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Citoyens n°10

IntégréTéléchargement
le p'tit
journal de
MEDSI
MEDSI =
Mobilisation
Etudiante
pour le
DEveloppement
d'une Solidarité
Innovante.
"Le secret de
la liberté, c'est
la librairie"
Bernard Weber
dans les
Thanatonautes
Dans ce
numéro :
‐ Introduction
‐ lettre ouverte
‐ Ça bouge
‐ Expérience
‐ Reflexion
‐ Interview
CITOYENS
Compilation d’Idées Très Originales
D’Ynitiatives Eclectiques et de
Nouvelles Solidaires
Numéro 10
Edito
Le CITOYENS prend de l’âge,
comme nous tous et atteint la
dizaine.
10 c’est le nombre de doigts
des mains qu’un homme pos‐
sède généralement, le nombre
de doigts de pied, aussi et par
extension (jusque là vous me
suivez), la somme des 3 pre‐
miers nombres premiers, le
numéro atomique du
néon, le nombre
d’années de ma‐
riage des noces
d’étain, le numé‐
ro de meneur de
jeu au football, le
nombre
de
chiffre d’un nu‐
méro de télé‐
phone, le nombre
de quilles au bow‐
ling,…
Pour moi, 10 c’est en‐
viron le nombre de se‐
condes que je peux tenir sans
cligner des yeux, c’est le
nombre de minutes que j’aime‐
rai passer sous la douche, le
nombre d’heures que je vou‐
drais dormir chaque nuit, le
nombre de jours qu’il me suffi‐
rait pour lire le quid, le nombre
d’années qu’il faut attendre
avant de célébrer les 100 ans
de la sortie de la Ruée vers l’Or
de Charlie Chaplin.
Septembre 2015
En fait, le nombre 10 c’est ab‐
solument ce que vous voulez.
Bon du coup forcément, on a eu
envie de faire quelque chose de
spécial, de rendre hommage à
ceux qui ont osé prendre la
plume pour faire vivre le CI‐
TOYENS jusqu’à aujourd’hui ou
l’histoire de comment chaque
lecteur devient narrateur,
comment après "le lire",
il y a "être lu".
Vous l’aurez com‐
pris, nous avons
donc décidé de
faire de ce numéro
de rentrée un mel‐
ting pot d’articles
déjà édités. Choix
difficile, cornélien
devrions‐nous
dire, devant la mul‐
titude de textes par‐
tagés.
On a pris un peu de par‐
tout, un peu de chacun, des
textes récents, des textes moins
récents, pour en refaire un tout,
un dixième numéro, qui nous
fait chaud au cœur.
Et on attend avec impatience
vos lueurs d’inspiration pour le
numéro onze
Introduction
Une petite présentation de MEDSI
L
a création de MEDSI (Mouvement
Étudiant pour le Développement d'une
Solidarité Internationale) fut motivée
par la volonté d’accompagner les
étudiantsen santé porteurs de projets de
solidarité internationale. La réflexion
s’est peu à peuenrichie, élargie et s’est
ouverte sur une réflexion citoyenne et
militante sur notresociété. Ainsi, MEDSI
promeut des valeurs auprès de son
réseau.
de permettre le développement d'une
nouvelle solidarité.Cette dynamique de
réflexion s'est étendue à d'autres
domaines relevant de la citoyenneté au
sens large, tels que le notion de
démocratie, le rapport à l'intime, la place
des nouvelles technologies dans la santé,
les médias, les liens entre santé et
environnement, la place des médecines
dites alternatives dans le soin, etc.
Organisé sous une forme de réseau entre
associations locales, MEDSI propose des
formations aux porteurs de projets et
aux associations qui en font la demande.
Ce sont des temps nécessaires durant la
(dé)construction des projets pour
questionner leurs sens, leurs objectifs,
leur légitimité et les mettre en relief avec
la systémique mondiale.
Ces problématiques ont constitué les
sujets de congrès qui sont organisés
deux fois par an dans différentes villes
de France. Si le nom donné à ces congrès
a évolué (Congrès National, TRUC pour
Temps de Rencontre Utiles et Créatrices
et maintenant Universités Populaire en
Santé ‐UPS‐), l'idée générale demeure :
partir d'un sujet en rapport avec la santé
et l'élargir à des enjeux de citoyenneté.
MEDSI se place dans une démarche
d'éducation à la citoyenneté et à la
solidarité (ECS), l'évolution de
l'éducation populaire. En pratique, sous
forme de jeux et de débats animés, nous
partageons nos expériences et notre
expertise pour tenter de résoudre les
problématiques de la société que nous
aurons pointé du doigt.
Afin de proposer un autre espace de
réflexion et de partage d'expériences,
MEDSI édite aussi le CITOYENS (pour
Compilation d'Idées Très Originales et
d'Ynitiatives Éclectiques pour une
Nouvelle Solidarité) qui est un journal
d'expression libre dans lequel chacun est
libre d'écrire, diffusé à l'occasion des
congrès et des autres actions de MEDSI
et disponible sur le site medsi.fr.
De manière ambitieuse, l'ECS veut faire
prendre conscience des iniquités du
système actuel, des enjeux et de notre
responsabilité
dans
un
monde
interdépendant afin de mettre en
adéquation notre réflexion et nos
comportements. Elle vise ainsi un
changement global des mentalités, afin
S’interroger sur sa démarche éthique,
son comportement solidaire et sa
légitimité est essentiel dans les divers
projets associatifs et doit être le moteur
d’une volonté d’agir. MEDSI soutient
ainsi l’idée de citoyens actifs, vivant et
partageant leurs propres expériences.
M
Chers associatifs et chères associatives,
Salut les ami‐e‐s engagé‐e‐s !
EDSI vous invite à son Université Populaire en Santé des 23, 24 et 25 octobre 2015 sur
La Santé Mentale à Paris.
Les U.P.S (Universités Populaires en Santé), ont pour but de rassembler le réseau et
d'offrir un support d'échange autour d'un thème lié à la santé.
C'est aussi plein de temps informels, de rencontres libérées du carcan académique et
de soirées à refaire le monde !
Après un UPS d'automne 2014 sur Santé et Technologie, et de printemps 2015 sur la
Santé Environnementale, nous nous attaquons à un vaste sujet à la rentrée 2015:
Quelle définition donnons‐nous à la folie aujourd'hui ? Quelle place pour sa prise en
charges dans le soin ? Comment la prendre en charge ? Comment comprendre
l'influence de la culture sur notre bien‐être mental ?
On a hâte de se tordre les neurones avec vous, de rencontrer les nouveaux bureaux, de
retrouver les plus vieux :)>
Alors notez bien ces dates sur votre agenda !
Toutes les associations adhérentes (ou non) et toutes les personnes intéressées sont
les bienvenues !
"Les hommes de chez toi, dit le petit
prince, cultivent cinq
mille roses dans un même jardin... et ils
n'y trouvent pas ce qu'ils cherchent (...)
Et cependant ce qu'ils cherchent
pourrait être trouvé dans une seule
rose ou un peu d'eau..."
Antoine de Saint‐Exupéry
On espère vous y voir
nombreux et nombreuses !
Santé et environnement
UPS de printemps
Nice Avril 2015
Lettres
ouvertes
Alex,
Dans notre société occidentale, la mort est à la fois omni‐
présente et évacuée. Cela paraît paradoxal, pas tellement.
Il y a d’une part les morts et nos morts. Des morts, on en en‐
tend parler et on en voit tous les jours. Dans les médias, les
catastrophes se mesurent en nombre de morts pondéré par
le coefficient de la nationalité. Les séries télévisées actuelles
sont construites autour d’un mort et de professionnels comme
les policiers, les médecins légistes, les enquêteurs et même les
voyants ! Je précise que je ne parle que des séries diffusées sur
les 10 premières chaînes après 20h. Quoiqu’il en soit tout le monde
s’entendra sur cette tendance, c’est à qui présentera le mort dans la po‐
sition la plus originale, la plus barbare, la plus minutieuse.
Ainsi rien n’a vraiment changé depuis les romans d’Agatha Christie, le voyeurisme en
plus. Chez Agatha Christie, le mort est pudiquement évoqué en quelques mots. Puis, il de‐
vient prétexte, révèle es vraies personnalités de l’entourage. Aujourd’hui, certes on s’at‐
tarde un peu plus sur le mort. Mais c’est pour décrire sa mort atroce. C’est un peu comme
si le mort n’avait jamais eu de vie. C’est un mort qui n’existe pour les spectateurs que
parce qu’il est mort. Ces morts ne sont finalement encore que des prétextes à histoire ou
à articles de journaux. Malgré tous ces morts, un jour je me suis retrouvée bien désempa‐
rée face à mon premier mort. Ah non c’est vrai, il faut dire décédé.
Donc, un jour je me suis retrouvée très désemparée face à mon premier décédé. Nous
étions un groupe d’amis extrêmement différents mais soudés par un projet commun et
une complicité régulièrement renouvelée. Le père d’Alex décède à la suite d’une longue
maladie. Par ailleurs Citlali l’appelle sans savoir ce décès. Elle a cherché à connaître la
cause de sa tristesse. Il se confie. Elle insiste pour qu’il lui envoie l’invitation à l’en‐
terrement. Premier blocage, il ne voulait pas que trop cela se sache.
