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Bilan pédagogique 2013-2014 - IDEFI

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Publié par:
Université Paris 8
2 Rue de Liberté, 93526 Saint-Denis
© IDEFI CREATIC - Novembre 2015
IDEFI-CRÉATIC
Innover, créer, former avec le numérique.
I
ntégré aux Investissements d’Avenir, le programme CréaTIC a été retenu à
l’appel à projet Initiative d’excellence en formations innovantes lancé par
l’Agence Nationale de la Recherche en 2011. Il ambitionne de développer un
nouveau modèle pédagogique par la recherche-création avec un usage du
numérique.
En réponse à la mutation des modes d’apprentissage et de transmission,
CréaTIC s’insère dans une dynamique de refonte de l’ingénierie de formation.
L’objectif étant de proposer une articulation plus cohérente et étroite entre
les enseignements théoriques et les pratiques afin de favoriser au mieux
l’insertion professionnelle des étudiants.
CréaTIC propose ainsi un changement de paradigme pédagogique tout en
relevant le défi de faire émerger un nouveau champ disciplinaire : les
sciences de la création. Rompant avec l’ancien modèle pédagogique
magistral et dépassant le modèle anglo-saxon de la recherche-simulation,
CréaTIC répond aux grands enjeux de l’avenir : penser, inventer, rendre
accessible, diffuser des évènements, des objets et des oeuvres.
S’inspirant des pratiques pédagogiques éprouvées dans les disciplines
artistiques, il modélise des apports et les implante dans d’autres disciplines.
Ainsi, par la mise en tension prospective de cultures disciplinaires différentes
et leur expérimentation en atelier-laboratoire, CréaTIC favorise l’émergence
de l’acte créateur pour construire des compétences évolutives.
1
LES FORMATIONS CRÉATIC EN 2013 -2014
Masters 1 et 2 en Création et Edition Numériques
Master 2 Ergonomie: travail, formation, vie quotidienne
Masters 1 et 2 en Gestion de l’Information et du document
Master 2 Mise en scène et dramaturgie
Masters 1 et 2 Numérique: enjeux et technologies
Master 2 Philosophies et litterature
Master 2 Scénario et écritures audiovisuelles
Formation deuxième cycle CNSAD
Master 2 Création litteraire
Master 1 Mediation Culturelle, patrimoine et numérique
Master 1 Metiers des archives
Master 2 Pratiques textuelles numériques
2
SOMMAIRE
Conception collaborative ergonomique
4
Rencontres Crossmédia
6
Rencontres Litteraires
12
De l’idée à l’objet étudié
16
Du geste capté au geste d’interactivité numérique
22
Écritures carcérales
26
Les artistes dans la cité: enquête socianalytique
30
Gestion de projets et communication
36
Gestion des connaissances
44
La scénographie par l’image numérique
48
Muséologie numérique
52
Pratiques scéniques contemporaines
54
Stratégie et management des projets internationaux
66
Textualités augmentées
72
3
CONCEPTION
COLLABORATIVE
ERGONOMIQUE
Par Viviane Folcher et Khaldoun Zreik
4
L’atelier de conception collaborative ergonomique est proposé par le Master
Numérique : enjeux et technologies à l’Université Paris 8.
Il a réuni deux promotions d’étudiants de Master 2 et associé deux
enseignants de l’Université de Liège (Pierre Leclercq et Samia Ben Rajeb)
autour d’un projet de conception d’un espace de vente optique.
Les étudiants ont travaillé sur supports papiers afin d’élaborer leurs projets,
ont réalisé des maquettes sur informatique (usage de logiciels 3D) et sur
papier et finalisé leurs restitutions orales sur des supports papier grand
format.
La collaboration en conception a été maintenue dans sa dimension
«collaboration en co- présence» car la plateforme n’était pas utilisable.
De façon globale les étudiants ont exprimé
leur satisfaction
concernant
cet enseignement.
5
RENCONTRES
CROSSMÉDIA
Par Arnaud Laborderie
6
Les Rencontres crossmédias se sont déroulées du 20 au 24 janvier 2014 à la
Maison des Sciences et de l’Homme (MSH) Paris Nord. Organisées dans le
cadre d’un atelier-laboratoire IDEFI-CréaTIC, elles proposent aux étudiants
des interventions de professionnels et chercheurs sur les mutations en
cours dans le secteur du numérique. Cette année, les Rencontres Crossmédia
ont mis l’accent sur les nouveaux contenus et services numériques avec trois
thèmes au programme : réalité virtuelle, réalité augmentée, objets connectés.
Ils ont été abordés par une double approche :
Du point de vue de la recherche et de l’enseignement, avec les
fondements historiques, théoriques, et les problématiques posées
par ces nouveaux services.
Du point de vue de l’entreprise, avec la présentation de produits
innovants, des stratégies de développement et des perspectives
d’activités professionnelles pour les étudiants.
7
L’atelier-laboratoire s’est déroulé en
trois temps :
La présentation des objectifs, des thématiques et des
intervenants, organisation des équipes, veille technologique
sur les thèmes abordés.
Les rencontres crossmédias sont un cycle de conférences
qui fait alterner les interventions de professionnels et de
chercheurs avec la présentation de projets d’étudiants, ce
qui permet de confronter leurs prototypes à la recherche
et à l’applicatif.
Le travail en mode atelier: éditorialisation, graphisme,
vidéo, réseaux sociaux et blog, (développement,
publication, traduction). Il s’agit de mettre en place une
synergie entre les étudiants des différentes formations
par un travail collectif et collaboratif.
Une centaine d’étudiants des Master CEN,
Master NET, Master CAI (coopération artistique
internationale), Master IC (Innovation en
communication, à Paris 13) ont participé
à l’atelier-laboratoire. Organisés en
équipes interdisciplinaires, ils ont
mené une réflexion sur les usages
et les modèles économiques
en
problématisant
leur
veille et en restituant les
interventions tant d’un
point de vue éditorial
que
graphique
et
technologique.
8
On peut citer par exemple, parmi les sujets abordés, les lunettes de réalité
augmentée : les étudiants ont pu écouter les dirigeants de deux entreprises
françaises, Thierry Penet (Laster technologies) et Khaled Sarayeddine
(Optinvent), tester leurs prototypes et découvrir un projet de Master CEN
2, SmartEyes. Leurs articles et infographies ont permis de brosser un large
panorama des technologies en cours et des services à venir.
Fusion du réel et du virtuel :
http://www.crossmedias.fr/fr/2014/01/lunettes-de-realite-augmentee-fusion-du-reel-et-du-virtuel/
Des acteurs français, Laster Technologie et Optinvent :
http://www.crossmedias.fr/fr/2014/03/lunettes-de-realite-augmentee-integration-du-virtuel-dansle-reel-par-laster-technologies/
SmartEyes, un prototype étudiant de lunettes de réalité augmentée:
http://www.crossmedias.fr/fr/2014/01/prototype-etudiant-de-lunettes-de-realite-augmenteesmarteyes/
9
Autre exemple, celui des textiles intelligents: le prototype étudiant de
vêtement connecté, GRIZZ, répondait aux interventions de prospective des
technologies et du marché, par Marion Daeldyck et Xiao Zhang. Ils se sont
inscrits plus largement dans le développement des objets connectés, et la
problématique du Quantified Self, cette tendance à la quantification de soi
encouragée par ces nouveaux services, et dont rendent largement compte
les articles du blog.
Technologies et perspectives du textile intelligent:
http://www.crossmedias.fr/fr/2014/03/wearable-techs-le-textile-intelligent-pour-unemeilleure-qualite-de-vie/
Le textile intelligent en France:
http://www.crossmedias.fr/fr/2014/03/les-textiles-intelligents-en-france/
Grizz, un prototype étudiant de vêtement connecté:
http://www.crossmedias.fr/fr/2014/01/prototype-etudiant-de-vetement-connecte-grizz/
Du point de vue pédagogique, l’atelier-laboratoire a été fécond sur plusieurs
plans :
La rencontre entre les professionnels, les chercheurs et les
étudiants a ouvert débats et perspectives.
L’échange entre les étudiants de différentes formations, la
présentation des travaux, ont créé une émulation, une énergie
créative, et donné de la lisibilité aux cursus, renforçant la cohésion
des parcours Master 1 et Master 2.
Le travail collectif et la mise en place d’outils collaboratifs ont
favorisé le partage des connaissances.
10
L’atelier laboratoire a été plébiscité par les étudiants. La rencontre entre
professionnels et chercheurs a été appréciée comme offrant une « meilleure
appréhension de ce qui se fait aujourd’hui et ce vers quoi on tend ». La
diversité des conférences a plu : « On peut se donner une idée claire des
diverses façons d’appliquer le numérique dans différents domaines. Les
thématiques choisies cette année comme la réalité augmentée et les objets
connectés sont assez pertinentes dans la mesure où on parle des dernières
tendances du numérique. »
Le mélange entre les étudiants a bien fonctionné: un temps d’échanges avec
de « fortes interactions entre toutes les personnes en présence », riche « des
compétences diverses et variées de chacun des participants. »
La présentation des travaux des étudiants et le partage de connaissances
ont créé une « dynamique », dans une ambiance « très agréable », avec des
échanges facilités par la « proximité » avec les intervenants.
Les M1 ont particulièrement apprécié la présentation des travaux des M2,
qui «permettent de voir le niveau attendu en termes de qualité de travail».
