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60 ans - Académie du Jazz

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Illustration : Olivier Linden – Lic. nº 1018194 / nº 1018195 / nº 1018204 Impression : RL Communication
SOIRÉE DU
SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE
DE L’ACADÉMIE DU JAZZ
All Stars du Prix
Django Reinhardt
Laurent Mignard
René Urtreger
Henri Texier
Simon Goubert
Eric Le Lann
Airelle Besson
Pierrick Pedron
Géraldine Laurent
Stéphane Guillaume
invités :
Duke Orchestra
Sanseverino
John Surman
Jean-Luc Ponty
LUNDI
8 FÉVRIER
2016 À 20 H
01 40 28 28 40
chatelet-theatre.com
une pulsation
Martial Solal qui tient son prix-œuvre d’art et Jean Cocteau à la batterie, lors de la
remise des prix à la Piscine Deligny. Paris, 20 juin 1955. © Jean-Pierre LeLoir
“
Je l’avais dit jadis lorsque j’amenai en France le premier jazz – les
Billy Arnold – pour le présenter sur une scène de concert : le jazz est
une pulsation. Il se simplifiera ou se compliquera selon les fièvres. Mais
il ne relève pas d’une mode. En outre, j’estime qu’une jeunesse formée
au milieu du jazz est tout autre qu’une jeunesse formée, par exemple, au
rythme des valses viennoises. C’est sous cet angle qu’il faudrait étudier
le problème.
Votre fidèle,
”
2
60 ans d’amour pour le Jazz
© d. Lacharme
Q
ui aurait cru, lorsque l’Académie du
Jazz fut créée au milieu des années
50, qu’elle fêterait ses noces de diamant
60 ans plus tard, scellant ainsi un pacte de
très longue durée avec un genre musical
et une culture rétifs à une définition trop
simpliste ? À la question « Qu’est-ce que le
jazz ? », nous répondons invariablement par
des choix qui sont autant de « preuves de
jazz ». Le regard de Jean Cocteau (qui avait
pressenti et commenté l’importance de cette
musique du vivant de Debussy) vers Martial
Solal en dit long sur ce point !
Après les mandatures d’André Hodeir, de
Maurice Cullaz et de Claude Carrière, arrivé
au terme de mon deuxième quinquennat
en tant que président, il m’a paru essentiel
de célébrer cet événement en ouvrant les
portes de notre institution au grand public
par une soirée exceptionnelle, comme
l’attestent les informations contenues dans
ce dossier de presse. Au fur et à mesure
de son évolution, l’Académie du Jazz est
devenue non seulement un baromètre de
la vie du jazz sur le plan national (et, pour
une bonne mesure, international) mais
aussi l’outil de promotion voulu par ses
fondateurs. Enfin, elle est désormais le
grand rendez-vous des métiers du jazz et
des musiciens, réunis chaque année pour la
proclamation de son palmarès.
Je ne peux m’empêcher de relever
qu’en ces temps d’incertitude, notre
Académie a conservé un profil aux vertus
insoupçonnées : en effet, pour n’être chargée
d’aucun dictionnaire, elle n’en dit pas
moins franchement ses choix en fustigeant
la bien-pensance. Elle représente aussi
une somme d’individualités dont le savoir
redoutable, la personnalité affirmée et le
souci d’indépendance la rendent, au fond,
très anti-académique ! En incarnant une
démocratie gouvernée par des esprits libres
qui acceptent d’année en année un verdict
collectif souverain, elle signe sa grandeur.
Cette soirée-anniversaire du 8 février
2016, avec son magnifique double plateau,
sera en grande partie le reflet de ce que
nous sommes. Elle sera aussi une manière
de remerciement envers tous ceux qui l’ont
soutenue et ont adhéré à ses valeurs.
François LACHArME
Président
soiXantiÈme anniVersaire de l’aCadÉmie du Jazz
8 FÉV. 2016 - 20H00
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Histoire d’un Combat paCiFique
…ou comment une poignée d’amateurs se sont mobilisés
pour défendre et promouvoir une musique en train de devenir l’un des
phénomènes majeurs de la vie artistique du XXème siècle.