Citlali nous annonce la nouvelle et nous envoie à tous la copie du faire part d’enterre‐
ment. Je me vois bien ouvrir ce mail. Et j’ai « fait le mort », en ne répondant pas délibéré‐
ment par lâche‐té et par peur. Deuxième blocage. Il a fallu que Citlali nous appelle un par
un et nous fasse exprimer nos peurs. Oui, j’avais peur d’aller à un enterrement et j’avais
peur de regarder Alex dans les yeux. Citlali est franco‐mexicaine. Il a fallu qu’elle me dise
que je réagissais ainsi parce que je n’avais jamais appris à vivre la mort. Au Mexique, il y
a la fête des morts.
Alors nous sommes allés tous les sept à cet enterrement. Nous avons fait la bise et souri
à Alex comme d’habitude. A la sortie de la cérémonie nous avons rigolé, raconté des
blagues et parlé de son père. Par exemple, nous nous souvenions de lui un soir d’orage.
Nous faisions une réunion dans la salle à manger. Ses parents étaient sortis. J’étais face à
la fenêtre. Dans un éclair d’orage j’ai vu une tête livide surmontée d’un chapeau derrière
la vitre. J’ai hurlé, tout le monde a eu peur. C’était le père d’Alex qui rentrait et, malicieux,
nous observait de la fenêtre. En découvrant nos têtes choqués, il a ri !! Et avec toi cette
belle après midi d’enterrement nous en avons encore ri. Je crois, que tu nous en a été re‐
connaissant.
Ce n’était pas donc mon premier « décédé » mais mon premier mort. Soyons honnêtes,
on aurait tous un peu besoin d’une amie mexicaine pour ne plus avoir peur de ce mot, ni
de nos morts.
En hommage à Jacques Bonnel
Sandrine
A Gino
Samedi, fin d'après‐midi, gare de Rennes, un homme déambule. Barbu, sac de voyage mi‐
litaire sur le dos, la cinquantaine, pas très grand. Il demande des renseignements à un
employé de la sncf. Son train n'est pas encore affiché. Il va falloir attendre.
Après quelque temps, il repasse à nouveau et fini par s'asseoir. Il a l'air un peu perdu. La
notion du temps semble un peu flou. On engage la discussion et il me raconte.
Il me raconte l'histoire d'un gars qui à 20 ans était con et qui s'engage dans l'armée pour
se barrer de chez ses parents. Il voyage son arme jamais loin. Il croise des enfants. Eux‐
aussi armés... Il tire.
Lui ou moi, ou est le choix ? Il baroude encore. Il me raconte ses 4 vertèbres opérées qui
le gênent pour porter son sac, son genou gauche opéré 2 fois (il restait des morceaux de
balle), sa mâchoire cassée à coups de crosse. Il a un peu de mal à parler. La mâchoire
n'est pas tout à fait bien remise et quelques dents ont sauté...
Un jour il apprend que son père est décédé et enterré depuis quelques temps déjà. Per‐
sonne ne l'avait prévenu. Ça lui pose question mais c'est comme ça. De toute façon, il a
coupé les ponts. Il ne retournera pas voir sa mère non plus. Il va de pays en pays, de
conflit en conflit, croise d'autres enfants et tire...
Et puis, il y a ce gamin dans cette rue, kalach à la main. Il y a aussi le gradé derrière. "
Tire ! Mais tire bon‐sang ! " Et dans sa tête le ras‐le‐bol... Il tire. Le genou du gradé est ré‐
duit en charpie. " Il est pas près de remarcher, je te le dis. "
De là, le mitard. Il ne sait plus quand il fait jour, quand il fait nuit. Le manège de la tor‐
ture psychologique est bien rodé.
Et puis, après 30 ans à obéir, à exécuter les ordres, à encaisser les coups et à retourner
sur le terrain, vient la reconnaissance de la grande muette : " Dégage ! "
Alors il prend son sac, réclame son argent et se tire. Avec sa petite cagnotte, il se paie
une maison. Tout est à refaire dedans mais ça va l'occuper. Et puis il y a un jardin. On
discute de ce qu'il va y faire pousser, des légumes, des fleurs... Il va aussi envoyer un peu
d'argent à son fils. Il pourra se payer de la peinture et des pinceaux comme ça. Thomas
fait des tableaux magnifiques. Il est fier de son fils. Le souci c'est qu'il ne fait que des ta‐
bleaux. C'est souvent comme ça quand on est autiste.
Ça fait déjà un moment que l'on discute. Notre destination est la même et Rennes est dé‐
jà loin. On est tranquille. Sa dégaine et sans doute aussi son odeur caractéristique de ce‐
lui pour qui le savon est un vague souvenir, éloignent les voisins. Je capte les regards
lancés par les voyageurs. Lui fait attention au moindre bruit. " T'inquiète c'est sous cont‐
rôle. "
J'écoute ce futur objecteur de conscience. Il ne sait plus se repérer dans le temps ni
l'espace mais il s'intéresse à la géopolitique même que s'il pouvait il irait aider les tibé‐
tains. Il se dit que partout où il a été, il était sur les terres de ceux qu'il combattait, qu'il
rentrait dans leur maison. Mais qu'est ce qu'il foutait là ?
Je l'écoute parler et lui oublie de boire. 3 gorgées de cette bière en canette pour un trajet
de près de 2 heures. C'est déjà ça de gagner. Ça de moins à mélanger avec son lyrica et
lexomil prescrit pour son coude blessé. La section d'un nerf lui donne des douleurs en
permanence. Mais le chirurgien lui a dit qu'il n'y avait rien à faire alors il gobe ses ca‐
chets et fait avec la douleur.
Je lui dit qu'il y a des choses à faire, que justement je connais certaines techniques. Il ne
sait pas qu'en acceptant de l'écouter, en ne le jugeant pas, en soulignant tout ce qu'il
avait de positif, j'étais peut être déjà en train de le soulager.
On se quitte devant la gare. Il doit aller chez un ancien collègue à lui. Son collègue aussi à
quitté l'armée. Il attend une prothèse pour sa jambe…
Pierre LG
Ça bouge
dans le réseau
"Je suis
Plaidoyer pour l'optimisme, emprunté à Eric‐Emmanuel Schmit :
op timiste
parce que"
Je suis optimiste parce que je trouve le monde cruel, injuste, indifférent.
Je suis optimiste parce que j'estime que la vie est trop courte, limitée,
douloureuse.
Je suis optimiste parce que j'ai fait le deuil de la connaissance, que je sais
désormais que je ne saurai jamais.
Je suis optimiste parce que je pense que tout équilibre est fragile et provisoire.
Je suis optimiste parce que je ne crois pas qu'il y ait des progrès automatiques,
nécessaires, inéluctables,
Je ne crois pas qu'il y ait de progrès sans moi, sans nous, sans notre volonté et
notre sueur.
Je suis optimiste parce que je crains que le pire n'arrive et que je ferai tout
pour l'éviter.
Je suis optimiste parce que c'est la seule proposition intelligente que le
tragique m'inspire
Je suis optimiste parce que c'est la seule action cohérente que le désespoir me
souffle.
Je suis optimiste parce que c'est le seul pari logique que mon esprit peut faire.
Si le destin me prouve que j'ai eu raison d'avoir confiance, j'aurais gagné.
Et si le destin me prouve que j'ai eu tord, je n'aurais rien perdu, mais j'aurais
eu une meilleure vie, plus utile, plus généreuse.
Mmmmhh! Quelle délicieuse saveur âcre!
Ariane
Exemple d'action autour de
abordé, notamment du fait d'une
l' indép endance de la formation intervention de MacDoctor à l'ouver‐
ture du congrès. Cette action nous a
Du 26 au 28 Mars se tenait au Palais permis d'en apprendre davantage sur le dé‐
des Congrès à Paris le 9ème Congrès de la
roulement du congrès, sur les justifications
Médecine Générale. C'est un gros temps de invoquées à la présence des labos et a
rencontre et de formation à l'échelle natio‐ permis de renforcer les synergies avec les
nale pour les médecins généralistes avec
alliés stratégiques à l'intérieur de l'institu‐
une grosse visibilité. Et malheureusement,
tion. Et puis faire des actions, ça rapproche
cette année encore, la liste de leur parte‐
et ça renforce autant que ça ébranle, donc
naires financiers est longue comme le bras. on en redemande !
Sur la page de leur site, on trouve notam‐
ment : Abott, Bayer, Gallia, Lesieur, MacDo‐
nalds (dont on a appris que la participation
s'élevait à 40,000 €), MSD, Nestlé, Novartis,
Pfizer...Bref, personne ne manque pour
s'assurer que la formation des médecins
reste.. indépendante bien sûr !
Le collectif Le Troupe du RIRE" qui a tra‐
vaillé sur le petit livret "Pourquoi garder
son indépendance face à l'industrie phar‐
maceutique" est intervenu à la fin du
congrès pour discuter avec les participants
à l'aide de l'outil "Porteur de parole". Cela
consistait en un question ouverte écrite sur
une grosse pancarte "Qu'avez‐vous appris
aujourd'hui ?" qui permettait d'entamer la
conversation et de cordes tendues où l'on
pouvait attacher les réponses des partici‐
pants. Les discussions étaient libres mais le
théme de l'indépendance était souvent
Ça bouge dans le réseau
Différences entre humanitaire et solidarité; ou comment
HumaPharmaToulouse est devenu SIELPharmaToulouse
(Solidarité Internationale Et Locale)
J'ai assisté à Limoges, au Week‐end Santé Solidarité organisé
par l'ANEPF et l'ANEMF, et animé en partie par MEDSI. J’ai sui‐
vi le parcours Suite à ce congrès je me suis remis en question
et j’ai pris conscience de la signification du nom de l’associa‐
tion à laquelle j’étais affilié : HumaPharmaToulouse. Mais par‐
bleu, de l'aide au développement ou de la solidarité, oui, mais
nous ne faisons pas d'humanitaire!
