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05.02.2016 Exposition Carlos Saura au DIDAM

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Direction de la communication,
du dialogue citoyen
et de l’attractivité territoriale
Tél. : 05 59 46 60 40
Courriel : communication@bayonne.fr
Le 5 février 2016
DOSSIER DE PRESSE
L’ÉVÈNEMENT CARLOS SAURA
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
Le réalisateur espagnol Carlos Saura, mondialement connu pour Cría cuervos,
Noces de sang ou L’Amour sorcier, est également célèbre pour ses photographies.
La Ville de Bayonne présente España años 50, qui réunit 92 clichés de Saura, au
DIDAM du 6 février au 24 avril 2016. A l’occasion de cette exposition-événement,
L’Atalante et L’Autre Cinéma présentent un cycle de films marquants de Saura. Le
DIDAM accueille España años 50 en avant-première avant son exposition à
Ségovie, Barcelone et Madrid.
Les œuvres de Carlos Saura photographe au DIDAM, et de Carlos Saura réalisateur à
L’Atalante, se font écho sur la rive droite de l’Adour, confirmant à nouveau la vocation de ces
deux lieux phares d’amplifier la résonance entre cinéma et arts visuels.
España años 50 marque le lancement d’une année espagnole à Bayonne, qui, dans le cadre
de Donostia 2016, capitale européenne de la culture, accueillera du 2 juin 2016 au 25
septembre une collaboration entre la Ville et la Fondation DSS2016 : la double exposition
« Traité de Paix », une représentation de la paix dans l’histoire de l’art, sera présentée au
Musée Basque et de l’histoire de Bayonne et au DIDAM.
L’exposition de photographies de Carlos Saura, qui met en lumière huit séries en noir et
blanc sur l’Espagne d’après-guerre (Cuenca, l’Andalousie, Madrid, la Castille…), revêt une
dimension toute particulière au quartier Saint-Esprit, marqué par cinq siècles d’immigrations
espagnoles.
Exils religieux, politiques, de guerres ou de travail sont autant de conséquences qui
marquent les instabilités politiques et économiques de l’Espagne depuis l’Inquisition. Ce
mouvement migratoire est particulièrement marqué à partir de la Guerre civile d’Espagne.
Dès 1936, des milliers de migrants espagnols affluent à la frontière ou arrivent à Bayonne
par cargos. Après la Seconde Guerre mondiale, des familles s’installent durablement et
occupent des emplois plutôt industriels. La présence ibérique anime pleinement la vie
associative et culturelle de Saint-Esprit aujourd’hui.
L’exposition est coproduite avec La Fábrica-Madrid. Fondée en 1994, cette entreprise de
gestion culturelle a pour objectifs la promotion et le développement de la création
contemporaine. Pablo Berastegui, actuellement directeur général de Donostia 2016, a par
ailleurs dirigé pendant six ans le festival PHotoEspaña, l'un des plus importants festivals
internationaux de photo, créé par La Fábrica.
PHotoEspaña exposera España años 50 à Ségovie en juin prochain.
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
I - España años 50
1. L’exposition présentée par sa commissaire, Oliva María Rubio :
« España años 50 est un travail documentaire, un album photographique sur les villages et
les hommes que Carlos Saura a découverts au cours de ses divers voyages à travers le pays.
Ces images nous ramènent à une époque qui semble lointaine et à des lieux que nous
reconnaissons à peine. Une Espagne misérable, avec ses villages aux rues non goudronnées,
aux maisons de brique et de pierre, une Espagne de paysans qui se protègent du froid avec
des couvertures, d’hommes dont les uniques moyens de transport sont des charrettes tirées
par des ânes ou des mules, une Espagne de mendiants, de femmes vêtues de noir… Mais
aussi une Espagne de gens ouverts, simples et travailleurs. Une Espagne qui reflète la vie et
les coutumes locales, ses mises à mort, ses vachettes et ses courses de jeunes taureaux, ses
corridas, ses fêtes - comme la Semana Santa ou les Fallas - et ses rites. Une Espagne d’une
grande richesse culturelle, au croisement d’influences diverses, comme par exemple celle des
Arabes qui occupèrent une partie de la péninsule pendant plusieurs siècles.