Q
uand furent établies en 1954-55 les bases de
ce qui allait devenir l’Académie du Jazz, cette
musique était perturbée par une petite guerre entre
ses critiques et ses auditeurs. Soit l’on faisait semblant
d’ignorer son actualité et son devenir, soit on oubliait
les fondements de son passé. Libelles, prises de
positions publiques, articles de fond, manifestations
diverses entretenaient la confusion.
Les festivals de jazz en France étaient pratiquement
inexistants, les concerts de musiciens américains
et les clubs de jazz peu nombreux ; quant à l’édition
de disques, elle était précaire et souvent mal gérée.
Il n’y avait aucun service de presse efficace, et les
informations circulaient peu dans les grands journaux.
4
Cependant, le jazz s’imposait auprès de marginaux,
d’étudiants et d’intellectuels à Paris. En province, la
situation était plus clairsemée. Quant aux médias,
ils étaient peu nombreux pour fidéliser un grand
public. Seuls quatre ou cinq petits programmes
radiophoniques répondaient chaque semaine aux
souhaits, très contrastés, des amateurs bien vite
comblés par l’arrivée de «Pour ceux qui aiment le jazz»
sur le nouveau poste, Europe n°1.
C’est pour remédier à ce manque général de
considération que quelques amateurs, qui se situaient
au-delà des clivages esthétiques, décident de fonder
une Académie du Jazz, projet pour le moins original.
Ce petit groupe d’une quinzaine de jeunes
collectionneurs qui s’étaient connus dans la cave
du Hot Club de Paris, ou chez les quelques rares
disquaires spécialisés, décida de récompenser chaque
année le meilleur de la production discographique dans
ses différents domaines orchestraux et stylistiques, et
d’honorer par un prix particulier le jazzman français le
plus créatif de l’année.
Cette démarche d’amateurs enthousiastes menée
par Guy Vincent-Heugas dont un proche était un des
créateurs de l’Académie Charles Cros et Jacques
André, journaliste à Combat, avec la complicité d’André
Clergeat, fut enrichie par quelques personnalités du
comité de rédaction de la revue Jazz Hot, la seule
existant à l’époque : André Hodeir, Frank Ténot et
Boris Vian.
Ce n’est qu’au bout de deux ou trois ans que les
statuts de l’association en définirent les buts ouverts
et désintéressés, statuts qui allaient évoluer dans le
sens d’une indépendance totale du collège électoral.
Depuis soixante ans, les membres de l’Académie du
Jazz n’ont cessé d’être les témoins et les porte-parole
de la musique qui respecte au mieux la liberté créative
et l’expression directe. Il ne peuvent que persévérer.
Louis Armstrong, rené Urtreger, Duke Ellington et Georges
Auric, lors de la remise des prix sur un bateau-mouche au
Pont Sully. Paris, 19 décembre 1960. © Jean-Pierre LeLoir
Maurice et Vonnette Cullaz lors de la remise des prix au
Magnetic Terrace. Paris, 7 décembre 1986. © J. BiscegLia
Jean-Pierre Leloir et ron Carter, tout juste décorés par le
Ministre de la Culture, lors de la remise des prix au grand
foyer du Châtelet. Paris, janvier 2010. © PhiLiPPe etheLdrède
Emmanuel Bex, François Lacharme, Simon Goubert, Claude
Carrière et Glenn Ferris, lors de la remise des prix au Petit
Journal Montparnasse. Paris, décembre 2001. © christian rose
Jimmy Smith, Dee Dee Bridgewater, son fils Gabriel et Horace
Silver lors de la remise des prix à l’Hôtel Méridien. Paris,
décembre 1994. © PhiLiPPe etheLdrède
soiXantiÈme anniVersaire de l’aCadÉmie du Jazz
8 FÉV. 2016 - 20H00
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COnCErT-AnnIVErSAIrE 1èrE PArTIE
le all stars des priX dJango reinHardt
8 lauréats du prix-phare de l’académie ont accepté de jouer et d’improviser
ensemble, constituant ainsi une formation multi-générationnelle
parfaitement inédite dans le jazz « made-in-France ».
