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colloque livret v2 - Société des Sciences Historiques et

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DOSSIER DE PRÉSENTATION
DU COLLOQUE DU 19 MARS 2016
NAPOLÉON
ET LES GRANDES FIGURES
DE L’EMPIRE DANS L’YONNE
Colloque placé sous la présidence
de M. Jacques-Olivier BOUDON,
Professeur à l'Université Paris-Sorbonne,
Président de l'Institut Napoléon
SOCIÉTÉ DES SCIENCES
HISTORIQUES ET NATURELLES DE L’YONNE
LES AMIS DES COLLECTIONS DU MARÉCHAL DAVOUT
1 rue Marie-Noël, 89000 Auxerre
PROSPER JOLLOIS
ET LA « DESCRIPTION DE L'EGYPTE »
par Annie Basset, professeur d'histoire à la retraite, présidente de la Société
Historique de Brienon.
Le 19 mai 1798, à 6 heures du matin, la Méditerranée se couvre de 350 navires
embarquant 54 000 hommes, du matériel de guerre… et 167 savants de la Commission
scientifique que Bonaparte vient de créer.
Parmi ceux-ci, à bord du vieux vaisseau « Le Guerrier », un jeune homme, originaire
de Brienon-sur-Armançon, fraîchement diplômé de Polytechnique et de l'école des
Ponts-et-Chaussées, ne sait pas encore que commence l'une des plus folles aventures
scientifiques ; il ne connaît pas non plus sa destination, mais qu'importe, il a dit oui !
avec enthousiasme. Il a vingt-deux ans.
Ainsi, dans le contexte d'une expédition militaire catastrophique, sous la mitraille,
dans un environnement hostile et au prix de sa vie, Prosper Jollois va, inlassablement,
dessiner, mesurer, établir des cartes des grands sites de l'Egypte. Il est officiellement
chargé de l'étude du Nil ; il le fera, mais tout le reste de son temps sera occupé, en
particulier avec Edouard Devilliers, à constituer ce qui deviendra une part de la
Description d'Egypte ; nous lui devons 15 % de cette édition, soit 130 planches et cartes.
L'ampleur du travail est unique ! La précision proprement scientifique sera saluée par
Champolion.
Ces trois années et demie marqueront la suite de sa vie.
LES GÉNÉRAUX DE LA RÉVOLUTION
ET DE L'EMPIRE ORIGINAIRES
DES PAYS DE L'YONNE
par Jean-Pierre Rocher, agrégé de l'Université, ancien professeur au lycée Jacques
Amyot d'Auxerre, président honoraire de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l'Yonne, auteur de très nombreux ouvrages sur l'histoire du département.
Dix-huit généraux sont nés dans les pays qui formeront le département de l'Yonne
dont le plus prestigieux est le maréchal Davout. Ce cadre, retenu par G. Six, ne saurait
faire oublier que d'autres ont des liens avec ces pays comme le maréchal Berthier dont
le père était tonnerrois.
Six sont issus de l'ancienne noblesse (Barbuat de Boisgérard, Lecourt de Béru,
Davout et son frère, Drouas de Boussey et Piochard d'Arbley).
Douze ont commencé leur carrière sous l'Ancien Régime dont trois sont passés par
des écoles militaires.
Dix ont été nommés généraux sous la Révolution, huit sous le Consultat et l'Empire.
Deux sont morts au champ d'honneur (Barbuat de Boisgérard et Gouré).
Un s'est suicidé (Bonnard).
Six ont leur nom inscrit sur l'Arc de Triomphe (Borne, Desfourneaux, le maréchal
Davout, Gouré, Habert, Paultre de Lamotte et Vasserot).
Un était trop vieux pour participer aux campagnes de la Révolution et servait dans
la gendarmerie, Gachet de Sainte-Suzanne.
Un autre, Olanier, a eu une carrière éphémère sous la Convention.
Deux ont manifesté leur fidélité à Louis XVIII en 1815 (Paultre de Lamotte et
Piauchard d'Arbley). Un seul a vécu assez longtemps pour connaître la deuxième
République (Borne Desfourneaux).