Dans les années cinquante, l’Espagne fut un pays qui intéressa de nombreux photographes,
autant espagnols - Ramón Masats, Català-Roca, Joan Colom… - qu’étrangers. Avec
l’ouverture des frontières, due à des évènements de politique internationale, arrivèrent en
Espagne de nombreux photographes devenus par la suite des icônes de l’histoire de la
photographie : Eugene Smith, dont le travail sur la ville de Deleitosa, en Estrémadure, fut
l’objet d’une polémique et d’un grand reportage dans la revue américaine Life, Henri CartierBresson, Inge Morath, qui réalisa plusieurs voyages dans toute la péninsule et dont les
travaux furent réunis dans un livre publié dans les années 90, Brassaï, qui visita l’Andalousie
et fit un reportage important sur la « Semana Santa », Elliott Erwitt, Robert Frank ou Herbert
List, entre autres. Tous rendent compte dans leurs reportages de cette Espagne triste et
noire, pauvre, mais qui conserve ses rites, ses fêtes et ses coutumes. Comme eux, Carlos
Saura porte un regard bienveillant sur cette Espagne et ses populations qui ont souffert les
ravages de la guerre civile, de la pauvreté, de la répression et du manque de libertés du
franquisme.
Reconnu internationalement pour ses films, dont beaucoup ont obtenu des prix importants
dans les festivals internationaux les plus prestigieux – comme Cannes, Donostia - San
Sebastián, Berlin ou New York – Carlos Saura a toujours concilié son travail de réalisateur
avec celui de photographe. Il débuta dans la photographie très jeune et sa première
exposition à la Real Sociedad Fotográfica de Madrid eut lieu en 1951. Pendant plusieurs
années Carlos Saura travailla comme reporter professionnel, en couvrant les festivals de
musique et de danse de Grenade et de Santander. Le journal ABC publia l’une de ses photos
en couverture et le magazine Paris-Match lui proposa un poste de photographe permanent.
Carlos Saura a réalisé des portraits, a photographié la ville et ses habitants, ses villages, son
environnement familial et social, la rue. Depuis lors il n’a jamais cessé d’utiliser son appareil,
faisant des portraits de sa famille et de son environnement, photographiant ses tournages et
réalisant des photographies peintes qu’il appelle "fotosaurios"».
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
2. L’exposition présentée par Carlos Saura :
« Il est inévitable que la tristesse nous saisisse quand nous constatons les changements du
temps qui passe, sur nos proches et sur nous-mêmes, que nous voyons comment disparaît le
regard clair et transparent des enfants et des adolescents, comment se transforment les
paysages et les villes, comment disparaissent les lieux qui avaient une signification spéciale
pour nous, et comment il nous arrive de nous retrouver, soudainement, face à la
photographie de l’être cher qui un jour disparut de notre vie et qui, maintenant, nous sourit.
Rien ne peut, comme la photographie, raviver la mémoire et le souvenir : il suffit de regarder
attentivement une photographie du passé pour qu’apparaisse immédiatement une partie de
l’histoire que nous portons tous en nous.
Je suis un photographe occasionnel qui, trop timide pour être un photoreporter et sans la
patience du pêcheur pour être un paysagiste à la manière de Weston ou de Ansel Adams,
s’est contenté de se promener avec un appareil et de capturer les images qui attiraient son
attention : la photographie a été mon carnet de notes.
Ma vocation photographique fut précoce par impératif amoureux. Je m’explique : à 9 ans je
fis ma première photo avec une ICA 6X9 de mon père qui – comme je le découvris plus tard
– avait un défaut de mise au point. C’était l’image d’une petite fille dont j’étais amoureux et
qui vivait près de chez moi, à Madrid. Je décidai que je devais lui montrer mon amour et, en
me cachant, je la pris en photo. Une photo un peu floue que je lui envoyai avec une lettre
d’amour qui ne reçut jamais de réponse. J’appris alors deux choses : la valeur de la
photographie comme témoignage et la fragilité des sentiments.
