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a telecharger - Convention Pour Une Guadeloupe Nouvelle

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LA NATION
QUOTIDIEN D'INFORMATION EN LIGNE FONDÉ LE 21 FEVRIER 2005
Des guadeloupéens caribéens pensent la Guadeloupe et le Monde
ONZIÈME ANNÉE N°1246 DU 12 MARS 2016
1801/2016 : 215e ANNÉE DE LA NATION GUADELOUPE
VERS L' INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE
DE LA GUADELOUPE ?
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
LES TITRES
AFFAIRES NATIONALES page 3
INNOVATIONS page 11
AFFAIRES MONDIALES page 14
SANTÉ page 20
MARCHÉS FINANCIERS MONDIAUX page 22
DROIT, MANAGEMENT, PATRIMOINE page 25
TABLEAU DE BORD GUADELOUPE page 26
Nombre de pages :29
LA NATION
PUBLICATION DU GROUPE MÉDIA CARAÏBE :
22 BIS RUE ALEXANDRE ISAAC POINTE À PITRE GUADELOUPE
ADMINISTRATION :
Géré par l'association Média Caraïbe.
PRÉSIDENT DU CONSEIL D' ADMINISTRATION : DAVILA JACQUES
COORDONNATEUR ADMINISTRATIF: JEAN PAUL ELUTHER
Abonnement : O690 55 93 53 ;
Publicité : Régie Caraïbe de publicité 0690 40 42 55 ;
Agence de presse : Média info
RÉDACTION
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION ET RÉDACTEUR EN CHEF : ELUTHER JEAN PAUL
COMITÉ DE RÉDACTION : José Baltide ; Jacques Davila; WesleyAminata.
2
LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
AFFAIRES NATIONALES
POLITIQUE
LE NÉCESSAIRE DÉBAT ÉNERGÉTIQUE
La Guadeloupe importe la totalité des matières premières
indispensable à la production de son électricité. Le charbon et le
pétrole, les matières premières fossile à la base de la production
d'électricité nous coûtent très chers . Par ailleurs , nous n'avons
pas d'électricité nucléaire. Seul 6% de notre production est
d'origine géothermique . Pourtant , nous possédons en grande
quantité de l'eau chaude d'origine volcanique ressource en principe
inépuisable. Aujourd'hui les 6% de production géothermique sont le
fait d'une société anonyme, Bouillante géothermie, détenue par
Sageos dont 98 % du capital appartient au BRGM et 2% à EDF qui
depuis les années 70 avait lancé les recherches et la production en
Guadeloupe mais n'a jamais été intéressé par la production en plus
grande quantité de l'électricité géothermique .
Les dirigeants actuels de BOUILLANTE GÉOTHERMIE considérant
qu'ils ne sont pas des industriels ont choisi de vendre leurs actions
à une société américaine ORMAT qui est leader de cette activité
dans le monde et qui a aussi des compétences en matière d'énergie
solaire. La technologie de base de Ormat est l'unité de production
d'électricité Ormat Energy Converter (OEC). Il convertit l'eau
chaude en énergie électrique avec une faible ou zéro émission de
CO2 et de polluants. La société est le troisième producteur
géothermique aux États-Unis. Les solutions d'énergie récupérées de
Ormat ont été déployés dans des projets en Allemagne, Canada,
Inde, États – Unis, en Indonésie , en Amérique latine et au Japon.
Dans les années 1980 Ormat a construit et exploité une des
premières centrales électriques du monde pour produire de l'
électricité à partir de l' énergie solaire, située juste au nord de la
mer Morte en Israël. L'usine a utilisé une technologie appelée
étang solaire , une grande échelle solaire thermique collecteur
d'énergie avec le stockage de chaleur intégré pour fournir de l'
énergie thermique. Ce fut la plus grande exploitation bassin solaire
jamais construit pour la production d'électricité et exploité jusqu'en
1988. Il avait une superficie de 210.000 m² et a une puissance
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
électrique de 5 MW. Après le démantèlement du projet de piscine
solaire Ormat n'a plus été actif sur le marché de l' énergie solaire
jusqu'en Octobre 2009 , quand il a annoncé que sa filiale, Ormat
Systems Ltd., a signé une joint - venture avec Energy Ltd. pour
développer et exploiter Solar- photovoltaïque systèmes d'énergie
en Israël avec une capacité totale de 36 MW. En contrepartie de
l'achat des actions de Bouillante géothermie ORMAT doit
augmenter
la
production
guadeloupéenne
d'électricité
géothermique jusqu'à 50% de la consommation en 2020 et 100 %
le plus vite possible. En principe,
cette vente sera réalisée
définitivement au plus tard en septembre 2016. L'augmentation de
capacité nécessite des moyens financiers importants de l'ordre de
70 à 75 millions d'euros . Une autre solution elle possible comme
certains le pensent ? Ceux qui veulent se lancer avec des chances
de succès doivent pourvoir mobiliser 100 millions d'euros et
disposer d'une compétence technique dans ce domaine. En
Guadeloupe cela ne semble pas possible . Les guadeloupéens
doivent donc rester attentifs et s'informer car notre avenir dépend
en parti de la réussite de cette exploitation .
Pour aller plus loin
BOUILLANTE GÉOTHERMIE est une SA à conseil d'administration
dont le capital social est de 2 244 704 EURO. Elle emploie
actuellement 17 salariés . En 2014, le chiffre d'affaires a été de 8
630 000 Euros et le résultat net de -1 344 000 Euros. Deux labels
ont été décernés par Manageo à la société GÉOTHERMIE
BOUILLANTE : le label pérennité pour ses 15 ans ou plus
d'ancienneté et le label transparence pour la publication d'au moins
un bilan ces deux dernières années.
Basée à Réno au Nevada, ORMAT est une société de premier
plan géothermique et la seule société verticalement intégrée
uniquement engagée dans la géothermie et l'énergie récupérée
(REG), avec l'objectif de devenir un fournisseur leader mondial de
l'énergie renouvelable.
La société a plus de cinq décennies
d'expérience dans le développement de solutions d'alimentation
state-of-the-art, respectueuses de l'environnement. La société
conçoit, développe, construit, possède et exploite la géothermie .
La connaissance approfondie acquise grâce à ces opérations donne
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
la Société un avantage concurrentiel en permettant une
maintenance efficace et une réponse rapide aux questions
opérationnelles. En plus de posséder et d'exploiter des centrales
géothermiques aux États-Unis et dans d'autres pays, la société
conçoit, fabrique et vend des équipements de production d'énergie,
ainsi que les centrales électriques complètes sur une base clé en
main. Ormat Technologies Inc. est un fournisseur de solution de
rechange et de l' énergie renouvelable technologie basée à Reno ,
Nevada . À ce jour , la société a construit plus de 150 centrales
électriques et installé plus de 2.000 MW dans le monde entier.
Ormat possède et exploite également 666 MW d' énergie
géothermique et l' énergie récupérée des centrales électriques à
base. Les actions de la société sont cotées à la Bourse de New York
depuis 2004. principales installations de production de la société
sont basées à Yavne en Israël. Industrie Alternative énergétique et
l'énergie renouvelable ; La société possède et exploite des centrales
géothermiques en Californie , Nevada , Hawaii , le Nicaragua , le
Guatemala , le Kenya, la Nouvelle - Zélande et l' Indonésie .
