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Baisse quasi générale de la facture des importations de produits

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Deux terroristes abattus par l'ANP à Bouira
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Quotidien national d'information
N° 6316 Prix 10 DA France 1 C
Mercredi 2 mars 2016
LES PRIX DE VENTE SUR LE MARCHÉ NATIONAL ONT PAR CONTRE GRIMPÉ
Baisse quasi générale de la facture des importations
de produits alimentaires en 2015
Par
LES PRIX moyens des produits
alimentaires importés par l’Algérie
ont, dans l’ensemble, diminué
durant l’année 2015 par rapport à
2014, a appris l’APS auprès du
ministère du Commerce.
Cette baisse s’explique par le
recul des prix à l’importation des
poudres de lait (-42%), suivies des
sucres roux et blanc (-18%), des
viandes (-15%), des différentes
huiles (entre -3% et -22%), des
céréales, semoule et farine (-3,7%).
Selon le ministère du Commerce, le prix moyen à l’importation de la poudre de lait a baissé à
2 775 dollars/tonne en 2015 (contre
4 817 dollars en 2014), le prix
d’achat du blé tendre a reculé à
239 dollars/tonne (contre près de
292 dollars/t), tandis que le maïs
a baissé à 197 dollars/t (contre
237 dollars).
Par contre, le prix à l’importation du blé dur a augmenté à
444 dollars/t (contre 396 dollars/t).
Le prix d’achat moyen du sucre
roux est passé à 346 dollars/t
(contre 423 dollars/t), alors que le
sucre blanc a diminué à 503 dol-
Photos : S. Zoheir
Bahia Aliouche
lars/t (contre 614 dollars). Les prix
de cinq variétés d’huile brute ont
également enregistré des baisses :
SELON DES DÉLÉGUÉS DE L’ORGANISATION
l’huile de palme a diminué à
705 dollars/t (contre 903 dollars),
l’huile de soja à 746 dollars/t
(contre 906 dollars), l’huile de tournesol à 853 dollars/t (contre
887 dollars) et l’huile de coco à
ACTUALITÉ
OUVERTURE DE LA SESSION PARLEMENTAIRE
DU PRINTEMPS
L’OPEP juge peu probable
une baisse de la production
en juin prochain
Constitution révisée : sept projets
organiques au Parlement
L’ÉVÉNEMENT
„ Les réfugiés sahraouis
dans l'attente d'une solution..p2
Par
Adel Boucherguine
LA SESSION parlementaire
du printemps s’ouvre aujourd’hui. La première post révision
constitutionnelle. Cette session
aura à amender sept projets
organiques pour les conformer
aux dispositions de la nouvelle
Constitution, a révélé, hier, le
ministre des Relations avec le
Parlement, Tahar Khaoua. La loi fixant l’organisation et le fonctionnement
des deux chambres du Parlement et leurs relations avec le gouvernement,
la loi électorale, la loi sur les associations, et celle relative à la saisine du
Conseil constitutionnel, figurent parmi les textes qui seront examinés
et votés.
Suite en page 3
Photos : S. Zoheir
Photos : DR
Par
Smaïl Boughazi
L’ORGANISATION des pays
exportateurs de pétrole (Opep) a
jugé très peu probable une décision
de baisser la production «même si
l e s p r i x re s t e n t e x t r ê m e m e n t
faibles», lors de la prochaine réunion ordinaire, prévue au mois de
juin prochain, a indiqué, hier,
l’agence britannique Reuters, qui
cite des sources au sein de l’organisation pétrolière. Les délégués de
l’Opep, qui se sont adressés à
l’agence, ont précisé qu’il «sera
trop tôt» d’évaluer le rythme avec
lequel sera augmentée la production
iranienne.
Suite en page 5
Supplément Théma
Espaces libérés,
pour quel usage
et quel devenir ?
Lire pp 11 à 15
1 285 dollars/t (contre 1 324 dollars). Les prix d’autres huiles alimentaires brutes ont, cependant,
augmenté de 93% à 4 512 dollars/t
(contre près de 2 340 dollars).
Outre le blé dur et certaines catégories d’huiles brutes, les autres
produits alimentaires qui ont connu
une hausse des prix à l’importation
sont essentiellement les amandes
(+47%), les lentilles (+29%), le
double concentré de tomate (+22%),
le café torréfié (+22%), l’ail
(+18%), les crustacés congelés
(+9%), les viandes bovines
congelées (+8%), le thé (+3%) et les
pâtes alimentaires (+14%).
L’analyse des prix élaborée par
le ministère du Commerce aborde
également les prix à l’importation
du ciment. Il est constaté que le prix
moyen de ce produit de construction
a enregistré des baisses oscillant
entre -3% et -20% selon les catégories de ciment.
La baisse de la quasi-totalité des
prix à l’importation de ces produits
alimentaires ne s’est toutefois pas
répercutée sur les prix de vente sur le
marché national, alors que s’ils
avaient été en hausse, le consommateur aurait immédiatement ressenti la
flambée des prix. Suite en page 24
MONDE
„ Assad propose «une amnistie
complète» à certains groupes
armés ....................................p7
CULTURE
„ Soufisme et chants mystiques
à l'honneur à Constantine....p17
2
L ’ É V É N E M E N T
Mercredi 2 mars 2016
BAN KI-MOON SE REND POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS LA RÉGION
Les réfugiés sahraouis dans l’attente d’une solution
Par
Massinissa Benlakehal
a République arabe
sahraouie démocratique
(Rasd) a célébré, il y a
quelques jours, son 40e anniversaire de proclamation. Alors
qu’aucune solution n’est encore
avancée pour le règlement du
conflit l’opposant à l’occupant
marocain, le Secrétaire général
des Nations unies se rendra dans
les camps, pour la première fois.
Jamais auparavant un SG de
l’ONU ne s’est rendu dans les
camps où se trouvent les institutions, en exil, de l’Etat sahraoui.
La Rasd a marqué l’événement
en organisant des festivités et un
marathon international. Etaient
présents à cette cérémonie des
délégations de plusieurs pays,
dont l’Algérie. La délégation
sportive algérienne, ayant pris
part au «Sahara Marathon» était
la plus importante avec 120 participants. Plus de 500 participants ont pris part à cette
16e édition, venus d’une
vingtaine de pays des cinq continents. Cet événement sportif a
été organisé, pour la première
fois, coïncidant avec la célébration du 40 e anniversaire de la
proclamation de la Rasd. L’occasion pour les autorités sahraouies
de montrer à la communauté
internationale, mais aussi, à l’occupant marocain que le Sahara
occidental a atteint sa maturité.
Les acquis de cette République
en exil, loin de ses terres natales,
sont incontestables, comme nous
avons pu le constater de visu
dans les camps. Ces derniers se
démarquent des autres camps de
réfugiés du monde par leur organisation et manière dont ils sont
gérés. La vie dans les camps est
organisée de manière impressionnante. La Rasd dispose,
aujourd’hui, d’institutions tant
sur le plan politique que
Photo : S. Zoheir
L
diplomatique. A Dakhla, qui est
le camp le plus éloigné, à environs 200 kilomètres des autres
camps, les rafales puissantes du
vent transportant une quantité de
sable importante dans leur
foulée, n’a pas empêché le
déroulement des festivités. Au
programme, des défilés militaires de différentes unités de
l’armée de libération du peuple
sahraoui. Hommes et femmes
qui ont rejoint cette armée ont
défilé, ce qui a impressionné
plus d’un, y compris les
étrangères venues en grand
nombre partager et vivre avec le
peuple sahraoui la célébration de
cet anniversaire. La délégation
algérienne était conduite par le
ministre des Moudjahidine, en
plus des représentants du Parlement algérien, de partis politiques et représentants de la
société civile algérienne. En
dépit des conditions de vie très
difficile dans les différents
camps de réfugiés, les Sahraouis
sont venus en grand nombre, y
compris des territoires occupés.
La délégation de sahraouis,
venue des territoires occupés,
était composée de plus d’une
centaine de personnes. Ces dernières ont défié l’occupant marocain en se rendant dans les
camps et pris un risque considérable, tel que nous l’avons compris. «Je ne pouvais rater cet
anniversaire», nous confie un
des Sahraouis venu de la ville
occupée de Laâyoune, ajoutant
que «peu importe les conséquences, nous ne baissons pas
les bras».
S’agissant de l’aide humanitaire en souffrance depuis cette
dernière année, la situation et le
besoin sont les mêmes pour l’ensemble des cinq camps. Selon le
Haut Commissariat aux réfugiés
(HCR), plus de 90 000 réfugiés
sahraouis vivent dans les camps.
Ce chiffre serait plus important,
en réalité, notamment du fait que
beaucoup de Sahraouis ont fuit la
répression marocaine dans les
territoires occupés.
Sur l’attitude du Maroc qui
bloque tout processus de discussions et de dialogue, Mohamed
Abdelaziz a estimé que «le Roi
du Maroc cherche aujourd’hui à
imposer la logique de l’expan-
sion, l’agressivité, l’arrogance,
le mépris et le fait accompli à
l’ensemble de la communauté
internationale». Pour Mohamed
Abdelaziz, il n’y plus lieu de se
concerter et réfléchir pour savoir
ce que le peuple sahraoui veut
désormais. «Il n’y a pas d’avenir
pour les Sahraouis en dehors de
leur patrie libre, indépendante et
souveraine sur l’ensemble du
territoire national», a-t-il
déclaré. Le message est clair. La
direction du Front Polisario, qui
a opté durant les 25 dernières
années pour un combat diplomatique en allant vers les négociations, après le cessez-le-feu
décrété en 1991, sait aujourd’hui
qu’il ne peut plus poursuivre
dans cette logique. Et pour
cause, la jeunesse sahraouie
porte un regard nouveau. Et dernièrement, l’option du retour aux
armes comme solution pour
recouvrer à l’indépendance du
Sahara occidental, face à l’échec
des négociations, est un sujet qui
revient souvent chez les
Sahraouis, plus particulièrement
les jeunes. Le Secrétaire général
des Nations unies, Ban Ki-moon
arrive dans les camps de
réfugiés, pour la première fois,
en début de semaine prochaine.
Dans les camps, l’ambiance à
l’annonce de la venue du SG
onusien, telle que nous l’avons
noté sur les lieux, est festive. «Ils
nous ont dit que Ban Ki-moon
arrive le 6 mars dans les camps»,
nous a confirmé notre hôte, chez
qui nous étions hébergés. «Je
prie Dieu que sa visite fera enfin
bouger les choses», nous a
confié Mohamed Salem, qui est
soldat dans le 2 e Régiment de
l’armée de libération du peuple
sahraoui. A ce propos, le chef de
la délégation sahraouie aux
négociations, Khatri Addouh
avait dit : «Nous espérons que
cette visite puisse aider à soutenir les efforts onusiens et de la
communauté internationale pour
accélérer un règlement conforme
à la légalité internationale de la
question du Sahara occident.» Il
a, aussi, fait montre de la volonté
de la Rasd d’aller de l’avant, en
expliquant que si le référendum
est organisé, «nous pouvons
même tourner la page une bonne
fois pour toute avec nos frères
marocains pour établir de
bonnes relations bilatérales sur
plusieurs plans».
Pour l’Algérie, et il n’est un
secret pour personne, la question
du Sahara occidental est sacrée.
L’Algérie a toujours défendu le
droit du peuple sahraoui à son
auto-détermination, sous l’égide
des Nations unies. En fin
d’année dernière, le président de
la République, Abdelaziz
Bouteflika, a tenu à rappeler, à
qui en douterait, le soutien indéfectible de l’Algérie à la cause
sahraouie, et ce, en recevant à
Alger le Président de la Rasd,
Mohamed Abdelaziz. Le
message ne pouvait être plus
clair ; le soutien de l’Algérie à
la cause sahraouie ne peut être
remis en question.
M. B.
zzz AU FIL DES JOURS
Alger et Moscou, alliés indéfectibles
Par
Noureddine Khelassi
LES RELATIONS entre l’Algérie et la Russie,
qui remontent à l’URSS et trouvent leurs
racines dans le soutien de Moscou à la
guerre d’indépendance algérienne, sont
excellentes. Entre Alger et Moscou, il n’y a
jamais eu ou presque de l’eau dans le
gaz. Les rapports bilatéraux relèvent d’un
partenariat stratégique dont la coopération
militaire et technique est le moteur de
croissance. La 4e et récente visite à Alger du
chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov,
est l’ultime baromètre de leur bonne santé.
Notamment sur la scène internationale où
les deux partenaires indéfectibles ont
souvent une convergence de vue. Dernière
illustration, les grandes crises du moment en
Libye, au Yémen et en Syrie. Si Sergueï
Lavrov a évalué avec son homologue
Ramtane Lamamra l’état d’avancement de
la coopération bilatérale dans les domaines
économique, technique, militaire et scientifique ou encore culturel, les questions
d’ordre régional ont été au centre de cette
visite. L’Algérie et la Russie partagent une
position commune sur les dossiers syrien et
libyen. Celle d’une réponse globale à la
menace terroriste transfrontière en lien
direct avec la stratégie de l’ONU. De ce
point de vue, les deux parties amies ont une
«approche commune et partagée», se fondant
sur la légalité internationale. En Syrie, la
tenue d’un dialogue inter-syrien inclusif,
c’est à dire qui n’exclut pas le président
Bachar el-Assad, est régulièrement prônée
par les présidents Abdelaziz Bouteflika et
Vladimir Poutine. Plus précisément encore,
la récente initiative russe débouchant sur
l’accord russo-américain de cessez-le-feu en
Syrie est fermement soutenue à Alger. Sur
le front du délitement libyen, Moscou et
Alger étaient vivement opposés à une intervention de l’OTAN en 2011. Ils partagent
aujourd’hui la même inquiétude au sujet du
chaos politique et sécuritaire et de la
volonté de Washington d’intervenir militairement au sol. Là encore, pour les deux
capitales, seule une résolution politique du
conflit et un combat implacable contre tous
les groupuscules terroristes pourraient
éviter le scénario irakien. S’agissant par
ailleurs de la dépréciation constante du prix
du pétrole, les deux parties convergent là
aussi : seule une baisse réelle de la production pourra faire remonter les cours du brut.
Négativement impactés par la crise, les
deux pays se sont penchés sur les initiatives
à impulser par les pays OPEP et hors OPEP
pour inverser la fatalité de la baisse. On le
voit bien, les relations russo-algériennes ont
été forgées par l’Histoire, celle de la guerre
d’indépendance algérienne. Le 26 juin 1956,
la délégation de l’URSS avait soutenu l’inscription de la question algérienne à l’ordre
du jour du Conseil de sécurité. A cette date,
seuls l’URSS et l’Iran avaient voté en sa
faveur. En novembre 1960, l’URSS fit venir
des bateaux sanitaires en Algérie pour
prendre en charge les blessés des mines de
la ligne Morice. Auparavant, Moscou avait
fourni une aide financière et de l’armement
léger à l’ALN. Et le 7 octobre 1960, la Russie
reconnait de facto le GPRA. Au lendemain
de la signature des accords d’Évian, l’URSS
reconnaît de jure le GPRA et le premier
ambassadeur soviétique à Alger est nommé
en octobre 1962. Dès l’Indépendance,
l’Union soviétique coopère étroitement avec
l’Algérie dans le domaine militaire. Ainsi,
dès le 29 octobre 1962, cinq hélicoptères
sont réceptionnées par la jeune ANP. De
même, le 14 mai suivant, des centaines de
marins et des cadres du renseignement sont
envoyés en formation en URSS. De manière
encore plus symbolique, le 27 juin 1963, un
accord est signé entre Alger et Moscou sur
la question du déminage des frontières
algériennes. Les Soviétiques furent alors les
premiers à donner un sérieux coup de main
en la matière. Plus tard, et du fait même des
tensions entre l’Algérie et le Maroc, les
livraisons de matériels d’origine soviétique
ont considérablement augmenté. L’Algérie
se dote ainsi d’un réseau de détection
d’origine russe en 1975 et acquiert des
Mig 23 et 25 en juin 1977. À la fin des
années 1970, 90% du matériel militaire algérien est d’origine soviétique, russe essentiellement. L’URSS a également fourni un
soutien important en matière d’industrie.
Elle a participé au développement de son
secteur minier, pour plus d’un tiers des
contrats passés. Ces relations d’amitié
constante et d’intérêts mutuellement bien
compris ont connu leur point d’orgue avec la
visite officielle du président Abdelaziz
Bouteflika du 3 au 6 avril 2001 à Moscou.
Visite historique conclue par une déclaration
de partenariat stratégique. Cinq ans plus
tard, le 3 mars 2006, le président Vladimir
Poutine, lors d’une visite de même
caractère, décide d’effacer la dette militaire
de l’Algérie, évaluée à 4,7 milliards USD.
Entre Alger et Moscou, il n’y a pas d’amour,
il n’y a que des preuves d’amour.
N. K.
L ’ É V É N E M E N T
Mercredi 2 mars 2016
LE PRÉSIDENT DU COMITÉ INTERNATIONAL
DE LA CROIX-ROUGE :
LE PRÉSIDENT DU MSP, ABDERAZZAK MAKRI, LORS D’UN MEETING À TIZI OUZOU :
«Tamazight langue officielle est le seul
point positif de la nouvelle Constitution»
«La coopération entre
l’Algérie et le CICR
s’est beaucoup
développée»
De notre correspondant
à Tizi Ouzou
Malik Boumati
e Mouvement de la
société pour la paix
(MSP) a organisé hier
après-midi un meeting à la
Maison de la culture MouloudMammeri de Tizi Ouzou où le
président du mouvement,
Abderrazak Makri a expliqué
les positions de son parti
concernant les questions politiques du pays, notamment les
amendements récents apportés
à la loi fondamentale. «Le seul
point positif et que nous
saluons dans la nouvelle
Constitution, est celui relatif à
l’officialisation de Tamazight»,
a-t-il affirmé d’emblée, sous
les applaudissements d’une
assistance clairsemée. Le MSP
«travaillera pour le développement de la langue amazighe
jusqu’à ce qu’elle atteigne le
même niveau que l’arabe», a
ajouté M. Makri qui dit rejeter
l’idée d’opposer la langue
arabe et tamazight, se révélant
historien en précisant que les
Amazighs se sont soulevés
contre tous les conquérants, y
compris les Romains et les
Vandales et les ont chassés,
mais pas les Arabes qui ont
apporté l’islam. «Il y a eu une
petite résistance, mais les
Amazighs de notre région ont
fini par accepter parce qu’ils
ont compris que l’Islam convenait à la mentalité locale», a-til indiqué.
Pour lui, le reste des amendements apportés récemment à
la Constitution ne sont aucune-
Photo : S. Zoheir
L
ment favorables à l’avènement
de la démocratie. «La Constitution propose un système politique qui ressemble à la
monarchie absolue du Moyenâge», a estimé le président de
ce parti qui a longtemps fait
partie de l’alliance présidentielle en compagnie du FLN et
du RND, avant de rejoindre
l’opposition, il y a trois ou
quatre années. Pour lui, «tous
les pouvoirs sont en train les
mains du président de la
République, y compris la désignation d’un Premier ministre
qui n’est pas issu de la majorité parlementaire. Il désigne
le Premier ministre, les
ministres, tous les hauts fonctionnaires, y compris les direc-
teurs et autres chefs des petits
coins de terre d’Algérie». Ce
qui n’est pas logique aux yeux
de l’animateur du meeting,
c’est que selon cette même
Constitution, «le président de
la République désigne tout le
monde, mais il n’est pas responsable, ce sont le Premier
ministre, les ministres, les
partis politiques et même le
peuple qui sont responsables.
Il désigne tout le monde, mais
il n’est jamais responsable,
même les prophètes n’ont pas
eu ces pouvoirs», a-t-il asséné.
