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41 - Université Paris Diderot

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JOURNAL DE L’UNIVERSITÉ OUVERTE PARIS 7
http://www.depaes.univ-paris-diderot.fr
Nous n’avons
que la vie comme
première lecture.
Il nous faut donc
reconnaître cette
vie par le corps
mimeur...
Jacques Lecoq
pages 1-3
En Chine, une
tradition de plus de
mille ans : l’amour
pour les oiseaux
chanteurs
pages 3-4
La France est le
pays du nucléaire
par excellence et
produit environ
80% de son
électricité à partir
de l’atome.
Quelles sont les
alternatives ?
pages 5-6
ÉCOLE INTERNATIONALE DE THÉÂTRE
JACQUES LECOQ
Entretien avec Pascale Lecoq, Directrice
P
par Sophie Rismont
Stagiaire à l’Université Ouverte
ousser les portes à Paris réserve parfois quelques bonnes surprises. Derrière celle très banale du Faubourg Saint Denis, se dresse, dans un dédale
de cours fleuries, l’ex-central de boxe édifié en 1876, un espace imposant
tant par son volume que par son architecture.
C’est là que Jacques Lecoq décide, en 1976, d’installer son école, après une
longue période de nomadisme. C’est dans ce lieu qu’il va déployer toute sa pédagogie, élaborée à partir de ses multiples expériences, notamment sportives, de
ses découvertes de la comédie italienne, de la Tragédie grecque avec ses chœurs,
de ses rencontres avec des personnalités telles de Jean Dasté et de son amour des
poètes, tels que Paul Valéry, Saint-John Perse.
Mais qui connaît sa pédagogie dont beaucoup de metteurs en scène actuels,
comme Luc Bondy et Christoph Marthaler se réclament ? « Qui sait ce qui se
joue depuis 40 ans lorsque par dizaines des élèves venant du monde entier se
mettent au travail à l’école pour découvrir les lois du mouvement, de l’espace,
du jeu et de la forme ?»
c’est reprendre pied
sur le territoire sans
bornes de l’enfance
page 6
Difficile de transmettre par les mots ce qu’est cette pédagogie basée sur le corps,
car elle est avant tout échange dans la durée entre les enseignants et les élèves,
expérience du mouvement à partir de l’observation de la vie, des réalités humaines et de l’écoute de son propre corps. Le mouvement entendu ici non comme
un déplacement, mais comme une dynamique qui organise toutes les situations,
toute action. « Il faut regarder comment les êtres et les choses bougent et comment elles se reflètent en nous», dit Jacques Lecoq. Cet enseignement cherche à
redécouvrir les lois permanentes du mouvement, ce qu’il y a d’universel et source
de toute création.
Partant des évène-
Cette école n’est pas une école d’interprétation, mais une école de recherche de
création et de jeu. Il s’agit de regarder autrement, «de comprendre ensemble et
non pas de transmettre». «La grande force de l’école, ce sont ses élèves». Renvoyés en permanence à eux-mêmes, ils nous apportent leur théâtre, car ces étudiants, venus de différents pays, ont déjà une expérience théâtrale. Pendant deux
Partir
ments de 68 et des
thèses Dada, Nicolas Grimaldi en
analyse les impacts
sur notre société.
page 7
© Ecole Jacques Lecoq
ans, les enseignants, tous issus de l’école, vont tenter de les emmener dans un
espace poétique véritable, en prenant comme point de départ le corps.
L
a première année est celle de l’observation de la vie au plus près de ce
qu’elle est. Par l’improvisation, le « rejeu silencieux », sur des thèmes donnés, tels que l’attente, la peur, la colère, l’élève tente de restituer les phénomènes simples de la vie. Il va ainsi découvrir une loi fondamentale du théâtre :
«c’est du silence que naît la parole et de l’immobilité le mouvement». Le jeu intervient plus tard lorsque l’acteur sera capable de donner, pour un public, un rythme,
une mesure, une durée, un espace, une forme à son improvisation.
Des thèmes tels que l’adieu, le voyage, les éléments : l’eau - le feu - l’air - la terre,
les matières : le bois - le papier, sont travaillés avec ce qui est le point central
de la pédagogie de l’école, le masque neutre. Le masque de l’équilibre, sans
expression particulière, sans passé ni futur qui sert à ressentir l’état de neutralité
préalable à l’action, à mettre l’élève dans le temps présent et en état de réceptivité
à son environnement.