René urtreger – (lauréat 1961)
éRic Le lann – (lauréat
Il accède à la notoriété en 1957 en jouant avec Miles
Davis pour la B.O d’Ascenseur pour l’échafaud. Le trio
formé avec Pierre Michelot (basse) et Daniel Humair
(batterie) « HUM » a marqué l’histoire du jazz français.
Maître du be-bop, il propose un style de jeu classique
et généreux. Grand Prix de la Sacem en 1993, chevalier
de la Légion d’honneur (2010) il confie: « Je suis arrivé
à un âge où je n’ai plus rien à prouver mais tout à
donner ».
©
1983)
La trompette, Eric Le Lann la pratique depuis
l’âge de 8 ans mais sa véritable école ce furent les
clubs de jazz des Halles. Il a connu le jazz fusion,
les grands orchestres, les petites formations, et même
la variété (avec Henri Salvador). Forte personnalité,
l’artiste breton reste, la cinquantaine passée,
curieux et motivé. Il s’inscrit dans la grande
tradition de son instrument, celle de Miles Davis
et de Chet Baker.
© d.r.
J.F. andreu - daLLe aPrF
© J. LePage
© s. griPoix
HenRi teXier – (lauréat
1977)
Pilier de la scène musicale européenne, Henri Texier
a mené sa barque depuis quatre décennies en toute
liberté. Contrebassiste au son chantant, il s’est révélé
comme un chef d’une bande où se sont, au fil du temps,
côtoyés les « anciens » (Aldo romano, Glenn Ferris,
Michel Portal, Louis Sclavis) et les « plus jeunes » du
jazz français (Bojan Z, Manu Codja, Sébastien Texier,
son fils). Last but not least, dans ses compositions,
Henri Texier manifeste toute son humanité.
6
Simon goubert – (lauréat 1996)
Diplômé des conservatoires de rennes et Versailles,
Simon Goubert fit ses débuts sur scène aux claviers au
début des années 80. Mais il retrouve vite la batterie,
s’illustrant dans deux trios (avec Alby Cullaz et Michel
Graillier puis au sein de BFG avec Glenn Ferris et
Emmanuel Bex). Leader d’un septette (Welcome), le
batteur manifeste une belle complicité musicale avec
la pianiste Sophia Domancich (prix Django reinhardt
1999) dans différentes formations (duo, trio, quintette).
PieRRick pedron – (lauréat 2006)
StéPHane guillaume – (lauréat 2009)
Il entama sa carrière dans les bals de sa
Bretagne. Saxophoniste alto, Pierrick Pedron, lauréat
à 20 ans du Concours de la Défense en 1996, fourbit
ses armes dans les clubs parisiens et new yorkais.
Passionné de Charlie Parker, féru de be-bop, il
s’aventure aussi dans le funk et la fusion. Double
lauréat de l’Académie du Jazz en 2006, Pierrick Pedron
s’est imposé comme l’une des voix majeures du jazz
hexagonal.
Polyinstrumentiste, (saxophone ténor et soprano,
clarinette basse et flûte), premier prix de saxophone
classique au Conservatoire de Paris, Stéphane
Guillaume débute à 20 ans dans l’Orchestre national
de Jazz. Très actif, il a signé un doublé au palmarès
2009 de l’Académie du Jazz (Prix Django reinhardt et
Prix du disque français). « L’art de Stéphane Guillaume
flotte avec toute l’énergie d’une brise de printemps »,
analyse le batteur Peter Erskine.
