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24 heures

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Monde 11
24 heures | Jeudi 21 janvier 2016
France
«Abdiquer sur la kippa,
c’est renoncer demain à la croix»
L’aliyah doit être un choix, pas
une fuite.
Le grand rabbin de
France Haïm Korsia
revient sur les peurs
de sa communauté
face à la montée de
l’antisémitisme
Quelle est votre conception
de la laïcité?
C’est simple: neutralité de l’Etat,
liberté de pratique religieuse.
Rien d’autre. La loi de 1905 fonctionne bien depuis 110 ans, c’est
pas mal. Mais il ne faut pas accepter n’importe quoi. Je n’aime pas
la vision abêtissante de la société
qui veut que porter une croix
puisse empêcher quelqu’un de
croire ou de ne pas croire.
Bernard Bridel
Elu grand rabbin de France en
juin 2014, Haïm Korsia (52 ans)
est depuis lors le chef spirituel de
la plus grande communauté juive
d’Europe. Près d’un demi-million
de personnes évidemment très
inquiètes de la violence terroriste
et de la montée de l’antisémitisme. Plein d’humour, amateur
de Georges Brassens, cet ancien
chef du culte israélite des armées
françaises était de passage à Lausanne hier où il donnait une conférence sur la «transmission» des
valeurs.
Un an après l’attaque contre
l’Hyper Cacher à Paris et
l’agression à la machette d’un
enseignant portant la kippa,
le 11 janvier à Marseille, dans
quel état d’esprit se trouve
votre communauté?
En gros, il y a une inquiétude sur
le devenir et sur la capacité de la
société française à dépasser l’état
d’indifférence. Ce qui nous a inquiétés après les attentats qui ont
touché notre communauté (Toulouse, Hyper Cacher), c’est qu’à
part les propos parfaits des politiques, on n’a rien vu venir de la
population. Il n’y a rien de pire
que l’indifférence. Il a malheureusement fallu les 130 morts de novembre dernier pour que l’ensemble de la population perçoive
qu’il y a un risque pour l’ensemble de la population. Qu’elle sorte
de l’idée que s’attaquer aux juifs
c’est «normal».
Après l’affaire de Marseille,
comprenez-vous vos
coreligionnaires qui
Haïm Korsia: «Il a malheureusement fallu les 130 morts de novembre pour que l’ensemble de la
population perçoive qu’il y a un risque pour l’ensemble de la population.» FLORIAN CELLA
conseillent de ne plus porter
la kippa?
Non. Quand on abdique de quelque chose c’est, symboliquement,
prendre une part de responsabilité. C’est comme pour la fillette
qui se fait violer et dont on demande comment elle était habillée. Moi je pose la question.
Après la kippa, c’est quoi, c’est la
barbe? D’ailleurs il ne faudrait pas
utiliser le mot kippa mais calotte.
Pourquoi la calotte serait-elle acceptable sur la tête d’un prêtre et
insupportable – quand elle change
de nom – sur la tête d’un rabbin?
En d’autres termes, abdiquer aujourd’hui sur la kippa, c’est renoncer demain à la croix, parce
que si les chrétiens la portent, ils
insultent ceux qui ne croient pas à
la croix. Cela obère totalement la
liberté de croire ou de ne pas
croire. Le principe, il est que la
calotte fait partie de la culture environnante.
Mais on vous dira la même
chose pour la burka?
Ah non, la burka est interdite par
la loi, elle est la négation de la
femme. Les musulmans reconnaissent d’ailleurs que la burka
n’a aucune logique et qu’elle est
un habit imposé par le wahhabisme qui, en plus, n’a rien à voir
avec nos traditions d’ici.
Le nombre des juifs de France
qui font leur aliyah
(émigration vers Israël) est en
constante augmentation.
Trouveront-ils plus de
sécurité là-bas qu’ici?
La question de la sécurité est LA
question. Mais je ne sais pas s’ils
seront plus en sécurité en Israël
qu’en France. Le professeur de
Marseille, il peut aussi se faire
agresser à Jérusalem ou à Haïfa.
Mais il y a une grande différence,
c’est qu’en Israël, le risque est
partagé par tous et qu’en France
ou ailleurs, on a parfois eu l’impression que le risque n’était que
pour nous. Depuis le 13 novembre
cela a changé, le risque est partagé. C’est essentiel, car on ne
peut pas avoir des gens qui soient
le paratonnerre de la société.
