close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

2016, des vœux d`espérances - Site Internet de la Commune de

IntégréTéléchargement
CEREMONIE DES VŒUX-MERCREDI 13 JANVIER 2016-SALLE DES
SPORTS-MONT-SAINT-MARTIN-SERGE DE CARLI, MAIRE ET
CONSEILLER DEPARTEMENTAL
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,
Au nom de l’équipe municipale, en mon nom propre, je tiens, d’ores et
déjà, à vous souhaiter la bienvenue dans notre salle des sports et,
vous remerciant d’avoir répondu à notre invitation, j’en profite
immédiatement pour vous adresser, à vous, à vos proches, à ceux qui
comptent pour vous, mes vœux les plus sincères pour l’année
nouvelle, en premier lieu, la santé, bien sûr, sans laquelle rien n’est
possible, en y ajoutant bonheur, projets et satisfactions multiples.
Sans doute y a-t-il quelque chose de vain, voire de pathétique, à
attendre, à la fin de chaque année, une année meilleure que les
précédentes, alors même que cette amélioration ne vient que très
rarement, quand elle vient. Pourtant, je trouve cette discrète attente
du mieux, qui continue à vivre chez la plupart d’entre nous,
rassurante et utile.
Continuer à espérer, alors même que les raisons de désespérer sont si
nombreuses et fondées, croire que demain sera meilleur alors même
que l’on voit la façon dont les choses se passent, nous est essentiel.
Il ne s’agit pas de ne voir que le « bon côté des choses », de passer
sous silence la douleur, la tristesse, les injustices, l’horreur. Il ne s’agit
pas de s’imaginer que l’existence est harmonieuse, ni de nier la
réalité, guère réjouissante. Il ne faut pas oublier les victimes connues
ou anonymes des attentats, celles de Paris, mais aussi celles de Tunis,
de Bamako, de Damas, toutes ces personnes –dont la moitié
d’enfants- qui sont mortes en Méditerranée parce qu’elles n’avaient
d’autre choix que de partir, parce qu’elles n’avaient d’autre choix que
1
ce chemin, toutes celles et tous ceux qui sont victimes de la pauvreté,
de la violence, en raison de leur sexe, de leurs croyances ou
convictions, de leurs origines.
Il s’agit de voir la réalité d’une façon différente, d’une façon plus
complète. Il s’agit de voir les choses telles qu’elles sont ou telles
qu’elles nous apparaissent, mais aussi de les voir telles qu’elles
pourraient ou devraient devenir. Car confondre la réalité d’un
moment donné avec la réalité tout entière, voir le présent comme
immuable, est à la fois avoir une vision étroite de la réalité et
s’empêcher d’agir. Derrière chaque réalité, il y a des potentialités à
faire vivre une autre réalité, une réalité en gestation, il y a l’exigence
des choses telles qu’elles devraient être, il y a l’utopie.
Certes l’utopie peut être dangereuse, quand elle fait violence à la
réalité, quand elle s’impose aux autres avec brutalité, comme le font
les utopies politiques totalitaires.
Mais le fait que les promesses de ces utopies n’aient pas été tenues
ne doit pas les faire tourner en dérision. La justice, la solidarité, la
fraternité, l’égalité ne sont pas devenues des valeurs caduques au
prétexte que nombre de ceux qui les ont proclamées, ont échoué à les
atteindre, voire ont abouti à l’inverse de ce qu’ils prônaient.
Ces échecs doivent nous apprendre au contraire à les rechercher avec
davantage de modestie, de patience, de pugnacité……
Dire cela, vous l’aurez compris, donne une indication sur l’état
d’esprit, sur la manière de travailler et sur l’orientation de l’équipe
municipale accompagnée des compétences avérées des nombreux
services de la ville que je remercie sincèrement pour leur engagement.
Face aux incantations du type : « Combien ça coûte ? » ou « Y a pas
de sous » qui interrogent sur le rôle et l’utilité mêmes des élus, nous
préférons nous confronter au réel en le projetant dans l’idéal, établir
des diagnostics, recenser les besoins, anticiper, monter des dossiers,
2
frapper aux portes, convaincre, construire avec les résultats qui, il
faudrait être menteur pour dire le contraire, se voient désormais.
