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chabbat parchat vayakhel

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‫ב"ה‬
Likouteï Si’hot
Perspectives ‘hassidiques sur la Sidra de la Semaine
d’après les causeries du Rabbi de Loubavitch
CHABBAT PARCHAT
VAYAKHEL
parchat shekalim
25 Adar I 5776 - 5 mars 2016
SEFER CHEMOT
Vayakhel – Shekalim
Edification du Sanctuaire et Chabbat
(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 11, page 158)
Les versets Vayakhel 35, 1-5 disent : «Moché réunit toute l’assemblée des enfants
d’Israël et il leur dit : voici les directives que l’Eternel a demandées de faire(1). Pendant six
jours, le travail(2) sera fait et le septième jour sera saint pour vous, un Chabbat du Chabbat
pour l’Eternel… Et, Moché parla à toute l’assemblée des enfants d’Israël en ces termes :
voici la directive que l’Eternel a ordonnée en ces termes, prenez d’entre vous un prélèvement pour l’Eternel(3)».
Rachi explique : «Il énonça pour eux la mise en garde concernant le Chabbat avant les
Injonctions relatives à l’édification du Sanctuaire, pour te signifier que celle-ci ne repousse
pas le Chabbat». On peut poser, à ce sujet, les questions suivantes :
A) La mise en garde relative au respect du Chabbat est uniquement une introduction
aux injonctions s’appliquant à l’édification du Sanctuaire(4). Pourquoi donc le verset en
fait-il deux Paroles différentes :
a) d’une part, «Moché réunit toute l’assemblée des enfants d’Israël et il leur dit»,
b) d’autre part, «Moché parla à toute l’assemblée des enfants d’Israël en ces termes»(5).
B) Pourquoi Moché énonce-t-il, tout d’abord, la mise en garde concernant le Chabbat,
qui n’apparaît ici que d’une manière accessoire(6), alors que l’objet essentiel de cette réunion de l’assemblée des enfants d’Israël est l’édification du Sanctuaire(7) ?
(1) Afin de procéder à l’édification du Sanctuaire.
(2) Cette construction.
(3) Afin de contribuer à l’édification du Sanctuaire.
(4) Qui fait, à proprement parler, l’objet de cette Paracha.
(5) Comme s’il y avait là deux objets différents. Le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 221, explique la raison
pour laquelle, avant d’énoncer les directives concernant l’édification du Sanctuaire, Moché répéta encore une
fois : «Voici la directive que l’Eternel a ordonnée en ces termes». En revanche, il ne dit pas pourquoi le verset
répète : «Moché parla à toute l’assemblée des enfants d’Israël en ces termes». En effet, les paroles de Moché
auraient pu être rapportées l’une à la suite de l’autre en énonçant tout de suite la mise en garde à propos du
Chabbat, «Voici la directive que l’Eternel a ordonnée en ces termes». Il convient donc de comprendre le sens
de cette formulation, qui semble distinguer les deux paroles.
(6) Puisqu’il n’est pas le sujet principal.
(7) Qui n’apparaît qu’en second lieu.
1
Bien plus, cette présentation va à l’encontre de l’ordre des Injonctions transmises par le
Saint béni soit-Il à Moché, dans la Parchat Ki Tissa(8). A cette référence, en effet, D.ieu lui
ordonne, tout d’abord, d’édifier la Sanctuaire. C’est uniquement après cela qu’Il introduit
une réserve : «Mais, vous garderez Mes Chabbats».
L’explication de tout cela est la suivante. Il existe effectivement une différence fondamentale entre ces deux Paroles(9). L’Injonction du respect du Chabbat n’était pas nouvelle
pour les enfants d’Israël. Ils en avaient connaissance depuis les dix Commandements(10),
qu’ils avaient entendus près du mont Sinaï.
En l’occurrence, Moché ne faisait que répéter cette Injonction devant les enfants d’Israël
pour souligner que l’édification du Sanctuaire ne repoussait pas le Chabbat. En revanche,
la nécessité de bâtir le Sanctuaire était, pour eux, véritablement nouvelle(11).
C’est pour cette raison que le verset sépare ces deux Paroles, qui sont effectivement
de nature différente, une répétition de ce qui avait déjà été dit, dans le premier cas, une
directive totalement nouvelle, dans le second.
