close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

COMMUNIQUÉ de presse

IntégréTéléchargement
COMMUNIQUÉ de presse
Le 3 mars 2016
NOUVELLE-CALEDONIE
Des scories pour stocker le CO2
Fixer le CO2 dans les scories produites par l’industrie du nickel : telle est l’idée du projet Carboscories,
mené en partenariat avec plusieurs laboratoires scientifiques et deux industriels. Présentation des
résultats le 4 mars à Nouméa.
La production de nickel par pyrométallurgie génère en Nouvelle-Calédonie des déchets, nommés scories, qui se comptent
en millions de tonnes. Ces déchets sont stockés ou réutilisés par exemple pour des remblais. Avec ce gisement de scories
quasi inépuisable, l’île dispose ainsi d’une ressource valorisable dont on sait depuis quelques années qu’elle a la capacité
de fixer le CO2. Un projet réalisé sous l’égide de l’Agence nationale de la recherche de 2009 à 2012 a en effet montré que
non seulement les scories peuvent absorber le CO2, mais que couplée à un procédé innovant dit d’ « attrition », cette
capacité peut être grandement améliorée.
Le principe est d’immerger les scories dans une eau à très haute température (180°C) et sous pression (20 bar), contenant du CO2 dissout. Une partie des scories se dissout alors également, les éléments chimiques réagissent entre eux et
se transforment en minéraux solides. Le CO2 est ainsi minéralisé. Mais durant cette réaction, les particules réagissent
et il peut se former une sorte de gangue qui limite la quantité de CO2 absorbée. En abrasant les scories - cette fameuse
«attrition»- durant la carbonatation, on limite la formation de cette gangue et on optimise le procédé.
Légende : Site de stockage des scories de la SLN (à gauche - © BRGM), broyeur à billes agitées (à droite - © LGC).
Dans le cadre du projet Carboscories, cette technique a été testée avec succès sur des scories des sociétés SLN (Groupe
ERAMET) et KNS (Koniambo Nickel SAS). Les essais de carbonatation-attrition ont été effectués dans l’enceinte d’un broyeur
à billes agitées en acier (voir photo), avec l’obtention d’un stockage de CO2 évalué entre 200 kg et 300 kg par tonne de scorie.
Plusieurs milliers de tonnes de CO2 par site d’exploitation pourraient ainsi être stockées grâce à ce procédé.
COMMUNIQUÉ de presse
Les scories sont initialement broyées à une taille inférieure à 100 µm. Les particules qui se forment sont du carbonate de
magnésium (MgO.CO2) dont la taille à la sortie du procédé est proche du micromètre. Leurs propriétés physiques permettraient d’envisager une réutilisation notamment pour la production de matériaux de construction.
Par ailleurs, pour un gain d’énergie lors de ce procédé, une option permettrait de remplacer les billes d’acier du broyeur
par des scories de taille équivalente, et ainsi d’économiser sur la partie broyage. De plus, la plupart des expériences ont
été effectuées à 180°C, mais des essais à beaucoup plus basse température ont donné des résultats encourageants.
Ces tests ont pour l’instant été menés sur des quantités réduites (moins de 50 g) dans des conditions de laboratoire. Il
convient maintenant de valider les résultats obtenus en changeant d’échelle grâce à un pilote de démonstration d’une
capacité de plusieurs litres.
FOCUS
CHIFFRES CLES
Budget total du projet Carboscories : près de 270 000 euros.
Production de CO2 en Nouvelle-Calédonie d’ici quelques années : 38 tonnes de CO2 par habitant et par an.
Production annuelle de scories en Nouvelle-Calédonie : proche de 3 millions de tonnes par an.
À PROPOS DU PROJET
Le projet Carboscories, qui a duré 18 mois, a été mené sur un cofinancement du CNRT (précisions ci-dessous)
et du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Coordonné par le BRGM, ce projet a été mené
en partenariat scientifique avec le LGC de Toulouse (Laboratoire de Génie Chimique) et l’UPMC (Université
Pierre et Marie Curie). Les sociétés SLN (Société Le Nickel, groupe ERAMET) et KNS (Koniambo Nickel SAS,
dont Glencore est co-actionnaire), toutes deux membres du CNRT, sont parties prenantes du projet.
À PROPOS DU CNRT «NICKEL ET SON ENVIRONNEMENT»
Le CNRT « Nickel et son environnement » est un groupement d’intérêt public dédié à la recherche appliquée et au
développement technologique dans le secteur minier. L’objectif de ses travaux est d’améliorer la valorisation des ressources
minières dans une perspective de développement durable du pays, afin de « Mieux connaître, mieux exploiter pour moins
impacter ». Financé par l’Etat, les collectivités de Nouvelle-Calédonie (Gouvernement et trois Provinces) et les sociétés
minières (ERAMET, KNS et Vale NC), le CNRT dispose d’un budget voisin d’1 million d’euros par an. Depuis 2008, le CNRT a
financé une quarantaine de programmes de recherche dans les trois thématiques : Technologie / Environnement naturel
/ Société. Ces programmes sont mis en œuvre par des équipes scientifiques françaises (y compris de Nouvelle-Calédonie),
régionales (Pacifique) et internationales. Tous les programmes font l’objet d’une restitution publique et les travaux sont
publiés sous forme de rapports scientifiques, de guides méthodologiques ou d’autres supports de dissémination. www.cnrt.nc
CONTACTS PRESSE
CNRT - France Bailly - (687) 28 68 72 - (687) 75 44 80 - cnrt@cnrt.nc
BRGM - Arthur de Pas - (00 33)2 38 64 46 65 - (00 33)6 84 27 94 14 - presse@brgm.fr
Auteur
Документ
Catégorie
Без категории
Affichages
0
Taille du fichier
4 341 Кб
Étiquettes
1/--Pages
signaler