Fondé en 1965 à Yavne , Israël
FondateurLucien et Dita Bronicki
Quartier général
Nevada , États-Unis
chiffre d' affaire :
US $ 559,52 millions d' euros (2014)
Le résultat d'exploitation : US $ 143,49 millions d' euros (2014)
bénéfice net : US $ 54.18 million (2014)
total de l'actif US $ 2,121.56 millions (2014)
total des capitaux propres ; US $ 774,92 millions d' euros (2014)
Nombre d'employés 1095 (2014)
Site Internet :www.ormat.com
LE POINT DE VUE : LA CONVENTION POUR UNE
GUADELOUPE NOUVELLE est particulièrement satisfaite de
l'existence dans notre pays d'une matière première qui si elle est
bien exploitée nous donne la possibilité de produire de l'électricité à
des coûts compétitifs ce qui constitue un atout non négligeable
pour une forte croissance économique . Nous sommes aussi
satisfait que nous traitons avec une entreprise leader mondial de la
production d'électricité géothermique qui dispose à la fois des
capitaux et de la compétence technologique nécessaire . Faire yout
par soi même n'est pas un gage de réussite . Cependant , nous
souhaitons d 'une part que cette exploitation soit menée dans la
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
transparence la plus totale afin que chaque guadeloupéen soit tenu
informé et d'autre part que les guadeloupéens qui le souhaitent
doivent pouvoir entrer dans le capital de BOUILLANTE GEOTHERMIE
afin que cette activité puisse leur rapporter
des dividendes
financiers . La participation au capital est un moyen pour être
informé et pour participer à l'indépendance technologique du pays ,
cet apport au capital ouvrant de plus droit à la défiscalisation.
GESTION DE L'EAU : UN SYNDICAT MIXTE OUVERT
Vendredi , tous les présidents et présidentes des communautés
d'agglomération et de communes étaient réunis à l'espace régional,
au Raizet/Abymes. Pendant plus de deux heures, ils ont travaillé
sur la question prioritaire de l'eau. Trois problématiques étaient au
cœur de ces échanges : l'état structurel des réseaux d'adduction et
de distribution, la gestion et la préservation de cette ressource
naturelle et les difficultés d'exploitation des réseaux vieillissants.«
Nous avons fait un certain nombre d'avancées », a déclaré, Josette
Borel-Lincertin, présidente du conseil départemental, à l'issue de la
séance de travail. « Nous pouvons désormais parler d'un syndicat
mixte plutôt que d'un syndicat unique. Ce sera un syndicat mixte
ouvert qu'on pourrait commencer, par exemple, avec deux ou trois
partenaires, comme la Communauté d'agglomération La Riviéra du
Levant et la communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre.
Les autres y entreraient par la suite ».
Mercredi, à Basse-Terre, lors d'une réunion de travail sur les grands
dossiers, le préfet Jacques Billant, Josette Borel-Lincertin,
présidente du Département, et Ary Chalus, président de Région, ont
discuté de la gestion de l'eau, et plus particulièrement de la
rénovation et de la modernisation du réseau. À cette occasion, ils
ont annoncé qu'un montant de 500 millions d'euros sera dégagé sur
dix ans pour commencer rapidement les travaux sur le réseau et
mettre en place un syndicat de l'eau. Ce plan, à l'état d'ébauche
devrait se préciser au cours des prochaines réunions, prévues tous
les deux mois, entre les trois institutions.
LA CONTRE RÉVOLUTION DE HOLLANDE par Gérard Filoche :
Myriam El Khomri prétend nous « bousculer vite et fort », clamant
que nos critiques sont « absurdes ». C’est sa conception du «
dialogue social ». Pourtant, « l’absurdité » est tout entière dans
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
l’article 1 de sa loi : ne serait-ce qu’à cause de lui, tout le projet de
loi El Khomri doit être retiré. Il est la remise en cause historique,
théorique, juridique, fondamentale d’un siècle de Code du travail.
Le Code du travail est né en 1910, après la catastrophe de
Courrières de 1906, dans le Pas-de-Calais. Lors de cette tragédie,
1 099 mineurs avaient perdu la vie. Le choix fondamental a été,
depuis, d’adapter le travail aux humains et non pas les humains au
travail. Aussi, lorsque le président Hollande annonce qu’il veut «
adapter le droit au travail aux besoins des entreprises », c’est une
contre-révolution conceptuelle. Elle n’a rien de « moderne » et rien
à voir avec la « crise » : c’est le retour au XIXe siècle, bien avant
1906, aux débuts du salariat postesclavage, quand il n’y avait ni
lois ni cotisations sociales. Ça n’a rien à voir non plus avec
l’emploi : Hollande l’avoue le 21 février 2016, en précisant que
cette loi « n’aura pas d’effets en termes d’emploi avant plusieurs
mois. Mais il s’agit d’installer un nouveau modèle social ». Cent ans
durant, le Code du travail a été construit pour que les droits des
humains au travail échappent aux exigences du marché, de la
rentabilité, de la compétitivité. Les lois du travail sont – et doivent
rester – universelles en ce qu’elles sont attachées aux droits
humains. Elles doivent l’emporter sur les contrats, sur les accords,
sur les dérogations, les exceptions. C’est ce qui est garanti par la
Déclaration des droits de l’homme de 1948, par la charte
européenne des droits fondamentaux des humains de 1999, par
des conventions de l’OIT. S’il existe une Organisation internationale
du travail, c’est pour que ces droits humains s’étendent, pas pour
que le président Hollande les rabougrisse.
QUEL IMPACT DE LA RE CENTRALISATION DU RSA SUR LES
FINANCES DÉPARTEMENTALES
Fin février, à la demande pressante de l'Assemblée des
départements de France (ADF), Manuel Valls a en effet accepté de
recentraliser les dépenses liées au RSA en raison des grandes
difficultés financières de nombreux départements qui avaient
jusqu'ici la charge de distribuer ce RSA. Ainsi, en 2014, les
dépenses liées au RSA se sont élevées à 9,7 milliards d'euros. Et
ces dépenses ont été compensées par l'Etat à hauteur de 6,4
milliards d'euros, soit un reste à charge de 3,3 milliards d'euros
pour les départements. En 2015, le reste à charge serait de 4
milliards d'euros. A priori, comme le relève S&P - et c'est aussi ce
que l'on pouvait comprendre des propos du Premier ministre - en
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
contrepartie de cette reprise en charge par l'Etat, celui-ci «
ponctionnerait
certaines
recettes
non
dynamiques
des
départements, telles que la taxe intérieure de consommation sur
les produits énergétiques (TICPE), le fonds de mobilisation
départementale pour l'insertion ou la dotation globale de
fonctionnement. Une ponction sur des recettes départementales
dynamiques (telles que la cotisation sur la valeur ajoutée des
entreprises ou les droits de mutation à titre onéreux) ne
constituerait pas à ce stade une piste privilégiée ».Dans ces
conditions,
l'opération
pourrait
être
bénéfique
pour
les
départements. En effet, comme le souligne S&P, et à la condition
que l'année de référence soit bien 2014, "nous estimons que les
performances budgétaires des départements pourraient être
nettement améliorées avec un taux d'épargne brute supérieur à
12% à l'horizon 2018, contre 8% environ dans le cadre actuel. Les
départements
pourraient
ainsi
stabiliser
leurs
dépenses
d'investissement au niveau de 2015, voire légèrement les
augmenter tout en maintenant des besoins de financement très
modérés". Certes, mais c'est justement tout le fond du débat :
déterminer quelle sera l'année de référence, sachant que chaque
année supplémentaire, le reste à charge pour les départements
augmente de 700 millions. Selon nos informations, à Bercy, on
estime que si comme le souhaite l'ADF, l'année de référence reste
2014 et non 2016, soit 1,4 milliard d'euros supplémentaire à
financer par les caisses de l'Etat, il faudra alors peut-être, vu le
coût de la mesure, revoir les contreparties demandées aux
départements et ne pas se limiter à « capter » leurs seules recettes
non dynamiques. Une partie des recettes des droits de mutation à
titre onéreux prélevées par les départements pourrait alors être
affectée à l'Etat qui ne veut absolument pas laisser filer son déficit.