C’est de cette façon que l’on peut justifier l’ordre des paroles de Moché. Tout d’abord,
il mit en garde à propos du respect du Chabbat et c’est uniquement après cela qu’il introduisit l’Injonction nouvelle, celle de l’édification du Sanctuaire.
En présentant son propos de cette façon, Moché, notre maître indiquait aux enfants
d’Israël l’ordre d’importance des propos qu’il tenait devant eux(12). Il leur indiquait ainsi qu’il y avait, tout d’abord, la Mitsva de respecter le Chabbat, que les enfants d’Israël
avaient entendue de la bouche du Saint béni soit-Il Lui-même. Ensuite, venait la Mitsva de
bâtir le Sanctuaire, qui leur était transmise par Moché.
(8) Au verset 31, 13.
(9) Justifiant cette présentation.
(10) On peut penser que Moché fit allusion à cela, quand il dit : «voici les directives que l’Eternel a demandé
de faire», alors que ses paroles, dans ce passage, n’introduisent aucune action positive, concernant le respect
du Chabbat, mais sont uniquement une mise en garde, d’ordre général, de ne pas le transgresser. Moché
faisait ainsi allusion à l’Injonction relative au respect du Chabbat qui figure dans les dix Commandements,
qui est formulé d’une manière positive : «Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier», dans le verset
Yethro 20, 8 et l’on verra le commentaire de Rachi, à ce propos. Moché ne fait que la rappeler ici pour souligner son application, lors de l’édification du Sanctuaire.
(11) Puisque c’est précisément dans ce passage que le texte l’introduit.
(12) Au sens le plus simple, cette formulation correspond également à l’ordre chronologique, puisque les dix
Commandements furent prononcés avant que soit énoncée l’Injonction d’édifier le Temple.
2
De cette façon, Moché justifiait devant les enfants d’Israël que la construction du Sanctuaire ne repousse pas le Chabbat. En effet, nul n’aurait pu imaginer qu’une directive qui
venait de leur être transmise par Moché puisse repousser la Mitsva que tous les enfants
d’Israël avaient entendue de la bouche du Saint béni soit-Il Lui-même, devant le mont
Sinaï(13).
* * *
(13) C’est le sens des propos de Rachi : «Il énonça pour eux la mise en garde concernant le Chabbat avant les
Injonctions relatives à l’édification du Sanctuaire, pour te signifier que celle-ci ne repousse pas le Chabbat»,
ce qui veut dire que Moché présenta aux enfants d’Israël, tout d’abord, le respect du Chabbat afin d’établir
la valeur et l’importance de cette Mitsva, justifiant ainsi que l’édification du Sanctuaire ne le repousse pas.
Perfection
(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 3, page 926)
Lorsqu’un Juif accomplit une Mitsva, il doit le faire de la meilleure façon, la plus parfaite.
De fait, l’intégrité et la plénitude sont soulignées dans la pratique de plusieurs Mitsvot(1).
Pourtant, la Torah définit la Mitsva du demi-Shekel, soulignant ainsi qu’il n’est qu’une
moitié(2).
Faisant référence à cette Mitsva, la Torah dit(3) : «voici ce qu’ils donneront, un demi-Shekel, un Shekel étant vingt Guerra, un demi-Shekel en prélèvement pour l’Eternel». Il est
ainsi souligné par deux fois, dans ce verset, qu’il s’agit uniquement d’un demi-Shekel et,
pour que l’on en connaisse la valeur exacte, la Torah précise qu’un Shekel entier est vingt
Guerra.
On peut donc se poser une question évidente : pourquoi la Torah ne demande-t-elle
pas, tout simplement, de donner dix Guerra, soit un nombre entier(4) ? Pourquoi soulignet-elle que c’est précisément une moitié qui doit être donnée ?
(1) Elles doivent en être partie intégrante. C’est ainsi que le verset Vaykra 3, 16 dit : «tout ce qui est gras sera
pour l’Eternel». On verra aussi ce que dit le Rambam, à la fin de ses Lois des Interdictions de l’autel.
(2) Au point que ce caractère de moitié appartienne à sa définition.