Abderazzak Makri évoquera, par ailleurs, dans son
discours, la relation étroite qui
existe entre la citoyenneté et le
nationalisme, précisant que
quand la citoyenneté est stable
et protégée, le nationalisme est
stable et protégé, mais quand la
citoyenneté est égratignée, le
nationalisme est également
égratigné. «La citoyenneté,
c’est se sentir serein et en
sécurité sur chaque petite parcelle de notre pays, sans
hogra, sans exclusion, régionalisme ou beni âamisme,
sinon c’est le repli sur soi qui
peut mener le citoyen vers le
régionalisme, la violence ou
même la collaboration ave les
pays étrangers contre son
propre pays», ajoute encore le
président du MSP accusant «le
régime d’être une menace
contre la citoyenneté et le
nationalisme».
M. B.
Constitution révisée : sept projets
organiques au Parlement
Suite de la page 1
Une commission mixte (Parlement et
ministère des Relations avec le Parlement)
sera installée après la promulgation de la
Constitution révisée afin de préparer la loi
organique régissant le fonctionnement des
deux chambres du Parlement (APN et
Sénat) et leur relation avec le gouvernement, a fait savoir le ministre, qui intervenait sur les ondes de la radio nationale.
Toujours dans l’esprit de la mise en
conformité avec la Constitution, d’autres
commissions mixtes seront installées prochainement pour élaborer les projets de
lois relatifs au règlement intérieur du
Parlement et à l’article 51 de la
Constitution limitant l’accès aux hautes
fonctions pour les binationaux, a aussi
révélé le ministre.
D’autres projets de loi sont également à
l’ordre du jour de cette session, notamment celles relatives à la PME, à la métrologie, à l’état civil, aux codes de Douanes,
à la santé, la publicité, et au sondage
d’opinion, a-t-il cité. Les textes hérités de
la dernière session, s’ajoutent également, a
encore fait savoir le ministre, rappelant
qu’il s’agit des lois relatives à la lutte
contre la contrebande, au code pénal, à la
promotion de l’investissement et du déve-
loppement de l’entreprise ainsi qu’à l’utilisation de l’empreinte génétique. Il s’agit
également du projet de loi inhérent à la
normalisation ainsi que la loi relative à
l’organisation de la profession de commissaire-priseur aux surenchères, a-t-il ajouté.
De son côté, le secrétaire général de
l’Organisation nationale des moudjahidine
(ONM), Said Abadou, a affirmé, hier à
Laghouat, que la nouvelle Constitution
accorde un «grand intérêt aux moudjahidine, aux hauts faits de la lutte du peuple
algérien contre l’occupation et à l’enseignement de l’Histoire». Cette Constitution
incite, en outre, a œuvrer à «la transmission de l’Histoire nationale aux générations montantes afin qu’ils prennent
conscience des sacrifices consentis et préservent leur pays», a indiqué le SG de
l’ONM. Le ministre Affaires étrangères et
de la Coopération internationale, Ramtane
Lamamra, a, lui, mis en exergue la préservation des droits de l’Homme que cette
Constitution institutionnalise. «La
Constitution amendée apporte des
réponses, à travers des choix clairs, en
faveur de la préservation de la paix, de la
promotion de la justice sociale et des
valeurs démocratiques, du respect des
principes universels des droits de
l’Homme, la réduction de la pauvreté et
des inégalités ainsi que la mise en place
d’une économie compétitive et respectueuse de l’environnement», a souligné le
ministre dans son intervention au Segment
de Haut niveau de la 31e session ordinaire
du Conseil des droits de l’homme des
Nations unies (CDH), à Genève. Il a rappelé que la révision constitutionnelle a
permis «un renforcement de l’Etat de
droit, un approfondissement de la démocratie participative ainsi qu’une consolidation des libertés démocratiques». Ce
résultat s’illustre «à travers des avancées
dans les domaines sensibles de l’information, des associations, de la représentation
des femmes dans les instances élues, du
régime électoral et de la gestion des collectivités locales», a-t-il expliqué. «Le dispositif législatif renforçant les droits de
l’Homme et les libertés démocratiques
s’est enrichi en particulier par l’adoption
d’une loi-cadre sur l’enfance, d’une loi
criminalisant la violence faite aux femmes
et d’amendements de substance du code de
procédure pénale, baromètre du respect
des libertés individuelles, renforçant
notamment les droits du justiciable ainsi
que la dépénalisation de l’acte de
gestion», a-t-il ajouté.
A. B.
3
LE PRÉSIDENT du Comité international de la Croix-Rouge (Cicr), Peter
Maurer, s’est félicité, hier à Genève, de
la qualité des relations entre l’Algérie et
le Comité. «Je dis combien nous
sommes contents de la coopération
entre l’Algérie et le Cicr qui s’est beaucoup développée ces derniers temps,
notamment avec deux visites que j’ai
effectuées en Algérie», a déclaré à la
presse nationale le président du Cicr à
l’issue d’un entretien avec le ministre
des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane
Lamamra. M. Maurer s’est réjoui de
recevoir le ministre algérien avec qui, at-il dit, «Nous travaillons très bien
ensemble» sur le droit international
humanitaire et dans bien d’autres
aspects. Il a ajouté que la rencontre a
permis aux deux parties d’«échanger
pas mal de points de vue, notamment
sur les conflits de la région, sur la Syrie
et sur l’impact de la crise sur la stabilité
régionale», soulignant qu’il est «particulièrement intéressé» d’avoir les avis
et les interprétations du ministre algérien. «Je rentre de Syrie et c’est l’occasion pour moi d’évoquer avec M.
Lamamra les efforts du Cicr pour
accroître notre surface opérationnelle
dans ce conflit qui touche une population civile en Syrie et qui nous préoccupe énormément», a-t-il soutenu.
De son côté, Ramtane Lamamra a tenu à
rappeler que la relation de l’Algérie
avec l’humanitaire «relève de l’histoire,
de la culture et de l’engagement, symbolisé par l’Emir Abdelkader qui est l’un
des pionniers de l’action humanitaire».
«Il faut rappeler ici que l’ambition des
pères fondateurs et les continuateurs de
cette action du Cicr c’est de travailler
d’arrache-pied avec dévouement et avec
l’esprit de sacrifice à humaniser les
effets des conflits armés de tout genre»,
a-t-il dit, soulignant que la mission d’éviter les conflits relève des hommes
politiques, des diplomates et autres.
«Mais lorsque les conflits sont là, il faut
travailler à humaniser pour limiter les
conséquences et les effets par rapport
aux humains», ajoutera-t-il. A ce titre, le
ministre a également rappelé que
l’Algérie, en plein guerre de libération,
avait adhéré à la convention de Genève
«créant ainsi un préalable en matière de
droit international». «C’était la première fois qu’un mouvement de libération nationale, représenté par le
Gouvernement provisoire de la
République algérienne (Gpra), a adhéré
aux quatre conventions par conviction
et par engagement», a-t-il affirmé, faisant remarquer que l’action a été suivie
par les Vietnamiens et la République
arabe sahraouie démocratique (Rasd).
«Nous apprécions hautement ce que
nous faisons ensemble par rapport à
notre coopération bilatérale et ce que
fait aussi le Cicr à travers le continent
africains et le Moyen-Orient», dira
M. Lamamra, relevant que lui-même et
le président sont connus sur le théâtre
africain. «Nous avons toujours apprécié,
en tant que partie africaine, ce que fait
le Cicr et le fait qu’un hommage soit
bien rendu à l’Emir Abdelkader à travers son buste qui honore ce bel édifice
du comité», a-t-il ajouté.
L ’ É V É N E M E N T
IMPORTATIONS DES CÉRÉALES EN JANVIER 2016
Baisse de la facture de 38%
et des quantités de 16%
Par
Ziad Abdelhadi
es importations de
céréales primaires
(blé, orge et maïs) ont
baissé en valeur et en volume
durant le mois de janvier
dernier. Mais si le recul est
significatif en ce qui
concerne la facture, il est par
contre moindre en volume,
selon les chiffres fournis par
le Centre national de l’information et des statistiques des
Douanes algériennes (Cnis)
dans son dernier rapport
rendu public hier. Selon cette
source, la facture d’importation des céréales a baissé à
200,4 millions de dollars en
janvier 2016 contre
327,64 millions de dollars en
janvier 2015, soit un recul de
38,84% sur une année. La
baisse a également touché les
L
quantités importées (sauf
pour le blé tendre) mais à un
moindre niveau, en s’établissant à 946 671 tonnes, contre
1,13 million tonnes, soit un
recul de 16,04%. Le Cnis
précise en outre que la facture d’importation des blés
(tendre et dur), qui a représenté près de 67,23% du coût
des importations des céréales
en janvier dernier, a chuté à
134,74 millions de dollars
contre 232,76 millions de
dollars (-42,11%), pour des
quantités ayant atteint
584 973 t contre 694 802 t
(-15,81%).
Par catégories de blés, la
facture d’importation du blé
tendre a baissé à 103,13 millions de dollars contre
113,92 millions de dollars
(-9,48%). On apprend aussi
que la facture du blé tendre a
représenté plus de la moitié
des importations des céréales
et plus de 75% des importations des blés en janvier dernier. Quant aux quantités
importées de ce blé, elles ont
grimpé à 506 224 t contre
441 534 t (+14,65%). Pour le
blé dur, la facture a reculé à
31,61 millions usd contre
118,83 millions de dollars
(-73,4%) pour une quantité
de 78 750 t contre 253 268 t
(-69%).
Concernant le maïs, les
importations se sont chiffrées
à 55,97 millions de dollars
contre 79,78 millions de
dollars (-29,85%), avec un
volume de 310 447 t contre
370 386 t (-16,2%). Quant à
l’orge, l’Algérie en a importé
pour 9,67 millions de dollars
contre 15,1 millions de
dollars (-36%) avec une
quantité de 51 250 t contre
62 307 t (-17,75%).
Si la facture des céréales a
baissé de manière plus
importante par rapport aux
quantités et en dépit de la
hausse du volume importé
pour le blé tendre, cela s’explique par le recul des cours
sur les marchés mondiaux
des céréales depuis 2015, et
ce, à la faveur de stocks
abondants, de bonnes récoltes
mondiales et d’une moindre
demande chinoise. C’est ainsi
que le prix à l’importation
par l’Algérie du blé tendre,
dont le pays est gros
importateur, a reculé à
239 dollars/tonne en 2015
(contre près de 292 dollars/t
en 2014), tandis que celui du
maïs a baissé à 197 dollars/t
(contre 237 dollars).
Z. A./APS
L’OPEP juge peu probable une baisse
de la production en juin prochain
Suite de la page 1
Donc, la baisse, tant attendue par
certains pays producteurs lourdement
touchés par les prix faibles de l’or noir,
n’interviendra, précisent les mêmes
sources, qu’après un retour total de
l’Iran sur le marché et l’évaluation de
l’accord de gel de la production décidé
par l’Arabie saoudite, la Russie, le
Venezuela et le Qatar il ya deux
semaines. Car, juge-t-on, avec cet
accord les Saoudiens cherchent à tester
le degré d’engagement des Russes dans
leur stratégie en prévision d’une
décision de baisse de la production.
Outre l’évaluation de l’accord de gel,
les délégués de l’Opep expliquent, en
fait, qu’une baisse de la production
«serait possible d’ici la fin de l’année»
mais une fois le niveau de la production
iranienne connu. Actuellement, indiquet-on, l’Iran fournit des informations
contradictoires sur ses prévisions de
production, ce qui met les observateurs
dans le flou total. Des responsable de
l’Opep estiment, ainsi, que les projections de produire 1,5 million de barils
l’année prochaine sont loin de la réalité,
étant donné que les puits et les infrastructures pétrolières iraniennes sont
endommagées par des années de sanctions. «Personne à l’Opep ne sait ce qui
se passe dans les champs iraniens.
Donc, les Saoudiens veulent voir ce qui
se passe en réalité», affirment des responsables de l’Opep à Reuters. Du côté
iranien, en dépit des déclarations du
ministre du Pétrole sur l’inutilité de
l’accord de gel, d’autres responsables
ont affirmé que le pays est disposé à
discuter d’un pacte de production mais
une fois que sa production ait atteint son
niveau d’avant l’embargo. Une position
partagée par l’Arabie saoudite et la
Russie, décidées à appliquer le gel de la
production même en cas d’absence
de l’Iran.
La question qui se pose, toutefois au
sein de l’Opep reste de savoir si la
Russie est disposée à aller loin dans sa
collaboration avec les pays de l’Organisation. Un engagement du deuxième
producteur mondial du pétrole sera
considéré comme étant un fait inédit
dans sa politique énergétique. Mais,
quoi qu’il en soit, les observateurs
estiment que la décision de gel de la
production est déjà un signe de
changement de cap des Saoudiens face à
la situation actuelle des prix.
S. B.
Mercredi 2 mars 2016
5
PLAIDANT POUR LA
PRÉSENTATION DE PLUSIEURS
CANDIDATS AU POSTE
L’Algérie ne s’oppose
pas à un mandat
unique pour le SG
de l’ONU
PAR LA VOIX de son représentant permanent aux Nations unies,
Sabri Boukaddoum, l’Algérie a
déclaré, hier à New York, qu’elle ne
s’opposait pas à la possibilité d’un
mandat unique pour le Secrétaire
général de l’ONU. Elle a, par ailleurs,
plaidé en faveur de la présentation de
plusieurs candidats pour la prochaine
désignation du premier responsable
de l’ONU, prévue en 2016. Cette
position a été exprimée par
M. Boukaddoum au cours d’une
séance informelle de l’Assemblée
générale des Nations unies, consacrée
à la sélection du SG de l’ONU.
L’Algérie a présenté cette proposition
en tant que coordinatrice du groupe de
travail des pays non-alignés en charge
de la revitalisation des travaux de
l’Assemblée générale. Au non du
groupe des non-alignés, le représentant de l’Algérie a plaidé pour la présentation par le Conseil de sécurité de
plusieurs candidats pour la prochaine
nomination du SG de l’ONU en appelant le président de l’Assemblée générale à entamer des consultations avec
les représentants des pays membres
afin d’identifier les candidats potentiels en mesure d’occuper ce poste.
Toujours au non du groupe des nonalignés, M. Boukaddoum a également
appelé à l’ouverture d’un débat
constructif sur la question des mandats du SG de l’ONU, soulignant la
nécessite pour l’Assemblée générale
de reconsidérer à nouveau la durée des
mandats avec la possibilité d’opter
pour un mandat unique dans la nomination du prochain candidat prévue en
2016. M. Boukaddoum a souligné à ce
propos que le Conseil de sécurité a
pris beaucoup de pouvoir en empiétant sur le rôle de l’Assemblée générale dans la sélection et la désignation
du Secrétaire général. Il a expliqué
que cette situation a été le résultat de
l’interprétation de l’article 97 de la
charte des Nations unies par la
résolution 11 de 1946 qui semble être
en faveur du Conseil de sécurité.
L’article 97 de cette charte stipule que
le Secrétaire générale doit être nommé
par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité,
alors que la résolution 11 de l’Assemblée générale indique qu’il est souhaitable pour le Conseil de sécurité de
présenter un seul candidat. «L’histoire
et la pratique ont démontré que
d’autres procédures plus innovantes
existaient», a-t- il relevé. En dépit du
fait que cette résolution a été amendée
et complétée par d’autres dispositions
rendant le processus de désignation du
SG de l’ONU plus transparent et
démocratique, ces amendements n’ont
pas été mis en œuvre jusqu’ici. «Le
mouvement des non-alignés note avec
regret que la plupart de ces dispositions n’ont pas été mises en œuvre et
souligne l’importance de l’application
des résolutions susmentionnées dans
le processus de sélection et de désignation du SG de l’ONU», a-t-il
déclaré dans son discours prononcé
lors de cette séance.
6
I D É E S
Mercredi 2 mars 2016
ÉDITORIAL
L’eurocentrisme a la peau dure
La fin des grandes banques
Par
LE CONSEIL de l’Europe vient de déplorer la banalisation des actes
et des discours racistes en France. Mieux vaut tard que jamais ! La plus
ancienne organisation intergouvernementale européenne met en garde
contre l’ampleur, sans précédent, des abus et des dépassements enregistrés, en exhortant les responsables politiques français à s’abstenir «de
tenir des propos qui stigmatisent des groupes déjà vulnérables et attisent les tensions dans la société française». Le rapport alarmant des
experts de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance
(Ecri) dénonce «l’accroissement des violences racistes, islamophobes
et antisémites», ainsi que «l’homophobie et les discriminations antiRoms», en désignant, à demi-mot, les milieux de la droite traditionnelle
et d’extrême droite. En vérité, il s’agit d’une tendance lourde au sein de
la société française et parmi le microcosme parisien, prétendument
intellectuel. Ce discours haineux qui traite ouvertement les musulmans
de «voyous» et de «terroristes potentiels» est sur toutes les lèvres. Il
suffit d’allumer le poste radio ou la télévision pour entendre des vertes
et des pas mûres. Cette violence gratuite n’émane pas uniquement des
politiciens en mal de popularité, mais aussi des journalistes, des chroniqueurs et des commentateurs sportifs, de certains pseudos artistes ou de
simple «frenchie pure souche». Les étrangers, avec une nette prédilection pour les personnes d’origine maghrébine, sont constamment stigmatisés et désignés à la vindicte populaire comme s’ils étaient
responsables de tous les malheurs de la France. Même les stars du football n’échappent pas au lynchage systématique des «bronzés». Au-delà
du pays Gaulois, l’Europe, toute entière, se trouve présentement minée
de l’intérieur par des mouvements xénophobes et ultranationalistes, qui
rejettent machinalement tout ce qui ne colle pas à la prétendue civilisation européenne. Aussi bien en Roumanie qu’en Allemagne, les réfugiés
et les migrants sont franchement traités d’«envahisseurs». Les barbelés
sont dressés sur toutes les frontières pour stopper la fuite des rescapés
des guerres criminelles de cette même Europe en Afrique et au MoyenOrient. La Hongrie, la Pologne, la république Tchèque, la Slovaquie, le
Danemark, la Macédoine, parmi tant d’autres Etats de l’UE, mobilisent
des armées entières pour refouler des femmes en détresse et de nourrissons violemment arrachés à leur patrie. Certains esprits bien pensants
évoquent des craintes pour la culture européenne et le mode de vie occidental ! Prenant la posture orgueilleuse du champion du savoir-vivre,
du progrès et de la démocratie, le vieux continent toise insolemment ces
malheureuses cohortes de filles et de garçons fuyant l’enfer dans lequel
il les a jetées sans scrupule ni remord. L’Europe, toute l’Europe, ne se
gêne pas d’exprimer, à haute voix ou discrètement, tout son mépris à
leur endroit. La crise des migrants dévoile, un peu mieux, ce visage
hideux de l’eurocentrisme qu’on croyait mort et enterré avec la fin du
colonialisme. A bien considérer cette catastrophe humaine des réfugiés,
on se rend vite compte que beaucoup de leaders européens, à l’instar de
ceux qui ont instauré le chaos en Libye et ceux qui ont dévasté l’Irak et
la Syrie, sont passibles de poursuite devant la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité. En cela, ils n’ont rien à envier aux
autres monstres qui ont déjà comparu à La Haye. Vérité élémentaire
que les citoyens européens ne perçoivent malheureusement pas assez.
K. A.
Quotidien national d’information
Edité par la SARL Omnium maghrébin de presse
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Photo : DR
Kamel Amghar
Par
Simon Johnson*
près près d’une décennie de crise, de plans
de sauvetage et de réforme aux États-Unis
et au sein de l’Union européenne, le
système financier, aussi bien d’un point du vue
national que mondial, a de nombreux points
commun avec celui de 2006. Plusieurs réformes du
secteur financier ont été tentées depuis 2010, mais
leur effet global a été limité. Certaines grandes
banques ont connu quelques difficultés, mais
d’autres ont été fondées pour les remplacer.
Actuellement un peu plus d’une douzaine de
grandes banques dominent le paysage financier
mondial, comme c’était également le cas avant la
crise financière mondiale de 2008. Pourtant les
bases du secteur financier sont en train d’évoluer,
tout comme les grandes banques pourraient bientôt
appartenir au passé.