© J.-B. miLLot
© t. Vinatier
© L. reyBoz
© s. WeLLs
GéRaLdine laurent – (lauréate 2008)
aiReLLe besson – (lauréate 2014)
« Géraldine Laurent est poète. Géraldine peut
tout », s’exclamait un maître de l’instrument,
Jean-Louis Chautemps … en 2005. Dix ans après,
la saxophoniste alto formée au conservatoire de niort
a confirmé ce pronostic. À la tête d’un trio sans piano,
elle avait conquis le public et récolté les récompenses.
Son tout dernier album « At work », sorti cet automne
met en lumière des qualités rares. Une musicienne à la
fois guerrière et lyrique.
Premier prix du Conservatoire national Supérieur
de Musique de Paris en 2002, Airelle Besson décrocha
dès l’année suivante trois prix au Concours national de
la Défense (composition, soliste et groupe). Membre
à part entière de grandes formations (Sacre du
Tympan, X’tet, Gros Cube…) la trompettiste suit alors
l’enseignement de Wynton Marsalis. Le duo constitué
avec le guitariste brésilien nelson Veras, tout en
sensibilité, lui ouvre en 2014 le chemin de la célébrité.
soiXantiÈme anniVersaire de l’aCadÉmie du Jazz
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COnCErT-AnnIVErSAIrE 2èME PArTIE
le duke orCHestra et ses inVitÉs
dirigés par Laurent Mignard
l’orchestre le plus en vue et le plus compétent pour interpréter la
musique de duke ellington présentera une sélection de thèmes ainsi
qu’une suite magnifique, restituant la magie de l’esprit ducal.
L’
œuvre de Duke Ellington figure parmi les plus
foisonnants héritages artistiques que nous a
laissés le siècle dernier. Car la musique du maestro
parle au cœur des hommes avec une force de
persuasion que peu de créateurs ont atteinte : dans la
tradition, donc populaire, et simultanément innovant,
sophistiqué, évident et pourtant hautement raffiné,
l’art ellingtonien n’a jamais cessé, au cours de la
cinquantaine de fertiles années au cours desquelles
il s’est manifesté, de briller de mille éclats dont
l’éblouissement n’est pas près de s’estomper. Pièces
courtes, concertos, chansons, suites longue-durée,
musiques de comédies musicales, de ballets, de films,
de théâtre, musique sacrée : il n’est pas une forme
d’art orchestral jazzé que le Duke n’ait composée,
arrangée et pratiquée avec un bonheur inégalé.
Car, lui-même magnifique pianiste, il jouait aussi avec
brio du plus bel instrument qui soit : son propre grand
orchestre avec ses ors, ses pourpres et ses irrésistibles
8
solistes que font revivre le Duke Orchestra et ses
quinze virtuoses, sous la houlette déférente et inspirée
de Laurent Mignard, deus ex machina d’une des plus
enthousiasmantes boîtes à musique de la scène
d’aujourd’hui. Créé en 2003, régulièrement plébiscité
par la presse et le public à chacune de ses prestations,
le groupe a su multiplier les projets originaux et
ambitieux autour du matériau musical ducal. En
amont, un titanesque travail de localisation, voire de
reconstitution de scores et de partitions, puis de mise
au point de programmes variés faisant la part belle, aux
côtés des evergreen standards, à des aspects moins
familiers de l’imposant corpus du grand compositeur.
La première apparition du groupe eut lieu il y a douze
ans à Paris, à l’Eglise Saint-Sulpice dans le cadre du
festival Esprit Jazz de St-Germain-des-Prés pour un
programme de Musique Sacrée. Depuis, les studios
d’enregistrement, les scènes qui comptent et les
grands festivals de l’hexagone ont régulièrement vibré
aux accents du « LMDO » et de ses invités ; jusqu’au
pays du matin calme, la Chine, que Laurent Mignard
et les siens (et siennes, puisque deux talentueuses
musiciennes font partie de l’orchestre) ont parcouru
lors d’une tournée mémorable en 2013.
On ne résiste pas au Duke Orchestra sur
scène : fondu des cuivres, pulpe des anches et drive
de la section rythmique au service de la plus riche et
consistante des musiques constituent les ingrédients
d’un cocktail swingant, élégant et roboratif que le
spectateur ne peut qu’apprécier avec délectation.