En travaillant sur des choses plus abstraites, telles que les couleurs, les mots, les
sons, les rythmes, les espaces, l’acteur apprend à reconnaître la dynamique des
choses, même si elles ne bougent pas. L’émotion ressentie qui met « en mouvement, en mouvance, voire en émouvance », est exprimée dans une démarche
mimodynamique mettant en jeu les rythmes, les espaces, les forces des objets
immobiles. Cette exploration des profondeurs permet à l’élève de toucher à ce
que Jacques Lecoq appelle « le fond poétique commun ».
Sont abordés ensuite les masques expressifs, les masques larvaires, les masques
utilitaires, fabriqués ou non par l’élève. « Le masque leur apprend à ne pas jouer
eux-mêmes, mais à jouer avec eux-mêmes » et à pouvoir accueillir, avec toutes
ses nuances, un personnage observé dans la rue par exemple, comme ils ont accueilli une couleur, un élément.
Le mouvement et l’analyse de mouvement, deuxième axe de la pédagogie de
l’école, sont abordés dans un parcours structuré et progressif qui va permettre à
l’acteur de justifier ses mouvements. «Au théâtre, le geste n’est pas mécanique,
mais justifié». Chaque étape du mouvement est analysée et étudiée en «phrases
chorégraphiques» comme par exemple la marche. La souplesse, la force et l’équilibre sont abordés dans les cours d’acrobatie dramatique.
A l’issue de cette préparation corporelle, les mouvements fondamentaux tels que
tirer, pousser, lancer, marcher…. vont être expérimentés, analysés et transposés
dans différentes situations dramatiques. L’acteur va ainsi acquérir une connaissance corporelle des circuits physiques dans lesquels s’inscrivent ses émotions.
Dans les auto-cours, les élèves, par petits groupes, sans l’aide des professeurs,
travaillent une réalisation à partir d’un thème donné, tel qu’un lieu, un événement. Le travail est présenté chaque fin de semaine, devant toute l’école réunie.
Cet espace de liberté permet de tester leur créativité, leur sens du jeu et leur écriture dramatique. Les enseignants commentent la justesse, la durée et l’intérêt du
travail plutôt que de juger par «bon » ou « mauvais ».
A
u cours de la seconde année, sont explorés les différents territoires dramatiques, en cherchant à découvrir quels sont les moteurs du jeu à l’œuvre
dans chacun d’eux : les grands sentiments et l’esprit de justice avec le
mélodrame, la comédie humaine avec la comedia dell’arte, le monde caricaturé
avec les bouffons, le grand chant du peuple, le destin du héros avec la tragédie,
l’interrogation sur tout ce qui reste incompréhensible de la naissance à la mort
avec le mystère. Toutes les variétés du comique et la solitude sont abordés avec
le clown. Durant cette année, il ne s’agit plus uniquement de voir et d’observer la
réalité, mais de l’imaginer et de lui donner forme.
Cet objectif est soutenu par le Laboratoire d’Etude du Mouvement (le LEM),
département scénographique de l’école créé en 1976 par Jacques Lecoq en collaboration avec l’architecte Krikor Belekian et issu de son expérience en tant
2
© Ecole Jacques Lecoq
qu’enseignant des élèves en architecture d’UP6.
Au LEM sont explorés les relations entre le corps humain, le mouvement, l’espace et la forme. Les séances de mouvement sont suivies de transpositions plastiques en atelier. Les structures issues de ces ateliers sont à nouveau « mis en
mouvement » et les élèves « constatent » les interférences entre le mouvement,
la forme et l’espace. « Privilégier le faire plutôt que le savoir», dit Pascale Lecoq
qui travaille depuis longtemps au sein du LEM et qui, depuis la disparition de sa
mère, a repris la direction de l’école.
