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1 L`utilisateur du Viaduc Herrmann-Debroux a droit à 300

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L'utilisateur du Viaduc Herrmann-Debroux a droit à 300 euros. Où est l’avocat?
Chaque jour, quelque 70 000 véhicules circulent entre Bruxelles et le Sud du pays, et
empruntent le viaduc Herrmann-Debroux et/ou le carrefour Léonard. A 1,25 passagers
par voiture, cela représente 90 000 personnes qui vont perdre au moins une demi-heure
par jour, pendant deux mois, dit-on, mais comptons en plutôt trois, soit 60 jours
ouvrables. Si les évaluations sont bonnes jusqu'ici, la Belgique va perdre 2,7 millions
d'heures qui pourraient être utilisées plus intelligemment que dans les bouchons, sans
compter l'usure des moteurs, la consommation supplémentaire d'essence, l'accroissement
de stress et autre babioles.
On pourra objecter que ces automobilistes passent aussi du temps à bavarder
durant les heures de travail, ou à s'endormir devant leur télévision, et que ce n'est pas
vraiment du temps perdu pour l'économie belge. On est tout de même tenté de calculer ce
que les économistes appellent la perte de bien-être associée à cette perte de temps forcée
et pas consentie, comme peut l'être le bavardage ou le ronflement devant le petit écran.
Le problème qui se pose est de traduire les heures perdues en monnaie sonnante.
Et là, les économistes prennent comme coût (d'opportunité) le salaire, disons un modeste
dix euros par heure. Ce qui donne 27 millions d'euros, à ajouter bien entendu au coût de
réparation du dit viaduc, qui doit être modeste par rapport à cette perte de bien-être.
On objectera une fois encore que les embouteillages sont fréquents, que les
autoroutes sont constamment en réfection. [Il est amusant de rappeler que la même
autoroute avait été ouverte au trafic après plus de six mois de difficultés à hauteur de
Wavre...une semaine avant l'incident Debroux!] Pourquoi est-ce différent ici?
Simplement parce que cette perte de 27 millions est la conséquence d'une incurie -- ce qui
n'est pas le cas de toutes les réparations -- et que les incuries ont à l'origine des
responsables, ceux qui ont construit sous le viaduc, et (ou) ceux qui ont permis de
construire sous le viaduc. Et que les premiers certainement, les autres peut-être, en ont
fait une affaire commerciale. Que cette affaire fait perdre à chacun des 90 000
automobilistes 30 heures de vie, évaluées à 300 euros. Qu'il n'y a pas de raison que
chacun d'eux accepte de donner 300 euros à une entreprise privée ou publique. Et que les
responsables de cet accident, que la justice et les experts, on peut en tout cas l'espérer,
devront finir par désigner, doivent à chacun de ceux qui empruntent tous les jours ce
carrefour -- et je n'en suis pas -- une somme de 300 euros.
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Où est l'avocat prêt à intenter, au nom de ces 90 000 citoyens (qui peuvent
facilement apporter la preuve de leur navette), une action collective en justice et à
réclamer à ceux qui portent la responsabilité de l'incendie, 27 millions d'euros?
Victor Ginsburgh
Professeur à l'Université Libre de Bruxelles
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