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5 - Albayane

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Du samedi 9 au mardi 12 janvier 2016
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MONDE
Libye : l'UE fait pression pour
le plan de paix
Mali : une Suisse
enlevée à Tombouctou
Une ressortissante suisse a été enlevée dans la nuit de
jeudi à vendredi à Tombouctou dans le nord-ouest du
Mali, où elle vivait depuis plusieurs années, et avait déjà
été enlevée en 2012, a appris vendredi l'AFP de sources
concordantes. "Jeudi (dans la) nuit, Béatrice, une ressortissante suisse a été enlevée chez elle àTombouctou
par des hommes armés", a déclaré à l'AFP un responsable du gouvernorat deTombouctou, une information
confirmée de source de sécurité malienne.
"Des hommes armés sont venus chez Béatrice à
Tombouctou. Ils étaient armés. Ils ont tapé, elle a
ouvert et ils sont partis avec elle", a précisé cette source
de sécurité. Béatrice Stockly vivait à Tombouctou, où
elle avait déjà été enlevée en avril 2012 par des islamistes, puis libérée peu après grâce à une médiation du
Burkina Faso. Deux otages enlevés à Tombouctou en
2011, un Sud-africain et un Suédois retenus par
Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), sont toujours
en captivité. Le nord du Mali était tombé en mars-avril
2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda,
dont Aqmi. Ces groupes y ont été dispersés et en grande
partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013,
à l'initiative de Paris, d'une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement. Mais des zones
entières échappent encore au contrôle des forces
maliennes et étrangères.
Irak : l'EI attaque un
camp de soldats turcs
Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne
L'ONU et les Européens se mobilisent
pour tenter d'accélérer la mise en place
d'un gouvernement d'union nationale
en Libye, très préoccupés par l'influence grandissante du groupe Etat
islamique (EI) et la multiplication des
attentats. La chef de la diplomatie
européenneFedericaMogherinidevait
rencontrer vendredi à Tunis de hauts
responsables libyens, dont le futur
Premier ministre Fayez el-Sarraj, a-ton indiqué de source européenne.
Les Occidentaux s'inquiètent de plus
en plus de la persistance du vide politique en Libye, un pays divisé entre
deux pouvoirs rivaux et une multitude
de factions et de milices.
Malgré le danger que représente l'EI,
"les différents groupes politiques restent focalisés sur la lutte pour le pouvoir, le contrôle des institutions et de
la capitale", relève l'expert Mohamed
Eljarh, du Centre Rafic Hariri pour le
Moyen-Orient basé à Washington.
Un accord prévoyant un gouvernement d'union a bien été signé sous
l'égide de l'ONU le 17 décembre par
des membres des deux Parlements. Il
doit être entériné avant le 17 janvier,
mais les obstacles demeurent nombreux, en particulier pour convaincre
les "durs" de chaque camp.
Son urgence apparait d'autant plus
grande au lendemain de l'attentat le
plus meurtrier depuis la révolte qui a
mis fin au régime de Mouammar
Kadhafi en 2011.
Plus de 50 personnes ont été tuées
jeudi lorsqu'un kamikaze a fait détoner des explosifs à bord d'un camionciterne dans le centre de formation de
la police à Zliten, à 170 km à l'est de
Tripoli.
Cetteattaquen'apasétéofficiellement
revendiquée mais l'EI a endossé la responsabilité d'un autre attentat suicide
qui a tué jeudi six personnes à l'entrée
de la ville pétrolière de Ras Lanouf
(est).
Condamnant l'attentat de Zliten,
l'ONU, les Etats-Unis et l'UE ont
insisté sur la nécessité pour les Libyens
de "s'unir de manière urgente pour
combattre le terrorisme", selon les
termes de l'émissaire spécial de l'ONU
pour la Libye, Martin Kobler.
Le peuple libyen "a une grande opportunité de mettre de côté ses divisions et
de travailler, uni, contre la menace
terroriste", a déclaré Mme Mogherini
jeudi avant son déplacement à Tunis.
Fortes divisions
Le groupe jihadiste compte, selon
Paris, environ 3.000 combattants en
Libye, où il contrôle une bande territoriale autour de la ville côtière de
Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli.
