close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

Carnavaliers de tous les pays, unissez-vous !

IntégréTéléchargement
156è ANNÉE – N°6 – FRANCE MÉTROPOLITAINE – FÉVRIER 2016
Un Jardin Capitale
M
a grand-mère était née en
1900. C’était une femme
adorable. Lorsqu’elle sortait
de chez elle, un certain temps, en fait
un temps certain, lui était nécessaire. Il
fallait d’abord qu’elle couvre son visage
de poudre de riz afin qu’une parfaite
blancheur marquât la citadine. Dans
un sac à main à la taille d’une malle de
voyage, elle envoyait deux ou trois objets,
que le moment rendait indispensables,
rejoindre un capharnaüm intime et
permanent. Enfin un chapeau plus
ou moins décoré, de feutre l’hiver, de
paille l’été, toujours noir quelle que
fût l’occasion venait compléter son
paquetage. Pour l’accompagner, je
m’apprêtais plus sommairement.
Nous étions prêts pour l’aventure.
Elle inventait des itinéraires ponctués
de pâtisseries, de salons de thé et de
marchands de bonbons. Le Louvre
s’effaçait devant le Luxembourg.
Le Génie de la Bastille disparaissait
derrière les Buttes-Chaumont. Notre
Hôtel de Ville, notre Arc-de-Triomphe,
notre Tour Eiffel s’appelaient Jardin
d’Acclimatation. C’était mon Graal.
C’était notre Royaume. Le Petit Train, la
Rivière Enchantée, la Ferme, les Miroirs
Déformants, dromadaires et poneys
sont restés pour moi des souvenirs
plus puissants que bien des manèges
bruyants et coûteux. Je crois que, pour
les enfants, ils ont gardé intacts leur
séduction. Ils enivrent encore les parents
de leur parfum.
C’est pour cela que je suis fier que ce
Jardin, par son statut, par son allure,
soit encore, soit d’abord un square
parisien. C’est pour cela qu’il est bien
qu’il vive 365 jours - et même 366 cette
année - au rythme du service public
sans que la pluie ou un caprice forain
vienne ruiner le rêve des plus petits. C’est
pour cela qu’il est juste qu’il soit géré à
travers une concession que la Ville remet
régulièrement en jeu et dont elle tire
profit. C’est pour cela qu’il est normal que
personne, hormis ses visiteurs, ne puisse
prétendre en être propriétaire. C’est pour
cela qu’il faut en garder le charme et
l’esprit, que, en mécène, il faut y investir
du temps, de l’argent et de l’énergie. C’est
pour cela que LVMH, qui sait les devoirs
auxquels cette mission l’oblige, s’est
porté garant à la fois de son avenir et de
son authenticité.
Marc-Antoine JAMET
Président du Jardin d’Acclimatation
Carnavaliers de tous
les pays, unissez-vous !
Rio, Nice, Venise..., la folle saison des carnavals a commencé ! Aux quatre coins du monde
se succèdent des parades toutes plus hautes en couleur les unes que les autres. À Paris,
c'est au Jardin d'Acclimatation que défile depuis 10 ans l'un des cortèges les plus familiaux
de la Capitale. Pour cette édition, les animaux sont à l'honneur : masque d'ours, costume
d'abeilles, déguisement de tigres..., ce sont près de 10 000 carnavaliers qui sont attendus le
mercredi 10 février à partir de 14 heures pour une Grande Parade et une journée inoubliables !
Grand Carnaval
des animaux
au Jardin d’Acclimatation
Mercredi 10 février 2016 à 14h00
ite
gratu
s
Entrées les enfantnts
u
re
o
t
r
s
u
r
u pa ssi
po
e
l
t
e
u
a
és
déguis le seraient
qui
défilé costumé
ateliers
fanfares
FK agency / Polyvalence
Editorial
FONDATEUR : ISIDORE GEOFFROY SAINT HILAIRE
O
n le dit aussi chaleureux
que le climat est frisquet,
aussi coloré que le ciel
est gris, aussi animé que le Bois
est calme : le Carnaval du Jardin
d'Acclimatation est de retour avec ses
traditions et ses règles coutumières.
Enfin, troisième pilier de notre
grand règlement carnavalesque, un
chocolat chaud sera offert à tous ceux
qui auront mené la danse, paradé au
son des cuivres et des percussions en
chantant à tue-tête.
La plus essentielle d'abord : toute
personne déguisée entre au Jardin
sans bourse délier. Enfants costumés,
parents maquillés ou accompagnants
chapeautés…, chacun sera à la
fois l'invité et l'acteur de cette fête
exceptionnelle à ciel ouvert.
Dans la tradition de
l'acclimatation, c'est un joyeux
bestiaire et de drôles d'oiseaux que
vous croiserez dans le parc !
Deuxième principe, la fête,
comme chaque année depuis 2006,
battra son plein de 14 heures à
17 heures sans interruption pour
célébrer dignement le Roi Carnaval.
Trois heures durant, les 10 000
participants
profiteront
d'un
programme plein de surprises.