Les responsables pestent en privé sur l’état
d’avancement de la réforme financière. En public,
la plupart d’entre eux se montrent plus mesurés,
mais Neel Kashkari, le Président de la Réserve
Fédérale de Minneapolis, a récemment touché la
corde sensible en demandant une réévaluation des
progrès accomplis sur la lutte contre le problème
des institutions financières qualifiées de too big to
fail (Tbtf, trop grosses pour faire faillite).
Kashkari a travaillé pour Henry M. Paulson au
Ministère du Trésor américain à partir de 2006. Il a
non seulement assisté au développement de la crise
financière, mais en octobre 2008, il est devenu
secrétaire adjoint, responsable du Programme de
sauvetage des actifs à risque (Tarp), destiné à stabiliser le système financier. C’est un Républicain
qui a été employé à la fois par Goldman Sachs (une
grande banque) et par Pimco (une grande société
de gestion d’actifs). Son intervention prend donc
un certain poids dans l’opinion, lorsqu’il déclare :
«Je crois que les plus grandes banques sont encore
trop grosses pour faire faillite et qu’elles représentent toujours un risque important et continu pour
notre économie.»
Et Kashkari a vu juste dans son évaluation des
réformes financières Dodd-Frank de 2010. Ce
projet de loi et les règlementations qui en ont
découlé ont fait évoluer certains problèmes dans la
bonne direction. «Mais étant donné les coûts
énormes associés à une nouvelle crise financière et
l’absence de certitude relative à l’efficacité de ces
nouveaux outils pour traiter une crise de ce type»,
soutient-il, «je crois que nous devons envisager
sérieusement des options transformationnelles plus
audacieuses.»
Kashkari propose aujourd’hui exactement la
bonne approche : organiser des conférences
publiques et des débats approfondis afin de déterminer s’il faut démanteler les grandes banques, si
les banques (et d’autres institutions financières)
doivent être obligées de financer elles-mêmes avec
davantage de capitaux et moins de dette, ou s’il
doit y avoir une taxe sur la dette pour décourager
l’endettement excessif. La première conférence
aura lieu le 4 avril (je serai l’un des intervenants).
Kashkari est l’un des 12 présidents des banques
régionales de Réserve fédérale. Il appartient en
outre au Conseil d’Administration du Federal Open
Market Committee (Fomc), qui définit la politique
A
monétaire, mais pas au Conseil des gouverneurs du
système de Réserve fédérale, qui supervise la
réglementation bancaire. Pourtant son appel à une
évaluation du problème Tbtf aura un impact
majeur pour trois raisons.
Tout d’abord, les opinions qu’il exprime sont
tout à fait raisonnables et conformes à l’opinion
courante, fondée sur une expérience approfondie
(la sienne et celle d’autres personnes), sur cette
crise ainsi que sur d’autres crises financières.
Kashkari présente depuis une position d’autorité un
message que de nombreuses personnes raisonnables ont essayé de transmettre pendant près
d’une décennie.
Ensuite Kashkari articule, dans le langage qui
est celui de la Banque centrale, exactement le
même avis que les autres candidats démocrates
soumettent à l’électorat. Hillary Clinton a un plan
de réforme financière détaillé et bien pensé, qui
met l’accent sur l’imposition de l’effet de levier et
l’augmentation des exigences de fonds propres.
Bernie Sanders préfère quant à lui démanteler les
banques. Mais l’objectif reste le même et comme
le souligne Kashkari, n’importe lequel de ces outils
peut améliorer notre situation.
Lorsque des Républicains raisonnables et des
Démocrates commencent à converger sur la politique, cela augmente nos chances d’aboutir à des
changements judicieux.
Enfin le timing de Kashkari coïncide avec l’arrivée de la nouvelle technologie «de chaîne de
blocs», qui permet d’organiser les transactions
financières de manière plus décentralisée. Plusieurs
versions de cette technologie sont déjà disponibles
ou actuellement en cours d’élaboration et il existe
une possibilité très réelle que cela permette de
réduire les coûts de transaction dans une grande
partie du secteur financier.
Nous ne savons pas encore quelle version l’emportera et il y a de vifs débats sur la manière de
s’assurer que les nouvelles normes et les nouveaux
systèmes renforcent la stabilité, plutôt qu’ils n’entraînent, comme certaines innovations financières
précédentes, des conséquences inattendues désagréables.
Fait plus remarquable, la technologie de chaîne
de blocs pourrait bien réduire de façon substantielle, voire même éliminer, la valeur d’un intermédiaire de confiance comme peut l’être une grande
banque. Pourtant les grandes banques investissent
de l’argent dans cette technologie, probablement
dans l’espoir de sauver au moins une partie de leur
activité en limitant le degré ultime de décentralisation.
Kashkari va ouvrir la voie pour repenser (et on
l’espère pour mettre un terme), au problème Tbtf
dans les grandes banques traditionnelles. Dans un
monde de chaînes de blocs, lui et ses collègues
vont probablement s’efforcer d’éviter la réapparition de toute variante de Tbtf.
S. J.
*Professeur au MIT Sloan et chercheur principal à l’Institut Peterson d’économie internationale. Ancien économiste en chef du FMI et
co-fondateur du blog d’économie de premier
plan, le Scénario de référence.
In project-syndicate.org
M O N D E
Mercredi 2 mars 2016
7
PROMETTANT DE TRAVAILLER À FAIRE RÉUSSIR LA TRÊVE
Assad propose «une amnistie complète»
à certains groupes armés
Le président syrien affirme vouloir accorder «une amnistie complète» aux combattants de l’opposition qui déposeraient les armes.
«La chose la plus importante pour moi, légalement et constitutionnellement, en me fondant sur l’intérêt du peuple syrien et les
principes qui régissent tout Etat, c’est que l’on n’est pas autorisé en tant que citoyen à détenir des armes à feu et à porter atteinte
aux gens ou aux biens», a déclaré Assad lors d’une interview accordée à la télévision allemande
Par
la Rédaction Internationale
e président syrien Bachar
al-Assad a promis de faire
en sorte que la trêve entrée
en vigueur samedi fonctionne,
dans une interview à la télévision
publique allemande ARD. «Nous
ferons ce qui dépend de nous
pour que tout cela fonctionne», a
déclaré Assad, dans cette interview dans laquelle il propose
également «un retour à la vie
civile» et «une amnistie
complète» aux éléments de l’opposition déposant les armes.
Concernant la trêve, «les terroristes l’ont rompue dès la première heure», a déclaré le
président Assad. Mais, a-t-il
ajouté, «l’armée syrienne s’est
abstenue de toutes représailles
pour maintenir les chances de
survie de l’accord». «Tout a ses
limites. Cela dépend de l’autre
camp», a-t-il cependant mis en
garde. Le Président syrien, que
ses détracteurs avaient voué aux
gémonies et annoncé constamment la chute, affirme aussi vouloir accorder «une amnistie
complète» aux combattants des
groupes de l’opposition qui
déposeraient les armes et un
retour à la vie civile. «La chose
Photo : DR
L
la plus importante pour moi,
légalement et constitutionnellement, en me fondant sur l’intérêt
du peuple syrien et les principes
qui régissent tout Etat, c’est que
l’on n’est pas autorisé en tant
que citoyen à détenir des armes
à feu et à porter atteinte aux
gens ou aux biens», a déclaré
Assad. Dans cette interview, le
Président syrien qualifie de
«désastre humanitaire» la situation de la population syrienne,
contestant la propagande des
médias occidentaux et du Golfe,
selon laquelle ses troupes empêcheraient la livraison de vivres
ou de médicaments dans les
zones contrôlées par les groupes
armés. «Comment pourrionsnous priver ces zones de vivres
alors que nous ne parvenons pas
à empêcher l’approvisionnement
en armes ?», a-t-il affirmé. La
trêve entre l’armée syrienne et
les groupes armés, produit d’un
accord entre les acteurs, est
globalement respectée depuis
samedi malgré quelques accusations de violation, et les équipes
de l’ONU ont pu livrer lundi
de l’aide à l’une des villes
assiégées. Les mouvements
djihadistes Daech et Front
Al-Nosra, branche syrienne
d’Al-Qaïda, sont exclus de la
cessation des hostilités et
continuent donc d’être visés par
les frappes de l’armée syrienne,
de la Russie ou de la coalition
dirigée par Washington.
R. I.
LE PRÉSIDENT SUD-AFRICAIN VISÉ PAR UNE MOTION DE DÉFIANCE
LA PRESSION s’accentue
sur le président sud-africain,
Jacob Zuma, visé par une
nouvelle motion de défiance au
Parlement et par la réouverture
possible de poursuites dans une
vieille affaire de corruption, au
moment où l’unité de son parti
derrière lui semble se fissurer.
Le Parlement sud-africain doit
se prononcer sur une motion
de censure à l’initiative de
l’Alliance démocratique (DA), le
principal parti d’opposition, pour
destituer le président Zuma, en
raison de «sa dangereuse gestion
de l’économie». La dernière
motion de ce type remonte à
septembre et avait été rejetée
par le Parlement où le parti
présidentiel, le Congrès national
africain (ANC), est largement
majoritaire avec 62% des sièges.
Le président Zuma est particulièrement dans le collimateur de
l’opposition depuis sa décision
brutale en décembre de remplacer son ministre des Finances,
le respecté Nhlanhla Nene, par
un député inexpérimenté, David
van Rooyen, un changement qui
avait fait chuter la devise sudafricaine. Face à l’affolement des
marchés, Jacob Zuma avait été
contraint de nommer Pravin
Gordhan, qui avait déjà occupé
ce poste de 2009 à 2014. En
quatre jours, l’Afrique du Sud
avait connu trois ministres des
Finances. Malmené sur le terrain
politique, le Président sudafricain est également inquiété
par la justice et une affaire de
corruption qui l’embarrasse
depuis près de dix ans pourrait
également le rattraper. Inculpé
pour corruption, racket et fraude
fiscale en décembre 2007,
quelques jours seulement après
avoir ravi la tête de l’ANC,
Jacob Zuma était soupçonné
d’avoir sollicité des pots-de-vin
pour l’attribution d’un marché
public d’armement de plusieurs
millions de dollars. Il attend
également une décision de la
Cour constitutionnelle qui doit
indiquer prochainement s’il doit
ou non rembourser une partie des
246 millions de rands d’argent
public (20 millions d’euros de
l’époque) utilisés pour rénover
sa résidence privée de Nkandla.
Un scandale qui empoissonne sa
présidence. Longtemps présenté
comme un homme de réseaux et
fin négociateur, Jacob Zuma
apparaît aujourd’hui fragilisé
comme jamais. Et l’union sacrée
au sein de l’ANC derrière le
Président semble moins
d’actualité depuis quelques mois.
La semaine dernière, des
dissensions sont apparues entre
Photo : DR
Jacob Zuma sous pression politique et judiciaire
l’ANC et le président Zuma sur
le soutien apporté au ministre
des Finances Pravin Gordhan,
qui s’est plaint d’avoir reçu des
«intimidations» de la part des
Hawks, l’unité d’élite de la
police. Le puissant secrétaire
général de l’ANC, Gwede
Mantashe, a immédiatement
assuré le ministre du «total sou-
tien du parti», regrettant des
«initiatives qui visent à saper
son travail».
Dans une position délicate, le
président a dû se fendre d’un
communiqué pour assurer qu’il
n’était pas en guerre avec son
ministre des Finances. L’ANC
devra affronter cette année le
verdict des urnes avec les
élections locales, où de grandes
villes comme Port Elizabeth
(sud) et Pretoria sont menacées
par l’opposition.Le mandat
de Jacob Zuma à la tête de
l’Afrique du Sud doit s’achever
en 2019, mais dès 2017, l’ANC
élira un nouveau président pour
le parti.
R. I.
8
C O N J O N C T U R E
Mercredi 2 mars 2016
UN LITIGE QUI REMONTE À LA CRISE ÉCONOMIQUE DE 2001/2002.
Accord historique pour solder le contentieux
entre l’Argentine et les fonds «vautours»
Par
Alexandre Peyrille de l’AFP
Argentine a conclu un
accord historique avec
les principaux fonds
«vautours» pour solder le litige
sur sa dette, un compromis de
4,6 milliards de dollars qui doit
permettre au pays de retourner sur
les marchés de capitaux.
Selon cet accord de principe,
l’Argentine paiera «environ
4,653 milliards de dollars» afin
de solder les litiges en suspens à
New York et ailleurs dans le
monde, a annoncé le médiateur
américain Daniel Pollack.
Cette avancée est à mettre au
crédit du nouveau chef de l’Etat
argentin aux orientations
économiques libérales, Mauricio
Macri, qui a succédé il y a trois
mois à la présidente de gauche
Cristina Kirchner (2007-2015),
hostile à tout accord avec les
fonds spéculatifs.
Lundi à New York, quatre
fonds spéculatifs, détenteurs de
dette argentine achetée à prix
cassés, ont accepté la proposition
de règlement de Buenos Aires,
ouvrant la voie à une résolution
définitive de ce litige remontant à
la crise économique de
2001/2002.
L’accord de principe, qui reste
à valider par le Parlement
argentin, prévoit le paiement aux
fonds NML Capital, Aurelius
Capital, Davidson Kempner et
Bracebridge Capital «de 75% des
sommes demandées, ainsi que le
Photo : DR
L’
paiement d’autres sommes
ailleurs qu’à New York et divers
frais de justice», a déclaré Daniel
Pollack.
«C’est un pas de géant mais
pas l’étape finale», a ajouté le
médiateur. L’Argentine, sous la
présidence du président de gauche
Nestor Kirchner (2003-2007),
avait rompu avec le FMI et la
Banque mondiale, les jugeant
coresponsables du surendettement
et de la faillite de la troisième
économie d’Amérique latine en
2001. Le FMI a salué l’accord.
«C’est un pas important pour
permettre à l’Argentine de
retourner sur les marchés
financiers et de redresser sa
situation financière», a assuré un
porte-parole.
Le département américain du
Trésor a lui aussi salué «un développement positif pour l’ensemble
du système financier mondial» et
a exprimé sa «hâte» de voir
l’accord pleinement mis en
œuvre.
«L’Argentine est en plein processus de normalisation économique», a expliqué l’économiste
argentin Nicolas Dujovne.
«L’accord est important et positif
pour le pays, pour que le gouvernement puisse lever à nouveau
des fonds sur les marchés, mettre
en oeuvre ses projets et construire
les infrastructures qui nous manquent».
Pour que l’accord soit effectif,
le Parlement argentin devra en
approuver les termes et abroger
deux lois constituant un obstacle
technique au règlement. Un défi
de taille car le président Macri n’y
a pas la majorité.
Depuis près de dix ans, les
fonds NML et Aurelius menaient
la bataille devant les tribunaux
américains pour réclamer le
remboursement intégral de titres
de dette argentine rachetés à prix
cassés après le défaut de paiement
du pays en 2001.
La justice américaine leur
avait donné raison en 2012 avant
d’intensifier sa pression sur
l’Argentine en lui interdisant de
payer les créanciers plus
conciliants ayant accepté une
décote de 70% tant que ces fonds
procéduriers n’avaient pas été
remboursés.
Après des années de blocage,
le nouveau gouvernement de
centre-droit argentin avait mis sur
la table début février une offre de
compromis prévoyant de
rembourser 6,5 milliards de
dollars sur les 9 milliards détenus
par l’ensemble des fonds
procéduriers.
Après plusieurs semaines
d’intenses négociations,
l’Argentine est donc parvenue à
trouver un accord avec les quatre
fonds d’investissement, qui faisaient de la résistance mais ont
finalement accepté une décote de
25%. Pour payer, l’Argentine
«envisage» de retourner sur les
marchés financiers pour lever de
l’argent, a indiqué le médiateur.
Cet accord pourra également
permettre à l’Argentine de
reprendre le paiement des autres
créanciers qui avaient accepté une
décote plus importante de
70% lors de deux restructurations
de dette en 2005 et 2010.
Si l’accord se confirme sur la
base de l’offre argentine, ce sera
une grande victoire pour le
milliardaire américain Paul
Singer, propriétaire de NML.
Ce spécialiste du rachat de
dette en défaut a l’habitude d’en
réclamer ensuite le double ou le
triple en justice. Avec les titres
argentins, M. Singer pourrait
encaisser plusieurs centaines de
millions de dollars pour un investissement de 48 millions en 2008,
selon des chiffres communiqués
par l’administration Kirchner.
Pour l’économiste Matias
Tombolini, «les fonds vautours
ont gagné leur pari». Un pari
risqué.
Selon la coalition d’ONG de
lutte contre la pauvreté Jubilee
USA, cet accord a un goût amer.
«Même si l’Argentine peut désormais retourner sur les marchés, le
compromis consacre une stratégie
fondée sur des comportements
prédateurs», a indiqué son
directeur Eric LeCompte.
AFP
ARGENTINE CONTRE FONDS «VAUTOURS»
Les acteurs-clés de la saga
DES INVESTISSEURS sans
états d’âme, un président de
centre-droit fraîchement élu et un
juge retraité : le litige entre
l’Argentine et les «fonds
vautours» s’est dénoué grâce à un
compromis entre trois acteurs-clés
de cette saga judiciaire.
A 71 ans, cet investisseur sans
états d’âmes a été pendant
plusieurs années le principal
tenant de la ligne dure face à
Buenos Aires, exigeant le
remboursement intégral de titres
de dette pourtant achetés à prix
cassés après la faillite du pays de
2001.
Paul singer,
l’investisseur «vautour»
A la tête du fonds NML, ce
milliardaire à la fine barbe
blanche n’a jamais hésité à s’en
prendre aux politiques
économiques, selon lui, menées
en Argentine par l’ancienne
présidente du pays Cristina
Kirchner. Buenos Aires lui
réservait en, retour, une farouche
détestation.
Cultivant le plus grand secret
sur ses activités, M. Singer n’a en
revanche jamais fait mystère de
ses convictions républicaines et a
aujourd’hui pris fait et cause pour
Marco Rubio dans la course à la
Maison Blanche. Il a toutefois
défendu des positions à revers de
sa famille politique, en plaidant
pour le mariage gay ou en réclamant une régulation bancaire plus
stricte.
Thomas griesa,
le vieux juge
Agé de 85 ans, ce juge
new-yorkais est sorti de sa retraite
dans son ranch du Nevada pour
tenter de démêler cet inextricable
contentieux qui mêle droit des
obligations, souveraineté
nationale et diplomatie.
Nommé par Richard Nixon en
1972, ce magistrat avait rendu un
jugement hautement controversé
en 2012 en donnant gain de cause
aux fonds spéculatifs et en
ordonnant à l’Argentine de les
rembourser intégralement et
prioritairement.
L’ancienne présidente
Kirchner avait alors accusé
l’octogénaire de ne pas «respecter
la loi» tandis que le New York
Times estimait que ses décisions
minaient la «confiance dans le
système judiciaire américain».
Accusé de partialité, le juge
avait toutefois récemment adopté
une position plus conciliante avec
l’Argentine en envisageant de
lever l’injonction empêchant le
pays de payer ses créanciers ayant
accepté une décote. Pendant des
années, l’Argentine «n’a jamais
cherché à négocier un règlement
du litige. Mais tout ça a changé»,
avait alors assuré M. Griesa en se
référant à l’alternance politique à
Buenos Aires.
Elu à la tête de l’Argentine en
décembre, cet homme d’affaires
millionnaire a radicalement
rompu avec son prédécesseur
dans sa gestion du contentieux sur
la dette. Là où Cristina Kirchner
se montrait intraitable et
belliqueuse, cet ancien président
du club de foot de Boca Juniors a
ouvert les négociations à peine
élu, dans l’espoir de redorer le
blason de son pays sur la scène
économique.
mauricio macri,
le nouveau president
Afin de régler ce conflit - une
de ses priorités politiques -, son
gouvernement a proposé de
rembourser 6,5 milliards de
dollars à ses créanciers les plus
récalcitrants, sur un passif total de
9 milliards de dollars.
«Nous avons l’impression
d’avoir fait un énorme effort.
Nous avons démontré sérieux et
cohérence pour en terminer avec
ce conflit», avait récemment
déclaré cet ancien maire de
Buenos Aires, âgé de 57 ans, à
l’AFP.
