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Bouteflika mise sur la mobilisation des femmes sur trois fronts

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Créances des hôpitaux français : le contentieux financier avec l'Algérie résolu
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N° 6322 Prix 10 DA France 1 C
Quotidien national d'information
Mercredi 9 mars 2016
FORMATION DES GÉNÉRATIONS MONTANTES, SAUVEGARDE
DE LA SÉCURITÉ ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DU PAYS
Bouteflika mise sur la mobilisation
des femmes sur trois fronts
Par
À L’OCCASION du 8 mars, le
président Bouteflika a réitéré, hier,
son engagement à poursuivre dans la
lutte contre l’obscurantisme et la
différenciation entre les hommes et
les femmes, «conséquences
fâcheuses» du colonialisme et
du terrorisme. La révision de la
Constitution étant une étape parmi
les plus importantes, validée récemment, visant à octroyer davantage de
droits à la femme, de façon à être
véritablement l’égale de l’homme.
Dans un message lu en son nom par
la ministre de la Poste et des TIC,
Houda Imane Feraoun, lors d’une
réception à l’hôtel El Aurassi à
Alger, en présence du Premier
ministre, Abdelmalek Sellal, le chef
de l’Etat a assuré : «Il n’est pas aisé
de venir à bout de ces accumulations
et de changer les mentalités et les
comportements qui ont retardé le
développement de la société, en
occultant la complémentarité entre
l’homme et la femme et en consacrant la différenciation entre les
deux. C’est pourquoi nous nous
employons sereinement, depuis des
Photos : DR
Karima Mokrani
années, à corriger cette situation et à
éliminer les déséquilibres au sein de
la société afin de lui permettre de
s’émanciper avec toutes ses compo-
UNE DÉLÉGATION DU CONSTRUCTEUR ALLEMAND
A RENCONTRÉ LE MINISTRE DE L’INDUSTRIE
santes sans aucune distinction entre
l’homme et la femme hormis celles
établies sur la base de la compétence
et de nos références spirituelles». La
révision de la Constitution y
contribue donc de manière significative, soutient le président. «Nul doute
que la révision constitutionnelle
ACTUALITÉ
LE PREMIER MINISTRE SERA ACCOMPAGNÉ
D’UNE DÉLÉGATION MINISTÉRIELLE
Sellal en visite de travail
dans la wilaya de Annaba
Une avancée vers la réalisation
d’une usine Volkswagen en Algérie
SÉCURITÉ
„ Cible de Daech, la Tunisie
mène «une guerre totale
contre le terrorisme» .............p5
Par
Reda Cadi
LE PREMIER ministre,
Abdelmalek Sellal, sera, aujourd’hui, à Annaba pour une visite
de travail dans cette wilaya
côtière de l’est du pays. Il sera
accompagné par quelques-uns
de ses ministres. Au cours de
cette visite, qui s’inscrit dans le
cadre de la mise en œuvre et du
suivi du programme du président de la République, M. Sellal «inspectera
plusieurs projets de développement de cette wilaya et procèdera à l’inauguration et au lancement de projets à caractère socio-économique», a
indiqué, hier, un communiqué des services du Premier ministère.
Suite en page 6
Photos : S. Zoheir
Photos : DR
Par
Bahia Aliouche
DES DISCUSSIONS entres le
groupe Sovac et le constructeur allemand Volkswagen sont en cours
pour un projet de fabrication de plusieurs types de voitures de cette
marque en Algérie. «Il s’agit de la
3 e rencontre avec ce partenaire
important et actif sur le marché
algérien. Volkswagen a la volonté
d’entrer dans un partenariat pour la
fabrication de plusieurs types de
véhicules comme Seat et d’autres
marques», a déclaré à la presse le
ministre de l’Industrie et des Mines,
Abdesselam Bouchouareb, hier, à
l’issue d’une rencontre qui a
regroupé les deux parties au siège
de son ministère. Suite en page 24
Supplément Théma
L'eau,
allègrement
gaspillée en Algérie
Lire pp 11 à 15
consacre un nouveau saut qualitatif
en faveur de la femme en matière
d’emploi et d’accès aux postes de
responsabilité, un progrès qu’il
convient de traduire dans les faits
pour parachever le renouveau de la
nation», affirme M. Bouteflika.
«Nous sommes convaincus que notre
constitution amendée offre à tous,
pouvoir et opposition, hommes et
femmes, un socle solide pour un
projet de gouvernance dans le cadre
de l’Etat de droit qui garantit les
libertés fondamentales, détermine les
responsabilités, les droits et les
devoirs, et où la loi s’applique en
toute transparence au sein d’un
système social aux contours et objectifs bien définis», ajoutera-t-il. Rappelant le contexte socioéconomique
du pays, conséquence de la chute
brutale des prix des hydrocarbures,
le chef de l’Etat a assuré de l’adoption d’une politique économique qui
sera à même de sécuriser le pays et
surtout préserver les acquis sociaux.
Il n’empêche que chaque citoyen a
un rôle à jouer pour y contribuer,
relèvera-t-il.
Suite en page 2
Lire le message du Président
en page 4
MONDE
„ Damas ira négocier
à Genève .............................p17
ÉNERGIE
„ Les entreprises pétrolières
à la recherche d'opportunités
d'affaires ..............................p24
2
L ’ É V É N E M E N T
Mercredi 9 mars 2016
LES TEXTES SONT SOUVENT ANNIHILÉS PAR LES MENTALITÉS RÉTROGRADES
Droits des femmes, lois… et après ?
Par
Adel Boucherguine
e huit mars. Le monde entier
célèbre cette journée sous le
sceau «Fête de la femme».
Cependant, beaucoup, par omission ou pour des desseins inavoués,
oublient que la Journée internationale de la femme est aussi un symbole de longue lutte pour les droits
de la femme dans le monde. En
Algérie, de l’armée coloniale
française à la barbarie terroriste de
la décennie 1990, la femme algérienne a toujours était, et demeure,
présente pour relever les défis et
faire face aux dangers qui guettent
la patrie. Elle est donc, et l’histoire
en témoigne, loin d’être «mineure»
comme la prétend le code de la
famille promulgué il y a 32 ans.
Ce code, que des associations
féministes et partis politiques ne
cessent d’appeler à son abrogation,
est toujours en vigueur. D’ailleurs,
une coordination de mouvements
féministes s’est, par le passé,
constituée pour une campagne
contre ce code, sous le slogan «20
ans Barakat». «Le code de la
famille demeure un obstacle à l’émancipation des femmes algériennes, dont l’abolition serait sans
aucun doute un grand pas pour l’affirmation des droits des femmes et
asseoir la démocratie et la justice
sociale», écrit l’association Tharwa
n’Fadhma n’Soumer, dans un com-
Photo : S. Zoheir
L
muniqué rendu public, hier, à cette
occasion. En dépit de ce code, nos
autorités ne cessent, elles aussi, de
parler d’avancées «incontournables» en faveur de la femme.
Mais ce sont des avancées juridiques, que des mentalités rétrogrades annihilent… En 2008, la
révision constitutionnelle, à travers
l’article 31 bis, garantit aux
femmes une présence au minimum
de 30% dans les assemblées élues,
que ce soit à l’échelle locale ou
nationale. Une décision politique
qui, loin des insuffisances quantitatives et qualitatives, a donné une
concrète représentation des
femmes dans les Assemblées populaires communales (APC) et
l’Assemblée populaire nationale
(APN). C’est dans ce sens que la
loi relative aux partis politiques a
prévu des mesures incitatives en
faveur des formations politiques
afin qu’elles œuvrent à promouvoir
davantage la participation politique
de la gent féminine. En chiffre, son
application a abouti à l’élection de
146 femmes au sein de l’APN, soit
31,60% du total des 462 sièges de
l’assemblée, alors que le taux n’était que de 8% lors de la précédente
législature.
Mais cette loi a-t-elle enfanté de
nouvelles militantes dignes de
leurs aînées ? Pas forcément. Beaucoup de travail, de l’avis de beaucoup de militantes politiques, reste
à entreprendre pour l’émancipation
de l’algérienne, symbole des luttes
et barrage contre les pesanteurs
sociales, souvent lourdes de conséquences. Ensuite est venue la loi
criminalisant les violences faites
aux femmes. Adoptée à l’APN,
elle est restée bloquée durant des
mois au Sénat pour qu’enfin, sous
pression, la loi soit définitivement
promulguée et mise en application.
Ce texte est-il, à lui seul, suffisant
pour mettre fin aux harcèlements
que subit quotidiennement la
femme algérienne ? «Même si elle
n’y met pas fin, elle réduit, néanmoins, l’intensité des violences. La
conduite de l’homme dans la
société est régulée par les règles
de droit émises par l’autorité politique», analyse la constitutionnaliste, Fatiha Benabbou. Et
d’ajouter : «Bien sûr, les instances
policières et judiciaires doivent
jouer le jeu et s’impliquer.» Car,
explique l’universitaire, l’homme
craint les sanctions, qu’elles soient
d’origine divine ou humaine. La
sanction organisée par le droit joue
un rôle efficace de frein, estime-telle.
A. B.
Bouteflika mise sur la mobilisation des femmes sur trois fronts
Suite de la page 1
Le rôle de la femme étant particulièrement plus important, parce que chargée de la
noble mission de former les générations
futures. Le chef de l’Etat citera trois défis
que la femme algérienne doit relever en ces
moments assez difficiles. «Nous ne pouvons
que nous enorgueillir du travail accompli
depuis plus d’une décennie en faveur de la
consécration de la place de la femme non
seulement à travers les textes de loi mais
aussi au sein de notre société à tous les
plans, depuis l’école aux plus hauts niveaux
de la responsabilité dans les rouages de
l’Etat. Ceci m’amène à interpeller les algériennes en ces moments où notre pays est
confronté à des défis majeurs dont je ne
citerai que trois». Le premier défi est «celui
de protéger, par l’éducation et l’instruction,
les générations montantes qui cristallisent
toutes nos espérances et que nous devons
prémunir des fléaux sociaux et le dénuement
moral pour qu’elles soient le pilier de
l’Algérie de demain». Le deuxième est la
nécessité pour la femme de «continuer à
jouer son rôle dans la sensibilisation de la
société et à s’impliquer dans la sauvegarde
de la sécurité de l’Algérie face aux crises qui
secouent notre région et dangers qui la
menacent chaque jour davantage». Evoquant
la sécurité du pays, le Président en profitera
pour rendre «hommage à l’Armée nationale
populaire, digne héritière de l’Armée de
libération nationale, et aux divers corps de
sécurité de notre pays qui veillent à la sécurité du territoire national par leur déploiement aux frontières». L’occasion aussi de
rappeler au peuple l’urgence de «prendre
conscience de la complexité du moment et
redoubler de vigilance pour la défense de la
zzz AU FIL DES JOURS
Par
Kamel Amghar
NOTRE patate s’exporte bien. Disons
qu’elle est bien appréciée pour ses valeurs
gustatives et nutritives. Au Qatar, les
ménagères disent qu’elle a un très bon goût,
comparée à celle produite sur place ou provenant d’une autre région. On ne peut rêver
mieux en matière de publicité ! Le mode de
production traditionnel, faisant appel à des
engrais biologiques avec une stricte limitation du recours aux produits phytosanitaires, serait pour beaucoup dans ce
registre. Au Moyen-Orient, en Europe et
dans le voisinage Maghrébin, cette bonne
saveur est confirmée par les consommateurs. Près 4 800 tonnes de pommes de
terre, produites dans la wilaya d’El Oued,
ont été expédiées, au début de l’année, vers
quatre pays arabes (Emirats arabes unis,
Qatar et Arabie saoudite, Tunisie) et quatre
autres européens (Russie, Italie, France et
Espagne). Disposant d’une superficie de
patrie et de sa liberté». Pour ce qui est du
troisième défi, non moins important que les
deux précédents, il s’agit de la «poursuite du
processus de développement économique et
la sauvegarde de nos choix en termes de justice sociale et de solidarité nationale dans ce
contexte marqué par une situation difficile
des revenus du pays consécutive à une chute
fulgurante des prix du pétrole sur le marché
mondial». Et le Président d’insister : «Les
Algériens, hommes et femmes, sont appelés à
relever ce défi et à redoubler d’efforts pour
mettre à profit toutes les capacités nationales afin que le pays dépasse, sans dommages, cette crise conjoncturelle et créer un
retournement de situation propice à l’édification d’une économie plus compétitive et
apte à mener l’inévitable bataille de la mondialisation.» Par ailleurs, dans ce message, le
chef de l’Etat a tenu à exprimer sa désappro-
bation des dires nombreux qui mettent en
cause l’islam dans la multiplication des
atteintes aux droits de la femme en Algérie.
«Ce n’est pas exagérer que de dire que dans
notre religion, dans la tradition de notre
prophète et dans la conduite de nos prédécesseurs et de nos érudits ulémas, des perspectives plus vastes sont offertes à la femme
dont les droits sont consacrés dans leur plénitude» a-t-il souligné. Et de poursuivre :
«Par conséquent, il serait vain de tenter,
comme le font certains, d’attribuer à nos
référents spirituels et à notre civilisation, les
dérives et les retards enregistrés dans bon
nombre de sociétés, y compris la nôtre hélas.
Il s’agit de thèses contraires à nos références religieuses et à nos principes constitutionnels et les battre en brèche s’impose
aujourd’hui comme un impératif.»
K. M.
Une belle histoire de patates
33 000 ha dédiée à la culture de la pomme
de terre, soit 46% de la surface agricole
exploitée, la wilaya d’El Oued est en tête des
régions productrices de la pomme de terre,
avec une récolte annuelle de 1,2 million de
tonnes, représentant 24% de la production
nationale, selon les données de la direction
locale des services agricoles. Une deuxième
opération d’exportation vers l’Europe de
287 tonnes de pommes de terre, produites
dans la wilaya de Mostaganem, vient de
connaître un succès similaire. En plus des
pays précédemment cités, l’Allemagne et les
Pays-Bas ont décidé de «goûter» cette belle
patate algérienne. Cette wilaya de l’ouest a
réussi cette saison un record de production
de 900 000 tonnes, réalisée sur une superficie de 3 623 ha. Soit un rendement exceptionnel de 250 tonnes/ha. Les wilayas de
Mascara et de Biskra se distinguent aussi
dans cette filière de la culture de la pomme
de terre. Il s’agit, bien sûr, d’une bonne nouvelle. Il est vrai que les quantités exportées
restent faibles pour parler d’une véritable
économie, mais l’exploit, en lui-même, est
éloquent. La marge de progression reste,
donc, très grande, pourvu que l’on suit le bel
exemple des exportateurs agricoles d’El
Oued et de Mostaganem. Le vrai travail
consiste à conforter davantage cette filière
et défendre ses parts de marché. Les producteurs, aujourd’hui en difficultés en raison
de la baisse des prix au niveau local, doivent
être soutenus par les autorités concernées
pour les inciter à faire davantage lors des
années à venir. Cette belle histoire de
patates peut être un bon prélude au développement du secteur agricole qui pourrait,
à terme, figurer en bonne place dans l’économie de substitution aux hydrocarbures.
En marge de la fête de l’olive, qui s’est tenue
récemment à Béjaïa, les oléiculteurs ont
également fait part de leur ambition à
consolider leur timide percée sur les marchés extérieurs (Amérique du Nord, MoyenOrient, Europe). La bonne qualité du
produit est, là aussi, mise en avant pour
gagner les faveurs des consommateurs
étrangers. D’autres produits du terroir local
(câpres, piment, herbes aromatiques
séchées, caroube…) sont aussi très
demandés. Les nombreuses variétés de la
datte algérienne bénéficient pareillement
d’une bonne réputation, partout à travers le
monde. Les secteurs agricoles et agroalimentaires disposent de grandes potentialités de développement. En plus de
l’autosuffisance et de la réduction conséquente des importations, ils constituent une
source de substantiels revenus en devises.
Faut-il rappeler que tous les pays développés, à l’exception du Japon, se sont initialement basés sur l’agriculture dans leurs
modèles économiques avant de se diversifier. Les services concernés et les agriculteurs tiennent le bon filon. Il leur appartient
de persévérer pour améliorer les rendements, la qualité et le respect des normes
d’exportation afin d’asseoir solidement leur
réputation et leur sérieux. L’avenir est dans
le retour à la terre.