Oui, les 10 années qui viennent de s’écouler, particulièrement les 3
dernières, 2016 devant conforter le sens de l’histoire, ont vu MontSaint-Martin se transformer profondément (je ne citerai pas tous les
dossiers concernés, pour la plupart, vous les connaissez) faisant d’elle
une ville qui compte dans l’arrondissement de Briey et pas
uniquement pour les incivilités qui, malheureusement, ternissent
parfois son image et permettent à ses détracteurs d’établir des
caricatures bien éloignées de la réalité vécue ici.
Oui, 2015 a été une année de souffrance à de multiples points de vue
notamment au travers des actes graves d’incivilités perpétrés contre
des bâtiments publics, hôtel de ville compris, rappelant de tristes
périodes traversées de novembre 2005 à décembre 2007.
De tels évènements dramatiques, je vous l’assure, interroge jusqu’à,
parfois, vous déstabiliser, sur le sens de votre engagement au service
de l’intérêt général. En effet, comment comprendre que ces actes de
violences visent principalement des structures publiques (école,
service jeunesse, mairie), confortées par les politiques de progrès de
la municipalité, et dont la mission principale est d’aider,
d’accompagner, d’émanciper en particulier, les plus jeunes ?
L’explication, vous le savez, est à rechercher ailleurs.
Alors que, contexte national et européen dramatique oblige, la
République et son triptyque « Liberté, Egalité, Fraternité » sont remis
à l’ordre du jour, hélas, plus dans les mots que sur ses fondements, il
est plus que temps de revisiter Jean Jaurès dont certains imposteurs,
aujourd’hui, tentent d’endosser le costume.
La conception républicaine de ce combattant de la Paix, jusqu’à y
perdre la vie, est une République sociale, laïque et universelle.
3
Pour lui, la République est un grand acte de confiance et un grand
acte d’audace, confiance et audace étant inséparables.
Mais aujourd’hui, comment faire confiance à la république si elle se
gère, dans un monde inquiet, en bon père tranquille ? Comment lui
faire confiance quand elle se fait république de rentiers confortables
contre ceux qui comptent chaque euro en fin de mois ? Comment en
cultiver la solidarité, fondement de la sécurité, si l’on cède au
« chacun pour soi » et au « tous contre tous » ?
Souvenez-vous, c’était en 2005, la république s’est trahie elle-même
quand les français, à une nette majorité, faisaient le choix, lors du
référendum sur le traité constitutionnel européen, de repousser la
règle de « la concurrence libre et non faussée » et que des
gouvernants, en commençant par Paris, l’ont très cyniquement
imposée.
Comment faire confiance à la République si elle abdique face à cette
nouvelle offensive de la concurrence illimitée qui bafoue les
souverainetés comme l’envisage le tristement fameux traité
transatlantique en discussion entre les Etats Unis d’Amérique et
l’Union Européenne ?
Alors, un amer constat s’impose à nous. Quand la mission sacrée, oui
sacrée, de la république devrait être de permettre aux jeunes gens de
se former, de se cultiver, de travailler, de se socialiser, de tenter de
vivre ce bonheur qui, pour Saint-Just, était une idée neuve en Europe,
voici que l’on fait des comptes d’apothicaires avec les statistiques de
chômeurs et de précaires de moins de 25 ans, de « travailleurs
pauvres » plafonnant au salaire minimum que l’on ne revalorise
même plus, voici que prolifèrent les soumis au chantage du « c’est
mieux que rien », les exposés aux licenciements « à l’amiable » -vous
parlez d’amiable-, assistant à l’étalage des fortunes de ceux dont la
licence sociale fait plus de dégâts que la licence des mœurs et auprès
desquels on raille, par-dessus le marché, la faiblesse du syndicalisme,
4
le reflux de l’engagement, l’archaïsme de toute contestation,
cultivant ainsi l’impuissance et encourageant la débrouille et les
trafics, avec leur cortège de misère et de violence. Un pareil sort fait à
la jeunesse, je vous l’affirme, est indigne.
« Il n’y a pas égalité des droits si l’attachement de tel ou tel citoyen à
telle ou telle croyance, à telle ou telle religion, est pour lui une cause
de privilège ou une cause de disgrâce. Dans aucun des actes de la vie
civile, politique ou sociale, la démocratie ne fait intervenir,
légalement, la question religieuse. Elle respecte, elle assure l’entière
et nécessaire liberté de toutes les consciences, de toutes les
croyances, de tous les cultes, mais elle ne fait d’aucun dogme la règle
et le fondement de la vie sociale. ».
