orientée vers les
États-Unis, il a aussi fallu faire œuvre de pédagogie et expliquer les atouts français, comme la
recherche fondamentale, ou un tissu industriel mature. Cela se fait au fil du temps. La France
est désormais le 2e partenaire du Technion après les États-Unis.
AEF : Quelle est la place de l’innovation au Technion ?
Logo du Technion
Muriel Touaty : L’université, créée en 1912, est le fer de lance de l’innovation en Israël. Ce
qui la caractérise est son aspect applicatif et sa capacité à créer des start-up, notamment via le
T3 : Techniontechtransfer, un des piliers de l’accélération du transfert. La création de start-up
correspond à la culture israélienne de conquête des marchés privés. Nous sommes dans une
recherche et une technologie proches du marché. La relation entre académiques et industriels
est équilibrée et permet un retour sur investissement des deux parties. Israël arrive en
deuxième position après les États-Unis pour le nombre d’entreprises cotées au Nasdaq. Dans
le cadre des partenariats, nous organisons des missions en Israël, car ceux qui travaillent
ensemble doivent se rendre compte de la réalité de l’université ainsi que de son modèle de
formation, comment les étudiants apprennent à être les entrepreneurs de demain.
AEF : Quels sont les principaux accords de coopération du Technion en France ?
Muriel Touaty : Chaque année, nous organisons une journée Technion France autour d’une
thématique (cette année, le big data). C’est devenu au fil des années le rendez-vous
incontournable des écosystèmes français et israélien, il s’agit pour nous de miser sur la
coopération bilatérale stratégique avec les grands groupes français. Nous avons également des
accords académiques avec :
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Polytechnique ;
l’IMT ;
PSL ;
l’UJF ;
AMU ;
Lyon-I et Lyon-II ;
Unistra ;
l’UPMC ;
l’Inserm (3 accords, dont deux LIA)
l’Inria ;
le CEA.
Les accords intéressent également certains territoires stratégiques, comme Strasbourg,
Marseille, Grenoble et l’Île-de-France… Et puisque le Technion s’installe en Chine (voir
encadré) et à New York (voir encadré), à quand un campus du Technion à Paris, et pourquoi
pas à Saclay ? Nous avons déjà des accords avec Polytechnique, et d’autres en devenir avec
CentraleSupélec et Paris-Sud.
À New York (États-Unis), un campus commun aux universités Cornell et Technion accueille
140 étudiants
Adam Shwartz, titulaire d’une chaire à l’Institut Technion, dirige l’Institut Jacobs sur le
campus CornellTechnion à New-York. Il décrit pour AEF la genèse de l’Institut :
Adam Shwartz, directeur de l'Institut Jacobs, campus CornellTechnion à New York (ÉtatsUnis)
CornellTech"À l’issue d’une compétition lancée par Michael Bloomberg, le maire de New
York, pour l’établissement d’un campus technologique dans sa ville, une équipe composée de
l’université privée Cornell et du Technion ont remporté l’appel en décembre 2011 (lire sur
AEF). Depuis, nous avons signé un accord avec l’université Cornell pour créer l’Institut
Jacobs qui est intégré au campus Cornell Tech - celui-ci représente aujourd’hui un tiers du
campus.
Le campus forme les étudiants aux technologies numériques autour de disciplines telles que
l’informatique, les sciences de l’information, mais aussi le business et, l’an prochain, le droit.
L’Institut Jacobs a une inclinaison légèrement différente, en se concentrant sur des domaines
que nous pensons pouvoir changer avec l’utilisation des technologies numériques, comme les
médias en ligne et les technologies de santé. Nous dispensons des diplômes de master
communs à Cornell et au Technion et nous avons également des doctorants comme n’importe
quelle autre université. Environ 140 étudiants ont déjà intégré Cornell Tech, dont 45 à
l’Institut Jacobs, ainsi qu’une trentaine de doctorants et 15 professeurs.
Outre moi, qui suis issu du Technion, deux professeurs permanents viennent du Technion et
deux autres à titre de visitingprofessors. Nous accueillons des séjours d’étudiants au Cornell
Tech en provenance du Technion, et en janvier une vingtaine d’étudiants de l’Institut Jacobs
vont effectuer un séjour au Technion. Technion représente également la moitié du directoire
de l’Institut. Le campus grandit très vite. En août 2017, il va emménager sur l’île Roosevelt, à
New York. Nous devrions alors avoir 400 étudiants. Dans vingt ans, il est prévu que le
campus compte 200 professeurs, 2 000 étudiants en master et 700 doctorants. À l’heure
actuelle, le Cornell Tech campus est le seul endroit où le Technion a des professeurs à
l’étranger."
Paris, le 05/01/2016 17:58:00 Dépêche n°513292
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