Je m'explique: au cours de la journée nous avions la possibilité
de participer à différents ateliers, l'un d'eux m'a interpelé par
son titre: "SI, Huma et développement, qu'est ce que c'est?".
Pour commencer, je n'avais pas vraiment compris le titre, aller
à cet atelier m'éclaira donc sur la question. Après un energizer
bien énergisant et convivial, nous entrâmes dans le vif du su‐
jet. Il y a donc plusieurs distinctions à faire entre l'humani‐
taire, l'aide au développement et la SI pour Solidarité
Internationale, chacun de ces termes ayant ses particularités.
Aide humanitaire ?
Une aide des plus riches apportée aux
pauvres me direz‐vous? Ou bien un coup de
pouce des "pays développés" aux pays "en voie
de développement"? Une aide au développe‐
ment, par exemple de nouvelles techniques de
pêche, d'agriculture, apportées aux populations
"dans le besoin" ?
fessionnels qui partent en ayant une bonne
connaissance du terrain, de la culture et de la
population. Voilà comment Rony Brauman, ex‐
président de Médecin Sans Frontière définit
cette aide: "L'aide humanitaire ne prétend pas
transformer les autres sociétés, mais aider ses
membres en période de crise".
Alors nous, étudiants en pharmacie et d'ailleurs,
sommes‐nous capables de réaliser des projets de
Si j'ouvre mon dictionnaire… je ne possède pas cette envergure? Délocaliser un village en temps
de dictionnaire, comme la majeure partie de ma de guerre, apporter des tonnes de vivres lors
génération. Si j'ouvre un nouvel onglet avec wi‐ d'une famine ou bien distribuer des milliers de
kipédia, cette incommensurable base de donnée boites de médicaments… Cela me semble un poil
m'explique la chose suivante: en réalité l'hu‐ difficile.
manitaire est une aide ponctuelle en situation
d'urgence, telle une épidémie, une guerre ou une Après avoir défini l’humanitaire comme une aide
famine. Cette aide est apportée en règle générale ponctuelle en situation de crise, il reste deux
par de grosses ONGs ayant de solides bases ainsi termes à définir: aide au développement ainsi
que de nombreux professionnels.
que solidarité internationale. Les deux se
L'humanitaire peut donc avoir comme syno‐ distinguent de l'humanitaire par leur caractère
nyme "aide d'urgence". Ce sont souvent des pro‐ pérenne.
Aide au développement ?
Commençons par l'aide au développement.
Ce processus vise à améliorer les conditions
de vie de la population locale en apportant
des techniques et connaissances du monde
occidental. Cela reprend le proverbe bien
connu: " Donnez un poisson à un homme et
vous le nourrirez pour un jour. Apprenez‐lui
à pêcher et vous le nourrirez pour toute la
vie."
Cependant l'aide au développement pose le
postulat que les pays du "Nord", "riches" ou
occidentaux sont développés, donc supé‐
rieurs face aux pays "en voie de développe‐
ment". Comme si il n'y avait qu'une seule
possibilité de développement : un développe‐
ment linéaire, uniforme et idéalement iden‐
tique pour toutes les cultures et pays au
monde. Cela suppose aussi que des étrangers
connaissent la solution à un problème local;
alors que souvent ils ne connaissent que très
peu la culture et encore moins les traditions.
Il est souvent arrivé au cours de l'histoire que
des occidentaux imposent leur culture en
voulant bien faire, mais qu'au final leur "aide"
apporte de nouveaux problèmes.
Solidarité Internationale ?
A présent regardons de plus près la Solidarité
Internationale. Son approche se veut plus
systémique, avec un champ d'action plus
large, que ce soit dans notre pays ou à l'autre
bout du monde. Chacun peut être concerné,
que ce soit, des associations, entreprises, col‐
lectifs, ou des citoyens comme vous et moi. Le
but étant souvent de comprendre l'origine du
problème et à travers l'analyse, tenter de dé‐
gager une ou plusieurs solutions.
Reprenons le proverbe de tout à l'heure :
« Donnez un poisson à un homme et vous le
nourrirez pour un jour. Apprenez‐lui à pê‐
cher et vous le nourrirez pour toute la vie.". Il
n'y a plus à manger, nous allons apprendre à
pêcher à une population locale. Quelques an‐
nées passent et nous revenons sur le lieu, qui
est devenu un village de pêcheurs. Cependant
le poisson se fait de plus en plus rare. L'aide
humanitaire pourrait repeupler le lac par
d'autres poissons. L'aide au développement
pourrait apprendre à construire des filets et
des cannes plus performants. Quant à la soli‐
darité internationale, elle tenterait de se ren‐
seigner si les eaux ne sont pas polluées, si la
vente de poisson ne sert pas seulement à
remplir des estomacs à l'autre bout du
monde, et pousserait à la réflexion sur notre
consommation.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire
d’emblée, la solidarité internationale n’im‐
plique pas forcément une action directe sur le
terrain internationale. Elle peut avoir une ac‐
tion ici, à travers l'information et la sensibili‐
sation de la population nationale. Si toutefois,
une action internationale est envisagée, elle
doit remplir plusieurs conditions. Les rela‐
tions avec les acteurs sur place doivent pas‐
ser par un partenariat transparent ainsi
qu'un réel échange. Il est nécessaire de faire
une analyse développée du problème car ces
actions sont souvent difficiles et longues à ac‐
complir. En effet, ce sont des actions qui au‐
ront des effets sur le long terme, qui peuvent
être difficiles à prévoir dans leur intégralité,
et qui ne peuvent être efficace avec seule‐
ment un mois de projet.
Nous, l’équipe SIELpharmaToulouse,
c'est justement ce que nous souhaitons : réali‐
ser des actions sur le long terme, qui soient
développées tout au long de l'année avec des
acteurs sur place. Nous souhaitons aussi par‐
tager d'autres cultures avec les étudiants,
pour faire tomber les préjugés. Nous voulons
mener des actions à Toulouse et en France
pour sensibiliser les étudiants mais aussi fa‐
voriser l'entraide.
Voilà la longue histoire de la transformation
de HumaPharmaToulouse en SIELpharma‐
Toulouse.
Hacquet Romain
Ça bouge dans le réseau
lieu de produire des céréales, des fruits, des lé‐
gumes. Cette réquisition se fait notamment en
Préambule systématique :
Afrique, la plante jatropha pouvant pousser un
Ces articles, rédigés dans le cadre de pôle Envi‐ peu partout comme une mauvaise herbe,
ronnement d'EBISOL, représentent l'avis indivi‐ privant les populations locales d'espace
duel des rédacteurs. Ils peuvent être cultivable pour pouvoir se nourir et subvenir
humoristiques, dramatiques ou catégoriques, aussi à leurs besoins financiers en vendant le
mais tous ont pour objet d'interpeller et de fruit de leur labeur.
faire naître la discussion autour des thèmes
abordés par le pôle Environnement. Vous êtes ‐ dégradation de l'environnement : effet de
tous invités à proposer des articles et animer serre, dérèglement du climat, réduction de la
les controverses.
biodiversité (voir le film‐documentaire "Le
Bonne lecture :)
monde selon Monsanto"), pollutions diverses
entrainant la dégradation de la santé des popu‐
"Étant donné l'état actuel de l'agriculture dans lations.
le monde, on pourrait nourrir 12 milliards
d'individus sans difficulté. Pour le dire autre‐
ment, tout enfant qui meurt actuellement de
faim est, en réalité, assassiné." Jean ziegler
Objection, votre honneur !
Nous vivons dans l'opulence.
Et en essayant de nourrir chaque jour un peu
plus l'avidité de chacun nous détruisons les
liens séculiers unissant l'Homme et la nature,
en plus de nuire aux populations plus pauvres.
Il est classiquement admis que si chaque per‐
sonne sur Terre vivait comme un Européen, il
faudrait entre 3 et 8 planètes terres pour pour‐
voir à leurs "besoins".
Je critique donc la société de la croissance à
partir de cette inadéquation. Voici quelques
problèmatiques dues au modèle de consomma‐
tion et de production actuel, que nous pouvons
soulever :
‐ l'épuisement des ressources énergétiques
et notamment le pétrole (cf : pic de Hubbert), le
gaz, l'uranium mais aussi le charbon. Face à cet
épuisement énergetique une des solutions du
modèle consummeriste a été la "création" des
agrocarburants, ces carburants issus de ma‐
tières naturelles, organiques comme l'huile, le
sucre ou des plantes (jatropha). Le problème
majeur rencontré est d'une part la complai‐
sance dans un système qui veut consommer
toujours plus au lieu d'entreprendre un change‐
ment de consommation plus sain pour soi et la
planète et d'autre part la réquisition de terres
arrables pour la production de carburant au
‐ évolution des modes de vie : transports (de
personnes mais aussi de nourriture), traite‐
ment des déchets (et ils sont nombreux), ali‐
mentation : obésité dans les pays "développés",
malnutrition dans les pays pauvres (vous pou‐
vez aller voir ou revoir le travail fait en anglais
sur Obesity pour avoir plus d'infos, cf aussi le
film "super‐size me")
‐ Exploitation des ressources des pays du Sud
au profit du Nord, ressources énergétiques et
minières, ressources agricoles. Exploitations
considérées parfois comme néo‐coloniales. Par
exemple le Niger fournit de l'uranium en abon‐
dance à la France tout en étant l'un des pays les
plus pauvres du monde, cinquante ans
après l'indépendance. Des accords ont été
signés en 1961 pour assurer une exclusivi‐
té à la France de l'uranium nigérien en
échange d'un soutien militaire pour la dé‐
fense du pays sans engagement d'inter‐
venir en cas d'aggression extérieure.