AFP
Fin d’un vieux litige, gain mirobolant pour les fonds «vautours»
L’ACCORD de principe conclu à New York entre Buenos
Aires et des fonds d’investissement consacre la puissance de
ces derniers, dont certains avaient acheté des titres de dettes
en défaut et vont donc réaliser une plus-value considérable.
Le médiateur n’a pas encore précisé le montant finalement
alloué à NML, l’un de ces fonds, mais cette somme devrait
s’élever à plusieurs centaines de millions de dollars, pour un
investissement initial de 48 millions de dollars en 2008, selon
les autorités argentines.
En 2014, le ministre argentin de l’Economie avait affirmé que
le jugement du juge Thomas Griesa octroyait à NML
832 millions de dollars. Depuis, le montant de la
condamnation a augmenté d’environ 30% du fait des intérêts,
et l’Argentine a accepté une décote de 25%.
Alors que 93% des créanciers privés ont consenti une décote
de 70% à l’issue des restructuration de la dette de 2005 et
2010, pour favoriser un redressement de l’Argentine, les
fonds spéculatifs obtiennent un traitement plus avantageux.
Les fonds comme NML sont baptisés «fonds vautours» car ils
achètent à prix cassé de la dette d’un pays en défaut de
paiement avant d’entreprendre des actions en justice pour en
tirer de juteux bénéfices. Après plusieurs années de
procédure judiciaire, les fonds NML et Aurelius, détenteurs
d’environ 1% de la dette argentine, ont obtenu en 2012 gain
de cause auprès d’un tribunal de New York. Fait rare,
l’Argentine a été sommée de payer 100% de la valeur des
bons, alors que les décotes sont monnaie courante après un
défaut de paiement.
La décision du juge Griesa était confirmée en 2014 par la
Cour suprême des Etats-Unis.
Mettant en avant que les créanciers devaient être remboursés
selon le même régime, l’ex-présidente Cristina Kirchner avait
refusé d’appliquer le jugement.
Alors que tout compromis semblait impossible pendant la
gouvernance de Nestor et Cristina Kirchner, l’élection de
Mauricio Macri, un politicien de centre-droit, a changé la
donne. Il avait promis durant sa campagne électorale qu’il
chercherait à parvenir à un accord pour repositionner
l’Argentine sur les marchés internationaux de capitaux.
L’accord permettra aussi à l’Argentine de reprendre les
remboursements aux créanciers restructurés, bloqués depuis
juillet 2014 par le juge Griesa, qui ont payé les pots cassés
après le refus de Buenos Aires d’appliquer la décision du
magistrat américain.
AFP
C O N J O N C T U R E
Mercredi 2 mars 2016
9
SELON UNE ÉTUDE DE L’AMERICAN PRESS INSTITUTE
Le modèle payant pour les journaux
en ligne désormais dominant
Par
tout ou partie de leur contenu,
une proportion qui n’avait
quasiment pas évolué en dix ans.
Mais en cinq ans seulement,
jusqu’en 2015, l’immense
majorité a changé de stratégie,
relève l’étude. Le prix moyen
d’un abonnement estaujourd’hui
de 2,97 dollars par semaine
pour le modèle avec compteur,
3,52 dollars pour le «freemium»
et 4,43 dollars pour le tout
payant.
«Le potentiel de chiffre
d’affaires généré par ces
abonnements en ligne est assez
trouble, au mieux», observe Alex
Williams, l’auteur de l’étude.
Au-delà des fidèles lecteurs
qui ont suivi le mouvement vers
le site payant, il s’interroge
notamment sur la capacité des
journaux à «persuader plus de
gens de s’abonner».
Il constate également que les
journaux ne communiquent que
très peu sur leurs chiffres
d’abonnement.
Autre point saillant de
l’étude, Alex Williams a observé
qu’aucun des 77 journaux
qui utilisent un modèle payant
ne demande à l’abonné
d’informations au-delà des
simples coordonnées.
Pour lui, ils pourraient constituer un fichier client qualifié en
posant aux abonnés davantage de
questions pour définir un profil
plus précis. Ce fichier aurait
alors une valeur bien supérieure
pour les annonceurs.
AFP
façon très radicale : le journal ne
possèdera pas de site Internet.
Les sites Internet des
journaux ne génèrent en effet pas
beaucoup de revenus, en tout
cas pas suffisamment pour
compenser la chute des ventes
des exemplaires papier. D’autre
part The New Day ne sera pas
complètement absent d’Internet.
Le titre est présent sur les
réseaux sociaux, sur Twitter et
sur Facebook. The New Day
mise beaucoup sur le marketing
numérique pour convaincre les
Britanniques d’acheter le
quotidien en kiosque.
Agence France presse
lus des trois-quarts des
journaux à grand tirage aux
Etats-Unis utilisent aujourd’hui un modèle payant pour leur
site internet, selon une étude de
l’American Press Institute
publiée lundi, alors qu’ils
n’étaient qu’une poignée en
2010. Selon l’étude, 77 des
98 journaux dont la diffusion
dépasse 50 000 exemplaires
avaient mis en place, en
2015, une forme de tarification.
Parmi eux, le modèle le plus
répandu (62 y ont recours) est,
de loin, le compteur («meter»),
qui donne accès gratuitement à
un nombre défini d’articles mais
nécessite un abonnement
au-delà.
Suit la version dite
«freemium» (12 journaux l’ont
adopté), mélange de «free»
(gratuit) et «premium» (réservé à
quelques-uns), qui propose un
accès gratuit à une partie du site
et requiert un abonnement pour
le reste. Enfin, seuls trois
journaux, dont le Wall Street
Journal, ont choisi d’imposer le
paiement d’un abonnement pour
Photo : DR
P
l’ensemble de leur site. En 2010,
seuls 6 des 98 journaux
américains à grand tirage avaient
mis en place une tarification de
THE NEW DAY
UN NOUVEAU journal sort
aujourd’hui en kiosque
au Royaume-Uni, imprimé à
2 millions d’exemplaires pour
son lancement. Son titre ?
The New Day - un nouveau jour,
en français. C’est la première
fois depuis trente ans qu’un
nouveau quotidien est lancé
outre-Manche, nous explique
notre correspondante à Londres,
Amandine Alexandre. Et c’est
d’autant plus remarquable
qu’à la fin du mois le journal
The Independent, lui, cessera de
paraître. A partir du 27 mars, le
titre ne sera plus qu’un site
Internet.
The New Day s’adresse
aux «gens optimistes, ouverts
d’esprit et actifs». C’est le
slogan du journal. Et le mot qu’il
faut retenir en particulier, c’est
«optimiste». Même s’il est publié
par le groupe propriétaire du
Daily Mirror, ce nouveau
quotidien n’est pas un tabloïd.
Pour attirer les lecteurs, il ne
jouera pas sur le sensationnalisme - qui est le fonds de
commerce de la presse populaire
au Royaume-Uni - promet
le titre.
L’autre particularité de
The New Day, c’est qu’il ne
prendra pas position dans le
débat politique. Car, selon la
rédactrice en chef du journal,
«les gens en ont assez qu’on leur
dise ce qu’ils doivent penser» La
presse britannique ne se porte
pas bien. La chute des ventes au
numéro a même été vertigineuse
l’an dernier. Mais le pari de
The New Day n’est pas impossible. En 2010, The Independent
avait lancé une version abrégée
de son édition papier.
Six ans plus tard,
ce journal baptisé «i» se vend à
270 000 exemplaires… utrement
dit, c’est un véritable succès. Le
titre vient d’ailleurs d’être vendu
par le groupe propriétaire
de The Independent pour
25 millions de livres. The New
Day est d’ailleurs soupçonné de
vouloir concurrencer «i». Le
format du journal, il est vrai,
n’est pas très différent. Il
est censé pouvoir se lire en
30 minutes maximum. Mais
The New Day se démarque de
«i» et des autres quotidiens de
Photo : DR
Nouveau né de la presse
britannique
L’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali démarre ses activités
LA SALLE de conférence de
la Maison de la presse a abrité,
la cérémonie de lancement
officiel de l’Association des
professionnels de la presse en
ligne au Mali (Appel Mali). La
cérémonie qui était présidée par
la présidente de l’association,
Mame Diarra Diop, a enregistré
la présence de plusieurs
personnalité : Dramane Aliou
Koné, le président de la maison
de la presse, M. Andrew
Lee, le Chargé d’Affaires de
l’ambassade des Etats-Unis…
Selon la présidente de
l’Association des professionnels
de la presse en ligne au Mali
(Appel Mali), Mame Diarra
Diop, la présente rencontre avait
pour objectif de procéder au
lancement de l’association qui a
pour but de réunir tous les sites
internet en ligne au Mali, les
portails qui font l’actualité afin
de réglementer ce secteur qui est
très dynamique.
«Nous avons de plus en plus
de sites internet qui font de
l’information et qui sont devenus
de véritables entreprises de
presse comme les entreprises de
presse écrite. L’objectif est de
les réunir pour poser le débat, la
réflexion et de voir ce que l’on
peut faire pour ensemble régir le
secteur c’est-à-dire qu’elle vise
à réunir les acteurs des
différents sites internet, les
éditeurs de presse en ligne bref
tous ceux qui travaillent sur
l’internet pour l’information et
qui, aujourd’hui, ont besoin
d’être reconnus et réglementés
par la législation. Ils doivent
être réglementés à côté de la
presse écrite, de la télévision et
de la radio. Actuellement, les
sites en ligne ne sont pas régis
par la loi», a-t-elle expliqué.
Avant d’ajouter que
l’association est en train de
travailler pour recenser
l’ensemble des sites en ligne.
«C’est un travail qui doit être
fait. Faire l’état des lieux est
un chantier sur lequel nous
travaillons et cela fait partie de
nos objectifs», a-t-elle conclu.
In Malijet
10
F O C U S
Mercredi 2 mars 2016
LA CHINE PERTURBE LES MARCHÉS MONDIAUX
Volatilité de la croissance chinoise
Par
Michael Spence* et Fred Hu**
es marchés mondiaux
sont chahutés par les
incertitudes liées à
l’avenir de l’économie chinoise
– notamment parce qu’il est difficile de répondre à nombre de
questions. En raison des signaux
confus, si ce n’est contradictoires, envoyés par les responsables politiques chinois, il est
devenu pratiquement impossible
d’anticiper la trajectoire que va
suivre l’Empire du Milieu.
Dans l’économie réelle, les
exportations diminuent du fait
de la faiblesse de la demande
extérieure. Confronté à une
baisse de la croissance en
Europe et au Japon, à une croissance incertaine aux Etats-Unis
et à de sérieux défis dans les
pays en développement (à l’exception de l’Inde), le moteur du
commerce chinois s’essouffle.
La hausse de la demande
intérieure permet cependant de
maintenir le taux de croissance
de la Chine à un niveau relativement élevé – un exploit dû à
l’augmentation marquée de l’endettement des ménages chinois.
La croissance de la consommation de ces derniers a permis
aux services de proliférer et de
susciter de nombreuses créations d’emploi. C’est le signe
manifeste d’un rééquilibrage
économique réussi.
La situation des entreprises
est plus ambiguë. D’un côté, des
entreprises privées très innovantes et dynamiques mènent la
croissance. Ainsi que le montre
un livre de George S. Yip et
Bruce McKern qui va paraître
prochainement, ces innovations
touchent de nombreux
domaines, de la biotechnologie
aux énergies renouvelables.
C’est dans le secteur des technologies de l’information que ces
progrès sont les plus visibles,
grâce à des firmes comme
Alibaba, Tencent, Baidu,
Lenovo, Huawei et Xiaomi.
Photo : DR
L
sonnablement s’attendre à une
croissance modérée à moyen
terme – à moins que les problèmes du système financier ne
s’aggravent.
Pour l’instant, les prêts à
risque sont à la hausse en raison
essentiellement de la faiblesse
de l’industrie lourde et de l’immobilier. Selon les sources officielles ils représentent 1,67%
des prêts détenus par les
banques commerciales, mais
selon la banque chinoise d’investissement Cicc ce taux se
rapprocherait en réalité de 8%.
Dans ce cas, le secteur bancaire – et l’économie - pourraient en pâtir gravement. Tout
dépendra de l’ampleur de la
réponse. Comme à la fin des
années 1990 après la crise financière asiatique, la Chine devra
peut-être s’appuyer sur le bilan
Photo : DR
D’un autre côté, les entreprises restent très vulnérables.
Le boom du crédit en 2009 a
conduit à un énorme surinvestissement et à une surcapacité dans
le secteur des matières premières, des industries de base
telles que l’acier et dans des
secteurs importants tels que
l’immobilier. Les piliers aujourd’hui en difficulté de l’ancien
modèle de croissance chinois
portent une responsabilité
considérable dans le ralentissement actuel.
Malgré ces défis, la transition
de la Chine vers un modèle économique plus innovateur, basé
sur la consommation, est en
cours. Cela montre que l’économie est non pas en voie d’effondrement, mais en phase de
décélération plus ou moins
chaotique, et que l’on peut rai-
étendu de l’Etat pour consolider
le crédit, effacer les dettes et
recapitaliser les banques.
Mais les préoccupations ne
se limitent pas à cela. Le flux
net de capitaux sortants reste
important et ne montre aucun
signe de ralentissement. C’est
ainsi que les réserves détenues
par la Banque populaire de
Chine (BPC) ont diminué de
quelques 500 milliards de dollars au cours de l’année dernière, dont une baisse brutale de
200 milliards pour la période
novembre-décembre 2015. Cette
fuite des capitaux, à laquelle
s’ajoute la volatilité de la
Bourse et du marché des
changes, inquiète de plus en
plus les investisseurs et les responsables politiques.
Malheureusement on a
encore de la difficulté à expliquer clairement cette situation.
Pour certains, elle tient à la
concomitance d’un progrès vers
l’ouverture des marchés financiers et d’un taux de change
surévalué, anticipant la reprise
du flux net de capitaux entrant
dès que le taux de change se
rapprochera du niveau des marchés. D’autres y voient la conséquence du manque de confiance
dans les chiffres officiels : la
fuite des capitaux traduirait une
situation économique et des
perspectives de croissance pires
que ce qu’ils indiquent.
D’autres encore y voient la
conséquence de la campagne
anti-corruption impitoyable du
président Xi Jinping, et plus
généralement de la moindre
tolérance officielle pour les
points de vue non orthodoxes.
Ceux qui se sentent directement
menacés par la lutte contre la
corruption font sortir leur argent
du pays. Mais ils ne sont pas les
seuls, il faut compter avec tous
ceux, nombreux, qui craignent
que le gouvernement, au lieu de
donner un rôle plus important
aux marchés n’essaye de les
contrôler davantage. Or la tendance du capital est de se diriger
vers les lieux où les règles sont
claires et stables.
Etant donné l’importance
systémique de la Chine pour l’économie mondiale, les incertitudes quant à sa trajectoire
envoient une onde de choc qui
secoue les marchés financiers
mondiaux. C’est pourquoi il est
si important que le gouvernement chinois fasse preuve de
davantage de transparence dans
son processus de décision. A
titre d’exemple, après un silence
officiel long et déroutant, la
récente déclaration du gouverneur de la BPC, Zhou Xiaochuan, a eu un effet apaisant
lorsqu’il a déclaré que la banque
centrale veillerait à ce que le
yuan reste «fondamentalement
stable» par rapport à un panier
de devises et au dollar.
L’étendue du contrôle de
l’Etat et du secteur public et les
garanties implicites qui envahissent le marché des actifs sont les
principaux problèmes non
résolus du système financier
chinois. Cela conduit à une
mauvaise répartition des capitaux (au désavantage notamment des PME privées) et au
risque d’erreur en matière de
fixation des prix. Cela contribue
aussi au laxisme en matière de
crédit.
L’absence de discipline dans
ce domaine est particulièrement
dommageable quand elle se
combine à une politique monétaire relâchée, car elle maintient
alors artificiellement en vie des
entreprises zombies.
Pour résoudre ce problème,
les dirigeants chinois doivent
séparer le bilan de l’Etat et le
système d’allocation du crédit ;
mais il n’existe pas de feuille de
route claire pour y parvenir. Par
ailleurs, ils devraient poursuivre
les efforts entrepris pour ouvrir
les comptes de capitaux, de qui
améliorerait l’efficacité de leur
allocation, même si le caractère
capricieux des flux de capitaux
transfrontaliers est amené à
compliquer ce processus.
La phase de volatilité économique que traverse la Chine va
probablement se prolonger,
mais un effort de transparence
amortirait ses conséquences.
Ajoutons à cela une meilleure
utilisation des ressources de
l’Etat et des réformes judicieuses, et la Chine devrait parvenir à une croissance modérée
mais durable.
M. S./F. H.
(traduit de l’anglais par
Patrice Horovitz)
* Prix Nobel d’économie, professeur
d’économie à la Stern School NYU of
Business, Distinguished Visiting Fellow
au Council on Foreign Relations, Senior
Fellow à la Hoover Institution de l’université de Stanford.
**Président et fondateur de la société
d’investissement global Primavera
capital group, qui est basée en Chine.
In project-syndicate.org
T
E M
H
A
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE DE LA TRIBUNE
P12
P14
Annaba
La débidonvillisation, une vue
de l'esprit
P15
Résorption des bidonvilles et amélioration du cadre
de vie urbain
Récupérations des assiettes foncières pour réaliser
des projets d'utilité publique
Nos villes manquent terriblement
d'espaces de détente et de loisirs
La débidonvillisation, une opportunité
pour redonner à Alger une belle image
ÉRADICATION MASSIVE DES BIDONVILLES
Pourtant, ce n’est
certainement pas par faute
de besoins de parcelles de
terrain que le secteur
économique se particularise,
plus particulièrement celui
privé et l’actualité politique
de tous les jours, qu’il
s’agisse des rengaines des
potentiels investisseurs, de
représentants du patronat
qui sont là pour dire l’acuité
du dossier. Ce n’est pas non
plus, aux yeux des
responsables à tous les
niveaux de réflexion ou de
décision, d’avoir l’argument
rapide pour dire qu’il
existerait des «suites» à la
remise à niveau des espaces
libérés, que des projets
constructifs sont là pour peu
qu’on laisse la machinerie
s’organiser. Sauf que depuis
l’indépendance, les
capacités de résistance de
l’administration à ce que
l’on appelle le pragmatisme
ont la réputation d’être
indécrottables et ce quelles
que soient l’urgence, les
priorités…
Photo : DR
Espaces libérés, pour quel usage
et quel devenir ?
Par
A. Lemili
idée générale qui a régulièrement couru au sein de
l’administration algérienne était que les espaces
libérés après éradication d’un bidonville seraient
«naturellement» destinés au verdoiement des lieux. Ceci
comme dans l’espoir pour les responsables à hauteur des
pouvoirs publics de réparer un déni qui a duré ou tout
bonnement de s’acheter une conscience pour les errements
vécus par les populations concernées. Que celles-ci soient au
bord des habitants des bidonvilles que de ceux qui estimaient
que leur cadre de vie était définitivement pourri parce qu’ils
faisaient partie de l’ensemble environnemental.
L’autre réaction a été plus pondérée pour ne pas dire réaliste
et consistait à clôturer lesdits espaces et de voir venir. Un voir
venir qui durera le temps qu’il faudra, voire qu’il ne faudra pas
dés l’instant où le plus gros des difficultés (démolition des
bidonvilles, récupération des espaces et relogement des
familles) est passé.