(3) Dans le verset Chemot 30, 13.
(4) D’autant que, d’ordinaire, la Torah adopte systématiquement la formulation la plus concise.
3
Nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, expliquent(5) que le don du demi-Shekel avait pour objet de racheter la faute du veau d’or. On peut en déduire que le caractère
de moitié est lié à la réparation de cette faute, celle de l’idolâtrie, qui instaure une séparation entre les hommes et D.ieu(6).
L’origine de cette séparation est la forte conscience qu’un homme peut avoir de sa
propre existence, qui le conduit à la percevoir comme si elle était autonome. Ce sentiment
peut effectivement conduire l’homme jusqu’à l’idolâtrie(7).
La réparation de l’idolâtrie est donc une forte conscience de l’Unité de D.ieu, qui s’étend
sur toute la création. Quand un Juif se pénètre de la conscience qu’il ne possède pas
d’existence indépendante, que seul l’attachement au Saint béni soit-Il est la source de sa
vitalité et de son maintien, il rejette alors totalement l’idolâtrie(8).
C’est cette idée qui est suggérée, d’une manière allusive, par la Mitsva du demi-Shekel.
La Torah dit à un Juif qu’il doit racheter son âme, devant le Saint béni soit-Il. Ceci lui suggère l’interrogation suivante : «Quelle est ma valeur(9) ?».
Et, la Torah lui répond : «Tu n’es qu’une moitié, qu’un demi-Shekel. Tu n’as pas d’existence autonome. Tu ne vis pas par toi-même, de manière indépendante. C’est uniquement quand tu t’attaches à D.ieu, à la seconde ‘Moitié’, que tu es entier».
On peut en déduire également ce qu’est cet attachement à D.ieu. Un Juif et le Saint
béni soit-Il ne sont pas deux existences séparées qui se réunissent. Ils sont deux moitiés
formant une figure entière(10). L’intégrité est atteinte uniquement grâce à cet attachement
au Saint béni soit-Il.
C’est également pour cette raison que, lorsque Moché, notre maître implora la miséricorde de D.ieu et qu’Il accepta de pardonner la faute(11), le Saint béni soit-Il lui dit : «Voici
que Je conclus une alliance»(12).
(5) Dans le traité Shekalim, chapitre 2, au paragraphe 3 et dans le Midrash Tan’houma, Parchat Tissa, au
chapitre 10.
(6) C’est la définition que donne le Rambam de l’idolâtrie. L’homme dresse un intermédiaire entre D.ieu et
lui. Dès lors, il cesse de s’adresser directement à D.ieu et ne formule ses requêtes qu’à cet intermédiaire. Selon
la terminologie de la ‘Hassidout, c’est alors : «un intermédiaire créant une rupture».
(7) Dès lors qu’il efface son assujettissement au Divin.
(8) L’omniprésence de D.ieu rend inconcevable tout intermédiaire.
(9) Permettant un tel rachat.
(10) C’est ainsi que le Maguid de Mézéritch constate la proximité phonétique entre ‘Hatsotserot, les trompettes qui servaient à convoquer l’assemblée, dans le désert et ‘Hatsaeï Tsourot, deux moitiés d’une figure.
(11) Du veau d’or.
(12) Chemot 34, 10.
4
L’usage, quand on conclut une alliance, est de prendre un objet entier, de le couper en
deux et de passer entre ses deux parties(13). Ceux qui concluent l’alliance signifient ainsi
que, même s’ils sont deux personnes différentes, ils n’en sont pas moins les deux moitiés
d’une seule et même entité(14).
C’est la signification profonde de l’alliance qui fut conclue entre le Saint béni soit-Il et
Israël et de cette Mitsva du demi-Shekel. Un Juif et D.ieu n’ont pas deux existences différentes. Ils sont les deux aspects d’une même existence. L’unité entre eux est totale et le
Zohar dit(15), à ce propos, que : «Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’un».
* * *
(13) Selon le verset Yermyahou 34, 18. C’est de cette façon que le Saint béni soit-Il contracta avec notre père
Avraham l’alliance entre les deux parts du bélier.
(14) Tout comme les deux parties du bélier ne forment qu’un seul animal.
(15) Tome 3, à la page 93b.
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