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1.3. Diaspora malgache - Consortium de Solidarité avec Madagascar

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1.3. Diaspora malgache
Consortium de Solidarité avec Madagascar
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1.3. Diaspora malgache
- Colloque du CdSM [Consortium de solidarité avec Madagascar] Paris, le 11 avril 2010 « SOUVERAINETÉ NATIONALE ? MAÏTRISE DES
RESSOURCES ET CRISE POLITIQUE ; QUEL RÔLE POUR LA SOCIÉTÉ CIVILE » - Souveraineté nationale -
Publication le jeudi 21 octobre 2010
Fichier PDF créé le lundi 18 janvier 2016
Consortium de Solidarité avec Madagascar
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1.3. Diaspora malgache
Diaspora malgache
Tafika Rakotomavo [ Hetsika Diaspora-France et FORIM (Forum des Organisations de solidarité internationale issues
des migrations ]
Je dois mon intervention de ce jour à Hetsika diaspora France, une association qui a, à son actif, la mise sur pied dun
réseau regroupant diverses associations malgaches. Réseau dont la mission est d'accroître et de promouvoir la
contribution des Malgaches de la diaspora au développement de Madagascar.
Invité à ce colloque également, le Forum des Organisations de solidarité Internationales is-sues des Migration (FORIM),
plateforme nationale des fédérations et collectifs dOSIM ayant pour principale activité lintégration des migrants ici et la
réalisation de projets le développement dans leurs pays dorigine (pays dAsie, dAfrique et Haïti). Le bureau du FORIM
ma donné mandat et jen profite pour vous apporter les salutations de son Président Mustapha BOURAS ainsi que ses
vSux de réussite au Consortium de Solidarité pour Madagascar. Retenu par dautres obligations parallèles, Le Président
vous prie daccepter ses excuses de ne pouvoir participer à ce colloque sur la souveraineté et le développement de
Madagascar.
Les propos que je vais présenter au cours de ce colloque seront plutôt proches des travaux réalisés par les instances
associatives européennes partenaires du FORIM ; Hetsika diaspora représentant Madagascar au sein de cette
plateforme.
Aussi, au lieu de rester cantonné à lintérieur de nos rivages, à méditer sur la stérilité de notre souveraineté nationale, la
diaspora malgache gagnerait à mieux se structurer afin dapporter sa contribution à un développement basé sur
lintégration de notre île à son environnement régional (géographique et économique).
Compte tenu des échecs de la coopération actuelle en matière de développement ainsi que des défis lancés à l'Afrique
par la mondialisation :
Quelle valeur ajoutée la société civile de la diaspora malgache apporte-t-elle pour sa souveraineté nationale ?
Avec quels moyens la diaspora africaine peut-elle soutenir les efforts d'intégration régionale de l'Afrique. La
souveraineté comme critère dEtat, le sujet a été excellemment soutenu par lintervenante qui ma précédé, notamment
sur des notions de droit constitutionnel et droit international public et je ny reviens pas. Dans le cadre de ce colloque, il
sagit entre autres, dun moyen (un pouvoir) nécessaire afin de maîtriser les ressources naturelles, un moyen de
développer le pays.
La souveraineté pour un pays isolé comme Madagascar napporte pas grand-chose, lhistoire économique et politique
est là pour lattester. La mondialisation entraîne des défis tant techniques que politiques pour Madagascar, pour tout le
continent africain, et exige de la part de la diaspora africaine non pas des actions disparates et isolées mais plutôt des
réponses globales et concertées :
sur le plan technique (exploitation des connaissances et compétences techniques acquises par les groupes et
acteurs concernés) ;
sur le plan politique (mise en place d'une société civile africaine mondiale) propres à amener les institutions et les
acteurs majeurs, qu'ils soient ou non Africains, à rendre des comptes).
Toutefois, ayant quitté son pays et loin de ses réalités, nous pouvons dabord, nous poser la question de savoir quelle
légitimité pour la diaspora de se préoccuper de cette souveraineté et surtout quelle valeur ajoutée la diaspora peut-elle
apporter au développement de son pays dorigine ?
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Nous devrons ensuite aussi analyser la structure et les organisations de la diaspora africaine présentes en France et
dans les autres capitales européennes afin de, une fois encore, nous permettre de comprendre ses problèmes
Enfin, pendant longtemps, les pays européens les plus nantis, ont utilisé laide au développement comme un outil de
réalisation des objectifs de leur politique étrangère et non comme une fin en soi. Par conséquent, les échecs de la
coopération actuelle en matière de développement, ainsi que les défis lancés à l'Afrique par la mondialisation nous
poussent à évaluer (tant en Europe qu'en Afrique) :
l'engagement de la diaspora au sein des instances de décision soccupant du développement en Afrique ;
les contradictions éventuelles à redresser.
Nous conclurons en soulignant quelques programmes d'action qui pourraient être mis en Suvre.
