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Adresse du Ve Congrès du Parti ouvrier indépendant, fidèle à ses origines, pour la rupture avec
l’Union européenne
Réuni huit jours après les massacres du 13 novembre, le Ve Congrès du Parti ouvrier indépendant fait
sien le communiqué de ses secrétaires nationaux : « Le Parti ouvrier indépendant condamne avec la
plus grande énergie l’horrible carnage perpétré à Paris le 13 novembre. Une nouvelle fois, ce sont des
victimes innocentes et civiles qui sont frappées, victimes de la barbarie. Le Parti ouvrier indépendant
rappelle ce qu’il avait déclaré au lendemain des attentats du début de l’année 2015 à Paris : combattre
pour que ces faits épouvantables ne se reproduisent pas implique de combattre contre la guerre, dont
cette barbarie, qui s’étend au monde entier, est l’enfant naturel. Le Parti ouvrier indépendant rappelle
son engagement dans le combat contre la guerre, contre toutes les interventions militaires perpétrées en
Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Centrafrique, par les gouvernements des grandes puissances
au service des multinationales et de la classe capitaliste. C’est cette politique qui déchire les nations et
sème la barbarie dans le monde entier. Pour le Parti ouvrier indépendant, le combat pour la paix, contre
la barbarie, pour la démocratie, est indissociable du combat des travailleurs unis avec leurs
organisations contre les politiques de misère qui les frappent. C’est un même combat pour la défense des
droits ouvriers, pour la démocratie, pour la paix, pour la souveraineté, pour la civilisation humaine,
contre la barbarie. Ce combat implique — plus que jamais dans la situation dramatique que nous
connaissons — que les organisations qui parlent au nom de la classe ouvrière ne cèdent pas à l’invitation
qui leur est lancée de se joindre à l’union sacrée avec le gouvernement et le patronat » (14 novembre,
15 heures).
Depuis l’adoption de ce communiqué, les événements se sont précipités.
En quelques jours, le gouvernement a décrété la prolongation de l’état d’urgence jusqu’à fin février,
remettant gravement en cause les libertés démocratiques d’expression, de manifestation, de
revendication et permettant tous les arbitraires ; il a entamé une révision constitutionnelle qui
aggrave toutes les dispositions antidémocratiques de la Constitution de la Ve République, menaçant de
transformer ce régime politique autoritaire en un régime totalitaire ; il a intensifié les bombardements
en Syrie, déployant des moyens sans précédent au service d’une coalition avec Poutine et Obama et
franchissant plusieurs crans dans l’escalade guerrière. En dépit des crises, des contradictions et de la
crise du régime, l’appel du gouvernement à réaliser l’union nationale a été entendu ce 19 novembre,
les députés de la droite parlementaire, ceux du Front national, d’Europe Ecologie-Les Verts et du PCF
votant comme un seul homme avec le Parti socialiste pour prolonger l’état d’urgence (1).
De l’autre côté, les travailleurs et les jeunes, saisis d’horreur par les massacres du 13 novembre,
voient bien qu’au prétexte d’assurer la sécurité, c’est un arsenal de mesures antidémocratiques que le
gouvernement met en place, menaçant les libertés. Ils voient bien que lorsque François Hollande dit
que le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de responsabilité, il n’a aucune intention de remettre en
cause le pacte de responsabilité et ses 50 milliards d’euros de coupes dans la dépense publique, et pas
davantage les suppressions d’emplois par centaines de milliers dans la fonction publique, l’attaque
contre le Code du travail, ou la contre-réforme du collège. Au contraire : quatre jours après les
attentats, les députés adoptaient le projet de loi de finances 2016 qui, en application de l’accord PPCR
(rejeté par les principales organisations syndicales de fonctionnaires), supprime l’avancement
d’échelon minimum pour les fonctionnaires territoriaux ! Et dans quelques semaines entrera en
vigueur la réforme territoriale instaurant les métropoles et contraignant des milliers de communes à
des regroupements forcés, contre la volonté des élus et de la population. Plus généralement, le
gouvernement veut garder le cap de l’ensemble des mesures anti-ouvrières, anti-services publics,
antidémocratiques, dictées par les intérêts de la classe capitaliste, l’Union européenne, le Fonds
monétaire international. Le Medef ne s’y trompe pas qui, par la voix de son président, Gattaz, a
déclaré : « Nous soutenons le gouvernement et c’est pourquoi il doit couper 50 milliards d’euros dans la
dépense publique. »
En dépit de l’état d’urgence, dans les écoles, à la Sécurité sociale et dans d’autres secteurs, certaines
des grèves prévues pour le début de semaine ont été maintenues et ont mobilisé largement les
travailleurs. De nombreux syndicats, à tous les niveaux, ont affirmé publiquement leur condamnation
des attentats mais aussi de l’état d’urgence et leur refus de l’union nationale.
En contradiction avec l’union nationale réalisée à l’Assemblée nationale par les états-majors des
différents partis institutionnels, le comité confédéral national (CCN) de la CGT a déclaré : « La CGT
refuse que les salariés et la population française, à travers des modifications de la Constitution, soient
placés de fait dans un état d’urgence permanent. Elle refuse que l’expression revendicative et le
mouvement social soient muselés. » Et le secrétaire général de Force ouvrière a affirmé : « Nous ne
confondons pas l’union nationale avec la nécessaire unité et indivisibilité de la république. »
Dans notre congrès, nous avons discuté de cette situation et en avons tiré cette conclusion : seul le
bloc uni des travailleurs et de leurs organisations a la capacité de préserver la démocratie, les libertés
et les droits ouvriers, et d’arrêter d’un même mouvement les contre-réformes et la marche au
totalitarisme.