On se souvient encore de la troupe
de fauves rouges, jaunes et oranges,
de la cavalcade de dragons et des 200
acrobates et maîtres en arts martiaux
qui ont défilé en 2015 au Jardin pour
le Carnaval chinois. En présence de Son
Excellence ZHAI Jun, ambassadeur de
Chine à Paris, de ses concitoyens et
des nombreux touristes qui s'étaient
passés le mot, le Jardin est entré dans
le Panthéon des événements les plus
marquants qui auront précédé le
Nouvel An chinois. Et c'est ainsi depuis
10 ans ! Alors, qui de vous participera
cette année au carnaval le plus
fabuleux et le plus familial de Paris ?
Quel animal incarnerez-vous ? Le tigre
du Bengale, le papillon ou la coccinelle ?
Lancez vos défis les plus insolites aux
six artistes maquilleurs professionnels
de « Make Up for Ever », habitués des
plateaux de cinéma. Armés de leurs
pinceaux et d'une myriade de couleurs,
ils métamorphoseront votre visage
en votre animal préféré.
Lire la suite en page 2
Son Excellence ZHAI Jun, ambassadeur de Chine en France,
et Marc-Antoine Jamet, Président du Jardin, peignant l'oeil
du tigre protecteur lors du Carnaval chinois en 2015
En avant !
En coulisse
Au galop !
D'où vient la tradition du carnaval ? Comment
étaient célébrés les « jours gras » il y
500 ans ? Histoire et anecdotes de cette fête
populaire dans le monde entier , de Rio à Venise.
Quels soins sont prodigués aux animaux ?
Comment leur santé est-elle suivie ? Réponses
de Bruno Pelletier, vétérinaire du Jardin, qui
nous parle de son travail avec les animaliers.
Quel est le travail quotidien des soigneurs
auprès des chevaux et des poneys ? Comment
les moniteurs accueillent-ils les cavaliers ?
Visite privée du Centre Équestre du Jardin.
Page 2
Page 3
Page 4
2I
Suite de la page 1
Autre moyen, pour être
sûr de défiler incognito : faire
escale
dans
les
espaces
« Ateliers » installés dans l'Allée
Alphand entre l'Entrée principale
et l'Horloge Florale. Les enfants
pourront y créer leur propre
masque, ajouter plumes et
paillettes et personnaliser leur
loup.
C'est là aussi qu'ils pourront
exprimer toute leur créativité,
fabriquer leur animal préféré et
l'emporter à la maison. Guidés
par des animateurs, ils réaliseront
des fauves en papier mâché, des
poules, des grues, des canards
en origami ou encore une girafe
en argile. Les parents adeptes
du « Feng Shui », commanderont
peut-être à leurs enfants, un
tigre, une tortue ou une cigale.
Autant d'animaux mythiques et
protecteurs de la maison dans la
tradition asiatique.
Quant aux plus gourmands, ils
préfèreront réaliser eux-mêmes
un lapin, un mouton ou un
poussin en pâte d'amande
en suivant les conseils de
FÉVRIER 2016
l'animatrice de cet atelier pour
becs sucrés.
Il y aura bien d'autres façons
de se préparer pour la grande
parade
et
d'entrer
dans
l'ambiance : colorier l'affiche du
« Carnaval des animaux » d'Éric
Héliot, le talentueux et prolifique
dessinateur-jeunesse aux 100
livres illustrés, réaliser un tableau
sur le monde des animaux avec
du sable coloré ou encore, faire
un grand sourire au sculpteur
de ballons de baudruche qui
réalisera, en un tour de main, un
perroquet ou un petit chien que
les enfants ravis emporteront
pour le défilé.
Avez-vous déjà assisté à un
vol d’aigle et de Grand Duc ou
observé un chien de berger en
pleine action ? En attendant le
signal de départ de la Grande
Parade, les enfants pourront
admirer les capacités extraordinaires de certains animaux.
L'École de bergers, première
formation mise en place à la
Bergerie Nationale en 1794, sera
présente et un de leur chien
dirigera des oies avec panache,
tandis que des dresseurs
- Information à nos visiteurs Depuis le 18 janvier dernier notre société, la société «Le Jardin
d’Acclimatation», a repris directement la gestion de l’intégralité
des manèges et des stands d’attraction de votre parc. Le
propriétaire de l’entreprise (la «Société Ludo Vert») qui exploitait
jusqu’alors ces installations nous a, en effet, informés à la même
date qu’il ne souhaitait plus assurer cette tâche dans les conditions
pourtant très favorables que nous lui proposions depuis de
nombreuses années. Nous le regrettons et le remercions du travail que,
pour vous, à notre demande, il a pu accomplir.
professionnels animeront des
démonstrations spectaculaires
de vol de rapaces et de dressage
de chien savant.
Souriez, vous défilez !
Entendez-vous les caisses claires
et les trombones à coulisses ?
15 heures ! Rendez-vous devant
l'Horloge Florale ! C'est l'heure du
départ de la Grande Parade et de
ses vingt musiciens de la fanfare
« Bateria Zabumba » ! Ajustez les
masques, frappez dans vos mains,
faites chauffer les rangs… c'est
parti pour une heure de défilé en
musique !
Turbulentes et vertigineuses, vous
les avez déjà croisées au Jardin :
les marionnettes géantes de la
troupe des « Grandes Personnes »
seront de la partie ! « Bouledogue »,
« Cigogne », « Oisillon », menés
par « La Fermière » et ses poules
marcheront en cadence. Et qui
veillera sur cette joyeuse équipée ?
L'âne Trotro, échappé de la
ménagerie des Éditions Gallimard
et accompagné de sympathiques
mascottes : panthère, lapin, raton
laveur ou petite souris donneront la
main aux plus petits.