1. L'histoire de la diaspora africaine et sa relation avec les idéaux panafricanistes La fierté dêtre malgache apparaît
davantage lorsque le malgache sort de son île. Dans le même registre, « on ne perçoit l'Afrique comme entité qu'après
l'avoir quittée ». En d'autres termes, on commence souvent à se sentir « africain » après avoir quitté sa maison, son
village, sa ville et son pays, en Afrique, pour s'installer dans un pays du Nord, qui a en général une longue histoire de
discrimination raciale institutionnalisée vis-à-vis des populations d'origine africaine. A tous ceux qui s'intéressent à
l'intégration régionale de l'Afrique, un survol de l'histoire rappellera le rôle important que la diaspora africaine a joué
dans l'élaboration du panafricanisme ainsi que dans les luttes panafricaines pour la libération, lindépendance. Des
Africains sont installés depuis plusieurs générations dans leurs pays daccueil et cela fait longtemps qu'ils se sont
organisés pour aider au développement de l'Afrique. Deux exemples permettent d'illustrer ce point : 1.Au XVIIIe siècle,
grand moment de l'histoire de l'Afrique, un esclave affranchi, Gustavus Vassa, a été le premier dirigeant politique de la
communauté noire de Grande-Bretagne et un anti-esclavagiste de premier plan qui a fait le tour de l'Angleterre, de
l'Ecosse et de l'Irlande, pour faire campagne en faveur de l'abolition de l'esclavage. En fait, ces activités ont, dans un
certain sens, donné naissance au mouvement de la société civile moderne et à la création de la première organisation
non-gouvernementale (ONG) : la Société anti-esclavagiste.
Par ailleurs, même si les problèmes actuels sont plus diffus, la volonté d'agir de-meure. En effectuant des transferts de
fonds par le biais de diverses organisations, les Africains de la diaspora (Comoriens, Maliens, Sénégalais...) sont en fait
les donateurs les plus importants de l'Afrique contemporaine. Le « meilleur produit dexportation » se-lon leur Président
Musevini, les Ougandais rapatrient 400 millions de dollars chaque année, montant qui est supérieur aux recettes
dexportation du premier produit agricole de ce pays : le café. Ainsi donc, lattachement des nouveaux groupes de la
diaspora africaine à lAfrique et à son développement ne devrait pas se poser, et de là découle leur légitimité à
soccuper de « ce qui les regarde ». Afin de nous permettre de mieux comprendre leurs problèmes, nous essaierons
danalyser comment se sont structurées les organisations de la diaspora africaine présentes en France et dans les
autres capitales européennes ?
2. Politique de développement : villagisme ou panafricanisme Nous nous intéresserons essentiellement aux
organisations de la diaspora africaine qui s'occupent de développement. Il convient toutefois de noter que de
nombreuses organisations africaines contribuent tout autant, au bien-être de leurs membres vivant au pays daccueil,
qu'au développement de leurs régions d'origine. Il est courant par exemple que, dès sa création, une organisation
privilégie la satisfaction des besoins de ses membres vivant au pays daccueil. Ainsi lAssociation des Etudiants
dOrigine Malgaches (AEOM) sest consacrée à la fourniture d'informations vitales sur les services disponibles, les
droits juridiques, le logement, la santé, les études universitaires etc. la fourniture d'un soutien culturel. Elle a cherché
surtout à encourager la circulation de l'information ainsi que de bonnes relations au sein de la communauté. Par la suite,
lorsque les membres sont mieux installés et établis, ils ont pu s'occuper du développement du pays.
La plupart des associations qui ont été créées sont du style : association danciens élèves (St-Michel) ; association
religieuse (jeunesse chrétienne ou islamique) ; association des originaires dun même village (Ambohimalaza) ;
association des originaires dune même ville (Antsirabéens) ; association des originaires dune même province
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(Diégo-Suarez), groupe de femmes (Alliance Internationale des Femmes de Madagascar et dEurope)...
A la lumière de cette liste, les préoccupations et le modus operandi de la plupart des organisations semblent bien
éloignés des réseaux puissants de connaissances - Forum social africain ; African Foundation for development
(AFFORD) ; Coordination SUD ; FORIM...) qui s'occupent de grands problèmes d'intégration régionale de l'Afrique.
Cependant, c'est bien souvent à travers ces organisations diffuses que les Africains de la diaspora honorent leurs
responsabilités civiques. Si les membres ont des compétences professionnelles et une expérience, ils les mettent
généralement au service de ces organisations. Par exemple, les membres de l'Association ASASOA qui comptent,
parmi eux, des ingénieurs informatiques au sein de grandes SSII françaises, ont recours à leurs connaissances et
compétences en matière de TIC pour organiser, à Antananarivo, des séminaires sur l'importance stratégique des TIC
pour le développement du pays et ont créé un centre de formation sur cette activité. Une des membres influents de
l'Association MASOVA une organisation qui porte assistance au peuple de la région Est, - utilise ses compétences
pour mener des actions dans le domaine de la santé, en vue de la mise en Suvre de projets organisationnels dans sa
région d'origine. De même, une écrivaine membre de Hetsika diaspora France met ses compétences en matière
dédition, au service de l'association et de la relance de lédition de livres de contes pour enfants à Madagascar.