Bien entendu, cette machine à bonheur constituera
un écrin particulièrement stimulant pour accueillir,
accompagner et apporter la réplique aux superbes
invités de la soirée.
Le Duke Orchestra en
action à Pékin. © d.r.
« Ladies and
gentlemen… Aurélie Tropez
à la clarinette ! » © P. BoucLier
Laurent Mignard,
fils spirituel de Duke
Ellington © P. BoucLier
soiXantiÈme anniVersaire de l’aCadÉmie du Jazz
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des inVitÉs Hors CatÉgorie
trois invités exceptionnels, de culture et d’horizons musicaux divers,
ont voulu témoigner de leur attachement au principe de la rencontre
en célébrant avec le duke orchestra les 60 ans de l’académie.
© d. Lacharme
©
sochi Winter arts FestiVaL
© e. FugLseth
sanseVerino
Jean-Luc ponty
JoHn surman
Voilà un artiste qui sait faire
parler la poudre des mots et la
gouaille vernaculaire. Amener
le sautillement swingant de sa
guitare sur le terrain populaire de la
chanson était un piège redoutable :
la pente des clichés, le risque de
polluer une musique jaillissante,
de tenir en laisse le jazzman qui
travaille en lui. Avec une liberté
de ton qui tord occasionnellement
le cou aux facilités de la bienpensance, Sanseverino crée le
courant d’air, postillonne sur les
vers trop attendus, dépolit le miroir
de courtoisie. Si le sujet n’était
pas de nature divertissante, on
irait jusqu’à dire qu’il apporte une
forme de vérité légère -mais une
vérité quand même- à la chanson
contemporaine. Avec Django
Reinhardt… et, pour la circonstance,
Duke Ellington cachés derrière…
Prix Django Reinhardt 1966, il
incarne la genèse du violon moderne.
Sollicité par Frank Zappa, John
McLaughlin au cours des années
70, son exil aux États-Unis lui a
permis de développer un style unique
en fusionnant l’énergie du rock
et l’improvisation jazz, comme en
témoignent des millions d’albums
vendus dans le monde. Doté d’une
technique classique couronnée par
un premier prix de conservatoire,
tournant le dos au joliesses du
swing qu’il possède à profusion,
Jean-Luc Ponty diversifie ses projets
depuis les années 80, que ce soit
avec son propre groupe, face à des
boucles numériques ou devant un
symphonique. 2015 a été marquée
par une tournée et un disque avec
l’ex-chanteur du groupe Yes et un
retour à l’acoustique au sein du
trio D-Stringz aux côtés de Stanley
Clarke et Biréli Lagrène.
Avec le britannique John Surman,
on ne se place pas seulement du
point de vue de la compétence
technique : il y a chez ce multiinstrumentiste un équilibre
idéal entre son utilisation de la
technologie moderne et la pureté
de son, l’histoire du jazz européen
à partir des années 60 et ce qu’un
musicien actuel peut offrir de mieux
sur une palette expressive large
(travail avec les chœurs, solo absolu
ou disques avec Jack deJohnette,
John Abercrombie...) John Surman
a fini par obtenir ce que trop de
musiciens n’atteignent jamais :
une identité sonore reconnaissable
d’emblée, la conquête d’un public
qu’il a réussi à emmener sur les
chemins de traverse sans lui lâcher
la main. Il est l’une des signatures
majeures du label ECM.
soiXantiÈme anniVersaire de l’aCadÉmie du Jazz
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disCerner
et dÉCerner : le traVail de l’aCadÉmie
derrière les paillettes et les récompenses, il y a un travail pensé,
organisé et régi par un esprit d’indépendance farouche…
et démocratique !