Un étudiant conclut : « Le rapprochement entre étudiants, professeurs et
professionnels est un grand plus de cet atelier, qui a permis une mise à plat
objective des savoirs et un partage de connaissances ouvert aux débats. »
VALORISATION
Diffusion sur YouTube
http://www.crossmedias.fr/fr/2014/01/rencontres-crossmedias-2014-le-live/
Life tweet
http://www.crossmedias.fr/fr/2014/03/redecouvrez-le-livetweet-des-rcm2014/
Blog crossmédia
http://www.crossmedias.fr/
11
RENCONTRES
LITTÉRAIRES
Par Vincent Message
12
L’atelier vise à mettre en contact les étudiants des masters CréaTIC, et
particulièrement du master création littéraire, avec des écrivains et des
professionnels du monde du livre. Il a eu lieu sur 13 séances toute l’année
universitaire, et a compté 20 étudiants (ce nombre doublera l’année prochaine
avec l’arrivée d’une nouvelle promotion du master création littéraire).
Ce cours repose sur de longs entretiens avec des professionnels, préparés
par les étudiants à partir de lectures de leurs livres (pour les auteurs) ou sur
le sujet qu’ils abordent (pour les éditeurs, les critiques).
Pour les intervenants, c’est une chance rare d’avoir trois heures de parole,
avec un public motivé et informé comme celui que forment les étudiants.
Et pour ceux-ci, c’est la possibilité de poser des questions sur les pratiques
professionnelles, ou de parler à l’intervenant de leurs propres aspirations et
de leur projet professionnel en ayant un retour concret.
Au total, 8 professionnels sont intervenus: Philippe Vasset et Céline Minard
(auteurs de romans), Leslie Kaplan (auteur de théâtre, dans
le cadre d’un partenariat avec le théâtre Gérard
Philippe où nous avions été voir sa dernière
pièce), Charles Pennequin (poète,
dont la performance a été filmée),
Jean-Marie Laclavetine et MarieCatherine Vacher (éditeurs),
Pierre Assouline (critique) et
Pascal Thuot (libraire).
13
Les étudiants ont, je crois, beaucoup appris de ces rencontres (mais c’est
plutôt à eux d’en évaluer l’utilité, dans le questionnaire d’évaluation qu’ils
ont été amenés à remplir).
Pour que les livres des auteurs circulent mieux avant la rencontre, il faut
prévoir un budget supplémentaire afin d’avoir plus d’exemplaires disponibles:
j’ai fait une demande en ce sens.
Les rencontres ont fait l’objet de comptes-rendus, qui sont pour la plupart
en ligne sur le site du master création littéraire et peuvent être réutilisés
librement par CréaTIC. À noter simplement que les crédits photos ne sont
pas bien mentionnés, il y a là-dessus un travail de rattrapage nécessaire, qui
sera fait en septembre.
Un livret est aussi en cours d’édition, il sera imprimé cet automne et
distribué à la promotion suivante du master création littéraire, ainsi qu’aux
participants de l’atelier-laboratoire que nous souhaitons renouveler. Les
performances de Charles Pennequin ont été postées sur Youtube.
Le temps d’une soirée à la Maison de la poésie, les étudiants de l’atelierlaboratoire ont fêté la première année de leur promotion.
VALORISATION
Comptes-rendus des étudiants
dans Activités --> Articles
http://www.master-creation-litteraire.univ-paris8.fr
Soirée «Vue sur cour» célébrant la 1ère promotion des étudiants du
Master en Création littéraire
http://youtu.be/nEL2HO9-H3k
Pennequin, performance:
https://www.youtube.com/watch?v=qGHfT68VId4
14
Pennequin, extraits de la rencontre:
https://www.youtube.com/watch?v=8KKJbK_Yd74
PHILIPPE VASSET
LESLIE KAPLAN
CHARLES PENNEQUIN
MARIE-CATHERINE VACHER
PIERRE ASSOULINE
15
DE L’IDÉE À L’OBJET
ÉTUDIÉ: FAIRE DU
MÉMOIRE UNE ŒUVRE
Par Pierre Quettier
16
Rattaché au M2 Numérique : Enjeux, Technologies, « de l’idée à l’objet
publié » est un atelier d’entraînement à la production de textes à vocation
académique (mémoires, articles scientifiques, chapitres d’ouvrage) et
professionnelle (projets, rapports d’activités, articles).
Pour ancrer l’écriture dans la réalité pratique des étudiants, l’atelier leur
propose d’accompagner la production du mémoire final de Master 2.
Cet atelier entre dans la dimension « accompagnement étudiants » du projet
CréaTIC.
Cette année, l’atelier s’est déroulé en six rendez-vous étagés sur l’ensemble
de l’année (très exactement du premier au dernier jour de cours). Il a
bénéficié à 15 étudiants du M2 NET et deux étudiants d’autres masters
CréaTIC (CEN et CAI).
Les objectifs/compétences visé(e)s étaient :
Organiser son travail, sa pensée, sa recherche, son discours,
son document.
Présenter un travail de recherche lisible, cohérent et pertinent
en respectant des consignes.
Constituer sa propre méthode (métacognition) et sa boîte à
outils (numérique) de procédures, savoirs utiles à la production
d’un écrit.
LE PROJET PÉDAGOGIQUE
A distance (blended learning) – regroupement d’un ensemble de ressources
via un espace Moodle CréaTIC unique:
Outils de dépôts des travaux intermédiaires à l’échéance de
chaque séance de regroupement.
Site web spécifique regroupant l’ensemble des consignes et
circonstances encadrant l’atelier.
Charte graphique sous forme d’un document gabarit.
17
17
Canevas méthodologique de la rédaction sous forme d’un site
web.
Par ailleurs une captation Ubicast a été opérée à partir du
deuxième atelier afin que les étudiants (et leur direction de
mémoire) puissent les consulter en VOD (séquence 1 par exemple).
En présence :
Exposé des méthodes et contraintes de la rédaction
PPT avec des exemples provenant des écrits d’étudiants.
Énoncés des règles professionnelles
Exercices de rédaction sur place et corrigés
Corrigés commentés et collectifs des productions des étudiants.
Séance de questions-réponses.
APPROCHE PÉDAGOGIQUE
On observe des exemples, on apprend la règle et on fait, étape par étape, à
partir d’une modélisation du process de rédaction.
DEROULEMENT DE L’ATELIER
Chaque rendez-vous a effectivement correspondu à la production d’une
partie du mémoire.
Les consignes pour la suite étaient données, exposées, expliquées à l’oral à
la fin de l’atelier et rappelée par e-mail avant l’échéance. Et chaque rendu
était revu et corrigé ensemble lors de l’atelier.
Une dernière journée d’atelier eut lieu pour les pré-soutenances en
septembre. Nous avons néanmoins clôturé l’atelier avec la séance de juin
(évaluation).
18
LIEU
L’atelier s’est tenu dans les locaux de
la MSH Paris Nord, pour la captation
Ubicast, et à l’Université Paris 8.
PROFESSIONNELLE
Maryze Courberand, chargée de
communication de la Cité des
Sciences et de l’Industrie
LES PRODUCTIONS DE L’ATELIER ET
LEUR VALORISATION
Mémoires soutenus en fin d’année
19
Exemples de rendus
Présentation de soi.
Présentation du sujet, de la problématique.
Présentation du terrain d’étude, de l’objet d’étude et de la
méthode de recherche.
Présentation de la structure du mémoire, de la bibliographie et
de l’état de l’art.
Exemples d’exposés
Consignes générales pour la production du mémoire (le cahier
des charges)
Modélisation du process de rédaction
Charte graphique d’un mémoire
Éditorialisation et niveaux de lecture
Organisation de la pensée : sujet, objet, point de vue, angle,
problématique...
BILAN PÉDAGOGIQUE
Points forts
Les étudiants apprécient qu’on travaille sur leurs
personnellement (vs exemples abstraits): individualisation.
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travaux
Les étudiants apprécient qu’on les fasse produire tout au long de l’année
des parties du mémoire (vs une production totale en fin d’années) :
organisation.
Les étudiants apprécient de se relire et critiquer mutuellement:
collaboration.
Nette progression des travaux d’une séance à l’autre.
Points faibles
Hétérogénéité des niveaux de français (beaucoup d’étudiants du DUFLE,
non francophones natifs -> Solution: ?
Problème d’attention-participation dû à l’hyperconnection des
étudiants en présentiel -> Solution: claviers fermés, smartphones dans
les sacs, prise de notes manuelles -> plus de travaux en sous-groupe.
Hétérogénéité des objectifs et consignes de mémoires selon les cursus
et les directions > Solution: plus d’interaction avec les responsables
des masters et avec les directeurs/rices de mémoire.
Problèmes techniques du médialab (salle trop petite, captation non
aboutie) -> Solution: nouvelle MSH?
Nous aurions aimé pouvoir utiliser les captations vidéo pour constituer
des petites séquences méthodologiques consultables à distance
en préparation des ateliers. La qualité des captations ne s’y prêtait
malheureusement pas et, par ailleurs, l’interaction avec les étudiants
sur leurs contenus spécifiques n’autorisait pas une telle exploitation
en contenus génériques. -> Solution: nous prévoyons le tournage de
séquences spécifiques en amont de l’atelier (caméra numérique, studio,
moyens de post-production).