Je pris goût à la photographie et travaillai, au début, avec des plaques de cristal parce qu’il
était plus facile de se procurer une caisse de plaques qu’un rouleau de pellicule. Plus tard,
j’utilisai, comme tout le monde, des pellicules ; toujours en noir et blanc. J’ai fait très peu de
photographies en couleur avant l’arrivée des appareils numériques, car je ne voulais pas que
d’autres que moi manipulent mes photos.
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
Les avancées technologiques ont transformé la photographie argentique en une relique, mais
je suis nostalgique de la chambre noire, avec sa lumière rouge de maison close. J’ai passé
une partie de ma vie dans cette lumière crépusculaire, entouré des odeurs caractéristiques
du révélateur, du fixateur et de l’acide acétique. Comme les chats, j’ai fini par voir dans la
pénombre, en m’orientant facilement dans l’obscurité pendant que je chargeais les pellicules
dans les réservoirs de révélateurs ou que je développais les négatifs. Je me rappelle
l’impatience qui me saisissait en voyant comment, d’un papier blanc et immaculé, surgissait,
dans le bac du révélateur, l’image de la photographie que j’avais faite un jour. C’était un
miracle !
En photographie, comme en presque tout, j’ai été un autodidacte et j’ai avancé au prix
d’erreurs, de contrariétés mais aussi de nombreuses satisfactions. Pendant les années de
pénurie, j’appris que le négatif était un bien précieux et coûteux et que chaque prise
représentait une photographie en moins. Dans certains de mes rouleaux de 36
photographies des années 50 il y a vingt images exploitables en grand format, toutes
différentes. Cette économie de moyens reste une constante dans mon travail. On sait, au
moment d’appuyer sur le déclencheur, si la photographie valait la peine.
Cela fait longtemps que j’en suis venu à la conclusion qu’en photographie, comme en de
nombreuses choses, tout a été fait, dès le début, et que nous ne faisons que des détours
pour revenir toujours au même. Certains photographes qui se lancent dans l’expérimentation
oublient que la majeure partie des avancées sur le terrain esthétique ont déjà été réalisées.
Ce qui change c’est le temps et l’espace, comme dit la chanson « Todo cambia », de
l’Argentine Mercedes Sosa : nous changeons, notre environnement change.
Remonter le temps a toujours été un rêve de l’être humain ! C’est en cela que réside la
magie de la photographie car, en actionnant l’obturateur d’un appareil photographique, d’un
mobile ou d’une tablette, ce que nous obtenons est une image du passé, un passé unique,
qui ne se répètera pas, un instant qui n’aura plus jamais lieu.
Adolescent, je conjuguais la prétention d’intégrer L’Ecole d’Ingénieurs avec ma passion pour
la photographie et pour les motos. J’ai même fait quelques courses, mais j’ai su m’arrêter à
temps, les os encore intacts, parce que ce n’était pas pour moi.
Au début des années 50, j’ai commencé à travailler comme photographe professionnel avec
un Rolleiflex. J’ai fait ma première exposition en 1951, à 19 ans, à la Real Sociedad
Fotográfica de Madrid. J’ai décidé de me consacrer définitivement à la photographie, en
abandonnant mes études d’ingénieur, lorsque j’ai été nommé photographe officiel des
festivals de Musique et de Danse de Grenade et Santander. Ces années-là furent d’une
grande intensité photographique, notamment grâce à l’acquisition de l’un des premiers Leica
M3, qui me permit une plus grande liberté d’action.
C’est à ce moment-là, quand je traversais la Castille et l’Andalousie, que me vint l’idée de
faire un livre sur les villages et les personnes de l’Espagne de ces années 50. Le projet
s’arrêta là et la faute en revint au cinéma. En 1957 on me chargea de faire un documentaire
sur Cuenca et en 1959, quand je préparais mon premier long métrage, Los Golfos (Les
Voyous), on me proposa d’intégrer la revue Paris-Match. C’était le rêve de tout photographe
et cette nuit-là je ne dormis pas.
Cependant le cinéma s’imposa et je ne l’ai jamais regretté. Mais je n’ai jamais abandonné la
photographie pour autant ».