Pourtant, ce n’est certainement pas par faute de besoins de
parcelles de terrain que le secteur économique se particularise,
plus particulièrement celui privé et l’actualité politique de
tous les jours, qu’il s’agisse des rengaines des potentiels
L’
investisseurs, de représentants du patronat qui sont là pour dire
l’acuité du dossier. Ce n’est pas non plus, aux yeux des responsables à tous les niveaux de réflexion ou de décision, d’avoir
l’argument rapide pour dire qu’il existerait des «suites»
à la remise à niveau des espaces libérés, que des
projets constructifs sont là pour peu qu’on laisse la
machinerie s’organiser. Sauf que depuis l’indépendance, les
capacités de résistance de l’administration à ce que l’on
appelle le pragmatisme ont la réputation d’être indécrottables
et ce quelles que soient l’urgence, les priorités…
Logiquement les poches libérées devraient être
automatiquement affectées à des projets économiques, sociaux
porteurs, créateurs de ressources et de fait d’emploi. Cela ne
semble pas être le cas à quelques rares exceptions. S’il est,
entre autres, un exemple à citer, il y a celui de la wilaya de
Constantine où s’est engagée et presque pris fin la
réhabilitation des espaces indument occupés depuis des
décennies. Des milliers d’hectares ont été récupérés en ce sens
et seul celui d’un méga-bidonville cyniquement appelé
«New-York» était très rapidement repris en matière de
réhabilitation pour devenir une sorte de parc de verdure trop
rapidement conçu et donc bien loin des standards pour
redevenir un espace de déshérence où n’est visible qu’une
population interlope.
Suite en pages 12-13
12
T H E M A
Mercredi 2 mars 2016
Mercredi 2 mars 2016
13
CONSTANTINE
Les jardins publics, une culture
aux oubliettes
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
a récupération des assiettes issues des
diverses opérations de débidonvillisation ou habitat précaire permet de
lancer d’autres projets entrant dans le cadre
du développement local des wilayas. C’est
l’atout principal visé par les pouvoirs publics
qui veulent fructifier toute parcelle à des
besoins infrastructurels réfléchies répondant
aux règles et exigences d’un urbanisme
moderne, s’incrustant finement au cœur d’un
site on ne peut mieux «bétonné». A l’instar
de quelques villes de l’Algérie, Constantine,
dont le nombre des bidonvilles aura longtemps rivalisé avec le taux des nouvelles
constructions, se délaisse progressivement de
son paysage lugubre chargé de taudis aux
quatre coins de la cité. Un panorama en proie
à une reconfiguration verte. Pas encore,
quelques pousses ici et là essayent de
dissimuler la grosse tâche qui s’était
répandue il y a plus de vingt ans. La wilaya
de Constantine dispose de plusieurs jardins
publics, qui, jadis, permettaient une osmose
appréciable entre la population. Ce n’est pas
le cas aujourd’hui malgré les efforts
consentis par les pouvoirs publics à redorer
le blason de quelques espaces du genre
nécessitant une réhabilitation accrue. La
régénération du couvert végétal se trame
timidement et le quidam en général s’implique faiblement dans la préservation de ce
qui reste en matière de vert. Alors que les
parcs ayant pignon sur rue (Bennacer au
centre-ville) n’ont pu se délester des
mauvaises habitudes : un lieu de
commerce tous azimuts, ce qui dissuade les
riverains de s’y rendre. Constantine respire
toujours avec ses trois grandes forêts,
El Merridj, El Baraouia (Khroub) et Djebel
Ouahch, quoi que ce site ait été un peu
affecté ces trois dernières années en raison
des travaux de l’autoroute Est-Ouest (effondrement du tunnel). La cité et sa périphérie
suffoquent. Les jardins et parcs ceinturant la
ville, censés contribuer au tableau «écologique», dégagent des imperfections en dépit
de multiples tentatives de réhabilitations
assorties de quelques réalisations. Au plan
chiffré, la capitale de l’est dispose d’une quarantaine, avec une moyenne de 20 au chef-
ANNABA
La débidonvillisation, une vue de l’esprit
es opérations de relogement à Annaba
qui ont touché ces dernières années les
habitants des nombreux bidonvilles qui
ceinturent la ville mais aussi ceux qui sont
localisés à l’intérieur ne sont pas venus à bout
de ces habitations précaires censées être
éradiquées.
En effet, à l’entrée Est d’Annaba, le
fameux bidonville de Bouhamra rebaptisé
Boukhadra par l’administration mais qui
garde toujours son nom qui date des années
1970 ; les terrains domaniaux avaient été
investis par des populations rurales qui s’y
étaient établies car attirées par la ville et les
emplois qu’ils pouvaient y trouver. Le wali de
l’époque, Baghdadi Laalaouna, avait en 1985
procédé à la destruction dudit bidonville en
ordonnant le déménagement forcé de ses
occupants, chacun vers sa région d’origine.
Près d’une année plus tard, les lieux avaient
été investis par d’autres squatteurs qui étaient
arrivés des wilayas voisines construisant des
baraques sur le même site créant un nouveau
bidonville encore plus grand car ayant connu
une extension telle qu’il a encore débordé sur
d’autres terrains.
Les attributions de milliers de logements
sociaux dont une partie était destinée aux
habitants de Bouhamra devaient en principe
libérer cet espace pour être «nettoyé» et repris
et ainsi servir d’assiette pour d’autres projets.
Mais l’administration ayant négligé cette
récupération, d’autres encore sont venus
s’installer en achetant des anciens occupants
les mêmes baraques qui n’avaient pas été
démolies sachant qu’une de ces habitations
précaires équivaut à un logement.
Aujourd’hui, le bidonville existe toujours
et pose bien des problèmes de salubrité et
d’hygiène publique. Inondations, égouts à
l’air libre, saletés de toutes sortes, fraude sur
le réseau électrique de Sonelgaz, piquages
pirate de l’AEP, commerces illicites qui ont
pignon sur rue, constructions en dur sans
permis de construire, des voies de communication étroites et parfois sans issues.
Agressions, braquages, vols, cambriolages et
L
délits de toutes sortes sont commis dans ce
bidonville devenu une sorte de Favela
brésilienne. Cette plaie ouverte à l’entrée de
la ville défigure la cité et donne une image de
désolation pour ce pôle touristique
d’excellence.
El M’Haffer, un autre bidonville dans la
ville côtoyant les villas cossues et les
résidences ultramodernes, implanté à hauteur
de Val Mascort est une autre plaie que bien
des walis qui se sont succédé ont tenté en
vain d’éradiquer en distribuant à chaque fois
des logements aux habitants. On avait démoli
quelques baraques mais celles-ci avaient très
vite été reconstruites de nuit ou durant les
week-ends avec la complicité des habitants
qui n’avaient pas encore été déménagés. Le
bidonville contrairement à celui de
Bouhamara n’a pas connu d’extension pour la
simple raison qu’il n’y a pas de terrain aux
alentours car coincé entre ces villas et
d’autres constructions avec en contrebas une
voie de communication très fréquentée. Et
donc on a construit de nouvelles baraques à
l’intérieur exploitant le moindre espace même
ceux servant de dépotoir si bien que le
nombre des habitants s’est multiplié par deux.
La situation est toujours la même et à chaque
fois ce sont des manifestants qui bloquent le
boulevard pour réclamer des logements.
L’administration plie souvent de crainte de
voir le mouvement faire tâche d’huile et
atteindre d’autres quartiers ; les recensements
effectués ne servent à rien malgré tous les
efforts déployés pour assainir les listes de
demandeurs sur la base de cet outil de sélection. Et donc, au niveau de ce bidonville, rien
n’a été récupéré, les baraques se dressent
encore défiant l’administration qui n’en peut
plus.
La débidonvillisation attendue n’aura pas
lieu malgré les décisions prises et les moyens
déployés pour l’exécuter. On avait bien
introduit des mesures visant à éradiquer ces
bidonvilles en exigeant du bénéficiaire d’un
logement social, un PV de démolition dûment
établi par les services de la commune et la
direction de l’urbanisme et de la construction.
Ce qui avait donné des résultats mais le suivi
de l’opération n’avait pas eu lieu ; la baraque
détruite étant reconstruite dans les heures qui
suivent par d’autres qui l’occupent, défiant
les autorités.
Du côté du littoral, les bidonvilles sont
masqués par les immeubles modernes, des
bidonvilles qui foisonnent et qui grossissent à
vue d’œil sans que les «bâtisseurs» de ces
taudis ne soient inquiétés ni par les services
de l’urbanisme ni par la police de l’urbanisme
et de la protection de l’environnement
(PUPE) alors que le littoral est censé être
protégé par la loi. Et donc au lieu de
récupérer des espaces et les exploiter au
bénéfice des populations, logement, espaces
verts, aires de détente, amélioration du cadre
de vie, c’est plutôt le contraire qui se passe à
Annaba, ce sont des espaces grignotés sur le
littoral sans que personne n’intervienne.
A Sidi Amar, à El Bouni ou El Hadjar
c’est la même situation qui prévaut, avec
encore plus d’espaces occupés par ces
bidonvilles devenus de véritables cités sans
les commodités modernes. Dans la première
localité, au niveau de Chaïba, c’est tout un
village qui occupe plus d’une vingtaine
d’hectares et qui a investi les hauteurs.
L’électricité est prise de force de l’école
primaire et du CEM situés à quelques mètres
et l’eau est «piquée» de la conduite AEP. Le
bidonville grandit et grossit chaque jour au vu
et au su de tous et on laisse faire par
négligence, par lassitude ou par complicité,
l’essentiel pour les autorités est de ne pas
avoir de problèmes avec les habitants des
lieux.
Parler de débidonvillisation dans le cas
d’Annaba relève de l’impossible et n’est pas
du tout réaliste car les autorités locales, en
dehors d’actions ponctuelles «juste pour faire
tout comme», continuent à ignorer la question. Pendant ce temps, le cadre de vie du
citoyen continue à se dégrader.
Inexorablement.
M. R.
lieu. Le cri des associations de créer et soutenir davantage ce genre de superficie, véritable maillon de liens familiers et passagers,
outre la vertu environnementale, peine à se
répandre concrètement dans les offices en
charge de ce vecteur. L’environnement n’échappe pas à la tradition de célébration marquée souvent par une campagne de
reboisement, et point. L’on n’est pas encore
parvenu à garantir la norme de 10 m 2
d’espace vert par habitant, alors que la
loi-cadre n°07/06 du 13 mai 2007 relative à
la gestion, à la protection et au développement aura fait du chemin.
Le Programme communal de
développement (PCD) engagé en 2013 pour
la réhabilitation d’au moins 10 jardins a
montré ses limites, les citoyens avouent n’en
avoir presque pas senti la différence. La
régénération du couvert végétal reste assez
timide. «La ville est absorbée par le béton,
mais il est des possibilités de renverser la
vapeur. C’est-à-dire réactiver intelligemment
les parcs et jardins dont elle dispose. Ce
serait déjà un bon départ», souligne un jeune
versé dans le domaine des espaces verts. La
manifestation de Constantine capitale de la
culture arabe 2015 était propice à la
réactivation et l’achèvement des ateliers relatifs à l’environnement et l’amélioration du
cadre de vie du citoyen. L’Etat a consacré un
budget alléchant au secteur contrairement au
résultat peu concluant. Le cas éloquent
demeure celui de la réalisation du parc
citadin de Bardo, une assiette récupérée suite
aux opérations de lutte contre les habitats
précaires et pour utilité publique. Les
autorités locales, pourtant rassurant sur la
remise du projet avant la clôture de la
manifestation «Constantine, Capitale de la
culture arabe 2015» (CCCA-2015), peinent à
dégager une date précise sur la fin des travaux. Et du coup, le rêve de se balader entre
les bois et espaces de détente est hypothéqué
au grand dam du respect des clauses
consignées dans le cahier des charges. Pour
sauver la face, les responsables devront
accélérer la cadence pour livrer au moins une
partie du Bardo le 16 avril prochain. Entre
problèmes techniques et mauvaises
appréciations de départ, ce qui se répand de
certains milieux, l’esquisse, qui consacre un
budget alléchant, serait revue à sa forme
basique. En ce qui concerne les aires
publiques, faudra-t-il avouer l’échec de
l’option ? La place Kerkri qui aura coûté les
yeux de la tête ne répond à aucune norme
urbanistique. Elle dissuade les promeneurs à
s’y rendre faute de verdoiement ou de cadre
sain. Le passage des automobiles la pollue au
quotidien. Quant à celle de la brèche, elle
s’illustre surtout en été en rassemblant tous
les piétons en fin de journée…
Par ailleurs, Constantine se démène pour
embellir ses étendues en forme de «déchets»
générés par les diverses constructions anarchiques aux alentours des cités nouvelles. La
verdure n’a pas encore trouvé sa réelle
dimension et les édits de l’environnement
s’appliquent en compte-gouttes. L’incivisme
de la société est l’autre malaise qui empêche
la floraison…
N. H.
Espaces libérés, pour quel usage et quel devenir ?
Suite de la page 11
Par ailleurs, la cité «New-York» est née, parce qu’investie par des populations rurales contraintes à l’exode,
avant le déclenchement de la révolution qui a naturellement déteint sur ce qui, par la suite, allait être son
environnement immédiat à savoir le reste des cités réalisées illégalement au lendemain de l’indépendance mais
régularisées par la suite en raison de leur conception plus conformes aux règles urbanistiques même si
logiquement celles-ci demeurent une effective plaie.
L’essentiel est donc là, l’Etat a, depuis le début des années 2000 très sérieusement pris en charge la
débidonvillisation des espaces ceinturant les grandes villes et ses fonctionnaires ont fait en sorte qu’il n’ait plus
à se reproduire ce phénomène qui, jusque là, avait consisté à ce que les espaces démolis soient, dans une totale
impunité, réinvestis par de nouveaux occupants si ce n’est par le retour d’une partie de ceux déjà délogés.
Toutefois, en s’attardant à vite donner une suite à un remue-ménage que nul autre pays au monde n’a eu le
courage et/ou le devoir de le faire, le risque d’une répétition de ce qui a hanté bien des gouvernements depuis
des décennies demeure malheureusement omniprésent.
Maintenant, il n’y a pas que de milliers d’hectares libérés par la débidonvillisation, il existe également ces
espaces laissés vacants depuis une trentaine d’années par des entreprises publiques économiques locales et
souvent nationales qui, en quittant un terrain après une fin de mission ou de projet ponctuel, qui, une base de vie,
qui, pour une liquidation judiciaire comme cela a été le cas massivement à partir de 1996 avec la fermeture pour
des raisons économiques de nombreuses entreprises et la mise au chômage forcé, la retraite anticipée et les
départs volontaires de travailleurs.
Bien entendu, la déshérence dans laquelle se trouvent tous ces équipements ouvre la voie à toutes les
spéculations et le premier citoyen-lambda de qui il est sollicité une réponse au sujet d’un terrain vide, un hangar
désespérément vacant, celle qui fuse quasi naturellement est «… à un homme du pouvoir».
Enfin, quand chacun sait les grandes difficultés rencontrées par le gouvernement de trouver des terrains
constructibles pour le relogement ou les solutions trop vite trouvées en faisant le choix situé à des dizaines de
kilomètres du premier lieu habitable notamment la grande ville, il est à se demander à qui et/ou à quoi sont
effectivement destinés ces espaces a contrario implantés en milieu quasi-urbain et lesquels, surtout, mettraient
fin à tellement de soucis rencontrés par les représentants des pouvoirs publics.
A. L.
Photo : S. Zoheir
Mohamed Rahmani
Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Annaba
Photo : DR
Photo : DR
L
14
Mercredi 2 mars 2016
T H E M A
URBANISME
RÉSORPTION DES BIDONVILLES ET AMÉLIORATION DU CADRE DE VIE URBAIN
Nos villes manquent terriblement
d’espaces de détente et de loisirs
Par
Kamel Amghar
a résorption de l’habitat précaire,
vaste programme de relogement
lancé en 2004 pour éradiquer les
bidonvilles qui étouffent les grandes
villes, est en voie de porter tous ses fruits.
La débidonvillisation avance à grande
cadence et libère de vastes d’espaces
urbains qui seront, promettent les
autorités, affectés à l’amélioration de
l’environnement et du cadre de vie des
citadins. Des centaines de milliers
logements sociaux, construits sur les
derniers publics, ont été en effet distribués
aux familles concernées. Dans la wilaya
d’Alger, 80 000 logements ont été
projetés pour venir à bout des
constructions illicites et anarchiques qui
enlaidissent la capitale. Une bonne partie
de ce programme a été déjà livrée.
Erramli, le plus grand bidonville d’Alger,
a été enfin rasé. Le même succès a été réédité à Oran où, rien qu’au cours de
l’année 2015, près de 11 000 logements
flambants neufs ont été octroyés aux
mal-logés des quartiers El Barki,
Cheklaoau, Aïn El Beïda, El Hamri et
Mediouni. L’année d’avant, plus
5 000 familles avaient été relogées,
notamment à Oued Tlélat, Gdyel et Hassi
Bounif. A Constantine, Annaba et partout
ailleurs, le même progrès a été enregistré
dans ce dossier qui préoccupe
sérieusement les pouvoirs publics.
Ceci dit, les citoyens de toutes ces
villes manquent toujours d’espaces de
détente et de loisirs. Ils attendent, avec
impatience, le passage à la seconde étape
de cette ambitieuse entreprise qui consiste
à consacrer les assiettes foncières libérées
pour la réalisation de parcs d’attraction,
de jardins, d’espaces verts et des aires de
jeux pour enfants. Tout l’intérêt de
l’éradication des bidonvilles réside, en fin
de compte, dans l’amélioration des
conditions de vie et du confort en milieu
Photo : DR
L
urbain. Les familles relogées profitent
ainsi d’un toit décent et d’un meilleur
accès aux services publics de base.
Avec le reste des citadins, les heureux
bénéficiaires auront, en bonus, des lieux
de distraction et de loisir respectables
pour sortir en famille, donner rendez-vous
à des amis, faire son jogging matinal,
emmener les enfants pour changer d’air de
temps à autres, jouer ou s’instruire.
La qualité de vie dans une ville dépend
intimement de ce type de structures
socioculturelles qui rapprochent les gens
et les aident à nouer des liens de solidarité
et d’amitié. C’est à ce niveau que se crée
ce sentiment d’appartenance à la même
cité, en partageant des mœurs, les
tendances et l’ambiance dans l’harmonie
et la convivialité. Pour ainsi dire, ce type
d’espaces, bien pris en charge, jouent le
rôle de véritables écoles du civisme et du
savoir-vivre.
Seulement, les équipements de cette
nature déjà existants sont souvent
abandonnés ou si peu protégés. Les
autorités locales - et principalement
les communes - n’accordent pas toute
l’importance requise à ces lieux de
rencontre, de brassage et d’échange,
indispensables au bien-être de leurs
administrés. Le manque d’hygiène,
l’absence de sécurité et la rareté des
services fondamentaux (restaurant, café,
salle de jeux, toilettes…) dissuadent les
familles de s’y rendre et de s’approprier
les lieux. Il appartient aux communes de
s’employer sérieusement à mettre de la
vie et de l’attraction dans ces espaces qui
donne à la ville toute son importance.
Nos grandes villes comme Alger,
Oran, Annaba, Tlemcen, Constantine,
Sétif ou Sidi Bel-Abbès accusent un
grand retard dans ce domaine.
Dans les cités moyennes comme Tizi
Ouzou, Boumerdès, Mostaganem, Aïn
Témouchent ou Béjaïa, les insuffisances
sont autrement plus importantes. L’image
de nos villes - et par ricochet, celle du
pays entier – est peu reluisante dans
registre précis. Les pouvoirs publics doivent en prendre conscience pour remédier
à la situation. Cela a aussi un grand
impact sur le développement du tourisme
et la stabilité sociale.
K. A.
TIZI OUZOU
Vers une réduction de la laideur en ville
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati
LE PLAN d’aménagement urbain qui
a coûté plusieurs milliards de dinars à la
wilaya de Tizi Ouzou a été un échec total,
concernant particulièrement la réfection
des trottoirs de plusieurs localités dont la
réalisation a été inachevée ou effectuée de
la pire des manières. Pire encore, ce
programme lancé en janvier 2009 a trainé
en longueur, en raison du mauvais choix
des entreprises, à l’exception du lot du
centre ville attribué à une entreprise
chinoise appelée à achever les travaux
avant le lancement de la campagne
électorale de la présidentielle d’avril de la
même année qui prévoyait une escale du
président Bouteflika, alors candidat au
scrutin. Le reste, tout le reste a été
un véritable désastre esthétique et
urbanistique. Et cette année, le peu qui a
été bien fait à l’époque subit les coups des
engins pour d’affreux éventrements et un
malheureux retour à la case départ.
