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Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
28ème rapport annuel
L’OBSERVATOIRE DES CREDITS AUX MENAGES
Le tableau de bord
présenté par Michel MOUILLART
Professeur d’Economie à l’Université Paris Ouest
- Jeudi 28 janvier 2016 -
1
Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
Les faits marquants en 2015 :
stabilisation de la détention de crédits après 6 années d’une baisse rapide.
Après six années de recul, le taux de détention des crédits par les ménages s’est stabilisé en 2015 : il s’établit à 46,5 %
contre 52,6 % en 2008
Dès l’automne 2014 la demande de crédits à la consommation avait commencé à se ressaisir. Cette tendance s’est
confirmée en 2015 et elle s’est progressivement transformée en reprise. Le redressement du moral des ménages
mesuré chaque mois par l’INSEE s’est en effet amplifié tout au long de l’année 2015 : il a ainsi retrouvé durant
l’automne 2015 le niveau qui était le sien en 2007, à la même époque, juste avant le déclenchement de la grande
dépression. Les ménages ont donc accru leur recours aux crédits à la consommation, bien au-delà de ce qu’ils
envisageaient fin 2014. Et en 2015, le taux de détention des crédits à la consommation s’est établi à 26,0 %, en
augmentation pour la première fois depuis 2008.
C’est ce rebond des crédits à la consommation qui a permis au taux global de détention des crédits de se stabiliser en
2015. Dans le même temps, en effet, la détention des crédits immobiliers a de nouveau reculé, pour s’établir à 30,2 %
contre 30,6 % une année auparavant : soit son plus bas niveau depuis 2006. Le recul a été sensible dans le cas des
crédits à l’accession à la propriété, ainsi que pour ceux destinés au financement des travaux.
En rupture avec les évolutions constatées depuis 2008, bénéficiant d’une amélioration rapide de leur moral et du
rebond de leur pouvoir d’achat durant l’été, les ménages ont exprimé en 2015 le sentiment d’une stabilisation voire
d’une amélioration de leur situation financière. Et l’appréciation que les ménages portent sur leur budget s’est elle
aussi améliorée.
Dès lors, les ménages estiment que le poids des charges de remboursement de leurs crédits s’est allégé en 2015. Et
pour 2016, ils envisagent plus nombreux qu’il y a un an de souscrire de nouveaux crédits à l’immobilier ou à la
consommation.
2
Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
2015, stabilisation de la part des ménages détenant des crédits.
L’amélioration du moral des ménages et des conditions de crédit plus favorables ont permis la stabilisation du taux de
détention des crédits à 46,5 %. Les projets immobiliers ou de consommation se font plus nombreux.
50,8
49,5
49,4
48,6
47,6
50,9
52,0
52,6
52,6
52,9
49,7
50,2
50
51,3
52
50,9
51,6
50,9
50,3
50,0
49,1
49,8
50,2
50,7
50,4
51,8
54
52,8
Le taux de détention des crédits reste néanmoins à son point le plus bas depuis la fin des années 80. Un nouveau recul du
taux de détention des crédits immobiliers est à l’origine de cela, en dépit d’une reprise rapide des marchés immobiliers.
46,5
46,5
48
46
44
42
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
3
Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
Le taux de détention des crédits à la consommation se redresse en 2015 :
il s’établit à 26,0 %, loin encore des niveaux constatés durant le 1ère moitié des années 2000.
La diffusion des « cartes » de magasin recule rapidement à 4,4 % comme, dans une moindre mesure, celle des crédits
directement contractés sur le lieu de vente à 5,7 %. En revanche, les ménages accroissent leur recours aux crédits à la
consommation contractés auprès d’une banque ou d’un organisme de crédit.
Les ménages retrouvent de l’appétence pour des projets de consommation durable.
9,7
16,3
9,7
10,0
15,9
20,5
20,9
21,0
10,4
10
16,6
21,0
17,2
19,2
18,4
11,8
11,1
19,4
19,0
19,1
20,0
11,7
12,5
18,8
21,3
18,8
21,4
11,8
11,9
18,3
20,7
22,1
12,4
18,1
21,1
11,9
12,0
16,5
17,2
21,2
22,1
17,2
12,0
15
11,6
20
17,5
25
23,6
Le taux de détention des crédits immobiliers diminue encore, à 30,2 % : la part des ménages détenant des crédits afin
d’accéder à la propriété recule nettement pour s’établir à 22,6 %.