Vous aurez reconnu Jaurès qu’il est essentiel de réécouter en ce début
de 21ème siècle.
Il constatait, dans son discours de Castres sur l’enseignement laïc, que
tout recul, que toute somnolence de la République a été une
diminution ou une langueur de la laïcité, et tout progrès, tout réveil
de la République, au contraire, un progrès et un réveil de la laïcité.
Je pense qu’aujourd’hui, le réveil de la République passera par
l’affirmation d’une République laïque et sociale car, rappelons-le, la
laïcité n’est pas un alibi aux discriminations sous prétexte de réguler
la liberté de conscience. Bien au contraire, la laïcité permet de
s’opposer aux discriminations en garantissant la liberté de chacun.
Alors pessimiste me direz-vous ? Non, lucide, vigilant et optimiste
dans l’avenir du collectif, dans la mise en commun. Le commun
remonte dans l’échelle des valeurs humaines. Ceux qui, tout
simplement, plongent dans le vécu de leurs concitoyens le savent : la
société ne tiendrait plus debout sans l’échange, sans le partage, sans
la solidarité, sans l’altruisme. Et là, la commune, bien commun
historique issu de la révolution, révèle, son rôle majeur de maillon
indispensable de la cohésion sociale mais aussi toute sa force,
5
synonyme de proximité, de réactivité, d’immédiateté, d’efficacité, de
solidarité, de bon sens, de facilitateur dans le domaine économique et
donc de création d’emplois. Mont-Saint-Martin en est un exemple. Le
premier semestre de 2016 verra, ainsi, l’ouverture, en totalité, du
nouveau centre commercial des Bleuets alors que le magnifique café
« Le bar aux maîtres » fonctionne depuis un moment déjà, et
L’extension, avec 25 cellules commerciales supplémentaires, de
l’hypermarché Auchan…
Mais la commune, c’est aussi le creuset d’expériences humaines
exceptionnelles….. Ainsi, Mont-Saint-Martin, c’est un club de karaté
qui évolue au plus haut niveau avec des titres nombreux dont la
coupe de France gagnée face à Sarcelles et Paris, c’est un club de
tennis dont l’équipe filles se retrouve en nationale 1, c’est une
championne du monde de boxe thaï, c’est une harmonie municipale
dont les progrès, reconnus de tous, essaime désormais.. sur l’aire
transfrontalière et qui a le souci du renouvellement avec la mise en
orbite d’un orchestre des jeunes et d’une école de musique qui draine,
aujourd’hui, 24 élèves venant de l’agglomération, Mont-Saint-Martin,
c’est un club de handball aux résultats excellents et dont la mission
d’éducation est réaffirmée comme celle du club de football, ce sont
des dizaines d’associations qui animent le territoire, des bénévoles
dévoués, y compris dans le domaine de la solidarité, dans celui de
l’environnement comme le CLERO ou encore de l’architecture avec les
amis de l’église romane, c’est une épicerie sociale, une régie de
quartier, Mont-Saint-Martin, ce sont des éducateurs de rue, deux
centres de loisirs, un centre d’éveil ou Lape, une maison de l’enfance,
une médiathèque, des structures sportives nombreuses dont
l’important complexe du Plateau, Mont-Saint-Martin, ce sont des
coopérations sur le plan national et international, du côté de l’Italie,
de la Palestine, du Sénégal ou encore du Luxembourg avec nos amis
de l’OGBL, je salue au passage nos amis Christian Simon-Lacroix et
Marcello Magliulo, Mont-Saint-Martin, ce sont plus de 1000 élèves
6
répartis sur 8 groupes scolaires et un collège, tête de pont du Réseau
d’Education Prioritaire, et puis, Mont-Saint-Martin, c’est un chantier
permanent de constructions nouvelles, d’outils de services nouveaux à
la population, source d’activité indispensable pour le monde de
l’entreprise et créateurs d’emplois……..
Oui, la commune, est utile au pays et à la République.
Elle participe, avec les autres collectivités territoriales, au
développement économique et à la défense de l’emploi, par
l’investissement que ces collectivités portent à plus de 75 % dans le
pays.
