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AMBASSADE DE FRANCE EN ALLEMAGNE
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SERVICE DE PRESSE et DE COMMUNICATION
Revue hebdomadaire de la presse
allemande
POLITIQUE INTERIEURE
Politique migratoire
« Vienne introduit un plafond en matière d’accueil des réfugiés et accroît un peu
plus la pression sur Mme Merkel », met en exergue le Handelsblatt au lendemain
de la décision prise par l’Autriche de limiter à 127 500 le nombre de demandeurs
d’asile qu’elle entend accueillir d’ici à 2019. « La chancelière se montre critique,
tandis que la CSU se sent confortée », relève la Süddeutsche Zeitung qui fait état
des réactions au séminaire annuel de la CSU à Wildbad Kreuth et indique notamment que le chef de la CSU, Horst Seehofer a jugé que la décision
autrichienne va avoir pour conséquence une augmentation du flux migratoire
vers l’Allemagne. Le journal fait également état des propos du secrétaire général
de la CSU, Andreas Scheuer, pour qui l’Allemagne devrait « suivre l’exemple autrichien ». Face aux parlementaires bavarois, qui ont réitéré leur souhait de voir
limiter à 200 000 le nombre de réfugiés que l’Allemagne devrait accueillir chaque
année, la chancelière a fait valoir quant à elle que la décision autrichienne va
compliquer les négociations avec la Turquie.
Dans leurs commentaires, plusieurs quotidiens interprètent la décision autrichienne comme un « geste de désespoir politique » (FAZ, tageszeitung) et
soulignent aussi qu’il s’agit d’un revers pour la chancelière (Handelsblatt), non
seulement parce que son homologue autrichien s’était jusqu’ici montré solidaire,
mais aussi et surtout parce que la perspective d’un accord en Europe sur la résolution de la crise migratoire s’éloigne de fait encore un peu plus. Le
gouvernement autrichien justifie sa décision par la volonté de pousser les partenaires européens à prendre leur part du fardeau en accueillant davantage de
réfugiés, mais au lieu de cela il déclenche une avalanche qui va conforter ses
voisins dans leur refus, juge la tageszeitung. « Le plan Merkel d’une solution européenne a échoué », écrit Die Welt. Face à cette situation, les journaux
s’inquiètent de l’isolement croissant de la chancelière en Europe (Süddeutsche
Zeitung) et estiment le temps venu d’envisager un plan B. « Il serait très étonnant qu’un plan B ne soit pas depuis longtemps en préparation à la chancellerie
fédérale même si officiellement la chancelière ne dévie pas de sa ligne », estime
le Handelsblatt, l’hebdomadaire Die Zeit assurant que divers scénarios sont à
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l’étude, mais que les interlocuteurs concernés se gardent bien de les coucher sur
le papier par crainte de fuites éventuelles.
Dans des entretiens avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung et Bild en fin de semaine, le ministre autrichien des Affaires étrangères explique que l’Autriche a
enregistré 90 000 demandes d’asile en 2015 et décidé de fixer un plafond pour
2016 en l’absence de solution européenne. L’« effet domino » qu’entraîne cette
décision sur les pays voisins pourrait conduire l’Europe à prendre réellement
conscience de l’urgence d’appliquer une politique migratoire commune, poursuitil en estimant que ces derniers mois, « la situation a été très confortable pour
certains pays qui n’ont été que des pays de transit, comme la Grèce ». « Notre
décision nationale est un signal de détresse envoyé à Bruxelles », fait-il valoir
dans Bild.
POLITIQUE EUROPEENNE ET INTERNATIONALE
Mise en œuvre de l’accord nucléaire iranien
La presse salue la levée des sanctions économiques contre l’Iran à la suite du feu
vert donné samedi 16 janvier par l’Agence internationale de l’énergie atomique à
l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire iranien.