5
0
2001
2002
2003
2004
Crédits immobiliers
2005
2006
2007
2008
Crédits consommation
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
Crédits immobiliers et consommation
Taux de détention des crédits immobiliers (en 2015 : 30,2 %) = Crédits immobiliers seuls (20,5 %) + Crédits immobiliers et consommation (9,7 %)
Taux de détention des crédits consommation (en 2015 : 26,0 %) = Crédits consommation seuls (16,3 %) + Crédits immobiliers et consommation (9,7 %)
4
Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
Les crédits à la consommation servent principalement à réaliser des projets d’équipement.
En 2015, 91,5 % des crédits à la consommation sont utilisés pour financer la réalisation de projets d’équipement (auto,
moto, équipement ménager, travaux d’amélioration des logements) : en 2009, cette proportion était de 92,4 %.
20
15
14,9
14,6
14,1
14,0
18,2
17,7
18,1
10
0,8
0,6
0,5
0,5
0,5
0,6
0,7
1,0
0,8
0,9
1,0
0,9
0,7
0,8
1,1
0,8
0,8
1,0
1,0
1,0
1,1
5
3,6
2,7
2,9
3,1
3,1
2,9
2,7
3,7
4,1
4,3
3,8
3,8
3,5
3,8
7,4
7,0
6,3
6,8
6,5
6,3
6,0
Les évolutions intervenues de
2009 à 2015 dans les usages
des crédits à la consommation
ont accompagné une plus
grande
prudence
des
emprunteurs motivée par la
montée du chômage et la
détérioration de leur pouvoir
d’achat, mais aussi par la mise
en place puis le renforcement
de dispositions législatives
successives applicables au
crédit à la consommation.
Pour autant, les ménages
recourent toujours largement
aux crédits à la consommation
pour financer la réalisation de
projets
patrimoniaux
et
améliorer leur cadre de vie.
Mais ils ont allégé certaines de
leurs pratiques de financement
antérieures : des dépenses de
loisirs ou des dépenses de
consommation courante, des
dépenses de santé …
0
Une automobile,
Un bien
Des travaux
une moto
d'équipement de la d'amélioration
maison
dans le logement
2009
2010
2011
Les dépenses de
consommation
courante
2012
Les impôts
2013
Des dépenses de Des frais de santé
loisirs, des
vacances
2014
2015
Part des ménages qui financent ce type de dépenses (en % de l’ensemble des ménages)
5
Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
En 2014, après 3 années de dégradation, le sentiment des ménages détenant des crédits sur
leur situation financière était à la stabilisation. En 2015, les ménages ressentent une
amélioration de leur situation financière, avec une décrue sensible de la part de ceux qui
estiment que cette situation s’est récemment détériorée.
8,0 % considèrent qu’elle s’est nettement dégradée (10,3 % en 2014)
33,3 % qu’elle s’est un peu dégradée (37,9 % en 2014)
47,7 % qu’elle s’est stabilisée (42,1 % en 2014)
11,0 % qu’elle s’est améliorée (9,7 % en 2014)
Cette évolution est générale et se retrouve aussi chez les ménages ne détenant pas de crédit.
100%
20,0 19,5 17,4 16,2 16,9 15,8 14,8 11,9 11,4 11,5 11,2
75%
44,7
46,3
49,2
47,6
51,4
50% 52,9 50,8
25%
0%
31,4
9,7
9,2
9,7
11,0 Améliorée
39,4 45,3 48,1 42,8 43,5 41,1 42,1 47,7 Stabilisée
38,3
35,4
33,6
Un peu dégradée
37,2
38,0
38,8
37,9
33,3
23,1
4,0
25,0
28,8
27,8
30,4
26,8
4,7
6,2
6,8
6,4
6,0
9,1
10,4
7,9
6,8
8,8
8,8
10,9
10,3
8,0
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
Nettement
dégradée
6
Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
En réponse à l’amélioration de leur situation financière et budgétaire, les ménages estiment
que le poids de leurs charges de remboursement devient plus supportable.
4,5 % beaucoup trop élevé (4,9 % en 2014)
10,9 % le considèrent trop élevé (11,5 % en 2014)
36,2 % élevé mais supportable (36,3 % en 2014)
48,4 % le considèrent comme supportable ou très supportable (47,3 % en 2014)
Une grande majorité des ménages détenant des crédits, 84,6 % d’entre eux, considèrent toujours que leurs charges de
remboursement sont supportables ou très supportables.