‐ La répartition inéquitable de l'accès aux
ressources et aux richesses produites dans
les pays développés et entre les Nord et les
Sud.
Je pense sincèrement que notre modèle ac‐
tuel de société, totalement dématérialisé,
n'est pas viable. Je ne pense pas que le
"business" va éliminer la faim. Je ne pense
pas que le business va éliminer la pauvre‐
té. Je ne pense pas non plus que le busi‐
ness va éliminer la maladie.
natives ont été pensées, le sont ou le se‐
ront. Le plus important reste la prise de
conscience individuelle, prélude à la prise
de conscience collective.
Nous avons le choix, nous pouvons chan‐
ger notre façon de consommer, moins et
mieux, de façon à limiter notre impact sur
notre biosphère.
Si jamais vous avez des idées que l'on
pourrait appliquer à notre fac ou juste une
envie d'en discuter, avec le pôle environ‐
nement, Ebisol et plus encore, je vous in‐
vite à nous contacter ou à venir nous voir !
Karim, pôle environnement
Face à ces problématiques plusieurs alter‐
Un jardin botanique à Grenoble
Comme une envie
irrépressible
de
fouler l'herbe de mes pieds nus. Comme
une nécessité vitale de sentir la nature
autour de moi.Certains me traiteront de
hippie. Je suis seulement allergique à
l'urbanisme. Ou intolérante, je n'ai jamais
bien saisi la différence...Besoin d'un jardin
surtout, et de jardiner?Communiquer avec
la vie végétalequi m'entourequi ne
m'entoure pas. Faire vivre la vie dans mon
petit appartement, essayer d'amener le
dehors dedans, quitte à rester dehors. Ça
me prend aux tripes, c'est la seule façon de
digérer ce trop plein urbain pour ne pas lui
gerber des‐sus. La seule façon de m'aérer la
tête, pour éviter les migraines. C'est la seule
façon de suppor‐ter de vivre en ville.Voici
pour le commencement.Ensuite, ce n'est
qu'un enchainement d'idées, d'envies, de
motivations, et d'opportunités.L'idée de se
réapproprier le parc de la fac, qui a croisé
l'envie de mon prof de botanique de mettre
en place un jardin botanique.Ma motivation
à ne pas passer mon concours d'internat,
pour prendre du recul et le temps
Besoin de vert
d'observer la direction où je vais. C'est
important de lever la tête pour regarder la
route, sur‐tout en pleine course, ça serait
bête de se tromper, non ? Parce que les
jambes ça ne réfléchit pas, c'est
mécaniquement automatique, ça pédale.Et
enfin les opportunité, celles qui sont
fortuites, et celles qu'on se crée.C'est pour
toutes ces choses‐là qu'à la rentrée, au lieu
de m'enfermer à la BU pour réviser
l'internat, je vais me libérer dans le parc
pour monter un projet de jardin botanique
pédago‐gique.Ceci est un message de
libération de l'esprit et du corps, et de
réappropriation des jardins pu‐blics et de
notre avenir. Réfléchis bien à ça toi qui me
lis : il faut toujours être certain qu'on est
bien celui/celle qui a décidé de la direction
où l'on va, et que personne d'autre n'a de
contrôle sur ça. Comme une plante grandit
naturellement, sans engrais chimique et
sans désherbage, pour aller là où elle se
plaît le mieux, comme elle se plaît le mieux.
Marine, Grenoble, août 2013.
Expérience
"Quand ça fait
O
CRAC"
h oui, un espace d’expression !! Mais
qui donc va me lire ? Qui ? Encore des
étudiants du monde associatif, des
gaucho que j’ai déjà croisé ? Pfou allez
peu importe, brûlons tout, tout!
A commencer par les examens, les
stages, les étudiants foutus, les chefs
paternalistes... Laissons seulement les
patients tranquilles, ruminer sur leur
lit qui monte et qui descend. Quoi alors
oui j’admets, j’ai un peu forcé sur le
porto (oui c’est pas trop cher, c’est bon,
et ça change !), mais quand même, il
faut que je raconte.
Hier, j’ai craqué, j’ai pas bossé. J’en
pouvais plus, c’est comme ça, y’a des
jours, ça ne s’explique pas, tu dois
travailler, il le faut, mais ton cerveau il
est pas en forme, il ne demande qu’à ce
qu’on le laisse tranquille. Ca veut dire
regarder le petit journal, ça veut dire
lire une connerie, flâner sur des sites
bizarres genre brûle ta fac, revoir son
propre blog...
Aujourd’hui, partiels. Alors voilà,
comme d’habitude, comme chaque
année, à chaque module, chaque pôle,
chaque UE, il n’y a jamais plus de 10
questions. Et dans ces questions,
parfois il ne faut mettre qu’un mot – ce
qu’on appelle un mot clef. Tout le reste,
on s’en branle, c’est du blabla. Le blabla
ça fait pas de toi un médecin
compétent, qui saurait exactement
comment agir et quoi dire au patient.
Même dans la copie on te force à te
déshumaniser. Même pour l’éducation
du patient c’est un protocole. ACATO :
Adhésion, carnet de suivi, auto‐
surveillance, technique spécifique,
objectifs du traitement. Et alors dans
ces 10 questions, y’a un chapitre de ta
matière, parfois un demi, ou même un
quart. Et dans ta matière il y a 40
chapitres. Tu rates, tu recommences. Tu
rates encore, tu redoubles. C’est en
faisant des erreurs qu’on apprend ??
non non non... faut pas déconner, c’est
pas toujours valable. Alors voilà que tu
te lâches tous tes nerfs le midi avec tes
potes en avalant ton sandwich avant
l’épreuve de LCA. Et puis le lendemain
ça passe. Tu oublies. Tu ne fais rien.
Qu’est ‐ ce que tu pourrais faire de toute
façon ? Gueuler devant le bureau du
doyen pour réclamer des examens
décents, te permettant de montrer ce
que t’as dans le cerveau ? Demander à
ce qu’on reconnaisse tes compétences
PRATIQUES, ce que tu fous en stage, ton
investissement, ta curiosité, ton
ouverture
d’esprit,
ton
questionnement... qui s’intéresse à tout
ça ? qui va se demander si tu te poses la
question de savoir si réanimer « le vieux
de la 16 » qui est chez nous depuis
presque deux mois c’est bien ou mal ?
personne. Parce qu’au 21ème siècle, on
t’évalue sur tes compétences. C’est
d’ailleurs dans les services où on sauve
des vies que la compétitions entre les
médecins est grandiose.
Lui il ne sait pas le gérer trucmachin qui
maintient la pression du poumon dans
un système fermé pour permettre aux
alvéoles de blablabla ... alors il est nul et
con. Puis son torse est moins en avant
que nous alors que ses chevilles son
gonflées à bloc. Faites le pisser !
A études débiles je réponds article
foireux, et ça fait du bien.
Demain, je bosse, et vous ?
Milgram
à l' hôpital
Ils étaient deux, l'interne et l'infirmière,
pour la maintenir fermement dans la
bonne position pendant que la chef de
service lui enfonçait des seringues de bé‐
tadine dans l'anus pour nettoyer sa cica‐
trice. La patiente hurlait, avait mal, elle se
débattait. « Non mais Mme M. on vous
touche à peine là ! »...
« C'était bien la peine de vous opérer si
vous ne vous laissez pas faire ! »...Voilà les
réponses que donnait la chef de service
aux cris de douleurs de Mme M. Moi pen‐
dant toute cette scène je servais la béta‐
dine à la chef.
La réaction de tout être humain normale‐
ment constitué aurait été selon moi de re‐
fuser de servir la bétadine, ou bien de dire
quelque chose, demander que l'on admi‐
nistre des antalgiques à cette pa‐
tiente...bref réagir. Et pourtant je ne l'ai
pas fait. Ma seule préoccupation sur le
moment était de contenter la chef de ser‐
vice : lui servir le plus vite possible le ma‐
tériel dont elle avait besoin pour sa scène
de torture. Je me rendais bien compte que
la situation n'était pas normale mais vrai‐
ment je pensais en priorité à ce que je de‐
vais faire pour aider la chef.
Une fois la scène terminée, les trois autres
sont vites sortis de la chambre et je n'ai
pas pu en faire autant. Je suis restée face à
face à la patiente. Je ne savais pas quoi lui
dire : je me sentais aussi honteuse qu'elle
se sentait humiliée. En tout cas, son re‐
gard, je m'en souviendrai.
Ce n'est que quelques jours après que j'ai
repensé à cette scène et réalisé l'ampleur
de sa violence.