Cabu, qui fut un ami fervent de l’Académie, remet le Prix du
Musicien Européen au saxophoniste Francesco Bearzatti. Paris,
Grand Foyer du Châtelet, janvier 2012. © Ph. marchin
C
omment ça l’Aca-dé-mie du Jazz ? Mais, le Jazz,
c’est du flou, de l’inattendu, du débraillé, de l’assis
entre les chaises… Et l’on voudrait juger en aréopage
cet art aux contours incertains ?
Eh bien oui Môssieur, sachez que quelques dizaines
d’innocents académiciens persistent depuis soixante
ans à ratisser cette musique vivante pour en discerner
les splendeurs et leur décerner des récompenses.
Dans chacune de leurs assemblées annuelles
(effervescentes), les opinions d’abord divergentes se
réconcilient in extremis avant l’empoignade, puis,
après que le président a rétabli la sérénité, ce sont
de petits papiers issus du scrutin à bulletin secret,
collectés dans le chapeau d’un académicien chauve
qui s’additionnent pour produire un palmarès protégé
de toute influence indue, en particulier mercantile.
Sans doute les académiciens ne partagent-ils
pas tous les mêmes passions mais tous jouissent
d’une complète indépendance et chacun connaît en
profondeur l’œuvre ou le musicien dont il inscrit le
nom sur son bulletin de vote. Critiques musicaux,
animateurs radio, journalistes, enseignants… tous
forment un collège électoral régulièrement renouvelé
(et rajeuni) par une cooptation sourcilleuse.
11
Le réalisateur Jean-Pierre Mocky remet son Prix du Meilleur
Disque Français au contrebassiste Stéphane Kerecki. Paris, Grand
Foyer du Châtelet, janvier 2015. © Ph. marchin
Attendu chaque année par les professionnels,
le Prix Django Reinhardt est décerné au musicien
français de l’année... De Martial Solal en 1956 à Airelle
Besson en 2014, en passant par Barney Wilen, Eddy
Louiss, Jean-Luc Ponty ou Michel Petrucciani… ce
prix a donné un élan décisif aux plus grands, alors
même que leur notoriété n’avait pas encore atteint
les sommets. Quant au Grand Prix de l’Académie
du Jazz, il est attribué au meilleur disque de l’année
toutes nationalités confondues (Ambrose Akinmusire,
Brad Mehldau, Enrico Rava…), les huit autres prix
récompensant un Disque Français, un Musicien
Européen de l’année, une Réédition ou un inédit, le
Jazz Classique, le Jazz Vocal, la Soul, le Blues et un
Livre sur le Jazz. Partenaire de grands festivals et
d’organisateurs de spectacles qui s’appuient sur ses
palmarès pour bâtir leurs programmes, l’Académie
du Jazz promeut ainsi le Jazz en France et le Jazz
français à l’étranger. Elle fut même un partenaire
privilégié choisi par l’UNESCO pour la première
Journée Internationale du Jazz !
en 2005, le contrebassiste, compositeur,
arrangeur et chef d’orchestre Patrice CArATInI
s’est vu décerner le prix du Cinquantenaire de
l’académie du Jazz.
soixante ans de prix
django reinhardt
La liste des lauréats du prix le plus
convoité du jazz en France depuis 1954.