L'EXIL ET LE SÉJOUR
DE MME DE STAËL
DANS L'YONNE
par Mme Caroline Vatan, diplômée de l'Institut des Arts de Diffusion (IAD,
Louvain-la-Neuve) réalisation cinéma. Travaux sur Mme de Staël : Réflexion sur
Germaine et Benjamin, le personnage du film et dans l'histoire, mémoire de fin
d'études ; Journée de Coppet : Le cinéate et l'historien : fiction et réalité à propos de
Germaine et Benjamin de J. Doillon, avec la Société des Etudes Staëlliennes (Paris)
et l'Institut Benjamin Constant (Lausanne) ; Mme de Staël à Vincelles en 1806
(article) ; Il faut que les femmes tricotent, scénario et dialogues de L. M. d'après la
vie de Mme de Staël.
Être une femme célèbre, par son nom, par son esprit, par son talent, ses œuvres, son
génie osons le dire, par sa fortune aussi – ne l'oublions pas, elle a son importance – peut
conduire à Vincelles, dans l'Yonne. Mme de Staël, puisque c'est d'elle dont il s'agit
la fille de Necker, l'amie de la liberté, l'écrivain que tout l'Europe lit, va séjourner à
Vincelles entre fin avril et fin juin 1806 et entre la mi-juillet et la mi-août de cette même
année, faisant évidemment quelques passages à Auxerre. C'est l'exil qui la fait arrêter
là, à 41 lieues de Paris, limite quasi exacte du périmètre à ne pas dépasser que lui a fixé
l'Empereur. Car Napoléon ne veut pas de cette « idéologue », comme il dira, à Paris.
Il a peur qu'elle ne parle ! C'est que l'entendre parler, manier les idées avec une
conviction et un enthousiasme hors du commun, est un bonheur pour beaucoup
– dont ses amis, qui feront le voyage dans l'Yonne pour l'y voir (Paris n'est qu'à
16 heures de voiture) – et une expérience qui peut bouleverser une vie, Benjamin
Constant en sait quelque chose.
Le calme de la province icaunaise ne suffira pas retenir durablement dans notre
région la « baronne des baronnes », qui met son séjour à profit pour revoir certains
de ses amis (citons B. Constant, Mme Récamier, M. de Montmorency, P. de Barante,
C. Jordan, E. de Sabran…), travailler à la publication de son dernier ouvrage, Corinne
ou l'Italie, essayer de faire lever son exil et être payée des millions que l’État doit à la
fille de Necker… Le résultat sera la gloire dans toute l'Europe, mais aussi l’exil à travers
toute l'Europe. Et puis, Paris, un jour, à nouveau, enfin ! Mais après l'Empire.
LE RETOUR DE NAPOLÉON DANS L'YONNE,
UN ÉVÉNEMENT CLÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE
ET DU DÉPARTEMENT DE L’YONNE
(16-20 mars 1815)
par Frédéric Gand, professeur agrégé d'histoire au lycée J. Amyot, chercheur dans
le cadre du département, vice-président de la Société des Sciences Historiques et
Naturelles de l'Yonne.
Le retour de Napoléon dans l'Yonne a fortement marqué l'histoire du département
de l'Yonne. Cet épisode des Cent-Jours peut se lire à deux niveaux.
Dans le temps court, c'est une étape majeure dans la marche triomphale qui ramène
l'empereur au pouvoir, le 20 mars 1815. Débarqué le 1er mars 1815, à Golfe-Juan près
de Vallauris, Napoléon remonte sur Paris mais redoute encore une résistance militaire dans les villes qu'il doit traverser, malgré ses succès à Grenoble et à Lyon. Arrivé
le 16 mars à Avallon, l'empereur obtient le soutien du maréchal Ney qu'il reçoit à
Auxerre le 18 mars. Il comprend alors qu'il a pratiquement gagné son pari. Il a obtenu
le ralliement décisif de l'armée et des généraux. Il reste d'ailleurs trois jours à Auxerre,
qui, au cours de ce retour, sera l'étape la plus longue.