Les journaux rendent abondamment compte des réactions positives des dirigeants internationaux, mais rapportent également les critiques du gouvernement
israélien. Dans leurs commentaires, les quotidiens jugent que la levée des sanctions contre l’Iran est un « espoir » et un « grand pas » pour la communauté
internationale, mais s’inquiètent de ses répercussions sur la stabilité du MoyenOrient. Sous le titre « retour sur scène », la Süddeutsche Zeitung se réjouit des
efforts accomplis par Téhéran et de la reprise du dialogue entre les Etats-Unis et
l’Iran, ce qui pourra désormais faciliter la résolution de crises internationales. Le
quotidien de Munich craint toutefois que « l’Iran ne soit toujours pas un partenaire facile à l’avenir » et appelle l’Occident à accroître les échanges
économiques et culturels avec le pays. Pour la FAZ, la levée des sanctions
marque également « un tournant historique » pour l’Iran qui pourrait devenir
« le nouvel Eldorado du Golfe », mais le quotidien invite cependant à faire preuve
de prudence, estimant que « ce qu’il se passera dans 15 ans lorsque les obligations liées au programme nucléaire prendront fin, sera une autre histoire ». Le
Handelsblatt considère pour sa part que le retour de l’Iran sur la scène internationale pourrait déstabiliser à nouveau le Moyen-Orient, pointant du doigt la
possible réaction de l’Arabie Saoudite qui pourrait percevoir la reprise des relations économiques entre l’Iran et l’Occident comme une invitation « à revoir le
positionnement de sa politique étrangère et à imposer la concrétisation de ses
intérêts, par exemple au Yémen ». A l’instar du Tagesspiegel, les quotidiens se
félicitent de l’impact positif de la levée des sanctions sur l’économie allemande,
la fédération des industries allemandes ayant déjà annoncé compter sur une
augmentation de dix milliards d’euros des exportations allemandes vers l’Iran en
dix ans.
Attaque terroriste au Burkina Faso
Les journaux déplorent l’attaque terroriste qui a eu lieu vendredi 15 janvier à
Ouagadougou et fait au moins 29 morts. Pour le quotidien alternatif de gauche,
tageszeitung, qui appelle au renforcement de la lutte antiterroriste au Sahel,
cette attaque « doit être un signal d’alarme » car elle révèle d’une part que plus
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aucune capitale d’Afrique de l’Ouest n’est à l’abri des menaces terroristes et
d’autre part que le terrorisme islamiste en Afrique ne mène « pas seulement une
guerre du désert ». Sous le titre « le Burkina Faso n’est pas loin », le Tagesspiegel estime que le danger en Afrique est désormais accru en raison de la
multiplication des attaques à la fois par Daech et par Al-Qaïda. Pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, cette nouvelle attaque « laisse craindre le pire, car les
Etats d’Afrique de l’Ouest sont dans l’ensemble faibles et ne peuvent pas véritablement financer leur sécurité » et parce que la menace venant d’Afrique est tout
aussi grande pour l’Europe que celle qui vient du Proche et Moyen-Orient. Le
quotidien ajoute que si la Syrie attire l’attention internationale, « seuls les Français se sont véritablement engagées au Sahel » et juge qu’il est aujourd’hui
temps que d’autres s’intéressent à la région. Pour la FAZ, le message est clair :
« si la zone d’influence des islamistes continue de s’accroître en Afrique, le
nombre de réfugiés en Europe augmentera encore ».
Réunion à Paris des ministres de la défense
de la coalition contre Daech
Les quotidiens rendent compte de la réunion à Paris des ministres de la défense
des sept pays les plus engagés dans la coalition internationale contre Daech et
indiquent qu’ils ont pu mettre en valeur des succès dans leurs opérations puisque
Daech recule sur le terrain, en Syrie et en Irak. Dans un commentaire, le correspondant du Handelsblatt à Paris juge toutefois que cette intervention est
devenue plus complexe et fait siennes les déclarations du général de Villiers selon qui « la patience est nécessaire » et « gagner la guerre ne suffit pas pour
gagner la paix ». Les tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran pèsent aussi sur
l’efficacité de la coalition, estime le journal, en compliquant la mise en place
d’une transition politique en Syrie.