FOCUS
A
rchitecte de formation, Pascale a travaillé deux ans aux Etats Unis. A son
retour à Paris, elle s’oriente vers la muséographie. Baignée dès son plus
jeune âge dans l’atmosphère de l’école, elle a toutefois su prendre de la
distance. Forte de son expérience, elle arrive à l’école avec des idées et des projets sans pour autant vouloir tout bousculer. Elle cherche plutôt, dans le respect du
développement «organique» de l’école, à renouer avec l’esprit du «tout bouge»
de son Père sans verser dans la servilité au maître, ce qui aurait pour conséquence
de figer la pédagogie. Elle sait que l’évolution de l’école ne sera pas rapide. Celleci ne peut venir que des élèves, du corps enseignant et des personnes de l’extérieur dont elle sait s’entourer.
«Si on parle d’un théâtre de création, on a plutôt intérêt à être à l’écoute de ceux
qui arrivent. Il faut être respectueux des élèves et de ceux qui ont fait la renommée de l’école».
Sources : Le Corps Poétique (Editions Actes Sud)
nnn
© Ecole Jacques Lecoq
Du fédérateur «Yes, we can», formulé
par Barack Obama, au polémique «II
faut dégraisser le mammouth», prononcé par Claude Allègre, en passant par
le visionnaire «rideau de fer» annoncé
par Winston Churchill, un florilège des
citations politiques - françaises et internationales - les plus marquantes de ces
150 dernières années, contextualisées
et commentées par le sociologue Éric
Keslassy, professeur à L’Université
Ouverte.
Collection « Eyrolles Pratique »
140 pages – 10 €
LES MÂITRES-CHANTEURS
Loisirs d’ailleurs
par Bernadette Mezeret
Stagiaire à l’Université Ouverte
Une visite au marché aux oiseaux, une rencontre et des informations trouvées dans la Gazette singapourienne, ont inspiré
ce texte. J’ai décidé de vous le communiquer en voyant le succès du cours de G.Feterman sur les oiseaux de France, .
I
l est en Chine, une tradition populaire, vieille de plus de mille ans, qui malgré son interdiction sous le régime de Mao
Zedong, et aujourd’hui, l’emballement de la vie moderne, a persisté et persiste dans la société chinoise : l’amour pour
les oiseaux chanteurs.
Les Chinois du détroit, installés en Malaisie depuis plus de deux cents ans, ont apporté dans leurs bagages, cette tradition
ancestrale, qu’ils ont partagée avec les Malais. A Singapour, tout comme en Chine, l’oiseau chanteur, animal domestique,
est aussi un élément de prestige. Lorsque le dimanche matin, certains vont promener leur chien, faire du vélo, courir dans les
parcs et jardins de la ville, se rendent au temple ou assistent à la messe, d’autres sortent leurs petits volatils. Ce passe-temps
qui peut vous paraître pour le moins surprenant, est cependant, le loisir préféré des séniors chinois. Il est des plus sérieux,
car l’enjeu ultime est de gagner le concours de chant et le prix qui y est attaché. Monsieur Ma, propriétaire d’oiseaux, se
rend donc le dimanche avec deux ou trois cages, dans un lieu de rendez-vous, connu des seuls amateurs. C’est un lieu
de rassemblement populaire, exclusivement masculin, où tous les dimanches matin, Chinois et Malais se retrouvent là,
3
comme au café du village. Chacun arrive avec sa cage ou ses cages (trois à cinq
parfois), recouvertes d’une cape en fin tissu blanc, pour protéger les champions
du vent, de la pluie, des regards extérieurs et surtout éviter de les affoler. Ces
petites bêtes sont l’objet de beaucoup d’attention. Leur propriétaire leur offre la
leçon hebdomadaire de chant. Il pleut souvent à Singapour, aussi les cages sont
suspendues à des crochets sous un abri réservé à cet effet : l’oiseau ne chantera
bien que s’il s’entraîne à chanter avec d’autres congénères. Un bon entraînement
dure deux heures, et suppose que l’on change la cage de place, pour habituer son
locataire au chant des autres artistes. Et tandis, que les oiseaux vocalisent, les
maîtres bavardent, car tous se connaissent. A la maison l’oiseau chante moins !
C’est ce que nous assure monsieur Ma. Il habite dans un appartement en HDB
(nos HLM). Une pièce entière y est réservée à ses pensionnaires. Il en possède
dix sept. Chaque jour en rentrant du travail, il donne la douche à ses petits amis
à plumes. Ce sont des animaux fragiles qu’il faut protéger des parasites. Pour
les nourrir, le régime de base est constitué de graines et de fruits avec quelques
friandises comme des criquets, des sauterelles et même des petites grenouilles (le
tout acheté au marché spécialisé).