1954-55. Guy LAFIttE (saxophone)
1956. Martial SOLAL (piano)
1957. Christian ChEVALLIER (piano, arrangement)
1958. Barney WILEN (saxophone)
1959. Roger GUÉRIN (trompette)
1960. Georges ARVANItAS (piano)
1961. René URtREGER (piano)
1962. Maurice VANDER (piano)
1963. Pierre MIChELOt (contrebasse)
1964. Eddy LOUISS (orgue)
1965. Jean-Louis ChAUtEMPS (saxophone)
1966. Jean-Luc PONtY (violon)
1967. Gilbert ROVèRE (contrebasse)
1968. Michel PORtAL (clarinette, saxophone)
1969. Michel ROQUES (saxophone, flûte)
1970. François GUIN (trombone)
1971. Ivan JULLIEN (trompette, arrangement, direction)
1972. Bernard LUBAt (piano, percussions)
1973. Alby CULLAZ (contrebasse)
1974. Jean-François JENNY-CLARk (contrebasse)
1975. Joseph DÉJEAN (guitare)
1976. Christian ESCOUDÉ (guitare)
1977. henri tExIER ( contrebasse)
1978. Michel GRAILLIER (piano)
1979. Alain JEAN-MARIE (piano)
1980. François JEANNEAU (saxophone)
1981. François COUtURIER (piano)
1982. Michel PEtRUCCIANI (piano)
1983. Éric LE LANN (trompette)
1984. Marc BERtAUx (basse, contrebasse)
1985. Antoine hERVÉ (piano)
1986. Zool FLEISChER (piano)
1987. Marc DUCREt (guitare)
1988. Louis SCLAVIS (saxophone, clarinette)
1989. Laurent CUGNY (piano, arrangement, direction)
1990. hervé SELLIN (piano)
1991. Jean-Loup LONGNON (trompette, arrangement,
direction)
1992. Richard GALLIANO (accordéon)
1993. – Décerné en 1992 – Sylvain BEUF (saxophone)
1993. Laurent De WILDE (piano)
1994. Lionel et Stéphane BELMONDO (saxophone, trompette)
1995. Emmanuel BEx (orgue, piano)
1996. Simon GOUBERt (batterie)
1997. Daniel hUCk (saxophone)
1998. Manuel ROChEMAN (piano)
1999. Sophia DOMANCICh (piano)
2000. Jean-Michel PILC (piano)
2001. Baptiste tROtIGNON (piano)
2002. Bojan ZULFIkARPASIC (piano)
2003. Jacky tERRASSON (piano)
2004. Pierre DE BEthMANN (piano)
2005. Louis et François MOUtIN (batterie, contrebasse)
2006. Pierrick PEDRON (saxophone)
2007. Pierre ChRIStOPhE (piano)
2008. Médéric COLLIGNON (trompette) et
Géraldine LAURENt (saxophone)
2009. Stéphane GUILLAUME (saxophone)
2010. Sylvain LUC (guitare)
2011. Nguyên Lê (guitare)
2012. Émile PARISIEN (saxophone)
2013. Vincent PEIRANI (accordéon)
2014. Airelle BESSON (trompette)
20 Mars 1970, Studios de Joinville : réunion de famille au sommet. Jean-Luc Ponty, Michel roques (de dos), Guy Lafitte, Martial Solal,
Daniel Humair, Bibi rovère et Georges Arvanitas, soit 6 Prix Django reinhardt sur 7. Cherchez l’intrus… © a. Francis
soiXantiÈme anniVersaire de l’aCadÉmie du Jazz
8 FÉV. 2016 - 20H00
12
des aCadÉmiCiens sans ÉpÉe
Boris Vian et André Hodeir, premier Président de l’Académie du Jazz.
Jacques ABOUCAYA
Reza ACkBARALY
Pascal ANQUEtIL
Pierre-henri ARDONCEAU
Philippe BAUDOIN
Philippe BAS-RABÉRIN
Franck BERGEROt
Christian BONNEt *
Francis CAPEAU *
Philippes CARLES
Claude CARRIèRE *
Frédéric ChARBAUt
Guy ChAUVIER
Anne ChÉPEAU
Pierre de ChOCQUEUSE *
Michel CONtAt
Gilles COQUEMPOt
13
Fara C
Pierre DALOUS
Jean-Pierre DAUBRESSE
Julien DELLI FIORI
Jean DELMAS *
Jean-Philippe DOREt
Jonathan DUCLOSARkILOVItCh
Alex DUtILh
Lionel ESkENAZI *
Philippe ÉthELDRèDE
Joe FARMER
Ludovic FLORIN
André FRANCIS *
Bob GARCIA
Jean-Marc GELIN
Jean-Pierre JACkSON
© J.-P. LeLoir
Matthieu JOUAN
Marc RIChARD
Stéphane kOChOYAN
Christian ROSE
David kOPERhANt
Pascal ROZAt
François LAChARME *
Laurent SAPIR
Anne LEGRAND
Martial SOLAL
Jean-Louis LEMARChAND *
Jean-Jacques tAÏB
Isabelle MARQUIS *
Alain tERCINEt
Arnaud MERLIN
Nicolas tEURNIER
Philippe MÉZIAt
Alain tOMAS
Joël PAILhÉ
Sébastien VIDAL
Dominique PÉRIChON
Philippe VINCENt
Jacques PÉRIN
Bruno PFEIFFER
* Membres du Bureau,
véritable conseil
Stéphane PORtEt
d’administration de l’académie
xavier PREVOSt
Jean-Michel PROUSt *
thierry QUÉNUM
Textes : Christian Bonnet, Jean Delmas, André Francis, Jean-Louis Lemarchand et Fondation BnP Paribas. Création graphique Olivier Linden.
