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À vos devoirs, Madame, Messieurs

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À vos devoirs, Madame, Messieurs
Jean Ducharme
Pierre Filiatrault
ex-doyens de l’ESG
Le message lancé par la présidente du conseil d’administration de l’Université du Québec à Montréal,
madame Lise Bissonnette, au doyen en poste, Stéphane Pallage, surprend et a été entendu non seulement
par le doyen actuel qui s’en est attristé, mais aussi par toute la communauté de l’École et par des exdoyens qui se sont sentis personnellement interpelés.
En voulant ramener à l’ordre le doyen Pallage et en lui interdisant l’accès aux médias, la présidente entend
forcément ramener à l’ordre toute une communauté qui a déjà signifié sans équivoque son appui à la
proposition initiale du doyen d’obtenir une plus grande autonomie au sein de l’UQAM. Dans une
université qui se targue de mots tels que liberté de parole et démocratie, une telle directive peut surprendre
ceux et celles qui n’y oeuvrent pas. Mais ceux et celles qui y oeuvrent savent que tous et toutes n’y ont pas
les mêmes droits.
Cependant, Madame la présidente ne pourra pas forcer toute la communauté de l’ESG et ses diplômés à
se taire. Il faut dès lors se demander pourquoi madame la présidente a opposé une fin de non-recevoir à
une proposition d’opérationnalisation de la décentralisation dont l’UQAM se prévaut dans son plan
stratégique. N’eut-il pas été préférable d’en parler au doyen de l’ESG, de chercher à en chiffrer les
implications, à évaluer la faisabilité et les étapes d’implantation? Il est aussi permis de se demander si elle
possédait bien toute l’information pour prendre une telle décision et si elle connaissait l’histoire de l’ESG
et ses revendications successives. À son tour, le doyen Pallage tente depuis deux ans de se faire entendre. Et,
qui plus est, il est de notoriété publique que l’École des sciences de la gestion tente depuis une vingtaine
d’années d’obtenir un statut à l’intérieur de l’UQAM qui lui donne une plus grande autonomie de gestion
et, ce faisant, une meilleure emprise sur son devenir et son positionnement concurrentiel tant au Canada
que dans le monde.
Une lecture objective du parcours de gestion des 20 dernières années de l’ESG montre sans équivoque une
continuité dans cette quête dramatique d’autonomie. Ces années ont été marquées, d’une part, par une
grande résilience et une profonde loyauté envers l’institution et, d’autre part, par la certitude qu’un jour
l’institution allait reconnaître la problématique propre à l’ESG et tenir ses promesses. Le doyen Pallage
avait sans doute épuisé tous ses recours de négociation. Si l’École ne peut plus se développer, l’université
elle-même ne le pourra plus, puisqu’une bonne partie de ses revenus provient de façon disproportionnée
de l’École. Donc, à terme, l’effritement entraînera une lente décroissance et de l’université et de l’École.
Quelques symptômes de cette décroissance se pointent déjà à l’horizon.
Ne serait-il pas plus sage de se mettre à table et d’envisager enfin une autre vision de l’UQAM ? Et si cela
s’avère impossible, il faudra trouver une autre façon de donner la marge de manœuvre que l’ESG requiert
pour assurer son épanouissement à l’extérieur des contraintes bureaucratiques et politiques étouffantes de
l’UQAM.
À vos devoirs, madame, messieurs !
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