21
DU GESTE CAPTÉ AU
GESTE D’INTERACTIVITÉ
NUMÉRIQUE
Par Cédric Plessiet
22
L’atelier CréaTIC avait pour but d’initier les étudiants aux techniques de
captures de mouvements à la réalité virtuelle et aux interactions acteur
réel/ acteur virtuel autonome.
L’atelier s’est déroulé à l’université Paris 8 dans la salle de capture de
mouvements de « Arts et Technologies de l’image ». En semaine intensive du
20 au 24 janvier 2014, il était ouvert à tout étudiants CréaTIC avec l’obligation
d’avoir au moins 2 étudiants du master ATI. Nous avions au total admis 6
étudiants hors ATI et 3 étudiants ATI
La pédagogie utilisée était basée sur la notion d’une semaine intensive, avec
présentation à la fin de la semaine en condition réele d’une performance
Artistique Interactive. L’idée était de fonctionner « à marche forcée » en
mettant la collaboration et la complémentarité des étudiants au cœur du
travail.
Le premier jour a été l’occasion d’une présentation de l’atelier, des
technologies logicielles et matérielles mises à notre disposition, ainsi qu’un
panorama de l’acteur virtuel au cinéma, jeu vidéo et art.
Au cours du deuxième jour, le matin fut consacré
à la formation du projet et de la
participation de chacun, et l’aprèsmidi l’apprentissage de notre
dispositif de capture de
mouvements.
23
Le mercredi fut consacré aux premières expérimentations temps réel, ainsi
que la numérisation des différents étudiants, en parallèle les étudiants
d’ATI se sont mis à programmer le dispositif en méthode agile, fournissant
très régulièrement des prototypes à tester. Le jeudi, nous avons commencé
l’intégration des différentes briques et effectué les premiers tests en
situation. Le vendredi, nous avons finalisé notre installation et avons pu
faire notre expérimentation à 18h en situation.
Points forts
La motivation des étudiants, et leur sérieux durant cette semaine
intensive.
La finalisation de l’expérimentation.
La participation de Georges Gagneré en invité a été un grand plus
car il a pu apporter un regard plus « théâtral » sur l’acteur virtuel.
Cet atelier CréaTIC, d’ailleurs fut le point de départ de notre réflexion
actuel à Georges Gagneré et moi, sur les interactions acteurs réels et
acteurs virtuel.
Points faibles
Une semaine courte, et extrêmement dense, peut-être serait-il
intéressant de le rallonger un peu (du lundi au lundi soit 7 jours,
plutôt que 5 jours du lundi au jeudi.
Un énorme travail de programmation a été nécessaire, mais les
briques développées pourront être utilisées pour les nouveaux
ateliers CréaTIC.
Nous avons réussi à finaliser dans un délai très court notre
expérimentation, nous avons de plus réaliser un montage vidéo, et
une abondante collection de photos.
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25
25
ÉCRITURES CARCÉRALES
Par Marie-Cécile Bouju
26
L’atelier-laboratoire sur les «écritures carcérales» consiste en la construction
d’une base de données pour les chercheurs qui doivent travailler, dans le
cadre d’un projet de recherche, sur la production graphique dans les lieux
d’enfermement.
Pour aider les étudiants à construire cette base, 4 journées de rencontre
avec des chercheurs et des professionnels et une visite ont été organisées.
Ateliers : 21 octobre, 4 novembre, 25 novembre, 2 décembre, 5 décembre
(IMEC).
Les étudiants ont présenté un prototype de base de données et la démarche
choisie pour y parvenir le lundi 16 juin devant un jury.
10 étudiants se sont inscrits : 9 du master Métiers des archives et 1 du master
NET.
La pédagogie utilisée au cours de l’atelier :
Projet collectif tutoré.
Intervenants professionnels au cours de 4 journées thématiques.
Une visite (IMEC, Caen).
27
LE DÉROULEMENT DE L’ATELIER
1ère étape : 4 journées thématiques : histoire des prisons et de
l’administration pénitentiaire ; droit pénitentiaire ; les archives
carcérales ; les bases de données, théories et pratiques.
2e étape : visite de l’IMEC.
3e étape : travail de groupe (décembre- mai).
4e étape : présentation du projet devant un jury (16 juin), composé
d’enseignants de Paris 8 et d’une personnalité extérieure (Mme S.
Aufray, archiviste, ministère de la Défense).
D’après l’évaluation «LimeSurvey» et le déroulement de la soutenance, on
peut noter les points suivants:
Les étudiants sont globalement satisfaits de l’atelier.
La pluridisciplinarité et la possibilité de rencontrer des
professionnels (point fort du master Métiers des archives) ont été
appréciées.
Le dispositif ENT a été sous utilisé, sans doute en raison d’un
manque de formation.
Les objectifs pédagogiques ont été peu audibles : les étudiants
reprochent le flou du sujet mais en même temps aux enseignants
de les avoir «bridés» dans leur créativité. Ils estiment aussi avoir
manqué de temps (un an pour construire l’architecture d’une
base de données est considéré comme trop court...). Ils ont aussi
peu utilisé la possibilité de recontacter les professionnels après
les journées de présentation.
Nous considérons que, paradoxalement, les étudiants ont sans doute
manqué d’encadrement, qui leur aurait permis de sortir davantage de la
posture scolaire.
28
28
Il faudra l’année prochaine
Insister sur les objectifs pédagogiques de l’atelier et les apports à
la formation professionnelle des étudiants. L’atelier n’est pas un
ajout ou une option à la formation : il fait partie de la formation.
Renforcer le tutorat pédagogique, axé sur la démarche projet.
Améliorer l’apprentissage de l’ENT pour les étudiants et les
intervenants pédagogiques.
Conserver le principe d’intervenants professionnels.
Les étudiants ont présenté devant un jury le lundi 16 juin un prototype de
base de données. Le jury donne son accord pour une diffusion du support
de présentation (Powerpoint). En revanche, la diffusion du prototype devra
faire l’objet d’un accord entre CréaTIC, le département d’histoire (C. Verna)
et l’EA 1571 (M.-A. Matard-Bonucci), sous réserve du respect de la loi relative
aux données privées et à la réutilisation des données publiques.
Le jury s’est également préoccupé de la
sauvegarde des données rassemblées par
le groupe. Leila Salhi sera sollicitée
pour connaître la politique de
l’université sur l’archivage des
données de la recherche.
Il y a eu peu d’échanges
avec
les
autres
formations. Il est donc
difficile de juger cet
aspect du dispositif.
Les
responsables
du master Métiers
des
archives
encourageront plus
d’étudiants à «sortir»
de leur formation.
29
LES ARTISTES DANS
LA CITÉ: ENQUÊTE
SOCIANALYTIQUE
Par Martine Bodineau
30
LES CIRCONSTANCES DE L’ATELIER
L’enquête a été réalisée dans le cadre d’une commande réelle , formulée par
les artistes des « Fabriques de sociologie 93 à Saint-Denis »
http://www.les-seminaires.eu/les-fabriques-de-sociologie-93/
Ce collectif regroupe des acteurs de quartier et artistes de Saint-Denis, et des
chercheurs de Paris 8. Les « Fabriques 93 » sont membres du séminaire « Les
Fabriques de sociologie : pratiques et mode de production des recherches
en situation d’intervention sociale », soutenu par la MSH Paris Nord en 2012
et 2013, dans le cadre de son appel à projets 2011.
PROGRAMME : 60h d’atelier en deux phases : une première phase de 20h en
novembre pour l’apprentissage de la conduite d’entretien non-directifs et
une deuxième phase de 40h, en décembre et janvier, pour l’apprentissage
de l’analyse collective des données d’entretien et leur
restitution au commanditaire.
PARTICIPATION : 26 étudiants ont
participé à la réalisation des
entretiens. (24 ont travaillé en
duo, et deux en solo, pour
réaliser les 14 entretiens de
l’enquête). 8 étudiants ont
contribué à la seconde
phase, consacrée au
travail d’analyse (dont 5
du Master EFIS et 3 du
Master CAI).
31
LIEUX: Salles de l’UFR Sciences de l’éducation et MSH Paris-Nord.
MATÉRIEL UTILISÉ: Station Ubicast pour la captation des restitutions
PROFESSIONNEL: un intervenant capable à la fois de collaborer à
l’encadrement socianalytique des séances et de veiller aux circonstances
techniques (enregistrement audio, vidéo).
LE DEROULEMENT DE L’ATELIER
La problématique de l’enquête, issue de l’analyse de la commande, a porté
sur les rôles sociaux et la manière dont chacun construit l’articulation de
ces différentes « casquettes » - professionnelle, personnelle ou militante pour trouver sa place et sa légitimité dans la Cité. L’enquête a été menée à
l’aide d’entretiens approfondis et selon une méthode « non-directive ».
A l’issu de la phase 1, les étudiants avaient appris la technique d’enquête
et construit l’appareillage de conduite spécifique à l’enquête « artistes
dans la cité ». Chacun a ensuite utilisé le laps de temps entre les deux
phases pour réaliser un entretien auprès d’un des informateurs pressentis.
Quatorze personnes, artistes et acteurs culturels, ont ainsi
été interviewées durant les premières semaines du
mois de décembre 2013.
En phase 2, dix journées ont été
consacrées à l’analyse de contenu,
durant le mois de janvier. La
restitution des résultats devant
les personnes auditées a eu
lieu le 3 février 2014, après
une séance de « répétition
générale », tenue le matin
même.