Dans le temps long, le passage de l'empereur ravive le souvenir glorieux de la Révolution et de l'Empire et est la promesse d'un avenir meilleur. L'empereur jouit d'un
accueil populaire et enthousiaste. À Avallon, à Auxerre, à Joigny ou à Sens, Napoléon
prend, dirait-on aujourd'hui, des bains de foule et fustige publiquement la Restauration et ses soutiens. Le département, dont les élites royalistes ont juré au roi leur soutien contre « l'ogre de Corse », se rallie facilement et sans véritable opposition. Depuis
1789, l'Yonne est resté patriote et chaque catégorie sociale entend conserver ses acquis
révolutionnaires. Napoléon incarne aussitôt cette promesse. Malgré l'échec ultérieur
des Cent-Jours, dans l'Yonne, Bonaparte devient synonyme de progrès, sous la couleur du bonapartisme, tandis que Napoléon laisse derrière lui une légende durable.
Le 17 mars 1821 à l’île Sainte-Hélène, moins de deux mois avant sa mort, Napoléon
exprimait devant son médecin un sentiment nostalgique éprouvé à Auxerre et que rapporte l'historien J. Marquet de Norvins : « 17 mars, à pareil jour il y a six ans, il y avait
des nuages au ciel. Ah ! Je serais guéri si je voyais ces nuages… » (Histoire de Napoléon,
1838).
JEAN-ROCH COIGNET :
LA VIE DU PLUS CÉLÈBRE DEMI-SOLDE
À AUXERRE
par Jean-Pierre Fontaine, professeur agrégé de lettres, proviseur du lycée de Sens
Seront d'abord évoqués les circonstances et le cadre où Coignet a élaboré son récit :
Auxerre sous la Restauration et la monarchie de Juillet. Le regard porté par les autorités
locales, les notables, les gens du peuple sur le capitaine et les réactions de l'intéressé.
L’origine orale de l’œuvre appelle une évocation du truculent conteur du café Milon,
quelques instantanés empruntés à des témoignages. L'élaboration écrite conduit à s'interroger sur le rôle (et les arrière-pensées) de Chérest et Duranton ; sur l'exploitation
des lectures faites par l'auteur pour combler ses trous de mémoire : Thiers, Norvins,
Las Cases… L’influence de ces lectures a été surévaluée par les critiques du début du
XXe siècle. Nous le montrerons.
L'originalité et l'apport spécifique des Cahiers à la connaissance historique trouvent
aussi leur justification dans une comparaison avec d'autres récits dus à des « Vieux de la
vieille » - on en a répertorié une petite centaine, comme en fait foi des exemples précis
(passage du grand Saint-Bernard, retraite de Russie…).
LA CAMPAGNE DE RUSSIE :
LE RÔLE DIPLOMATIQUE ET MILITAIRE
DU MARÉCHAL DAVOUT
par Oleg Sokolov, professeur de Civilisation Française à l'Université de
Saint-Petersbourg, président de l'Association Russe d'Histoire Militaire, auteur de
nombreux ouvrages sur la Grande Armée dont le dernier, 2012, Le combat des
deux Empires. La Russie d'Alexandre 1er contre la France de Napoléon (18051812). Oleg Sokolov est actuellement considéré comme le plus grand spécialiste
russe de l'histoire militaire et des campagnes napoléoniennes. Il est également connu
et recherché en qualité de conseiller historique pour la reconstitution des grands
événements militaires européens.
C'est, pour diverses raisons, principalement celle de la non-observation par le Tsar
de Russie, des règles du blocus continental que Napoléon, dans la nuit du 23 au 24 juin
1812, fit jeter trois ponts sur le Nièmen. L'irréparable était commis. Le 1er corps
d'armée, sous les ordres de Davout, les franchit en tête. Le reste de l'armée suivit pour
s'engouffrer dans une aventure titanesque et pour la majorité de ses soldats dans une
aventure sans retour.
Préalablement à toute cette hasardeuse campagne, Davout, tenant par ailleurs du
rétablissement de la Pologne et en qualité de commandant en chef du corps d'observation de l'Elbe, avait eu tout le loisir, par le renseignement, d'étudier les forces adverses.
Pressentant l'inéluctable affrontement, Napoléon avait confié au prince d'Eckmühl
le rôle capital d'organiser, dans le nord de l'Allemagne, d'immenses forces encore jamais atteintes, en même temps que de préparer des plans de campagne.
C'est à ce tournant tragique du règne de Napoléon, mêlant diplomatie et art militaire que nous convie M. Oleg Sokolov.
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