Mais cette mesure d’embellissement
des villages, il y a certaines actions qui
ont bien fonctionné même si elles ont
coûté cher aux contribuables. Et
même si elles enregistrent des
retards insupportables. L’opération de
débidonvillisation lancée il y a quelques
années à la faveur de l’embellie financière
que l’Algérie a connue dès le début de la
décennie 2000, a marqué de précieux
points en termes de libération d’assiettes
foncières susceptibles d’accueillir des
projets d’utilité publique et d’éradication
des habitations de fortune qui
enlaidissaient la ville des genêts. Il faut
rappeler que des opérations de relogement
des occupants des bidonvilles ont eu lieu
dans le passé mais elles n’ont pas réussi à
éradiquer les lieux, de nouvelles familles
les ayant occupés aussitôt libérés.
Mais cette nouvelle vague de
relogement semble mieux étudiée puisque
la démolition des baraques s’effectue le
jour même de l’évacuation des familles
relogées, comme cela s’est passé pour les
cités Mokaddem et La carrière, situées au
centre ville de Tizi Ouzou.
Il y a encore certains bidonvilles dans
la région dont le plus important et le plus
problématique reste celui de Oued Aïssi,
étant le plus peuplé. Son éradication est
prévue, mais elle attend l’achèvement des
travaux de réalisation des milliers de
logements programmés à Oued Falli et du
côté de la zone des dépôts, à la périphérie
sud-ouest du chef-lieu de wilaya. Les
pouvoirs publics semblent donc décidés à
supprimer les bidonvilles de Tizi Ouzou,
grâce à un programme important de
logements sociaux et de résorption de
l’habitat précaire (RHP), et ils réussiront
certainement s’ils ne commettent pas les
mêmes «erreurs» du passé. La réception
des différents programmes de logements
et l’éradication des bidonvilles donneront
sûrement une image moins laide de la
ville, surtout qu’en parallèle, des espaces
publics, placettes et jardins entre autres,
sont créés et aménagés, même sobrement,
contribuant ainsi à la réduction de la
laideur qui règne en ville.
Que ce soit le jardin public le Colonel
Mohand Oulhadj, non loin du siège de la
wilaya et de la maison de la culture
Mouloud Mammeri, ou les deux petits
jardins de la grand-rue, le 17-Octobre et le
1er-Novembre, leur réhabilitation a donné
un nouveau visage à cette artère qui porte
le nom de l’architecte de la révolution,
Abane Ramdane. La placette de l’Olivier
et l’aire de détente Embarek Aït
Menguellet, implantées respectivement
près et à la place de l’ancienne gare routière de la ville offre désormais à la population locale, des endroits pour se
détendre et se reposer. De même pour le
tout petit espace situé en face du siège du
tribunal de la ville et auquel on a donné le
nom du journaliste-écrivain Tahar Djaout.
Tous ces espaces seraient encore plus
beaux si leur entretien est plus régulier, et
s’ils sont un peu mieux surveillés pour
sanctionner toute personne qui se rendrait
coupable d’incivisme. C’est la meilleure
manière de réussir le processus
d’embellissement de la ville des genêts,
même s’il est plus proche de la réalité de
parler plutôt de la réduction de la laideur
puisque l’embellissement réel et total ne
pouvait pas venir avec l’agression que
l’urbanisme a subie durant de longues
décennies.
M. B.
T H E M A
Mercredi 2 mars 2016
15
URBANISME
RÉCUPÉRATIONS DES ASSIETTES FONCIÈRES POUR RÉALISER
DES PROJETS D’UTILITÉ PUBLIQUE
La débidonvillisation, une opportunité
pour redonner à Alger une belle image
Par
Fatiha Ouidir
a démolition du vieux bâti a permis
la récupération depuis le mois de
juin 2014 d’un nombre important
d’assiettes foncières. Les communes
touchées par les opérations de relogement
peuvent maintenant récupérer les assiettes
sur lesquelles étaient érigés ces cites de
bidonvilles depuis des décennies. Des
communes ont connu longtemps des
blocages de plusieurs projets faute
d’assistes foncières. Avec la démolition
des baraques et les habitations précaires,
les projets connaîtront-ils une meilleure
issue ? Les pouvoirs publics disent que
ces assiettes seront destinées à la réalisation des projets d’équipements, selon les
besoins exprimés. Pour en savoir plus,
nous avons entamé une virée au niveau
de certains sites qui ont été concernés par
l’éradication et ce, pour faire le constat
sur la situation qui prévaut. Dans la
commune de Bab El Oued plus précisément à la place Kitani, deux apparentements relevant de l’habitat précaire ont été
totalement démolis après avoir relogé les
familles. Les responsables chargés de
démolition auprès de ladite commune ont
procédé par la suite à l’aménagement du
site afin d’entamer les travaux de réalisation d’un parking public mais d’après ce
qu’on a constaté sur le lieu, aucun projet
n’a été pour le moment lancé, et pourtant
cela fait plus d’en année après la récupération de l’assiette foncière. Par ailleurs,
la commune de Hydra a opté pour la
réalisation d’espaces verts et d’aires de
jeu. D’ailleurs juste après l’éradication du
site précaire Doudou Mokhtar, les
Photo : S. Zoheir
L
pouvoirs publics ont procédé à la réalisation d’une forêt équipée d’aires de jeu,
banc, tables ainsi que tous les équipements nécessaires pour que les familles
puissent se détendre. Au Val d’Hydra et
juste en face le ministère de l’Energie et
des Mines, une place d’eau a été
construite après la récupération d’une
assiste foncière. Cette petite réalisation a
rendu l’endroit plus beau qu’auparavant.
Dans la commune de Saïd Hamdine, les
responsables locaux ont procédé à la réalisation d’un pôle universitaire après avoir
récupéré le foncier. D’après le constat
que nous avons fait sur le terrain, il y a
lieu de dire que beaucoup de réalisations
ont été enregistrées dans certaines communes après avoir récupéré les assiettes
foncières.
De ce fait, le wali d’Alger Abdelkader
Zoukh a affirmé que des projets de logements et d’équipements publics sur les
terrains évacués seront lancés après avoir
rasé les chalets et les bidonvilles qui ceinturent anarchiquement la capitale. Cela
réaffirme l’intention des autorités algé-
riennes à en finir avec les bidonvilles dans
la capitale ainsi que l’amélioration urbanistique afin de moderniser le cadre de vie
des citoyens en intensifiant les espaces
verts sachant que certaines communes
sont complètement dépourvues de lieu de
distraction.
Selon les dernières déclarations à la
presse du wali d’Alger, les projets inscrits
dans le cadre de l’amélioration urbaine de
la wilaya d’Alger seront maintenus pour
améliorer progressivement le cadre
de vie des citoyens.
F. O.
AMÉLIORATION DU CADRE DE VIE DES CITOYENS
Les autorités publiques multiplient les efforts
AFIN D’AMÉLIORER le cadre de
vie des citoyens, les autorités publiques
ont consenti beaucoup d’efforts ces
dernières années, et ce à travers la prise de
plusieurs mesures. Dans le cadre de la
campagne de débidonvillisation lancée
par l’Etat, plusieurs opérations de
relogement ont touché les occupants des
habitats précaires à l’échelle nationale.
Puisque l’objectif de l’Etat est de transformer Alger en une capitale sans bidonvilles, la willaya a été concernée depuis
2014 par plusieurs opérations de relogement. A Cet effet, le plus grand bidonville
(Erramli) à Gué de Constantine a été complètement rasé en octobre dernier. A ce
titre, le wali Abdelkader Zoukh a fait
savoir dans une de ses déclarations qu’un
programme de 84 000 logements a été
lancé dans le cadre de l’éradication de
Photo : DR
Par
Chahira Cheref
l’habitat précaire dans la wilaya d’Alger.
Cette dernière n’a pas été la seule
concernée par l’opération de l’habitat précaire mais plusieurs d’autres notamment
la wilaya d’Oran où plus de 15 300 logements sociaux ont été attribués, depuis
2014, dans le cadre du programme de
résorption de l’habitat précaire. Pour
offrir aux citoyens dans les différents
coins du pays, une vie de plus en plus paisible, les autorités publiques ont décidé
dans le cadre de la même campagne l’éradication des marchés informels. A Alger,
plusieurs marchés ont été démantelés suite
à cette décision notamment le plus grand
informel de «Boumati» à El Harrach et
celui de Ben Omar à Kouba. Cette
opération n’a pas concerné que la wilaya
d’Alger mais plusieurs d’autres y
compris, Blida, Oran… etc. A part la lutte
contre tous ce qui est informel, l’Etat a
lancé de différents projets pour améliorer
le cadre de vie des citoyens notamment
l’aménagement des jardins dans les différents nouveaux quartiers. Ces jardins sont
accompagnés par des jeux pour enfants.
Quant à cette initiative, les parents ont
exprimé leur satisfaction, affirmant que
cela aide à améliorer la qualité de vie de
leurs enfants. «Nos enfants peuvent jouer
tranquillement, au même temps nous pouvons les surveiller», a dit une maman, la
trentaine. Chose remarquée, ces derniers
temps, les citoyens reprennent leurs habitudes et fréquentent de plus en plus les
espaces de repos et les jardins qui ont été
pour longtemps oubliés. A Alger, le
Jardin d’essai attire depuis son ouverture
un grand nombre de visiteurs. En ce qui
concerne les petits jardins situés au cœur
de la capitale, ils sont de nouveau opérationnels notamment le jardin Sofia qui
était pour une longue période un lieu fréquenté que par les toxicomanes et les
malades mentaux. De plus, au niveau de
ce genre de lieux, des associations organisent, de temps à autre, des activités culturelles. Dans le même cadre, l’Opéra
d’Alger installé à Ouled Fayet a ouvert
ses portes il y à quelques jours aux
citoyens.D’un autre coté, afin de faciliter
les déplacements des citoyens, plusieurs
moyens ont été mis en place ces dernières
années. Il faut citer entre autres, la mise
en service du métro et du tramway à
Alger et dans d’autres wilayas.
Les autorités publiques consentent
depuis quelques temps beaucoup d’efforts
pour améliorer le cadre de vie des
citoyens. Certes, ces mesures prises représentent un pas vers l’avant mais il est à
noter que ces efforts doivent être multipliés pour assurer une vie de plus en plus
facile aux citoyens.
C. C.
16
Mercredi 2 mars 2016
S O C I É T É
LES VENDEURS DE «H’CHICHE» GAGNENT BIEN LEUR VIE
Les herbes aromatiques, un commerce
fructueux à M’sila
Un vendeur bien dégourdi peut gagner près de 3 500 dinars par jour et 3 à 4 fois plus pendant le Ramadhan, période
durant laquelle ces herbes sont très demandées. Et ces bénéfices sont nets, exonéré d’impôts, car l’activité est informelle
Par
Algérie presse service
es vendeurs d’herbes aromatiques en bouquet,
comme la coriandre fraîche,
le persil ou le céleri, que d’aucuns
désignent dédaigneusement par
«vendeurs de h’chiche (herbe)»,
ne roulent peut-être pas sur l’or à
M’sila où ils foisonnent, mais
gagnent confortablement leur vie.
Pourtant, ce mini-business rapporte parfois, selon plusieurs vendeurs «spécialisés» qui ont accepté
de répondre aux questions de
l’APS, près de 3 500 dinars par
jour, ce qui totalise (puisqu’ils travaillent chaque jour que Dieu fait)
105 000 dinars mensuellement
(nets d’impôts évidemment), soit
bien plus que le commun des fonctionnaires. Un chiffre à multiplier
par 3 ou 4 pendant le mois sacré
du Ramadhan, avoue Fayçal, un
jeune commerçant rencontré à
l’entrée d’un marché de la ville.
Ce jeune homme qui réside à la
cité Boukhemissa, au nord-est de
M’sila, fait dans «l’intégration
verticale». Il conjugue, en effet, la
vente à la culture de ces herbes. Il
explique que la culture de ce type
d’herbes sur quelques mètres
carrés seulement, suffit à son bon-
Photo : DR
L
heur, puisque la coriandre fraîche,
par exemple, se met à pousser de
nouveau dès qu’elle est coupée.
Un business qui permet à Fayçal
de subvenir, seul, aux besoins de
toute sa famille. Certains cultivent
ces plantes, très appréciées car
«bio», aux pieds des arbres
fruitiers de leurs vergers. Une pratique assez répandue dans
les régions d’En-Nouara et
de Maâdher-Boussaâda
(Boussaâda) où l’on exploite généralement de toutes petites parcelles
à côté des domiciles. Mieux
encore, il se trouve, dans la wilaya
du Hodna, des familles qui consacrent des recoins des cours de
leurs maisons pour cultiver la
coriandre et le persil revendus,
aujourd’hui, à 20 dinars le petit
bouquet.
Mais il n’y a pas seulement que
la coriandre et le persil. Selon
Ahmed B., agriculteur à Ouled
Madhi, certains paysans se sont
spécialisés dans la culture d’épinards (appelé ici salq) sur de
vastes étendues, notamment dans
le périmètre agricole de MaâdherBoussaâda. Les feuilles de cette
plante lorsqu’elle pousse abonPublicité
damment à l’état naturel sur les
berges des cours d’eau, sont plus
petites, mais restent très
demandées par les consommateurs. Certains vendeurs un peu
moins futés que les «commerçants
producteurs» achètent ces plantes
potagères auprès d’agriculteurs
avant de les revendre mais voient,
dans ce cas, leur marge bénéficiaire rétrécir comme une peau de
chagrin, la gerbe achetée à
15 dinars étant cédée à 20 dinars.
Il reste toutefois que ces plantes
vertes flétrissent rapidement, selon
certains commerçants qui relèvent
qu’un habitué des marchés
«connaît exactement la quantité
quotidienne dont l’écoulement est
quasi-assuré à chaque saison de
l’année».
Durant le Ramadhan, les épinards sont pratiquement boudés et
la demande se focalise sur la
coriandre et le céleri dont l’écoulement s’accélère vers la fin de
l’après-midi.
Il y a également un autre
«débouché» que ces vendeurs de
«h’chiche» investissent : les restaurateurs spécialisés dans la préparation de la chakhchoukha. Ces
derniers, s’agissant d’un plat que
l’on ne peut imaginer sans
coriandre, en commandent des
sacs entiers, ce qui fait l’affaire
des commerçants, avoue Fayçal
qui approvisionne chaque jour
cinq restaurants. Rien, en fait,
n’est laissé au hasard car, en été,
quand ces plantes vertes qui adorent l’humidité pour rester fraîches
menacent de se dessécher, les vendeurs les recouvrent d’étoffes
régulièrement humidifiées et le
tour est joué. Les commerçants
avertis, assure encore le jeune
Fayçal, savent distinguer les
plantes correctement cultivées et
irriguées de celles arrosées, par
certains commerçants «peu scrupuleux», au moyen d’eaux usées.
Des «spécialistes» arrivent même
à déterminer la zone de culture de
la plante en sentant son arôme et
savent aussi, en observant les tiges
des feuilles, si des fertilisants
d’origine animale ont été utilisés
ou pas. Ils peuvent également distinguer la plante cultivée en montagne de celle qui pousse sur les
plaines chaudes, rien qu’en scrutant les nuances de la couleur des
feuilles.
«Vous le voyez bien, vendre des
plantes aromatiques, fidéliser ses
clients et trouver son compte est
un vrai métier !», lance malicieusement Fayçal.
APS
17
C U L T U R E
Mercredi 2 mars 2016
ONZE ESPACES DÉDIÉS À UN VÉRITABLE VOYAGE SPIRITUEL
Soufisme et chants mystiques à l’honneur
à Constantine
L’exposition se décline en onze espaces dédiés, entre autres, à la définition du soufisme et des chants
mystiques dans la ville des ponts, aux coulisses des zaouias Rahmania, Hansala et Aïssaouia et aux figures
de proue du soufisme dans le monde musulman
Par
Sihem Bounabi
exposition «Constantine, berceau du soufisme musulman et des
chants mystiques», organisée par
le département Patrimoine
immatériel et Arts vivants de la
manifestation «Constantine,
capitale 2015 de la culture
arabe» (Ccca-2015) se tient jusqu’au 30 mars prochain à la
Maison de la culture MalekHaddad. Cette manifestation culturelle propose également, en
marge de l’exposition des conférences traitant de différents
aspects de soufisme, ainsi que
des hommages à des cheikhs des
tariqas les plus répandues dans la
région de Constantine.
L’exposition se décline en
onze espaces dédiés, entre autres,
à la définition du soufisme et des
chants mystiques dans la ville des
ponts, aux coulisses des zaouias
Rahmania, Hansala et Aïssaouia
et aux figures de proue du soufisme dans le monde musulman.
La responsable du département Patrimoine immatériel et
Arts vivants, Halima Ali-Khodja
a indiqué à l’APS que «la préparation de cette manifestation a
constitué un immense chantier et
que des académiciens, des chercheurs et des cheikhs de zaouias
ont été sollicités pour concevoir
Photo : DR
L’
les différents espaces de l’exposition. Elle a également estimé que
cet évènement «ouvrira de nouvelles voies à des thèmes de
recherche, de thèses et de colloques traitant du soufisme en
Algérie et ailleurs», ajoutant que
le département qu’elle dirige a
pris en charge l’enregistrement
des chants mystiques les plus
réputés dans l’antique Cirta, deux
pavillons seront réservés à
des ouvrages traitant du soufisme, constituant les perles
de la bibliothèque de l’université
des sciences islamiques EmirAbdelkader, et au leader du mouvement réformiste en Algérie,
l’Imam Abdelhamid Benbadis.
Occupant la quasi-totalité du hall
de la maison de la culture, l’exposition, forte de nombreux
pavillons interactifs, le parcours
aussi passionnant que mouvementé du soufisme dans la civilisation arabo-musulmane.
L’exposition zoome sur l’apparition des tariqas soufies en
Algérie, à commencer par les
tariqas Kadiria, au 5e siècle de
l’Hégire, Chadilia au 6e siècle,
Rahmania et Hansalia, toutes les
deux au 12e siècle de l’Hégire. Le
visiteur peut aussi consulter, dans
une salle spécialement aménagée,
les voies du soufisme dans le
monde musulman, et l’histoire
des imams ayant initié ces voies.
Richement documentée, l’exposition prévoit aussi un stand aux
zaouis de la ville de Constantine,
des tariqas qui demeurent actives
dans la cité, ainsi que le rôle des
zaouias dans les résistances
populaires et la guerre de libération nationale. Un autre pavillon
est dédié aux ouvrages traitant
du soufisme, empruntés de
la bibliothèque de l’université
des sciences islamiques EmirAbdelkader, et d’autres évoquant
le parcours et les réflexions du
leader du mouvement réformiste
en Algérie, l’Imam Abdelhamid
Benbadis.
Les personnes aveugles et
malvoyantes n’ont pas été
oubliées dans cette exposition
puisque des livres et des documents en braille renfermant des
textes choisis autour du soufisme
sont mis à leur disposition. L’espace permet également aux visiteurs de visionner, dans une autre
salle, des vidéos de chants mystiques venus du Maroc, de la
Turquie, de Tunisie, d’Egypte et
de plusieurs autres pays.
S. B./APS
LE SPECTACLE YADRA AFFICHE SALLE COMBLE AU THÉÂTRE D’ORAN
Par
Rédaction culturelle
LE THÉÂTRE AbdelkaderAlloula d’Oran a accueilli, lundi
dernier, dans une salle comble
composée en grande majorité de
jeunes, le spectacle Yadra. Sous
le slogan «Le dialogue interculturel comme préalable à la
citoyenneté méditerranéenne», la
représentation est plus qu’un
spectacle. Yadra est un mouvement, l’expression d’un contact
et d’un échange entre la jeunesse
de trois pays, l’Algérie, la France
et l’Allemagne, ayant un objectif
commun le vivre ensemble.