32
Compte tenu des délais nous avons choisi de restituer nos résultats « en
l’état », en présentant le cheminement d’une recherche « en train de se
faire ». Nous sommes toutefois parvenus à proposer un schéma de synthèse
de nos analyses, comme le montre l’image de la page 34, exposant une
représentation du schéma installée sur le sol durant la séance de restitution.
Les échanges entre les participants (enquêteurs/analystes, commanditaire
et informateurs) ont été très riches.
BILAN PEDAGOGIQUE : POINTS POSITIFS ET NEGATIFS
Points forts
Les étudiants ont vraiment pu vivre la réalité d’une enquête
sociologique, depuis la précision d’une commande floue jusqu’aux
doutes d’avant restitution en passant par tous les états dynamiques
du groupe en socianalyse.
A la suite de la restitution, les participants et les étudiants ont
manifesté leur envie de poursuivre un travail en commun, dont
un des objets serait la traduction des résultats de l’enquête sous
différentes formes artistiques. Le projet de la constitution d’un
atelier en commun est en cours.
Point faibles
Difficile adéquation entre les deux modules, donnant des entretiens
non encore transcrits au moment de l’analyse.
Les analyses prennent encore beaucoup de temps.
Nous aurions aimé pouvoir aller, même un peu, jusqu’aux restitutions
artistiques habituelles des Fabriques de sociologie, dans le cadre de
l’atelier.
33
LES PRODUCTIONS DE L’ATELIER ET LEURS VALORISATIONS
Une quantité considérable de matériaux textuels a été produite
(nous avons l’intention d’en réutiliser certains pour notre atelier 1415).
Un Prezy a été produit pour la présentation synthétique des résultats
et du processus de l’analyse.
Une captation Ubicast et des images ont été réalisées lors de la
restitution.
Trois textes de commentaires ont été écrits par les étudiants.
Un texte de compte-rendu complet a été produit (dont cette fiche a
été extraite).
L’ensemble de ces matériaux (textes, images, vidéos, prezzy) donnera
lieu à un article de blog qui sera publié sur le site des Fabriques
de sociologies http://www.les-seminaires.eu/les-fabriques-de-sociologie-93/ avec
signalétique et lien vers le site CréaTIC, ou l’inverse.
34
35
GESTION DE PROJETS
ET COMMUNICATION
Par Gwenaëlle Pledran
36
Réaliser un travail de création dans le contexte culturel, artistique et
économique actuel, suppose un ensemble de connaissances spécifiques en
ingénierie de projet (organisation, financement, communication). La mise en
place d’un séminaire spécifique autour de ces questions et l’apprentissage
de méthodes appropriées a donc une place importante dans le cursus du
master de Coopération Artistique Internationale basé sur la réalisation d’un
projet artistique et culturel sur le terrain par chacun des étudiants inscrits.
La transformation en atelier-laboratoire et la mise à disposition des moyens
d’IDEFI-CréaTIC a permis de donner une nouvelle ampleur à ce séminaire
en impliquant néanmoins une orientation plus marquée vers les nouvelles
technologies et leur utilisation comme outil de gestion, de financement, de
communication.
Ainsi, les 5 journées qui ont composé cet atelier, ont été conçues comme
des moments spécifiques d’échanges et d’expérimentations, et ont permis
aux étudiants de compléter leurs connaissances dans la mise en oeuvre de
projets artistiques et culturels et de développer leur projet par la rencontre
de professionnels de différents secteurs d’activités.
A la fin de la semaine, chaque étudiant devait être en mesure de présenter
un dossier de présentation de son projet comprenant un
plan de financement et un plan de communication.
Cet atelier a regroupé 22 étudiants du
master CAI et 2 issu d’autres formations
CréaTIC (7 initialement inscrits). Il a
eu lieu du 10 au 14 février 2014, à
la MSH Paris-Nord.
37
LES MODÈLES PÉDAGOGIQUES MOBILISÉS
Cet atelier laboratoire souhaite répondre au besoin des étudiants en cours
de réalisation d’un projet artistique et/ou culturel sur le terrain par la
mise à disposition d’outils de travail et de rencontres collectives avec des
professionnels. Il présuppose néanmoins que chaque étudiant y participant
arrive avec un projet suffisamment abouti dans sa réflexion pour pouvoir
servir d’appui au différentes approches, réflexions et rencontres et permettre
une confrontation de points de vue et d’expériences à partir des témoignages
de professionnels et d’anciens étudiants du master Coopération artistique
international.
Mêlant explications théoriques et études de cas concrets, ce séminaire
s’appuie sur le projet artistique ou culturel de chacun pour comprendre les
méthodes et les outils adaptés à la gestion de l’organisation d’un projet
artistique et/ou culturel, de maîtriser les coûts, les risques et les délais :
1) Cibler les différents acteurs d’un projet culturel : acteurs, publics,
partenaires.
2) Connaître leurs statuts : artistes auteurs, intermittents, salariés,
entreprises, associations.
3) Connaître les différentes modalités et sources de financement:
de la subvention au crowdfunding.
4) Elaborer une stratégie financière : budget prévisionnel, rechercher
des partenaires et des financements.
5) Esquisser une stratégie de communication.
6) Spécificité des nouveaux outils numériques pour la gestion d’un
projet culturel.
38
Chacun des points a été discuté avec les professionnels de la culture ou de
la communication invités.
Ils ont non seulement expliqué leur point de vue sur un sujet précis mais
également permis d’appréhender plusieurs spécificités liées à des secteurs
différents de la culture.
Ils ont également pris le temps de travailler avec chaque étudiant sur son
propre projet leur faisant bénéficier d’une expertise et de conseils de terrain.
La part de connaissances sur l’international qu’impliquent les projets
des étudiants du master CAI, bien que n’impliquant pas d’intervention
particulière, n’est pas absente de la réflexion : elle a bien constitué un élément
essentiel des différentes interventions. Leurs sensibilités personnelles aux
voyages ou aux problématiques de diffusion, de programmation, de culture
internationale, ont engagé les différents professionnels choisis à plusieurs
reprises dans des projets ou les questions administratives, financières, etc.
impliquaient un ou plusieurs pays étrangers.
Ils ont non seulement expliqué leur point de vue sur un sujet précis mais
également permis d’appréhender plusieurs spécificités
liées à des secteurs différents de la culture.
Ils ont également pris le temps de
travailler avec chaque étudiant sur
son propre projet leur faisant
bénéficier d’une expertise et de
conseils de terrain.
39
LE DÉROULEMENT DE L’ATELIER
CO-ENCADRANT: Come Jacobée. Directeur de la stratégie digitale, Fondateur et Directeur Général de l’agence Belazar.
PROFESSIONNELS INVITÉS
Marc Benaiche. Créateur de Mondomix, presse musique du monde,
commissaire de l’exposition Great Black Musik à la Cité de la
Musique.
Jean-Christophe Boisonnade. Administrateur du Forum du Blanc
Mesnil.
Marie Guéret. Chargé des publics du Forum.
Julien Duc-Maugé. Commissaire du projet culturel et territorial, CAC
Brétigny.
François Le Gall. Producteur nouveaux médias et documentaire –
CameraTalk productions.
Charlotte Ruffe. Cinéaste documentariste.
Marine Laurent. Programmatrice au Batofar.
Zoé Beau. Artiste.
L’atelier a été mené avec Come Jacobée sur toute sa durée. Venant du domaine
de la communication mais possédant également une forte expérience dans
le domaine de la musique (management, tournée, etc.), il a pu apporter un
regard et une expérience complémentaire à la mienne.
Les méthodes de travail de la communication (outil, vocabulaire, etc.) ne
sont pas forcément très connues dans le milieu universitaire et plus encore
pour les étudiants. La volonté de changer de point de vu, de ne plus penser
un projet culturel comme un objet de création mais bel et bien comme un
projet « vendable », n’a pas été simple.
40
Mais au cours de la semaine et des différentes rencontres, les étudiants ont
pris conscience de l’intérêt de savoir « pitcher » (expliquer son projet en 5
secondes), définir ses « cibles » (à qui s’adresse le projet, le discours), réaliser
un « benchmark » (étude de la concurrence), déterminer les arguments clés
de leur projet, pour être mieux compris, et permettre à leur projet de trouver
leur place sur la scène culturelle contemporaine.
Les différentes interventions (1 à 2 par jour) ont permis de préciser certaines
notions, de les expliciter au regard de projets culturels réels et déjà en place
et de prendre la mesure des réalités financières, administratives, techniques
actuelles.
Des temps de travail sous forme d’atelier ont été mis en place, permettant
ainsi aux étudiants de réfléchir en petits groupes sur des problématiques
communes à leur projet :
Définition d’un budget.
Recherche de financement par secteurs d’activités (arts vivants,
cinéma, documentaire, arts plastiques, musique, multimédia).
Définition des actions de communication en fonction d’un public
cible (local, pays spécifiques, tranche d’âges, etc.).
L’accompagnement par des professionnels dans chacun
de ces moments de travail collectif, a permis
de solutionner les problèmes techniques,
administratifs et d’élaborer les plans de
financement et de communication de
chacun.
Les documents finalisés par chaque
étudiant pendant la semaine
qui a suivi l’atelier ont servi
à l’évaluation finale et à la
notation de l’atelier-laboratoire.
41
BILAN PÉDAGOGIQUE
Bien que nécessitant encore des améliorations, ce système d’apprentissage
et les enseignements qu’il a comportés, ont eu des retours très positifs de
la part des étudiants.