Le marchandage sur l'année de référence n'est donc pas terminé
entre le gouvernement et l'ADF, présidée par Dominique Bussereau
(« Les Républicains »). « Cela se traduirait (...) par une légère
hausse du taux d'endettement du bloc communal en raison de la
baisse de leurs recettes de fonctionnement dont une partie serait
transférée à l'Etat. Nous estimons cet impact à moins de 5 % des
recettes de fonctionnement. » Cependant, S&P estime que dans un
scénario de ponction limitée aux recettes non dynamique et en
prenant l'année 2014 comme référence - soit le scénario le plus
positif pour les départements - la recentralisation aura alors un
impact très positif sur la capacité de désendettement du bloc
départemental qui serait de 5 ans environ en 2018, contre plus de
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
8 ans dans le cadre actuel. L'agence de notation reste toutefois
prudente et déclare suivre « attentivement » l'avancée du projet de
recentralisation du RSA, ainsi que le sort réservé aux autres
allocations individuelles de solidarité (AIS) qui restent à la charge
des départements (les allocations « autonomie » et « handicap »).
S&P a raison de se méfier car il n'est pas du tout acquis, répétons
le, que 2014 soit l'année de référence pour la reprise par l'Etat du «
reste à charge » du RSA.
Économie ET social
LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE TENTE DE RELANCER L'
INFLATION
La Banque centrale européenne (BCE) a sorti les grands moyens
jeudi pour tenter de relancer l'inflation en zone euro et maintenir sa
crédibilité, en dévoilant une flopée de nouvelles mesures de soutien
à l'économie dont une nouvelle baisse de taux.Ce faisant, son
président Mario Draghi, engagé dans une lutte sans merci contre
l'inflation trop basse, est même allé plus loin que ce qu'on attendait
de lui, réjouissant les marchés dans un premier temps, mais
donnant aussi l'impression que la BCE a maintenant donné «le
maximum». Le conseil des gouverneurs de l'institution monétaire a
décidé d'abaisser encore davantage l'ensemble de ses taux
directeurs, déjà au plus bas bas depuis plus d'un an. Et la BCE
pourrait aller encore plus bas, si cela s'avérait nécessaire, a assuré
M. Draghi. D'autant qu'elle a revu à la baisse ses prévisions de
croissance et d'inflation pour 2016 et 2017. En parallèle, la banque
centrale va muscler à partir d'avril son vaste programme de rachats
de dettes, le «QE» pour «Quantitative Easing», en rachetant
jusqu'à 80 milliards d'euros de titres chaque mois, contre 60
milliards jusqu'à présent, et ce jusque mars 2017. Au total, en deux
ans, la BCE aura déboursé d'ici là à ce titre 1.740 milliards d'euros.
La palette des titres éligibles au rachat de dettes a été élargie pour
inclure des obligations émises par des entreprises de la zone euro à l'exclusion des banques. Un nouveau programme de prêts géants
pour les banques complétera le dispositif. L'objectif est d'inciter les
banques à faire circuler l'argent dans l'économie, pour faire repartir
le crédit, les prix, et la croissance. «Nous avons montré que nous
ne sommes pas à court de munitions», a martelé M. Draghi,
indiquant que «l'écrasante majorité» du conseil des gouverneurs
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
s'était rangée derrière les mesures prises jeudi. La preuve, selon
lui, de la «volonté» de la banque centrale à gagner la bataille
contre l'inflation trop basse, alors que des rumeurs ont fait état ces
derniers mois de dissensions au sein du conseil.M. Draghi en a
profité pour égratigner les partisans du statu quo, au rang desquels
le gouverneur de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann. Une
politique du «non à tout» aurait conduit à «une déflation
désastreuse», a martelé l'Italien, prononçant la formule «non à
tout» en allemand («nein zu allem»). La banque était sous pression
pour frapper fort, après avoir déçu les marchés une première fois
en décembre. Les effets des outils déjà déployés se font encore
attendre. Un an après avoir dégainé la première version de son
«QE», l'inflation s'affiche à -0,2% en zone euro, très loin de
l'objectif d'une hausse des prix proche mais inférieure à 2%. La
faute à la chute sans fin des prix du pétrole et à une reprise
toujours atone sur le Vieux Continent, assombrie par le
ralentissement des économies émergentes. Toutes les mesures
annoncées jeudi vont au-delà des espérances des marchés, qui
attendaient seulement une augmentation des rachats de dettes et
une baisse d'un des taux directeurs, le taux de dépôt. Les marchés
ont dans un premier temps jeudi tiré leur chapeau à cette offensive
monétaire, avec de fortes progressions des Bourses et une chute
marquée de la monnaie unique. Mais l'humeur a rapidement tourné
et Francfort a fini sur une forte baisse de 2,31%, pendant que Paris
terminait en recul de 1,70% et Londres de 1,78%. Les premières
réserves se faisaient déjà entendre sur l'efficacité de l'action de la
BCE. «C'était le maximum que la BCE puisse faire, mais cela ne
suffira pas à lever les doutes sur l'impact de ces mesures»,
soulignait Carsten Brzeski, économiste chez ING. De plus en plus
d'observateurs mettent en doute la capacité de l'institution à
ramener l'inflation vers sa cible - et celle des banques centrales de
manière générale à agir sur l'économie. Pour Jonathan Loynes, de
Capital Economics, la BCE a dévoilé «un panaché de mesures plus
audacieux que ce que la plupart des observateurs attendait». «La
BCE a finalement tenu ses promesses», salue-t-il, «mais elle ne
peut pas faire des miracles».
RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR LA RÉDACTION
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
INNOVATIONS , SCIENCES ET TECHNOLOGIES
LANCEMENT DE LA MISSION EXOMARS
C'est lundi que sera lancée la mission ExoMars, le départ est prévu
à 10h31 depuis Baikonur. Le but est de faire l'exploration de la
planète rouge et de son atmosphère. Le programme ExoMars
regroupe trois missions spatiales à destination de la planète Mars
développées par l’Agence spatiale européenne (ESA) avec une
participation importante de l’agence spatiale russe Roscosmos :
l’orbiteur, ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) et l’atterrisseur
Schiaparelli qui doivent être lancés en 2016 et le Rover ExoMars
lancé en 2018. L’objectif scientifique du programme est l’étude de
l’atmosphère de Mars en particulier la détermination de l’origine du
méthane trouvé à l’état de trace ainsi que la recherche d’indices
d’une vie passée ou présente sur la planète. Sur le plan technique,
le programme doit permettre à l’agence spatiale de développer
pour la première fois un atterrisseur et un rover martien et
d’expérimenter les techniques d’aérofreinage et d’atterrissage.
(source wikipedia). Mars a-t-elle hébergée la vie ? C’est une
question qui taraude les scientifiques. Selon les informations
récoltées par Curiosity, qui se promène sur la planète rouge depuis
2012, c’est une possibilité. Pour aller plus loin dans les recherches,
l’Agence spatiale européenne et Roscosmos, l’agence spatiale
russe, se sont associées pour lancer la mission ExoMars, dont la
première étape commencera ce lundi 14 mars à 10h31. A cette
heure précise, une fusée russe Proton décollera depuis Baikonur
avec à son bord un orbiteur et une capsule de descente. Les 2
équipements devront voyager pendant 7 mois, l’arrivée à
destination est prévue le 19 octobre 2016. Le module de descente,
baptisé Schiaparelli (selon un astronome italien du 19ème siècle),
se détachera et viendra se poser sur Mars. Pour les scientifiques il
s’agira d’étudier les techniques d’entrée dans l’atmosphère et
d’atterrissage afin de préparer la deuxième étape de la mission
ExoMars. Schiaparelli aura une durée de vie courte, seulement 2 à
4 jours mais elle récoltera des données essentielles. L’orbiteur ou
sonde TGO (Trace Gas Orbiter) aura pour mission d’analyser
l’atmosphère de la planète Mars. Le but est de quantifier sa
composition en dioxyde d’azote, vapeur d’eau et autres éléments
11
LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
mais surtout en méthane. Ce dernier élément démontrerait
l’existence d’une vie micro-organique sur la planète rouge.