K. A.
L ’ É V É N E M E N T
Mercredi 9 mars 2016
CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA FEMME
ENCADRÉES
PAR DES EXPERTS DU BIT
Le FCE plaide pour la parité
économique hommes-femmes
120 femmes chefs
d’entreprise
bénéficieront
d’une formation
Par
Fatiha Ouidir
l’occasion de la Journée
internationale de la
femme, le Forum des chefs
d’entreprises (FCE) a organisé,
hier à Alger, une table-ronde sous
le thème «La parité économique
pour le développement local et
durable». Cette rencontre a réuni
des membres du FCE et des représentantes de la société civile pour
débattre deux thématiques permettant de faire l’état des lieux sur la
situation actuelle de la femme et
son insertion dans l’espace économique. Lors des débats, les
échanges ont porté en premier lieu
sur la contribution des politiques
publiques ainsi que des dispositifs
mis en place pour la promotion de
la parité économique au bénéfice
des femmes. A ce propos, le président du FCE, Ali Hadad, a évoqué
la nécessité de mettre en place des
mécanismes idoines visant la promotion et l’insertion de la femme
dans le monde du travail, particulièrement dans l’entreprenariat
féminin, afin de hisser la sphère
économique et donner plus de
parité aux femmes algériennes
dans tous les domaines notamment
économique. M. Hadad a indiqué
par ailleurs que la nouvelle Constitution a consacré plus de droits
aux femmes, particulièrement en
ce qui concerne la parité entre
l’homme et la femme dans tous les
domaines. Cela représente, selon
le président de l’organisation
patronale, une avancée considérable pour la promotion des droits
des femmes. «Nous œuvrons pour
la promotion de la femme dans la
A
De notre correspondant à Constantine
Photo :DR
Nasser Hannachi
sphère économique. Nous encourageons l’entreprenariat féminin.
D’ailleurs, nos efforts sont axés
sur le développement et la promotion du rôle de la femme sur le
plan économique», dira-t-il. «La
femme rurale se distingue dans des
secteurs réservés aux hommes
citant à titre d’exemple l’agriculture et l’élevage. Elle mérite que
son rôle soit reconnu. Il faut valoriser son travail. Notre responsabilité porte sur l’accompagnement
et la formation des femmes pour
les encourager à investir le secteur
économique», ajoutera-t-il.
En outre, les participantes à
cette rencontre ont mis en relief
les avancées enregistrées par les
femmes algériennes dans tous les
domaines confondus, soulignant
l’impérieuse nécessité d’encou-
rager davantage l’implication de
la femme dans le monde du travail. Elles ont précisé toutefois
qu’il reste beaucoup à faire pour
mettre un terme aux mentalités
archaïques pour privilégier le
recrutement des femmes et encourager la création d’entreprises afin
de booster l’économie algérienne.
Pour sa part, la vice-présidente
du FCE, Nacera Haddad, considère
que l’amélioration des conditions
de travail des femmes doit être au
centre de la réflexion pour qu’elles
puissent contribuer amplement au
développement durable. Pour l’exministre de la Solidarité, Nouara
Djaafri, la révision de la Constitution, grâce aux efforts du président
de la République, Abdelaaziz
Bouteflika, a consacré des lois
visant la protection de la femme
contre la violence sous toutes ses
formes et son insertion dans tous
les domaines pour consacrer la
parité entre les hommes et les
femmes. «Il faut mettre en avant
des mécanismes et des stratégies
pour appliquer réellement sur le
terrain cette parité. Il faut renforcer les mécanismes qui visent la
promotion des droits de la femme
et lutter contre les mentalités
archaïques. Nous devons relever
tous ensembles les défis qui empêchent la promotion de la femme»,
a-t-elle affirmé. Enfin, les organisateurs de cette rencontre ont
abordé la forte volonté politique du
gouvernement visant le renforcement des dispositifs pour la promotion de la parité économique
entre les hommes et les femmes.
F. O.
À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA FEMME
L’association des journalistes sportifs algériens
honore les sportives algériennes
Par
Abdallah Kaddour
L’ASSOCIATION des journalistes sportifs algériens a organisé, hier à la Maison de la presse
Tahar-Djaout, une cérémonie en
l’honneur des femmes sportives
qui ont porté le drapeau algérien
haut dans les plus grandes compétitions mondiales ainsi que les
journalistes sportives, à l’occasion
de la Journée mondiale de la
femme. Mustapha Berraf, président du Comité olympique, partie
prenante dans cet hommage, ainsi
que plusieurs personnalités du
monde sportif, à l’image des
entraîneurs Mustapha Biskri et
Nacer Sendjak étaient présents à
la cérémonie. Hassiba Boulmerka,
la gloire du sport féminin algérien,
a également pris part à cette cérémonie. Elle a été la première à
apporter une médaille d’or olympique au sport algérien, obtenue
aux jeux de Barcelone. Elle est
également double championne du
monde du 1 500 m. Elle a également siégé au sein de la commission des athlètes du Comité
international olympique. Elle
incarne à elle seule la volonté et le
courage de la femme algérienne.
3
La cérémonie a vu la présence
également de Soraya Hadad,
médaillée mondiale, 5 fois championne d’Afrique et médaillée
olympique en 2008 aux Jeux de
Pékin. Sans oublier la talentueuse
Salima Souakri qui a été quinze
fois championne d’Algérie et a
décroché douze titres de championne d’Afrique. En parallèle à
son parcours de championne,
Salima Souakri est depuis 2011
ambassadrice de l’Unicef Algérie.
Elle s’implique grandement dans
les actions de promotion des
droits de l’enfant en Algérie et
préside l’association Wafa d’aide
aux handicapés depuis 2007.
Les sportives algériennes présentes à cette cérémonie ont
donné des témoignages émouvants sur leurs parcours sportifs,
qui n’étaient pas de tout repos
selon leurs propos, s’exprimant
aussi sur le devenir et les défis du
sport féminin algérien. Il faut dire
que les anciennes sportives algériennes ont réussi à changer les
mentalités. Elles étaient la locomotive du sport féminin dans le
pays. Le président de l’Association algérienne des sportifs algérien, Omar Kharoum, nous dira
que «cette cérémonie est une
occasion pour honorer les journalistes sportives qui sont sur le terrain malgré les aléas du métier,
notamment avec la violence qui
règne dans nos stades. Elles sont
très courageuses». «La cérémonie
était très émouvante notamment
avec la présence des anciennes
sportives algériennes. C’était une
occasion pour honorer les
anciennes journalistes, à l’image
de Nadjia Bouzegrane qui cumule
43 ans dans le monde de la
presse. Elle est un exemple à
suivre pour les jeunes générations
qui exercent ce métier passionnant et captivant», ajoutera-t-il.
La talentueuse journaliste sportive
de l’Entv, Wassila Batiche, figu-
rait également parmi les invités.
Elle est devenue une figure
emblématique dans le monde du
sport et était la seule journaliste à
couvrir les matchs du championnat national et de l’équipe
nationale, notamment durant les
années 1990. M. Kharoum dira
par ailleurs que «l’apport de la
femme dans le monde du sport est
connu aujourd’hui. L’homme à la
possibilité d’entreprendre une
carrière sportive, il en va de
même pour la femme», sachant
que l’un des défis majeurs aujourd’hui est de faciliter l’accès de la
gent féminine aux postes de responsabilité, notamment au niveau
des fédérations sportives.
A. K.
Bouteflika reçoit une délégation de femmes algériennes
Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a reçu, hier à Alger,
une délégation de femmes algériennes, à l’occasion de la célébration de la
Journée internationale de la femme. La délégation, conduite par la ministre
de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme,
Mounia Meslem, et la ministre de la Poste et des TIC, Imane-Houda
Faraoun, est composée notamment de femmes représentant le mouvement
associatif et le monde universitaire, issues de plusieurs wilayas du pays. Des
femmes cadres supérieurs de l’administration et du monde de la culture,
ainsi que des représentantes des différents corps de sécurité ont également
assisté à cette rencontre.
L’ANTENNE de Constantine de
l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) a présenté,
hier, son bilan d’activité relatif à
l’année 2015. Le nouveau directeur de
cet organisme, Abdennour Guelab, a
fait état de 645 projets réalisés durant
l’année 2015, lesquels ont pu générer
1 063 postes d’emploi, avec une prédominance pour le secteur des services. Soit le créneau qui reste le plus
prisé au niveau de cette wilaya. En
matière de formation, l’orateur révèlera que 771 entrepreneurs, dont
678 femmes avaient bénéficié de sessions spécifiques à travers des cours
ciblant le marketing, la comptabilité,
la planification financière et la fiscalité, ainsi que le calcul des coûts.
Les perspectives pour l’année en
cours restent claires, selon le directeur
qui mettra en relief l’investissement
dans la branche de l’agriculture. Cela
dénote de l’impérative, voire de l’évidente équation de l’heure. A cet effet
il précisera que la priorité sera
accordée à ce secteur tout en avouant
que tous les efforts vont être focalisés
sur ce domaine. «Pour cette année nos
objectifs seront orientés vers le développement de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire en
collaboration avec plusieurs partenaires surtout les collectivités locales.
Des sorties sur terrain sont programmées dans toutes les municipalités et zones déshéritées de la wilaya
de Constantine», a souligné le même
responsable, indiquant que dans cette
optique des fiches techniques seront
établies pour chaque localité afin de
cerner judicieusement les demandes et
les opportunités à faire valoir au
niveau des régions lésées. Le constat
annuel relevant des activités de
l’Ansej exhumait la problématique du
remboursement des crédits contractés
par les promoteurs. «Le taux se place
entre 65 et 73% au niveau de la
wilaya. Néanmoins, expliquera le
directeur, une nouvelle approche permettra des démarches souples qui
associent les jeunes à trouver des
solutions en cas de problèmes apparents ou cessation d’activité. Le dialogue et la concertation avec les
promoteurs, dont les projets n’ont pas
été concluants, commencent à se
matérialiser puisque ces derniers se
sentent moins harcelés. Plus de deux
milliards de centimes de créances ont
été recouvrés en 2015. Soit une fourchette appréciable».
Dans un autre chapitre, et en
matière de formation prodiguée aux
femmes, une expérience pilote sera
menée à Constantine et à Boumerdès
par le Bureau international du travail
(BIT) avec le programme «Aller de
l’avant pour les femmes dans l’entreprise». «120 femmes-chefs d’entreprise
créées dans le cadre du mécanisme
Ansej seront formées par les experts
internationaux du BIT», dira le conférencier avant d’évoquer les segments à
développer lors du stage : «La formation accélérée portera sur les bases de
la gestion de l’entreprise, la création de
l’esprit d’entreprise, l’aide à la gestion
des risques et les opportunités d’investissements.
N. H.
4
Mercredi 9 mars 2016
L ’ É V É N E M E N T
DANS UN MESSAGE À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME,
ABDELAZIZ BOUTEFLIKA, DÉCLARE :
es peuples du monde entier fêtent
tous les ans la Journée mondiale de
la femme comme un événement
saillant. Cette année, le peuple algérien la
célèbre dans le contexte des grandes
mutations que connaît notre pays et auxquelles la femme a apporté son concours
à tous les niveaux avec un effort matériel
et moral remarquable. J’ai veillé au cours
des précédentes années à partager cette
fête, celle de tout le peuple algérien, par
égard pour la femme algérienne qui a eu
le mérite de contribuer au recouvrement
de la liberté et de la souveraineté de notre
pays, mais aussi par souci d’œuvrer sans
relâche à l’élimination progressive des
conséquences fâcheuses du colonialisme
inique et obscurantiste qui n’ont pas
épargné les femmes et leurs droits. Il
n’est pas aisé de venir à bout de ces
accumulations et de changer les mentalités et les comportements qui ont retardé
le développement de la société en occultant la complémentarité entre l’homme et
la femme et en consacrant la différenciation entre les deux. C’est pourquoi nous
nous employons sereinement, depuis des
années, à corriger cette situation et à éliminer les déséquilibres au sein de la
société afin de lui permettre de s’émanciper, avec toutes ses composantes, sans
aucune distinction entre l’homme et la
femme hormis celles établies sur la base
de la compétence et de nos références
spirituelles.
Il va sans dire que, du point de vue
religieux, l’islam, dans sa lettre comme
dans son esprit, dans la doctrine comme
dans la jurisprudence, garantit la dignité
de l’être humain, homme et femme et
veille à son émancipation et à la consécration de ses droits matériels et moraux.
Certes, plus d’une loi positive ainsi que
d’autres efforts de jurisprudence ont
évolué à travers l’histoire dans le sens de
la mise place d’un système de valeurs
intégré pour éliminer la discrimination en
faveur du progrès, ce qui a rétabli la
femme dans certains de ses droits et l’a
dotée des moyens d’accomplir sa mission
aux côtés de l’homme. Toutefois, ce
n’est pas exagérer que de dire que dans
notre religion, dans la tradition de notre
prophète et dans la conduite de nos
prédécesseurs et de nos érudits ulémas,
des perspectives plus vastes sont offertes
à la femme dont les droits sont consacrés
dans leur plénitude. Par conséquent, il
serait vain de tenter, comme le font certains, d’attribuer à nos référents spirituels
et à notre civilisation, les dérives et les
retards enregistrés dans bon nombre de
sociétés, y compris la nôtre hélas. Il
s’agit de thèses contraires à nos références religieuses et à nos principes
constitutionnels et les battre en brèche
s’impose aujourd’hui comme un impératif.
J’ai toujours veillé, depuis que j’ai
pris mes responsabilités à la tête du pays,
à reconsidérer la place de la femme au
sein de notre société sur les plans législatif, exécutif, judiciaire, professionnel et
bien d’autres. Ainsi, la femme s’est distinguée, dans les villes et dans les campagnes et aussi bien à l’intérieur qu’à
l’extérieur du pays, grâce à la volonté de
Photo : Archives
«Des entraves objectives ont fait que nous
n’avons pas encore réalisé tous les objectifs
que nous nous sommes assignés»
L
Dieu et à la prise de conscience de la
société, comme un acteur efficient et
incontournable sur tous les plans, au
même titre que l’homme. A la faveur de
cette démarche, la femme occupe,
aujourd’hui, la place qui lui revient dans
les secteurs de l’éducation, de l’enseignement, de la justice et dans l’administration ainsi qu’au sein des instances élues
et diplomatiques et dans le gouvernement. Cependant, des entraves objectives
ont fait que nous n’avons pas encore réalisé tous les objectifs que nous nous
sommes assignés.
Les grandes réformes que nous avons
engagées dans des secteurs sensibles,
parallèlement à notre démarche pour la
construction d’une économie productive
tout en assurant les besoins essentiels de
la population, et en poursuivant la réalisation des infrastructures de base nécessaires, ont pris forme malgré des
faiblesses et des carences, et sous-tendent
aujourd’hui nos efforts visant à faire face
à la crise économique mondiale.
Convaincus que l’œuvre de relance et de
renouveau ne pouvait reposer sur un seul
élément, nous avons mené graduellement
ces réformes, à travers une série de
mesures décisives pour consolider l’Etat
de droit, au profit de toutes les franges de
notre société, et pour éliminer les obstacles qui entravaient, jusqu’à un passé
récent, la marche de notre société vers la
modernité et le développement.
Dans le cadre de cette approche prospective que doit adopter l’Algérie pour
répondre aux attentes des générations
successives, l’Etat a proposé une révision
de la Constitution, en impliquant toutes
les catégories de la société à travers des
larges consultations et une critique
constructive pour constituer une référence, pour tout un chacun, dans le traitement de toutes les questions, y compris
celles inhérentes aux relations entre les
différentes catégories de la société, à la
gouvernance, à la répartition des respon-
sabilités, à la séparation des pouvoirs
outre les différents autres aspects qui
fondent l’Etat. Nous sommes convaincus
que notre Constitution amendée offre à
tous, pouvoir et opposition, hommes et
femmes, un socle solide pour un projet
de gouvernance dans le cadre de l’Etat de
droit qui garantit les libertés fondamentales, détermine les responsabilités, les
droits et les devoirs, et où la loi s’applique en toute transparence au sein d’un
système social aux contours et objectifs
bien définis. Nul doute que la révision
constitutionnelle consacre un nouveau
saut qualitatif en faveur de la femme en
matière d’emploi et d’accès aux postes
de responsabilité, un progrès qu’il
convient de traduire dans les faits pour
parachever le renouveau de la Nation.