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
3. Carlos Saura : biographie
Carlos Saura est né à Huesca en 1932 et, à partir de 1943, sa famille déménage à Madrid.
En 1950, il commence des études d’ingénieur industriel qu’il abandonne plus tard. Dans les
années 50 il fera ses premiers pas dans le monde artistique à la suite de son frère Antonio
qui fera partie du collectif « El Paso ».
Entre 1952 et 1955, il poursuivit plusieurs voies : reporter photo, journaliste, imprimeur, tout
en s’inscrivant en 1953 à l’Instituto de Investigaciones y Experiencias Cinematográficas en
section « réalisation », où il fut Professeur pendant six ans, après avoir terminé ses études
en 1957. Cette année-là, il découvrit le cinéma de Buñuel. En 1951, il réalisa sa première
exposition de photographies à la Real Sociedad Fotográfica de Madrid. Pendant plusieurs
années, Carlos Saura travailla comme reporter photo, en couvrant les festivals de Musique et
Danse de Grenade et Santander. Le journal ABC publia l’une de ses photos en couverture et
la revue Paris-Match lui offrit un poste de photographe permanent.
En 1958, il tourna le documentaire Cuenca, pour lequel il reçut le prix spécial du Festival de
Donostia-San Sebastián. Son premier long métrage, Los Golfos (Les Voyous), fut présenté à
Cannes en 1960. Avec ce film il se fit connaître à l’étranger mais, en Espagne, la censure fit
détruire la bande.
En 1962, il exposa ses photographies avec celles de Ramón Masats, Galerie Juana Mordó, à
Madrid. En 1964, le Festival de Berlin consacra internationalement la figure de Carlos Saura
en lui accordant l’Ours d’Argent pour son long métrage La Caza (La Chasse). Berlin primera
aussi ses films : Peppermint frappé, avec l’Ours d’Argent, en 1968, et Deprisa, deprisa (Vite,
vite !), avec l’Ours d’Or, en 1980.
Carlos Saura a eu, à partir de 1969, une relation particulière avec le Festival de Cannes, où
furent présentés, dans la sélection officielle, les films : La Madriguera, en 1969, et Ana y los
lobos (Ana et les loups), en 1972. Avec La prima Angélica (La Cousine Angélique), en 1973,
Cría cuervos, en 1976, et El Dorado, en 1987, il reçut le Prix Spécial du Jury ; Elisa, vida mía
(Elisa, mon amour), en 1976, Carmen, en 1983, et Tango, en 1997, furent primés aussi.
En 1970, El jardín de las delicias (Le Jardin des délices) triompha au Festival de Cinéma de
New York, mais, en Espagne, il continua à avoir des problèmes avec la censure, qui interdit
la distribution de ses films pendant près d’un an. L’année 1979 fut l’une des plus importantes
de sa carrière : son long métrage Mamá cumple 100 años (Maman a cent ans) obtint le Prix
spécial du Jury au Festival de Donostia-San Sebastián, à Chicago et à Bruxelles, entre autres
festivals internationaux et fut nominé aux Oscars dans la catégorie Films étrangers. Il obtint
également le Premio Nacional de Cinematografía.
En 1981, il travailla pour la première fois avec Antonio Gades en réalisant la version
cinématographique de Bodas de Sangre (Noces de sang), de Federico García Lorca. En 1983,
Carmen fut un grand succès commercial, fut nominé aux Oscars et obtint des prix dans de
nombreux festivals. En 1985, il travailla une fois de plus avec Antonio Gades. Avec lui et avec
Christina Hoyos il tourna El amor brujo (L’Amour sorcier) qui fut récompensé à Montréal et
aux Goya de l’Académie du Cinéma Espagnol. En 1987, il tourna au Costa Rica El Dorado,
film produit par Andrés Vicente Gómez. En 1990, ¡Ay, Carmela! remporta treize prix aux
Goya ainsi que de nombreux prix dans des festivals internationaux et une nouvelle
candidature aux Oscars. En 1991, il continua avec le film Sevillanas et en 1992 il fut choisi
pour tourner le film officiel des Jeux Olympiques, Maratón. Il obtint la Médaille d’Or des
Beaux-Arts. En 1994, il entama une collaboration avec Vittorio Storaro, avec qui il tourna
Flamenco, qui fut présenté aux festivals de Venise, New York et Miami ainsi qu’au Japon. Il
collabora de nouveau avec Storaro en 1997 pour le tournage de Tango, nominé aux Oscars.
