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Mars
2016
La tentation du pain
Le récit évangélique de la tentation commence par l’évocation du baptême du Christ ; épisode
dans lequel les trois évangélistes rapportent la descente de l’Esprit Saint sur le Christ. Cette descente de
l’Esprit Saint constitue une sorte d’inauguration de sa mission. Certains pères de l’Eglise ont établi une
analogie entre cette effusion de l’Esprit et l’onction royale et sacerdotale.
L’épître aux Hébreux nous dit qu’il fallait un grand prêtre capable de compatir à notre faiblesse
(Hb 2,17-18 ; 4,15), un grand prêtre solidaire de son peuple et de ses frères. Cette solidarité se vit dans
le baptême et dans la tentation ; les deux récits sont en effet étroitement liés. Les tentations
accompagnent Jésus tout au long de sa mission. Le récit qu’en font les évangélistes apparaît alors
comme une anticipation dans laquelle est comme condensée la lutte de tout son parcours.
Au bout de quarante jours, Jésus eut faim. Ce chiffre quarante renvoie aux quarante années de
purification du peuple au désert, aux quarante jours de Moïse sur la montagne attendant les dix paroles
de Dieu, et enfin, selon une tradition rabbinique, aux quarante jours de marche et de jeûne d’Abraham
vers le mont Horeb où Dieu l’attendait pour la ligature de son fils Isaac.
« Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ». L’adversaire demande
au Christ de prouver qui il est : « si tu es le Fils de Dieu… ». Ce besoin de preuve nous renvoie aussi à
notre expérience. Combien de fois n’avons-nous pas demandé au Seigneur de « prouver » qui il est, de
se donner plus d’authenticité s’ill veut que les hommes croient en lui. La preuve qui est demandée par
le diable est la multiplication des pains. Là aussi l’adversaire touche un point important dans notre foi
en un Dieu provident. Si Dieu existe comment se fait-il qu’il y ait encore des gens qui n’ont pas de pains.
Ceci pose une question fondamentale : un Messie qui ne satisfait pas à ce critère peut-il s’appeler
Rédempteur ? On peut comprendre que le marxisme ait fait de cet idéal apparemment irréalisé par le
Christ, l’essentiel de sa promesse de Salut : que toute faim cesse, qu’il n’y ait plus d’exploitant et
d’exploité, que tous soient égaux.
La tentation du pain touche aussi le don précieux que le Christ donnera à son Eglise :
l’Eucharistie. L’Eucharistie signe de l’amour provident de Dieu. Il est le gage de Dieu à notre égard. En
nous donnant le pain spirituel Jésus atteste qu’il est capable de nous donner le pain terrestre qui
dispose au pain céleste. On comprend alors pourquoi le démon veut semer le trouble dans notre foi en
un Dieu provident qui s’est engagé à nous donner le pain quotidien.
La réponse du Christ est significative : « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute
parole qui sort de la bouche de Dieu ». A la demande d’une preuve de sa personne par le miracle du
pain terrestre, le Christ répond par l’exigence et la primauté du pain céleste : « cherchez d’abord le
royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroit » (Mt 6,33). C’est du reste ce qui est mis
en évidence dans le récit de la multiplication des pains dans Jean 6. Dieu a donc voulu que nous
puissions nous occuper de le Lui en le cherchant et lui s’occupe de nous en pourvoyant à notre
nécessaire.
Cette tentation nous enseigne aussi qu’il faut résister aux illusions de bonheur, de pain donné
sans Dieu, ou de Dieu donné sans pain. C’est seulement là où, la logique d’un pain donné avec Dieu est
vécue et respectée que naissent et grandissent les sentiments qui permettent aussi de procurer du pain
à tous. Toutefois nous ne devons pas oublier que nous ne vivons pas pour du pain terrestre, mais pour
celui qui est le pain du ciel, le pain des anges, le Christ.
Fr Georges L
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