Pour revenir à l’aliyah. C’est un
choix spirituel, théologique, philosophique, politique. S’il est
construit sur la peur, vous ne serez ni heureux d’aller en Israël ni
heureux de quitter la France.
Vous êtes un fervent partisan
du dialogue interreligieux.
Progresse-t-il en France?
Il est vital et je puis vous dire qu’il
progresse. Certains ont pris des
positions très courageuses après
les attentats, comme Anouar Kbibech, le président du Conseil français du culte musulman. Il a envoyé un prêche à toutes les mosquées pour combattre théologiquement le terrorisme. En sortant
un texte du XIIe siècle. Quand les
mots sont dits, on produit de la
cohésion. C’est comme ça qu’on
recrée la solidarité entre ceux qui
croient en Dieu et ceux qui n’y
croient pas.
Peut-on être un juif de France
et critiquer la politique du
gouvernement israélien?
Evidemment, mais jamais je ne le
dirai. Il y a déjà assez de gens qui
le font. Mais rappelez-vous, l’antisionisme n’est pas la négation de
la politique de droite ou de gauche du gouvernement israélien,
c’est la négation de l’Etat d’Israël.
Que pensez-vous de la
campagne de boycott des
produits «made in Israël»,
fabriqués dans les colonies de
peuplement?
Il y a une loi en France qui décrète
que ce boycott est illégal. C’est
très bien, car le boycott frappe les
artisans de la paix, ceux qui
œuvrent à la hausse du niveau de
vie dans la région.
L’incertitude
plane sur les
pourparlers
syriens
La réunion de lundi
à Genève pourrait être
repoussée, faute d’un
accord sur les groupes
invités à négocier la paix
L’invitation des combattants kurdes des Unités de défense du peuple (YPG) à la table des négociations de paix en Syrie a provoqué
un blocage de plus à la tenue d’un
nouveau round de pourparlers de
paix, lundi à Genève. Les chefs de
la diplomatie américaine et russe,
John Kerry et Sergueï Lavrov, se
rencontraient hier à Zurich pour
tenter de lever cet obstacle. Mais il
n’est pas certain que la volonté d’y
parvenir soit partagée.
En effet, c’est Moscou qui a
souhaité la présence des Kurdes à
Genève. Cela se justifie pleinement, compte tenu de la première
place qu’ils occupent sur le front
de la lutte contre le groupe Etat
islamique. Mais il était inévitable
que cette proposition crispe la
Turquie. Lors de sa visite à
Londres en début de semaine, le
premier ministre turc, Ahmet
Davutoglu, a clairement fait savoir
qu’il ne voulait pas autour de la
table d’un groupe proche du PKK,
qui «représente une menace directe» pour son pays.
Moscou sait que le régime
d’Assad joue la montre dans ce
conflit. Et que grâce à l’appui aérien des forces russes, il regagne
peu à peu du terrain. «Le régime
essaie de pousser au maximum
son avantage avant les pourparlers», dénonçait un porte-parole
d’une faction rebelle opérant près
de la frontière turque.
Par ailleurs, le regain de tension entre l’Arabie saoudite et
l’Iran ne participe pas d’un climat
favorable à la recherche d’une solution en Syrie. Le devenir du président syrien Bachar el-Assad dans
le processus demeure enfin un
point d’achoppement.
Les pourparlers de Genève ont
pour objectif de mettre un terme
au conflit qui dure depuis cinq ans
par un cessez-le-feu, d’écrire une
nouvelle constitution pour la Syrie et de tenir des élections libres
d’ici à dix-huit mois. Olivier Bot
Trois terroristes de la RAF refont surface à Brême Sarah Palin apporte son
soutien à Donald Trump
On n’avait pas de nouvelles depuis
près de vingt ans! Les trois derniers terroristes de la Fraction armée rouge (RAF) restaient introuvables. On les croyait partis à
l’étranger ou bien morts!
La dernière fois que Daniela
Klette, Ernst-Volker Staub et
Burkhard Garweg (de bas en haut;
anciennes photos non datées)
avaient fait parler d’eux, c’était
lors du braquage d’un fourgon
blindé en 1999 à Duisburg, où ils
avaient dérobé un million de
marks. Depuis, la police n’avait
gardé que les quelques photos jaunies des avis de recherche pour
mener leur enquête et… leurs
ADN. Or, c’est justement leurs
ADN qu’on a retrouvés après deux
attaques ratées de fourgons à
Brême et à Wolfsburg en 2015. Les
trois anciens membres de la RAF
ont été confondus grâce aux cheveux retrouvés sur les cagoules
dans leurs voitures abandonnées.