Un regain d’optimisme, de meilleures conditions de crédit et une évolution plus favorable du pouvoir d’achat font que
ceux qui recourent au crédit estiment que le poids de leurs charges de remboursement devient plus supportable.
100%
75% 59,1
58,2
57,5
55,0
51,4
52,9
48,8
50,9
50,5
52,1
49,5
49,0
48,0
47,3
48,4
34,5
33,3
33,3
33,7
33,9
34,1
36,2
35,9
36,5
36,3
36,2
50%
25% 28,0
28,7
30,2
31,2
9,0
3,9
9,2
3,8
8,1
4,2
9,4
4,4
9,8
4,3
9,3
4,5
11,7
6,2
10,5
4,9
10,7
4,9
9,3
4,5
10,5
3,8
10,2
4,9
10,9
4,6
11,5
4,9
10,9
4,5
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
0%
Supportable ou
très supportable
Elevé mais
supportable
Trop élevé
Beaucoup trop
élévé
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Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
Les intentions de recours au crédit dans les mois à venir se ressaisissent :
autant pour les crédits immobiliers que pour les crédits à la consommation.
Après une embellie en 2013, les intentions avaient rechuté en 2014. Elles se redressent en 2015 pour retrouver leur
niveau de 2013. Mais la demande n’a pas encore retrouvé son dynamisme de la première moitié des années 2000.
Intentions de souscrire un crédit consommation
Intentions de souscrire un crédit immobilier
6,0
6
5
4
3
5,0 4,9
5,3
5,8
5,6
5,5
4,9
7
4,8
6,1
4,8
4,5
4,0 4,1
5,3
4,6
4,2
5
5,1
5,0
4,6
4,8
4,5
4,6
4,4
4,1
3,6 3,5
3,9
3,6
3,9
3
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Bénéficiant du regain d’optimisme dont les ménages ont fait preuve depuis l’’automne 2014, les intentions de souscription de crédits pour
les six 1ers mois de 2016 se sont ressaisies :
aussi bien pour les crédits immobiliers (4,6 % fin 2015, contre 4,2 % fin 2014)
que pour les crédits à la consommation (3,9 % fin 2015, contre 3,6 % fin 2014).
Elles semblent néanmoins avoir répercuté les craintes que les ménages expriment depuis la vague d’attentats de novembre.
8
Observatoire des Crédits aux Ménages – Enquête réalisée en novembre 2015
En conclusion.
Après deux crises économiques qui ont déstabilisé les ménages et les ont conduits à réviser leurs projets immobiliers
et de consommation, à limiter leurs recours aux crédits, le taux de détention des crédits s’est stabilisé en 2015. Le
regain de la demande a permis d’inverser la tendance récessive qui s’observait jusqu’alors sur le taux de détention de
crédits à la consommation. En revanche, la reprise d’activité constatée dès le printemps 2015 sur les marchés
immobiliers n’a pas réussi à produire les mêmes conséquences.
Pour l’avenir, le relèvement des intentions de souscription de nouveaux crédits immobiliers et à la consommation
permet d’escompter la poursuite du redressement du taux de détention : le regain d’optimisme des ménages semble
propice à cela.
Outre les conséquences que les transformations de la conjoncture macroéconomique ont pu avoir sur leurs
comportements, on observe depuis plusieurs années que les ménages ont modifié leur pratique de recours au crédit,
au-delà des évolutions qui ont été contraintes par des dispositions législatives successives. Certes, le recours au crédit
est toujours un élément décisif de la réalisation des projets immobiliers et de consommation. Mais pour la plupart des
ménages qui recourent au crédit, les évolutions constatées durant les dernières années montrent que les utilisations
sont plus raisonnées que par le passé.
Ainsi en 2015, en réponse à l’amélioration ressentie de leur situation budgétaire et financière et à leur regain
d’optimisme, les ménages estiment que le poids des charges de remboursement de leurs crédits s’est allégé : 15,4 %
des ménages considèrent que les charges de remboursement sont trop ou beaucoup trop élevées (contre 16,4 % en
2014), alors que la part de ceux qui estiment que ces charges sont supportables ou très supportables s’est relevée pour
s’établir à 48,4 % (contre 47,3 % en 2014).
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