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Chères Collègues, chers Collègues, Après avoir considéré que la

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COMMUNIQUÉ DU 10 FÉVRIER 2016
Chères Collègues, chers Collègues,
Après avoir considéré que la divulgation de quelques chiffres soigneusement
cachés jusque-là suffirait à combattre nos critiques sur la gestion des quatre
années du mandat qui s’achève, nos adversaires viennent de comprendre que nos
arguments contre la fusion impréparée entre l’UPMC et Paris-Sorbonne ne
reposaient pas sur des peurs illusoires, mais sur une conception du service public
bien différente de la leur.
Ils ont donc trouvé une parade pour rallier les suffrages de notre communauté
universitaire : la fusion, nous disent-ils, ne changera rien. Pas de suppressions ni
de transferts de postes de la faculté littéraire vers les facultés scientifiques,
renouvellement garanti de tous les postes de BIATSS (cela n’a pas toujours été
dit), pas de transferts de compétences, pas de suppression de spécialités. Tout
continuera comme avant.
Pour que les statuts de la nouvelle université soient modifiables, il faudra, nous
dit-on, que toutes les facultés soient d’accord : ce qui revient à donner un droit
de veto à chacune. Où a-t-il jamais été question, dans ce qui a été dévoilé de la
future structure, d’un tel droit de veto ? Qui nous garantit qu’il sera
effectivement mis en place ? Nos adversaires sortent aujourd’hui ce lapin de leur
chapeau, mais rien de tel n’a été adopté dans aucune des fusions qui ont déjà été
réalisées en France, et qui toutes ont abouti au même résultat pour les disciplines
littéraires et les sciences humaines : un laminage pur et simple, une rapide
confiscation de moyens, sans recours possible.
Mais supposons un instant que la fusion de l’UMPC et de Paris-Sorbonne, grâce
à la souveraine sagesse de nos dirigeants, soit un miracle d’équilibre qui
garantisse à la « faculté des lettres » (qui, dans l’impréparation du projet, porte
parfois des noms différents) une identité complète et perpétuelle avec la
Sorbonne que nous avons connue et à laquelle nous sommes attachés. Si tout
doit vraiment rester pareil, pourquoi donc fusionner ? La réponse est toujours la
même : pour conserver l’IDEX. Dormez sur vos deux oreilles, chers collègues,
la fusion n’est qu’une simple formalité destinée à empêcher la perte de l’IDEX.
Tout se passera en douceur. Mais si vous n’êtes pas sages, vous n’aurez plus
d’IDEX, vous serez pauvres comme Job, isolés sur votre tas de fumier avec vos
seuls yeux pour pleurer.
Avec ce conte en blanc et noir, on nous prend pour des enfants. D’abord, si
l’IDEX impliquait vraiment dès le départ une fusion, pourquoi n’avoir pas mis
en place celle-ci au cours des quatre années écoulées, au lieu de mentir et de
cacher ce processus en l’annonçant, simultanément à la presse et à notre
communauté, à quelques mois des élections, et en le présentant comme un fait
accompli ? Ensuite, et surtout, il convient de rappeler que l’IDEX n’implique
nullement la fusion des universités : le président du jury des IDEX lui-même,
Jean-Marc Rapp, l’a confirmé publiquement
(http://www.letudiant.fr/educpros/entretiens/idex-jean-marc-rapp-defend-leschoix-du-jury.html ) La voie fédérative est parfaitement légitime.
On nous accuse maintenant d’avoir prétendu que les langues vivantes ou les
UFR littéraires deviendraient une « école Berlitz » au sein de la nouvelle
université. D’où est sortie cette expression qui ne nous ressemble pas et que
nous n’avons jamais employée ? Nous avons parlé de « prestataires de services
pour formations à dominante scientifique », et c’est précisément ce que nous
serons. Pour nous réfuter, on apprend aux ignorants que nous sommes que
l’UPMC est déjà pourvue d’un département des langues et n’a pas besoin de
nous. Etions-nous réellement supposés ignorer que l’enseignement des langues
existait déjà dans les formations scientifiques, que les scientifiques parlaient
d’autres langues que l’équation et la relativité pour les uns, la saignée et la ciguë
pour les autres ? Mais dans l’hypothèse d’une fusion avec une organisation en
trois facultés, où irait donc ce département des langues ? Dans la faculté des
Sciences ou dans la faculté de Médecine ? A moins qu’il ne s’immisce dans la
faculté des Lettres ? Et si tel était le cas, une fusion en entraînant une autre, ne
fusionnerait-il pas avec les UFR de LLCE, ou l’UFR de LEA ? Si tel était
encore le cas – on en est réduit aux conjectures, car rien, dans ce projet de
fusion, n’a été pensé –, l’ensemble des spécialistes de Langues, Littératures et
Civilisations étrangères ne verraient-ils pas une partie, nécessairement
croissante, de leur activité réorientée vers la prestation de service pour étudiants
scientifiques ? Confiants dans l’autonomie de leurs UFR au sein de cette fusion,
nos collègues de l’autre liste affirment que les étudiants de l’UPMC y « seront
les bienvenus ». C’est d’ailleurs fort heureux, puisqu’il s’agirait d’une même
université. Mais ne seraient-ils pas les bienvenus dans des formations organisées
en majeures et mineures dans lesquelles l’anglais – car les autres langues
demeureront nécessairement à l’arrière-plan – représentera la mineure ?
Nos adversaires n’ont hélas rien à nous répondre sur leur mauvaise gestion des
ressources humaines, sur la complexification des procédures administratives, sur
les entraves mises à la recherche, sur les suppressions de postes d’enseignantschercheurs dans des disciplines non « rentables » (cinq postes supprimés ou
gelés en latin, le poste « historique » de professeur de grec moderne supprimé,
des postes de lecteurs également supprimés dans plusieurs langues « rares »). Le
mirage d’une université prétendument complète (qui ne le serait pas, puisqu’il y
manquerait toujours le droit et l’économie) masque une impréparation totale,
une absence complète de garanties sérieuses : la fusion n’a pas été préparée, elle
déboucherait sur une université beaucoup trop grande qui serait ingérable. On
nous annonce que la future université fera l’objet d’un processus d’élaboration
où tout le monde pourra donner son avis : si cela est vrai, cette consultation sera
bien nouvelle, mais signifiera aussi, précisément, que rien n’est garanti.
L’équipe sortante, en somme, demande à la communauté un chèque en blanc
tout en promettant que tout le monde sera consulté sur la manière de le remplir.
Qui peut croire à une telle promesse ? Nous devons refuser ce procédé et
conserver la maîtrise de notre destin.
Notre site (www.unesorbonnehumaine.org) présente notre propre projet pour
l’université.
Nous vous prions de croire, chères Collègues, chers Collègues, en l’expression
de nos salutations bien cordiales.
Listes « Une Sorbonne humaine »
Conduites par Bernard Franco
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