Au quotidien en stage je me soumets, me
prosterne presque, pour satisfaire des
gens placés au dessus de moi dans la hié‐
rarchie pour...pourquoi ? Je ne sais pas
trop. Je crois que je n'ai pas envie d'entrer
en opposition avec eux, j'ai peur d'af‐
firmer mes valeurs. Et puis c'est une habi‐
tude, acquise depuis longtemps dans mon
éducation personnelle et collective
d'obéir à celui qui est au dessus sans re‐
mettre en cause son pouvoir.
Expérience
ressenti vis‐à‐vis de leur personnage
mais aussi vis‐à‐vis de nous, médecins. En
plus de ce retour général, qui nous per‐
met de profiter des erreurs des autres
sans les désigner, on a chacun droit à une
évaluation personnelle par chaque « pa‐
Buna ziua le réseau !
tient » (à laquelle je n’ai pas encore ac‐
cès). De plus, on a été filmé, et il nous
Je saisis mon clavier pour vous faire part sera donné la possibilité de se regarder
d’une expérience pédagogique à laquelle faire les consultations (seulement les si‐
j’ai participé dans le cadre de mon stage ennes).
en médecine interne à Nantes en 3ème Une mini‐réunion avec un professeur est
année : La consultation simulée sur ac‐ également prévue, plus axée sur la partie
teur !
sémiologie pure.
Pour présenter les choses en deux mots : Tous les camarades de promo avec qui
durant une matinée complète, nous nous j’en ai parlé sont d’accord pour dire que
jouons le rôle d’un médecin généraliste. cette expérience a été intéressante, riche
Un (petit) cabinet est mis à notre disposi‐ et formatrice. Au‐delà de l’apprentissage
tion avec le matériel nécessaire à un exa‐ sémiologique, j’ai pu découvrir que j’avais
men clinique. Nous avons 8 consultations une vision assez différente du médecin
de prévu, avec pour chacune un temps généraliste (très hospitalière) par rap‐
imparti de 15 minutes durant lequel nous port à mes collègues, que la limite de
devrons pratiquer (plutôt que jouer) en temps avait eu tendance, bien malgré
tant que médecin généraliste. Les pa‐ moi, à cibler la maladie en shuntant
tients sont joués par des comédiens pro‐ légèrement l’histoire personnelle du pa‐
fessionnels
qui
nous
tient (à voir avec l’évalu‐
observent et nous évaluent "Comme quoi, des ation du comédien) alors
selon des critères prédéfinis. fois, nos professeurs que c’est justement ce que je
Nos objectifs sont d’établir
reproche à la médecine ac‐
ont des idées
un diagnostic aussi précis
tuelle. J’ai aussi pu voir l’im‐
brillantes
et
savent
que possible, savoir gérer
pact des mots (cancer,
les
appliquer
!"
notre patient, être capable
parkinson…), et comment il
de lui expliquer ce qu’on fait,
est difficile de se détacher
et quelle sera la suite de sa
du jargon médical quand on
prise en charge. Sur le plan du diagnostic, explique à un patient. J’ai expérimenté la
l’important n’est pas tant d’avoir un peur de se planter de diagnostic, d’oubli‐
véritable diagnostic que de savoir faire er quelque chose, et la manière de faire
avec l’incertitude omniprésente tout en avec face au patient afin de ne pas le per‐
répondant à l’attente du patient que l’on a dre. J’ai senti la pression d’un patient qui
en face de nous.
n’en peut plus, et veut absolument un
Là où l’exercice fut particulièrement médicament. Et beaucoup d’autres
réussi, c’est que ces patients sont, d’une choses…
part, excellemment joués et, d’autre part,
extrêmement fouillés : ils ont tous une Comme quoi, des fois, nos professeurs
histoire personnelle riche et des person‐ ont des idées brillantes et savent les ap‐
nalités propres bien marquées (parfois pliquer !
variables selon le comédien pour un
même personnage, ce qui rend chaque Pour celles et ceux qui sont intrigués par
consultation unique).
les consultations simulées, n’hésitez pas à
L’un des grands intérêts réside dans le re‐ me contacter : clem.alidadi@hotmail.fr
tour que peuvent nous faire les comédi‐ Sur ce, bonne continuation !
ens en fin de matinée, à la fois sur leur HADDADI Clément
Consultations
simulées
Les temps
Ré fle x
i
ons
modernes
Pourquoi t'inquiètes‐tu ?
‐ Parce que je suis malade.
Pourquoi t'inquiètes‐tu ?
‐ Parce que la maladie me fait peur.
Pourquoi as‐tu peur ?
‐Parce qu'ils m'ont dit que c'était dangereux.
Pourquoi as‐tu peur ?
‐ Parce que je crois que c'est dangereux.
Pourquoi as‐tu peur?
‐Parce que si c'est dangereux c'est pas normal.
Qu'est‐ce qui est normal ?
‐C'est d'être en bonne santé.
Qu'est‐ce que la bonne santé?
‐C'est quand on va bien.
Pourquoi ne vas‐tu pas bien ?
‐Je l'ai déjà dit : parce que je suis malade.
Pourquoi ne vas‐tu pas bien ?
‐Parce que ce n'est pas agréable.
Qu'est‐ce qui est agréable ?
‐C'est pouvoir contrôler sa maladie et rester en bonne santé.
Pourquoi es‐tu malade ?
‐Parce que je ne contrôle pas.
Pourquoi es‐tu malade ?
‐Parce que ce sont eux qui contrôlent.
Prise au dépourvu, je suis dépos‐
sédée de ma santé. La peur de la maladie,
de la mauvaise santé, m'empêche de rais‐
onner.
Je me laisse contrôler, je passe les rennes
parce que je ne sais pas guider. Je fais
confiance sans savoir, sans connaître; je
ne réfléchis plus. Certes je connais les
embûches, les conséquences, les enjeux;
j'ai déjà commencé à découvrir le sys‐
tème et je le dénonce ouvertement. Mais
là impossible de réfléchir, la panique
l'emporte, et la fatigue aide. Je ne sais pas
quoi faire, et ce n'est plus le moment
d'apprendre, alors je laisse les autres me
soigner même si je sais que ce sera mal
fait, selon ma propre considération du
soin. Je joue le jeu et je me prends au
piège. Dur de faire marche arrière quand
la machine est lancée. On a dépensé pour
rien, on a cautionné;
v'là‐t‐y pas que la culpabilité s'y met aus‐
si et là c'est le gros lot. Au mal‐être du
mal‐soin vient s'ajouter le malaise du
mauvais choix.
Il faut tellement d'énergie aujourd'hui
pour aller à contre‐courant. On est em‐
barqué dans cette machinerie infernale
qui ne s'arrête jamais. On ne nous offre
pas la possibilité de nous échapper.
De rares chemins de traverse sont vis‐
ibles, on les croise rapidement mais c'est
souvent trop tard. Il faudrait apprendre à
prendre du recul, à comprendre là où ils
nous emmènent et à savoir où sont les al‐
ternatives. Il faudrait être capable de tout
ça si on veut avoir l'énergie de faire nos
propres choix.
Réflexions
Transhumanisme
Je vous propose quelques cas cliniques permettant d'aborder ce que pourrait être notre
rôle de soignant vis à vis des technologies transhumanisantes. Ces cas sont suivis d'une
définition du transhumanisme, et des réflexions que j'ai pu entamer sur le sujet.
Cas n°4 : Contrôle de la personnalité
« Certains TOC sévères se soignent déjà grâce à des implants neuronaux, on traite la dé‐
pression par des pilules et autres comprimés.
Dans un futur proche :
Vous voyez Mme B. N'Abid à votre cabinet qui vous présente le problème suivant :
« Je suis pas assez réactive. Je m’adapte pas suffisamment vite pour réussir à comprendre les
enjeux d’une discussion. En fait, je crois que je suis trop émotive, j’ai souvent des baisses d’ac‐
tivités, genre petites déprimes, qui font que pendant toute une période, j’arrive pas à être effi‐
cace comme je le voudrais.
J’aimerais bien pouvoir bloquer ces sensations quand je travaille. Je vois bien que ça interfère
beaucoup trop avec la qualité de mes productions. Moduler mes humeurs, quoi... mais juste au
boulot ! J’ai envie de vivre normalement, mais pas non plus de me laisser dépasser par mon
psychisme. Quand mes émotions débordent, je ne contrôle plus mon corps. »
Comment réagissez‐vous ? Accédez‐vous à sa requête ? Si oui, sous quelles conditions ? »
La non‐violence
1947 : L'indépendance de l'Inde
années 50 : indépendance du Ghana, de la Zambie et du Congo belge
1955 : début du combat des noirs américains pour les droits civiques, avec Rosa Parks
et le boycott des bus de Montgomery (États‐Unis d'Amérique)
1957 Création de l'Action Civique Non‐Violente menée par Joseph Pyronnet qui proteste
contre la guerre d'Algérie (France)
1961 : Création d'Amnesty International
1968 : Dom Helder Camara lance Action Justice et Paix pour protester contre la
dictature (Brésil)
1972 : Jeûne de Lanza Del Vasto en soutien aux paysans du Larzac qui vont lutter 10 ans
pour empêcher leurs terres de devenir un camp militaire (France)
1977 : Les mères « folles de la place de mai » protestent contre la disparition de leurs
enfants et petits‐enfants enlevés par la junte militaire au pouvoir (Argentine)
1980 : Création de Solidarnosc, premier syndicat indépendant à l'Est du rideau de fer
(Pologne)
1989 : Le Dalaï‐lama reçoit le prix Nobel de la paix pour sa lutte non‐violente contre
l'annexion par la Chine du Tibet
1989 : Révolution de velours en Tchécoslovaquie. Vaclav Havel devient président
1989 : Les étudiants de la place Tiananmen (Chine)
1991 : Aung San Suu Kyi est prix Nobel de la paix (Birmanie)
La
non‐violence, qu'est‐ce que c'est ?