Les Occidentaux redoutent qu'il ne
renforcesoninfluenceetsesressources
financières en prenant le contrôle des
hydrocarbures, qu'il déstabilise
l'Afrique sur le flanc sud, et qu'il
exporte depuis la Libye des jihadistes
vers l'Europe. L'EI a lancé en début de
semaine des attaques visant le "croissant pétrolier", à Ras Lanouf, qui
héberge la plus grande raffinerie du
pays, et à al-Sedra. A Ras Lanouf, l'attaque a été repoussée par les gardes du
complexe pétrolier mais plusieurs
réservoirs de brut ont pris feu, selon la
Compagnie nationale du pétrole
(NOC).
"La situation en Libye devient très
préoccupante puisqu'on voit les tragiques scénarios irakien et syrien se
reproduire avec l'EI profitant énormément du chaos, de l'effondrement des
autorités centrales et des guerres par
procuration", souligne Karim Bitar,
directeur de recherches à l'Institut
français des relations internationales
(IFRI).
"Un gouvernement d'union nationale
devient urgent mais la situation a
atteint un tel état de dégradation et les
méfiances réciproques sont tellement
nombreuses que rien ne garantit le
succès du plan de transition, malgré les
pressions internationales", prévient-il.
La médiation de M. Kobler, le diplomate allemand à la tête de la mission
des Nations unies pour la Libye
(UNSMIL) depuis novembre, se
heurte aux fortes divisions au sein
même des deux pouvoirs rivaux, celui
basé dans l'est, et l'autre, le Congrès
général national (CGN), non reconnu
internationalement et implanté à
Tripoli.
Ainsi, les attaques de l'EI dans le
"croissant pétrolier" ont "exacerbé
l'animosité et la méfiance" entre les
deux hommes fort de l'est: le chef des
gardes des installations pétrolières,
Ibrahim Jodhran et le commandant
des forces , le général Khalifa Haftar,
souligne M. Eljarh. M. Jadhran a
décrit "Haftar et l'EI comme étant +les
deux faces d'une même monnaie+",
pour critiquer l'inaction du premier
face à l'offensive des jihadistes.
La mise en place d'un gouvernement
d'union est jugé indispensable pour
fournir un cadre juridique à une éventuelle intervention militaire internationale contre les jihadistes. Plusieurs
pays européens, dont l'Italie, ancienne
puissance coloniale de la Libye, ont
indiqué être prêts à participer à une
campagne qui pourrait prendre la
forme de bombardements aériens,
comme cela est déjà le cas en Irak et en
Syrie.
Les forces militaires turques stationnées dans le nord de
l'Irak ont repoussé dans la nuit de jeudi à vendredi une
nouvelle attaque du groupe Etat islamique (EI) contre
leur camp de Bachiqa, tuant 18 assaillants, a déclaré le
président turc, Recep Tayyip Erdogan.
"Dix-huit membres de l'organisation terroriste Daech
(acronyme arabe de l'EI) qui voulaient s'infiltrer dans le
camp de Bachiqa (près de Mossoul) ont été éliminés",
a-t-il dit à Istanbul, interrogé par les journalistes.
Le chef de l'Etat a confirmé qu'aucun soldat turc
n'avait été tué ou blessé. "Nos soldats là-bas sont parés
à toute éventualité", a ajouté le président turc.
Une source proche du gouvernement avait auparavant
annoncé à l'AFP cette attaque jihadiste et la presse
turque avait évoqué un bilan de 17 combattants de l'EI
tués. L'EI avait déjà attaqué ce camp à la mi-décembre.
Celui-ci est situé près de la deuxième ville d'Irak,
Mossoul, ville qui est entre les mains du groupe jihadiste depuis juin 2014. Quatre soldats turcs avait été
blesséslorsdecetteattaque,selonunesourcegouvernementale turque. Ankara avait déployé avant cette premièreattaqueplusieurscentainesdesoldatssupplémentaires et des chars à Bachiqa, provoquant de vives tensions avec le gouvernement de Bagdad qui lui avait
demandé de les retirer totalement.
Syrie : le médiateur
de l'ONU à Damas
Le médiateur de l'ONU pour la Syrie Staffan de
Mistura est arrivé vendredi à Damas pour des entretiens
avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid
Mouallem, a constaté un photographe de l'AFP. M. de
Mistura a été accueilli à l'hôtel par le ministre adjoint
desAffairesétrangèresAymaneSoussane.Lemédiateur
de l'ONU doit rencontrer samedi M. Mouallem afin de
discuter des préparatifs pour des négociations prévues
ce mois-ci entre le régime du président Bachar al-Assad
et l'opposition, selon une source de l'ONU à Damas.