L’objectif de cette première mission ExoMars sera, entre autre, de
préparer le terrain pour ExoMars 2018. Au mois de mai 2018, c’est
un rover équipé d’une foreuse pouvant s’enfoncer jusqu’à 2 mètres
dans le sol qui sera envoyé sur Mars, Il devrait arriver en janvier
2019. Cependant cette deuxième étape pourrait être repoussée de
2 ans faute de budget.
LES JAPONAIS ONT DÉCOUVERT UNE BACTÉRIE CAPABLE DE
DÉCOMPOSER LE PLASTIQUE
Des scientifiques japonais ont découvert une nouvelle espèce de
bactéries capables de décomposer le plastique. Les déchets
plastique ont envahi les océans , les détritus flottants s’y
amoncellent en de gigantesques amas, se dégradant extrêmement
lentement, avec des effets dévastateurs pour la vie animale et
l’environnement. Mais la nature contre-attaque : une bactérie
mangeuse de plastique vient d’être découverte. Elle s’appellera «
Ideonella sakaiensis », ont décidé les scientifiques japonais qui l’ont
débusquée. Il s’agit du premier organisme capable de dégrader et
d’assimiler complètement le polytéréphtalate d’éthylène (PET), un
plastique couramment utilisé dans la fabrication des bouteilles, des
cartes au format « carte de crédit » et des emballages jetables de
toutes sortes.
Comment mange-t-elle du plastique ?
Si de l’extérieur le plastique semble une matière uniforme, il s’agit
en fait d’une substance polymère, dérivée du pétrole, c’est-à-dire
composée d’une succession de petites molécules. Ces plastiques
synthétiques existant depuis moins d’un siècle, les microorganismes n’ont pas eu le temps de développer une trousse
d’outils biochimiques pour s’en nourrir. Sauf la « Ideonella
sakaiensis ». Cette nouvelle espèce « hydrolise » le plastique. Elle
le décompose en sécrétant deux enzymes, qui s’attaquent
directement à ses liaisons moléculaires. Dans son rapport publié
vendredi 11 mars dans la revue Science , l’équipe de l’Université
des arts et techniques de Kyoto explique comment elle a dû passer
au crible des centaines d’échantillons environnementaux avant de
repérer cette colonie d’organismes, qui l’utilisait comme source de
carbone, nécessaire à sa croissance.
12
LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
Les bactéries nous sauveront-elles de l’invasion plastique ?
Ce régime inattendu chez les bactéries pourrait se révéler d’une
grande utilité. Il suffirait de lancer des cultures de bactéries pour
faire disparaître sans effort nos montagnes de détritus. Mais on en
est encore loin. Même si la « Ideonella sakaiensis » est plutôt
vorace en comparaison à d’autres organismes, elle n’est parvenue à
dégrader totalement un morceau de plastique - de la taille d’un
ongle de pouce - qu’en l’espace de six semaines, dans un
environnement à 30 degrés, lors des tests. Un processus très lent
face à notre folle addiction au plastique. « Nous devons améliorer la
bactérie pour la rendre plus puissante, le génie génétique pourrait
s’appliquer dans ce domaine », soutient Kohei Oda, de l’équipe de
recherche. Une façon d’accélérer les choses pourrait être de
transférer les gènes de fabrication des deux enzymes dans une
bactérie se développant plus rapidement comme l’Escherichia Coli,
propose le chercheur allemand Uwe Bornscheuer, dans le New
Scientist . « Je suis sûr que nous allons trouver dans la nature
d’autres microbes ayant évolué de façon à dégrader d’autres
matières plastiques, poursuit-il. Il s’agit juste de chercher
correctement, et d’avoir de la patience, à l’image de cette équipe
japonaise ».
RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR LA RÉDACTION
AFFAIRES MONDIALES
SOCIÉTÉ, POLITIQUE , ÉCONOMIE MONDIALES
UN ANCIEN ÉCONOMISTE DU FMI PRÉDIT UNE NOUVELLE CRISE
FINANCIÈRE
Il y aura une autre crise financière à l'échelle mondiale a déclaré l'ancien
économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) . Dr Simon
Johnson, qui est à la Banque centrale de la Barbade comme troisième
Distinguished Visiting Fellow, a émis cette mise en garde mercredi à la
conférence du Centre régional d'assistance technique des Caraïbes
(CARTAC) dont le thème était
«Renforcer la résilience aux crises
financières dans les Caraïbes: le rôle de la gestion des crises Les
politiques, les mesures et plans ». Il a affirmé que la prochaine crise
13
LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
pourrait être d'une ampleur similaire voire supérieure à la dernière.
Johnson constate que la situation est identique à celle de 1995, lorsque
les six plus grandes banques aux États-Unis avaient des actifs totalisant
moins de 20 pour cent du PIB de ce pays et d'aujourd'hui où JP Morgan
Chase a des actifs totalisant près de 20 pour cent du PIB aux États-Unis
». Il a aussi dit que les grandes banques en Amérique étaient devenues
trop grosses , trop complexes et trop opaques . Il a ajouté qu'une autre
cause majeure de crise est le fait que la grande majorité des actifs de
ces banques sont de la dette, et non pas des liquidités . Johnson a
reconnu qu'il y avait eu des changements réglementaires depuis la crise
financière de 2007-2009, mais a fait valoir que beaucoup de ceux ci sont
typiques de ce qu'il appelle le «Doomsday Cycle». Il a expliqué que la
crise financière favorise une réglementation accrue qui est bientôt suivie
par des demandes de l'industrie tirant parti de son influence pour faire
pression avec succès pour une diminution de la réglementation . Lorsque
les pertes se produisent, le système financier est renfloué, et ce
subventionnement explicite et implicite de l'industrie devient une
incitation à prendre des risques excessifs, entraînant finalement une
autre crise. Il a dit que ce cycle persiste parce que la politique joue un
rôle majeur dans les décisions réglementaires et que le pouvoir
économique des grandes banques américaines a entraîné une grande
influence politique. Johnson a incité les organismes de réglementation
locaux et régionaux à faire des tests de stress, tout en les encourageant
à aller au-delà des mesures proposées .
LES NATIONS UNIES ADOPTE DES INDICATEURS DE MESURE
DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
À l'issue de sa 47ème session, qui a lieu du 8 au 11 mars au siège
de l'Organisation à New York, la Commission statistique de l'ONU a
adopté vendredi un cadre global d'indicateurs de mesure, qui
permettra de rendre compte des progrès réalisés dans la mise en
œuvre des Objectifs de développement durable (ODD). L'ODD N°17
du Programme de développement durable à l'horizon 2030, adopté
en septembre 2015 par les états membres, appelle en effet d'ici
2020 à « améliorer la création de capacités en faveur des pays en
voie de développement, y compris les PMD [pays les moins
développés] et les PEID [petits États insulaires en développement],
afin d'augmenter de manière significative la disponibilité de
données de qualité, pertinentes et fiables, ventilées par revenus,
genre, âge, race, ethnicités, statut migratoire, incapacités, location
géographique, et autres caractéristiques pouvant être pertinentes
dans le contexte national ». Pour répondre à cet appel et définir de
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
nouvelles méthodes d'acquisition et d'intégration des données,
capables de mesurer fidèlement les progrès réalisés dans la
poursuite des ODD, un groupe d'experts inter-agences a été créé
en juin 2015. A l'issue de sa 47ème session, la Commission
statistique de l'ONU a adopté la proposition finale du groupe
d'experts inter-agences concernant un cadre global d'indicateurs de
mesure des progrès réalisés dans la mise en œuvre des ODD, a
indiqué un communiqué de presse rendu public par la Commission.