Les réponses qui viennent spontanément
sont plutôt connotées négativement avec
l'idée de refuser le combat « c'est être gentil,
ne rien dire », « c'est être résigné, passif »,...
Sauf que la non‐violence est aussi associée à
des luttes qui ont permis des progrès soci‐
aux sur la quasi‐totalité des continents (cf.
historique non exhaustif ci‐après) Alors
comment définir la non‐violence ?
‐ Comme un courant de pensée, dont les
théoriciens seraient Léon Tolstoï et Henry
David Thoreau, ayant pour objectif de délé‐
gitimer la violence ?
‐ Comme une façon d'être face au conflit où
la solution, l'objectif final n'est pas de vain‐
cre mais de se réconcilier ?
‐ Comme une stratégie d'action politique
pour lutter contre toute forme d'injustice ?
‐ Ou les 3 à la fois ?
encé par Gandhi et son combat dira lui qu'un
« homme qui ne veut pas mourir pour
quelque chose n'est pas capable de vivre ».
C'est là que les détracteurs de la non‐viol‐
ence voient une faille, refusant l'idée d'être
attaqué et de ne pas se défendre, de se laiss‐
er violenter sans réagir. Et c'est là qu'ils se
trompent. Gandhi le démontre lui‐même en
soulignant : « Je ne peux que préférer la viol‐
ence à l'attitude de celui qui s'enfuit par
lâcheté. » Mais il souligne « La non‐violence
suppose avant tout qu'on est capable de se
battre. Mais auparavant, il faut consciem‐
ment et délibérément réprimer tout désir de
vengeance » Là est la nuance : Lutter pour
gagner sa dignité, sa liberté oui ! Mais pour
anéantir l'autre, non ! L'idée est de ne plus
être victime sans pour autant devenir bourr‐
eau... Combat des plus difficile car il se joue à
l'intérieur de chacun d'entre nous, avec pour
Henry David Thoreau théorise le objectif final de faire des Hommes des êtres
premier sur le devoir de désobéir à une plus humains...
règle sociale injuste dans son essai « La
Désobéissance civile » paru en 1849. Puis On pourrait alors croire que la voie de la
Tolstoï publie en 1883 « Le Royaume des non‐violence conduit vers celle de la spiritu‐
cieux est en vous », dénonçant la violence de alité et de son intériorité. Probablement,
la vie sociale par opposition à l'Amour prôné mais pas seulement ; car toute lutte non‐vi‐
dans les Évangiles. Ces 2 ouvrages vont mar‐ olente est avant tout une lutte collective où
quer profondément Gandhi qui, dès 1906, un groupe indigné par une situation qu'il vit
lance en Afrique du Sud où il est avocat, la comme injuste, refuse de participer de
première campagne de désobéissance civile quelque manière que ce soit au maintien de
contre les discriminations dont sont vic‐ cette situation, manifeste publiquement,
times ses compatriotes. C'est dans un de ses mais sans violence, son désaccord et accepte
articles qu'apparaît pour la première fois en d'assumer les conséquences de cette opposi‐
1921 le mot « Ahimsa », traduit en français tion (agressions, procès, condamnation, etc.)
par « non‐violence ». Rentré en Inde, il se
consacre à la lutte pour l'indépendance de Les exemples sont nombreux dans l'histoire
son pays qu'il obtient en 1947 après du XX siècle (cf. historique non exhaustif ci‐
plusieurs séjours en prison, des jeûnes, des après) et ils nous interrogent : Voulons‐
boycott et des manifestations immenses ay‐ nous, nous aussi, nous inscrire dans cette
ant mobilisé tout un peuple mais sans guerre histoire de la non‐violence ? Et si oui, com‐
armée avec l'occupant britannique
ment ? Car ce ne sont pas les combats qui
« Des fleuves de sang devront peut‐être manquent ni les moyens (car « la fin ne justi‐
couler avant que nous acquérions notre fie pas les moyens, la fin est dans les moyens
liberté, mais il faut que ce soit notre sang » » Gandhi)... Alors qu'attendons‐nous ?
Cette citation de Gandhi met en exergue
deux notions fondamentales, pour toute Cet article ne présente qu'une vérité relative
lutte non‐violente : le refus de blesser et vise à ouvrir le débat... Pour toute ques‐
l'Autre, l'adversaire et surtout, l’acceptation tion/réflexion,
du sacrifice de sa propre vie pour une cause c'est par là mathilune@voila.fr. Et ce sera
à laquelle on croît. Martin Luther King, influ‐ avec plaisir
À
voir, lire
écouter
ni poisson (ce qui peut être difficile à
trouver...) et attendez leurs réactions et
commentaires : ça ne passera jamais in‐
Faut‐il manger les animaux ? De aperçu et lancera le débat à coup sûre ;)
Jonathan Safran Foer
Manger des animaux donne de la force et
ou questionner ses habitudes...
est bon pour la santé (et on sait que
« être en bonne santé » est une chose
Quand on lit le titre de ce livre on pense primordiale dans notre société).
d'emblée qu'il s'agit d'un pamphlet
dénonçant la consommation de viande, Et si nos choix alimentaires étaient des
une ôde au végétalisme, un plaidoyer actes politiques ?
pour le végétarisme, voir pire, le végétal‐ L'enquête de JSF l'a mené dans des él‐
isme. En fait c'est un peu plus complexe evages intensifs industriels, dans des
que ça.
abattoirs, dans des complexes de l'indus‐
JSF, à l'occasion de la naissance de trie agro‐alimentaires... il a remonté la
son fils, a remis en cause son régime ali‐ chaîne entre l'animal et notre assiette.
mentaire composé de viande ou
Concentration des animaux,
de poisson quotidiennement.
modifications génétiques à la
Alors qu'il voyait la vie devant
recherche d'animaux « per‐
lui, il s'est questionné sur ce qui
formants », conflits d'intérêts
était mort dans son assiette.
avec l'industrie pharmaceut‐
Plus qu'une simple enquête sur
ique (les animaux consom‐
les conditions de production de
ment des ATB comme on boit
notre alimentation, Faut‐il
de l'eau, ils nous rendent mal‐
manger les animaux ? , est un
ades et nous obligent à con‐
véritable outils de réflexions et
sommer à notre tour des
questionnements
philo‐
médicaments) course au pro‐
sophiques. Car s'interroger sur
ductivisme, travail à la
ce qu'il y a dans notre assiette
chaîne....tout cela est sympto‐
revient à s'interroger sur ce que
matique de notre modèle de
nous sommes, sur notre iden‐
société capitaliste qui prend
tité d'être humain, sur ce qui nous la croissance comme indicateur de
différencie
des
animaux
(ou développement.
pas...l'Homme est un animal au même Ainsi refuser cette alimentation c'est se
titre que la vache ou le saumon ainsi battre contre un modèle qui met en péril
manger les animaux ne serait‐il pas une l'environnement et notre santé.
façon de renier notre essence et d'af‐
firmer notre supériorité?).
En conclusion faut‐il manger les an‐
Il nous rappelle aussi que notre alimenta‐ imaux ?. JSF ne nous donne pas de ré‐
tion fait partie de notre culture, à la fois ponse tranchée bien que lui ait fait son
collective et familiale. Ainsi partout dans choix. Il nous invite seulement à réfléchir
le monde la rapport aux animaux et donc sur un acte que nous faisons quotidien‐
la consommation de ceux‐ci n'est pas nement pour notre plus grand plaisir.
pareil. Nos habitudes alimentaires sont Vous ne fermerez pas le livre dégoûté de
aussi un héritage familiale.
la viande (JSF rencontre aussi des
Manger des animaux est un fait banal et éleveurs qui respectent leurs bêtes et
presque obligatoire dans notre société. s'efforcent de produire de la viande dans
Essayez une fois d'aller à la cantine ou de de bonnes conditions).
faire une bouffe dans un resto avec des
amis, commandez un repas sans viande
Enjoy poverty
Voilà un film difficile à classer, difficile
aussi de donner son avis, de trouver les adjectifs
qui collent.
Les images, on les connait : Congo, enfants
dénutris, cadavres, femmes violées, organisa‐
tions humanitaires, journalistes... Ce qui est
moins habituel, c'est la façon d'intriquer ces im‐
ages, le point de vue pris et la position du journ‐
aliste qui va se mettre lui‐même en scène.
Renzo Martens observe les journalistes occi‐
dentaux qui photographient de leurs appareils
High‐tech des travailleurs exploités dans les
plantations pour quelques dollars par mois. Il se
dit que les pauvres restent pauvres alors qu'au‐
tour d'eux se met en place un système où cer‐
tains exploitent la pauvreté. Il va alors proposer
aux pauvres de s'exploiter eux‐même, d'utiliser
leur seul capital : leur pauvreté ! Enjoy Poverty !