Derrière l’union nationale réalisée à l’Assemblée nationale, le 19 novembre, la crise du régime est
béante.
Hollande veut y répondre en aggravant le caractère antidémocratique des institutions, en restreignant
droits et libertés, et en ressortant des cartons le projet de De Gaulle d’un Sénat économique et social
intégrant les syndicats à l’Etat.
A cette réponse réactionnaire s’oppose l’exigence de défense de la démocratie et de l’indépendance
des organisations exprimée par de nombreuses voix dans le mouvement syndical ces derniers jours.
Une exigence indissociable du combat pour les revendications et la reconquête des droits arrachés par
la lutte de classe : reconquête de la Sécurité sociale de 1945, renationalisation des services publics,
arrêt des privatisations, rétablissement du statut des fonctionnaires, blocage des licenciements et
abrogation des contre-réformes qui, dans tous les domaines, ne font que céder aux exigences de la
classe capitaliste et de l’Union européenne. Et bien sûr : abrogation du pacte de responsabilité.
A cette réponse réactionnaire s’oppose également l’exigence de la défense et de la reconquête de la
démocratie communale, aujourd’hui menacée de disparaître avec la mise en place des lois Mapam et
NOTRe.
Toutes ces questions soulevées par les luttes de classe en cours posent un problème : quelle
perspective politique permettra d’y satisfaire ? Pour le Parti ouvrier indépendant, une issue politique
conforme à la démocratie et aux intérêts ouvriers passera nécessairement par la liquidation des
institutions antidémocratiques de la Ve République et la dénonciation des traités qui fondent l’Union
européenne.
Seule une Assemblée constituante souveraine, par laquelle les délégués du peuple, désignés sur un
mandat, définiront eux-mêmes les formes et le contenu de la démocratie, pourra jeter les bases d’un
gouvernement de rupture avec l’Union européenne, les banquiers et les capitalistes, un gouvernement
qui osera annuler la dette publique et prendre les mesures d’urgence qu’appelle la situation.
Ces positions sont celles du Parti ouvrier indépendant. Il n’en fait pas une condition pour agir dans
tous les domaines dans le sens de la réalisation de l’unité des travailleurs et des organisations pour
arracher leurs justes droits.
Membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, le POI agit pour l’Internationale
ouvrière, l’Internationale des travailleurs et des peuples établissant entre eux, à égalité, des relations
fraternelles de coopération excluant tout rapport de domination. C’est pourquoi il se prononce contre
la guerre, et pour le retrait des troupes d’intervention française de tous les pays où elles
interviennent. Car les faits sont les faits : sous le prétexte invoqué de la défense de la souveraineté et
de la paix, l’escalade guerrière commencée il y a vingt-cinq ans par la première guerre d’Irak ne va
qu’en s’amplifiant. Ce n’est pas sur ce terrain que des solutions conformes aux droits des peuples
seront établies. Et c’est pourquoi, saisi d’une demande adressée par des camarades d’Afghanistan que
soit convoquée une conférence mondiale contre la guerre et l’exploitation, le congrès mandate le
bureau national pour créer, au plus vite, les conditions et dégager les moyens de la convocation d’une
telle conférence.
Dans la période difficile ouverte par les attentats sanglants du 13 novembre, les militants du Parti
ouvrier indépendant auront à cœur, dans le respect de l’indépendance des organisations syndicales,
de contribuer à la réalisation de toutes les initiatives permettant d’aller dans le sens de la réalisation
indispensable de cette unité des travailleurs et de leurs organisations pour leurs revendications.
La question du Code du travail occupe une place centrale. A l’initiative du Parti ouvrier indépendant,
18 000 travailleurs, jeunes et militants de toutes tendances ont, en dix semaines, signé un appel qui dit
« Ne touchez pas au Code du travail ! Retrait de la loi du gouvernement ! ».
A ces 18 000 signataires — quels que soient leur engagement politique, leurs positions partisanes ou
syndicales — nous soumettons la proposition de constituer des comités pour l’unité pour le retrait du
projet de loi gouvernemental, pour « Ne touchez pas au Code du travail ! ». Ainsi nous aiderons
politiquement à ce que se constitue le bloc uni des travailleurs et des organisations pour empêcher le
vote de cette loi qui ramènerait plus d’un siècle en arrière la situation de la classe ouvrière.
Dans cette situation difficile, la démocratie politique est indissociable du droit des travailleurs de
s’organiser en toute indépendance pour défendre leurs intérêts spécifiques. Cela est vrai du combat
pour la nécessaire indépendance des organisations syndicales. Et sur le plan politique, cela pose la
nécessité de la construction d’un authentique parti ouvrier indépendant.
Le Parti ouvrier indépendant s’est constitué pour aider à avancer dans ce sens. Sur la base des travaux
de ce congrès, des campagnes en cours et du mouvement de résistance général qui est celui de la
classe ouvrière rejetant l’union nationale, nous invitons ceux qui partagent ces objectifs à prendre leur
place dans la construction de ce parti. A ceux qui, à ce stade, ne le souhaitent pas, nous proposons de
travailler ensemble pour la cause commune, celle de l’émancipation de la classe ouvrière des chaînes
de l’exploitation, de l’oppression, de la guerre et de la misère.
Paris, le 22 novembre 2015, 15 heures
Adoptée à l’unanimité des délégués, des observateurs et des membres du bureau national sortant
(1) A l’exception notable des votes « contre » de trois députés du PS et de trois députés EELV, et d’une
abstention.
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