Mais d’où viennent ces oiseaux chanteurs ?
A Singapour, ils sont tous ou presque originaires de Malaisie ou d’Indonésie. Ce
sont des oiseaux sauvages. On distingue :
Le mata puteh, qui en malais se traduit par « yeux blancs » c’est un petit oiseau
de la taille d’un pinson au plumage vert olive.
Le merbah jambul, doit aussi son nom au malais, « jambul » signifiant crête
(celle qu’il a sur la tête). C’est un oiseau, d’une vingtaine de centimètres, et qui
à l’état sauvage évolue en milieu ouvert. C’est pourquoi, on place toujours sa
cage au soleil.
Le shama, à queue blanche, tire son nom d’un terme hindi qui signifie, oiseau
chanteur. C’est l’espèce la plus renommée pour son chant. La longueur de sa
queue (jusqu’à 30 centimètres) est gage de force physique. Il est en outre capable
d’imiter les chants d’autres oiseaux.
La colombe zébrée, est très populaire parmi les oiseaux en captivité. Les
Thaïlandais en ont fait un symbole de chance.
Si tous les oiseaux communiquent par des cris et des sons courts et simples, le
chant est en général, l’apanage des mâles. Les compétiteurs sont donc systématiquement des mâles, comme visiblement les propriétaires. Bien que populaire,
ce passe-temps peut être onéreux. Un bon chanteur coûte très cher. Le prix des
différentes espèces peut aller de soixante euros à plusieurs milliers d’euros.
A chaque oiseau, sa cage
L’allure de la cage identifie immédiatement l’oiseau qui y habite. Les petites cages au sommet
arrondi sont celles des mata putahs, alors que
les cages au sommet pyramidal sont celles des
merbahs jambuls (à cause de la crête). Les cages
des shamas sont les plus vastes, pour y loger leur
longue queue. Celles des colombes zébrées sont
les plus caractéristiques, car perchées sur des mats à 7 mètres de hauteur, elles
sont sensées reproduire les conditions naturelles dans lesquelles ces oiseaux
s‘expriment. Les cages sont faites en plastique pour les plus communes, ou en
bambou finement sculpté pour les plus précieuses, qui peuvent comporter des
éléments en écaille de tortue ou en ivoire. De petites mangeoires et des abreuvoirs en fine porcelaine y sont placés, pour le bien-être des locataires. Presque
toutes les belles cages viennent de Chine, et sont importées sous licence. Leur
prix quant à lui, atteint parfois plusieurs milliers d’euros
Aujourd’hui, jour de concours, la tension de monsieur Ma, est palpable. Le temps
4
est gris et pluvieux. Monsieur Ma est
inquiet, car le jambul préfère le soleil.
Sous l’abri les places sont chères ! Il
faut obtenir un bon emplacement, afin
que l’oiseau soit dans les meilleures
dispositions pour chanter. Le concours
est ouvert : les cages sont découvertes.
Aussitôt s‘élève une cacophonie. Les
propriétaires doivent rester au bord de
l’abri. Puis, comme par enchantement,
sous la baguette d’un invisible et mystérieux chef d’orchestre, se détachent
alors, les trilles flûtés des sopranos, les
roulades et roucoulades des contraltos et la basse continue des colombes.
Les juges font la ronde sous les cages,
l’oreille aux aguets, capables de discerner le chant d’un oiseau au mouvement de son bec et à sa posture. Dans
ce concert aux multiples participants,
ils évaluent : la force, la qualité d’un
chant, sa longueur et sa tenue, la variété des notes et des tons. Le concours se
déroule en plusieurs manches. Tous les
juges sont des propriétaires d’oiseaux
et sont donc de fins connaisseurs. Le
meilleur des maîtres-chanteurs, celui
qui remporte le trophée, outre l’honneur fait à son maître, pourra être revendu très cher. Monsieur Ma, est un
peu déçu, ses champions aujourd’hui,
n’ont pas été distingués. Ils sont peutêtre encore un peu jeunes, car il faut
deux à quatre ans pour que les chanteurs atteignent la maturité. Mais il
aura eu la satisfaction, d’en parler pendant de longues heures, avec d’autres
amoureux des oiseaux chanteurs. Et
qui sait, la prochaine fois, un de ses
petits amis deviendra, peut- être, une
star ?
