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À la découverte du chieN de trAîNeAu

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événement
Lekkarod
À la découverte
du chien de traîneau
Nouvelle épreuve dans le calendrier français du mushing,
la Lekkarod, course de chiens de traîneau longue distance
par étapes, s’est déroulée fin janvier dans les Alpes françaises.
Pendant dix jours, plus de 150 chiens ont parcouru la Savoie.
Bonne alimentation, bons soins et bon entraînement
sont les maîtres mots d’une course réussie. Par Fanny Guillaume
R
espect du chien. Telle est la philosophie
revendiquée par la Lekkarod, nouvelle
course de chiens de traîneau longue distance par étapes, dont la première édition officielle a eu lieu en Savoie, du 23 au 31 janvier,
après une édition zéro en avril 2015, à l’Alped’Huez. De grands noms du pet food, de la sellerie, de l’hygiène et de la médecine vétérinaire,
et notamment Royal Canin, Martin Sellier, la
gamme Phlox de Merial, Saniterpen ou encore
Scil, étaient partenaires de cet événement, résurgence de la mythique Alpirod, première course de
30 . PETMARKET N°253
chiens de traîneau longue distance par étapes au
monde, dont la dernière édition a eu lieu en 1995.
Sous la houlette du Pr Dominique Grandjean, vétérinaire, colonel de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et professeur à l’école vétérinaire
d’Alfort, la course a réuni 12 équipages venus de
toute l’Europe. Les traîneaux de 8 à 10 chiens, un
choix laissé à l’appréciation du musher et guidé
par des besoins de maniabilité ou de puissance,
ont parcouru chaque jour des étapes de 20 à
60 km, dans trois domaines savoyards : BessansBonneval, Valloire-Galibier puis Les Saisies.
Au premier abord, le public, novice, venu assister aux départs et arrivées, était frappé par la
physionomie des chiens qui, pour la plupart, ne
ressemblent plus à l’image classique du chien
nordique. Il en reste encore, et ici, il s’agissait de
huskies sibériens qui couraient d’ailleurs dans
une catégorie à part, celle des races pures. Mais
ils ont tendance à être supplantés par d’autres
types de chiens, dérivés de croisements avec
des chiens de chasse et des lévriers greyhounds,
comme les eurohounds (appelés aussi scandinavian hounds) du vainqueur, qui courent, eux, en
catégorie ouverte.
Doublé LGO-Lekkarod
La Lekkarod 2016 a en effet été remportée par
Rémy Coste, qui réalise là un doublé remarquable puisqu’il venait de gagner, dix jours plus
tôt, La Grande Odyssée Savoie Mont-Blanc,
autre épreuve phare du calendrier français, qui
plus est avec le même équipage ! « À l’issue des
deux épreuves, aucun de mes chiens n’avait
événement
perdu un gramme », se réjouit le musher. Il faut
dire que toute sa vie est organisée autour de ses
27 eurohounds. Il a même fait aménager un bus
de 55 places spécialement pour eux et sa famille
et sillonne les routes de Scandinavie et des Alpes
pour l’entraînement et la compétition.
Musher atypique, Rémy Coste, boulanger de
profession, a changé radicalement de vie en se
consacrant entièrement au mushing, en 2009,
après avoir obtenu un diplôme d’État d’éducateur sportif, mention attelage canin. Toute sa vie,
ainsi que celle de sa femme et de ses trois enfants,
tourne autour des compétitions. Pour autant, il
garde une activité professionnelle secondaire, car
les dotations des courses de chiens de traîneau
en Europe restent faibles et ne permettent pas de
vivre de ce sport, contrairement à ce qui se passe
aux États-Unis, par exemple.
La passion reste toutefois intacte et anime tous
les mushers qui, pour la plupart, font naître leurs
chiens et les entraînent à longueur d’année. Les
chiens sont attelés en fonction de leur morphologie, de leur écoute et de leur expérience. Les
plus puissants sont placés à l’arrière pour sortir le traîneau de la neige, les plus expérimentés
et à l’écoute sont les chiens de tête, tandis que
les jeunes, « en formation », sont positionnés au
centre de l’attelage.
« Je me lève vers 3 heures du matin pour hydrater mes chiens et démarrer l’entraînement »,
explique le musher Rémy Coste, qui préfère
les atteler de nuit, « une période où il fait plus
frais et où les sensations sont décuplées ». Autre
contrainte à laquelle il se soumet : la réalisation
de quatre massages par jour et par chien,
soit environ trois heures de massage quotidien par animal. Ces massages sont effectués avec des baumes spécifiques et visent
à prévenir les contractures et à favoriser la
récupération.
8 à 9 000 calories par jour
Il faut dire que ces athlètes de haut niveau
courent à des vitesses moyennes se situant
autour de 30 km/h, avec des pointes pouvant atteindre les 60 km/h en descente. Les
risques traumatiques sont alors bien réels et
la récupération primordiale. Le suivi médical est donc permanent lors de telles compétitions. Pendant la Lekkarod, une équipe
de sept vétérinaires et une auxiliaire spécialisée assuraient les soins et le contrôle
des chiens en continu.
Pour assurer de telles performances, les
chiens ont besoin, en plus de soins réguliers,
d’une alimentation adaptée. En effet, en activité, ils peuvent utiliser 8 à 9 000 calories
par jour ! Pour couvrir ces dépenses énergétiques, les pet fooders comme Royal Canin ont développé des gammes spécifiques,
comme Sporting Life ND ou, encore plus
pointu, l’aliment Marathon 5 000 ND, spécifiquement destiné aux chiens de traîneau.
Cet aliment est distribué sec, à raison de 200
à 900 grammes de croquettes par jour et par
chien en fonction de l’activité, avec toujours
de l’eau à volonté, car les chiens de traîneau
sont sujets à la déshydratation et ont des besoins hydriques très importants.
À côté de leur préparation physique, un bon
mental est indispensable pour les chiens
de traîneau. Il se travaille par le jeu, les périodes de repos et l’adaptation de l’entraînement. « Les chiens risquent de se lasser
si on fait trop souvent le même parcours,
Les huskies sibériens concourent dans la catégorie
« races pures ».
Le vainqueur de la course, Rémy Coste, est aux petits soins
pour ses eurohounds.
Avec les european sled dogs du musher allemand
Martin Dickel, champion du monde mi-distance, on
est loin de l’image traditionnelle du chien de traîneau.
La Lekkarod 2016 a bénéficié du soutien de grandes
marques et de professionnels du monde animalier.
Les chiens courent à des vitesses moyennes
d’environ 30 km/h.
il faut que la piste reste une découverte à
chaque fois », précise Rémy Coste, qui
ajoute qu’entre deux compétitions, il leur
accorde une semaine de repos complet au
cours de laquelle il « joue avec eux à la balle
et les emmène en promenade ». Des chiens
comme les autres, finalement ! n
Mars 2016 . 31
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