Ainsi, trente jeunes artistes, journalistes, étudiants, travailleurs
sociaux des trois pays se sont
rencontrés par le biais des associations Une terre culturelle de
Marseille, Istijmam d’Oran
et Bapop de Berlin pour
«confronter leur histoire commune et favoriser sa compréhension, pour réfléchir dans une
intelligence partagée et sereine à
un avenir commun», ont indiqué
les organisateurs du spectacle à
l’APS.
Yadra est un spectacle pluridisciplinaire où la vidéo accompagne les participants sur scène,
où des personnages fictifs ou
réels témoignent de leur expérience de l’Autre, de l’Ailleurs et
de l’interculturel. Les personnages jouent avec les mots et les
sons des trois langues respectives, mais également avec les
idées et les expériences communes, livrant des réflexions sur
l’histoire, la société et la politique avec un humour tantôt
caustique, tantôt bon enfant. Les
organisateurs ont souligné à ce
sujet que l’objectif est de travailler ensemble à la mise en
place d’outils concrets, innovants et créatifs pour favoriser
les échanges entre les trois pays.
Dans une mise en scène très
novatrice, les acteurs algériens,
français et allemands s’expriment autour d’un lieu commun
mais insolite : des toilettes
publiques, considérées comme
une «zone libre» où chaque
acteur raconte sa vie en arabe, en
français et en allemand, donnant
lieu à des situations drôles et
angoissantes à la fois, mais
exprimant tout de même des
liens entre les jeunes de trois
nationalités différentes. Ces liens
parfois improbables mais réels,
ne serait-ce que du point de vue
de l’histoire commune entre
Algériens et Français et entre
Allemands et Français et où
l’improvisation est reine, mais
efficace.
L’idée du spectacle est venue
du travail de réconciliation entrepris par la France et l’Allemagne
après la Seconde guerre mondiale et symbolisée par l’Office
franco-allemand pour la jeunesse
(Ofaj).
Pour l’année 2016, les objectifs des organisateurs est de s’appuyer sur le spectacle comme un
outil pour multiplier les débats
entre et au sein des sociétés
concernées et de récolter le plus
grand nombre de témoignages
possibles
Les organisateurs ont également déclaré à l’APS que «ce
travail constitue à nos yeux une
source d’inspiration pour se souvenir et construire un avenir partagé entre les jeunesses
franco-algériennes. Nous
sommes convaincus que l’efficacité d’un rapprochement interculturel entre les jeunes
permettra, comme peut en témoigner l’Ofaj, de bâtir un dialogue
réciproque et équitable et, par
conséquent, une citoyenneté
euro-méditerranéenne
R. C.
Photo : DR
Promotion du dialogue interculturel et la citoyenneté méditerranéenne
18
S P O R T S
Mercredi 2 mars 2016
GYMNASTIQUE/CHAMPIONNATS D’AFRIQUE
Championnat du Portugal :
Belkaroui dans l’équipe type
de la 24e journée
12 pays présents à la 13 édition
du 23 au 26 mars à Alger
e
Le défenseur international algérien de
Nacional Madeira, Hichem Belkaroui,
a été choisi dans l’équipe type de la
24e journée du championnat
portugais de football, clôturée lundi.
Vendredi, Belkaroui a remporté sa
première victoire avec sa nouvelle
formation, vainqueur à domicile de
Paços Ferreira (3-0).
L’ancien joueur du Club Africain
(Ligue 1 tunisienne) a été élu Homme
du match après avoir obtenu la note
de 7,4. Selon les statistiques publiées
par la presse portugaise, le natif
d’Oran âgé de 24 ans a remporté
90% de ses duels, contribuant grandement à garder vierge la cage de son
équipe.
Belkaroui, signataire d’un contrat de
six mois avec Nacional Madeira cet
hiver en provenance du Club Africain
de Tunisie, a enchaîné pour l’occasion
son troisième match avec la formation
portugaise.
Belkaroui n’a pas été chanceux lors de
son baptême du feu dans le championnat de «Liga Nos», lorsque son
équipe a été sévèrement battue à
domicile par le leader Sporting
Lisbonne, où évolue le buteur algérien
Islam Slimani, sur le score de 4-0.
Au terme de la 24e journée, Nacionl
Madeira pointe à la 13e place au classement de la «Liga Nos» avec
25 points, comptabilisant six unités
d’avance sur la zone de relégation.
«Outre l’Algérie, ce rendez-vous verra la présence de l’Afrique du Sud, de la
Namibie, de la Tunisie, de la Centrafrique, du Congo, de l’Egypte, du Maroc, du
Nigeria, de l’Angola, du Sénégal et de la Libye. L’arrivée des délégations est prévue
à partir du 19 mars», a déclaré Bouchiha à l’APS
Par
Algérie presse service
ouze (12) pays ont
confirmé leur participation à la 13e édition des
Championnats d’Afrique de
gymnastique artistique masculine et féminine et d’aérobic
(juniors/seniors), prévue du
23 au 26 mars à la coupole
du Complexe olympique
Mohamed-Boudiaf à Alger, a
indiqué mardi le président
de la Fédération algérienne
de gymnastique (FAG), Salah
Bouchiha.
«Outre l’Algérie, ce rendezvous verra la présence de
l’Afrique du Sud, de la Namibie,
de la Tunisie, de la Centrafrique,
du Congo, de l’Egypte, du
Maroc, du Nigeria, de l’Angola,
du Sénégal et de la Libye. L’arrivée des délégations est prévue
à partir du 19 mars», a déclaré
Bouchiha à l’APS.
Les joutes d’Alger auront lieu
sous l’égide de la Fédération
internationale de gymnastique
(FIG) qui a homologué le cahier
des charges de la compétition.
«Ces joutes ne seront pas
qualificatives pour les Jeux
olympiques JO-2016 de Rio
de Janeiro. Mais, selon la
dernière résolution, les
prochains Championnats
d’Afrique constitueront un
passage pour les JO-2020 de
Photo : DR
D
Tokyo», a ajouté le président de
la FAG.
Évoquant l’objectif de
l’équipe nationale à l’occasion
de cette compétition, le premier
responsable de la FAG a souligné «la nécessité de conserver
le titre en gymnastique artistique
masculine et en aérobic chez les
filles, décrochés lors de la précédente édition tenue en 2014 en
Afrique du Sud». Concernant le
volet organisationnel, Bouchiha
a assuré que «tout sera fin prêt
pour réussir ce rendez-vous
important et prouver la capacité
de l’Algérie à relever le défi».
Et d’enchaîner : «Le tournoi
d’Alger sera très relevé vu la
présence de gymnastes d’Afrique
du Sud, d’Egypte, de Tunisie,
du Maroc et de Namibie.
Nous allons faire en sorte de
confirmer notre suprématie dans
le gotha africain». Outre la
date arrêtée conjointement
avec l’Union africaine de gymnastique (UAG), la salle «la
Coupole» a été retenue pour
abriter les compétitions, les
salles de l’ENFS/STS de Dely
Brahim pour les entraînements et
le centre de préparation des
équipes nationales de Souïdania
pour l’hébergement des délégations.
APS
LEICESTER CITY
Arsenal prépare une offre pour Mahrez
LE CLUB anglais
d’Arsenal compte formuler une
offre conséquente pour bénéficier des services du milieu international algérien de Leicester
City (Premier league anglaise de
football) Riyad Mahrez, lors du
prochain mercato estival, rapporte mardi le site spécialisé
dans les transferts Espnfc.
Le club londonien a déjà préparé le terrain pour la venue de
Mahrez en recrutant dernièrement le technicien qui a été à
l’origine de la venue du n° 7 des
Verts à Leicester, en l’occurrence Ben Wrigglesworth, très
connu dans le domaine du
scouting ou de la détection de
talents en Europe, précise
la même source. Le joueur
algérien, dont le contrat avec les
Foxes court jusqu’en 2019, est
en train de crever l’écran depuis
le début de la saison avec, à
la clé, un bilan de 14 buts et
10 passes décisives. Plusieurs
écuries se sont manifestées
pour s’attacher les services de
l’ancien havrais à l’image du
FC Barcelone, selon la presse
spécialisée.
L’entraîneur de Leicester,
l’Italien Claudio Ranieri, a
affirmé récemment à la presse
anglaise qu’il ne pouvait pas
retenir contre son gré un joueur
qui voudrait partir.
«Nous voulons garder tous
nos joueurs, mais si l’un d’entre
eux vient me voir et me dit :
‘’Boss, je veux aller d’ici parce
que c’est mon ambition’’, je lui
répondrais : ‘’Vas-y, profites-en
et bonne chance’’. Je ne veux
que des joueurs heureux d’être
ici». Au terme de la 26e journée,
Leicester est leader du championnat anglais, devançant de
deux longueurs son dauphin
Tottenham, et cinq points le
troisième Arsenal.
Leicester accueille mardi soir
(20h45 algérienne) la formation
de West Bromwich Albion pour
le compte de la 27e journée. APS
Montpellier HSC :
Boudebouz meilleur joueur
du mois de février
Le milieu international algérien de
Montpellier (Ligue 1 française de
football) Ryad Boudebouz a été
désigné meilleur joueur du mois de
février par les supporters pailladins, a
annoncé mardi le club sur son site
officiel. Homme du match lors des
deux dernières rencontres (Angers et
Lille) Ryad Boudebouz (8 pts) devance
le Brésilien Vitorino Hilton (4 pts) et
un peloton de joueurs à 3 pts.
Jérôme Roussillon, joueur du mois
précédent, n’a pas été cité en février
malgré de belles performances,
estime la même source. Boudebouz a
battu son record personnel de passes
décisives avec huit offrandes depuis le
début de la saison.
Le meneur de jeu de 26 ans a donné
une passe décisive à chacun des sept
derniers succès de Montpellier en
championnat, selon les dernières statistiques de la Ligue de football
française (LFP), ce qui en fait le
meilleur passeur du club héraultais.
Le classement 2015-2016 des
meilleurs passeurs de la Ligue 1
française de football est dominé par
les Parisiens Zlatan Ibrahimovitc et
Angel Di Maria, ex aequo avec
10 passes décisives chacun.
Sporting Lisbonne : Slimani ne sera pas suspendu contre Benfica
LE SPORTING Lisbonne a
annoncé lundi soir dans un communiqué que l’attaquant international algérien Islam Slimani,
objet d’une d’une procédure disciplinaire, ne sera pas suspendu
pour la réception du Benfica
samedi prochain, dans le cadre
de la 24e journée du championnat
portugais de football.
«Compte tenu des règlements
en vigueur, Slimani ne peut pas
être suspendu pour le match du
Benfica», a assuré le Sporting.
La fédération portugaise avait
engagé une procédure disciplinaire contre Slimani, suite à une
plainte déposée contre lui par la
direction du Benfica pour avoir
«agressé» son défenseur Samaris
lors du match de coupe entre les
deux équipes en novembre dernier. Le Benfica a recouru à la
vidéo après que l’incident a
échappé au regard de l’arbitre du
match et de ses assistants. Le
club estime que le coup de coude
du buteur du Sporting aurait pu
causer «des lésions corporelles
graves». «Même si le Sporting
sera informé de la suspension du
joueur à la veille du match,
l’exécution de la décision sera
Championnat du Portugal (classement des buteurs) Slimani perd du terrain
L’INTERNATIONAL algérien, Islam Slimani, a perdu
davantage de terrain dans la course au trophée du meilleur
buteur du championnat de première division portugaise de
football, le premier au classement, le Brésilien Jonas, ayant porté
à 8 réalisations l’écart le séparant du joueur du Sporting
Lisbonne. Slimani est resté muet lors du nul (0-0) de son équipe
sur le terrain de Guimaraes, lundi soir dans le cadre de la
24e journée, alors que dans le même moment Jonas a inscrit un
doublé, permettant à Benfica de l’emporter à domicile contre
l’Union Madeira (2-0). L’attaquant algérien reste ainsi scotché à
la deuxième position au classement des buteurs avec 18 réalisations, alors que Jonas continue de mener le bal avec 26 buts. En
revanche, le Sporting Lisbonne garde son fauteuil de leader, mais
avec un point d’avance seulement sur Benfica, le dauphin. APS
automatiquement suspendue du
moment que le délai d’appel (qui
est de cinq jours) ne se sera pas
encore écoulé», précise le
Sporting. Auteur de 18 buts en
championnat avec le Sporting,
Slimani sera ainsi présent au
derby de la capitale portugaise,
très attendu par les observateurs
au pays lusitanien vu son important enjeu. Leader de la «Liga
Nos» avec 59 points, le Sporting
compte un point d’avance sur le
Benfica.
APS
19
S P O R T S
Mercredi 2 mars 2016
MISE EN GARDE DE LA FAF CONTRE LA VIOLENCE DANS LA COMPÉTITION
Foued Kadir : «J’ai réalisé
un rêve en jouant un
Mondial avec l’Algérie»
Même les footballeuses s’y sont mises
La pratique d’une quelconque discipline sportive a pour objectif de faire rejoindre
les pratiquants sur des valeurs égales de sportivité, de morale et d’humanité. Or, tout
individu est en droit de considérer que le phénomène de la violence est plus complexe
dès lors qu’il se manifeste chez les footballeuses
Par
A. Lemili
a Fédération algérienne
de football a appelé la
Ligue de football professionnel «à ne tolérer aucune
forme de violence dans les
stades ou négligence susceptible de compromettre le bon
déroulement des championnats». Qu’en termes sibyllins
est formulée la sollicitation de
la FAF dont les membres
savent avec pertinence que
toutes les mesures «susceptibles» d’être prises contre la
violence dans les enceintes ne
peuvent que s’avérer vaines. A
l’exception évidemment du
huis-clos, et pour cause.
La violence fait partie du
décor et la question qui se
poserait à la lecture du communiqué de la Fédération est se
pose alors cette question légitime puisque celle-ci est, à des
degrés variables d’intensité,
omniprésente chaque semaine
«Qu’elles seraient alors les
négligences susceptibles commises par la FFP ?», pour que
cette violence soit.
La Fédération doit détenir
les réponses ou du moins le
vade-mecum qui permet d’éviter que la sérénité ne soit pas
remise en cause au sein dans
les enceintes sportives. Le
citoyen lambda, voire le professionnel des médias aimeraient bien les connaitre. Même
si en grande partie, tout représentant de la presse est en
mesure d’en énumérer au
moins celle qui fait qu’en
raison d’une restriction de guichets ouverts pour le public
l’accès aux gradins et tribunes
est loin de répondre aux
normes lorsqu’il s’agit de rencontres importantes : classico,
derby, match international…
Photo : DR
L
Parfois le problème se pose
aussi pour les journalistes
même si trop souvent nombreux sont les abus du côté de
la corporation.
Quoi qu’il en soit, il s’agit
d’une «décision prise lors de
la réunion du Bureau fédéral,
tenue lundi au Centre technique national de SidI Moussa
(Alger) sous la présidence de
Mohamed Raouraoua», est-il
ajouté dans le communiqué.
Néanmoins, il semblerait
que la FAF fera quand même
face à ses responsabilités en
confortant «davantage le
système d’encadrement des
rencontres» d’où la décision de
«créer un panel de commissaires aux matchs dont le profil
et le niveau doit répondre aux
exigences de la compétition».
Comme il existerait donc des
«négligences susceptibles
de…». Il devrait y avoir forcément des «exigences de
compétition et les profils qui y
correspondraient. Il est clair
que la violence a encore de
l’avenir sachant que l’armada
de représentants «administratifs» des institutions en charge
du football n’ont jusque là
servi qu’à faire tapisserie et
qu’ils demeurent de loin les
premiers à ne pas être présents
aussi bien pour conjurer une
potentielle violence que la
contenir quand elle se manifeste. Bien entendu, il faudrait
également savoir si ce communiqué n’est valable que pour
les acteurs sur le terrain ou
pour tout ce qui fait l’environnement d’un terrain de football.
Ceci étant, sur les terrains, la
violence serait presque naturelle, il ne saurait y avoir de
football sans agressivité, mais
seulement dans la limite des
règles du jeu. Ce que les footballeurs Anglais considèrent,
en ce qui les concerne, comme
de la virilité, qu’ils s’appliquent
et contre lesquelles ils ne s’emportent pas quand, le cas
échéant, ils sont sanctionnés.
La pratique d’une quelconque discipline sportive a
pour objectif de faire rejoindre
les pratiquants sur des valeurs
égales de sportivité, de morale
et d’humanité. Or, à voir dans
le même communiqué de la
FAF, le contenu du PV de la
commission de discipline siégeant pour le championnat
féminin, tout individu est en
droit de considérer que le phénomène de la violence est plus
complexe dès lors qu’il se
manifeste chez les footballeuses.
A. L.
LIGUE 2 MOBILIS
Kheireddine Zetchi : «Le Paradou AC patine,
les joueurs ont l’esprit à la coupe»
LE PARADOU AC, qui
était sur une courbe ascendante,
a marqué le pas depuis quelque
temps, hypothéquant sérieusement ses chances d’accession
en Ligue 1 algérienne de football, une situation que le président Kheireddine Zetchi impute
à «l’intérêt particulier» qu’accordent les joueurs à la Coupe
d’Algérie.
«Malgré nos différentes
mises en garde aux joueurs,
leur demandant de se concentrer sur leurs matchs de cham-
pionnat, ils donnent l’impression de préviligier la Coupe
d’Algérie, maintenant que le
club a atteint les quarts de
finale de cette épreuve», a
déclaré Zetchi à l’APS.
Nouveau promu en Ligue 2,
le PAC, sous la houlette de son
entraîneur Si Tahar Cherif
El Ouezzani, était pourtant bien
revenu dans la course à la
montée depuis le milieu de la
phase aller. Mais ses derniers
résultats en championnat lui ont
porté préjudice. Le club accuse
un retard de sept points sur la
troisième place, dernier accessit
pour l’élite. La formation de la
capitale, qui reste sur un nul à
domicile face à la JSM Skikda,
reste scotchée à la quatrième
position au classement après
21 journées.
Les protégés de Cherif
El Ouezzani affronteront le NA
Hussein Dey (Ligue 1) samedi
au stade 20-Août dans un derby
algérois pour le compte des
quarts de finale de la Coupe
d’Algérie.
«Depuis que nous avons éliminé l’USM Alger (leader de la
Ligue 1, ndlr), en 32es de finale,
mes joueurs se sont mis à rêver
de la Coupe. La preuve, nous
enregistrons des contre-performances en championnat avant
chaque match de Coupe», a
encore expliqué Zetchi, qui
s’est dit tout de même «satisfait» du parcours de son équipe
en championnat, «surtout qu’il
s’agit de sa première saison
dans le deuxième palier». APS
L’ex-international algérien,
Foued Kadir, s’est dit fier d’avoir
réalisé son rêve d’enfance, à
savoir disputer une Coupe du
monde avec la sélection algérienne de football, ajoutant que
son rêve actuel était de jouer un
jour la Ligue des champions
d’Europe.
«Jouer une Coupe du monde, c’est
le rêve que j’ai déjà réalisé. Celui
qui me tient encore à cœur, c’est
de disputer la Ligue des champions», a déclaré le joueur du
Betis Séville au site espagnol
«estadiodeportivo».
Kadir (32 ans) a pris part au
Mondial-2010 en Afrique du Sud
quelques semaines seulement
après sa première convocation
en sélection algérienne. Il n’a pas
été retenu pour le Mondial suivant en 2014 au Brésil pour
lequel la sélection algérienne s’était qualifiée pour la deuxième
fois de rang.
Kadir, au Betis depuis 2014, a
participé activement à l’accession de cette équipe en Liga
espagnole en fin d’exercice
écoulé, une montée qui reste le
«meilleur moment» pour lui, a-t-il
dit, poursuivant que son mauvais
souvenir, jusque-là, avec sa formation espagnole, était sa mise à
l’écart au cours de la première
partie de la saison.
Il a fallu d’ailleurs l’arrivée d’un
nouvel entraîneur pour que le
milieu offensif algérien retrouve
sa place de titulaire de la saison
passée.