A l’occasion de la 5e Assemblée générale africaine sur le rôle des organes de
sécurité pour mettre fin aux violences
faites aux femmes et aux filles qu’abrite
l’Algérie, je lance un appel franc et direct
aux instances qualifiées pour les inviter à
reconsidérer les réserves de l’Algérie
concernant certains articles de la
Convention internationale de lutte contre
toute forme de discrimination à l’égard
des femmes, par rapport aux acquis que
nous avons réalisés pour la promotion et
la protection des droits de la femme et ce
dans le respect de notre référence religieuse. Nous sommes fiers de la contribution de notre pays au plan d’action
exécutif sur «la femme, la sécurité et la
paix» dans le cadre de la Ligue des Etats
arabes en collaboration avec l’Organisation des Nations unies.
Avant de conclure, je voudrais évoquer avec vous la situation dans notre
pays, et ce, pour vous dire combien votre
rôle est important dans son histoire et son
avenir. En effet, la femme algérienne a
été aux premières lignes dans le combat
pour le recouvrement de la liberté et
l’indépendance. Elle a été aussi pendant
longtemps à l’avant-garde de l’édifica-
tion de l’Algérie indépendante et nul ne
pourra nier sa résistance héroïque durant
la tragédie nationale afin que l’Algérie
reste forte et digne. Nous ne pouvons que
nous enorgueillir du travail accompli
depuis plus d’une décennie en faveur de
la consécration de la place de la femme
non seulement à travers les textes de loi
mais aussi au sein de notre société à tous
les plans, depuis l’école aux plus hauts
niveaux de la responsabilité dans les
rouages de l’Etat. Ceci m’amène à interpeller les Algériennes en ces moments où
notre pays est confronté à des défis
majeurs dont je ne citerai que trois.
Le premier défi qui interpelle le
peuple algérien tout entier et nos mères
en premier lieu, est celui de protéger, par
l’éducation et l’instruction, les générations montantes qui cristallisent toutes
nos espérances et que nous devons prémunir des fléaux sociaux et le dénuement
moral pour qu’elles soient le pilier de
l’Algérie de demain.
En second lieu, la femme doit continuer à jouer son rôle dans la sensibilisation de la société et à s’impliquer dans la
sauvegarde de la sécurité de l’Algérie
face aux crises qui secouent notre région
et des dangers qui la menacent chaque
jour davantage. Dans ce contexte, nous
rendons hommage à l’Armée nationale
populaire, digne héritière de l’Armée de
libération nationale, et aux divers corps
de sécurité de notre pays qui veillent à la
sécurité du territoire national par leur
déploiement aux frontières. Mais il va
sans dire que le peuple avec ses différentes composantes doit prendre
conscience de la complexité du moment
et redoubler de vigilance pour la défense
de la patrie et de sa liberté.
Le troisième défi dont je dois vous
parler chères sœurs, concerne la poursuite du processus de développement
économique et la sauvegarde de nos
choix en termes de justice sociale et de
solidarité nationale dans ce contexte
marqué par une situation difficile des
revenus du pays consécutive à une chute
fulgurante des prix du pétrole sur le
marché mondial. Les Algériens, hommes
et femmes sont appelés à relever ce défi
et à redoubler d’efforts pour mettre à
profit toutes les capacités nationales afin
que le pays dépasse, sans dommages,
cette crise conjoncturelle et créer un
retournement de situation propice à l’édification d’une économie plus compétitive
et apte à mener l’inévitable bataille de la
mondialisation.
Je demeure fermement convaincu que
les femmes de mon pays, celles-là
mêmes qui ont contribué à façonner son
histoire sont en mesure, aujourd’hui, de
relever ces défis et qu’elles donneront les
exemples les plus éloquents dans l’accomplissement de leur noble mission.
Pour conclure, je vous présente chères
sœurs mes plus chaleureuses félicitations
en cette journée de la femme et vous souhaite et à tout le peuple algérien à travers
vous, santé, bien être et prospérité au
sein de la liberté et de la stabilité. Vive
l’Algérie.
L ’ É V É N E M E N T
Mercredi 9 mars 2016
5
36 TERRORISTES, 12 MEMBRES DES FORCES DE L’ORDRE ET 7 CIVILS TUÉS DANS LES ATTAQUES
DE LUNDI DERNIER
Cible de Daech, la Tunisie mène
«une guerre totale contre le terrorisme»
Par
Hasna Yacoub
e bilan des attaques terroristes qui ont ciblé la
Tunisie, lundi dernier, a
augmenté pour atteindre au
moins 55 morts. Dans le détail,
au moins 36 terroristes,
12 membres des forces de
l’ordre et sept civils ont été
tués, a annoncé, le Premier
ministre tunisien, Habib Essid
précisant que six assaillants
blessés ont par ailleurs été
arrêtés. Parmi les 12 membres
des forces de l’ordre figurent
un soldat, un douanier et
10 membres des forces de la
sécurité intérieure «dont l’un a
été assassiné à son domicile»,
a fait savoir le Premier ministre
lors d’une conférence de presse.
Il a ajouté que 14 membres des
forces de l’ordre avaient en
outre été blessés, ainsi que trois
civils. Le chef du gouvernement tunisien a par ailleurs
indiqué que les assaillants
étaient une cinquantaine au
total, selon une première estimation, et confirmé que selon
les données préliminaires, la
majorité des assaillants tués et
arrêtés étaient des Tunisiens,
sans écarter la possibilité d’étrangers parmi eux. Malgré
tout, «la réaction des forces de
l’ordre a été rapide et forte
(...). Nous avons remporté une
bataille, mais nous sommes
prêts pour les autres», a assuré
M. Essid. «Ils (les terroristes,
ndlr) ont compris que la Tunisie
n’était pas facile, que ce n’était
pas une promenade d’établir un
émirat à Ben Guerdane», a-t-il
commenté. M. Essid avait, la
veille, affirmé que le but des
attaques était d’instaurer «un
émirat de Daech». Le Premier
ministre n’a pas manqué d’appeler à la vigilance, la Tunisie
étant dans «une guerre totale
contre le terrorisme» promettant «une évaluation approfondie de ce qui s’est passé. Et
on en tirera toutes les conclusions. Il se peut qu’il y ait (eu)
une défaillance à un certain
niveau, au niveau des renseignements, au niveau d’autres
éléments». Pour rappel, des
attaques sanglantes ont été
menées simultanément à Ben
Photo : DR
L
Guerdane, dans le sud-est du
pays, lundi à l’aube. Elles ont
visé une caserne de l’armée, un
poste de police et un poste de la
Garde nationale de cette ville
proche de la frontière libyenne.
L’armée tunisienne qui a tout
de suite riposté et a réussi à
déjouer les attaques. L’interrogatoire des sept terroristes capturés aurait permis de découvrir
un camion rempli d’armes
lourdes, mais aussi trois caches
d’armes de guerre à Ben
Guerdane. Hier, les forces de
l’ordre continuaient de ratisser
la région craignant que les terroristes qui ont réussi à prendre
la fuite commettent d’autres
attaques. Le ministère de l’Intérieur se veut cependant rassurant en affirmant que la
situation est désormais stable.
Mais des rumeurs ont fait état
d’affrontements sporadiques.
Dans les rues de la ville de Ben
Guerdane, la vie n’a pas encore
repris son cours. Les écoles gardent encore leurs portes
fermées. Dans le centre-ville,
un rond-point est bouclé et des
snipers sont positionnés sur les
toits alentour. Des patrouilles
de l’armée sont déployées dans
la ville pour sécuriser ses accès,
comme l’a précisé le ministère
de la Défense, appelant toutefois les habitants à la prudence
et leur demandant d’informer
les autorités de toute présence
suspecte. Pour l’heure, les
attaques n’ont pas encore été
revendiquées même si plusieurs
témoignages d’habitants évoquent des combattants qui se
réclamaient de l’organisation
Etat islamique. Le président
tunisien, Béji Caïd Essebsi, luimême, a affirmé que ces
attaques avaient pour but d’établir un émirat de Daesh dans
cette ville. Il a déclaré que l’attaque avait «peut-être pour but
de contrôler» cette région et de
«proclamer une nouvelle province» aux mains de groupes
extrémistes. «Les Tunisiens
sont en guerre contre cette barbarie et ces rats que nous
allons extrerminer [...] définitivement», a ajouté M. Essebsi
dans des propos retransmis par
la télévision publique. Déjà
frappée en 2015 par une série
d’attentats sanglants, la Tunisie
a annoncé la fermeture des
postes frontaliers et le renforcement des patrouilles y compris
Lutte antiterroriste : l’Algérie et la Tunisie poursuivent leur coordination
L’Algérie et la Tunisie «poursuivent toujours» leur coordination
en matière de lutte antiterroriste, a indiqué, hier à Alger, le
ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra. «La coordination entre l’Algérie et la
Tunisie (dans la lutte antiterroriste) se poursuit toujours», a
déclaré M. Lamamra, en marge de la cérémonie organisée en
l’honneur des femmes algériennes, à l’occasion de la Journée
mondiale de la femme. Il a rappelé, à ce propos, que l’Algérie a
toujours été aux avant-postes en ce qui concerne la lutte
contre le terrorisme, mettant plus particulièrement l’accent sur
le rôle des forces de l’Armée nationale populaire (ANP) et des
autres corps de sécurité dans le combat contre ce phénomène.
Evoquant les attaques terroristes survenues lundi dans la ville
de Ben Guerdane, M. Lamamra a salué «l’efficacité et le professionnalisme» des forces de sécurité tunisiennes qui ont réussi à
mettre en échec «une tentative des terroristes de faire des ces
attaques un coup médiatique». Interrogé, par ailleurs, sur la
crise libyenne, le chef de la diplomatie algérienne a estimé que
le règlement (de la crise) est entre les mains «des frères
libyens». «Certes, il y a des divergences entre les différentes parties
libyennes, mais cela ne doit les empêcher d’œuvrer pour une résolution de cette crise et former un gouvernement consensuel», a-t-il
soutenu. M. Lamamra a appelé, à cet égard, les Libyens à transcender leurs divergences et à constituer un front national en
vue de parvenir à un règlement définitif de la crise qui secoue
leur pays.
aériennes à sa frontière avec la
Libye. Les routes menant à
Zarzis et Djerba, au nord de
Ben Gardane, ont été, également, fermées à la circulation.
Après ces attaques, plusieurs
pays et organismes internationaux ont exprimé leur soutien
à la Tunisie. L’Algérie a
condamné «vigoureusement»
ces attaques, saluant «la riposte
déterminée et courageuse des
forces de sécurité tunisiennes».
«Nous assurons le peuple et le
gouvernement tunisiens frères
de notre solidarité pleine et
entière», a déclaré le porteparole du ministère des Affaires
étrangères, Abdelaziz Benali
Cherif, ajoutant : «Nous renouvelons par la même notre rejet
du terrorisme sous toutes ses
formes et appelons l’ensemble
des acteurs régionaux et internationaux à renforcer davantage leur coopération et à
fédérer leurs efforts pour faire
en sorte que la défaite du terrorisme partout où ce fléau se
manifeste soit un objectif stratégique commun». L’Egypte a
également exprimé son soutient
par la voix de son président,
Abdelfattah Al Sissi, qui a eu
un entretien téléphonique avec
son homologue tunisien qui lui
a fait part de la solidarité de son
pays avec la Tunisie, dans son
combat contre le terrorisme.
Les Etats-Unis ont vivement
condamné l’attaque et ont proposé leur aide aux institutions
militaires et sécuritaires tunisiennes. Tout en condamnant
les attaques, Paris et Berlin ont
assuré que la Tunisie a, une fois
encore, été visée parce qu’elle
est un symbole. De son côté,
Ban Ki-moon, Secrétaire
général des Nations unies, a
présenté ses condoléances aux
familles des martyrs et a réitéré
son soutien à la Tunisie et au
peuple tunisien. Le responsable
onusien, a vivement condamné
cet attentat et a souligné l’engagement de l’ONU à soutenir le
peuple tunisien et à combattre
le terrorisme. A noter enfin que
ces violences surviennent alors
que la Tunisie a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude
quant à la situation en Libye
notamment après la décision
d’une intervention étrangère
dans ce pays, menée pour
l’heure par les Etats-Unis et la
France.
H. Y./Agences
Le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur condamne
l’attaque terroriste de Ben Guerdane
Le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur a condamné, hier, les attaques terroristes qui ont ciblé la police et l’armée dans la ville tunisienne de Ben Guerdane,
proche de la frontière libyenne. Dans un communiqué, repris par des médias, le
Secrétariat général du Conseil, qui siège à Tunis, affirme «avoir pris avec grande indignation la nouvelle de l’attaque lâche» perpétrée lundi dernier dans la ville de Ben
Guerdane, saluant «la riposte courageuse des forces de sécurité tunisiennes face à cet
acte criminel organisé». Le Conseil a, par ailleurs, salué «la cohésion totale» entre les
citoyens et les forces de sécurité, qui ont fait face à ce groupe terroriste.
Auparavant, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné les attaques
terroristes dans la ville de Ben Guerdane, réitérant «l’engagement de l’organisation
(onusienne) à se tenir aux côtés du peuple tunisien dans sa lutte contre le fléau
du terrorisme».
L ’ É V É N E M E N T
Mercredi 9 mars 2016
ÉDITORIAL
La Tunisie, ventre mou de la sécurité
stratégique de l’Algérie
Par
Noureddine Khelassi
AVEC les spectaculaires attaques de Ben Guerdane, à la frontière
libyenne, le terrorisme djihadiste change de dimension et de stratégie en
Tunisie. Il ne s’agit plus d’attentats ciblés, mais d’attaques militaires
d’envergure. Des assauts coordonnés menés par des éléments de Daech
contre l’armée et la Garde nationale. Et un bilan morbide très lourd,
avec plus de cinquante morts dont une trentaine de terroristes. Ben
Guerdane, qui jouxte le chaos libyen, est une plaque tournante du commerce informel avec le voisin de l’Est. De même, le lieu de transit de
recrues tunisiennes pour l’Etat islamique. Il était inéluctable qu’elle
devienne un jour une cible de choix pour l’EI dont la stratégie d’implantation en Afrique du Nord consiste à créer des bantoustans terroristes. Précisément, des abcès de fixation territoriale qui sont autant de
bases d’appui, de repli et de déploiement. Les attaques de Ben Guerdane
ne sont donc en rien une surprise. Il fallait s’y attendre en raison de
l’intensification de la pression militaire contre les bases de l’EI en
Libye. Le grand tournant avait été le raid aérien US lancé le 19 février
contre une ferme près de Sabrata, à une centaine de kilomètres de la
Tunisie. Une grande partie des terroristes tués étaient des Tunisiens. Et
déjà que les groupes de Daech avaient pu prendre un ascendant décisif
sur les milices de Sabrata liées à la coalition de Fajr Libya basée à Tripoli. Ce nouveau leadership traduit le degré d’enracinement de l’EI à
Sabrata. Dès lors, des attaques menées plus à l’Ouest de cette ville et
jusqu’à Ben Guerdane où Daech dispose de cellules dormantes, étaient
prévisibles. Scénario qui s’est confirmé. Le 2 mars, un premier incident
à El Aouija près de Ben Guerdane a fait cinq morts parmi les djihadistes. Et sans oublier d’autre part que les auteurs des tueries de mars
2015 contre le musée du Bardo à Tunis et en juin contre un hôtel de
Sousse ont été formés à Sabrata. Depuis, l’armée tunisienne a entamé la
construction le long de la frontière d’un «système d’obstacles» formé
d’une tranchée d’eau salée surmontée d’un mur de sable. Presque en
vain car l’étanchéité de ce dispositif restera aléatoire tant qu’un système
de surveillance électronique ne viendra pas le compléter. L’ampleur des
attaques de lundi montre à quel point la sécurisation de la frontière est
un sérieux problème. Il y a certes la question des moyens techniques et
humains à mettre en œuvre pour réduire efficacement la porosité de la
frontière et mieux contrôler une ville de 60 000 habitants comme Ben
Guerdane. Il est vrai aussi que l’armée a bien riposté mais il y a eu vraisemblablement des failles dans le dispositif de renseignement. Sinon
«comment un nombre aussi élevé de terroristes a-t-il pu ainsi se
retrouver au centre de Ben Guerdane alors que l’endroit est en principe
hypersécurisé ?», s’est interrogé le directeur de l’Institut tunisien des
études stratégiques (Ites), un cercle de réflexion liée à la présidence de
la République. Le renseignement et son partage sont un des domaines
de coopération stratégique entre la Tunisie et ses partenaires occidentaux et régionaux dont l’Algérie. Frontalier de la Libye et de sa voisine
tunisienne, notre pays a tout intérêt à ce que la Tunisie ne soit pas le
ventre mou de sa sécurité stratégique. Faisant désormais face à deux
menaces sécuritaires permanentes à ses frontières Est, les Algériens doivent renforcer encore plus la coopération militaire et sécuritaire avec la
Tunisie. Voisin qui constitue une zone-tampon de sécurité avec le prurit
terroriste libyen. Le faire, procède du simple bon sens.