« Achever la définition du cadre d'indicateurs n'est bien sûr pas une
fin en soi – au contraire, c'est le commencement », a souligné le
Secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires économiques et
sociales, Wu Hongbo, dans une allocution lue par le Secrétaire
général adjoint chargé du développement et de la coopération
économiques, Lenni Montiel, lors de la 47ème session de la
Commission. M. Wu a toutefois estimé que des améliorations seront
à apporter à ce cadre d'indicateurs de haute qualité au fil du temps
et au grès de l'accumulation des connaissances ainsi que des
nouveaux outils et sources de données qui deviendront disponibles.
La Commission de statistique présentera ultérieurement ce cadre
global d'indicateurs au Conseil économique et social (ECOSOC) et à
l'Assemblée générale de l'ONU pour son adoption définitive.
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
AMÉRIQUE ET CARAÏB
CUBA ET L' EUROPE SIGNENT UN ACCORD CADRE
Cuba et l'Union européenne ont signé aujourd'hui à la Havane un
accord cadre pour normaliser pleinement leurs relations. Après
presque deux ans d'intenses négociations, l'accord de coopération
et de dialogue politique a été signé par Christian Leffler, Secrétaire
adjoint pour les questions économiques et globales de l'UE et par le
Vice-ministre cubain des affaires étrangères Abelardo Moreno, au
siège du Ministère cubain des affaires étrangères. L'accord a été
signé en présence de la chef de la diplomatie de l'Union Européenne
Federica Mogherini et du ministre cubain des affaires étrangères,
Bruno Rodríguez. Cuba était le seul pays de l'Amérique Latine qui
manquaient d'un accord de dialogue politique avec l'UE. En avril
2014 le bloc a entamé des négociations afin de laisser derrière la
«Position commune» prise en 1996, qui posait des conditions à la
coopération. "Cet accord marque la fin de la Position commune- a
déclaré Féderica Mogherini, qui a fait savoir que l'UE fera les pas
nécessaires pour "abroger formellement cette norme". Le ministre
cubain des Affaires étrangères s'est félicité du final heureux d'une
négociation complexe qui a été réalisée en 7 séries. "Il s'est agi
d'un processus dynamique, qui n'a pas manqué de complexités-a-til précisé. Une déclaration commune souligne: "De cette façon, les
relations entre Cuba et l'UE pourront se consolider à moyen et long
termes, sur la base du respect, de la réciprocité et des bénéfices
mutuels».
HAÏTI DEMANDE L' ASSISTANCE DE LA FAO
Haïti a demandé l'assistance de l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) due à l'insécurité alimentaire qui
touche actuellement 3,6 millions de personnes, dont 1,5 million sont
dans un état critique. La demande a été faite par l'ambassadeur d'Haïti
au Mexique, Guy Lamothe, qui a exprimé lors de la 34e réunion
régionale de la FAO que les statistiques agricoles haïtiens étaient
considérées comme alarmantes. «La sécurité alimentaire est sans aucun
doute l'un des éléments importants de la politique agricole du pays, mais
ne couvre pas l'ensemble du territoire», a déclaré le diplomate, qui a
rappelé comment la sécheresse suivie des inondations avaient ruiné les
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
cultures. M. Lamothe a souligné qu'il y avait une crise dans la production
et la distribution dans le secteur agricole en Haïti et a déclaré que 40
pour cent des ménages manquaient de nourriture suffisante, tandis que
25 pour cent des enfants de moins de six ans souffraient de malnutrition
chronique. Il a insisté que la FAO devrait établir des programmes d'aide
plus larges en Haïti afin de prioriser la relance du secteur agricole, parce
que les ressources allouées dans le budget pour encourager les
investissements dans la production alimentaire n'était pas suffisants. Le
Programme alimentaire mondial (PAM) et le ministère haïtien de
l'Agriculture ont fait un appel récent pour qu'ils aient besoin urgemment
de 84 millions de dollars pour lancer à partir en mars une initiative pour
faire face à l'insécurité alimentaire croissante.
BRÉSIL :CRISE POLITIQUE
La présidente du Brésil Dilma Rousseff, menacée par une crise politique
majeure, a affirmé vendredi qu'elle n'avait aucune intention de
démissionner tout en invitant son prédécesseur et mentor Lula à
rejoindre son gouvernement, au bord du naufrage. La présidente de
gauche s'exprimait à la veille d'un week-end crucial pour son avenir
politique: le grand allié centriste de sa coalition, le PMDB, divisé entre
légalistes et partisans de la rupture avec le gouvernement se réunit
samedi en congrès national à Brasilia pour définir sa stratégie, tandis
que de grandes manifestations sont convoquées dimanche dans tout le
pays pour réclamer le départ de la présidente. «Je n'ai aucun intérêt à
démissionner (...), je ne suis nullement résignée», a déclaré Dilma
Rousseff à Brasilia lors d'une conférence de presse. «Je crois qu'il est
absolument incorrect de la part d'un leader de l'opposition de demander
la démission d'un président légitimement élu par le peuple, sans
apporter d'éléments prouvant que j'aurais d'une quelconque manière
violé la Constitution», a-t-elle martelé. La présidente répondait au leader
de l'opposition, le président du Parti social-démocrate brésilien (PSDB,
centre droit) Aecio Neves, qui l'avait invitée à renoncer à ses fonctions
dans le courant de la semaine. «Dans un geste magnanime, généreux
pour le pays, la présidente de la République, comprenant qu'elle a perdu
les conditions minimales pour gouverner devrait permettre au Brésil, par
sa démission, d'entamer une nouvelle étape de son histoire», avait lancé
M. Neves, adversaire malheureux de Mme Rousseff au second tour de
l'élection présidentielle de 2014. Dilma Rousseff est sous la menace
d'une procédure de destitution parlementaire lancée en décembre par
l'opposition qui l'accuse d'avoir maquillé les comptes publics en 2014 et
2015. Cette procédure a été freinée par le Tribunal suprême fédéral
(TSE), mais devrait rebondir très rapidement, dès que la haute
juridiction aura fixé, la semaine prochaine, les règles de son
cheminement. Les récents déboires judiciaires de Luiz Inacio Lula da
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
Silva, icône de la gauche brésilienne et fondateur du Parti des
travailleurs (PT) au pouvoir, ont donné une nouvelle dimension à la crise.
L'ex-président (2003-2010) a été brièvement interpellé vendredi dernier
à son domicile et interrogé par la police dans le cadre du scandale de
corruption autour du géant pétrolier étatique Petrobras. Parallèlement,
des procureurs de Sao Paulo ont requis jeudi contre lui des poursuites
pour «occultation de patrimoine», à propos d'un appartement triplex au
nom d'une entreprise de BTP impliquée dans le dossier Petrobras mais
dont ils soupçonnent l'ancien président d'être le véritable propriétaire.