Les Grandes Marionnettes
Qu'on se le dise : la folie des
grandeurs n'aura pas de limites
ce jour-là ! D'immenses paonséchassiers se disputeront la vedette
avec un flamand rose et un lion
articulés grandeur nature.
Et qui mènera la danse ? Les
animaux du Jardin ! Chameau,
dromadaires, lamas, ânes et
shetlands de la Petite Ferme
suivront en rythme la parade
accompagnés des animaliers
du parc. Une cavalcade de six
chevaux ibériques et leurs cavaliers
de la compagnie « Pégase Prod. »
fermeront la marche. Au pas, au
trot, en musique, à deux ou à
quatre pattes… c'est un grand
rassemblement chahuteur et
populaire qui défilera jusqu'à la
Patinoire, face aux Grandes Écuries,
où personne ne se quittera sans
avoir partagé quelques gâteaux…
en formes d'animaux bien sûr ! 
Grand Carnaval des Animaux
Mercredi 10 février - Accès libre
14h00 : animations et
ateliers dans l'Allée Alphand.
La société «Le Jardin d’Acclimatation» reste, jusqu’au 5 septembre
2016, pour le compte de la Ville de Paris, le concessionnaire de ces
dix-huit hectares du Bois de Boulogne dans lesquels, depuis 1860, est
installé le Jardin d’Acclimatation. Comme tel, nous demeurons avant
tout à votre service. Nous nous sommes d’ailleurs naturellement
portés candidats auprès de la municipalité afin d’obtenir le
renouvellement de ce contrat. Il devrait être attribué, avant l’été, pour
22 ans, soit jusqu’en 2038. Dans cette perspective, nous travaillons
actuellement à un projet qui mobilise des équipes et des moyens
importants afin de vous offrir un Jardin encore plus beau.
Dans l’intervalle, nous nous sommes substitués à la «Société Ludo Vert» et,
après en avoir informé la Ville de Paris, avons réengagé la totalité de son
personnel que vous connaissez depuis plusieurs années. Pour garantir
votre sécurité et à la demande de ses assureurs, le Jardin, comme il est
normal, a dû procéder dans le même temps à une expertise technique
de l’ensemble des équipements qui lui ont été remis. Celle-ci, menée
par des experts indépendants, demandera encore quelques jours.
C ’est pourquoi nous sommes contraints de continuer à
immobiliser certains de nos manèges. La Rivière Enchantée, le
Petit Train, les Papillons d’Alice et plusieurs attractions du «Village
des Manèges» sont ouverts. Nous vous y accueillons avec plaisir. Des
animations complémentaires vous seront également proposées le
week-end s’ajoutant à nos spectacles de Guignol (15h00 et 16h00) qui
sont gratuits.
Avant la réouverture complète de nos attractions, nous avons
souhaité vous offrir le libre-accès au Jardin.
Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gêne que nous
pourrions vous occasionner et vous remercions de votre patience
ainsi que de votre fidélité. Nous serons heureux de répondre à vos
questions et à vos demandes d’information au 01.40.67.90.85 ou sur
infos@jardindacclimatation.fr.
Bonne journée dans votre Jardin.
Marc-Antoine JAMET
Président du Jardin d’Acclimatation
15h00 : départ de la Grande
Parade devant l'Horloge Florale
Voyage dans l'univers insolite des carnavals
Moment de liesse hivernale avant d’entrer dans l’austérité du carême, le carnaval invite à faire bonne chère et à se libérer des
conventions. De la Rome antique à la « Fête des fous » de Paris, retour sur l'histoire de cette fête séculaire.
La Reine du carnaval
reçue à l'Élysée
Durant deux mois, depuis le
11 novembre, jour de la fin des
travaux agricoles et de la SaintMartin, jusqu’aux « jours gras »,
Paris était une fête, marquée
par la Promenade du boeuf gras
et le défilé des Reines de Paris.
Parmi elles, la « Reine des Reines »,
acclamée par les Parisiens, était
reçue à l’Elysée, à la Préfecture
de Police et à l’Hôtel de Ville ! Ces
Reines de Paris, à partir de la fin
du XIXème siècle, se faisaient, en
outre, ambassadrices, puisqu’il leur
arrivait de sillonner l’Europe à la
rencontre de leurs homologues.
Ainsi vit-on, dans les années 1900,
des « échanges de reines » avec
Milan, Madrid, Lisbonne, Prague ou
Ostende.
Le Carnaval ultra-marin au Jardin en 2011
L
e carnaval est aussi ancien
que l’écriture. Dans la
Mésopotamie, la Grèce
ou la Rome antique, avant et à
côté de la tradition chrétienne qui
invite chacun à revivre par l'ascèse
les 40 jours que Jésus passa
dans le désert, il répond aussi
au besoin, au moment de
la nouvelle année et du
commencement d’un nouveau
cycle de vie, de répéter les
mouvements
mythiques
du
chaos et de la cosmogonie.
Le carnaval est donc, aussi, un
bouleversement
temporaire
de l’ordre social et une
transgression : la distinction
entre maîtres et esclaves est
suspendue le temps des
Saturnales et, à Venise, Rio,
Prague
ou
Port-au-Prince,
hommes et femmes échangent
leurs vêtements.