N. K.
Quotidien national d’information
Edité par la SARL Omnium maghrébin de presse
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Ameyar Kheïreddine, Cherif Tifaoui,
Hassen Bachir-Cherif, Baya Gacemi, Djamel Djerad
Tous les documents remis au journal ne peuvent faire l'objet d'aucune
réclamation, sauf accord préalable avec la direction.
FONDÉE SUR UNE APPROCHE INTÉGRÉE, COHÉRENTE
ET MULTISECTORIELLE
Une dynamique économique
est impulsée à Annaba
Photo : Archives
6
Par
Algérie presse service
a wilaya d’Annaba, aux atouts touristiques
considérables, est parvenue à impulser une
dynamique de développement tous azimuts,
fondée sur une approche intégrée, cohérente et
multisectorielle. Cette wilaya de 655 000 habitants, située dans le Nord est du pays, où le
Premier ministre, Abdelmalek Sellal, effectuera
aujourd’hui une visite de travail, a d’abord
associé son nom, du fait de la présence du complexe sidérurgique d’El Hadjar, à l’industrie
lourde en Algérie. Cela n’a pas détourné cette
région côtière de ses autres potentialités, touristiques notamment, qui constituent, dans un
contexte marqué par les facilitations de l’Etat à
l’acte d’investir utile, un authentique terreau à
même de promouvoir l’investissement créateur de
richesses et d’emplois.
Outre le défi résolument engagé de réhabiliter
le fleuron de l’industrie sidérurgique nationale, à
la suite de la réappropriation par l’Etat de l’ensemble des actions du complexe d’El Hadjar, et
un investissement d’un milliard de dollars pour
porter sa production à plus de deux millions
tonnes/an d’acier liquide dès 2017, le tissu industriel de la wilaya d’Annaba s’est consolidé par
une nouvelle usine d’assemblage et d’entretien de
rames de tramway, la Cital. Cette unité reflète une
orientation stratégique visant à favoriser l’émergence d’un pôle industriel orienté vers les activités ferroviaires et la dynamisation des petites
activités industrielles de sous-traitance (pièces de
rechange, équipements plastiques et métalliques)
de sorte à augmenter le taux d’intégration et
répondre aux exigences du fonctionnement des
centres d’entretien de Cital. Fruit d’un partenariat
algéro-français, Cital a été inauguré en mai 2015
et a livré sa première commande de 30 rames en
septembre dernier. Sa capacité est de quatre rames
par mois destinées à la couverture des besoins du
marché national.
Un plan d’urgence d’aménagement et de réhabilitation des zones industrielles et la création de
nouvelles aires industrielles ont été engagés dans
cette perspective par les services de la wilaya.
C’est ainsi qu’un parc industriel de 523 hectares a
été lancé en chantier à Ain Berda pour constituer,
avec la zone industrielle de Berrahal, «la locomotive» de la relance des petites et moyennes entre-
L
prises et de la diversification économique. Dans
la même optique, des actions de réaménagement
de cinq zones industrielles et de huit zones d’activités qui accueillent au total 166 unités, ont été
engagées permettant la densification de l’éclairage public dans ces espaces, désormais assuré à
98%. La rénovation des chaussées y est actuellement menée, parallèlement à la promotion des
services fournis sur ces sites industriels. L’investissement touristique intégré constitue l’autre
orientation de la wilaya d’Annaba. La «Coquette»
sera ainsi dotée d’un «couloir touristique» allant
de la nouvelle aérogare jusqu’à la gare maritime
projetée au port d’Annaba, qui devra contenir des
aires de loisirs, de détente, de shopping et autres
services divers de «qualité professionnelle».
Le challenge à relever sera de booster les
investissements dans les cinq zones d’expansion
touristique (ZET), qui totalisent une offre foncière
de 2 335 hectares s’étendant de Chetaïbi vers
Seraïdi, Sidi Salem et la corniche annabie. Pour y
parvenir, les efforts ont été dirigés vers la réhabilitation et la mise à niveau des entrées de la ville, la
création d’échangeurs, de voies de contournement
et de parkings ainsi que vers la mise en place de
modes modernes de gestion de l’environnement
urbain.
Par ailleurs, pour une meilleure répartition spéciale de la population, dont 40% sont concentrés
au chef-lieu de wilaya, de nouveaux pôles urbains
ont été lancés à Bouzaâroura (El Bouni), à
Kalitoussa (Berrahal) et à Ain Djebara, parallèlement au mégaprojet du nouveau pôle urbain
intégré de Draâ Errich, conçu comme un grand
pôle urbain présentant toutes les caractéristiques
d’une cité moderne, intégrée et homogène. Sur les
50 000 logements qui y sont projetés, soit le quart
de la totalité du programme d’habitat de la wilaya,
12 317 unités ont été effectivement mises en
chantier, dont 6 817 logements chapeautés par
l’Office de promotion et de gestion immobilière
(Opgi) et 5 200 par l’Agence nationale d’amélioration et de développement du logement (Aadl).
Pour résorber l’habitat précaire qui défigure les
paysages urbains de la wilaya, il est prévu, au
cours du 1er semestre 2016, la distribution de
12 000 logements neufs, dont la moitié dans la
ville d’Annaba.
APS
Sellal en visite de travail dans la wilaya d’Annaba
Suite de la page 1
La ville d’Annaba, qui attend depuis plus
d’une semaine cette visite, s’y est préparé en
procédant à un «relookage extrême», avec des
préparatifs minutieux qui ont mobilisé des centaines d’agents de la commune, des travaux
publics et des personnels de «Blanche Algérie».
La ville brille de tous ses feux pour recevoir
dignement son hôte de marque, qui, espérons-le,
saura regarder derrière les beaux atours et le clinquant pour voir les réalités qu’on cache aux responsables.
R. C.
R É G I O N S
Mercredi 9 mars 2016
GRANDE ZONE ARABE DE LIBRE-ÉCHANGE
COMPLEXE TEXTILE
ALGÉRO-TURC DE RELIZANE
Nette hausse des produits algériens
exportés en 2015
Une première unité
opérationnelle d’ici
fin 2016
Par
Algérie presse service
e nombre de produits détenant des certificats d’origine algérienne exportés
vers la Grande zone arabe de
libre- échange (Gzale) est passé
de 891, en 2014, à 1 427 en 2015,
a indiqué, hier à Alger, une responsable à la Chambre algérienne de commerce et
d’industrie (Caci). Intervenant
lors d’un séminaire sur les règles
d’origine et les régimes préférentiels, la directrice des relations
internationales à la Caci,
Ouahiba Behloul, a attiré l’attention sur le fait que l’augmentation enregistrée, en 2015, a été
tirée par le nombre important de
certificats visés par la Caci
devant accéder au marché tunisien, même si l’Algérie et la
Tunisie sont liées, depuis 2014,
par l’accord commercial préférentiel.
«Nous avons constaté que
591 certificats pour des transactions couvertes par l’accord de la
Gzale concernaient la Tunisie.
Certains exportateurs ont visiblement trouvé plus d’avantages
douaniers dans le cadre de la
Gzale», expliquera la représentante de la Caci. M me Behloul
rejettera, cependant, l’idée selon
laquelle l’accord algéro-tunisien
ne serait pas intéressant. D’après
elle, il s’agit de savoir tirer profit
de chacun des deux accords, en
fonction des produits à exporter.
Photo : Archives
L
«Pour les produits agricoles et
agro-industriels, la Gzale est
idéale car elle offre de nombreux
avantages aux exportateurs.
Pour le reste des produits, l’accord préférentiel algéro-tunisien
est plus intéressant», a-t-elle précisé. Sur l’année 2014,
la balance commerciale de
l’Algérie avec la Gzale avait réalisé un excédent de plus d’un
milliard de dollars.
Concernant l’accord d’association liant l’Algérie à l’Union
européenne, la directrice des relations internationales à la Caci a
estimé qu’il était temps pour
l’Algérie d’exiger sa révision. Il
faudra revoir essentiellement le
système des contingents et la liste
des produits destinés à être
exportés par l’Algérie. Car, cette
liste comporte des produits que
l’Algérie est encore loin de pouvoir exporter, indique-t-elle.
Par contre, avec la Gzale, le mal
semble moindre, puisque cet
accord prévoit une liste de
produits dit négatifs, non autorisés à être exportés, poursuit
Mme Behloul. La Gzale regroupe
actuellement 19 pays : Algérie
(membre depuis 2009), Arabie
saoudite, Bahreïn, Egypte,
Emirats Arabes Unies, Irak,
Jordanie, Koweït, Liban, Libye,
Maroc, Mauritanie, Oman,
Palestine, Soudan, Syrie, Tunisie,
Qatar et Yémen. Pour sa part,
l’inspecteur divisionnaire à la
Direction générale des Douanes,
Mourad Tebbi, a attiré l’attention
sur le fait que la définition des
produits d’origine n’est pas la
même, selon les pays, ce qui
implique que les critères définissant l’origine doivent se faire suivant les accords conclus entre
pays. Il citera à titre d’exemple
l’accord commercial algéro-jordanien qui considère comme produit d’origine tout produit ayant
un taux d’intégration local égal
ou supérieur à 40%, alors que
l’accord d’association avec l’UE
considère comme produit d’origine algérienne un produit totalement algérien ou ayant été
fabriqué à partir de matières premières importés d’Europe. APS
LES PROJETS SONT PRÉVUS À HASSI MESSAOUD, BISKRA ET TIARET
Une compagnie britannique pour les études
d’engineering de trois raffineries
SONATRACH et la compagnie britannique Amec Foster
Wheeler FID ont signé, hier à
Alger, un contrat portant sur la
réalisation des études d’engineering relatives aux trois projets de
raffineries de Hassi Messaoud,
Biskra et Tiaret pour un montant
de 17,28 millions d’euros. Le
contrat, signé par le vice-président de Sonatrach chargé de
Liquéfaction, raffinage et pétrochimie, Akli Remini, et le directeur exécutif d’Amec Foster
Wheeler, Marco Moresco, prévoit la réalisation par la firme
britannique des études de type
FEED, c’est-à-dire études d’engineering de base pour les
futures unités de raffinage
implantées à Hassi Messaoud,
Biskra et Tiaret. Les résultats de
ces études, dont le délai de mise
en œuvre a été fixé à 15 mois,
constitueront une base de référence pour élaborer les cahiers
de charges relatifs à la réalisation de ces trois projets,
explique-t-on.
Les trois raffineries auront
une capacité globale de traitement de 15 millions de tonnes
par an, soit cinq millions de
tonnes/an de produits pétroliers
et gaziers chacune et qui répondent aux exigences européennes
et internationales en matière
d’environnement avec une faible
teneur en soufres, plombs et
additifs chimiques. Il s’agit
notamment de gaz propane,
GPL, essence sans plomb,
kérosène, gasoil et bitumes,
tandis que l’unité de Biskra produira des lubrifiants, a-t-on
ajouté.
La signature de cet accord
marque «la concrétisation des
engagements de Sonatrach par
la réalisation de son programme
de développement du raffinage,
qui permettra de passer du statut
d’importateur de carburants à
celui d’exportateur», a souligné
le P-dg du Groupe algérien des
hydrocarbures, Amine Mazouzi,
dans une intervention. Les trois
raffineries en question, dont la
mise en service est prévue entre
2019 et 2020, font partie d’un
programme global de pétrochimie qui porte sur l’augmentation de la production nationale
en carburants et produits pétro-
liers à 60 millions de tonnes
par an à l’horizon 2019 contre
27 millions de tonnes actuellement. M. Mazouzi a, par ailleurs,
annoncé la signature avant fin
mars d’un autre contrat de
revamping (travaux de rénovation et modernisation d’unités
de production) à Hassi
Messaoud, un projet destiné à
«sécuriser et moderniser les installations de production avec
un apport supplémentaire de
3 000 tonnes par jour de production de pétrole brut.
APS
7
UNE PREMIÈRE unité du
complexe textile algéro-turc de
Relizane (Tayal) entrera en production d’ici à fin 2016, a
indiqué, hier à Alger, le P-dg du
Groupe public de confection et
d’habillement (C&H) Ahmed
Ben Ayad. Ce projet, fruit d’un
partenariat entre C&H (30%),
l’Algérienne des textiles
(Texalg) (21%) et le Turc Taypa
(49%), produira à terme 12 millions de jeans, 14 millions de
chemises et 12 millions d’articles de bonneterie. «Le premier
kilogramme de fil sortira de
l’usine d’ici fin 2016 avec le
partenaire turc Astay, et ce,
dans une première phase, avant
une montée en cadence par la
production de tissus puis le lancement de l’activité de confection de pantalons», a déclaré
M. Ben Ayad à l’APS en marge
d’une conférence de presse sur
les journées du textile algérien.
A terme, près de 60% de la production de ce complexe industriel sera destiné à l’exportation
a-t-il ajouté, affirmant que ce
complexe nécessitera un investissement total de 713 millions
de dollars. Evoquant la situation
de l’industrie du textile nationale, ce responsable a noté que
le produit national ne couvre que
4% du marché et que les 96%
restant sont couverts par l’importation. Il a indiqué que le
chiffre d’affaires réalisé en 2015
par le secteur du textile national
était de 11 milliards de dinars,
rappelant que les entreprises
publiques ont bénéficié d’un
plan de relance de 21,2 milliards
de dinars. Interrogé sur les
contraintes qui bloquent l’essor
de cette filière industrielle,
M. Ben Ayad a cité notamment
«le système salariale peu
attractif, la faiblesse du management, la forte dépendance aux
importations des matières premières et la concurrence rude et
parfois déloyale des importateurs». Concernant, d’autre part,
les journées du textile algérien,
prévues du 14 au 24 mars à
Alger, elles regrouperont les
différents acteurs du secteur afin
de contribuer à la relance de
cette filière. Au cours de cet
événement, un forum, des expositions, des ateliers et des défilés
de mode seront organisés, selon
les organisateurs.
Algérie-Hongrie : développer le partenariat en industries alimentaires
LE SOUS-SECRÉTAIRE
d’Etat hongrois chargé de
l’agroéconomie, Zsolt Feldman,
a insisté, hier à Mostaganem, sur
la nécessité de développer un
partenariat en industries alimentaires, élevage bovin et en production laitière et d’encourager
la recherche en technologies
modernes en adoptant les expériences des deux pays.
M. Feldman a affirmé lors d’une
rencontre avec le wali de
Mostaganem, Abdelwahid
Temmar, la détermination de
son pays à promouvoir un partenariat «gagnant-gagnant» avec
l’Algérie permettant de développer l’économie bilatérale. Au
passage, il a fait part du désir de
sociétés et d’opérateurs hongrois
de tisser un partenariat avec
leurs homologues algériens, surtout à Mostaganem dans les
domaines de l’agriculture, de
l’industrie alimentaire, de la
transformation des produits agricoles, de l’aquaculture, des technologies d’information et de
communication (TIC) et autres.
L’ambassadrice de Hongrie en
Algérie Helga Katalin Pritz, qui
a assisté à cette rencontre, a
indiqué que cette visite dans la
wilaya de Mostaganem s’inscrit
dans le cadre de la recherche de
voies et moyens de renforcer les
échanges commerciaux entre les
deux pays dans divers secteurs.
Le wali de Mostaganem a invité
le partenaire hongrois à développer le partenariat en matière
de recherche scientifique, d’élevage bovin, de production laitière et d’industries alimentaires.
Il a également appelé à
programmer une rencontre entre
des opérateurs locaux et leurs
homologues de Hongrie pour
déterminer les domaines de partenariat en agriculture et en
industrie, notamment. La délégation hongroise, composée de
sept membres dont des opérateurs économiques en agriculture et recherche scientifique, a
visité une exploitation agricole
privée à Fornaka et un groupe
d’industrie agroalimentaire privé
à Mazaghran.