La confrontation, bien que difficile, avec le domaine de la communication
et son mode de pensée spécifique a été très bénéfique, permettant aux
étudiants d’aller au-delà de l’idée première créative mais bel et bien de
l’argumenter, de la détailler, de la positionner pour tenter ensuite de la
diffuser.
La mise en relation avec des professionnels a été très enrichissante, tant
dans le développement et l’élargissement des regards que dans l’activation
d’un réseau, essentiel à la poursuite du projet de chaque étudiant.
Les contraintes de temps ont été les plus difficiles à gérer : la quantité de
notions à acquérir et le travail à réaliser en une seule semaine a fortement
limité les temps de travail collectifs pourtant essentiels et obligé à survoler
certaines notions ou aspects des projets.
L’investissement réel des professionnels invités a également été limité par
le peu de temps qu’il a été possible de leur consacrer (1/2 journée max. par
intervenant) et freiné par l’absence de connaissances en amont des projets
étudiants.
Un autre aspect est resté absent du travail réalisé pendant cette semaine:
la mise en forme et l’aspect graphique de toute communication de projet
(print, web, teaser, etc.). Malgré les efforts menés à titre personnel par chaque
étudiant, les objets rendus à l’issu de cette semaine d’atelier-laboratoire
n’ont pas la qualité de présentation graphique suffisante pour permettre
une réelle valorisation de chaque projet.
Ces points ont d’ores et déjà été pris en compte dans l’organisation de
l’atelier-laboratoire 2014-2015 :
42
Un atelier laboratoire plus long (50h)
Moins d’intervenants, mieux ciblés travaillant conjointement pour
éviter de multiplier les interventions
L’intégration du travail graphique pour permettre la production
d’un document de travail à valoriser
LES PRODUCTIONS DE L’ATELIER ET LEUR VALORISATION
Pendant toute la durée de l’atelier-laboratoire, les étudiants ont travaillé à la
rédaction et à la mise en forme d’un dossier de présentation de leur projet
destiné à d’éventuels financeurs ou partenaires.
Les documents réalisés par chaque étudiant à la suite de l’atelier laboratoire
comportaient donc:
Un texte de présentation de leur projet (travaillé à partir de textes
déjà écrits en amont de l’atelier).
Une fiche technique du projet.
Un budget prévisionnel et un plan de financement associé.
Un plan de communication prévisionnel
Ces dossiers ont été formalisés en PDF et servi à l’évaluation des étudiants
et à la notation de l’atelier-laboratoire. Cependant peu ont une forme de
présentation suffisamment satisfaisante, dépassant la justesse du contenu
et développant une réelle mise en forme permettant la valorisation à la fois
de l’atelier-laboratoire et du projet de l’étudiant.
Quelques prises de vues photographiques ont documenté les différentes
étapes de la semaine, également commenté par certain étudiants sur le fils
tweeter du master CAI.
43
GESTION DES
CONNAISSANCES
Par Hakim Hachour
44
L’atelier a réuni 12 étudiants et s’est tenu les vendredis des mois de février et
mars 2014. Rattaché à la formation Gestion de l’information et du document,
il s’agit de faire une analyse des discours politiques des partis majeurs
pendant la campagne des municipales à Paris de 2014. Chaque groupe
d’étudiants a dû collecter des contenus web émis sur les sites des partis, sur
les forums, et à partir d’autres ressources comme les flux d’information des
médias sociaux des personnalités des partis et/ou des candidats.
Chaque groupe a ensuite fait l’analyse sémantique des discours politiques
pour déterminer les mots clés des différents partis et leurs associations
conceptuelles types. Ainsi, il a pu être possible de montrer sur quelles
thématiques les partis partageaient un intérêt commun et quelles étaient
les caractéristiques discriminantes de leurs discours.
Presentation
d’une
cartographie
semantique sur les
municipales à Paris
dans le cadre
des «Rencontres
Université
Entreprises»
(RUE 2014)
45
LES MODÈLES PÉDAGOGIQUES MOBILISÉS
Pédagogie active, par groupe projet, l’enseignant ayant
participé à l’activité au même titre que les étudiants.
Méthodes «Phillips 66», pour permettre d’évaluer la
compréhension de tous les participants à tour de rôle.
LE DÉROULEMENT DE L’ATELIER
Le déroulement trop contraint pour cette première année par un nombre
de salles informatiques limité, a dû être saccadé sur le format d’un cours
traditionnel, ce qui n’est pas l’idéal pour maintenir la concentration et les
motivations des étudiants. Sébastien Heymann, expert en visualisation de
données, a participé au suivi des travaux des étudiants.
BILAN PÉDAGOGIQUE
Points forts: appréciation des étudiants, implication des étudiants, résultats
pertinents, présentation aux RUE.
Points faibles: gestion du calendrier difficile pour obtenir une salle bien
équipée sur une durée suffisante, manque de matériel pour le calcul des
données massives sur site (MSH et/ou P8).
46
LES PRODUCTIONS DE L’ATELIER ET LEUR VALORISATION
Un dossier sur les municipales, produit de manière collective,
retraçant la démarche, les résultats et les analyses des discours
politiques de chaque parti, des visualisations graphique des
réseaux sémantiques représentant ces discours.
Une présentation aux RUE 2014, dans le cadre de l’IDEFI
CréaTIC.
Conférence
d’Hakim
Hachour dans le cadre des
«Rencontres
Université
Entreprises» (RUE 2014)
47
LA SCÉNOGRAPHIE PAR
L’IMAGE NUMÉRIQUE
Par Virgile Koering
48
LE DÉROULEMENT DE L’ATELIER
Ce projet s’inscrit dans les activités pédagogiques de premier et de deuxième
cycle au sein du C.N.S.A.D. L’atelier de la scénographie par l’image numérique
s’est inscrit dans le cadre de la réalisation d’un atelier danse-théâtre, qui
a débouché sur la création d’un spectacle à partir de la scène dite « du
rossignol » de Roméo et Juliette de W. Shakespeare.
L’atelier laboratoire s’est déroulé en deux temps. Deux semaines de recherche
au mois de janvier et trois semaines de fabrication d’images au mois d’avril
Le laboratoire a accueilli 4 étudiants en Master Création & éditions numériques
de Paris 8 et 2 étudiants Master pro mise en scène et dramaturgie de Paris
Ouest. C’est à partir de nombreuses recherches qu’a été imaginé le projet
final à destination du public.
L’objectif de cet atelier laboratoire a été de réaliser des images destinées à
être projetées sur une structure scénographique spécifique (vidéo mapping)
ainsi que de coordonner la réalisation d’images dans les conditions
spécifiques de vidéo projection sur un décor.
La réalisation d’images s’est faite par
l’utilisation de logiciels tels que
Photoshop, After effects, Adobe
media encoder, Mpeg streamclip,
Lightwave,
Blender,
Maya,
Processing. Ainsi qu’Isadora et
Madmapper pour la diffusion
vidéo.
49
Cet atelier-laboratoire est dédié à la création d’images par des procédés
technologiques innovants (en matière de réalisation et de vidéo projection)
sur un support scénographique spécifique.
Cette réalisation artistique qui met en jeu des technologies très récentes
s’est faite en collaboration directe avec une équipe artistique composée
d’une chorégraphe, d’un metteur en scène, d’un concepteur lumière, d’un
concepteur son et d’une équipe d’étudiants en scénographie de l’école
nationale supérieure des Arts décoratifs.
BILAN PÉDAGOGIQUE
Points forts
Partenariat dynamique avec le monde professionnel du
spectacle
Equipe artistique aux compétences variées, enrichie
d’intervenant extérieurs.
Points faibles
Manque de temps sur la période de conception des
images.
50
51
MUSÉOLOGIE
NUMÉRIQUE
Par Bernadette Dufrêne
52
Organisé à la fois avec le Musée du Bardo (Tunis), la société Arts
graphiques et Patrimoine et l‘université de la Manouba, l’atelier-laboratoire
«muséologie numérique» avait en 2013-2014 pour objectifs l’acquisition
d’une méthodologie de la conduite de projets appliquée à une forme de
médiation du patrimoine, la restitution virtuelle.
Il s’agissait de reconstituer les espaces muséaux du Bardo depuis la
transformation du palais en musée. La restitution qui vise à faire comprendre
aux visiteurs l’histoire du bâtiment et des aménagements muséographiques
est destinée à la salle d’interprétation du musée .
Outre des présentations magistrales destinées à contextualiser les recherches
nécessaires, l’atelier-laboratoire s’est appuyé sur la recherche documentaire
en groupes dans différentes institutions patrimoniales parisiennes et surtout
sur l’acquisition de méthodes professionnelles sous la conduite du directeur
de la société AGP.
Les différentes étapes (recherche, voyage à Tunis et acquisition de méthodes)
ont été toutes productives. Les étudiants ont notamment classé un fond
extrêmement important pour la recherche en histoire de l’art : le fond
Poinssot disponible désormais sur le site de la bibliothèque de l’Institut
national d’histoire de l’art. L’élaboration de différents scenarri est parvenue
au stade de cahier des charges ; la quête de fonds pour le développement
des applications est en cours.
En créant les conditions d’un travail en équipes
réellement fructueux et d’une découverte
des méthodes professionnelles ainsi que
de la complexité des enjeux, l’atelierlaboratoire a à la fois favorisé
une excellente atmosphère et
renforcé
les
compétences
professionnelles des étudiants.
La seule difficulté a été la
gestion du calendrier : le
début des stages a été
un obstacle à la présence
régulière
de
certains
étudiants.