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
En 1996-1997, il publia son roman Pajarico solitario, qui sera la base de son film Pajarico,
interprété par Francisco Rabal. Il revint au roman en 2000-2004 avec ¡Esa luz! et Elisa, vida
mía. Il sortit en 2004 El séptimo día (Le septième jour) et il reçut le Prix du Cinéma
Européen pour son parcours cinématographique. En 2005, il tourna Iberia, inspiré par
l’œuvre homonyme d’Isaac Albéniz. Il reçut le prix Prisma, des directeurs de la photographie.
En 2000-2001, des expositions de ses photographies de jeunesse eurent lieu au Centre
Culturel Círculo del Arte, à Barcelone, au Círculo de Lectores, à Madrid, et à l’Instituto
Cervantes, à Munich, ainsi qu’une exposition de ses story-boards à l’Escorial. En 2002 sa
série Autorretratos en Alcalá de Henares (Autoportraits à Alcalá de Henares) et les
photographies du tournage de Buñuel y la mesa del rey Salomón (Buñuel et la table du roi
Salomon) furent exposées au Círculo de Bellas Artes de Madrid. En 2003, les photographies
de tournage de Flamenco furent exposées au Círculo del Arte, à Barcelone, et au Círculo de
Lectores, à Madrid. L’exposition fut accompagnée du livre Flamenco, édité par le Círculo de
Lectores. En 2005, la galerie Trama de Madrid exposa ses photographies peintes sur les
trains de banlieues. Le festival de Malaga accueillit l’exposition Mis fotos de rodaje (Mes
photos de tournage). En 2013, l’exposition Carlos Saura/Leopoldo Pomes : Retratos
(Portraits), passa par plusieurs sièges européens de l’Instituto Cervantes.
4. La commissaire d’exposition Oliva María Rubio
Oliva María Rubio a obtenu un Doctorat en Histoire de l’Art à l’Université de Philosophie et de
lettres (Universidad Autónoma de Madrid) en 1992. Historienne de l’art et commissaire, elle
travaille actuellement comme directrice artistique à La Fábrica.
Elle a été commissaire générale de PHotoEspaña de 2001 à 2003, où elle a développé des
thématiques liées à l’identité qui ont abouti à Desde el Sur, Femeninos et Nos-Otros et elle a
programmé plus de soixante expositions d’artistes internationaux. Parmi les expositions dont
elle a été commissaire, citons Kimsooja: Respirar – Una mujer espejo, Palacio de Cristal,
MNCARS, Madrid; Andres Serrano: El dedo en la llaga (Círculo de Bellas Artes, Madrid;
ARTIUM, Vitoria et PAC, Milán), 2006-2007; Dorothea Lange, (MUICO, Madrid), 2009 et
László Moholy-Nagy. The Art of Light, 2010 (Círculo de Bellas Artes, Madrid), Martin-GropiusBau, Berlin et Gemeentemuseum Den Haag, 2010-2011 ; Margaret Bourke-White. Momentos
de la Historia (Martin-Gropius-Bau, Berlin, Kunsfoyer Bayer, Munich, Fotomuseum Den Haag,
Preus Museu, Horten/Oslo, 2012-2013). El Lissitzky. The Experience of Totality (MART
Rovereto-Trento; Museo Picasso Málaga et La Pedrera, Barcelona, 2014).
Elle a fait partie de nombreux jurys d’art et de photographie, comme l’Albert Renger-Patzsch
Photography Award, Essen, 2006 ; le Grand Prix Henri Cartier-Bresson, Paris, 2009 ; le
Deutche Börse / Photographers’ Gallery Photography Prize 2010, Londres ; et le Prix National
de Photographie, ministère de la Culture, Madrid 2000 et 2007. Membre du Comité des Arts
visuels « Culture 2000 programme », à la Commission Européenne de Bruxelles, 2003, du
comité d’achat du Fonds National d'Art Contemporain, Paris 2004-2006, conseillère artistique
du Prix de la Photographie de la Fondation HSBC pour la Photographie, Paris, 2005. Oliva
María Rubio a aussi été responsable du projet d’art des jeunes artistes de Caja Madrid,
Generaciones de 2000 à 2012.