Tous les ans depuis
dix siècles à Paris
Longtemps, Paris a constitué
le lieu d’incarnation de l’esprit
de carnaval - souvent contre
les autorités nationales, qui y
voyaient une affirmation trop forte
de l’identité et de la singularité
parisiennes, rebelle au pouvoir
central, et lui préféraient les fêtes
du roi, de l’empereur ou de la
République. Rappelez-vous la
reconstitution de ce carnaval
de 1639, proposée en 1978 par
Ariane Mnouchkine, dans son film
« Molière ». Jean-Baptiste Poquelin /
Philippe Caubère, alors qu’il
n’a que 17 ans, participe dans les
rues d’Orléans à un carnaval déluré,
à l’image de ceux qui embrasaient
les villes de France et allaient
bientôt être interdits par Louis
XIV parce que tournant à l’émeute
contre les collecteurs d’impôts
présents dans la ville…
Le
site
carnaval-paris.org
donne un passionnant éclairage
historique sur cette tradition
universelle, qui fut célébrée à
Paris comme nulle part ailleurs.
Du XIème au milieu du XVème siècle
se déroulait ainsi, autour de
Notre Dame, la « Fête des fous ».
Puis fut lancé le Grand Carnaval de
Paris, au début du 16ème siècle.
lancement des « confettis de papier »
et l’invention des serpentins, qui
allaient connaître un vif succès : en
1902, « Le Petit Journal » s’amuse
à évaluer les quantités ramassées
par les services municipaux de la
voirie, et il arrive à l’équivalent d’une
tour, d’une base de 1m2 et haute
comme deux fois la Tour Eiffel !
Il a, enfin, généré un riche
patrimoine de « musiques de
Carnaval » avec, notamment,
Philippe Musard, roi du quadrille du
Au Carnaval de Paris, on
lance les premiers serpentins
et confettis de l'histoire !
Toute l’attention convergeait vers
le Carnaval parisien. Même Buffalo
Bill y défila avec sa troupe d’Indiens
en 1905. Véritable fête populaire, il
offrait un lieu de partage, puisqu’il
impliquait l’ensemble des Parisiens
dans une diversité de lieux de la
capitale : les Grands Boulevards, les
théâtres, les ponts sur la Seine, et
le quartier latin des sorbonnards,
toujours fêtards ! Il a aussi constitué
un lieu d’innovation et de création
carnavalesques. Son édition de
1892 vit par exemple à la fois le
Danseuse du Carnaval brésilien
au Jardin en 2014
XIXème siècle, ou Auguste Desblins,
chef d’orchestre du célèbre
« Bal Bullier » en 1863.
C’est cette riche tradition à
laquelle le Jardin continue, à sa
mesure, de contribuer, en mettant
cette année à l’honneur un thème,
celui du « Carnaval des animaux »,
qui a inspiré en 1886 le compositeur
Camille Saint-Saëns, un habitué
du Jardin d'Acclimatation et de
sa célèbre salle de spectacle du
Palmarium. 
I3
FÉVRIER 2016
Interview
Carnet rose
Les animaux, des patients pas
comme les autres…
Bienvenue aux bébés du Jardin !
des perruches à collier agrandiront
la famille de la Grande Volière. Non
loin de la Rivière Enchantée et du
lac, des canetons Casarca au
plumage bicolore, blanc et brun,
verront le jour et deviendront,
comme
maman
et
papa,
d'adorables palmipèdes roux.
Les oies bernaches, les plus
coquettes du parc, pondront leurs
œufs sur les îles, à l'abri des regards
et apprendront à nager à leurs
oisons dès le mois d'avril.
Depuis dix ans, le docteur Bruno Pelletier est le vétérinaire des animaux du
Jardin d'Acclimatation. Rencontre avec ce passionné qui travaille main dans
la main avec les animaliers du parc.
Bruno Pelletier,
le vétérinaire du Jardin et un agneau
Q : À quand remonte
votre passion pour les
animaux ?
Enfant de la ville, Parisien
depuis toujours, je n'ai pas côtoyé
beaucoup d'animaux. Seul le chien
de la famille faisait partie de mon
quotidien. Ma vocation est venue
de façon simple et naturelle :
après des études en sciences,
une classe préparatoire de deux
ans, j'ai intégré l'école vétérinaire
de Nantes sur concours. Ma
passion est née véritablement
après un stage au Canada où j'ai
pratiqué la chirurgie animale et
suivi une formation de chirurgien
orthopédique. Ce qui est
passionnant avec ce métier, ce sont
les connaissances et les techniques
qui évoluent et se rapprochent
de plus en plus de la médecine
humaine. Plus tard, dans le cadre
du service militaire, on m'a confié
la noble tâche de m'occuper des
chevaux de l'Armée et de l'École
Polytechnique : une expérience
particulièrement enrichissante
pour moi qui m'a servi lorsque
j'ai eu la charge de la santé des
chevaux du Jardin d'Acclimatation
par exemple.
Q : Justement, comment
êtes-vous arrivé au
Jardin ?
J'exerçais dans mon cabinet
libéral lorsqu'une consœur qui
travaillait au Jardin m'a parlé
de son souhait de se reconvertir
dans l'enseignement. Elle m'a
alors présenté aux équipes. Bien
sûr, je connaissais cet endroit
si particulier à Paris : j'y venais
souvent pour m'y promener
et m'offrir une parenthèse
quasi rurale. J'ai tout de suite
accepté : la vie d'un vétérinaire
de campagne en plein Paris ?
