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Des policiers plus stressés après les a entats
28/01/2016 05:35
Dans le sillage des a entats, le centre de santé du Courbat,
au Liège, a accueilli beaucoup plus d’agents des forces de
l’ordre en souffrance.
Marc (*) est entré au Courbat il y a un peu plus de trois
semaines. Dans quelques jours, son séjour doit théoriquement s'achever : pour un burn-out, on passe en général un
mois dans cet établissement de santé qui recueille policiers,
gendarmes, pompiers… en souffrance. Mais Marc vient
d'obtenir une déroga on et pourra rester quinze jours de
plus. « J'en ai réellement besoin », confie cet homme de 45
ans, dont 24 années comme CRS.
En ce mois de janvier, tradi onnellement plus calme, le
Courbat accueille une cinquantaine de pa ents. La directrice
Frédérique Yonnet l'a dit mardi soir lors de ses vœux : elle
s'a end à ce que leur nombre augmente de manière
conséquente prochainement dans le sillage des a entats de La directrice du Courbat Frédérique Yonnet mardi soir lors de ses vœux.
novembre. Après les tueries de Charlie hebdo et de l'Hyper Cacher en début d'année dernière, le nombre d'admissions a grimpé en flèche tout au long du printemps et de l'été. Le Courbat et ses 56 lits (mais une capacité réelle de 80 places) ont ainsi accueilli 70 pa ents en moyenne en 2015. « Nous avons toujours
une vingtaine de lits disponibles en cas de coup dur », précise Philippe Adam, chargé de la communica on de l'établissement.
" Ici, on trouve une écoute "
Des coups durs, Marc en a connus de toute sorte, qui l'ont conduit au burn-out. Comme souvent, un mélange de difficultés familiales et de condi ons de travail
dégradées. Il évoque d'une voix douce son divorce, une agression (en dehors du service) qui lui a laissé une cicatrice au visage. Et « des condi ons de travail pas
toujours faciles, conjuguant, manque de moyens et des exigences toujours plus grandes ». Là-dessus, il a fallu gérer un conflit avec sa hiérarchie et une longue
procédure administra ve à l'encontre de son supérieur. « Quand vous êtes surmené et exaspéré, vous avez tendance à consommer de l'alcool et à faire usage
de médicaments de façon abusive, confie Marc. Ce burn-out peut vous amener à couper tous les ponts de votre vie sociale. C'est ce qui m'est arrivé. » Il a fait
plusieurs séjours dans des établissements psychiatriques, sans réel résultat. « Si j'avais su, je serais venu au Courbat cinq ans plus tôt. Ici, on trouve une
écoute.
»
Derrière lui, une plaque en bois réalisée par un pa ent au sein de l'atelier créa on du Courbat porte ce e maxime : « La force de l'homme n'est pas de ne jamais tomber mais de savoir se relever une fois tombé ».
(*) Prénom d'emprunt.
repères
> Le Courbat est notamment spécialisé dans le traitement des cas de burn-out et d'addic ons.
> 60 % des pa ents du Courbat sont policiers, gendarmes, pompiers…
et 40 % sont des civils.
> L'équipe de l'établissement est cons tuée d'une quarantaine de personnes.
> 23 reportages, dont beaucoup dans la presse na onale, ont été consacrés au Courbat en 2015.
à chaud
> Face aux turbulences dues aux mises en examen de certains ex-dirigeants de l'associa on na onale, le président de l'Anas Pierre Cavret, présent mardi au
Courbat, met en avant l'« assainissement des finances » et un budget en équilibre. Mais il se bat sur un autre front : contre l'État qui veut en finir avec les mises
à disposi on de policiers, détachés au sein de l'Anas. « L'administra on veut bien con nuer à les payer mais ils perdraient le statut de policier. Inacceptable ! ».
Une quarantaine de policiers sont ainsi mis à disposi on de l'Anas, dont un au Courbat.
Pierre Calmeilles
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