Alors, oui, et je pense ne pas être le seul dans ce cas, et ma fonction
de maire y contribue, je m’interroge sur l’efficience des choix
politiques opérés par le gouvernement qui ne sont que renoncements
ou régressions par rapport aux belles annonces faites en 2012.
Nous attendions une renégociation du Pacte de Stabilité pour
refonder l’Europe, elle n’a pas eu lieu.
Nous attendions une rupture avec l’austérité engagée sous la
présidence précédente, elle a été renforcée.
Nous attendions des gestes en faveur des plus modestes et des
classes moyennes, nous avons eu la libéralisation du marché du
travail, le pacte de stabilité et ses 40 milliards pour les plus grandes
entreprises sans obligation de résultats en terme de création
d’emplois, et désormais, la loi Macron, la loi Notre qui engendre des
bouleversements territoriaux majeurs, en à peine quelques années,
éloignant toujours plus le citoyen, qui ne comprend rien à cela
d’ailleurs, du centre des décisions politiques, pour plus d’efficacité,
c’est évident……
La présidence actuelle s’est ralliée à la politique de l’offre, inspirée,
dans toute l’Europe, par les ultralibéraux avec les résultats que l’on
connaît.
7
Et comme Sœur Anne, nous ne voyons toujours rien venir. Des années
après la mise en œuvre des mêmes posologies qui, c’est désormais
avéré, ne marchent pas, aucune lueur d’espoir ne brille à l’horizon.
Cette politique économique, injuste et inefficace, plonge le continent
européen vers la récession et la déflation au lieu de permettre des
investissements pour engager la transition sociale et écologique.
L’autre versant de cette austérité, c’est l’abandon des collectivités
territoriales et de la démocratie locale.
Jamais, depuis 1958, l’attaque contre les communes n’a été aussi
rude.
Si le quinquennat précédent avait gelé les dotations aux collectivités,
l’actuel gouvernement va plus loin avec une saignée massive de 11
milliards d’euros jusqu’en 2017. C’est considérable.
Pour Mont-Saint-Martin, ce sont 600 000 euros qui disparaissent ainsi
du budget communal en à peine 4 années alors qu’en face, les
difficultés et, conséquemment, les besoins augmentent. C’est
insupportable.
Ainsi, alors que l’autofinancement dégagé en 2015, obligatoire si l’on
veut investir, était de 110 000 euros pour un budget global de 10
millions d’euros, il sera d’à peine 11 000 euros, soit 10 fois moins, en
2016, après avoir opéré, avec beaucoup de sérieux, des arbitrages
douloureux dans la section de fonctionnement.
Et nous savons, dès à présent, si rien ne changeait d’ici là, qu’une des
variables d’ajustement en 2017 sera, à notre corps défendant, la ligne
budgétaire consacrée aux classes transplantées, classes vertes et
classes de neige, d’un montant de 130 000 euros…….Sans doute
qu’une telle dépense publique est considérée, par certains « bien pensants », comme un luxe pour des enfants de milieu populaire qui,
depuis leur entrée au CP, je parle des CM, n’entendent parler que de
crise autour d’eux.
8
Face à un tel mouvement de rouleau compresseur, loin d’être abattu,
parce que j’aime ma commune et ses habitants, parce que je sais
pouvoir compter sur leur soutien, manifesté encore avec clarté lors du
dernier scrutin départemental, à 63% au premier tour et à 75% au
second, parce qu’ils sont mon carburant quotidien et ma légitimité,
avec mes amis de l’équipe municipale, je vais résister et défendre,
pied à pied, les intérêts et l’intégrité de Mont-Saint-Martin. Ainsi,
l’année 2016, année de résistance, me verra prendre un certain
nombre d’initiatives qui, je l’espère, fédèreront d’autres collègues et
d’autres villes impactés de la même manière.
