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AAC_JE_Vieillissement et non humain

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LE NON HUMAIN : QUEL RÔLE DANS LE VIEILLIR AUJOURD’HUI ?
Journée d’Étude du Groupe « VieillissementS & Société »
Vendredi 11 mars 2016
EHESS, 96 Bd Raspail 75016 Paris, salle M. & D. Lombard
APPEL À COMMUNICATIONS
Le vieillissement de la population constitue l’un des défis que l’Union Européenne (UE) a à relever en ce 21e siècle. En
effet, il est estimé que les personnes âgées de 65 ans et plus y représenteront 20% de la population en 2025. 150
millions d’individus européens auront plus de 65 ans en 2050 (28.1 % de la population de l’UE), et 57.9 millions plus
de 80 ans. Innovations scientifiques, biomédicales et technologiques sont présentées comme la solution à ce défi
démographique (Neven, 2011 ; Peine et al., 2015) tandis que le vieillissement et le corps vieillissant deviennent un
lieu privilégié d’interventions technoscientifiques (Ihde, 2008 ; Joyce et Loe, 2010 ; Joyce et Mamo, 2006). Par ailleurs,
à l’heure du projet de loi relatif à l’adaptation de la société française au vieillissement de la population,
l’environnement occupe plus que jamais une place fondamentale dans les préoccupations qui entourent la question
du(des) vieillissement(s). Les opportunités offertes aux hommes et aux femmes qui vieillissent de composer avec le
monde non-humain dans lequel elles évoluent se trouvent ainsi au cœur de certains enjeux du « bien vieillir » et de
ses controverses, et nous invitent à étudier la pluralité des rôles que jouent pour les humains vieillissants ces divers
non-humains, tels que l’habitat, les technologies, les animaux, et autres objets divers avec lesquels ils sont en
interaction constante.
Au vu de ce contexte, cette journée d’étude vise à interroger la place occupée et le rôle joué par le non-humain
(technologique certes mais aussi matériel et animal) dans l’expérience des personnes vieillissantes et (très) âgées, et
ce depuis une perspective à la fois psychologique, sociologique et philosophique. Partant du postulat que les nonhumains avec lesquels les humains sont en constante interaction sont loin d’être des entités neutres, passives et
silencieuses, nous nous intéresserons à différentes questions :
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Comment les non-humains constituent et transforment l’expérience du vieillissement ?
Quels sont les remaniements induits par la prise en compte des non-humains dans nos questions de
recherche relatives au vieillissement ?
A quelles limites épistémologiques, théoriques et/ou méthodologiques l’inclusion du non-humain confrontet-elle la philosophie, la psychologie et la sociologie ? L’existence d’une opposition parfois tranchée entre humain et non-humain, qui favorise le rejet au dehors, dans ce
qui demeure « étranger », de tout ce qui relèverait de la nature, des objets familiers, des objets technologiques, des
animaux, etc., a tendance à soutenir la non inclusion de cette dimension dans les études sur le vieillissement. Dans la
plupart des études sur le vieillissement, la prévalence est accordée aux relations humaines : l’accompagnement réalisé
par la famille dits « aidants familiaux », par les voisins, ou par des professionnels à domicile ou en institution a par
exemple mobilisé de nombreuses réflexions scientifiques (Ennuyer, 2006 ; Argoud et al., 2004 ; Avril, 2014 ; Weber et
al., 2014 ; Mallon, 2004 ; Rimbert, 2011).
Pour autant, les artefacts proposés dans le domaine biomédical (produits pharmaceutiques, fauteuils roulants,
déambulateurs, prothèses dentaires et de la hanche, etc.), mais aussi les technologies issues de la domotique, de la
robotique et de la télésanté, ou encore les animaux de compagnie et les objets du chez-soi pour ne citer qu’eux, sont
autant d’entités non-humaines qui marquent, accompagnent et articulent le corps âgé et l’expérience du
vieillissement (Loe, 2015). Non-humains et vieillissement apparaissent comme intimement liés. C’est à ces relations
que cette journée d’étude souhaite accorder une attention particulière.
Nous accueillons les propositions de communication qui abordent (mais ne sont pas limitées) aux questions suivantes :
 d’un point de vue individuel, comment le non-humain influence le processus de vieillissement ? Dans quelle
mesure le non-humain, qu’il soit animal, matériel, technologique ou « naturel », a-t-il des effets sur les
individus, qui leur imposent de réagir à leur présence et leurs actions ? En quoi les médiations non-humaines
sont-elles susceptibles de soutenir ou d’entraver la transaction, la négociation que le sujet a avec son propre
vieillissement ? Quelles médiations les entités non-humaines inscrivent-elles auprès de la personne âgée dans
son rapport à l’environnement ainsi que dans son rapport à elle-même, à son corps, et à son propre
vieillissement ? Comment les personnes âgées vivent-elles les injonctions liées au « bien vieillir » et leur
intimité croissante avec les non-humains ? En quoi les non-humains contribuent-ils à façonner la construction
et constitution de soi, du chez-soi, du corps vieillissant, et de l’environnement du sujet âgé ?