8
Mercredi 9 mars 2016
C O N J O N C T U R E
LA BCE NE VEUT PLUS DE BILLETS MAUVES
Pourquoi la Bundesbank veut sauver le billet de 500 euros
La banque centrale allemande a ouvertement critiqué la volonté de la BCE de supprimer le billet mauve.
Elle défend une habitude allemande, mais elle a peut-être un autre objectif en tête
Par
dans sa politique de taux négatif. Car si les
épargnants décident de stocker des billets, la
BCE n’aura pas réussi à favoriser une
meilleure circulation financière et elle aura,
de plus, fragilisé les banques. Bref, la BCE
a tout intérêt à limiter les grosses coupures
à 200 euros, ce qui augmente
immédiatement de 2,5 fois le coût relatif de
stockage et donc l’intérêt de conserver son
argent sur des comptes taxés.
Romaric Godin
es relations entre la BCE et la Bundesbank, on le sait, sont très tendues ces
temps-ci. Le président de la «Buba»,
Jens Weidmann, ne manque pas une occasion de dire tout le mal qu’il pense de la
politique d’assouplissement quantitatif de la
BCE. Mais les deux Banques centrales sont
engagées dans une autre bataille : celle du
billet de 500 euros.
L
Pas d’actualité, mais...
La Bundesbank défend
le billet mauve
La défense des habitudes
allemandes contre... Wolfgang
Schäuble
L’offensive de la Bundesbank n’est certes
pas surprenante. Le billet de 500 euros avait
été créé en 2002 pour ne pas perturbés les
habitudes des citoyens de la république fédérale, accoutumés à l’usage du billet de
1 000 deutsche mark, soit... 500 euros.
Même si l’usage des cartes de paiement se
répand en Allemagne, il demeure beaucoup
plus limité qu’ailleurs en zone euro. En
2011, selon la Fed de Boston, 82% des transactions dans le commerce de détail se faisaient en liquide en Allemagne contre 56%
en France, 65% en Autriche et 46% aux
Etats-Unis. Il n’est pas rare, outre-Rhin, de
pratiquer des paiements élevés en numéraire,
sachant qu’il n’existe aucune limite, à la
différence de la France ou des pays voisins
pour de telles transactions.
L’Allemand aime donc l’argent liquide et
la Bundesbank défend logiquement leur
intérêt. Mais, pour une fois, la Buba et le
ministre fédéral des Finances, Wolfgang
Schäuble, ne sont pas sur la même longueur
d’onde. Ancien ministre de l’Intérieur, ce
dernier est très sensible aux questions de
financement du crime organisé et du terrorisme. Il s’est donc dit favorable à la suppression du billet de 500 euros et à
l’instauration d’une limite de 5 000 euros
pour les transactions en liquide. Mais la
Bundesbank a peut-être un autre objectif en
tête.
Le risque des taux négatifs
Dans le contexte actuel, en effet, l’argent
liquide prend une valeur particulière. La
BCE s’est engagée dans un taux de dépôt
négatif qui est aujourd’hui à -0,3% et peutêtre dès jeudi à -0,4%. Une mesure que la
Bundesbank désapprouve clairement, mais
qui vise à faire circuler davantage les liquidités excessives des banques issues du programme de rachat de la BCE pour faire
baisser les taux interbancaires et favoriser les
prêts à l’économie réelle. La BCE entend
aussi utiliser ce taux négatif pour peser sur
l’euro en incitant les investisseurs à ne pas
stocker des liquidités dans la zone euro. Pour
le moment, ce taux de dépôt négatif ne s’est
pas répercuté sur les clients des banques. La
rémunération de l’épargne et des dépôts
demeure positive ou nulle. Mais si la BCE va
plus loin, il peut être envisageable de voir les
Photo : DR
Dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme et contre les fraudes
diverses, la BCE a engagé une réflexion pour
supprimer la plus grosse coupure d’argent
liquide de la zone euro, avec l’appui notamment du ministère français des Finances.
Mais la Bundesbank entend défendre l’existence du billet mauve, comme le rappelait
récemment le site paneuropéen EurActiv.
Dans un discours prononcé à Londres,
Carl-Ludwig Thiele, membre du directoire
de la Bundesbank en charge de l’argent fiduciaire a défendu le billet de 500 euros au
nom de la liberté. «Les citoyens ne devraient
pas devenir automatiquement suspects», a-til indiqué en déplorant que la liberté des
Européens serait ainsi entravée.
banques répercuter cette «taxe» sur leurs
clients. Ceci ne serait pas forcément vu d’un
œil sévère par la BCE qui cherche précisément à favoriser l’utilisation de l’épargne
stagnante pour doper la croissance. Elle n’a,
de ce point de vue, pas tort. Malgré une augmentation réelle record de leurs salaires, les
Allemands ont augmenté en 2015 leur taux
d’épargne. La BCE a besoin que cet argent
circule.
ennemi potentiel de la politique de la BCE.
Et donc un allié de la Bundesbank. Tant qu’il
existe, il dissuade la BCE d’aller trop loin
Cet aspect n’est peut-être pas le principal
actuellement pour la BCE, la Bundesbank et
les Etats. Même à -0,4%, le taux de dépôt
négatif demeure supportable pour les
banques européennes et les taux d’épargne
allemands restent légèrement positifs. En
Suisse, avec un taux de dépôt de - 0,75%, les
taux d’épargne sont généralement nuls. Chez
Crédit Suisse, par exemple, il est de 0,01%
pour les sommes jusqu’à 250 000 francs
suisses. On n’a donc vu aucune «préférence»
pour l’argent liquide dans la Confédération.
Reste qu’avec la généralisation des taux
négatifs sur la dette allemande (jusqu’à une
maturité de 9 ans), le risque n’est pas à
négliger pour la Bundesbank. Dans la presse
financière allemande, les «experts» ne
cessent de mettre en garde contre ce danger.
D’autant qu’on ne voit aucun signe de succès
de la politique de la BCE. Le taux de dépôt
de cette dernière pourrait donc aller encore
plus loin en territoire négatif. On comprend
alors que la Bundesbank n’étende pas se
priver d’une arme comme le billet de
500 euros pour contrer cette politique si elle
devenait incontrôlable.
R. G.
In latribune.fr
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Vers une préférence
pour le liquide ?
Mais la Bundesbank n’est pas de cet avis.
Elle entend - et c’est son rôle - défendre les
épargnants allemands, mais aussi les
banques allemandes. Car si l’épargne est
taxée, si les ménages vident leurs comptes
épargne, ils risquent de fragiliser un secteur
bancaire allemand dont la santé demeure
problématique en réduisant les fonds propres
des établissements. Or, la Bundesbank voit
dans l’argent liquide et dans l’existence de
grosses coupures un élément dissuasif pour
la BCE.
Les billets de banque sont en effet des
créances sur la BCE à taux nul. Si l’épargne
est taxée, leur détention peut devenir intéressante pour un déposant. Plutôt que de payer
1,60 euro pour 500 euros déposés sur un
compte, un ménage peut décider de
conserver 500 euros en liquide - non taxés sous son matelas, par exemple. L’arbitrage
est cependant plus complexe, car pour des
sommes plus importantes, il y a un coût au
stockage d’argent liquide : il faut un contenant sécurisé, comme un coffre-fort et il
existe un risque de vol ou de perte. Bref, ce
coût rend l’arbitrage plus complexe. Mais
plus les taux seront négatifs, plus le coût
relatif de la détention de numéraire sera intéressant.
Le billet de 500 euros,
une arme contre la BCE ?
Or les grosses coupures permettent de
stocker davantage de fonds de façon plus
pratique. Autrement dit : le billet de
500 euros est un moyen de contourner plus
aisément les taux négatifs susceptibles de
frapper l’épargne que des plus petites coupures. Il fait sensiblement baisser le coût de
la détention de liquide. C’est donc un
LE DIRECTEUR DES TRANSPORTS
La Tribune du 09/03/2016/ANEP n° 007 229
C O N J O N C T U R E
Mercredi 9 mars 2016
DEPUIS UN MOIS LES NÉGOCIATIONS BUTAIENT
CHINE :
La Grèce franchit une étape clé
pour discuter avec ses créanciers
Les exportations
dégringolent de 25%
La situation s’est débloquée à Bruxelles, alors que se tenait au même moment un grand
sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE avec la Turquie pour trouver des
solutions à la crise des réfugiés, dans laquelle Athènes se trouve, de part sa position
géographique, en première ligne
Par
Céline Le Prioux, Matthieu
Demeestere
enacée d’une crise
humanitaire imminente
due à l’afflux de
réfugiés, la Grèce a franchi
lundi une étape clé dans les négociations avec ses créanciers qui
ont promis d’examiner bientôt un
allègement de sa dette.
«Nous avons eu une très
bonne réunion», a résumé le
ministre grec des Finances,
Euclide Tsakalotos, après une
réunion à Bruxelles ses 19 grands
argentiers de la zone euro.
Depuis un mois, les
négociations butaient entre la
Grèce et ses créanciers - la
Commission européenne, le FMI,
la BCE, et le fonds de soutien de
la zone euro (MES) -, avant
tout sur l’effort budgétaire à
accomplir par ce pays et sur la
réforme des retraites.
Et les chefs de mission des
créanciers qui avaient fait une
apparition à Athènes début
février tardaient à y retourner.
La situation s’est débloquée à
Bruxelles, alors que se tenait au
même moment un grand
sommet des chefs d’Etat et de
gouvernement de l’UE avec la
Turquie pour trouver des
solutions à la crise des réfugiés,
dans laquelle Athènes se trouve,
de part sa position géographique,
en première ligne.
«Je suis heureux qu’un
accord ait été atteint pour que les
chefs de mission reviennent à
Athènes dès demain (mardi)» afin
de poursuivre leur audit
des réformes réalisées par le
gouvernement grec, a déclaré le
commissaire européen aux
Affaires économiques, Pierre
Moscovici. Et M. Tsakalotos de
se féliciter de son côté : «Les
institutions ont accepté de
revenir. Le FMI a aussi accepté
Photo : DR
M
de revenir en dépit de
différends». L’Union européenne
et la Banque centrale européenne
avaient octroyé à la Grèce un
troisième plan d’aide de
86 milliards d’euros l’été dernier,
en échange de nouvelles mesures
d’austérité pour juguler le déficit
budgétaire et la dette.
«Une promesse
de longue date»
De son côté, le Fonds
monétaire international (FMI)
exige, pour s’y associer, plus
d’effort sur les retraites et un
accord de la zone euro sur un
allègement de la dette grecque.
Jeudi dernier, il avait encore
appelé les Européens au «réalisme» sur l’aide à la Grèce. Car,
expliquait le Fonds, en l’état
actuel des reformes, Athènes
n’atteindrait pas l’objectif d’un
excédent budgétaire primaire
(hors charge de la dette) de
3,5% du produit intérieur brut
(PIB) à l’horizon 2018 - qui
faisait partie de l’accord passé
entre Européens et Grecs à l’été
2015 -. Après la fin de l’examen
des réformes, les créanciers
doivent entamer les discussions
sur la dette grecque. Pour
l’instant, aucune date n’a encore
été avancée.
M. Moscovici, qui le
11 février avait jugé «encore
possible» de boucler cette
évaluation avant «Pâques», a
plaisanté lundi en soulignant que
la fête orthodoxe tombait un mois
après la catholique, ce qui permettait un délai supplémentaire.
Pourtant le temps presse. En
2016, selon les dernières
prévisions de la Commission
européenne, la dette publique
grecque devrait atteindre les
185% du PIB. Or plus la
discussion dure, plus les marchés
risquent d’être gagnés par
l’incertitude. D’autant que la
Grèce reste engluée dans la récession pour la septième année
depuis la crise de 2008, due surtout aux mesures d’austérité
imposées par ses créanciers. Une
brève reprise s’était toutefois
affichée fin 2014. Concernant la
dette publique, «nous avions une
promesse de longue date que si le
gouvernement grec remplissait
ses engagements, alors nous
ferions le nécessaire pour la
rendre gérable», a dit lundi le
président de l’Eurogroupe, Jeroen
Dijsselbloem.
«Aujourd’hui, nous avons
explicitement dit autour de la
table que cette discussion serait à
notre agenda dans un futur
proche», a ajouté le ministre
néerlandais des Finances, parlant
d’«un lien très fort» entre cette
question de l’allègement de la
dette et les exigences budgétaires
imposées en contrepartie du
troisième plan d’aide.
De son côté, M. Tsakalotos
s’est montré optimiste :
«nous avons hâte d’entamer des
discussions, pour conclure
l’examen des réformes rapidement et avoir des négociations
sur la dette».
Et d’ajouter : «Je suis sûr que
lorsque des gens raisonnables
seront face à face, ils trouveront
une solution raisonnable». AFP
EN 2013 ELLE AVAIT NÉGOCIÉ UN PRÊT DE 10 MILLIARDS D’EUROS AUPRÈS DU FONDS
Le FMI se félicite de la décision de Chypre de mettre fin à son plan d’aide
LA DIRECTRICE générale
du Fonds monétaire international,
Christine Lagarde, s’est félicitée
lundi de la décision des autorités
de Chypre de mettre fin de
manière légèrement anticipée
au programme d’aide dont
bénéficiait l’île.
La partie du programme
relevant du FMI devait en
principe expirer en mai alors que
le volet pris en charge par les
institutions européennes, dont la
fin était prévue ce mois-ci, vient
également de s’achever.
En mars 2013, après
l’effondrement de son secteur
bancaire, Chypre avait dû
négocier un prêt de 10 milliards
d’euros auprès du FMI et de
l’Union européenne pour éviter la
faillite. En contrepartie, les
bailleurs de fonds avaient
exigé des mesures d’austérité
draconiennes et une
restructuration du système
bancaire, alors extrêmement
exposé à la dette grecque.
«Je souhaite féliciter le
peuple et le gouvernement de
Chypre pour leur succès
dans le cadre du programme
d’ajustement économique
qui a permis à l’économie
d’enregistrer un retournement
impressionnant ces trois
dernières années», a indiqué
M me L a g a r d e . « L e s y s t è m e
bancaire repose sur des bases
beaucoup plus solides et les
éliminations de prêts non
performants s’accélèrent,
ouvrant la porte à une politique
de prêts plus productive», a-t-elle
souligné.
«La position budgétaire est
maintenant revenue sur une
trajectoire soutenable et la dette
publique est maintenant
fermement sur une trajectoire
descendante», a ajouté
M me Lagarde en précisant que
Chypre avait désormais de
nouveau accès au marché
international de la dette.
Réunis de leur côté à
Bruxelles, les ministres des
Finances de la zone euro ont pris
acte lundi de la fin de ce plan
d’aide, saluant «les progrès très
importants» accomplis au cours
des trois dernières années pour
remettre l’économie chypriote sur
les rails, a commenté Pierre
Moscovici, commissaire
européen aux Affaires
économiques. «Chypre est revenu
à la croissance plus tôt que prévu
et plus fortement qu’on aurait pu
le croire.
Ce plan d’aide a été un
succès», a ajouté l’ancien
ministre français de l’Economie.
Le gouvernement chypriote a
décidé de renoncer à une dernière
tranche d’aide dont il aurait pu
bénéficier.Et les ministres
européens ont regretté,
dans un communiqué
publié à l’issue de la réunion de
l’Eurogroupe, qu’une dernière
réforme souhaitée par les
bailleurs de fonds n’ait pas
été menée à bien, celle de la
privatisation de l’Autorité
chypriote des télécommunications. Cela contribuerait,
ont-ils noté, à «renforcer
l’amélioration des finances
publiques et à soutenir la reprise
de la croissance».
Chypre compte parmi les cinq
pays européens à avoir bénéficié
d’un plan d’aide international ces
dernières années, avec la Grèce,
le Portugal, l’Espagne et
l’Irlande. Seul celui concernant la
Grèce - le 3 e en cinq ans - est
toujours en cours.
AFP
SUR janvier et février cumulés, les
exportations chinoises - exprimées en
yuans - vers l’Union européenne (UE)
ont ainsi baissé de 10,7% et celles vers
les Etats-Unis de presque 11%. A
l’inverse, les exportations européennes
vers la Chine ont baissé de 7,7% et les
américaines de 16%.