C'était un vrai privilège et une
belle occasion de sortir du cabinet
et d'être en contact avec des
animaliers, d'autres passionnés…
Et quelle variété désormais dans
mon travail : du chinchilla d’une
famille aux aurochs du Jardin, mes
patients vont de 50 g à 800 kg !
Le matin en arrivant, je
consulte le cahier où chacun
consigne quotidiennement « les
commémoratifs », comme le
poids, l'alimentation, la taille et
le comportement des animaux.
Q : Quand et comment
travaillez-vous au Jardin
d'Acclimatation ?
Il n' y a pas de secret : quand
les animaux sont heureux, ils
se reproduisent ! C'est l'un de
nos meilleurs marqueurs pour
évaluer leur bien-être et lorsque
l'on sait que 100% des espèces
présentes ont eu des petits, tout
est dit ! Nous améliorons tous
les jours leur environnement :
introduction
de
nouvelles
espèces, comme les grues ou les
aurochs, installation d'un rucher,
agrandissement des enclos
et clapiers, cohabitation des
ânes et des lamas qui s'aiment
beaucoup, animaux en liberté,
chevaux au pré en été… Ce
travail est encadré par le Code
Rural et contrôlé tous les ans
par les services sanitaires de la
préfecture. Même nos diplômes
et les capacités des animaliers
sont passés au crible ! 
Au Jardin, les pathologies
sont sensiblement les mêmes
qu'en cabinet ! Otites, fièvre,
problèmes digestifs, respiratoires
ou
cardio-vasculaires…
les
interventions sont variées mais
heureusement assez rares. Je
viens toutes les semaines, pour
le suivi sanitaire et la prophylaxie
(prises de sang, auscultations,
vermification…) sans oublier les
urgences pour lesquelles je suis
disponible 24h/24 si nécessaire !
Ici, c'est un travail d'équipe :
je m'appuie sur la parfaite
connaissance des animaliers
pour chacun des pensionnaires.
Humeur, habitudes…, il leur suffit
d'un coup d'œil pour cerner l'état
de santé ou de stress d'un cochon,
d'une poule, d'un bœuf…
Ils les connaissent par cœur
et mes échanges avec eux
me
permettent
d'orienter
le diagnostic, maîtriser la
reproduction, les protocoles
d'alimentation ou les travaux
d'entretien des enclos.
Q : Pourquoi, selon vous,
le Jardin est-il un lieu
de vie agréable pour les
animaux ?
Home sweet home
Parmi la centaine de mammifères du Jardin, l’ourse « Victorine » est sans doute celle qui suscite
le plus d’interrogations. Comment se porte-t-elle ? Comment vit-elle ? A-t-elle assez d’espace ?
Réponses à toutes les questions que vous vous posez..
V
ictorine
est
née
au Jardin le 8 janvier
1990. Elle avait une
soeur et un frère jumeau,
Honorine et Malek Junior qui
ont tous deux été confiés à des
zoos peu après leur naissance.
Elle a donc vécu tout d’abord
seule avec ses parents, Gilda et
Malek, puis est arrivé Gaspard en
1984, rejoint plus tard par deux
autres frères jumeaux, Zig et
Zag en 1993. Eux aussi ont quitté
le Jardin à la naissance. Après le
décès de leurs parents, Victorine
et Gaspard ont vécu 23 années
tous les deux ensemble, même
s’il est vrai qu’ils se fréquentaient
peu. Chacun vivait de son côté
s’ignorant la plupart du temps.
Gaspard, vieil ours de 29 ans, s’en
étant allé en 2013, Victorine est
désormais la seule représentante
de cette fratrie.
Retour à l’état sauvage ?
Comme
ses
congénères,
Victorine est un animal à la
fois solitaire et dangereux. Elle
a aussi son propre caractère,
bien trempé. Fidèle à la célèbre
expression populaire, elle incarne
à merveille « l’ours mal léché ».
Avouons-le, Victorine n’est pas
facile à vivre et les prétendants
pour la rejoindre au Jardin ne sont
pas nombreux. Sans compter
qu’elle est parfois agressive, y
compris avec nos animaliers
qui prennent soin de ne jamais
lui tourner le dos lorsqu’ils
pénètrent dans son enclos. « C’est
une vieille dame de 26 ans »,
précise Christophe Jalladeau,
chef-animalier. « Le retour à la vie
sauvage, qu’elle n’a jamais connue,
serait dramatique pour elle. » En
effet, ayant toujours vécu en
captivité, il serait impensable
de la relâcher dans les Pyrénées
avec ses semblables. Elle n’y
survivrait pas.
L’été, elle apprécie
se baigner quand elle ne
se fait pas dorer au soleil
Montrant qu’elle n’a pourtant
pas totalement perdu son instinct,
elle a creusé dans la terre une
galerie de 5 à 6 mètres de long
dans laquelle elle aime passer du
temps, s’abriter et se reposer. L’été,
elle apprécie se baigner dans le
ruisseau qui parcours son enclos
quand elle ne se fait pas dorer sur
Oison bernache
V
ous pensiez que l'hiver
n'était pas la meilleure
saison pour voir des bébés
animaux au Jardin ? Et pourtant,
« Trotro », l'ânon du Berry et dernierné de la Petite Ferme, a déjà trois
mois et gambade gaiement auprès
de ses parents « Gamin » et « Pirate » :
avec ses 60 kg, ses 90 cm au garrot,
ses oreilles larges et bien ouvertes
et ses yeux qui semblent dire « je
suis ton ami », il est devenu la
mascotte des visiteurs. Quant aux
chevreaux du Rove, pas moins de
sept ont vu le jour en janvier et ont
rejoint le clan des caprins : ils se
portent à merveille et tètent encore
leur mère sur le Rocher aux Daims.