qui sont les membres de l’académie ? Voici la liste de ceux, journalistes,
photographes, critiques, animateurs radio ou grands connaisseurs,
à qui échoit la noble tâche d’élire les lauréats.
La Fondation Bnp pariBas,
un Mécène engagé auprès
de L’acadéMie du jazz.
M
écène fidèle et engagé en faveur du jazz, la
Fondation BNP Paribas accompagne l’Académie
du Jazz depuis 2010. Créée en 1955, cette institution
récompense chaque année les meilleurs artistes et
les meilleures productions musicales du monde jazz.
Elle contribue ainsi par son action à la promotion du
jazz auprès d’un large public. L’un des rares mécènes
à apporter son soutien à des musiciens de jazz, la
Fondation BNP Paribas ne pouvait être qu’aux côtés de
l’Académie du Jazz pour son soixantième anniversaire.
à propos de La Fondation
Bnp pariBas et Le jazz
Depuis 20 ans, la Fondation BNP Paribas
accompagne le parcours de musiciens de jazz et
les aide à développer leurs projets par un soutien à
l’enregistrement, à la promotion et à la diffusion de
leurs concerts. Au-delà de cet appui, la Fondation
BNP Paribas s’attache à les faire connaître et à élargir
leur audience, en développant des échanges avec les
réseaux de la Banque en France et à l’étranger.
C’est avec les musiciens Manuel Rocheman et
Jacques Vidal que la Fondation a fait son entrée dans
la plus savante des musiques improvisées. Riche
de ces premiers compagnonnages, la Fondation
a développé son action en apportant son appui au
Moutin Réunion Quartet, au Paris Jazz Big Band,
aux formations conduites par Murat Oztürk, Sylvain
Beuf, Christophe Wallemme, Simon Goubert, Sophia
Domancich, Jean-Pierre Como, Elisabeth kontomanou,
tigran hamasyan, Laurent Cugny, Stéphane Guillaume,
Emmanuel Bex, Régis huby, Baptiste trotignon,
Stéphane huchard, Antoine hervé, Ablaye Cissoko,
thomas Enhco, Louis Winsberg, et tout récemment
Airelle Besson et Anne Pacéo.
La Fondation BNP Paribas est aussi engagée
auprès du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés
Paris. A l’étranger, elle est partenaire du North Sea
Jazz, de Saint-Louis Jazz et de tanJazz aux côtés
des implantations de BNP Paribas aux Pays-Bas, au
Sénégal et au Maroc. Enfin, BNP Paribas - Banque
de Bretagne apporte son soutien au Festival Jazz à
l’Etage à Rennes, la BICICI (Banque Internationale
pour le Commerce et l’Industrie de la Côte d’Ivoire,
filiale du Groupe BNP Paribas) est le mécène principal
du Abidjan Jazz, et la BMCI (Banque Marocaine du
Commerce et de l’Industrie, filiale de BNP Paribas
au Maroc) est le partenaire principal du Festival
Jazzablanca.
soiXantiÈme anniVersaire de l’aCadÉmie du Jazz
8 FÉV. 2016 - 20H00
avec nos partenaires
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