Peut-on pour autant parler
VC4
Contrôle qualité
PHOTOS AP
Trois anciens
de la Fraction armée rouge
ont été identifiés
comme les auteurs
de deux braquages
d’une possible renaissance de
cette organisation terroriste, la
plus meurtrière de l’Allemagne
d’après-guerre? Pour la justice, le
trio n’a pas repris les armes pour
des raisons idéologiques mais
pour se nourrir et se soigner. «Les
attaques de 2015 n’ont pas de lien
avec des activités terroristes», assure Lutz Gaebel, le procureur de
Verden, en Basse-Saxe.
Ces vétérans vivent aujourd’hui sans doute sous une
fausse identité. «Ils ont encore un
réseau d’entraide. Mais il leur
manque de l’argent», confirme le
politologue Wolfgang Kraushaar.
Le trio appartient à la «troisième génération» de la RAF, celle
qui a sévi de 1984 jusqu’à l’autodissolution du mouvement en
1998. Daniela Klette, âgée aujourd’hui de 57 ans, Ernst-Volker
Staub, 61 ans, et Burkhard
Garweg, 47 ans, sont les derniers
terroristes à être recherchés par la
justice. Les autres sont sortis de
prison, ont été graciés ou sont décédés.
Le bilan de cette organisation
fondée en 1970 est lourd: 34 assassinats, notamment dans les
milieux économiques et politiques. La «première génération»
était celle de la «bande à Baader»,
mise rapidement sous les verrous. La deuxième génération
s’est préoccupée principalement
de libérer les «fondateurs». On lui
doit l’enlèvement et l’exécution
en 1977 de l’ancien Waffen-SS
Hanns Martin Schleyer, le patron
des patrons, un événement que
les historiens comparent à la
chute du mur de Berlin. «Une
guerre de six personnes contre
60 millions», résumait à l’époque
l’écrivain Heinrich Böll. C’est la
première fois que des otages lisent les revendications d’un
groupe terroriste à la télévision.
Près de trente ans avant les vidéos
d’Al-Qaida!
L’arrestation de ce trio pourrait
permettre de faire la lumière sur
cette «troisième génération» dont
on ignore toujours les véritables
motivations politiques. Elle a
dix morts sur la conscience, dont
le président de la Deutsche Bank,
Alfred Herrhausen, et le chef de
l’office de privatisation de la RDA,
Detlev Rohwedder.
Les responsables des attentats
n’ont jamais été identifiés. Et les
parents des victimes attendent
toujours des réponses.
Christophe Bourdoiseau Berlin
Pour l’ex-égérie
du Tea Party, le candidat
à la Maison-Blanche est
«le maître qui redonnera
sa grandeur à l’Amérique»
Sarah Palin, ancienne figure du
Tea Party et candidate malheureuse à la vice-présidence en
2008, a appelé mardi les républicains à voter Donald Trump aux
primaires, voyant en lui l’homme
qui «fera sauter» l’establishment
politique. «Regardez les journalistes, ils ont la tête qui tourne», s’est
amusée Sarah Palin lors d’un meeting du milliardaire à Ames, dans
l’Iowa. «Etes-vous prêts à rendre
sa grandeur à l’Amérique?»
«Depuis le début, je me suis dit
que si je me lançais, il fallait que je
gagne son soutien. Elle est une
femme qui sent les choses, elle les
comprend mieux que quiconque», s’est félicité l’homme d’affaires à la fin du discours, assez
décousu, de la républicaine.
Cette annonce ne promet pas
de bousculer les résultats de la
primaire républicaine, mais il est
notable que Sarah Palin ait pré-
Sarah Palin. REUTERS
féré Donald Trump au sénateur
ultraconservateur Ted Cruz,
qu’elle avait aidé à se faire élire au
Sénat en 2012. Anticipant l’événement, Ted Cruz avait écrit plus tôt
sur Twitter: «Sans son soutien, je
ne serais pas au Sénat. Quoi
qu’elle fasse en 2016, je resterai
un grand fan.»
Les républicains font campagne activement dans le petit Etat
de l’Iowa, où les électeurs voteront le 1er février sous la forme de
réunions appelées «caucus», première étape des primaires dans le
pays. D’après les sondages, Donald Trump et Ted Cruz y sont au
coude-à-coude. Y.V. avec AFP
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