Elle est l’auteur de La mirada interior. El surrealismo y la pintura, 1994, ainsi que de
nombreux articles parus dans des catalogues et des magazines.
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
II. Cycle Carlos Saura à L’Atalante et L’Autre cinéma
En écho à l’exposition au DIDAM, L’Atalante et L’Autre Cinéma proposent un cycle de
certains de ses films les plus marquants, avec un temps fort en sa présence, les 5 et 6
février.
Vendredi 5 février à l’Atalante
18h30 : Flamenco Flamenco
Espagne – 2011 – 1h40 en VO – avec El Carpeta, Israel Galvan.
En réunissant aussi bien les plus grands maîtres (Paco de Lucía, Manolo Sanlúcar, José
Mercé…) que les nouveaux talents de cet art envoûtant (Sara Baras, Miguel Poveda…), le
réalisateur nous propose un véritable voyage au cœur du flamenco, de sa lumière, de ses
couleurs.
21h : La Chasse
Espagne - 1966 - 1h31 en VO - avec Ismael Merlo, Alfredo Mayo, Emilio Gutierrez Caba,
Violeta Garcia.
Trois amis ayant participé à la guerre civile espagnole du côté de Franco, José, Paco et Luis,
se retrouvent dans la propriété de José pour chasser le lapin. Juan, un vieux fermier
estropié, et sa fille Carmen gardent le domaine et servent Don José. La journée va se
dérouler sous une chaleur torride où les passions et les rancœurs vont se dévoiler et aboutir
à une explosion de violence…
En entomologiste implacable, Carlos Saura signe une fable morale noire et grinçante sur une
Espagne rongée par les démons du franquisme.
Samedi 6 février à l’Autre cinéma
14h : Don Giovanni, naissance d’un opéra
Espagne, Italie – 2008 – 2h07 en VO - avec Lorenzo Balducci, Lino Guandciale, Emilia
Vergineli.
Condamné à quinze années d'exil par la Sainte Inquisition pour complot contre l’église, le
prêtre Lorenzo da Ponte quitte Venise pour Vienne en 1781. L'Empereur Joseph II, se
prenant d'emblée d'amitié pour le jeune garçon, lui demande d’écrire le livret des Noces de
Figaro pour Mozart, qui est un véritable succès. Très vite son ami Casanova l’implore de
travailler avec Mozart à l’écriture d’un nouvel opéra Don Giovanni, inspirée de sa propre vie
de libertin.
17h : Cria Cuervos
Espagne – 1976 – 1h42 en VO – avec Ana Torrent, Geraldine Chaplin, Conchita Torez
Dans une grande maison madrilène vivent trois fillettes, entourées de leur père, de leur
grand-mère paralytique, leur bonne et leur tante, qui essaie de combler le vide laissé par la
mort de leur mère. L’une des sœurs, Ana, dix ans à peine, échappe à l’atmosphère
étouffante en se réfugiant dans un monde de rêves…
Œuvre la plus connue de Carlos Saura, Cria Cuervos demeure, trente ans après la fin du
franquisme, comme le témoin attachant d’un moment où bascula toute l’histoire d’un pays,
en même temps qu’il est un magnifique film sur l’enfance.
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
Dans le cadre du cycle Carlos Saura
Anna et les loups
Espagne - 1973 - 1h42 en VO - avec Geraldine Chaplin, Fernando Fernan Gomez, José Maria
Prada, José Vivo, Rafaela Aparicio...
Anna, une belle gouvernante étrangère, arrive dans une orgueilleuse maison de maîtres où
règne une mère tyrannique et infantile. Les névroses, peurs et désirs des membres de la
famille s'exacerbent à son contact.