Le montant des importations est
pour sa part sévèrement pénalisé par la
débâcle des cours des matières
premières. En dollars, l’excédent
commercial chinois a globalement
fondu en février de 46% sur un an.
Le commerce extérieur de la
deuxième économie mondiale
continue de se creuser. La Chine a vu
ses exportations s’effondrer
d’environ 25% sur un an en février, à
126,1 milliards, selon les montants en
dollars publiés mardi 8 mars par les
Douanes. Dans la devise chinoise, la
chute est juste un peu moins
spectaculaire : les exportations du
géant asiatique ont dégringolé
le mois dernier de 20,6% sur un an, à
822 milliards de yuans.
De leur côté, les importations du
pays, qui s’enfoncent pour le 16e mois
consécutif, ont plongé de 13,8% en
février à 93,6 milliards de dollars.
Une contraction plus grave que
prévu : les statistiques commerciales
de la Chine, grande consommatrice de
matières premières et principale
puissance commerciale de la planète,
sont scrutées de près, d’autant que le
commerce extérieur est un pilier
traditionnel de son modèle
économique. Or, la contraction de
février est bien plus prononcée que ce
qu’anticipaient les analystes sondés
par l’agence Bloomberg, qui tablaient
sur un repli de 14,5% des exportations
et de 12% des importations.
Au final, en raison de la mauvaise
performance à l’export, l’excédent
commercial chinois a fondu en février
de 46% sur un an à 32,6 milliards de
dollars, ont précisé les Douanes. Le
commerce extérieur chinois s’était
déjà contracté de 8% sur l’ensemble
de 2015, très loin de l’augmentation de
6% que visait Pékin.
Le renchérissement de la
main d’œuvre en cause : outre le
fléchissement de la demande
extérieure, sur fond de morosité
économique chez nombre de
partenaires commerciaux, la Chine
pâtit d’un renchérissement des coûts
du travail, qui érode sa compétitivité.
«Les exportations de produits
(manufacturiers) à forte intensité de
main d’oeuvre, dont les appareils
électriques et produits mécaniques,
ont chuté», ont notamment observé les
officiels.
D’autre part, le montant des
importations est sévèrement pénalisé
par la débâcle des cours des matières
premières, même si les achats chinois
de pétrole brut, de cuivre ou de
minerai de fer ont en réalité gonflé en
termes de volume en février.
Les échanges avec l’UE et les
Etats-Unis en berne : signal alarmant :
les échanges avec les principaux partenaires commerciaux de Pékin boivent
la tasse. Sur janvier et février cumulés,
les exportations chinoises - exprimées
en yuans - vers l’Union européenne
(UE) ont ainsi baissé de 10,7% et
celles vers les Etats-Unis de presque
11%. À l’inverse, les exportations
européennes vers la Chine ont baissé
de 7,7% et celles américaines
de 16%.
La Chine a connu l’an dernier une
croissance économique de 6,9%, au
plus bas depuis un quart de siècle,
alors que l’activité manufacturière
continue de reculer et l’industrie ploie
sous de sévères surcapacités.
AFP
9
T
E M
H
A
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE DE LA TRIBUNE
P13
P12
P15
Béjaïa
Constantine
Pas d'amélioration particulière
dans la gestion de l'eau
Poursuite de la réhabilitation
du réseau d'AEP
L'Etat doit interdire le gaspillage, sévir
et sanctionner les auteurs
L'ADE n'est pas un bon exemple
pour la sensibilisation des citoyens
PRODUIT VITAL, STRATÉGIQUE ET SE RARÉFIANT
Toutefois, plus grave
que l’incivisme
citoyen, c’est le
gaspillage de l’eau au
sein des bureaux de
l’administration et par
l’administration à
commencer par le peu
d’attention accordée
par les entreprises
chargées de sa gestion,
sa commercialisation
qu’illustrent
quotidiennement et en
nombre les fuites d’eau
à ciel ouvert et surtout
leur durée dans le
temps avant
intervention technique.
Sur cet aspect de la
question, rares sont
également les citoyens
à faire preuve de
civisme en appelant
les services techniques
évoqués. Cela
même si l’appel
est gratuit
Photo : DR
L’eau, allègrement
gaspillée en Algérie
Par
A. Lemili
il y a un élément naturel que les Algériens
consomment sans retenue, c’est bien l’eau. En
réalité, plus que de la consommation, il s’agit plutôt
d’une formidable volonté d’épuisement qui les caractérise.
Malheureusement, cette capacité destructrice d’un élément
devenu désormais aussi stratégique dans les rapports entre les
pays, notamment ceux mutuellement limitrophes, que les
autres richesses naturelles du sous-sol relève dans la majorité
des cas de l’acte conscient.
En effet, n’est-ce pas là des scènes consacrées que celles
de personnes et plus particulièrement celles dont les
commerces ont pignon sur rue qui chaque matin arrosent le
sol dans le but de réduire le dépôt de poussière conséquent
aux déplacements piétonniers, d’un quidam qui toilette son
véhicule laissant le tuyau d’eau couler à profusion, cette
S’
ménagère qui jacte au téléphone en laissant le robinet d’eau
ouvert dans l’évier de cuisine, ce locataire du rez-de-chaussée
d’un piteux immeuble, et là c’est encore un moindre mal, qui
arrose quotidiennement un carré de verdure, histoire de vivre
d’illusions.
Toutefois, plus grave que l’incivisme citoyen, c’est le
gaspillage de l’eau au sein des bureaux de l’administration et
par l’administration à commencer par le peu d’attention
accordée par les entreprises chargées de sa gestion, sa
commercialisation qu’illustrent quotidiennement et en
nombre les fuites d’eau à ciel ouvert et surtout leur durée
dans le temps avant intervention technique. Sur cet aspect de
la question, rares sont également les citoyens à faire preuve
de civisme en appelant les services techniques évoqués. Cela
même si l’appel est gratuit.
Mais dans tout cela quelle est la responsabilité des
pouvoirs publics ?
Suite en page 14
T H E M A
Mercredi 9 mars 2016
Mercredi 9 mars 2016
BÉJAÏA
Pas d’amélioration particulière
dans la gestion de l’eau
a faible pluviométrie enregistrée cette
année suscite des craintes bien réelles
parmi la population à travers
l’ensemble de la wilaya de Béjaïa. Et, les
cultivateurs sont les premiers à s’en
inquiéter et à tirer l’alarme. Comparé aux
saisons précédentes, l’hiver a été, de l’avis
de tous, trop clément. Il eut manifestement
peu de précipitations et les températures
étaient aussi relativement chaudes. Il est
vrai que la tendance était à la baisse depuis
des décennies, mais cette fois,
exceptionnellement, le ciel était vraiment
«radin». Les sources, qui alimentent
naguère les villages, n’ont pas atteint leur
débit saisonnier habituel. En haute
montagne, on appréhende, dès à présent, les
premières chaleurs de l’été. «Si la situation
demeure en l’état, on doit s’attendre à un
tarissement précoce des points d’eau qui
alimentent les forêts et la faune sauvage.
Les fontaines et les captages connaîtront
aussi un déclin sans précédent. Il ne reste
Pour ne pas inquiéter davantage les
populations, les autorités font comme si
tout allait bien. Les ménages et les autres
abonnés du réseau public d’AEP n’ont pas
changé leurs habitudes de consommation.
Le coût très bas du précieux liquide n’incite
pas les gens à prendre conscience du danger
et à lutter contre le gaspillage. Un
programme de réhabilitation des réseaux
d’AEP a été cependant lancé au mois
d’octobre dernier au chef-lieu de wilaya. La
ville de Béjaïa a bénéficié d’une enveloppe
de 1,4 milliard de dinars pour la rénovation
de 200 kilomètres de conduites. Divisé en
quatre lots, le projet a été confié à une
entreprise privée, Sarl Etub Bouyahyaoui.
Le premier lot entamé, long de
45,5 kilomètres, comporte trois secteurs:
Sidi Ahmed (10 170 ml, 484 branchements), Ihaddaden (15 420 ml, 415 branchements), Igzib (20 160 ml,
971 branchements). Les travaux avancent
lentement, en raison de diverses contrariétés urbaines. Concernant les adductions,
le plan de réhabilitation concerne la source
verte (1 400 ml), la station centrale de Sidi
Ahmed 1 (312 ml), Ihaddaden
1-Boukhiama (1 752 ml) et Si AhmedSmina (533 ml). Trois réservoirs (3x1000,
2x1000, 2x1000) seront aussi rénovés. La
réception de cet ambitieux projet, initialement fixé à 30 mois, risque de connaître du
retard. Toutes les autres villes de la
Soummam attendent des actions similaires
pour réduire le volume considérable des
fuites d’eau et lutter contre le piratage. Il va
falloir, en attendant, sensibiliser tout le
monde sur la gravité de la situation pour
contrer les mauvaises habitudes et le
gaspillage. Les autorités doivent aussi se
départir de leur excès de confiance et se
préparer, en cas de besoin, à un
rationnement de cette ressource vital et
indispensable. Une chose est sûre, durant
les grandes chaleurs estivales, on sentira,
plus qu’auparavant, la nécessité, voire
l’urgence, de préserver l’eau et de la
consommer avec beaucoup de modération.
K. A.
POUR FAIRE FACE AUX RÉPERCUSSIONS
DU STRESS HYDRIQUE
Un effort collectif s’avère
nécessaire
Par
L’
Chahira Cheref
alimentation en eau potable ne sera pas affectée par le stress hydrique actuel,
c’est ce qui a été affirmé par le ministre des Ressources en eau, Abdelwaheb
Nouri lors d’une déclaration récente. Pourtant, l’Algérie a fait face cette année à
un réel déficit en pluviométrie.
La rareté des précipitations durant plusieurs mois a fait que le spectre de la sécheresse
s’est installé ce qui a créé de l’inquiétude au sein du monde agricole et au niveau des
autorités locales soucieuses d’assurer l’alimentation en eau potable, malgré le retour des
pluies et de la neige ces derniers temps. Pour cela, les efforts consentis par les pouvoirs
publics doivent être multipliés pour éviter le pire. Certes, un effort collectif pourrait faire
mieux mais si seulement les citoyens arrivent à changer certaines mauvaises habitudes.
Donc, que doit-on faire pour aider les citoyens à changer certains mauvais
comportements ?
Selon Mohamed, il faut lancer des campagnes de sensibilisation à travers les médias,
des affiches placardées dans les bâtiments, les lieux publics… «Auparavant, on voyait à
la télévision ce genre d’initiative aujourd’hui ces campagne ne concernent que les accidents de la route. Certes, ces derniers sont très importants mais il faut se pencher sur
d’autres problèmes afin de sensibiliser la population sur les bonne et mauvaise habitudes», a ajouté un père de famille. Un autre citoyen a affirmé qu’il n’y a pas d’Algérien
qui ne gaspille pas de l’eau même s’il le fait par ignorance. «On a tous vu quelqu’un
laver son véhicule en pleine rue en utilisant un tuyau à forte pression. On a tous laissé le
robinet ouvert et parti faire quelque chose d’autre», a-t-il expliqué tout en ajoutant ce
sont des habitudes que certains trouvent normales mais si on continue comme cela, on
les payera très cher. «On est un peuple qui gaspille trop. Mais dans la situation qu’a
connue le pays de nos jours, on doit opter pour certains changements. Que l’on veuille
ou pas on est classé aujourd’hui comme un pays aride alors on doit s’adapter pour faire
face à tout souci», précisera un autre.
Certains citoyens sont conscients et ils savent qu’ils doivent remplacer certaines
mauvaises habitudes par d’autres mais une autre catégorie ignore la situation difficile et
ne pense à changer leurs habitudes ce qui oblige les autorités publiques à prendre des
mesures fermes, notamment une hausse des prix de cette précieuse source. Mais jusqu’à
ce jour, les autorités locales affirment qu’elles n’envisagent aucune hausse des prix.
Affirmant cela, le ministre des Ressource en eau à rassurer les citoyens sur le maintien
du prix actuel de l’eau, affirmant qu’aucune hausse n’est envisagée, pour le moment, et
que les pouvoirs publics vont continuer, dans le cadre de la politique sociale du
gouvernement, à subventionner cette matière vitale, malgré les difficultés financières
auxquelles fait face le pays. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir quelles
sont les décisions qui seront prises par les pouvoirs publics pour atténuer l’impact de ce
déficit ?
C. C.
Photo : DR
Photo : DR
Poursuite de la réhabilitation du
réseau d’AEP
Photo : DR
L
Kamel Amghar
qu’à espérer, que ce mois de mars et le
prochain soient un peu plus généreux !»,
note Mohamed Nordine, petit maraîcher de
la plaine de l’Agrioun dans la région Est de
la wilaya. Dans la vallée de la Soummam,
les céréaliers risquent aussi d’essuyer de
grosses pertes. Le rendement des forages,
qui desservent les ménages et l’industrie
locale, est aussi conditionné. Malgré le taux
de remplissage appréciable des deux
barrages de Tichy-Haff (Bouhamza) et Ighil
Emda (Kherrata), l’été s’annonce chaud et
stressant. En dépit de cette menace bien
concrète, la gestion de l’eau n’a pas connu
d’amélioration particulière. Les services de
l’hydraulique et ceux de l’Algérienne des
eaux (ADE) n’ont pas encore élaboré de
programme spécifique pour juguler la crise.
Les APC continuent sur le même train-train
habituel. Nul ne semble prendre la
problématique du manque d’eau au sérieux.
Les réseaux de distribution vétustes
cumulent des pertes qui dépassent le seuil
des 30%. Les branchements illicites et les
piratages, touchant même les adductions,
gangrènent tous la chaîne d’exploitation.
Photo : DR
De notre correspondant à Béjaïa
13
CONSTANTINE
De notre correspondant à Constantine
L
Nasser Hannachi
a gestion déléguée de l’eau à
Constantine aura enregistré une nette
amélioration à la faveur d’un
traitement moderne. Mais des déperditions
et fuites persistent. Un taux qui influe
considérablement sur le capital hydrique,
devant une pluviométrie pour le moins
assez faible. «Il est impératif de souscrire à
la rationalisation. Sans quoi les barrages
se videraient plus vite que prévu»,
s’alarment quelques citoyens. Et l’appel du
ministre des Ressources hydriques n’est
pas anodin. Après l’abondance, l’eau
précieuse est en passe de se raréfier
nécessitant une gestion plus rigoureuse et
une rationalisation de la consommation.
Une situation inquiétante qui taraude les
méninges des gestionnaires à tous les
niveaux. Assurer de l’eau potable à chaque
algérien restait la volonté des pouvoirs
publics depuis que le secteur a peaufiné ses
acquis et perfectionnement au terme de
diverses collaborations avec des interve-
nants aguerris, pour le cas de Constantine.
Que de ruissellement dans la nature à cause
des fissurations du réseau, vétuste. La ville
récupérait les déperditions au profit de
nouvelles connexions aqueduc. Et la
répartition s’élargit modérément d’une
commune à l’autre au point où la
couverture dépasse les 70% avec une
formule H24 ayant atteint 80% dans
certaines localités. Cette embellie aqueuse,
diront les uns, est aujourd’hui menacée
d’autant que les responsables en la matière
ont tiré brutalement la sonnette d’alarme.
La météo à la limite de sa générosité pour
cet hiver aura vite provoqué une réflexion
sur la distribution de l’eau étant donné le
taux de remplissage des barrages frôlant
uniquement les 70%, selon le ministre du
secteur : on ne peut mieux pour rationaliser
les réserves. Pour l’heure, le mot gaspillage
n’est pas pris au sérieux dans le milieu des
consommateurs, et le risque d’aridité
demeure sérieux à cause de la faible
pluviométrie. «Les citoyens ont hérité
d’une mauvaise habitude celle de tourner
le dos à toute incitation à la rationalisation
Photo : DR
12
que ce soit pour l’utilisation de l’eau ou
autre produit à consommation. Le
gaspillage a pris une réelle et dure place
dans la société», estime un agent de la
société à l’échelle locale. La vaste opération de recensement suivie d’une mise à
jour des compteurs, depuis que la Seaco
détenait en 2008 un contrat de gestion
déléguée de l’approvisionnement en eau
potable et de l’assainissement de la ville de
Constantine, ne parvient pas à persuader
les consommateurs sur l’utilisation
appropriée de ce précieux liquide. Et la
sensibilisation en ces temps difficiles
tardent à s’accoler aux factures.