Les procureurs de Sao Paulo ont également requis son placement en
détention provisoire, suscitant non seulement l'indignation de la gauche
mais aussi la réprobation de plusieurs dirigeants de l'opposition. Aux
abois, la présidente brésilienne a appelé vendredi Lula à la rescousse, en
l'invitant indirectement à rejoindre son gouvernement paralysé par la
crise. «Ce serait un grand honneur d'avoir le président Lula dans mon
gouvernement parce que c'est une personne d'expérience avec une
grande capacité politique», a-t-elle déclaré. La présidente a ainsi
officialisé publiquement les rumeurs insistantes de la semaine selon
lesquelles le camp présidentiel cherchait à persuader Lula d'entrer au
gouvernement pour tenter de le sortir de l'impasse. Lula échapperait du
même coup à la justice ordinaire et à la menace d'une incarcération. Les
ministres ne peuvent en effet répondre pénalement que devant le
Tribunal suprême fédéral (STF), la plus haute instance judiciaire du pays.
L'ancien président se serait montré très réticent, craignant de passer
pour un lâche cherchant à se dérober à la justice, selon certains
commentateurs brésiliens. Mais il aurait réservé sa réponse définitive à
la semaine prochaine. Toute la classe politique est suspendue à l'ampleur
des manifestations convoquées dimanche pour réclamer la destitution de
Dilma Rousseff. Une participation massive fragiliserait un peu plus la
présidente et augmenterait la pression sur les députés qui hésitent à
voter pour ou contre son empêchement. Fragilisée par la récession
économique qui frappe la première économie d'Amérique latine, les
révélations dévastatrices du scandale Petrobras et le délitement de sa
coalition parlementaire, Dilma Rousseff est au plus bas dans les
sondages, avec une cote de popularité de 11% seulement.
JAPON
LE JAPON COMMÉMORE LE 5e ANNIVERSAIRE DE FUKUSHIMA
Le Japon a rendu hommage vendredi aux victimes du séisme et du
tsunami survenus le 11 mars 2011 dans le nord-est de l'archipel,
catastrophe naturelle amplifiée par un accident nucléaire dont le
pays ne s'est pas remis. À Sendai, dans la préfecture de Miyagi,
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
région qui déplore le plus grand nombre de morts, des survivants
se sont rassemblés devant une statue bouddhiste érigée près du
brise-lames de la plage d'Arama où de gigantesques vagues
s'étaient abattues il y a cinq ans. Un grand nombre de policiers et
pompiers continuaient en ce jour anniversaire, comme bien
souvent, à ratisser la plage à la recherche d'ossements afin que les
familles de personnes disparues puissent enfin faire leur deuil. Une
minute de silence a été observée à 14 h 46 (0 h 46, heure de l'Est)
dans tout le pays, au moment précis où, il y a cinq ans, un vendredi
aussi, se produisait au large de l'île principale de Honshu un séisme
de magnitude 9 qui secoua une très grande partie du pays.« Cinq
ans ont passé depuis la catastrophe, plus de 20 000 victimes ont
perdu la vie », a déclaré l'empereur Akihito lors d'une cérémonie au
Théâtre national de Tokyo, après s'être incliné profondément avec
l'impératrice devant une stèle dédiée « aux âmes des victimes du
grand désastre de l'est du Japon » entourée d'un parterre de fleurs.
« Le Japon est gâté par une jolie nature, mais parfois elle peut
s'avérer dangereuse », a-t-il dit face au monument et tournant le
dos à un auditoire de 1200 personnes: habitants et élus de la
région, diplomates étrangers, journalistes. « On ne pourra jamais
oublier les images de télévision montrant un mur d'eau noire »
déferlant sur les villes ravagées par le tsunami, a dit l'empereur
d'une voix claire et posée. Chaque membre de l'assistance a déposé
une fleur blanche et s'est incliné devant la stèle et, à l'adresse des
étrangers, le maître de cérémonie a salué « l'aide apportée par de
nombreux pays ». Le 11 mars 2011, près de 18 500 vies ont été
emportées par un raz-de-marée d'une ampleur telle qu'il n'en
survient « qu'une fois par millénaire », disent les anciens au Japon.
Quelque 3000 personnes sont décédées plus tard des suites du
drame. Depuis plusieurs jours, les médias reviennent sur ce jour,
ravivant les douloureux souvenirs: des hordes de salariés affolés
quittant précipitamment les gratte-ciel de Tokyo, des trains
renversés dans les régions du Nord-Est, des images effroyables, à
peine croyables, de villes entières balayées par le tsunami,
l'impossibilité de joindre les siens, des informations en cascade
toutes plus désespérantes les unes que les autres, des milliers et
des dizaines de milliers de personnes portées disparues. Et puis, à
la fin de la journée, les premiers signaux alarmants en provenance
de deux centrales nucléaires à Fukushima, les ordres d'évacuation,
des jours et des jours d'angoisse. Depuis cinq ans, comme quelque
140 000 autres réfugiés, Kenichi Hasegawa habite un préfabriqué
provisoire, chassé de sa belle maison d'Iitatemura, une des
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
agglomérations totalement évacuées. « On endure cette vie sans
s'y habituer, on est fatigué », a confié à la NHK son épouse. « Dans
ces régions rurales, les familles vivaient souvent à trois
générations, elles sont désormais éparpillées à cause de l'accident
», se désole M. Hasegawa, un agriculteur aujourd'hui désoeuvré. «
J'espère que les gens vont se souvenir de nous et se rendre compte
que la vie des évacués est difficile, y compris financièrement », a
confié à l'AFP Kazuko Nihei, 39 ans, lors d'une cérémonie dans un
parc de Tokyo. « Il n'y a pas de fin en vue pour ceux de Fukushima,
près de 100 000 personnes ne sont pas rentrées chez elles,
beaucoup ne le pourront pas et le gouvernement continue de
minimiser le niveau de radioactivité. C'est tragique et inacceptable
», déplore Junichi Sato, directeur général de Greenpeace Japon. «
Notre pays pauvre en ressources ne peut se passer de l'énergie
nucléaire », a lancé jeudi soir le premier ministre Shinzo Abe. Alors
que la nuit tombait surAlors que la nuit tombait sur Sendai, des
habitants ont allumé des milliers de bougies dans des gobelets de
carton.
RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR LA RÉDACTION
SANTÉ
LES DANGERS DU ZIKA SE PRÉCISENT
Avec une liste des complications qui ne cesse de s’allonger, le virus
Zika devient de plus en plus problématique. Il peut s’agir de
complications neurologiques post-infectieuses transmises au fœtus
par les femmes enceintes, des pathologies telles que des
microcéphalies ou le syndrome de Guillain-Barré qui peuvent
engendrer de graves anomalies du développement cérébral chez
l’enfant. Il y a quelques jours, c’est un cas de myélite aiguë qui a
été détecté chez une jeune fille de 15 ans. Aujourd’hui, c’est un
homme de 81 ans qui est atteint d’une inflammation des méninges
et du cerveau, une méningoencéphalite, transmise par le virus
Zika. Comme l’explique le docteur Guillaume Carteau, coauteur de
l’étude publiée dans la revue Nature, c’est dans le liquide céphalorachidien que la présence du virus a pu être identifiée. Il s’agit du
premier cas d’adulte atteint d’une complication liée au virus Zika.
Cette personne avait effectué un voyage dans le Pacifique Sud.
Avant d’imputer cette méningoencéphalite au virus, les scientifiques
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
ont pris soin d’écarter les autres possibilités, comme une infection
bactérienne ou virale. Cette liste des complications liées au virus
Zika qui ne cesse de s’allonger a de quoi rendre ce virus de plus en
plus préoccupant, pour ne pas dire réellement problématique. C’est
d’autant plus préoccupant que l’expansion de la fièvre Zika ne se
cantonne plus seulement à l’Amérique du Sud, mais pratiquement
au monde entier. Plus précisément le virus Zika, transmis par le
moustique Aedes aegypti, est à l'origine d'une grande épidémie en
Amérique latine, avec des symptômes (fièvre, maux de tête...) le
plus souvent bénins, l'infection pouvant même passer inaperçue.