En brossant le tableau d’une famille monstrueuse, Saura propose une allégorie saisissante
sur l'oppression imposée à l'Espagne par le régime franquiste finissant. Le film est aussi une
déclaration d’amour à Géraldine Chaplin, figure sensuelle et rayonnante au sein de ce
microcosme mortifère.
Maman a cent ans
Espagne - 1979 - 1h40 en VO - avec Geraldine Chaplin, Amparo Muñoz, Fernando Fernan
Gomez, Norman Briski, Rafaela Aparicio.
Anna est vivante et mariée à Antonio. Les deux reviennent dans le manoir où Ana fut
nounou quelques années auparavant afin de fêter les cent ans de la matriarche de la famille.
Au cours de la réunion, elle découvre les intentions des frères et sœurs : tuer la grand-mère,
afin de toucher l'héritage…
Pendant farcesque d’Anna et les loups, ce conte cruel réussit, sous ses apparences simples,
à gratter là où ça fait mal avec verve et férocité. Une nouvelle fois, Carlos Saura débusque
derrière de joyeuses apparences toute la névrose d’une société post-franquiste.
Argentina
Argentine, Espagne - 2015 - 1h27 en VO.
De la Pampa aux Andes, de l'univers des indiens Mapuche à celui des villageois qui chantent
leur nostalgie dans les cafés, du monde des gauchos à celui des grandes villes d'aujourd'hui.
Argentina nous propose un voyage musical et sensoriel dans l'espace et le temps composé
des chants, des danses et des couleurs qui font toute l'âme de l'Argentine.
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
III. L’exposition : les séries de photographies de Carlos Saura
CUENCA
Dans les années 40, à la suite de la guerre civile, mon frère Antonio contracta la tuberculose.
Les médecins lui conseillèrent d'aller passer ses étés dans un autre endroit que Madrid, à
plus haute altitude, là où l'air serait plus sain. Mon père acheta une maison dans la partie
haute de Cuenca, ville castillane située à 160 kilomètres de Madrid, un grand village en ce
temps-là, et nous y passâmes nos étés.
C'est à cette époque que je me suis mis à la photographie, avec un attrait particulier pour la
composition et l'esthétique, influencé par les livres et les magazines spécialisés dans le
domaine qui prônaient un contre-jour important, l'utilisation du filtre orange pour les
photographies de ciels, des reflets et des volumes, sans négliger pour autant la présence
humaine et les fêtes populaires.
Serie Cuenca
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
PAYSAGES, VILLAGES ET HABITANTS DE CUENCA
Ce qu'il y a de plus intéressant concernant ces photographies, c'est peut-être la valeur
qu'elles ont prise avec le temps. Dans les années 50, nous étions peu nombreux à nous
intéresser d'un point de vue photographique à un pays gouverné d'une main de fer par le
général Franco avec la collaboration d'une église inquisitrice et d'une police violente qui
décidait du caractère moral ou immoral des coutumes.
L'Espagne était alors un pays avec des réminiscences médiévales, qui connaissait la famine
et traversait des temps obscurs. Les photographies de cette époque diffusées aujourd'hui certaines présentant des défauts évidents en termes d'exposition et de contrastes - sont le
témoignage, mon témoignage, de cette Espagne des années 50, période durant laquelle je
prétendis faire un livre sur le sujet.
Serie Paysages, villages et habitants de Cuenca
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
MADRID
Ces photographies de Madrid font partie de mon apprentissage et sont le résultat du besoin
que j'éprouvais alors de tester les limites de l'utilisation des émulsions photographiques et de
m'affirmer en tant que professionnel.
C'était une époque à laquelle mon avenir n'en finissait pas de changer. Je voulais tout faire
et ne rien faire à la fois. Mais au moins, d'un point de vue photographique, j'appris les
techniques du développement et du tirage. À cette époque, faire certaines photographies
supposait de prendre un risque. La photographie de la gare ferroviaire de Madrid me valut
les représailles de la police qui me conduisit au commissariat, où je fus fouillé et où l'on
m'informa qu'il était interdit de photographier des cibles militaires. Je les convainquis que je
n'étais pas un espion et ils me laissèrent tranquille.