Mais c'est en effet au printemps que
le Jardin enregistre le plus grand
nombre de naissances et assiste
régulièrement aux premiers pas de
nombreux bébés.
Quant aux adorables paonneaux,
ils naîtront et vivront en totale
liberté dans le parc, à l'instar de leurs
parents. En vous approchant du
Potager, vous entendrez aussi peutêtre les « piou-piou » des poussins
qui se promènent avec Mère Poule
et vont taquiner Olivier le jardinier.
La « bébé mania » va de nouveau
envahir le Jardin qui ne comptera
pas moins de trente nouveaux
résidents avec les beaux jours.
De quoi ravir les visiteurs et
leurs enfants qui se feront plein
de petits amis à leur hauteur ! 
Quelles bonnes nouvelles Mère
Nature a-t-elle prévu pour 2016 ?
Les animaliers nous ont confié que
de nouveaux petits faisans dorés et
Bébé lama et âne du Poitou
Le billet de Jean-Pierre Bardery
Président du Jardin de 2001 à 2004
Mon ami Gris du Gabon
Il y a quelques années,
j'aimais venir régulièrement
me promener au Jardin
d'Acclimatation. J'y venais me
ressourcer, oublier un quotidien
peu souriant alors, dans une
nature pleine de douceur. Mes
pas m'amenaient chaque fois vers
la Grande Volière où je retrouvais
un petit copain à plumes, un Gris
du Gabon. Celui-ci m'apercevant,
poussait des trilles de joie, j'en
étais convaincu. De son bec et de
ses griffes s'agrippant au grillage,
il venait me souhaiter le bonjour.
Tout à notre complicité, il me
laissait caresser son bec crochu
sous l'œil amusé de quelques
petits spectateurs. Après une
longue absence, je suis revenu vers
Perroquet Gris du Gabon
cet endroit voulu par les créateurs
du Jardin au XIXème siècle. Le
perroquet n'a pas manifesté son
plaisir de me revoir. J'ai pensé qu'il
boudait. Après tout, je
l'avais abandonné près
de dix ans. 
Bonne nouvelle
L'ourse « Victorine »
l’herbe, au soleil, le temps d’une
sieste. Appréciant par-dessus
tout son confort, elle profite à la
nuit tombée de son moelleux lit
de paille que les animaliers lui
confectionnent chaque jour dans
la grotte qui lui sert de maison.
L’hiver, comme actuellement, elle
y hiberne paisiblement avant de
sortir progressivement sa truffe
à partir du mois de mars pour
retrouver son activité habituelle.
Victorine aura été la dernière
de la lignée des ours du parc
parisien. Grands-parents, parents
et enfants la connaissent bien et
sont heureux de venir la saluer à
chacune de leur visite. Pourtant,
aujourd’hui,
plus
question
pour la Direction de reprendre
d’autres de ses congénères.
« Nous recherchons pour elle un
lieu de villégiature où elle pourra
finir paisiblement sa vie. » précise
son soigneur. En attendant, la
doyenne des mammifères du
Jardin fait l’objet de toutes les
attentions des animaliers qui
ont à coeur de lui ménager une
retraite méritée ! 
Prolongation de la patinoire
jusqu'au 6 mars !
P
lus de 20 000 visiteurs l'ont
déjà testée et approuvée !
Vous avez encore jusqu'au
6 mars pour venir patiner en
famille et en plein air sur 400 m2
de glace véritable. Les plus petits
pourront s'initier en douceur
dans le Jardin des Neiges avec les
pingouins-trotteurs. Comme l'ours
et la patineuse du dessinateur
Éric Héliot, nous vous donnons
rendez-vous les mercredis, les
week-ends et tous les jours
pendant les vacances scolaires :
profitez-en avant l'arrivée du
printemps ! 
Informations et tarifs
sur jardindacclimatation.fr
4I
VENEZ COURIR ET VOUS ENTRAÎNER AU JARDIN D’ACCLIMATATION
EN PARTENARIAT AVEC SAUCONY (ÉQUIPEMENTIER SPORTIF AMÉRICAIN)
30 SÉANCES GRATUITES DU 9 FÉVRIER AU 17 AVRIL, AVEC COACHING DE PROS ! DÉBUTANTS OU CONFIRMÉS, INSCRIVEZ-VOUS SUR SAUCONYRUNNINGCLUB.FR
Une matinée à tout crin !
Quelques heures passées au Centre Équestre à suivre les équipes dans leur travail, à observer les soigneurs et les médecins,
à rencontrer les cavaliers : visite guidée des coulisses des Grandes Écuries... !