Comme je faisais remarquer à monsieur Ma, que nous avions, nous aussi
en Europe, de magnifiques maîtres
chanteurs : merles, tourterelles, rossignols, mais que nous préférons les
écouter chanter dans nos jardins et
dans les bois, car nous pensons que
leur liberté est un bien précieux, et
qu’ils appartiennent à la nature.
Monsieur Ma, courtoisement me répondit, que l’élevage des oiseaux est pour
les Chinois, un moyen d’exprimer leur
attachement à la nature, que leur compagnie favorise la méditation, et donne
sagesse et dignité à qui la recherche.
nnn
LES ALTERNATIVES AU NUCLÉAIRE
par Jean Paul Dubiez
Stagiaire à L’Université Ouverte
Le contexte Français
La France est le pays du nucléaire par excellence et produit environ 80% de son électricité à partir de l’atome. Même si
ce mode de production d’énergie, qui n’émet aucun gaz à effet de serre, est largement encouragé en ces temps où le climat
semble se réchauffer, certains pays souhaitent ne plus y avoir recours (l’Allemagne a voté la sortie du nucléaire pour 2020)
ou prônent un mix énergétique (ensemble des sources d’approvisionnement) incluant d’autres sources d’énergie comme les
énergies renouvelables.
Voici un bref panorama des alternatives identifiées aujoudhui :
solaire
éolien
géothermie
hydraulique
fusion
L’énergie solaire (photovoltaïque) :
Le photovoltaïque est une des alternatives au nucléaire qui prouve chaque jour un peu plus son efficacité. Beaucoup ont
décidé de s’équiper de cette technologie basée sur l’utilisation de panneaux qui captent l’énergie solaire. Des champs de
panneaux solaires envahissent donc les toits et les territoires. Aux Emirats Arabes, certains croient en la possibilité de «ville
propre” avec par exemple Masdar City qui se veut entièrement équipée de photovoltaïque pour subvenir aux besoins énergétiques.
Les plus : Idéal pour les régions ensoleillées.
Les moins : Les panneaux solaires n’ont plus à prouver leur efficacité mais le prix élevé et l’encombrement freinent encore
beaucoup les acheteurs potentiels. De surcroît se posera le problème du recyclage des panneaux usagés.
L’éolien:
L’éolien est sûrement l’alternative au nucléaire la plus crédible à ce jour. Basé sur la création d’énergie grâce au souffle du
vent et à la rotation des éoliennes, l’éolien est propre mais ne fait pas l’unanimité.
Les plus : propre, pas dangereux pour l’homme, évite la surconsommation, moins coûteux.
Les moins : le parc éolien défigurerait le paysage terrien et marin et les quantités d’énergie fournies ne seraient pas suffisantes pour toute une population.
La géothermie:
La géothermie comme méthode de fabrication énergétique repose sur des bases simples. La terre est composée de nombreuses couches de roches en tous genres. Ces différentes couches entraînent des réactions chimiques entre elles, qui créent
notamment de l’énergie et de la chaleur. Récupérées, ces énergies peuvent alors être utilisées et transformées pour subvenir
aux besoins énergétiques d’une ville.
Les plus : Une énergie inépuisable, qui ne rejette que peu de CO2 et adaptable à de nombreuses régions.
Les moins : L’énergie dégagée est certes inépuisable mais très faible.
L’hydroélectrique :
L’énergie hydroélectrique, est produite grâce à des barrages. La puissance de l’eau est alors transformée en énergie électrique grâce à l’intervention de turbines, de transformateurs, et autres générateurs.
Les plus : il s’agit là d’une énergie propre, renouvelable et peu dangereuse pour l’environnement.
Les moins : le coût des installations, la complexité de ce type d’exploitation et d’énergie et surtout l’impact sur certains
écosystèmes.
La fusion :
La fusion est peut être la solution miracle de l’énergie du futur. Le concept est de recréer l’énergie solaire, en faisant fusionner des noyaux atomiques. Une énergie propre, puissante, et sans risque pour la santé. Malheureusement ce projet n’est
encore qu’à l’état de prototype, même si une première centrale «prototype” devrait apparaitre en France d’ici 2019 (elle est
déjà en construction). Une utilisation massive n’est pas à envisager avant 2030.