Kadir, qui compte 25 matchs en
sélection algérienne au cours
desquels il a marqué deux buts,
n’est plus appelé chez les Verts
depuis la précédente Coupe
d’Afrique des nations (CAN2015) en Guinée équatoriale.
Naples : Ghoulam
troisième meilleur
Napolitain face
à la Fiorentina
L’international algérien, Fawzi
Ghoulam, s’est vu attribuer la
troisième meilleure note (6,7/10)
du côté de son équipe Naples qui
a fait match nul (1-1), sur la
pelouse de la Fiorentina, lundi
soir en clôture de la 27e journée
du championnat de première
division italienne de football,
selon WhoScored, le site mondial
spécialisé en statistiques.
Ghoulam a retrouvé pour l’occasion sa place de titulaire dans la
formation du sud italien, après
avoir été écarté de la liste des
18 jeudi passé lors du nul (1-1)
concédé à domicile face à
Villareal (Espagne) en seizièmes
de finale retour de l’Europa
League (défaite 1-0 à l’aller).
Après leur contre-performance à
Florence, les Napolitains,
deuxièmes au classement de la
Serie A, laissent échapper le
leader, la Juventus, qui compte
désormais trois points d’avance
sur son dauphin.
M A G A Z I N E
Mercredi 2 mars 2016
Mission
scientifique
canado-suédoise
dans l’Arctique
cet été
SELON L’AGENCE SPATIALE AMÉRICAINE
Lockheed Martin va développer un avion
supersonique silencieux pour la NASA
Par
Agence France presse
e groupe aérospatial
américain Lockheed
Martin a remporté un
contrat de recherche auprès de la
Nasa pour travailler sur la
conception d’un avion de transport de passagers supersonique
silencieux et abordable, selon
l’Agence spatiale américaine
lundi.
Pour les travaux préliminaires
sur ce projet, Lockheed Martin
recevra environ 20 millions de
dollars sur 17 mois.
Ce contrat est «un premier
pas vers un possible retour des
jets de passagers supersoniques,
mais plus silencieux et
économiques», précise la Nasa.
Celle ci fait apparemment
référence au Concorde, le
supersonique franco-britannique,
qui était bruyant et cher, dont le
dernier vol a eu lieu en 2003.
«La Nasa travaille dur pour
développer des avions de
transport plus écologiques, plus
sûrs et plus silencieux capables
également de voler plus vite», a
déclaré le patron de la Nasa,
Charles Bolden, en dévoilant ce
projet à l’aéroport Ronald
Reagan de Washington. Dans le
domaine de l’aviation, la Nasa
aimerait dans les dix prochaines
années réduire la consommation
de carburant, les émissions
polluantes et le bruit, avec des
innovations dans la conception
des avions qui s’éloignent des
formes conventionnelles.
L’équipe qui est menée par
Lockheed Martin comprend plu-
Photo : DR
L
qu’un bang perturbateur
caractéristique des vols au-delà
de la vitesse du son.
«Développer, construire et
faire voler un tel appareil
expérimental silencieux est la
prochaine étape logique dans
notre démarche pour permettre à
l’industrie aérospatiale de
décider de se lancer dans le
voyage supersonique destiné au
public», a souligné Jaiwon Shin,
responsable de la mission sur la
recherche aéronautique de la
Nasa.
Des sociétés privées se sont
déjà lancées dans la course au
supersonique commercial. La
sieurs sous-traitants, dont GE
Aviation et Tri Models Inc.
Une fois que les études de
faisabilité auront été effectuées
sous la supervision de la
Nasa, celle-ci demandera aux
entreprises de soumettre des
projets pour construire un
appareil expérimental pouvant
être piloté et capable de voler à
des vitesses supersoniques.
Selon la Nasa, cet appareil
expérimental pourrait voler vers
2020.
La Nasa évoque un avion
dont la signature sonore
s’apparentera à «un battement de
cœur», un bruit sourd plutôt
société américaine Aerion,
prévoit ainsi de construire un jet
supersonique conçu en
partenariat avec Airbus, pour
lequel elle a déjà un premier
client, la compagnie de jets
privés Flexjet.
Il s’agit d’un petit avion
capable de transporter à Mach
1,5 (1 930 km/h) une douzaine
de passagers prêts à payer le prix
fort.
Airbus a aussi imaginé un
modèle qui pourrait atteindre
5 500 km/h, un hypothétique
projet pour lequel il n’a pour
l’instant déposé que des brevets.
AFP
DESTINÉE À UNE UTILISATION DANS DES SATELLITES
Deux arrestations pour export illégal de technologie
spatiale vers la Chine
et des mandats d’arrêts visant
deux complices présumés ont
été émis. «Les quatre accusés
ont participé à des contrats
chinois visant la conception et la
mise au point de marchandises
Photo : DR
DEUX personnes ont été
arrêtées lundi par la police
canadienne, accusées d’avoir
illégalement exporté en Chine,
pour les autorités de Pékin, de la
haute technologie pour satellites,
contrôlées destinées à
une utilisation dans des
satellites», a expliqué la
Gendarmerie royale du Canada
(GRC, police fédérale) dans un
communiqué.
Arthur Xin Pang, 46 ans, et
Binqiao Li, 59, ont été
appréhendés lundi et
immédiatement inculpés pour,
respectivement, dix et cinq chefs
d’accusations dont vol, fraude et
«possession et transfert de
marchandises contrôlées en
violation de la loi sur la
production de défense».
Ils devaient comparaître
devant un juge du tribunal de
Waterloo (Ontario, sud) lundi
dans la journée, pour une
éventuelle remise en liberté en
attendant l’ouverture de
leur procès. Dans le même
temps, des mandats d’arrêt
ont été lancés contre Nick
Tasker, un Britannique de
62 ans, et Hugh Ciao, un
Américain de 50 ans
«actuellement en Chine», a
précisé la gendarmerie. Selon les
autorités canadiennes, les quatre
hommes avaient conclu des
contrats avec «une société
d’Etat» chinoise et une société
privée chinoise «fondée par deux
des accusés», afin de fabriquer
«des dispositifs microélectroniques destinés à améliorer la
technologie des appareils photo
embarqués sur satellite spatial».
«Cette enquête montre un
exemple de gouvernement
étranger ayant un intérêt dans
une technologie contrôlée
canadienne et elle met en
lumière l’engagement de la GRC
à protéger les Canadiens contre
la mauvaise utilisation
potentielle de cette technologie»,
a fait valoir le commissaire
Jamie Jagoe, commandant de La
GRC dans le sud de l’Ontario.
Cette enquête, entamée il y a
deux ans, a notamment mobilisé
l’Agence spatiale canadienne, le
ministère canadien de la Défense
mais aussi, aux Etats-Unis, le
ministère de la Sécurité
intérieure et la police fédérale
FBI.
AFP
21
LE CANADA et la Suède
vont déployer cet été deux
brises-glaces dans l’océan
Arctique pour une mission
scientifique conjointe destinée
à cartographier les fonds
marins de cette région aux
frontières encore disputées, a
annoncé Ottawa lundi.
Cette expédition polaire
canado-suédoise, conduite du
5 août au 20 septembre,
est le résultat de l’accord quinquennal de «coopération scientifique sur l’Arctique» conclu
en décembre par les deux pays.
Les gardes-côtes canadiens
déploieront le brise-glace Louis
St-Laurent aux côtés du
bâtiment suédois Oden, premier brise-glace non nucléaire
à avoir atteint le Pôle Nord, en
1991. Cette mission conjointe
vise à «recueillir les données
nécessaires à la préparation de
la demande relative au plateau
continental étendu dans
l’océan Arctique que le
Canada présentera à la
Commission des limites du
plateau continental» des
Nations unies, a précisé le
gouvernement de Justin
Trudeau.
Les scientifiques suédois
embarqués travailleront
également avec leurs confrères
canadiens à «des activités de
recherche communes visant à
accroître notre savoir collectif
sur l’Arctique», a-t-il été
précisé.
Depuis plusieurs années, la
Russie, les Etats-Unis (avec
l’Alaska), le Canada, la
Norvège et le Danemark (avec
le Groenland) revendiquent des
frontières maritimes étendues
dans l’océan Arctique, riche en
ressources naturelles, en vertu
de la Convention des Nations
unies sur le droit de la mer
(Unclos).
Le Canada et la Russie se
disputent la souveraineté du
Pôle Nord. Fin 2013, le
gouvernement canadien avait
déposé aux Nations unies un
dossier visant à prolonger les
limites de son plateau
continental au-delà de la Zone
économique exclusive (ZEE)
des 200 miles marins
(321 km), dans le cadre de
l’Unclos. Puis, sans
explication, Ottawa avait mis
en suspens sa demande afin de
l’étayer davantage.
En août la Russie avait
déposé une demande à l’ONU
visant à mettre la main sur plus
d’un million de kilomètres
carrés dans l’Arctique supposés
receler de vastes réserves
d’hydrocarbures. Moscou a,
parallèlement, rouvert des
bases militaires isolées dans le
grand Nord et, la semaine
dernière, a lancé la construction d’un grand chantier naval
afin de produire des supertankers et des plateformes
flottantes pour l’exploitation
des ressources de l’Arctique.
AFP
www.latribunedz.com
Mercredi 2 mars 2016
MÉTÉO
PLUSIEURS ACTIVITÉS SONT PRÉVUES DURANT LA SEMAINE
Portes ouvertes sur la Protection
civile pour sa Journée mondiale
Centre Max. 21° Ensoleillé
Min 08°
Ouest
Max. 22
Ensoleillé
Min 11°
Est
Max. 16°
Ensoleillé
Min 03°
Sud
Max. 24°
Ensoleillé
Min 08°
Source
http://fr.weather.yahoo.com
Horaires des prières
Fadjr...........05.53
Echourouk ...07.19
Dohr...........13.00
Assar ..........16.14
Maghreb ....18.46
Icha ............20.04
Photo : Archives
„ Deux terroristes abattus par l’ANP à Bouira
Par
Fatiha Ouidir
lusieurs activités ont été
retenues pour célébrer
cette année en Algérie
la Journée mondiale de la
Protection civile, coïncidant au
1 er m a r s . A c e t e f f e t , u n e
cérémonie de sortie de nouvelles
promotions de la Protection
civile s’est déroulée, hier, à
l’école de Dar El-Beida (Alger).
La cérémonie de sortie de la
44e promotion des agents,
46e promotion des souslieutenants, 15 e promotion des
lieutenants et 14e promotion des
médecins lieutenant de la Protection civile, baptisées au nom de
la défunte femme de lettres,
Assia Djebbar, a eu lieu en
présence du Premier ministre,
Abdelmalek Sellal, qui a procédé
à la remise des grades et
diplômes aux lauréats des nouvelles promotions. M. Sellal était
accompagné de ministres, du
directeur général de la Protection
civile, le colonel Mustapha
Elhabiri, et de représentants de la
société civile. Parmi les effectifs
des promotions sortantes, au
nombre de 2 998, on compte dix
agents de différentes nationalités
dont des Nigériens, Palestiniens,
P
Ivoiriens et Maliens, ayant suivi
des formations dans plusieurs
catégories.
Dans son allocution, le directeur de l’école de la Protection
civile, le colonel Abdelhamid
Ezired, a exhorté les effectifs des
promotions sortantes à «faire
preuve de patience, de professionnalisme et de sens de sacrifice dans l’exercice de leur
mission caractérisée, particulièrement par sa dimension
humaine et dont l’essence même
est la préservation des personnes
et des biens». Le ministre de
l’Intérieur et des Collectivités
locales, Nourredine Bedoui, a
exprimé, pour sa part, en marge
de la cérémonie, «la fierté de
tous les Algériens pour ce corps
qui a fait montre, à travers la
maîtrise des différentes techniques, d’un grand professionnalisme». Il a tenu à rendre un
vibrant hommage à tous les
agents de la Protection civile,
tombés en martyrs lors de
l’accomplissement de leur noble
mission.
Par ailleurs, outre le recueillement à la mémoire des victimes
du devoir professionnel, la
cérémonie a comporté, la revue
des promotions sortantes,
ainsi que la présentation de mouvements d’ensemble, d’exercices
de simulation et l’exécution de
manœuvres combinées par des
équipes de la Protection civile.
En outre, un programme riche et
diversifié en activités sera mis en
œuvre durant toute la semaine
en direction des citoyens, citons
entre autres l’organisation d’un
concours interunité portant sur
l’exécution de quelques
manœuvres pratiques, exposition
de matériel divers avec éclaircissement et explication des
différentes missions de la
Protection civile au niveau de
l’Université Abdou El KacemSaad Allah de Bouzaréah ainsi
que l’organisation durant la
période allant du 1er au 6 mars
des expositions du matériel
divers, démonstration des différentes méthodes en premiers
soins et exécution de manœuvres
pratiques portant sur les
accidents domestiques au niveau
des différentes unités de la
Protection civile . La cérémonie
de clôture est prévue pour le
7 mars au niveau du siège de
l’unité principale avec des
remises de cadeaux aux lauréats
dans les différentes disciplines.
F. O.
Baisse quasi générale de la facture des importations
de produits alimentaires en 2015
Suite de la page 1
Preuves à l’appui : le rapport de l’Office
national des statistiques, publié en janvier, relève
une augmentation remarquable, en 2015, des prix
notamment des produits alimentaires faisant ainsi
grimper le taux d’inflation à 4,8%, le niveau le
plus haut depuis trois ans.
«Le taux d’inflation en Algérie a grimpé à 4,8%
en 2015 (contre 2,9% en 2014 et 3,3% en 2013)»,
a constaté l’ONS.
Cette tendance inflationniste, explique l’Office,
s’est traduite par une augmentation de l’indice des
prix à la consommation qui a été de 4,7% pour les
biens alimentaires en 2015 (contre 3,9% en 2014).
Cette augmentation a été le fait de la hausse du
niveau des prix, notamment des produits alimentaires. Les augmentations les plus importantes ont
été constatées pour les légumes frais (+11,44%), la
pomme de terre (+10,77%), les poissons frais
(+10,32%) et les boissons non alcoolisées
(+8,31%).
Les prix des pains et céréales ont grimpé de
4,89% en 2015, ceux du lait, fromage et dérivés de
3,27% et ceux du café, thé et infusion de 3,16%.
Pour les viandes, le niveau moyen des prix des
viandes et abats de mouton a augmenté de 2,5%,
celui des viandes et abats de mouton de 2,8%,
contre une hausse de 7,7% des prix du poulet.
La hausse de la quasi-totalité des prix des produits alimentaires, en 2015, a mis à rude épreuve
les ménages algériens. L’année 2016 sera certainement identique, voire même pire que les années
précédentes, et ce, avec la hausse des prix de
l’électricité et du gasoil, au titre de la loi de
Finances 2016.
B. A./APS
Un détachement de l’Armée nationale populaire (ANP) du secteur opérationnel de Bouira, a
abattu, hier à 11h, deux terroristes, suite à une opération de fouille et de ratissage menée
près d’El Kadiria, a indiqué le ministère de la Défense nationale dans un communiqué.
«L’opération, qui est toujours en cours, s’est soldée par la récupération de deux
pistolets-mitrailleurs de type Kalachnikov, une quantité de munitions, une paire de jumelles
et un téléphone portable», précise le communiqué.
Manque de sécurité aux urgences à Béchar.
„ Une bombe et deux canons artisanaux saisis à Skikda
Deux détachements des secteurs opérationnels de Constantine et de Skikda ont saisi, lundi
dernier, une bombe et deux canons de fabrication artisanale, a indiqué, hier, le ministère de
la Défense nationale dans un communiqué. Un autre détachement du secteur opérationnel
de Tizi Ouzou a détruit une casemate contenant des produits explosifs. Par ailleurs, des
éléments de la Gendarmerie nationale de Ghazaouet, agissant sur renseignements, ont sais
1 530 kilogrammes de kif traité provenant du Maroc. Le chauffeur du camion transportant la
drogue a réussi à prendre la fuite alors le conducteur d’un véhicule de luxe qui servait
d’éclaireur a été interpellé.
„ Manque de sécurité aux urgences à Béchar
Une centaine de praticiens et agents paramédicaux de la santé publique ont protesté
pacifiquement, hier, devant la direction locale du secteur de la santé et de la population
contre le «manque de sécurité» aux urgences médico-chirurgicales (UMC). Les
protestataires exigent une «meilleure sécurité des UMC des centres et structures de santé des
communes de Bechar, Kenadza et Lahmar». Ils revendiquent l’application de l’article 5 d’un
décret exécutif de 2009 relatif au statut particulier des agents en exercice dans les différents
corps de la santé publique et prévoyant la sécurisation des activités et exercices des
praticiens de la santé publique.
„ Plus de 9,7 millions de litres d’huile d’olive produits à Tizi Ouzou
Une production de 9 778 700 litres d’huile d’olive a été réalisée à ce jour dans la wilaya de
Tizi Ouzou. Cette production dépasse les prévisions de la direction des services agricoles
(DSA) pour la saison 2015/2016, estimées à 8,64 millions de litres pour une récolte
prévisionnelle de 450 000 quintaux d’olives. Cette production a été obtenue suite à la
trituration de 509 549 quintaux d’olive sur une quantité totale de 534 538 quintaux d’olives
récoltée à travers la wilaya sur une superficie globale de 30 288 hectares. Le rendement
moyen en olive est estimé à 18 quintaux à hectare au moment où le rendement en huile est
de 19 litres par quintal. Une augmentation de 20% de la production d’huile d’olive est
enregistrée cette saison par rapport à la saison 2014-2015.
„ Vers le tri sélectif des déchets à Béjaïa
Un dispositif de traitement des déchets, reposant essentiellement sur le tri sélectif, a été
adopté par la wilaya de Béjaïa qui escompte en faire une solution d’urgence pour lutter
contre la prolifération des dépotoirs et autres décharges sauvages. Sa mise en œuvre devrait
intervenir rapidement et permettre le traitement de 400 000 tonnes de déchets, la situation
de l’environnement localement ayant atteint des niveaux insupportables, avec 300 décharges
sauvages et 9 000 points noirs. De plus, plusieurs projets a caractère environnemental, dont
les plus importants restent les centres d’enfouissements techniques (CET), prévus à
Tinebdar et Draa-el-Gaid, et les décharges contrôlées (jamais lancées), localisées
respectivement à Akbou, El-Kseur et Boudjellil sont bloqués depuis des années.
„ Protection de l’enfant : l’Algérie invitée à partager son expérience
Un responsable du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a fait part, hier à Alger,
de son souhait de voir l’Algérie partager son expérience en matière de protection de
l’enfance avec les pays de la région. «L’amélioration de la protection de l’enfant est parmi les
priorités du gouvernement algérien», a indiqué le représentant du bureau de l’Unicef à Alger,
Marc Lucet, dans une déclaration à la presse, soulignant qu’«il est important que l’Algérie
puisse partager son expérience en la matière avec les pays de la région». «L’Algérie fait partie des
pays qui donnent l’exemple dans beaucoup de domaines liés à la protection de l’enfant».
Décès du Pr Mohamed Larbi Mekhalfa
L’imminent spécialiste en médecine sportive, le Pr Mohamed Larbi Mekhalfa, s’est
éteint, hier à l’hôpital Aïn Naadja, après une longue maladie.
Membre fondateur du Centre national de médecine sportive (CNMS), sis à la Cité
sportive Mohamed-Boudiaf, le professeur Mekhalfa, a soigné nombre d’athlètes d’élite
et formé de nombreux cadres médicaux dans différentes spécialités du CNMS, un
centre incontournable de la médecine sportive.
Le Pr Mekhalfa avait acquis une notoriété internationale, qui a fait profiter le CNMS de
la contribution de nombreux experts mondiaux pour des cycles de formation de qualité.
L’enterrement du Pr Mohamed Larbi MEKHALFA aura lieu aujourd’hui dans sa ville
natale Chelghoum Laïd.
Que Dieu le Tout-Puissant accorde au défunt Sa sainte miséricorde
et l’accueille en Son vaste paradis.
A Dieu nous appartenons, à Lui nous retournons.
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