53
PRATIQUES SCÉNIQUES
CONTEMPORAINES :
EXPÉRIMENTATION /
CRÉATION
Par Sabine Quiriconi
54
L’atelier laboratoire « Pratiques scéniques contemporaines : expérimentation
/création » est adossé au master professionnel « Mise en scène et
dramaturgie » de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Il s’est
déroulé de novembre à décembre 2013, pendant 6 semaines, l’après-midi,
dans les locaux de l’Université. Il a réuni 17 étudiants de la formation initiale
et 3 étudiants d’autres masters.
L’objectif artistique et pédagogique était de remettre en question les
processus de création propres aux arts vivants en confrontant la scène et
ses conventions à des méthodes et techniques nouvelles dans les domaines
de la dramaturgie, du son, de la lumière, du numérique…. Par équipe,
les étudiants devaient concevoir un projet de création (mise en scène,
installations, parcours déambulatoire…) autour du thème des terrorismes.
La pédagogie du projet a exigé un suivi très régulier par les responsables
de l’atelier mais aussi par certains membres de l’équipe CréaTIC :
une séance de familiarisation avec les micro-blogs a
été organisée en amont et animée par Clément
Larrivé, responsable du média lab.
Les outils numériques mis à la
disposition des étudiants ainsi
que le matériel du média lab
devaient permettre une plus
grande autonomie de chaque
groupe tout en préservant
les moyens d’un échange
à tout moment entre les
membres d’un même
groupe, entre les groupes,
comme entre les groupes
et les intervenants et en
favorisant la lisibilité du
travail des uns par les
autres.
55
L’atelier s’est organisé en cinq phases :
Une phase d’initiation au son et à la lumière: encadrés par des
professionnels, les étudiants ont appris l’histoire des techniques
sonores et visuelles, ont exécuté des exercices pratiques, afin
d’évaluer quelques-unes des potentialités du son et de la lumière.
Une phase de concertation: les participants, sous la direction des
intervenants, ont décidé de la forme des créations à venir, des
modalités de travail en commun et de la répartition des tâches
par groupe, en tenant compte des compétences et des objectifs
de formation des différents étudiants.
Une phase d’expérimentation: plus longue, elle a nécessité que
les étudiants, en groupes, cherchent, dialoguent, tentent une
mise en œuvre pratique de leur projet. Les intervenants ont suivi
ponctuellement mais régulièrement l’évolution des travaux.
Une phase de réalisation et de présentation du résultat des
expérimentations a occupé la dernière semaine et mobilisé
l’ensemble des étudiants et des intervenants.
Une phase de conservation et archivage de
l’expérience s’est déroulée parallèlement aux
autres phases et a été prise en charge par
les étudiants eux-mêmes; la dernière
répétition et la présentation des
projets ont été filmées par des
étudiants de la Licence cinéma.
56
Il nous a paru intéressant de mobiliser des intervenants appartenant à une
même équipe artistique pour encadrer les étudiants : trois membres de la
compagnie Mabel Octobre, Judith Depaule, metteure en scène et directrice
de la compagnie, Tanguy Nédélec, régisseur et éclairagiste, Julien Faisan,
créateur son, ont accepté de participer à l’aventure.
La compagnie Mabel Octobre est à l’origine de plusieurs spectacles
mobilisant les nouvelles technologies. Elle a pu, à ce titre, prêter du matériel
aux étudiants et les initier à son utilisation.
De plus, l’équipe était elle-même en train de répéter deux créations sur le
thème du terrorisme. Proposer aux étudiants de s’associer, quoique très
librement et selon leurs propres intérêts, à cette recherche en élaborant
eux aussi des dispositifs expérimentaux hybrides sur les terrorismes, c’était
leur permettre d’accéder au vif des questionnements d’une compagnie
professionnelle en plein travail de création.
En amont des semaines consacrées à la réalisation, Tanguy Nédélec,
et Julien Faisan ont assuré chacun trois jours de réflexion théorique et
d’expérimentation technique sur les questions liées au son et à la lumière.
Les semaines consacrées à la conception des différents projets expérimentaux
ont été prises en charge par Judith Depaule et Sabine Quiriconi (responsable
de l’atelier).
A la suite d’un long travail à la table, les étudiants se sont répartis en groupe,
selon leurs désirs de création et ce qu’ils avaient à dire sur les terrorismes.
Puis, ils ont défini les outils techniques dont ils avaient besoin ou qu’ils
avaient envie d’explorer.
Une des difficultés était de circonscrire clairement, avant qu’ils ne passent à
la phase de conception personnelle, ce que recouvrait le mot « terrorisme »
et de le soustraire aux définitions galvaudées.
57
57
La visite d’Isabelle Sommier, sociologue et auteure de plusieurs ouvrages sur
le sujet, a constitué un des moments forts de la réflexion. A partir du cadre
savant, historique et neutre, qu’elle proposait, dans une conférence conçue
spécialement pour l’atelier labo, il a fallu que les étudiants interrogent
leurs premières idées, leurs intuitions, qu’ils retrouvent mais transforment
leurs désirs initiaux et qu’ils apprennent à convertir leurs connaissances en
questions dramaturgiques, de plateau.
Cette phase de réflexion à la table a révélé des inquiétudes majeures mais
aussi des résistances et des questionnements jusque-là poliment refoulés :
Dans quelles mesures un artiste doit-il /peut-il donner son point de
vue sur l’actualité la plus directe?
Quelles formes peuvent rendre compte du pire?
Comment témoigner? Quelle place laisser à l’acteur? Et le spectateur?
Comment éradiquer ou solliciter les effets illusionnistes?
En quoi parler du terrorisme peut nécessiter de recourir aux nouvelles
technologies?
Quelle peut être la force d’action d’une performance qui intègre, dans
le même lieu et au même moment, acteurs et spectateurs?
Peut-elle questionner/critiquer les autres médias et
transmission?
modes de
L’art peut-il agir sur l’actualité? Doit-il être terroriste? Quelles formes
artistiques sont subversives?
Lesquelles ne le sont pas, même quand elles cherchent à l’être?
Comment transgresser ou questionner les conventions formelles,
garantes de l’ordre établi?
Qu’est-ce que la violence? Qu’est-ce qu’une image violente? Quels
rôle et impact de l’art sur les émotions et les perceptions?
58
Dans la perspective d’explorer ces questions, sur des micro-blogs dont la
forme était laissée au choix de chaque groupe, les étudiants ont ensuite
rassemblé ce qui allait constituer la matière de leur travail : divers articles
de presse , des textes savants à dimension historique, des images tirées
de l’actualité immédiate (discours d’hommes politiques, notamment,
reportages…), des émissions sur la globalisation de la pensée, des séries TV
(dont The Black Mirror, série sur les nouvelles formes de terrorisme) …, des
exemples d’artistes et d’actes artistiques portant sur le sujet du terrorisme
et / ou des œuvres de plasticiens mobilisant les nouvelles technologies
(Mark Rothko, Diane Arbus, Banksy, Richter, Cyntia Martin, Ingrid Lahti, Pascal
Jenard. Cléa Coudsi et Eric Herbin…).
Le repérage de jeux vidéos et de publicités mettant en scène des terroristes
a aussi permis de développer certaines pistes de travail.
Ils ont ainsi complété les éléments destinés à susciter leur réflexion
dramaturgique et leur imagination, apportés par Judith Depaule et Sabine
Quiriconi, au tout début de l’atelier :
Œuvres de Bouvet, Balestrini, F. Smith, Richard Serra, des Pussy
Riot, du groupe Voina, d’Oleg Kulik, Mounir Fatma, Steve Giasson,
Hôtel Modern, Douglas Edric Stanley, Nam June Paik, etc.
Divers articles, documentaires et témoignages sur les bandes
armées des années 60-70 en Europe.
Des ouvrages sur la question des femmes et de la violence
révolutionnaire, sur le fonctionnement physique et psychique de
la peur et des émotions et sur les nouvelles formes de terrorisme.
Les réflexions sur la représentation de la violence de Jean-Luc
Nancy, Marie-José Mondzain, Jacques Rancière.
De très nombreuses études historiques et sociologiques, celles
notamment de Finzi, I. Sommier.
59
59
REALISATION
Les étudiants ont très vite intégré le fait que le dispositif qu’ils avaient à
inventer ne devait pas donner lieu à une « représentation » conventionnelle.
Ils pouvaient concevoir une installation, un film, un parcours… ou un peu
tout cela à la fois, c’est-à-dire une forme hybride.
De façon générale, et malgré le soin pris à souligner la réversibilité et la
polysémie de la notion de terrorisme, ils se sont concentrés sur le traumatisme
du 11 septembre, inscrit dans leur propre histoire, et les manifestations
actuelles de la menace terroriste.
De plus, le thème proposé s’est progressivement transformé en interrogation
sur les modes de représentation du terrorisme et la façon dont les états
justifient répression et excès sécuritaires en alimentant un climat de peur
généralisée.
Du coup, les travaux proposés ont questionné moins l’objet à observer que le
regard que l’on pose ou nous oblige à poser sur lui. Dans cette perspective,
c’est la place du spectateur qui a été au centre des recherches, la façon
dont sa perception peut être stimulée, manipulée, surprise, inquiétée par
des dispositifs immersifs et / ou interactifs.
La dernière phase, plus courte mais très intense, a consisté à choisir les
espaces où se dérouleraient les différentes propositions, à tester les outils
techniques et ce qui avait été jusque-là abstraitement discuté.