5
Les plus : Energie «parfaite»: très puissante, propre et peu encombrante.
Les moins : un coût extrêmement élevé et surtout une technologie encore au stade expérimental.
D’autres solutions
Les biocarburants ou pétrole vert sont produits à partir de matériaux organiques non fossiles, provenant de la biomasse
mais ils mobilisent des surfaces cultivables dont nous aurons besoin pour nourrir les populations de la planète.
Les centrales marémotrices qui produisent de l’électricité mais qui sont a faible rendement.
Les gaz de schiste qui existent notamment en France mais dont l’exploitation présente des risques pour l’environnement.
Certaines entreprises utilisant le bois (parquets, matériaux de construction) produisent de l’électricité à partir de centrales
thermiques qui brûlent leurs propres déchets (copeaux, sciure) et peuvent être ainsi autonomes sur le plan énergétique. n
Monsieur Alain Bouquet, professeur à l’Université Ouverte, présentera dans le N° 42 de l’Apostille une analyse détaillée
de l’énergie, de l’environnement et du nucléaire.
Article composé par Jean-Paul Dubiez
à partir d’extraits d’articles publiés sur le web :
Le portail de la science - Futura-Sciences - The way to new energy
Alors, j’ai appris à courir dans ma tête
Partir
Les
histoires
que l’on raconte aux enfants sages
C’est reprendre pied
nd
o
a
b
ga
font surgir les paysages
sur le territoire sans bornes de l’enfance
dans lesquels gambade mon imagination
où l’espace-temps
et ma mémoire retrace le dessin mouvant
se déroule comme une pente herbeuse à perte de vue
de ma course effrénée
que l’on dévale en fendant l’air
de ses bras écartés
Tout ce que j’ai appris
Marcher je l’ai acquis par imprégnation
c’est maîtriser le besoin impérieux de bouger au toucher
mettre un pied devant l’autre à l’ouïe
c’est traverser le miroir pour toucher la réalité à l’émotion
V
Je marche et le bleu du ciel traverse ma peau
et glisse le long de mes flancs
dans le battement de mon sang
Je marche et le vent frappe mon front
et siffle dans mes oreilles
Je marche et mes yeux impriment
le paysage changeant
dans le rythme de mes pas
Peut-être qu’au dessus de ma tête
un oiseau de proie ferme lentement
son cercle autour de moi
Mais je marche
donc je suis
Petite
je partais sans savoir où j’allais
j’allais, je me perdais
et j’aimais ça
Quelque part
je savais
qu’apprendre en bougeant,
marcher en se perdant
était juste
irréfutablement vraie
Ce sentiment a guidé ma vie
A tort ou à raison,
la vie, très vite, exige l’immobilité
et toute l’énergie se consume
à réfréner l’envie de courir
6
On apprend à dessiner
en dessinant
on apprend l’équilibre
en dansant
on apprend en jouant
en rejouant
dans son corps
le cheminement des choses
Toujours
on avance
en marchant
Alors,
après des années d’apprentissage de l’infiniment petit
en matière de mouvement
retrouver le bonheur de l’espace et du temps
ce n’est pas retourner en enfance
c’est se tourner vers l’enfant, ou plutôt,
vers l’enfant de l’enfant,
Celui qui a encore le temps
rencontre celui qui a de nouveau le temps
Goûter ce temps
à chaque pas
c’est remonter le courant vers la source
de ce que je suis depuis toujours
un vagabond heureux nnn
Rita Leys
L’EFFERVESCENCE DU VIDE
Nicolas Grimaldi
par Jean-Michel Wisse
Stagiaire à l’Université Ouverte
A
u crépuscule de sa vie, le professeur philosophe Nicolas Grimaldi se retourne sur son passé dans un ouvrage choc
«L’effervescence du vide».
Ce n’est pas simplement un récit autobiographique des «évènements de 68» vécus en première ligne. C’est aussi
une volonté de comprendre le pourquoi de l’effondrement de l’Université en quelques mois et une recherche quasi chirurgicale sur les problèmes de notre société.