Mais le virus, pour lequel aucun vaccin ne sera disponible avant
trois ans, est également soupçonné de s'attaquer dans certains cas
au système nerveux et à la moelle épinière. Voici la liste des maux
que provoquerait le ce virus déclaré "urgence mondiale de santé
publique" par l'OMS.
Des microcéphalies
Le Zika est très fortement soupçonné de provoquer des
microcéphalies, une malformation grave et irréversible qui se
caractérise par une taille anormalement petite du crâne et du
cerveau des nouveau-nés. Au Brésil, où l'épidémie de Zika fait
rage depuis plusieurs mois, le nombre de cas de microcéphalies a
explosé. Les derniers chiffres sont alarmants, avec un nombre de
cas confirmés de 16% supérieur à celui donné la semaine dernière,
selon les données du ministère brésilien de la Santé. Mon fils a une
microcéphalie : il ne fait rien tout seul. Avec Zika, on en parle enfin
Syndrome neurologique de Guillain-Barré
A l'Institut Pasteur à Paris, d'autres travaux observés lors de
l'épidémie qui avait touché les deux tiers de la population en
Polynésie française en 2013-2014, ont établi un lien entre le virus
Zika et le syndrome neurologique de Guillain-Barré. Ce syndrome
neurologique rare peut entraîner à la fois une paralysie des
membres et une atteinte respiratoire.
Myélite aigüe
Des chercheurs français du CNRS et de l'Inserm ont par ailleurs
montré dans "The Lancet" que le virus peut également déclencher
une atteinte grave des quatre membres, une myélite aiguë, selon
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
un cas établi en Guadeloupe. Ce cas concerne une patiente, âgée
de 15 ans, admise mi-janvier à l'hôpital de Pointe-à-Pitre avec une
hémiplégie gauche en phase aiguë. Les chercheurs ont détecté de
hautes concentrations de virus dans le sérum, l'urine et le liquide
céphalorachidien le deuxième jour de son admission."C'est le
premier cas publié avec une preuve du lien (entre Zika et myélite,
NDLR) en raison de la présence du virus dans le liquide
céphalorachidien neuf jours après le début des signes cliniques",
selon Annie Lannuzel, chercheuse à l'Inserm.
Infection du cerveau chez l'adulte
Le virus Zika peut aussi provoquer une infection du cerveau chez
l'adulte avec coma, avertissent enfin des médecins français. Les
praticiens ont pu en effet constater la présence du virus dans le
liquide céphalorachidien d'un homme de 81 ans atteint d'une
méningoencéphalite, une dangereuse inflammation du cerveau et
des méninges, selon un rapport qui vient de paraître dans la revue
médicale américaine, le "New England Journal of Medicine" (NEJM).
RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR LA RÉDACTION
LES MARCHÉS FINANCIERS
En Asie la Bourse de Tokyo a fini vendredi en hausse vendredi, le
recul du yen étant un bon présage pour les perspectives de
résultats des valeurs exportatrices, tandis que le rebond des cours
pétroliers a redonné le goût du risque aux investisseurs. Les
échanges ont été heurtés, avec un indice Nikkei qui a passé une
partie de la séance dans le rouge avant de terminer en hausse de
86,52 points (0,51%) à 16.938,87, tandis que le Topix, plus large,
a pris 7,15 points (0,53%) à 1.359,32. Sur l'ensemble de la
semaine, le Nikkei a perdu 0,4%.
La Bourse de New York a terminé vendredi en hausse, portée par
le pétrole après un rapport de l'Agence internationale de l'énergie
estimant que les cours du brut ont peut-être touché leur point bas
et une annonce d'une diminution du nombre de puits de forage aux
États-Unis.Les investisseurs vont maintenant porter leur attention
sur la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale qui se
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
tiendra mardi et mercredi.La banque centrale américaine a laissé la
porte ouverte à de nouvelles hausses de taux cet année mais le
calendrier dépendra de la santé de l'économie des Etats-Unis. Et si
le marché du travail se porte bien, les hausses de salaires se
laissent encore désirer.L'indice Dow Jones a gagné 218,18 points,
soit 1,28%, à 17.213,31 points.Le Standard & Poor's 500, plus
large, a progressé de 1,64% à 2.022,19 points, son plus haut
niveau de l'année, et le Nasdaq Composite a pris 1,85% à 4.748,47
points.Les trois indices de référence bouclent leur quatrième
progression hebdomadaire, ce qui n'était plus arrivé depuis quatre
mois et confirme que les marchés s'apaisent après un début
d'année turbulent.
Les Bourses européennes ont terminé en net rebond vendredi,
dans le sillage des métaux et du pétrole, et avec le soutien des
banques et des grandes entreprises présentes sur le marché
obligataire, tandis que l'euro se stabilisait au lendemain de
l'annonce d'un plan massif d'injections de liquidités de la BCE.
Après une première réaction frileuse au plan massif de soutien
annoncé par la Banque centrale européenne jeudi et aux propos de
son président Mario Draghi laissant entendre que de nouvelles
baisses des taux étaient à exclure, les investisseurs commencent à
voir les aspects positifs du programme. Ce sentiment plus favorable
a d'ailleurs été encouragé par plusieurs dirigeants de la BCE, qui
ont exprimé - en public ou en coulisse - leur soutien aux mesures
dévoilées jeudi, même si certains ont admis que l'institut de
Francfort avait lui-même brouillé son message aux marchés. À
Paris, l'indice CAC 40 a terminé en hausse de 3,27% (142,44
points) à 4.492,79 points. Le Footsie britannique a pris 1,71% et le
Dax allemand s'est adjugé 3,51%, tandis que l'indice EuroStoxx 50
a avancé de 3,47% et le FTSEurofirst 300 de 2,71%. Sur la
semaine, le CAC a pris 0,81% et l'EuroFirst 300 0,20%, pour leur
quatrième semaine de hausse d'affilée.
Les cours du pétrole sont repartis à la hausse vendredi à New
York, les investisseurs redevenant optimistes sur les perspectives
de rééquilibrage du marché après un rapport mensuel de l'Agence
internationale de l'Énergie (AIE). Le cours du baril de «light sweet
crude» (WTI) pour livraison en avril a gagné 66 cents à 38,50
dollars sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX), une
progression sur la semaine de 7,18%. «Le marché gravite sur l'idée
qu'on va assister à un resserrement des données fondamentales de
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
l'offre et de la demande», a souligné Gene McGillian, chez Tradition
Energy. Cette perception, qui s'est fait jour le mois dernier après
l'annonce d'un gel de production par les deux plus grands
producteurs au monde l'Arabie Saoudite et la Russie, a été
encouragée vendredi par un nouveau rapport de l'Agence
internationale de l'Énergie (AIE), émanation de l'Organisation de
coopération et de développement économiques (OCDE). L'Agence
note dans son rapport que «les prix bas et la baisse des
investissements ont clairement commencé à avoir un impact sur la
production de pétrole dans les pays non membres de l'Organisation
des pays exportateurs de pétrole», à commencer par les États-Unis,
où l'Agence s'attend à une baisse de la production de 530 000 barils
par jour (b/j) cette année. «Des éléments montrent que les prix
pourraient avoir atteint un point bas», souligne aussi l'AIE, qui
précise que fin 2016, le surplus d'offre devrait être ramené à 0,2
million de barils par jour (mbj), contre encore 1,9 mbj au premier
trimestre, ce qui devrait permettre d'achever le rééquilibrage en
2017.