Déplacement à Varsovie
du ministre allemand des affaires étrangères
Reçu à Varsovie par la Première ministre et le ministre des affaires étrangères
pour des entretiens, le chef de la diplomatie allemande a tenu à ses interlocuteurs un discours conciliant duquel il a banni toute critique envers le nouveau
gouvernement, rapportent l’ensemble des quotidiens. Soulignant que l’amitié
germano-polonaise et la confiance bâtie au cours des dernières décennies sont
trop précieuses pour être remises en question par les divergences politiques actuelles, Frank-Walter Steinmeier a refusé de commenter les possibles infractions
du gouvernement polonais au droit européen en indiquant que ces questions
donnent actuellement lieu à un échange entre l’UE et la Pologne.
Toutefois, les efforts du ministre fédéral pour désamorcer les tensions bilatérales
n’ont pas vraiment reçu d’écho chez ses interlocuteurs, note la presse. En matière d’accueil des réfugiés, le chef de la diplomatie polonaise s’en est à nouveau
tenu au langage officiel selon lequel la Pologne aurait déjà accueilli un million de
réfugiés ukrainiens ce qui justifierait de n’accueillir que quelques centaines de
migrants affluant en Europe, indique la FAZ. Une affirmation réfutée par
l’ambassadeur d’Ukraine en Pologne, qui a publié une mise au point selon laquelle ce chiffre correspondrait aux expatriés ukrainiens, la Pologne n’ayant
officiellement donné droit en 2015 qu’à deux demandes d’asile de ressortissants
ukrainiens sur 4000, des chiffres confirmés par le site internet de l’office polonais
des étrangers, précise le journal. Dans un entretien au Handelsblatt, le ministre
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polonais des finances, Pawel Szalamacha, ne cache pas son ressentiment à
l’égard de la politique allemande en matière d’accueil des réfugiés, affirmant que
la Pologne l’a interprétée comme la réponse politique de l’Allemagne à ses inquiétudes maintes fois exprimées sur le manque de main d’œuvre spécialisée.
Prenant un peu de recul face à l’escalade des tensions germano-polonaises, la
FAZ appelle les voisins européens de la Pologne à garder raison et à ne pas envenimer le débat, soulignant que la principale crainte de la Pologne est une
désolidarisation de ses partenaires de l’OTAN pour le cas où la Russie tenterait
une main-mise sur son territoire.
Consultations gouvernementales germano-turques/visite à Berlindu Premier ministre turc
Dans des avant-papiers consacrés aux premières consultations germano-turques,
vendredi 22 janvier à Berlin, les quotidiens rappellent que ces consultations ont
été décidées après l’attaque terroriste à Istanbul et qu’elles porteront sur les
thèmes « sensibles » de la lutte contre le terrorisme et la crise migratoire. Dans
une interview à l’agence de presse DPA, le Premier ministre turc, Ahmet Davutoğlu, appelle à davantage de solidarité européenne, la crise migratoire étant
« devenue une crise européenne ». Personne ne peut attendre de son pays, estime-t-il, qu’il « supporte seul la charge » d’une crise que la Turquie n’exporte
pas en Europe mais qui s’est exportée chez elle. Indiquant que le gouvernement
turc a déjà dépensé près de dix milliards d’euros pour les réfugiés, il doute que
les trois milliards promis par l’Union européenne s’avèrent suffisants.
De l’avis de la presse, ces consultations suscitent de nombreuses attentes, notamment de l’opinion publique allemande. Le Tagesspiegel souligne ainsi qu’une
centaine d’artistes, de professionnels des médias et d’experts ont signé une pétition dans laquelle ils demandent à Angela Merkel de ne pas taire ses critiques et
de saisir l’opportunité de la rencontre pour aborder le sujet des violences commises dans le sud-est de la Turquie. Dans un entretien à Die Welt, le coprésident des Verts, Cem Özdemir, estime possible une guerre civile en Turquie
et appelle la chancelière à exercer plus de pression sur le gouvernement turc./.
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