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d’un point de vue sociétal, comment les entités non-humaines articulent ce qu’est et ce que veut dire vieillir
dans nos sociétés ? Comment, par exemple, les injonctions liées au « mieux vieillir », au « vieillir chez soi »,
ou au « vieillissement actif et en bonne santé » sont-elles intégrées et traduites dans la création et la
transformation des habitats et dans le design technologique ? Quel est le rôle dévolu à l’environnement sociomatériel, à la technologie, voire même aux animaux (domestique, de compagnie) ? Quelles figures du
vieillissement et de la vieillesse sous-tendent l’introduction de ces entités non-humaines ? En quoi les
technologies de la communication permettent-elles d’assurer une « présence à distance » auprès d’une
personne âgée (Bessin, 2015) ? Quels sont les impacts du développement du marché des
« gérontechnologies » sur la demande et les usages de ces dernières ? Qui sont les acteurs du développement
de la silver economy ? Quels sont les usages différenciés de ces technologies en termes de genre, d’âge, de
classes sociales et de ressources financières ? Dans quelle mesure les non-humains (technologiques,
matériels, animaux) permettent la « transmission de care » et le redéfinissent (Michalon, 2011) ?
d’un point de vue théorique et méthodologique, quels outils issus de la sociologie, de la philosophie et de la
psychologie permettent de comprendre la place et le rôle des non-humains dans le(s) vieillissement(s) ? Dans
quelle mesure la prise en compte du non-humain dans l’appréhension et la conceptualisation du(des)
vieillissement(s) demande-t-elle (ou non) une transformation des disciplines sociologiques, philosophiques,
psychologiques ?
À travers ces différents axes et disciplines, cette journée d’étude propose de (re-)penser le non-humain dans le
vieillissement et d’explorer dans quelle mesure sa prise en compte constitue un défi pour la psychologie, la sociologie
et la philosophie.
Références bibliographiques
AKRICH M. « The De-scription of Technical Objects », in Shaping Technology/Building Society : Studies in Sociotechnical
Change, sous la direction de W. BIJKER and J. LAW, 205-224, Cambridge, MA, The MIT Press, 1992.
ARGOUD D., PENNEC S., LE BORGNE-UGUEN F., MANTOVANI J., PITAUD P. Prévenir l’isolement des personnes âgées.
Voisiner au grand âge, Paris, Dunod, 2004.
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BESSIN M. « Présences sociales : une approche phénoménologique des temporalités sexuées du care », Temporalités,
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IHDE D. Technology and the Lifeworld : From Garden to Earth, Bloomington, Indiana University Press, 1990.
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LATOUR B. Reassembling the Social : An Introduction to Actor-Network-Theory, Oxford, Oxford University Press, 2005.
LOE M. « Comfort and Medical Ambivalence in Old Age », Technological Forecasting & Social Change, n° 93, pp. 141146, 2015.
MAESTRUTTI M. Imaginaires des Nanotechnologies. Mythes et fictions de l’infiniment petit, Paris, Vuibert, 2011.
MALLON I. Vivre en maison de retraite. Le dernier chez-soi, Rennes, PUR, 2004.
MICHALON J. « L’animal thérapeute : socio-anthropologie de l’émergence du soin par le contact animalier », sous la
direction d’Isabelle Mauz, Thèse de doctorat en sociologie et anthropologie politique, Université Jean Monnet
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MISSONNIER S., LISANDRE H. Le virtuel : la présence de l'absence, Paris, Éditions EDK, 2003.
NEVEN L. « Representations of the Old and Ageing in the Design of the New and Emerging: Assessing the Design of
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WEBER F., TRABUT L., BILLAUD S. Le Salaire de la confiance. L’aide à domicile aujourd’hui, Paris, Éditions rue d’Ulm,
2014.
Coordinatrices de la Journée d’Etude
Lucie DALIBERT, docteur en Philosophie des technologies, département de Santé, Éthique et Société, Université de
Maastricht (Pays-Bas)
Pearl MOREY, doctorante en Sociologie (EHESS - IRIS & Cermes 3)
Céline RACIN, doctorante en Psychologie Clinique et Psychopathologie (PCPP, Université Paris Descartes, Sorbonne
Paris Cité)
Les propositions de communication (3000 caractères maximum) sont à envoyer avant le 12 décembre 2015
à l’adresse : contact.je.nonhumain2016@gmail.com
Nous annoncerons les propositions retenues à partir du 4 janvier 2016
et réceptionnerons les textes des communications le 8 février 2016.
Retrouvez toutes les informations sur le site http://vieillissementsetsociete.com/
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