A
u Centre Équestre du Jardin,
c’est à 7 heures précises que les
cinquante-cinq équidés, chevaux,
double-poneys et shetlands voient arriver
leurs soigneurs, signe que le « petit-déjeuner »
va bientôt être servi ! En effet, le premier
geste de Nathalie, Djamel et Francesco
est de nourrir les locataires du club :
à chacun sa ration de granulés avant de
commencer la journée. Pour nos trois lèvetôt, pas de temps à perdre. Il s’agit maintenant
de nettoyer les boxes et de changer la paille
dans chaque stale. Douze tonnes sont ainsi
renouvelées au cours d’un seul mois d’hiver
pour que chaque pensionnaire profite
d’une litière bien propre et suffisamment
rembourrée pour lui tenir chaud en hiver.
8 heures, c’est l’heure du curage des pieds
des chevaux : petits cailloux, écorchures,
boiteries… c’est une revue de détails qui
s’opère chaque matin pendant que, dans la
sellerie, on vérifie les brides, les mors, les licols,
on cire les selles, on brosse les tapis… Rien ne
doit être oublié avant l’arrivée des cavaliers !
9 heures, les monitrices et les moniteurs,
Babeth, Kim, Marieme et Kevin rejoignent
les écuries. Ils sont accueillis par Bénédicte, la
bonne fée du club. C’est elle qui prend soin
de chacun des 400 cavaliers qui montent à
l'année. Douce et attentive, elle a toujours
un mot gentil pour chacun d’entre eux ce
qui ne l’empêche pas d’être d’une efficacité
remarquable et de jongler avec les plannings
et les imprévus !
Arrivée des premiers cavaliers
Dans le manège
10 heures, les premières leçons de la
journée vont bientôt commencer ! On entend
quelques cris : « Cookie » ! « Némo » ! « Poly » !
Ce sont les plus petits qui réclament leur
poney préféré. Ils n’ont qu’une hâte, lui faire
un câlin avant de pouvoir monter sur son dos !
Quant aux plus grands, ils s’affairent auprès
de leur monture qu'il faut panser puis seller.
Étrillés, brossés, bouchonnés, les poneys
sont prêts ! La petite troupe se dirige vers le
manège où la reprise va commencer.
L'école d'équitation existe
depuis 142 ans au Jardin
Pendant ce temps, Christophe, le chef
animalier retrouve l’ostéopathe. C’est son
jour de visite et il vient manipuler deux
chevaux qui nécessitent ses soins. Le
dentiste est venu lui aussi vérifier la dentition
d'une partie de la cavalerie. Depuis douze
ans qu’il a la responsabilité des animaux
du parc, Christophe a à cœur que chacun
d’entre eux reçoive les meilleurs soins et soit
en bonne santé. C’est une de ses priorités !
11 heures, Virginie Wibaux, la monitrice
spécialement formée à l’équithérapie
accueille son groupe ; des enfants qui
souffrent de handicaps et auxquels la
relation avec le cheval permet de retrouver
un certain équilibre. Ce sont 21 enfants,
11 adolescents et 8 adultes qui profitent
ainsi chaque semaine des bienfaits de la
pratique du cheval.
Balade à poney
11 heures, c’est aussi l’heure des balades
à poney. Xavier arrive avec les shetlands,
ces petits poneys que caractérise leur
gentillesse. Les enfants les attendent déjà
avec impatience pour une promenade à
travers le parc. Bombes vissées sur la tête,
nos tout-jeunes cavaliers ne sont pas peu
fiers de chevaucher leur destrier !
La matinée s’achève. Les cavalières
et cavaliers se retrouvent au club-
house. Leurs montures rentrent
dans leur boxe se restaurer : ce
midi, foin et granulés au menu des
Grandes Écuries qui abritent depuis
1874 « une école d’équitation ». C’est ce
qui s’appelle avoir de l’expérience ! 
Informations et inscriptions auprès
de Bénédicte au 01 40 67 96 66 ou sur
centreequestre@jardindacclimatation.fr
Des chiffres et des bêtes
4
Ils sont entrés dans l'Histoire
à quatre pattes
hectares dédiés aux animaux.
De la Petite Ferme aux
Écuries en passant par la
Grande Volière et le Rocher aux Daims,
ils sont conformes aux
directives des autorités
sanitaires et vétérinaires.
« Michka », « Castor et Pollux », « Roméo et Juliette », « Paul et Virginie »… Ils ont tous été les héros du Jardin.
Retour sur l'épopée de ces animaux oubliés et pourtant mythiques.
Du ver à soie à l'éléphant,
5 200 animaux vivent
au Jardin en 1866
Certaines installations sont réalisées par
l’éclectique architecte Gabriel Davioud :
l’Aquarium, les Grandes Écuries, les
« Fabriques » (maisons et enclos des
herbivores), la Grande Volière, la
Magnanerie qui héberge à présent un salon
de thé. Sur sa terrasse, on peut d'ailleurs
encore déceler la trace des anciennes
cages de la Singerie.
Ouvert en 1861, l’Aquarium devient
aussitôt une attraction plébiscitée : c’est
non seulement le plus grand d’Europe avec
ses 14 bassins alimentés en eau salée et en
eau douce, mais c’est la première fois que
le public français peut admirer la nature
sauvage des océans. Ce bâtiment élégant
est malheureusement rasé en 1950.
Toutefois, plus de 400 poissons - des carpes,
des esturgeons, des gardons... - continuent
de s’ébattre dans le lac et les rivières
du Jardin.