Avant sa visite en Syrie, M. de Mistura s'était rendu à
Ryad où il s'est entretenu mardi avec les ambassadeurs
des pays qui ont participé à Vienne à des réunions
internationales destinées à trouver une solution politique en Syrie. En Arabie saoudite il a également rencontrédesreprésentantsdel'oppositionavecl'intention
de "confirmer une date pour les négociations de paix et
la composition de la délégation des opposants syriens",
selon une source arabe à Ryad. Il s'est également rendu
en Turquie.
Répression : au moins 140 manifestants tués en Ethiopie
Au moins 140 personnes ont été tuées en Ethiopie ces
deux derniers mois au cours de la brutale répression de
manifestationsantigouvernementales,déclenchéespar
des craintes d'expropriations liées à un projet d'agrandissement de la capitale Addis Abeba, a rapporté vendredi Human Rights Watch (HRW).
"Les forces de sécurité ont tué au moins 140 manifestants et en ont blessé de nombreux autres, selon des
militants, ce qui pourrait être la plus importante crise
en Ethiopie depuis les violences liées aux élections de
2005", qui avaient fait environ 200 morts, écrit Felix
Horne, chercheur à HRW, dans un texte publié sur le
site de l'organisation. Ce nouveau bilan est pratiquement le double de celui de 75 morts donné le 19
décembre par l'ONG de défense des droits de l'Homme
basée aux Etats-Unis. Le gouvernement éthiopien,
dont le bilan officiel des manifestations fait état de 5
morts, n'a pas immédiatement réagi. Addis Abeba
accuse les manifestants d'être responsables des violences.Lesmanifestationsontcommencéennovembre,
à l'initiative d'étudiants opposés à un projet d'agrandissement programmé de la capitale Addis Abeba,
suscitant des craintes d'expropriation de terres ancestrales du peuple oromo - le plus important groupe
ethnique du pays -, qui s'étendent de l'est au sud-ouest
du pays. "Les manifestations généralement pacifiques
ont été déclenchées par les craintes que le projet d'expansion chasse les fermiers oromo de leurs terres, un
nouveau grief des Oromo contre le gouvernement qui
s'ajoute à une liste déjà longue", a expliqué Felix
Horne. M. Horne craint une escalade de la crise avec
l'arrestation le 23 décembre de Bekele Gerba, 54 ans,
vice-président du Congrès fédéraliste oromo (OFC),
principal parti enregistré de la région Oromia. M.
Bekele a passé quatre ans en prison après avoir été
déclaré coupable en 2011 d'appartenance au Front de
libération oromo (OLF), un groupe armé interdit.
"En usant d'une main de fer tant contre les hommes
politiques d'opposition que contre les manifestants
pacifiques, le gouvernement ferme la porte à la possibilité pour les Ethiopiens d'exprimer de façon non
violente des revendications légitimes", s'inquiète M.
Horne. "C'est une voie dangereuse qui pourrait mettre
en danger la stabilité à long terme de l'Ethiopie."
Forte de 27 millions d'habitants, l'Oromia est la région
éthiopienne la plus peuplée. Elle a sa propre langue,
l'oromo, distincte de l'amharique, langue du peuple
amhara et de l'administration.
Selon HRW, ces manifestations rappellent celles d'avril
et mai 2014 dans l'Oromia, déjà au sujet de craintes
d'accaparement de terres par le gouvernement. La
police avait été accusée par des ONG d'avoir ouvert le
feu et tué des dizaines de manifestants. Les autorités
n'avaient fait état que de 8 morts. En octobre dernier,
Amnesty International avait accusé les autorités éthiopiennesd'abussystématiques-arrestationsarbitraires,
détentions illégales, torture, exécutions extra-judiciaires - contre les Oromo, perçus comme opposés au
gouvernement.Lesmanifestationscontrelegouvernement sont rares en Ethiopie, où l'opposition est famélique et où la toute-puissante coalition du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF),
qui dirige le pays d'une main de fer depuis 1991, est
accusé d'étouffer toute contestation.
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