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Aéronautique : Le Drian sauve la grande soufflerie S1 de Modane

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Aéronautique : Le Drian sauve la grande soufflerie S1 de Modane de
l'ONERA
Par Michel Cabirol
Le ministre de la Défense a décidé « d’affecter dès la semaine prochaine 20 millions
d’euros » pour lancer les travaux qui permettront de sauver la grande soufflerie S1 de
Modane-Avrieux (S1MA) de l'Onera, qui menace de s’effondrer.
Jean-Yves Le Drian l'avait promis, le ministre de la Défense l'a enfin fait, comme La
Tribune l'avait révélé. Interrogé à l'Assemblée nationale par la députée socialiste Béatrice
Santais sur le besoin urgent d'un financement exceptionnel en vue de sauver la grande
soufflerie S1 de Modane-Avrieux (S1MA) de l'ONERA, Jean-Yves Le Drian a annoncé ce
mercredi avoir décidé "d'affecter dès la semaine prochaine 20 millions d'euros" pour lancer
"rapidement" les travaux dès ce printemps en vue de consolider le sol sur lequel repose la
soufflerie, qui menace de s'effondrer.
"J'ai décidé dès la semaine prochaine d'affecter 20 millions d'euros à la reconstitution
du sol qui permettra la pérennité de l'activité sur la longue durée, a expliqué le ministre de
la Défense à Béatrice Santais. Cette décision est importante (...) Elle était essentielle en
raison de l'excellence et de l'enjeu stratégique que représente pour l'industrie aérospatiale
française cet outil essentiel et unique. Je peux donc vous rassurer à cet égard."
Les travaux de consolidation portent sur les fondations de la soufflerie et de de son
bâtiment, et la stabilisation des sols jusqu'à une profondeur de 50 mètres, a précisé le
ministère de la Défense dans un communiqué publié dans la foulée de la déclaration de
Jean-Yves Le Drian. L'ONERA a établi un planning de travaux sur une durée de quatre
ans. La Direction générale de l'armement (DGA), qui exerce la tutelle de l'ONERA, versera
une subvention exceptionnelle d'investissement de 15 millions d'euros en 2016, puis de 5
millions en 2017.
Une aide urgente
Il était temps car, si le sol s'affaissait de cinq petits millimètres de plus sous la soufflerie
S1, où sont apparues de nombreuses fissures inquiétantes, la France perdait un de ses
bijoux technologiques, qui fait envie au monde entier. Selon la députée PS de l'Indre,
Isabelle Bruneau, "l'affaissement du bâtiment impliquerait une remise en état estimée à
300 millions d'euros ; s'il venait à s'effondrer, sa valeur à reconstruction est estimée à 700
millions d'euros".
Si le ministère a pris son temps avant de réagir, c'est qu'il voulait impliquer les industriels
de l'aéronautique et la DGAC (Direction générale de l'aviation civile), utilisateurs des
souffleries. Mais ils se sont tour à tour défilés, au grand dam de l'hôtel de Brienne. Pour
autant, le ministère de la Défense ne désarme pas. "Des pistes de financement
interministérielles sont actuellement à l'étude afin de porter au meilleur niveau les
équipements de mesure de ces souffleries, lesquelles sont des moyens qui servent autant
l'aéronautique civile que de défense", a expliqué le ministre de la Défense, cité dans le
communiqué de l'Hôtel de Brienne.
Le 21 octobre dernier, interrogé par Isabelle Bruneau à l'Assemblée nationale sur les
difficultés de la soufflerie S1, Jean-Yves Le Drian avait répondu qu'il était "très sensible au
sort de l'Onera, et notamment aux questions qui touchent à la soufflerie de Modane, dont
je suis directement informé". Le 27 octobre, il s'est montré un peu plus précis en
expliquant que "le ministère de la défense ne laissera pas tomber l'Onera".
Le plan de rénovation élaboré par l'industriel Spie Fondations est déjà prêt. Pour éviter
toute catastrophe, il faudrait que le chantier commence le plus tôt possible, avant la fin du
printemps. L'ONERA a déjà autofinancé 2 millions d'euros pour des travaux exploratoires
et de premier renforcement, mais faute d'argent, l'ONERA ne peut pas payer ces travaux.
D'autant que le centre de recherche devrait afficher en 2015 une perte inférieure à 4
millions d'euros, autour de 3,7 millions (contre 16 millions en 2014).
Soutien du ministère à l'ONERA
D'une façon générale, Jean-Yves Le Drian a estimé à l'Assemblée nationale que "le
ministère de la Défense soutient et continuera à soutenir le maintien des capacités de
l'ONERA". Cela a déjà été le cas en 2015. En raison d'une insuffisance de contrats de
l'industrie aéronautique civile, le ministère avait décidé "d'abonder le budget de
fonctionnement de l'ONERA de plus de 9 millions d'euros", a-t-il rappelé. Et de poursuivre :
"cette décision se prolonge en 2016 par une garantie du budget de fonctionnement à
hauteur de 105 millions d'euros. Ce qui permet à l'Office de fonctionner et même de
reprendre ses investissements".
L'aide d'urgence dédiée à la grande soufflerie S1MA n'exemptera pas pour autant l'Onera
de faire un gros travail de structuration de son fonctionnement et de sa stratégie. La
nouvelle direction y travaille, notamment sur le contrat d'objectifs et de performance
(COP), exigé par l'État. Il sera prêt en mars ou avril. Le plan stratégique scientifique (PSS)
devait être quant à lui prêt fin janvier. Une fois tout ce travail accompli, le ministère de la
Défense prendra les décisions sur le rôle et les missions de l'ONERA à l'avenir. Ce travail
de structuration permettra également d'engager le plan de soutien pour huit grandes
souffleries (plan ATP) élaboré par la direction, dont le montant s'élève à 218 millions
d'euros sur onze ans.
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