Sur le marché des changes, l'euro reculait légèrement vendredi
face au dollar, se rééquilibrant au lendemain d'un net bond après
des propos attentistes de Mario Draghi, président de la Banque
centrale européenne (BCE), qui avaient éclipsé l'annonce de
mesures a priori défavorables à la monnaie européenne. Vers
22H00 GMT (23H00 à Paris), l'euro valait 1,1149 dollar, contre
1,1183 dollar jeudi vers la même heure. La monnaie européenne
montait un peu face à la devise nippone, à 126,87 yens contre
126,56 yens jeudi. Le dollar avançait face à la monnaie japonaise, à
113,79 yens contre 113,17 yens la veille. Vu l'actualité limitée
vendredi, à part l'annonce sans grand effet d'un ralentissement de
la hausse des prix américains à l'importation en février, les
cambistes se contentaient d'essayer de préciser leurs positions au
lendemain d'annonces majeures de la BCE. La devise suisse
montait face à l'euro, à 1,0958 franc pour un euro, et, plus
légèrement, face au billet vert, à 0,9829 franc pour un dollar. La
monnaie chinoise a terminé en forte hausse face au dollar, à 6,4945
yuans pour un dollar à 15H30 GMT contre 6,5085 yuans jeudi à la
même heure. L'once d'or a fini à 1.264,75 dollars au fixing du soir
-après avoir atteint 1.285,18 dollars, un sommet en 13 moiscontre 1.266,50 dollars jeudi.
RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR LA RÉDACTION
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
MANAGEMENT, DROIT, PATRIMOINE
LE TRAVAIL DU DIMANCHE : LA LISTE DES DÉROGATIONS
Dans le droit du travail français, le repos dominical est la règle.
Travailler le dimanche est une exception, obtenue par dérogation –
qu’il s’agisse de dérogations permanentes ou de dérogations sur
décision du maire ou du préfet. Des dérogations sont également
possible de droit dans certaines zones géographiques.
Certains secteurs font l’objet de dérogations permanentes, et
peuvent faire travailler leurs salariés tous les dimanches : hôpitaux,
transports, hôtellerie et restauration, bien sûr, mais aussi certaines
activités commerciales : tabacs, fleuristes, magasins de bricolage
(depuis 2014) ou d’ameublement. Les magasins de vente de
denrées alimentaires bénéficient d’une dérogation leur permettant
d’ouvrir le dimanche jusqu’à 13 heures.
Deuxième cas : les dimanches du maire. Depuis la loi Macron, le
maire a la possibilité d’autoriser le travail dominical pour les
magasins de commerce de détail douze fois par an. La liste des
dimanches travaillés doit être décidée après consultation du conseil
municipal et des organisations d'employeurs et de salariés, et
arrêtée avant le 31 décembre de l’année précédente. Lorsque le
nombre de « dimanches du maire » est supérieur à cinq, il doit être
demandé l’avis conforme de l’organe délibérant de l’EPCI auquel
appartient la commune.
Les préfets ont également la possibilité d’accorder des dérogations
« lorsqu’il est établi que le repos simultané de tous les salariés d’un
établissement serait préjudiciable au public ou compromettrait le
fonctionnement normal de cet établissement ». Dans ce cas, le
préfet ne peut accorder l’autorisation qu’après consultation du
conseil municipal ou de l’organe délibérant de l’EPCI.
La loi Macron a également créé un nouveau zonage géographique,
reposant sur trois zones différentes, dans lesquelles le travail
dominical est autorisé de droit, sous réserve d’un accord prévoyant
des contreparties offertes au salarié et du respect du principe de
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LA NATION N° 1246 / SAMEDI 12 MARS 2016
volontariat. Première catégorie : les ZTI (zones touristiques
internationales). Elles sont choisies non par les élus locaux mais par
le gouvernement, par arrêté. L’ouverture dominicale (et l’ouverture
en soirée) y sont de droit. Il existe actuellement 12 ZTI à Paris, et
six en province (Cannes, Deauville, Nice, Cagnes-sur-Mer, SaintLaurent-du-Var, Serris Val-d’Europe). Deux autres devraient être
incessamment décidées, à La Baule et à Dijon.
Les zones touristiques (ZT), caractérisées par « une affluence
particulièrement importante de touristes », sont délimitées par les
préfets sur demande du maire ou du président d’un EPCI. En
revanche, les anciennes communes d’intérêt touristique ou
thermales et les ex-« zones touristiques d’affluence exceptionnelle
ou d’animation culturelle permanente » deviennent ZT de plein
droit.
Les zones commerciales (ZC), permettent également le travail
dominical. Elles sont caractérisées par « une offre commerciale
particulièrement importante » : surface commerciale supérieure à
20 000 m², plus de deux millions de clients par an ou faisant partie
d’une aire urbaine de plus de 100 000 habitants. Les anciennes
Puce (périmètres d’usage de consommation exceptionnelle)
deviennent automatiquement des ZC.
Enfin, depuis un arrêté du 11 février 2016, les commerces compris
dans l’emprise de douze gares peuvent ouvrir le dimanche :
Avignon-TGV, Bordeaux Saint-Jean, Lyon Part-Dieu, Montpellier
Saint-Roch, Marseille Saint-Charles, Nice Ville, ainsi que les six
gares parisiennes.
RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR LA RÉDACTION
TABLEAU DE BORD
LE SMIC
Le montant du SMIC horaire brut est fixé, à partir du 1er janvier
2016 à 9,67 euros de l'heure. Avec cette hausse , le salaire
minimum passe à 1466,62euros bruts mensuels pour 35 heures.
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Avec la prise en compte de l'accord BINO le salaire minimum
devrait être différent .
INDICE DU COÛT DE LA CONSTRUCTION
L’indice du coût de la construction (ICC) s’établit à 1614 au
deuxième trimestre 2015 après 1 632 au trimestre précédent.
INDICE DES LOYERS COMMERCIAUX
Un avis publié au Journal officiel fin 2015 précise que l'indice des
loyers commerciaux (ILC) est de 125,26. Sur un an, il augmente de
0,02%.
POPULATION
POPULATION au 31 décembre 2014: 410 335 habitants
OFFRE
PIB 2014 : 8055 ( PIB non marchand 4613; PIB marchand 3442)
contre 7980
IMPORTATIONS 2014: 2643 contre 2763
RESSOURCES TOTALES : 10 698 contre 10743
DEMANDE
CONSOMMATION 2014:8387(4774ménages,3613 administration)
contre 8301
INVESTISSEMENT 2014 : 1398 contre 1503 en 2013
EXPORTATIONS 2014 : 898 contre 958
DEMANDE TOTALE : 10 698 contre 10 743 en 2013
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PRIX
DÉCEMBRE 2015 : 0,2 % un mois ; -0,2 % sur un an.
CHÔMAGE
DEMANDEURS D'EMPLOI ( A B C D E) : en janvier 2016: 69 370
contre 69 880 ;0,6 % sur un an .
OFFRES D'EMPLOIS en décembre 2015 : 870
EMPLOI MARCHAND au 30 septembre 2012 : 49 800 (dont 8,500
industrie , 7,500 construction, 33,800 service marchand )
EMPLOI NON MARCHAND EN 2010 : 48 577 dont 36 282
fonctionnaires ( état 15212, collectivités locales 15 729 , santé
5341).
ENTREPRISES CRÉÉS
NOMBRE D'ENTREPRISES CRÉÉES : 1 091 entreprises ont été
créées au 1er trimestre 2015. Le nombre de créations d’entreprises
recule de 6,5 % par rapport au 4ème trimestre 2014, période à
laquelle les créations d’entreprises étaient reparties à la hausse. Ce
repli est dû à une forte baisse des immatriculations des microentreprises (– 20 %). L’engouement pour le régime des microentrepreneurs s’atténue et les micro-entreprises ne représentent
que 29 % de l’ensemble des créations.
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