4 dispositifs ont ainsi été conçus , dans quatre salles différentes, dont la
salle du théâtre Bernard Marie-Koltès de l’Université et la salle d’exposition
Reverdy . Très vite s’est imposée l’idée que les spectateurs accompliraient un
parcours précis à travers ces différents espaces, parfois tous ensemble, plus
souvent divisés par petits groupes.
60
LES QUATRE DISPOSITIFS
« Mesdames et messieurs bonsoir » se développait comme une critique de
la télévision et des discours qu’elle impose. Les étudiants ont reconstitué un
studio d’enregistrement en direct dans lequel de vraies images d’archives
résonnaient avec une parodie de discours journalistique qu’ils avaient écrite.
Ils entreprenaient ensuite un travail d’épuisement de la situation ainsi créée
et des formes de récits et de témoignages livrés, en usant de la répétition,
d’effets comiques et d’amplification (de voix, de sons), de juxtaposition de
gestes mimés, théâtralisés et de voix off remixées ou d’images télévisuelles
différentes, dont la salle du théâtre Bernard Marie-Koltès de l’Université et la
salle d’exposition Reverdy . Très vite s’est imposée l’idée que les spectateurs
accompliraient un parcours précis à travers ces différents espaces, parfois
tous ensemble, plus souvent divisés par petits groupes.
8h46 : à partir d’un montage d’archives vidéos sur le 11 septembre et
d’œuvres photographiques d’artistes témoignant de l’événement, les
étudiants remontaient les minutes précédant le désastre dans
une installation qui renonçait à tout affect pour
interroger la vacuité des commémorations et
l’impossibilité de représenter l’horreur.
Présents dans l’espace, face aux
projections, ils accomplissaient des
actes rituels puis allaient se fondre
aux images, se laisser colorer,
animer par elles, questionnant
ainsi l’interaction corps /
écrans et les traces laissés
par la catastrophe.
61
Logique du cauchemar : le groupe s’est intéressé à la façon dont notre
quotidien est envahi par les signes du terrorisme, qui détourne jusqu’à la
fonction utilitaire et au statut symbolique des objets les plus banals en
pénétrant l’espace domestique. Un lieu, d’abord plongé dans la pénombre,
abritait 4 installations imaginées comme autant d’allusion à la fête de Noël
mais dont chacun des éléments se révélait menace ou fragment d’une
catastrophe : un arbre de Noël lumineux, prêt à exploser, était entouré de
paquets suspects.
Un amas de gravats et de chiots en peluche, était filmé en direct par une
mini caméra qui auscultait l’intérieur des décombres… les images, projetées
simultanément sur un mur, transformaient le tas naïf en vision de désastre;
des chiens loups en peluche renvoyaient des ombres terribles tandis que
des aboiements amplifiés étaient diffusés dans toute la salle, donnant la
sensation que les animaux cernaient les spectateurs.
Le dispositif lumineux permettait au public de découvrir progressivement,
au gré d’un parcours déambulatoire, la logique de ce cauchemar qui,
démarré sur un air enfantin de carrousel, s’achevait par la danse désespérée,
tragique, d’un couple.
LAE (Laboratoire d’Analyse Emotionnelle) : le dispositif choisi par le groupe
proposait aux spectateurs d’entrer en interaction avec les comédiens. Le
«jeu» consistait à mesurer le degré de dangerosité d’un groupe d’individus
donné afin d’en éliminer les terroristes potentiels.
Par 5, les spectateurs étaient invités à entrer dans la salle, à remplir un
formulaire puis chacun était conduit dans une cabine close où une
«hôtesse», face à lui, testait ses réactions à une série de questions, vidéos,
actions et enregistrait les réponses sur des ipad sonorisés… Un «médecin»
accueillait ensuite le groupe pour livrer le résultat de l’expérimentation.
Il s’agissait de dénoncer les dérives d’une surveillance généralisée, acceptée
comme nécessaire alors qu’elle peut se révéler mortifère, ainsi que les
clichés actuels sur la psychologie des terroristes.
62
63
BILAN PÉDAGOGIQUE : POINTS POSITIFS ET NÉGATIFS
Cet atelier laboratoire, rendu possible grâce au soutien du dispositif
CréaTIC, permet de combler un manque indéniable des études théâtrales
en France car il interroge une des principales caractéristiques de la création
contemporaine: l’hybridation de la scène par les nouvelles technologies et
les autres arts.
L’Université, dès lors, se singularise et se distingue des lieux de formations
artistiques traditionnels à l’art de l’acteur et du metteur en scène, qui n’ont
pas toujours prévu de tels enseignements dans leur cursus.
Les réflexions suscitées ont eu des prolongements tout au long de l’année, en
particulier quand les étudiants, forts de leur propre expérience, ont abordé,
lors de différents séminaires théoriques, des questions liés aux potentialités
du numérique, à l’utilisation des écrans sur la scène, des avatars, aux
nouveaux modes de perception.
Les étudiants qui ont participé à d’autres ateliers laboratoires (ATI, « Ecritures
carcérales », « scénographie virtuelle », « Gestion de projets culturels ») ont
souligné que des points de rencontre, voire une ligne commune existaient
bel et bien entre ces différents ateliers et qu’il serait possible d’envisager,
dans les années à venir, peut-être, un projet de création commun, mettant à
profit les compétences et spécialités de chacune des formations.
L’expérience de cette année a rendu néanmoins tout aussi clair que la
phase d’archivage était très difficile à mettre en place dans le cours même
de l’atelier. Un étudiant du master cinéma a bien voulu faire une captation
des différents dispositifs mais aucun temps n’étant prévu pour le tri de ces
images, le montage reste à faire.
Peut-être faudrait-il inviter des étudiants d’autres masters à assister à
l’élaboration des projets et à en rendre compte par les moyens de leur
choix ?
Les heures d’apprentissage consacrées à la technique ont eu lieu en amont
de la phase d’élaboration, avant que les étudiants ne soient à l’œuvre sur
leur propre projet.
64
Du coup, de l’avis même des étudiants et des intervenants – qui se sont
sentis un peu « instrumentalisés » au moment des restitutions - elles ont
paru hors contexte. Mieux aurait valu que cet enseignement accompagne
toute la durée de conception des projets. C’est ce qui sera tenté l’an prochain.
Les ressources du média lab n’ont pas été suffisamment exploitées.
Ces ressources, de plus, en matière de matériel scénique, sont encore à
développer.
La longueur de l’atelier et l’exigence d’assiduité, essentielle à toute formation
pratique et artistique, ont sans doute été incompatibles avec les emplois du
temps des étudiants d’autres formations, malgré les dérogations consenties
et la souplesse adoptée.
Il convient sans doute à l’atelier labo d’envisager des modes de participation
concentrés sur des périodes précises de l’atelier pour les étudiants extérieurs
et aux formations d’origine d’adapter autant que possible les emplois du
temps à celui de l’atelier labo.
LES PRODUCTIONS DE L’ATELIER ET LEUR VALORISATION
Une première présentation (filmée) a
eu lieu le vendredi 20 décembre
2014 dans les couloirs et les salles
de l’Université de Paris Ouest
Nanterre La Défense.
Une seconde présentation
(photographiée)
s’est
déroulée les 17 et 18 mars
2014 dans le cadre du
festival « Résistances » à
Confluences.
65
STRATÉGIE ET
MANAGEMENT DE
PROJETS INTERNATIONAUX
Par Jean-Michel Djian et Gwenaëlle Pledran
66
Le master de coopération artistique internationale est un parcours destiné à
des étudiants décidés à exercer une responsabilité professionnelle dans le
secteur artistique et culturel international. Il souhaite répondre à la demande
croissante de compétences spécifiques liées aux contextes artistiques,
culturels, politiques et économiques actuels dans lesquelles les notions de
conception et gestion de projet artistique sont centrales.
La notion de réseau et la connaissance du terrain sont aujourd’hui essentielles pour assurer de telles fonctions.
Cet atelier par la mise en relation d’étudiants et de professionnels du secteur vise à améliorer les connaissances que les étudiants peuvent avoir des
problématiques de terrain et leur permettre de rencontrer des personnalités
importantes du monde de la culture.
LES MODÈLES PÉDAGOGIQUES MOBILISÉS
Il s’agit, pendant 5 jours, de permettre aux étudiants d’aller à la rencontre
d’événements ou de professionnels de haut niveau dans leurs lieux et
d’examiner sur place (et parfois en présence de toute l’équipe), les stratégies
de programmation, de production et de gestion artistiques.
L’objectif de cet atelier est de tirer un profit intellectuel et relationnel
maximal et permettre aux étudiants de prendre la mesure exacte de la
réalité professionnelle d’aujourd’hui.
Cet atelier permet d’établir un panorama des politiques culturelles actuelles
et d’aller à la rencontre de professionnels de la culture nationaux et internationaux (certaines rencontres seront réalisées dans le cadre du voyage
d’étude), de comprendre à partir d’une analyse de terrain les enjeux de la
coopération artistique internationale. Enfin, il permet une compréhension
globale du système culturel international et des enjeux de coopération.