Et si le plus dérangeant n'était pas la position du
réalisateur mais les questions qu'il amène à se
poser ? Le film nous confronte à une dure réalité
que nous ne voulions pas voir ou du moins pas
de façon si brutale, si crue. Renzo Martens se
garde bien d'apporter une critique virulente de
ce système. D'ailleurs, il reconnait que lui‐même
y participe. Lorsqu'on s'apprête à critiquer sa
démarche, on se heurte à notre propre rôle dans
ce système. Ne sommes nous pas trop naïfs ?
Avons‐nous réellement cru que quelques ONG
allaient enrayer toutes les misères du monde
avec la plus grande charité ? En laissant faire de
la pauvreté une ressource, ne cautionnons nous
pas ce système ?
Ce film qui secouera sans doute les convictions
personnelles est intéressant à confronter à la
réalité de nos Associations de Solidarité Inter‐
nationale. Les questions qui en découlent sont
nombreuses et seront sans nul doute source de
débats lors du montage de vos projets...
Pierre Le Grand
Economix
En tant que bon Medsiens quand on vous
dit «economix» vous pensez tout de suite à la fa‐
meuse animation (vécue par certains au CN de
Grenoble) qui nous présente différents cou‐rants
économiques (néo‐libéralisme, dévelop‐pement
durable et décroissance) et nous les fait mettre
en pratique au sein de petites scé‐nettes.L'
Economixdont je vous parle est une bande
dessinée qui, comme le jeu, tente de rendre les
sciences économiques accessibles, amusantes et
compréhensibles pour tous. Les 250 pages
retracent l'histoire de l'économie mondiale (et
plus particulièrement celle des USA) depuis la
naissance du capitalisme à la crise de
2008.Pourquoi lire une BD sur l'économie (non
mais
sérieusement!)?Pour
comprendre
comment notre économie fonctionne: d'où elle
vient, qui la fait, quelle influence elle a sur la
société et les poli‐tiques...Parce que tout ça
devrait nous être en‐seigné à l'école afin de faire
de nous de meil‐leurs citoyens, nous rendre plus
forts et plus critiques face au monde qui nous en‐
toure...Pour apprendre des choses qui feront que
vous vous endormirez moins bêtes en al‐lant
vous coucher comme(au hasard): «quand je mets
les sous dont je me sers pas au chaud à la banque
bah en fait celle‐ci elle s'en sert pour le prêter,
avec des intérêts, à d'autres gens qui en ont
besoin pour réaliser leurs projets...» Beau de
solidarité, non? Enfin...faut voir ce qui se cache
derrière ;) **MR*Toute référence à la chanson
très populaire d'une jeune rappeuse française
est à exclure.** Non mais c'est bon n'allez pas
croire que je suis totalement naïve. Je le savais
que ma banque se servait de mes sous mais c'est
juste que ma banquière, quand j'ai ouvert mon
compte, elle me l'a pas dit aussi clairement qu'
economix!
Le Baiser de la femme-araignée
De même qu’un miroir brisé offre une
multitude de reflets d’un même objet, le ro‐
man écrit en 1976 par Manuel Puig rend
compte de la richesse des fragments que
nous sommes : chaotiques, contradictoires,
féminins, masculins, aspirant à la liberté ou à
la servilité. Ici, l’amour serait ce qui réunit,
réconcilie ces fragments de notre personne
tels les récits imbriqués et juxtaposés com‐
posant Le baiser de la femme araignée.
L’écriture y passe du dialogue très terre à
terre de Molina, condamné pour détourne‐
ment de mineur, et Valentin, jeune guérillero
tous deux détenus dans une prison de
Buenos Aires, à la description captivante, de
films des années 40 ; du rapport de police au
rêve. Son roman peut être lu en modifiant
l’orientant du miroir : un échange de parole
entre codétenus devient la symbolisation des
rapports femme‐homme dans un couple
voire la dualité masculin‐féminin d’une
même personne. Parmi les références que
donne l’écrivain, cette citation de Making of a
counter culture, « Naissance d’une contre‐
culture » écrit en 1970 par Theodore Roszak,
sociologue et historien:
« La femme la plus désespérément avide de
libération est la « femme » que chaque
homme porte enfermée dans le cachot de sa
propre psyché. C’est cette forme de répres‐
sion qu’il faut éliminer ; de même en ce qui
concerne l’homme entravé qu’il y a dans
toute femme. »Sœur Marie
Musique
Elle a un style particulier, un univers
bien à elle et pourtant je me retrouve dedans.
Klô pelgag, est une artiste Canadienne, au doux
accent québecquois, qui fait frissoner mon
oreille, qui me fait rêver à moitié réveillé et
voyager dans mes pensées.
L'alchimie des monstres est son premier album
et évoque chez moi bizarrement des émotions
ou des intérrogations que je retrouve en stage.
Enfin dans mes amis chacun le ressent différe‐
ment, on aime, ça nous surprends mais on ne
saurait pas vraiment dire pourquoi.
Klô Pelgag
"Je m’efforce à faire de mes chansons un paysage
pour les aveugles. Je veux que la musique et les
mots se confondent. Que l’un n’existe pas sans
l’autre"
Interview de
Anne Perraut Soliveres
En début d’après midi, je retrouve Anne assise à une terrasse de la cafétéria avec sa petite
valise, en train de terminer son déjeuner.
La première fois que je l’'ai rencontrée, c'était au congrès MEDSI à Marseille, en 2011. Elle
est restée tout le week‐end avec nous, elle a participé aux animations, elle a partagé son ex‐
périence, elle a dormi dans notre chambre, elle nous a entendus rentrer alcoolisés au milieu
de la nuit... toujours avec le sourire, comme une «grand‐mère» qui se réjouit devant la jeun‐
esse qui s’interroge, qui partage des choses à penser... une sorte de formation horizontale!
Cette ancienne infirmière cadre de nuit est une sacrée militante. Elle ne se dit pas «défrich‐
euse du monde entier» mais elle «fait sa part». Lorsqu'elle s'est présentée au congrès, elle a
dégagée une énergie incroyable. Nous étions fatigués de l'intensité duweek‐end (ah les con‐
grès Medsi...) mais sa prestance nous a réveillés.
Auriane Marzouk : Comment es‐tu ar‐
rivée à Marseille et qu’est‐ce qui t’as
marquée dans ta rencontre avec les étu‐
diants de l’associa‐tion MEDSI?
Anne Perraut Soliveres : Je ne suis pas
sûre que c’était moi qu’on voulait abso‐
lument mais j’étais la seule à pouvoir
venir! Je ne savais pas qui vous étiez, ni
ce que je pouvais faire avec vous. Des
jeunes médecins qui ont envie de dis‐
cuter avec des vieux, je ne savais pas que
ça existait! Il y avait une grande cu‐rios‐
ité de mon expérience d’infirmière,
j’avais l’impression d’être une grand‐
mère qu’on questionne. J’ai toujours eu
de très bonnes relations avec les méde‐
cins parce que j’ai tou‐jours eu de l’em‐
pathie pour eux, comme pour les
patients.
«Pour moi être
militante, c'est ne
jamais céder sur ses
valeurs »
AM : Oui, finalement tu as fait une sacrée
carrière: infirmière, puis infirmière
cadre supérieure, praticien‐chercheure,
doctorante en sciences de l’éducation,
directrice de ré‐daction de la re‐
vuePratiques, les cahiers de la médecine
utopique, auteure du livre, Infirmière, le
savoir de la nuit... tout ça tourne beauc‐
oup autour de l’écriture. Quand as‐tu
commencé à écrire?
APS: J’ai tout de suite voulu apprendre à
lire et à écrire et j’écris depuis que je sais
écrire! On n’avait pas beaucoup de papi‐
er à la mai‐son alors j’écrivais dans les
blancs du journal du Centre de ma
grand‐mère. J’écrivais des poèmes en
classe, les lettres de rupture de mes
amies... A l’école ménagère j’ai même
écrit des pièces de théâtre et l’histoire
du heard book Charolais alors queje ne
connais‐sais rien aux vaches. J’écrivais
parfois sim‐plement pour le geste.Quand
j'étais infirmière, j’ai mis en route un
cahierqui s’appelait «Le petit parallèle».
On y écrivait tout ce qu’on ne pouvait
pas mettre dans les dossiers des pa‐
tients, nos émotions, nos colères... Ça a
duré deux ans. Tout le monde venait le
lire en douce. La nuit on écrivait beauc‐
oup et l’équipe de jour commentait,
même les médecins mettaient des petits
mots. Les premiers cahiers ont été re‐
tirés par l’encadrement, et ensuite on les
a protégés. C’était la pre‐mière fois que
je me lâ‐chais sur le ressenti.J'ai com‐
mencé à fré‐quenter l'université sitôt
sortie de l'école d'infir‐mières. Je faisais
ça sans but, sans objet, je vou‐lais seule‐
ment com‐prendre des choses qui
m'échappaient, je cher‐chais ce qui
m'avait manqué dans ma formation de
base d’infirmière: toutes les ques‐tions
existentielles qui n’étaient pas traitées.
J’ai d’abord fait psycho, puis sciences de
l’éducation qui était un carrefour des disci‐
plines (philo, socio, anthropo, psychana‐
lyse...), je n’avais pas envie de finir.J’ai ar‐
rêté la fac une dizaine d’années lors‐que
mes enfants ont été ados, et j’ai repris en
DEA et fait une thèse dans la foulée. Je n’ai
pas trouvé ce que je cherchais mais j'ai
trouvé bien d'autres choses. Je commence
à admettre que je ne comprendrai jamais
tout ! Comme je ne trouvais de réponse
nulle part ailleurs alors je restais à la fac.