Défendre les intérêts communaux, c’est aussi maîtriser le foncier,
principal richesse de Mont-Saint-Martin, afin de réparer les erreurs
urbaines commises en son temps, afin de relier les quartiers les uns
aux autres pour faire ville ensemble et nous y sommes presque
parvenus. Il reste néanmoins à achever un bouclage de ville en mode
doux (piétonnier et cyclable) démarré au Val Saint Martin le long des
nouveaux jardins familiaux rue de la Réole pour, ensuite, se
poursuivre le long de la rue Edmond Mignon et partir, via le nouveau
quartier du Viviers, vers le Plateau sur lequel se prépare un
magnifique projet d’habitat privé, seule possibilité offerte demain
pour atteindre l’objectif visé. Le critère d’utilité publique est avéré,
Philippe Mahé, préfet de Meurthe et Moselle, venu à notre rencontre
le 18 décembre dernier, l’a attesté. Et donc, ceci m’amène à annoncer
publiquement, d’autres collègues l’ont déjà fait ou s’apprêtent à le
faire, que Mont-Saint-Martin n’est pas prête, pour l’instant en tout
cas, à abandonner sa compétence urbanisme au bénéfice de
l’intercommunalité.
Et évoquant l’intercommunalité, je préfère d’ailleurs, si les mots ont
un sens, l’expression « coopération intercommunale », je suis parfois
surpris de la promptitude de certains collègues à adhérer
immédiatement à la foultitude de possibilités offertes par le
législateur en matière de fusion ou de transformation territoriale,
9
exemple l’éventuelle transformation, dare-dare, de notre CCAL en
communauté
d’agglomération
synonyme
d’augmentation
significative de la DGF, argument force de conviction massive, en
s’étonnant que d’autres s’interrogent, questionnent sur les
conséquences pérennes pour leur ville.
Et bien, oui, en ce domaine comme en d’autres, avec mes amis
délégués à la CCAL, je revendique le droit à m’exprimer, le droit à
questionner, le droit à obtenir des réponses, le droit à comprendre et
le droit à être convaincu. Ce droit est aussi un devoir pour les élus que
nous sommes, investis par le suffrage universel direct, voici deux ans
bientôt, sur un programme municipal très clair n’incluant nulle part ce
type d’évolution pour laquelle, en passant, la population n’a jamais
été associée.
Alors, Monsieur le Président, convainquez-nous ! Nous y sommes
prêts.
Avant de conclure, Mesdames et Messieurs et chers amis, permettezmoi, puisqu’un certain nombre d’entre eux sont rassemblés, ici,
autour de moi, et que les succès sont toujours le fait du collectif, de
remercier, sincèrement, chaleureusement, mes collègues et amis du
bureau municipal comme ceux du conseil municipal, en premier lieu
desquels, Patrice Marini, mon premier adjoint, pour leur implication
forte et sérieuse à faire bouger Mont-Saint-Martin sans oublier
l’ensemble des agents territoriaux de la ville. Je charge Philip Sabatini,
mon directeur général des services de passer le message.
2015 fut une année terrible au cours de laquelle, à deux reprises, en
mars lors des élections départementales, n’est-ce pas ma chère
Monique ?, puis, récemment, en décembre lors des régionales, la
population française a lancé l’alarme sans pour autant, jusqu’à
présent en tout cas, être entendue sur l’ampleur de sa désespérance.
Il m’est insupportable de constater que certains politiques, au plus
haut niveau, faisant la courte échelle à l’extrême droite pour de
10
simples calculs politiciens, mettent en péril la République elle-même
en jouant avec ses pires ennemis……
Face à la crise de la représentation politique, face à la dévitalisation
de notre démocratie, face à l’épuisement des projets portés de part et
d’autre de l’échiquier politique, il est impérieux que cette alarme soit
enfin entendue.
Après les épisodes récents de l’état d’urgence, de la république
autoritaire, de la déchéance de nationalité, de la politique de la peur,
Il faut stopper cette course à l’abîme. Trop de promesses non tenues,
trop de calculs politiciens, trop d’impostures, de mensonges, trop de
pouvoir personnel, mais attention, nous n’avancerons pas en nous
renvoyant la faute les uns aux autres comme si chacun d’entre nous
n’était pas, quelque part, comptable de tout cela, comme si ce n’était
pas notre responsabilité collective et individuelle face à ce monde
politique qui se meurt sous nos yeux et qui nous oblige, nous-mêmes,
à réinventer la politique. La politique comme possible, la politique
comme refus des fatalités, des résignations, en lui redonnant crédit
et efficacité, c’est-à-dire en sortant des certitudes confortables, des
appartenances rassurantes ou des vindictes complaisantes, en
retrouvant cette démarche qui, plutôt que de se payer de mots ou de
se définir en contre, regarde la réalité en face, prend les problèmes à
la racine, invente les solutions, s’approche du concret, retrouve un
langage commun.