«L’entreprise recouvre ses créances dans
les délais impartis. C’est l’essentiel pour
elle», admet un citoyen soulignant que
désormais avec la révision des tarifications
l’auto sensibilisation s’impose d’ellemême n’en déplaise aux gaspilleurs. Pour
ce faire, jugent quelques cadres locaux, il
est important de poursuivre les opérations
de réhabilitations et l’extension du réseau
et en particulier garantir des capacités de
gestion technique pour intervenir illico en
cas de débordements ou encore de contrôle
de la qualité du produit. Dans ce sens, la
Seaco dans un programme établi aura
réussi à connecter la quasi-totalité de ses
affiliés à 23 agences à travers la wilaya.
Une façon de mieux réguler le flux de près
de 180 000 abonnés. Il n’empêche que
selon les responsables, l’entreprise répare
environ 6 000 fuites/an occasionnées par la
vétusté des canalisations. C’est pourquoi
les intentions sont focalisées sur la
restauration de toutes les connexions
affectées, une étape qui permettra de
minimiser du débit déversé dans la nature.
Une autre opération devra être entamée,
situation oblige, l’assainissement des
raccordements clandestins surtout dans
quelques localités anarchiques. La
préservation des mètres cubes d’eau passe
inéluctablement par un traitement urgent
où la sensibilisation détient une part
importante.
N. H.
14
Mercredi 9 mars 2016
T H E M A
C O N S O M M AT I O N
ANNABA
La rationalisation de la consommation
s’impose
De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani
au, tu n’es pas nécessaire à
la vie, tu es la vie», disait
Antoine de Saint Exupéry.
L’eau, cette denrée précieuse sans
laquelle, il ne peut y avoir de vie n’est pas
appréciée à sa juste valeur et est gaspillée
sans que l’on prenne conscience de son
importance dans la vie de tous les jours.
Un robinet qu’on oublie de fermer ou
qu’on ferme mal, laver sa voiture, oublier
le robinet de son jardin ouvert ou arroser
ses plantes jusqu’à ce que l’eau emplisse
tout l’espace pour constituer un ruisseau
et s’échapper vers les avaloirs, c’est un
gaspillage. C’est plutôt de l’inconscience
en ces temps où la sécheresse est
annoncée et pourrait frapper de plein fouet
le pays réduisant ainsi ses réserves de
cette denrée.
Pas plus tard que lundi dernier dans un
des quartiers de Sidi Amar, c’est une
grosse fuite d’eau que nous avons
constatée, l’eau s’est écoulée toute la
journée sans que personne ne s’en soit
inquiété. Sur plus d’un kilomètre, la
chaussée était envahie par cette eau claire
qui longeait les trottoirs et débordait sur la
chaussée pour enfin se déverser dans
un caniveau, à hauteur du siège de
l’Assemblée populaire communale (APC)
qui plus est. Pourtant, cette rue est très
fréquentée, responsables et citoyens
l’empruntent matin et après-midi. Les
véhicules de la Société des eaux El Tarf
Annaba (Seata) ne s’en soucient pas alors
qu’ils sont appelés à intervenir pour
rétablir la situation. D’une part, des
citoyens se plaignent du débit au niveau
de leurs robinets, pour d’autres ce sont des
robinets à sec, pour la Seata c’est
une perte sèche car il n’y a pas de
consommation et le comble c’est que cette
eau pour laquelle des sommes
faramineuses ont été déboursées se perd
dans la nature. Un gaspillage qui perdure,
alors que la pluviométrie est en baisse.
En effet, la pluviométrie à Annaba qui
a enregistré une baisse sensible ces
derniers mois qui habituellement sont
pluvieux particulièrement le mois
de janvier pour lequel une moyenne de
122 mm est enregistrée sur les 712 mm
répartis sur toute l’année. Et donc les
précipitations attendues et qui devaient
Photo : DR
«E
normalement reconstituer les nappes
phréatiques ainsi que les versants
alimentant les barrages n’ont pas eu lieu,
ce qui fait craindre une sécheresse qui
aurait de graves conséquences aussi bien
sur les habitants que sur les cultures.
L’autre problème concerne les réserves
hydriques. Si aujourd’hui, les 6 barrages
situés à El Tarf (Cheffia, Mexa, Bougous,
Bouhalloufa, Boulatane et Bounamoussa)
devant alimenter les deux wilayas ont un
taux de remplissage avoisinant les 70 à
75%, il n’en demeure pas moins que
ceux-ci peuvent atteindre des niveaux
dangereux si la sécheresse persiste et donc
les retombées seraient encore plus graves.
De plus, le phénomène de l’envasement
de ces barrages est déjà à l’origine de
pertes considérables estimées à des
millions de mètres cubes. Ces deux
phénomènes conjugués peuvent créer bien
des problèmes quant à l’adduction d’eau
potable à Annaba dont les habitants et les
nombreuses installations industrielles
peuvent en souffrir.
Le ministère des Ressources
en eau s’en inquiète
Le ministre des Ressources en eau,
Abdelouahab Nouri, qui a appelé à une
rationalisation de l’utilisation de l’eau au
vu de la situation actuelle qui pourrait
donner lieu à une sécheresse n’a pas
apparemment été entendu puisqu’à ce jour
à Annaba aucune action visant à
restreindre l’utilisation de cette denrée ou
du moins une quelconque action de
sensibilisation des populations n’a été
entreprise.
Les périmètres d’irrigation dont
l’adduction d’eau est faite à partir des
barrages continuent à exploiter et à abuser
de ce liquide précieux, chacun l’utilisant à
volonté. Il n’y a pas encore de plan
préétabli réduisant son utilisation si bien
que si les précipitations s’avèrent
insuffisantes, les retenues se tariront.
Au niveau des populations, c’est
pratiquement la même chose et l’on
continue comme d’habitude à gaspiller
l’eau puisque les horaires de distribution
sont restés les mêmes avec le débit
habituel. Il n’y a même pas d’action de
sensibilisation sur cette question de la part
de ceux qui ont la charge de la gestion de
l’eau dans la wilaya. La radio locale par
contre diffuse de temps en temps des
spots dans lesquels elle attire l’attention
sur la nécessité de préserver ce liquide
précieux mais il n’y a pas de véritable
campagne médiatique qui toucherait tout
le monde sur ce sujet d’une brûlante
actualité.
M. R.
L’eau, allègrement gaspillée en Algérie
Photo : DR
Suite de la page 11
Elle est entière en ce sens que s’acheter une conscience en facturant chèrement
l’eau, croyant dissuader ainsi les usagers de consommer abusivement, est un inutile
raccourci. En fait, l’unique solution consisterait en la radicalisation des rapports des
pouvoirs publics ou des structures agissant en leur nom avec les usagers car dés lors où,
pour des raisons populistes et politiquement surréalistes, ces derniers n’usent et n’ont
jamais usé du pouvoir coercitif que leur confèrent les lois de la République pour
protéger une ressource vitale.
En effet pour quelle raison le ménage qui surconsommerait l’eau ne serait pas
pénalisé autrement que par l’augmentation du tarif des tranches de consommation établi
par la société prestataire sachant que celui-ci s’en acquitterait sans sourciller… face au
prix dérisoire que coûte le m3 ? Pour quelle raison les éléments de la police communale
ne sanctionnent-ils pas ceux qui lavent leur véhicule dans les cours d’immeuble, entrée
de villas, voire les bornes-fontaines en rase-campagne ?
De manière générale, consommer relève d’une culture sociale, d’une attitude
citoyenne, d’un respect de la nature et de l’humain. Or, avec tout cela et quelles que
soient les aspects de la vie quotidienne visés, les distances prises par nos concitoyens
sont désormais cosmiques. Nous avons évoqué là, le gaspillage au moment où les
dommages et autres préjudices causés par la prédation sont énormes. Une réalité qui
n’interpelle qu’exceptionnellement les pouvoirs publics ou ceux qui sont censés les
représenter.
A. L.
T H E M A
Mercredi 9 mars 2016
15
C O N S O M M AT I O N
L’ÉTAT DOIT INTERDIRE LE GASPILLAGE, SÉVIR ET SANCTIONNER LES AUTEURS
L’ADE n’est pas un bon exemple
pour la sensibilisation des citoyens
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati
epuis que la crise a pointé du nez
suite à la chute drastique du prix
du baril de pétrole, les dirigeants
du pays multiplient les appels à la bonne
gestion, à la rationalisation des dépenses
et à l’arrêt de toutes les formes de
gaspillage. Cette année, avec l’absence de
la pluie qui menace notre pays de sécheresse, le discours est plus précis avec une
insistance sur l’impérieuse nécessité d’éviter le gaspillage de l’eau. Le ministre
des Ressources en eau a même évoqué
l’éventualité de déclarer l’état de
sécheresse, avec son lot de coupures qui
n’ont pourtant pas disparu chez une partie
de la population. Il est vrai qu’une telle
déclaration fait peur, d’où la nécessité de
prendre les mesures pour faire face à
toutes les éventualités. Les institutions et
autres organismes en charge de l’eau de sa
gestion ont déjà lancé une campagne de
sensibilisation en direction de la population l’invitant à ne pas gaspiller le
précieux liquide.
En première ligne de cette campagne,
on trouve naturellement l’Algérienne des
eaux (ADE) en charge notamment de la
gestion et de la commercialisation de
l’eau. Mais il n’est pas certain que l’ADE
est la mieux placée pour mener une telle
campagne. Pour la simple raison que la
relation de cet établissement public à
caractère industriel et commercial (EPIC)
avec la population n’est pas au beau fixe.
Dans toutes les wilayas du pays mais avec
un certain sens piquant dans certaines
régions comme celle de Tizi Ouzou où les
citoyens verraient d’un mauvais œil des
responsables ou des agents de l’ADE en
train de leur expliquer qu’ils ne devraient
pas gaspiller l’eau. C’est parce que le gaspillage de l’eau dans la wilaya de
Tizi Ouzou vient essentiellement de
l’incapacité de cette entreprise à réagir
promptement quand des fuites d’eau se
déclarent. Dans la ville des Genêts et dans
les autres localités de la wilaya, certaines
Photo : DR
D
fuites d’eau sont légion. Même quand
elles sont réparées, elles restent dans la
mémoire collective tellement elles sont
importantes par leur débit, provoquant des
désagréments certains aux citoyens qui
passent devant. Mais ce qui marque profondément les esprits des gens, c’est toujours le temps interminable que prennent
les agents de l’ADE ou ceux des entreprises privées sous-traitantes pour venir à
bout des fuites.
Et cela fait mal, très mal aux citoyens,
particulièrement ceux qui sont sous-alimentés en eau potable, qui n’arrivent pas
à concevoir que des foyers ne soient pas
alimentés régulièrement à des moments
où des dizaines, voire des centaines de
mètres cube sont déversés quotidiennement dans les rues pour aller rejoindre les
égouts des villes ou les oueds. Ce qui
révolte le plus les citoyens, ce sont les
chiffres donnés par l’Algérienne des eaux
à l’occasion de ses manifestations, expositions ou réunions officielles comme celle
de l’APW.
Ils sont surtout révoltés par l’énorme
contradiction entre ce qu’ils voient de
leurs propres yeux, ou ce qu’ils vivent
dans leur quotidien et les statistiques de
l’ADE. Ils peuvent croire que l’ADE
répare annuellement quelque 12 000 fuites
mais ils ne comprennent pas que des
fuites avec fort débit, donc forte pression,
restent des années sans qu’elles ne soient
réparées. Celle du quartier de Bouaziz
menant vers le boulevard Stiti reste dans
les mémoires puisqu’elle ne sera réparée
qu’après quatre années de signalements et
de palabres. Et c’est pire en dehors du
chef-lieu de wilaya où les villageois ne
sont pas alimentés quotidiennement en
eau potable mais voient l’eau se déverser
dans les rues et les forêts. Il serait donc
indécent de demander aux citoyens de la
wilaya de Tizi Ouzou de réduire leur
consommation d’eau, à l’exception de
ceux habitant au chef-lieu de wilaya ou
certains centres urbains comme Azazga et
Draâ Ben Khedda où ils seraient tentés
par du gaspillage.
D’ailleurs, l’on voit souvent des gens
laver leurs véhicules sur les trottoirs et à
grandes eaux, mais cela ne doit plus
relever du civisme mais de la force de la
loi. Il faudrait penser à interdire ce
comportement et interpeller fermement les
gens qui en font usage, y compris en
période d’abondance. Parce que l’eau est
un liquide précieux même quand il n’est
pas rare.
M. B.
MALGRÉ LE RETOUR DE LA PLUIE APRÈS UNE PÉRIODE DE DÉFICIT EN PLUVIOMÉTRIE
Ressources, capacités de retenues et consommation
hydrique appelées à une meilleure maîtrise
Par
Ziad Abdelhadi
LA SÉCHERESSE qui commençait à
menacer sérieusement l’alimentation en
eau potable (AEP) des villes du pays
grandes consommatrices et de nombreuses
zones agricoles est-elle en voie de s’estomper suite aux précieuses pluies et
chutes de neiges enregistrées depuis le
début du mois courant à ce jour ? Certes
l’alerte a pris fin, mais cela ne peut nous
empêcher de se poser des questions entre
autres sur l’intérêt de se mettre à l’abri
d’autres menaces. Ces dernières (ndlr :
les menaces) sont réelles en raison du
climat semi aride et aride qui caractérise
ces dernières années une part prédominante du territoire national. A partir de
cette donne, il devient tout à fait indiqué à
ce que d’une part les capacités de retenues
d’eaux superficielles du pays s’améliorent
et d’autre part lancer des campagnes de
sensibilisation envers la population pour
freiner quelque peu le gaspillage ou du
moins changer des comportements tout à
fait incompréhensibles par rapport au
niveau des ressources dont disposent le
pays et qui peuvent en quelques mois de
stress hydriques tomber à des niveaux
alarmants. Et cela quand bien même la
stratégie nationale en la matière, mise en
place depuis deux décennies à mobiliser et
valoriser durablement ces ressources pour
faire face aux besoins des populations, et
satisfaire ceux du secteur agricole. Ce qui
peut devenir insuffisant dans la mesure où
ces deux demandes seront sans cesse
croissantes, et du coup les pouvoirs
publics seront appelés à y répondre.
Devant un tel enjeu, le gouvernement
compte développer l’appoint en ressource.
Cela pourra se faire à partir des projets de
traitement des eaux usées lancés, et de
dessalement de l’eau de mer libérant des
quantités appréciables pour l’agriculture.
Toujours dans ce même ordre d’idées, il
s’agira d’améliorer la connaissance des
ressources hydriques superficielles et de
mettre en œuvre de manière efficace un
programme de transferts d’eau. Comme il
faudra renforcer les capacités de mobilisations des acteurs du secteur. Autant d’actions qui ne seraient donné des résultats
sans le concours d’autres intervenants et
consommateurs car à l’avenir, il faudrait
savoir comment économiser l’eau. Selon
les experts dans le domaine entre les mois
de juin et août, 80% d’eau stockées dans
les barrages est consommée par l’agriculture. Ces derniers préconisent donc de
limiter l’irrigation à «la bonne dose et au
bon moment», ce qui pourrait permettre
par zone agricole de diminuer la consommation de 30%. Toujours d’après les
experts, les économies d’eau dans le secteur de l’agriculture sont globalement à
encourager notamment dans l’amélioration du matériel d’irrigation, le change-
ment de pratiques, choix de cultures
moins consommatrices d’eau. Concernant
les particuliers, ils sont eux aussi invités à
faire des économies d’eau et à réduire leur
consommation. Et cela en utilisant moins
d’eau en prenant des douches ou des
bains. Comme ils devront s’abstenir d’installer des moteurs pompes domestiques
quand l’AEP est assurée. De réduire également la pression sur les robinets.
Et enfin pour les populations rurales
réutiliser quand ils le peuvent l’eau de
pluie. Des mesures d’économie d’eau sont
également préconisées auprès des
industriels. Ils leur suffiront d’améliorer
des modes opératoires pour les rendre plus
économes en eau. Par exemple : utiliser
de l’eau en circuit fermé et recycler des
eaux de nettoyage. Ce sont là des mesures
à généraliser à tous les niveaux où c’est
possible si l’on veut diminuer les menaces
du stress hydrique qui pourraient
intervenir à l’avenir.