Cet atelier a eu lieu en 2 parties :
3 jours en novembre à Paris
3 jours en avril à Bruxelles
67
LE DÉROULEMENT DE L’ATELIER
Séminaire politiques culturelles internationales. 25/ 26/ 27 novembre
Lundi
au Centre Wallonie Bruxelles
15h : Introduction générale de Jean Michel Djian sur l’Etat de la politique
culturelle Française, suivi de la Projection « Culture une affaire d’Etat »,
les coulisses du pouvoir culturel sous la Vème république française, un
film documentaire de Jean Michel Djian et Joël Calmettes, diffusé sur Arte
en 2004.
17h : Débat critique en présence du réalisateur et de Paul Emile Mottard,
député, chargé de la culture à Liège (Belgique), Roger Dehaybe , ancien
directeur de la Francophonie et Charles Etienne Lagasse Président de
EUNIC ( réseau culturel international belge).
Mardi
au Centre Wallonie Bruxelles
9h : Projection de Kiss and Cry et du clip de Gwénaelle Plédran sur le
spectacle.
10h : Rôle et influence des technologies numériques dans le processus
de création artistique en présence de Jaco Van Dormael et Michèle Anne
De Mey auteur de « Kiss and Cry » sur les Nano Danses. Débat animé par
Jean Michel Djian, en présence de Ghislaine Azémard, avec le concours
de France Culture Plus.
15h : L’histoire des « Cités obscures » une œuvre artistique multimédia
réalisé à partir de la BD de François Schuiten et en présence de Benoit
Peeters et Laurent Védrine, réalisateur du documentaire radiophonique.
68
Mercredi
Au Théâtre des Déchargeurs
9h30: Conférence d’Anne Garance Primel, directrice à la Fondation Alliance
Française Quels types de réseaux pour la diffusion et la coopération
culturelle : exemple des 1000 « Alliance Française » dans le monde.
11h: rencontre avec Philippe Geluck, dessinateur.
Voyage d’études. Bruxelles. 28/29 et 30 avril. Master CAI 1er année.
Lundi 28
14h30: Rencontre avec le canadien Nicolas Saint Cyr, scénographe
de Tempora (structure de conception, réalisation et Productions
d’expositions artistiques et historiques en Belgique ; premier producteur
d’évènements culturels belge) sur le site de l’exposition « 100 ans de
Radio en Belgique. ( adresse : Site de Tour & Taxis 86 C avenue du port
1000 Bruxelles).
17h30: Rencontre avec Nan Van Houte secrétaire
générale de l’IETM (réseau européen des arts
du spectacle) autour de la question
des lobbies des milieux culturels
associatifs à Bruxelles et de la
notion de réseau (adresse :
19 Square Sainctelette, 1000
Bruxelles).
20h: Soirée libre ou
Théâtre de Poche (
entrée libre) chemin
du Gymnase 1,
à
Bruxelles,
soirée
avec des élèves des
5
conservatoires
d’art dramatique de
69
Voyage d’études. Bruxelles. 28/29 et 30 avril. Master CAI 1er année.
Mardi 29
9h: Rencontre à l’hôtel avec Nérina et Marianne deux ex-étudiantes
installées à Bruxelles et travaillant dans le milieu culturel bruxellois.
11h: Rencontre avec le bédéiste François Schuiten autour de son projet
« Trainworld» à Schaerbeek.
15h - 17h30 : Commission Européenne. Rencontre avec Catherine Magnant,
directrice de l’Unité Culture, sur la mise en œuvre des programmes
culturels dans l’Union. Mécanismes d’interventions, moyens budgétaires,
rôle des Etats membres et des structures associatives.
Rencontre avec Sylvain Pasqua le responsable des « Capitales européenne
de la culture » et Jean Pol Barras président du conseil scientifique du
Mondaneum de Mons, futur capitale européenne 2015
20h: Théâtre National de Belgique 20 places réservées pour After the
wall d’Anne Cécile Vandalem (priorité à ceux qui sont concernés par le
spectacle vivant). Rencontre avec les artistes après le spectacle et les
responsables du lieu.
Option supplémentaire pour le concert de Ronan Luce au Botanique
(sous réserve).
Mercredi 30
10h: Rencontre avec Jean Auquier directeur Centre Belge de la Bande
Dessinée sur le thème « La créativité graphique et l’institution muséale
en terre belge » Visite du lieu, possibilité d’une rencontre avec des
graphistes et dessinateurs de la nouvelle génération (adresse : 20 rue des
Sables Bruxelles).
70
BILAN PÉDAGOGIQUE
Il existe une vraie cohérence pédagogique à associer, dans un séminaire, des
rencontres professionnelles de haut niveau avec l’idée d’un rendu audiovisuel
structuré. Cet exercice oblige les étudiants à préparer ces entretiens sous
forme d’ateliers mais aussi à imaginer la fonction technologique du son et
de l’image dans le processus de transmission. L’idée qu’il puisse exister une
«mémoire» organisée de cet atelier et qu’elle soit possiblement diffusable
sur France Culture Plus participe très largement à amplifier un mode de
partage qui soit à la hauteur de l’ambition que nous mettons à réaliser ce
travail universitaire. Il apparait enfin que les personnalités interrogées qui se
sont prêtées au jeu des questions / réponses des étudiants l’on fait avec un
maximum de sérieux et de professionnalisme.
Quelques difficultés techniques et organisationnelles ont empêché cette
année, une réalisation à la hauteur de nos espérances.
LES PRODUCTIONS DE L’ATELIER ET LEUR VALORISATION
Les étudiants ont enregistré chacune des rencontres
(photo / video/ son) et ont proposé à l’issu du
séminaire un Best-off ce qu’ils ont saisi
en images et en son. Ils ont appuyé ces
relevés de terrain, d’un commentaire
critique et personnels.
Les moyens actuels n’ont pas
encore permis de synthétiser
et de rendre visible ces
éléments.
71
TEXTUALITÉS
AUGMENTÉES
Par Alexandra Saemmer et Tomek Jarolim
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LE DÉROULEMENT DE L’ATELIER
Octobre-novembre
Au cours de cette première phase, les étudiants ont appris à mieux
appréhender les spécificités du texte « augmenté » par le numérique à
partir d’exemples journalistes, publicitaires et littéraires. Durant les sessions
d’écriture, ils ont pu mettre au service de différents récits les formes et
figures de la lecture numérique, comme l’hyperlien ou l’animation textuelle.
Workshop de recherche-création : décembre-février
Dans cette deuxième phase, l’atelier s’est organisé sous le format d’un
workshop de recherche et création, à la manière de ceux pratiqués dans les
écoles d’art.
Accompagnés par Tomek Jarolim, chargé de cours, chaque étudiant a été
amené à réaliser un projet de création individuel. Ils ont été initiés à la
pratique des outils et au suivi de projets dans une dimension à la fois
technique et artistique.
Une large place a été accordée au travail individuel en dehors des heures
de cours. Les sessions de cours privilégiaient, quant à elles, l’échange et la
discussion au sein de petits groupes constitués, en mettant l’accent sur la
présentation orale des travaux en construction. C’est dans cet esprit de coconstruction critique et créatif que chaque étudiant a pu mener son projet
à bien, en réagissant aux avancées de chacun sur des travaux concrets réels.
73
OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES
Les objectifs pédagogiques ont été atteints puisque chaque étudiant a eu
la satisfaction de mener à terme son propre projet. Ils ont amélioré leurs
compétences en écriture numérique, ont appris à utiliser et à se former à
des logiciels de programmation, ainsi qu’à gérer un projet de A à Z, jusqu’à
la phase finale de conception.
L’atelier a été l’occasion pour les formateurs de mettre en pratique leurs
travaux de recherches sur l’écriture numérique au contact des étudiants,
ainsi que d’approfondir leurs connaissances de certains langages de
programmation.
LES PRODUCTIONS DE L’ATELIER ET LEUR VALORISATION
Les étudiants ont enregistré chacune des rencontres (photo /video/son) et
chaque étudiant est parvenu à finaliser son projet au fil des sessions. 15
créations ont ainsi vu le jour.
Celles-ci ont été réalisées sous divers formats et en recourant à différents
logiciels et langages de programmation : Prezi, ePub (avec les logiciels Sigil
et Calibre), Ibook (iBookauthor), Processing ou Jquery, ou encore en html5
et css3.
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POINTS À AMÉLIORER
Il est apparu que le temps alloué au chargé de cours (40 heures) s’est révélé
insuffisant devant les besoins techniques et les attentes des 15 étudiants.
Certains projets nourrissaient de nouvelles ambitions, mais devenaient plus
difficiles à concevoir devant le manque de temps.
PRÉCONISATIONS POUR CETTE ANNÉE
Augmenter le volume horaire des chargés de cours afin de répondre de
manière plus individualisée aux besoins des étudiants.
Verbaliser les projets dès le départ en leur demandant de rédiger une note
d’intention et un cahier des charges.
Expérimenter d’autres formes, comme les performances ou installations en
mettant à profit les salles de la MSH.
Nécessité de monter une plateforme afin de montrer les projets et de les
valoriser.
Penser à la manière de présenter ces œuvres, la médiation.
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CONTACTS
SERVICE IDEFI-CRÉATIC
Université Paris 8
2 rue de la Liberté
Bureaux CE-7 et CE-8
93256 Saint-Denis
01 49 40 67 98
Média-Lab CréaTIC
Maison des Sciences de L’Homme
Paris-Nord
20 avenue George Sand
93210 Saint-Denis
01 55 93 75 30
Notre site web
Pour toute demande d’informations
vous pouvez contacter le Chargé de la communication
de l’IDEFI-CréaTIC:
Flashez moi!!
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