3. Léchec de la politique daide au développement et la mondialisation Si les Africains de l'étranger sont si occupés à
soutenir leurs proches parents et amis restés au pays, quel intérêt peuvent-ils avoir pour les efforts d'intégration
régionale, processus qui semble, du moins, très loin de leurs micro-préoccupations aux niveaux des ménages, des
communautés urbaines et villageoises ? On peut se demander dans ce cadre justement, pourquoi, dans lhémisphère
nord, les Africains n'ont pas créé l'équivalent européen de l'African Finance and Economies Association (AFEA), basée
aux USA, dont les membres sont essentiellement des professeurs d'université nés en Afrique mais qui travaillent aux
États-Unis. L'AFEA publie une revue spécialisée, organise des ateliers et des séminaires et recherche la collaboration
de collègues d'Afrique. Toutefois, les facteurs qui ont mené à la création de l'AFEA, tels que :
l'isolement ;
la crainte que les recherches soient coupées des réalités africaines ;
le sentiment de perdre le contact avec les réalités du pays d'origine ;
le désir de reprendre contact, et si possible, de commencer à s'attaquer aux problèmes de l'Afrique. Ces facteurs
sont tous ressentis dans les capitales du vieux continent. Alors, les Africains enseignant dans les universités
européennes ne sont-ils pas suffisamment nombreux pour soutenir de tels efforts en grand nombre ? Il est de notoriété
public que les actions isolées ont échoué, que des liens forts existent en-tre les problèmes locaux, régionaux et
mondiaux. La distinction entre intégration régionale et panafricanisme, quelles qu'en soient les diver-ses variétés, est
certes complexe et nous ne devons pas faire l'amalgame. Il semble néan-moins juste de dire que certains
sympathisants panafricanistes verront, dans les politiques d'intégration régionale, des outils permettant de réaliser les
objectifs fixés.
En résumé, a)Malgré sa diversification, la diaspora africaine contemporaine est bien placée pour continuer à faire vivre
une longue tradition et contribuer, de manière efficace, aux idéaux et aux luttes panafricanistes ainsi qu'à l'intégration
régionale de l'Afrique pour son développement ; b)Toutefois, il faudra continuer, au niveau politique, à sensibiliser
d'urgence la diaspo-ra africaine aux liens qui existent entre les problèmes locaux, régionaux et mondiaux ; c)La
diaspora africaine basée dans les pays du nord s'est considérablement diversifiée au cours des dernières années et elle
s'est concentrée dans les capitales, centres ma-jeurs de la puissance mondiale ; cela lui permet d'avoir un impact plus
grand que le nombre de ses membres ou ses ressources ne le laissaient espérer ; d)La diaspora africaine en Europe
en général et en France en particulier, est structurée sur des bases identitaires (l'ethnie, la terre d'origine, la région)
mais ces organisations apparemment particularistes recèlent des connaissances très étendues et constituent des
réseaux dynamiques de connaissances ; e)Bien que ces réseaux dynamiques de connaissances professionnelles
aient, sans nul doute, un rôle majeur à jouer dans le développement et l'intégration régionale de l'Afri-que, il ne faut pas
négliger les organisations plus diffuses qui bénéficient d'un vaste soutien et d'une véritable légitimité auprès des
membres de la diaspora africaine ; f)Les organisations de la diaspora africaine ont, en fait, prouvé leur capacité de
travailler en réseau et de collaborer dans la poursuite de leurs objectifs spécifiques, de sorte qu'elles sont à même de
soutenir l'intégration régionale de l'Afrique ; g)La mondialisation entraîne des défis tant techniques que politiques pour
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l'Afrique et exige de la diaspora africaine des réponses techniques et afin damener les institutions et acteurs majeurs,
qu'ils soient ou non Africains, à rendre des comptes ; h)En ayant une vision et des objectifs communs, nous devons
déterminer comment la diaspora africaine peut soutenir un leadership africain éclairé et progressiste et l'amener à
rendre compte de la mise en Suvre de programmes et d'activités convenus ; i)Des réseaux spécialisés et dynamiques
dotés de connaissances et de compétences techniques requises doivent s'intéresser aux acteurs de l'Afrique et de la
diaspora, en vue de renforcer leur connaissance des problèmes d'intégration régionale et leurs capacités en la matière ;
j)La diaspora africaine, (organisations diverses, réseaux de connaissances spécifiques et individus) a un rôle à jouer
aux niveaux national, sous-régional, régional et mondial pour soutenir les efforts d'intégration régionale de l'Afrique ;
k)Un programme d'action doit comporter une vision africaine commune ; la création de la diaspora de l'Union africaine ;
l'institutionnalisation de la participation de la diaspora ; l'identification des acteurs de la diaspora ; la création d'un
observatoire pour l'intégration régionale ; la promotion de l'excellence ; le pilotage des programmes à partir de l'Afrique ;
la recherche d'une solution à l'exode des compétences ; la création de groupes de pression pour sensibiliser le
Gouvernement du pays daccueil ; la création d'un groupe de bénévoles ; la formation de la prochaine génération
d'Africains de la diaspora ; la mise à contribution des retraités de la diaspora africaine.
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