« Aucun homme n’est une île, un tout complet en soi. Tout homme est
une partie de l’ensemble. Ainsi, n’envoie jamais demander pour qui
sonne le glas ? C’est pour toi qu’il sonne. », ainsi s’exprime John
Donne en 1624.
Aujourd’hui, pour ceux qui sont attachés à la République, une
République non pas punitive, non pas autoritaire, non pas verticale,
non pas fermée au monde mais à une République de l’Egalité, du
mouvement, de la Fraternité, une République qui s’invente, une
11
République qui mobilise sa jeunesse, eh bien oui, le glas sonne pour
nous……
Un dramaturge de la Suisse allemande a eu un jour cette formule,
dans le bilan des années noires de l’Europe, ces années noires où la
force politique qui, aujourd’hui, menace, a fait ses premiers pas
idéologiques dans, ce laboratoire des extrêmes droites européennes,
il disait ;
« Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles »
Alors, il nous revient de ne plus être silencieux, c’est-à-dire de faire
confiance à la société, et de nous-mêmes, à notre niveau, d’agir sous
toutes les formes que nous pouvons trouver où peut s’inventer du
commun pour la défense de ce que nous avons, ensemble.
Face à une force politique qui est la force de l’inégalité, dont le corps
idéologique est le pendant de ceux qui nous menacent au lointain et
qui ont frappé notre pays , ceux qui ne veulent pas que nous nous
mélangions, que nous nous rencontrions, que nous nous acceptions
les uns les autres, ceux qui pensent qu’il y a des origines supérieures à
d’autres, des identités supérieures à d’autres, des sexes supérieurs à
d’autres, des nations supérieures à d’autres, des civilisations
supérieures à d’autres, des religions supérieures à d’autres.
C’est contre cela que nous devons brandir nos causes communes, ces
causes communes, elles ont un laboratoire qui nous manque
cruellement dans le discours politique dominant, et c’est bien triste,
c’est l’utopie, c’est la poésie, c’est un imaginaire, c’est un horizon qui
nous mobilise, qui convoque la beauté et la bonté comme des armes
politiques face à leur laideur et à leur méchanceté. Il y a une formule
qu’ils ont souvent employée en prétendant que le politiquement
correct ce serait justement cette République de l’égalité assimilée à la
dictature des bons sentiments.
12
Alors, il faudrait préférer une pseudo-démocratie des mauvais
sentiments où il y a la peur, où il y a la haine, où il y a la méfiance et
bien, non, nous revendiquons les bons sentiments, la beauté et la
bonté. Et ces bons sentiments, leur laboratoire, c’est l’utopie, c’est la
poésie, c’est l’espérance.
Nous avons besoin de poètes en ces moments-là, comme Aimé
Césaire, qui dit qu’ il n’est pas question de livrer le monde aux
assassins d’aube, à ceux qui ont massacré des innocents à Paris
comme à ceux qui voudraient prendre prétexte de ces massacres pour
nous dresser, ici même, les uns contre les autres.
Et bien, à l’image d’Aimé Césaire qui prônait l’humanité, Mont-SaintMartin, forte de sa population plurielle, est au diapason de la France,
cette France arc-en-ciel qui fait le lien entre l’arc-en-ciel de la terre et
du ciel et l’arc-en-ciel de la diversité du monde.
Pour 2016, je souhaite à Mont-Saint-Martin, d’être toujours plus,
terre arc en ciel, terre de solidarité, terre de fraternité, terre de
développement, terre d’expérimentations multiples, culturelles,
sportives, sociales, terre de jeunesse et d’avenir, terre de résistance,
d’être et de rester tout simplement Mont-Saint-Martin.
Et à chacune et à chacun d’entre vous, je renouvelle mes vœux les
plus sincères pour que vous preniez soin de vous, pour que vous
profitiez de tous les petits instants de la vie qui font le bonheur de
vivre. Une belle année 2016 pleine de rêves et d’utopies !
Et, avec Marie Curie, je vous dis :
« Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. »
13
14
Auteur
Document
Catégorie
Uncategorized
Affichages
4
Taille du fichier
156 KB
Étiquettes
1/--Pages
signaler