Par contre, les Grandes Écuries,
bâties dans le style gothique vénitien,
embellissent toujours le Jardin et
accueillent, depuis leur respectueuse
restauration en 2009, dans le plus pur style
Second Empire, le Centre Équestre et le
Théâtre de Guignol. Dans ses 15 boxes,
plus de 30 races se sont côtoyées pendant
plusieurs décennies : des chevaux
(percheron, pur-sang, poney, hémione),
des zèbres, des ânes, des buffles, des
autruches, des dromadaires, des tapirs, des
phacochères… Certains de ces animaux
étaient utilisés pour promener les visiteurs :
un tour à dos d’éléphant revenait à 25
centimes et une balade dans une voiture
tractée par une autruche coûtait 50 centimes.
Le Jardin comptait aussi une Poulerie
et une Vacherie dont les produits étaient
vendus sur place ou à Paris.
De la guerre
aux temps de paix…
Le siège de Paris en 1870 éprouve
gravement le sort des animaux. Ils
servent à nourrir une population
affamée qui dévore cuissot de loup,
terrine d’antilope, filet d’ours, civet
de kangourou, rognons de chameau,
180
tonnes de paille
pour le confort
des
animaux,
changée
tous
les
jours
pendant l'été pour maintenir les
litières fraîches. En hiver, la paille sert
de couverture propre à une
mince couche de fumier, source
de chaleur naturelle lors des
grands froids.
La promenade sur l'éléphant en 1900
daube de python, galantine de paon...
Les deux célèbres éléphants du Jardin,
« Castor et Pollux », sont également abattus.
Un restaurant parisien renommé inscrit à
son menu le pied et le boudin d’éléphant.
Mais le Jardin se repeuple rapidement
avec des alpagas, des lamas, des rennes, des
moutons, des kangourous... Le roi d’Italie
offre les éléphants d’Afrique « Roméo et
Juliette ». Des dromadaires sont ramenés
d’Algérie, des yaks du Tibet, des élans du
Cap, deux kinkajous d’Amérique du Sud,
deux girafes d’Abyssinie, « Paul et Virginie »
et même une colonie de pingouins du pôle
Nord. Le Jardin se dote d’un colombier
pour 400 pigeons. Un grand bassin
accueille des otaries de Californie dont les
cabrioles émerveillent les visiteurs.
Certains prétendent que dans les
années 50, l'industriel Marcel Boussac,
habitant du boulevard Maurice Barrès
voisin du Jardin, ne supportait pas les
feulements des lions à la saison des
amours et aurait acquis la concession du
Jardin pour s'en débarrasser. L'histoire
ne fût jamais vérifiée.
Bien que le Jardin ait perdu son
épithète zoologique, il n’a jamais
renoncé à sa vocation animalière,
comme en témoignent la Petite Ferme
Normande, la Grande Volière, le Centre
Équestre et le Rucher Pédagogique
d'aujourd'hui. 
Cyril Buffet, historien.
300
animaux
onze espèces
de mammifères et vingt-cinq
d'oiseaux.
dont
300
kg par jour. Fruits et
légumes, viande, foin,
granulés et graines,
poisson, lait pour les bébés..., le gardemanger est approvisionné toutes les 3
semaines pour des animaux qui
engloutissent près de 110 tonnes
de nourriture par an !
70000
enfants
profitent
chaque
année des balades à dos
d'âne, de poney et de
dromadaire.
Vous souhaitez vous rendre au Jardin ?
Bois de Boulogne - 75116 Paris
Le parc est ouvert tous les jours. Du lundi au vendredi de 10h00 à 18h00, le samedi de 10h00 à 19h00,
le dimanche de 10h00 à 18h00 et les attractions jusqu’à la tombée de la nuit.
En métro : ligne 1 – Station : Les Sablons - En bus : 43 – 73 – 82 – 93 - PC1 - 174 – 244
Pour le bus 244 uniquement le week-end et les jours fériés
Gagnez du temps, achetez vos billets en ligne
sur jardindacclimatation.fr
Vous souhaitez un renseignement ?
Contactez-nous au 01.40.67.90.85 ou sur infos@jardindacclimatation.fr
Suivez-nous sur Facebook et sur blog.jardindacclimatation.fr
est éditée par
la S.A. Jardin d'Acclimatation
Bois de Boulogne – 75116 PARIS
Directeur de la Publication :
Marc-Antoine JAMET
© Tous droits réservés : Maxime Vigato, Frédéric Grimaud, Laurence Bichon, Jardin d'Acclimatation - Design : FK-Agency
H
ier comme aujourd’hui, le Jardin
œuvre à la préservation de la
biodiversité animale. Dès sa
fondation en 1860, le zoologiste Isidore
Geoffroy Saint-Hilaire y développe ses
théories scientifiques pour acclimater
des espèces animales, pour les étudier
dans leur contexte tandis qu’au Jardin des
Plantes, ses rivaux défendent au contraire le
principe d’une observation des animaux en
dehors de leur milieu. Au Jardin, les singes
sont dans les arbres, le fennec sur son sable,
le lion sur un sol sec et graminéen...
70
paons, cygnes, faisans,
oies bernaches en liberté.
Parfois farouches, jamais
agressifs, ils s'approchent des familles en
plein pique-nique, se
laissent photographier et
vivent en toute tranquillité
dans le parc.
Auteur
Документ
Catégorie
Без категории
Affichages
4
Taille du fichier
2 498 Кб
Étiquettes
1/--Pages
signaler