J'ai parti‐cipé à la création d'une revue qui
s’appelait «Les cahiers de l’implication».
«Quand on écrit, c’est
toujours pour être lu, pour
donner à penser aux
autres»
AM : Pourquoi écrire? qu’est‐ce que ça t’as
apporté?
APS:J’écris d’abord pour moi, pour com‐
prendre. L’écriture m’aide à cheminer.
Quand je relis des vieux trucs, je me dis
que c’était naïf, mais les germes étaient
déjà là. C’est bien d’être confrontéà son
propre re‐gard, à ses propres critiques:
écrire aide à se remettre en question, ça
permet de voir si on a fait du chemin ou
pas, de prendre cons‐cience qu’on peut
être petit dans nos ba‐garres mais qu'on
avance. Quand c’est écrit noir sur blanc, on
peut trier et faire du nettoyage. On écrit
aussi pour se vider la tête de tout ce qui
l’en‐combre.Ça m’a toujours aidée à com‐
prendre com‐ment j’allais, comment je
fonctionnais, comment je déconnais et
comment je pouvais rectifier le tir... j’ana‐
lysais tout le temps. Quand j'écris un texte,
je laisse dormir le premier jet parce
qu’après, je nuance toujours. Ecrire, c’est
beaucoup re‐lire et ajuster. C’est une man‐
ière de se con‐naître donc de connaître les
autres. Cela per‐met de communiquer, car
si tu n’écris pas, personne ne sait ce que tu
penses au‐delà de ton cercle. Si tu te fa‐
tigues à analyser la réalité et que tu le
gardes pour toi, quand tu t’en vas, tout est
perdu! Il faut communi‐quer pour avancer
et susciter la controverse. Ce n’est pas
vraiment transmettre mais plu‐tôt «donner
à penser» aux autres, partager ce que tu as
réfléchi. Quand on écrit, c’est toujours pour
être lu. Je n’ai pas voulu écrire juste pour
les universitaires ou juste pour les infirm‐
ières, je voulais écrire pour tout le
monde.J’ai toujours su que l’objectivité
n’existait pas, donc c'est devenu un des as‐
pects de mon questionnement de recher‐
che. On a envie d’être objectif, mais on ne
peut pas l’être. Alors moi je défends la sub‐
jectivi‐té honnête: je te dis ce que je vois et
d’où je le regarde, mais je n’assène pas. A la
fac, comme à l'hôpital il fallait mettre de
côté sa subjectivité, mais on en faisait us‐
age encore plus qu’ailleurs puisqu’on ne la
reconnaissait pas.
AM : Et comment es‐tu arrivée dans la re‐
vue Pratiques? Qu’est‐ce que ça a changé
pour toi?
APS:Je suis rentrée à Pratiques il y a une
ving‐taine d’années, par Elisabeth Maurel
Arrighi qui m’avait demandé d'écrire un
article anthropolo‐gique sur le coeur. Nous
fréquentions alors le groupe critique de la
médecine animé par Jean Carpentier. Le
comité de rédaction m’a tout de suite ad‐
optée, et moi aussi ! Pour la première fois,
j’ai été poussée à écrire sur le monde hos‐
pitalier.Avec la première publication à Pra‐
tiques, j’ai découvert que j’avais des choses
en commun avec ces médecins général‐
istes.Ils m’ont beaucoup encouragée à
mettre du politique dans mon observation.
Ils m’ont donné la possibilité d’écrire pour
le sens, tout en interrogeant le politique. Le
jour où j’ai pris conscience que tout choix
est politique, j’ai compris pourquoi c’était
aussi compliqué à l'hôpital. Parce que poli‐
tique est un gros mot à l’hôpital. Pourtant,
le simple fait de s’exprimer dans un sens
ou dans l’autre, est une posture politique.
A l’école des cadres, ils me croyaient milit‐
ante syndicale alors que mon engagement
se décline tout à fait autre‐ment. Je ques‐
tionne plus que je ne revendique ce qui
n'est d'ailleurs pas antinomique, et sur‐
tout je ne lâche jamais le morceau lorsque
je suis convaincue de la pertinence de ma
posi‐tion. Pour moi, être militante, c’est ne
jamais céder sur ses valeurs, même si ça
coûte. Je crois que c’est ça être engagé. Je
n’ai jamais milité dans un parti mais j’ai
toujours dit ce que je pensais. Je ne sup‐
porte pas la langue de bois!
«J’ai bien plus existé en
étant comme ça»
AM :Et le fait de n’avoir jamais cédé à ce
qui ne te semblait pas juste ne t’a jamais
porté défaut?
APS:Ça m’a surtout rendu la vie difficile
parce que personne ne veut de gens
comme moi. Je refusais de faire les choses
si on ne me disait pas à quoi ça allait ser‐
vir, ou si ça allait à l’encontre de ce que je
pensais. Mes amis avaient beaucoup d'es‐
time pour moi, et mon intransigeance et
ma ténacité ont finit par forcer l’estime
aussi de mes ennemis. J’ai bien plus existé
en étant comme ça. Car j'avis l'impression
que si je cédais sur une chose, alors je lâ‐
chais tout.Comment faire pour être cadre
sans être cadre, sans verrouiller les
choses: il fallait prendre suffi‐samment de
pouvoir pour ne pas qu’on me contraigne
trop, qu’on m’en impose, sans en prendre
sur les autres. Le pouvoir c’est le diable...
Je n’ai jamais eu le sens de la hiérarchie,
j’ai toujours été insolente envers elle.
Peut‐être parce queje viens d’un milieu
pauvre où c’était toujours les autres qui
avaient le pouvoir.J'ai toujours dit à mes
"supérieurs" : moi, je ne res‐pecte pas la
hiérarchie, je respecte les compé‐tences !
La première à qui j’ai dit ça, elle a fait une
tronche...
AM : Donc tu étais plutôt du genre à l’ouv‐
rir?
APS:Oui mais pour ouvrir sa gueule, il faut
être irréprochable! Si tu refuses un truc,
ils se mettent sur ta peau et ils vérifient
tout! Et puis il faut connaître la loi: fermer
sa gueule n’a jamais été imposé par la loi!
Mais le devoir de réserve, le secret médic‐
al, tout ça, ça fait une omerta totale, et
donc personne ne l’ouvre, même à l’inté‐
rieur du groupe. Mon but c’est de poser les
problèmes de l’hôpital avec les autres in‐
téressés, ensemble, pour pouvoir les ré‐
soudre. Ça ne m’amuse pas de critiquer
gratuitement, ou de dénoncer.
AM : Et pourquoi as‐tu voulu travailler la
nuit?
APS:Je n’ai pas choisi la nuit, j’ai choisi un
poste qui se trouvait être de nuit. Quand
au bout de trois ans j’ai eu un poste de
jour, j’ai eu l'impression de perdre tout ce
que j’avais réussi à sentir, à repérer. Le
jour on n’avait pas le temps, on courait
partout.L’hôpital la nuit, c’est un monde
extraordinaire, il se passe des choses qui
s’éprouvent mais qui ne se prouvent pas.
La différence entre l'éprouver et la preuve,
est du domaine de la nuit, de l’inconscient,
de la subjectivité. Le jour c’est la lumière,
le monde de la preuve. Curieusement on
peut toujours légitimer sa posture, même
si on se plante. A l'inverse la nuit, c’est le
monde de l’incertitude, de l’à peu près, on
ne se dit pas tout, on se dit comme on
peut...Ce que j’ai le plus aimé dans la nuit
c’est la densité des relations avec les mé‐
decins, les patients, les infirmières. La nuit
nous donnait une grande proximité, une
intimité immédiate.
AM : Et aujourd'hui ?
APS:Aujourd’hui je continue à écrire pour
montrer que les soignants ont besoin
d’être formés différemment et ont besoin
d’aide pour pouvoir faire correctement
leur métier. Je m’intéresse aux soignants,
c’est avec eux que ça doit se passer. Ça ne
sert à rien de parler de relation de qualité
avec le patient si la forma‐tion ne suit pas.
Les soignants ont des limites comme tout
le monde, et il leur faut du soutien pour
supporter ce qu’ils supportent. Je pense
que j’ai beaucoup avancé, mais j’aimerais
écrire différemment, de la fiction, pour
susciter la ré‐flexion des infirmières.
J'aimerais avoir beaucoup plus de temps
devant moi. J’ai toujourd eu le sentiment
de ne pas avoir assez de temps. Dans une
autre vie, j’écrirai, parce que j’aime trop
ça!
Merci à : Jérémie, Raphaël, Gabriel,
Hélène, Matthieu, Asael, Gael,
Sandrine, Jérôme, et à tous les
auteurs de ce numéros spécial pour
leurs articles ou leurs aides de près
ou de loin.
"1 de perdu 10 de retrouvé"
Marica, Jill, Benoit, Bruno et Sander
avec le citoyens pas
d'poils dans la main!
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directement les images et de ne pas les inclure dans
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MEDSI : KESAKO ?
MEDSI est un réseau qui regroupe des associations de solidarité des facs de
médecine de France.
MEDSI est née de la volonté de faire évoluer ces assos vers plus de réflexion
sur la portée et le sens de leurs projets. Elle organise deux fois par an (octobre
et avril) des Universités Populaires en Santé (UPS) sur différents thèmes
(consommation, médecinesalternatives, médias et identités, arts et engage‐
ment....) sous forme d'animation.
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