Après ces évènements, ce fut une éprouvante errance universitaire à Brest d’abord, puis de Brest à Poitiers, de Poitiers à
Bordeaux, et enfin de Bordeaux à la Sorbonne. De là il prendra sa retraite au plus tôt et se retirera dans un petit casernement
surplombant l’océan pour se consacrer enfin à la philosophie après avoir été totalement dévoué à son enseignement.
Comme la plupart d’entre nous, Nicolas Grimaldi ne s’était pas immédiatement rendu compte de la bizarrerie et de l’ampleur de mai 68. Mais très rapidement, il constata la substitution de l’ignorance à l’ancienne arrogance et la prétention du
n’importe quoi à s’imposer partout.
Les premiers craquements il les trouve dès 1924 dans le mouvement Dada qui bouleversa alors le monde des arts. On
retrouve d’ailleurs dans «L’effervescence du vide», des éléments extraits de sa pertinente analyse de l’évolution des arts :
«L’art ou la feinte passion» (1983, PUF, épuisé).
D’après Georges Ribemont-Dessaignes «détruire un monde pour en mettre un autre à la place où plus rien n’existe, tel était
en somme le mot d’ordre de Dada».
Profondément marqué par les deux années passées à Brest, il n’oublia jamais les trois expériences principales qu’il y fît :
«La première, j’étais jeté dans un monde qu’aucune culture n’avait domestiqué, discipliné, poli. La deuxième, il n’y a pas
plus d’identité entre les hommes que de ressemblance entre les espèces [ ] aussi la véritable Babel est-elle moins celle où
l’on parle des langues différentes que celle où ceux qui croient dire la même chose ne s’entendent pas sur ce qu’ils disent. La
troisième il n’y a rien de si commun à toutes les formes de société que l’application de chacune à excommunier les autres.»
Partant des évènements de 68 et des thèses de Dada, Nicolas Grimaldi en analyse les impacts sur notre société.
Le snobisme tout d’abord - feinte sincérité - , celui des avant-gardes et celui du plus grand nombre, qui suffit à faire d’une
pitrerie une œuvre d’art. La république ensuite qui n’est qu’une promiscuité d’intérêts où l’égoïsme de chacun n’attend de la
loi que de limiter celui des autres. La politique devenue une affaire de classe avec une seule obsession pour ceux qui aspirent
à y accéder : se faire élire, un seul souci pour tous ceux qui y sont installés : s’y perpétuer.
En en appelant à Chateaubriand, il y détecte la décadence, la fin d’une civilisation ou l’épuisement d’une culture.
L’ouvrage s’achève sur une profonde réflexion de la relation entre la vie et le temps. Cette vie qu’on ne vit pas pour soi mais
qui, comme un flux ou un rayonnement se transmet , se diffuse, se propage. Ce temps, indisolublement lié à l’attente, qui est
une forme abstraite sous laquelle nous nous représentons le mouvement ou l’impulsion de la vie. Ce temps que l’anticulture
contemporaine vise à effacer : «tout avant tout de suite».
Pour illustrer ce changement de civilisation, Nicolas Grimaldi utilise l’image d’une plaque tectonique qui en recouvre une
autre. A l’instar des plaques tectoniques en contact, les premiers craquements de 1924 sont comparables au lent stockage
d’une énergie gigantesque avant sa libération sismique dévastatrice, comme celle des évènements de 68.
On se doit enfin de souligner l’érudition tout à fait hors du commun de Nicolas Grimaldi et une rédaction dans un français
parfait, où les imparfaits du subjonctif se placent tout naturellement sans désuétude aucune. Un vrai plaisir de lecture...
nnn
7
Peste et cholera
Editions SEUIL
Patrick Deville raconte une
extraordinaire
aventure
scientifique et humaine en
évoquant la vie mouvementée d’Alexandre Yersin
(1863-1943), un des premiers chercheurs de l’équipe
de Pasteur, celui qui a découvert le bacille de la peste et
son vaccin «yersinia pestis».