Serie Madrid
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
« LA TARDE DEL DOMINGO »
Ma production de fin d'année à l'École de Cinéma, intitulée « La tarde del domingo » (Le
dimanche après-midi), marque un tournant dans mon travail de photographe.
Désormais, ce qui comptait, c'était le témoignage, l'illustration d'une réalité concrète. Je fis
cette petite série de photographies avant de réaliser ma production et avec l'intention
d'utiliser les images pour illustrer la réalité des salles de bal où se rendaient les employées
de maison (chicas de servir) le dimanche, pour trouver un fiancé et oublier les tâches
quotidiennes qu'elles effectuaient dans les maisons de la bourgeoisie aisée, qui les traitait
parfois comme des esclaves.
Je produisis mon film de fin d'année et réussis mes examens. Voici les photographies de
cette période.
Serie La tarde del domingo
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
NOVILLADA DE LA ZARZUELA
Les novilladas, comme celle de La Zarzuela dans la province de Cuenca, constituaient une
autre fête populaire à laquelle participait tout le village. Les arènes étaient formées par des
charrettes et les toreros étaient des garçons peu expérimentés, qui rêvaient de devenir un
jour de grands matadors.
Serie La novillada en la Zarzuela
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
CASTILLE
La Castille constitue le centre de l'Espagne et symbolise l'histoire difficile de ceux qui
parvinrent à dominer une partie du monde.
Les Castillans, connus pour être stricts et austères, sont des paysans habitués aux brusques
changements de température qui se produisent sur ce plateau que Don Quichotte de la
Manche traversa à cheval.
Villages blancs annonçant l'Andalousie. Une Castille faite d'hommes et de femmes qui
survivaient en travaillant la terre, en élevant du bétail ou en effectuant des travaux pénibles,
comme la réalisation d'une nouvelle route.
Serie Castilla
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
ANDALOUSIE
L'Andalousie représente le Sud. Un Sud encore sous l'influence des Arabes qui occupèrent
une partie de l'Espagne pendant des siècles, laissant ainsi leur empreinte.
Dans mon esprit, l'Andalousie reste la terre des oliviers, des maisons blanchies à la chaux,
des paysages romantiques et des gens ouverts et simples. C'est également le berceau du
flamenco, auquel j'ai consacré de nombreuses heures de ma vie, car je le considère comme
l'un des arts les plus captivants aussi bien pour les yeux que pour les oreilles.
Depuis les années 50, période à laquelle ces photographies ont été prises, les Espagnols ont
connu des changements considérables dans leur vie quotidienne et leurs coutumes, laissant
définitivement derrière eux les années de répression et d'ignorance. Tout n'a pas été fait de
manière optimale, et s'il est vrai que concilier modernité et tradition peut parfois s'avérer
compliqué, ici, en Andalousie, les changements au sein des villages et des villes ont été
opérés en mettant en place une politique permissive, axée sur la rentabilité immédiate au
détriment du citoyen, de la nature et de l'histoire.
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
SANABRIA (ZAMORA)
Pendant ses études à l'École de Cinéma de Madrid, mon ami Eduardo Ducay me proposa de
travailler comme assistant dans le cadre d'un documentaire qui s'appellerait Carta de
Sanabria (Lettre de Sanabria). Cela me parut être une expérience intéressante. J'acceptai
alors, curieux de découvrir une partie de l'Espagne que je ne connaissais pas.
Dans cette partie de la Castille, limitrophe du Portugal et de la Galice, je découvris une
misère que je n'avais vue que dans le documentaire de Luis Buñuel Las Hurdes (Terre sans
pain). Maisons aux toits de paille, certaines sans fenêtres, dans lesquelles hommes et
animaux dormaient ensemble, rues boueuses sans aucune hygiène, charrettes tirées par des
bœufs comme à l'époque médiévale, femmes vêtues de noir avec le foulard sur la tête...
Lorsque nous sommes arrivés, l'éclairage électrique venait d'être installé.
La plupart des personnes qui ont été photographiées ici sont mortes lors de la rupture du
barrage. Le village de Ribadelago disparut complètement, avalé par les eaux.
Serie Sanabria
Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - c.jomier@bayonne.fr
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