Yersin, curieux de tout, voulait tout comprendre, «il
suffit d’observer» ; il s’intéresse à tout, croit au progrès, fasciné par tout ce qui
est moderne, absolument,
et c’est le cas du pneu par
exemple. Il a toujours besoin
de bouger, de voir le monde :
il voyagera beaucoup surtout
en Asie ; il a besoin d’air,
mais aussi de silence et de
solitude. Médecin, il considère la médecine comme
un sacerdoce ; chercheur,
il travaille avec Roux et
Calmette. Il participe à la
fondation d’instituts en
Indochine. Aventurier, explorateur, arpenteur, cartographe, photographe, ethnologue, il se lance dans
l’aventure coloniale particulièrement en Indochine :
8
ROMAN
Hubert Mingarella
Le repas en hiver
Editions STOCK
Trois soldats allemands, cantonnés en Pologne lors d’un
hiver de la seconde guerre
mondiale obtiennent de leur
commandant la «faveur» de
partir la journée en «chasse
de juifs» pour échapper aux
fusillades : «nous lui expliquions que nous préférions
la chasse aux fusillades, que
les fusillades nous ne les
aimions pas, qu’elles nous
déprimaient, et la nuit, nous
en rêvions».
Mingarelli raconte la journée
escapade de ces trois taiseux,
confrontés à la solitude de
l’immense plaine enneigée,
paralysés par le froid, tenaillés par une faim grandissante, mais unis et solidaires.
La tension monte après la
capture d’un juif caché dans
la forêt, et la découverte de
«la sale petite maison polonaise» vide et glaciale, où ils
se réfugient. La préparation
du repas devient une longue
épreuve angoissante pour les
trois affamés : faire du feu
sans charbon ni bois coupé,
réussir une soupe sans eau,
sinon la neige et quelques
ingrédients gelés bien longs
à cuire, et tout cela dans une
ambiance de huis-clos, de
face à face silencieux avec
soi-même et l’ennemi.
Le repas est le court moment
de grâce, de temps suspendu
au cours du récit : trois alle-
nnn
Photo Jean-Paul Dubiez
ROMAN
Patrick Deville
il ouvre la voie Annam
Kampuchea ; il fera de Nha
Trang au Vietnam son paradis refuge et agronome,
introduira des cultures nouvelles : l‘hévéa «en Annam,
il fut le 1er producteur de
caoutchouc, il consigne dans
un carnet la liste des plants
qui résistent encore à son
ingéniosité pour prendre
racine dans son bout d’Asie.
Surtout la vigne ; il étudie
aussi la mécanique et l’astronomie. Finalement tout passionne ce scientifique «sauf
la sale politique et l’art».
Le romancier ressuscite
cette période 19ème et 20ème
siècle, correspondant à la
3ème République :
progrès scientifiques, industriels, révolution des transports, débuts de la colonisation qui est encore aventure.
Le modèle de Yersin est
Livingstone ; en Indochine
le gouverneur général,
Paul Doumer, est son grand
ami «on est en pays conquis
mais inconnu» d’ou les
missions d’exploration. Au
cours de la 2ème il découvre
le plateau du Lang Bian.
Patrick Deville, dans ce récit
captivant et tonique, sort de
l’oubli un grand scientifique
plus populaire au Vietnam
qu’en France ; un homme
d’exception, doté d’une
curiosité encyclopédique, un
«touche à tout de génie» qui
méprise les honneurs et qui
est fidèle en amitié. Et la comédie s’y mêle allègrement !
mands, un juif, et un polonais antisémite arrivé inopinément, partagent un repas,
réunis à la même table :
«c’était bon et nourrissant, le
pain était encore tiède, le feu
dans notre dos. Tout fondait
dans la bouche, c’était revenu, à nouveau nous étions
heureux». Le repas terminé,
l’angoisse renaît avec le dilemne posé par le retour au
camp des trois soldats : avec
ou sans leur prisonnier juif.
Mingarelli nous plonge
dans un univers masculin,
d’hommes confrontés à la
barbarie, obligés d’agir dans
une situation inhumaine,
mais conservant une part
d’humanité dans la fraternité et le partage. Le style est
concis, dépouillé, minimaliste mais efficace ; l’auteur
a l’art de nous faire ressentir
entre les mots et les silences,
la solitude et la grande complicité entre les hommes.
Ce court roman âpre, puissant, d’une grande intensité
dramatique, a une portée
universelle.
Le Frigo
Publication de l’Université
Paris-Diderot-Paris 7
Directeur de la Publication
André Klier
Coordination : Jean-Paul
Dubiez - Sophie Rismont
Maquette : Rita Leys
Imprimeur : Newworks
Tiré à 1200 exemplaires
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