Z. A.
16
Mercredi 9 mars 2016
M O N D E
CRISE MIGRATOIRE
Face à l’Union européenne, la Turquie
fait monter les enchères
L’Union européenne s’est donnée un délai de dix jours pour finaliser un nouvel accord avec Ankara visant à stopper
l’afflux de migrants vers l’Europe. Le sommet entre les dirigeants des Vingt-Huit et la Turquie, achevé dans la nuit du
lundi 7 au mardi 8 mars à l’issue de discussions laborieuses, a donc abouti sur la promesse de nouvelles tractations, avec
en point de mire un nouveau rendez-vous les 17 et 18 mars à Bruxelles
e gouvernement turc a créé la surprise en mettant sur la table une
série de propositions -fortement
suggérées par l’Allemagne et la Commission européenne-, mais aussi une liste
d’exigences, face à des Européens en
quête désespérée d’une solution à la crise
qui touche actuellement le Vieux Continent.
contrôles aux frontières intérieures réintroduits par certains pays face à l’afflux
de migrants.
L
«Un bon accord
qui va changer la donne»
En position de force, Ankara a fait
monter les enchères, réclamant 3 milliards
d’euros d’aide supplémentaire contre l’engagement d’accepter un retour massif des
individus ayant rejoint l’UE depuis son
territoire. Selon des sources concordantes,
le pays serait même désormais prêt à
accueillir les demandeurs d’asile syriens
qui ont entrepris la périlleuse traversée de
la mer Egée vers la Grèce.
Il s’agirait en effet de renvoyer massivement en Turquie des Syriens déjà présents dans les îles grecques, y compris
certains qui y auraient déjà déposé une
demande d’asile. Les retours se feraient
sur une base non volontaire et seraient en
partie opérés par Frontex et les autorités
turques. Un engagement qui s’ajouterait à
celui d’accélérer la mise en œuvre d’un
accord dit de «réadmission», qui prévoyait qu’elle reprenne à partir de juin les
migrants «économiques» pour les
expulser à son tour vers leurs pays d’origine.
En échange, l’Europe s’engagerait à
reprendre et acheminer, selon une procédure contrôlée et copilotée par les Nations
unies, les réfugiés syriens qui sont dans
des camps en Turquie directement vers
l’Europe. L’Union européenne devrait
ainsi accueillir dans l’UE un réfugié
venant de Turquie pour chaque personne
reconduite par la Turquie, un principe
baptisé «un Syrien pour un Syrien». Le
Haut Commissaire des Nations unies pour
les réfugiés, Filippo Grandi, s’est déclaré
mardi préoccupé par ce projet : «Un
demandeur d’asile ne doit être renvoyé
vers un Etat tiers que si la responsabilité
de l’évaluation de sa demande d’asile est
assumée par ce pays tiers», a-t-il précisé
L’objectif de ces mesures, défendues
par l’Allemagne, est de lancer un message
à tous les personnes désireuses de se
rendre en Europe : les migrants économiques seront renvoyés, et les demandeurs d’asile ont tout intérêt à déposer
leur requête en Turquie pour espérer un
transfert sans danger vers l’UE.
Les différents points restants
encore en suspens
Au terme du sommet de lundi, «de
nombreux points» restent cependant à clarifier, a confié une source diplomatique
française. Selon celle-ci, se pose notamment la question de la légalité du dispositif et sur sa faisabilité. «Pourquoi (les)
renvoyer en Turquie, pour les reprendre
ensuite ?», s’est ainsi interrogée une autre
source diplomatique, assurant que
plusieurs Etats se refusaient à «soutenir
une proposition aussi floue».
Jusqu’à présent, la Commission répétait à l’envi que les droits des migrants
devaient être respectés, que les demandes
Photo : DR
Une aide accrue en échange
d’un retour des migrants
d’asile devaient être traitées individuellement, etc. Elle avait d’ailleurs condamné
l’instauration par l’Autriche, en février,
d’un quota de demandeurs d’asile au
motif qu’elle ne serait pas légale.
Le premier ministre hongrois Viktor
Orban, déjà vent debout contre le plan de
répartition dans l’UE de réfugiés arrivés
en Grèce et en Italie, a clairement fait part
de son opposition à tout accord impliquant des «réinstallations» massives
depuis le territoire turc. Même son de
cloche chez son homologue britannique,
David Cameron. Londres ne participera à
aucun système d’asile commun de
l’Union, a-t-il averti lundi.
Il faut aussi examiner «le prix à
payer», a souligné une source européenne.
La Turquie, outre l’enveloppe supplémentaire de 3 milliards d’euros d’ici à
2018, espère par ailleurs obtenir un
régime sans visas pour ses ressortissants.
Il interviendrait d’ici à la fin juin, au lieu
du mois d’octobre 2016, comme initialement fixé par le «plan d’action» signé par
les Européens et Ankara en novembre
2015. Un plan qui visait, déjà, à réduire
les flux de migrants et réfugiés arrivant
dans l’Union mais resté jusqu’ici lettre
morte.
trois ans pour les pays en première ligne
dans cette crise, principalement la Grèce.
Ils ont également soutenu le cap fixé
par l’exécutif européen, qui plaide pour
un «retour à la normale» de la libre circulation au sein de l’espace Schengen «d’ici
la fin de l’année», avec la disparition des
Il s'agit d'une «percée», s'est félicité
Martin Selmayr, le directeur de cabinet du
président de la Commission européenne
Jean-Claude Juncker, sur le réseau social
Twitter au terme du sommet de lundi.
Le chef de l'Etat français François
Hollande a salué quant à lui «un acte très
important (de la Turquie)», faisant allusion à la décision d'Ankara de réadmettre
les réfugiés et les migrants qui ont quitté
de facon irrégulière la Turquie vers la
Grèce.
Pour la chancelière Angela Markel,
cette décision peut constituer une avancée
majeure dans la résolution de la crise.
«C'est un bon accord, qui va changer
la donne», s'est réjoui de son côté le président de la Commission européenne,
Jean-Claude Juncker. Selon ce dernier, il
devrait «briser le «business model» des
passeurs, sauver des vies et «soulager une
partie de la pression sur (Athènes)», au
bord de la crise humanitaire
In lemonde.fr/AFP/Reuters
Publicité
La question de la route
des Balkans et de l’espace
Schengen
L’avenir de la route migratoire des
Balkans, empruntée l’an dernier par plus
de 850 000 individus, n’a pas non plus été
scellé. La déclaration finale du sommet
devait mentionner que celle-ci «est désormais fermée», mais certains pays comme
l’Allemagne ont fait part de leurs fortes
réserves.
«Il ne peut s’agir de fermer quoi que
ce soit», a lancé la chancelière Angela
Merkel. Berlin craint en effet de donner le
sentiment d’entériner les décisions unilatérales de certains pays situés sur cette
dernière, comme l’Autriche, qui ont
instauré des quotas de demandes d’asile et
de «transit» de migrants, isolant ainsi la
Grèce.
De manière plus consensuelle, les dirigeants européens doivent s’engager à
débloquer rapidement une aide humanitaire inédite de 700 millions d’euros sur
La Tribune du 09/03/2016/ANEP n° 408 997
M O N D E
Mercredi 9 mars 2016
17
ALORS QUE LES «GROUPES DE L’OPPOSITION» N’ONT TOUJOURS PAS TRANCHÉ
Damas ira négocier à Genève
Le gouvernement syrien va participer aux négociations de paix prévues le 14 mars, alors que l’opposition
sous très fortes influences étrangères n’a toujours pas encore tranché sur sa présence à ces pourparlers
indirects, organisés à Genève sous l’égide de l’ONU
Par
la Rédaction Internationale
lors que différentes dates
ont été avancées pour le
début des discussions sur
la crise en Syrie, qui a fait en
cinq ans plus de 270 000 morts
et des millions de réfugiés et de
déplacés, la participation des
groupes de l’opposition, elle, ne
semble pas encore tranchée. Riad
Naassan Agha, porte-parole du
Haut comité des négociations,
une nébuleuse regroupant les
différents groupes, a déclaré que
l’opposition «accepte de se
rendre à Genève» avant de se
raviser quelques heures plus tard.
La Russie a déclaré lundi que la
trêve entrée en vigueur le
27 février tenait «de manière
générale» dans les zones
concernées par l’accord de cessation des hostilités. Mais elle a
souligné que les bombardements
aériens se poursuivraient contre
les groupes djihadistes Daech
et Front Al-Nosra (branche
syrienne d’Al-Qaïda), exclus de
cet accord. Depuis les premières
négociations qui avaient échoué
en 2014, certains acteurs de la
guerre insistent toujours sur le
départ du président syrien
malgré une évolution sur le terrain qui ne cadre pas avec leur
souhait. L’Arabie saoudite, un
des principaux soutiens des
Photo : DR
A
groupes armés, estime toujours
que le président Assad devait
partir dès la mise en place d’une
autorité de transition. Un préalable qui ne cadre plus avec la
réalité du terrain. Une réalité
prise en compte aujourd’hui par
l’ONU. Staffan de Mistura a
déclaré que c’était aux Syriens
eux-mêmes de décider du sort de
leur Président. L’émissaire a rappelé que «l’ordre du jour du pro-
cessus est clair : premièrement
des négociations en vue d’un
nouveau gouvernement, deuxièmement une nouvelle Constitution, et troisièmement des
élections parlementaires et pré-
sidentielle dans un délai de
18 mois». Si les zones couvertes
par l’accord de trêve connaissent
des jours exceptionnellement
calmes, les combats se sont
poursuivis notamment dans les
régions où sont présents Daech
et Al-Nosra. Des combats ont
ainsi eu lieu entre des combattants d’Al-Nosra, alliés à
d’autres groupes djihadistes, et
les forces loyalistes dans le secteur d’Al-Eis, au sud de la ville
d’Alep, dans le nord de la Syrie,
selon le fameux Observatoire
syrien des droits de l’Homme
(Osdh) établi à Londres. Les
groupes armés ont, d’autre part,
tiré des roquettes sur les forces
kurdes dans un quartier au nord
d’Alep, faisant au moins
16 morts, dont neuf enfants,
selon la même source. Toujours
dans la province d’Alep, le
porte-parole des forces kurdes en
Syrie a fait état de nouveaux
bombardements turcs sur Tall
Rifaat, ancien bastion rebelle
tombé en février aux mains
des forces kurdes, bêtes noires
d’Ankara. Par ailleurs, le
Pentagone a démenti que
Washington construirait deux
bases aériennes dans le nord de
la Syrie dans le cadre des opérations contre Daech. Une information qui a suscité certaines
interrogations.
R. I.
PRÉSIDENTIELLE AU BÉNIN
Vers un duel Zinsou-Talon au second tour
le scrutin avait été reporté au
6 mars à cause de retards dans
la distribution des cartes des
4,7 millions d’électeurs. Ces
retards ayant persisté jusqu’à la
veille du scrutin, menaçant d’exclure une partie de l’électorat, la
Céna avait finalement autorisé
les électeurs à voter avec leurs
anciennes cartes. La Communauté des Etats d’Afrique de
l’Ouest (Cédéao), qui avait
déployé 120 observateurs et
16 experts dans l’ensemble des
12 départements que compte le
pays, a constaté «l’absence d’incidents majeurs durant tout le
processus électoral», qui s’est
déroulé «dans des conditions
acceptables de liberté et de
transparence». Lionel Zinsou,
banquier d’affaires franco-béninois de 61 ans, a été désigné candidat des Forces Cauris pour un
Bénin émergent (Fcbe) du président Boni Yayi. Il a aussi été
adoubé par le Parti du renouveau
démocratique, dont le leader,
Adrien Houngbedji, était le principal opposant de Boni Yayi à la
présidentielle de 2011, et par
Renaissance Bénin, une autre
formation d’opposition.
L’homme d’affaires Patrice
Talon, 57 ans, fut longtemps un
acteur incontournable de deux
secteurs clés de l’économie béninoise : le coton et le port de
Cotonou. Après avoir financé les
deux campagnes victorieuses de
Boni Yayi, il est devenu son pire
ennemi et a même été accusé
d’être le cerveau d’une tentative
d’empoisonnement du chef de
l’Etat en 2012. Boni Yayi lui a
finalement accordé son pardon
en mai 2014, lui permettant de
rentrer de son exil à Paris. Talon,
flambeur assumé, qui a été voter
au volant de sa Porsche
dimanche, a remporté un grand
nombre de voix à Cotonou, la
capitale économique, et dans le
département de l’Atlantique, au
Sud. Zinsou a plutôt séduit les
électeurs de plusieurs départements du Nord et du Centre du
pays. Le mandat de Boni Yayi
prend fin le 6 avril, date à
laquelle devra être investi le nouveau président selon la Constitution.
R. I.
Photo : DR
LE SECOND TOUR de l’élection présidentielle au Bénin
opposera le Premier ministre
Lionel Zinsou et l’homme d’affaires Patrice Talon. Lionel
Zinsou a obtenu 856 218 voix
(28,44%), Patrice Talon en a
obtenu 746 798 voix (24,80%).
Ils sont suivis de très près
par Sébastien Ajavon, l’autre
homme d’affaires influent, qui a
obtenu 693 492 voix (23,03%), a
annoncé Emmanuel Tiando, le
président de la Commission électorale (Céna). Aucun des candidats n’ayant obtenu la majorité
absolue, on s’oriente donc vers
un second tour qui verra s’affronter Zinsou et Talon. Ces premiers résultats ne sont que «des
grandes tendances», tel que le
prévoit l’article 15 du code électoral, a toutefois précisé Tiando.
C’est à la Cour constitutionnelle
de proclamer des résultats provisoires officiels, puis définitifs.
Suite à cela, un second tour doit
être organisé dans un délai de
15 jours. Au total, 33 candidats
ont pris part à ce scrutin. Le président Thomas Boni Yayi, au
terme de deux mandats, ne s’est
pas représenté conformément à
la Constitution de ce petit pays
d’Afrique de l’Ouest considéré
comme un bon élève en matière
de démocratie sur le continent.
Initialement prévu le 28 février,
18
S P O R T
Mercredi 9 mars 2016
Cyclisme/Grand Tour
d’Algérie-2016 :
LA GAZETTE DU TOUR
LA TENNISWOMEN MARIA SHARAPOVA CONTRÔLÉE POSITIVE
Avec la Russie, l’Europe de l’Est
et les vieux démons du dopage
La gazette du Grand tour d’Algérie
cycliste (GTAC-2016) qui se déroule
du 4 au 28 mars avec la participation de 16 équipes représentant
onze pays sur un parcours total de
plus de 3500 Km.
La star mondiale du tennis a été contrôlée positive pour un médicament que l’Agence mondiale
antidopage n’a inclut qu’à partir du 1er janvier 2016 alors que la sportive en faisait usage depuis 2006
HOMMAGE : une minute de silence
va être observée par les équipes participantes au GTAC-2016 à la mémoire
de Mohamed Allek, la légende du handisport algérien, décédé dans la nuit de
lundi à mardi à Alger des suites d’une
longue maladie.
Par
A. Lemili
a sportive la mieux payée du
monde avec des revenus de
82 millions d’euros est
désormais lâchée par ses sponsors.
En effet, aussi bien par Tag Heuer
que Porsche et Nike lequel, du
moins, attend les conclusions de
l’enquête menée autour de cette
affaire, la tenniswomen et non
moins Russe de nationalité Maria
Sharapova a été contrôlée positive
à un produit nommé Meldonium.
Elle aurait recouru à ce produit, qui
est essentiellement utilisée en
Russie, le 26 janvier passé au cours
de l’Open d’Australie. En fait, il
semblerait que le meldonium est un
produit habituellement utilisé par
les personnes qui ont des problèmes cardiaques, mais sur lequel
n’hésitent pas certains sportifs qui
ne sont pas sans ignorer ses propriétés d’amélioration des rendements physiques. La suspension de
l’ancienne championne de tennis et
actuellement numéro 7 mondiale
prendra effet à partir de samedi
prochain. Elle (suspension) sera
conservatoire. En fait, l’inclusion
du meldonium par l’Agence mondiale antidopage (ANA) n’a été
faite qu’à partir du 1er janvier de
l’année 2016 alors que la star mondiale de la discipline en faisait
usage depuis 2006.
Toutefois, elle ne peut bénéficier d’aucune circonstance atténuante et encore moins d’un
argument qui consisterait à faire
croire qu’elle ne le savait pas
sachant que toutes les fédérations
sportives ont largement informé
leurs licenciés et médiatisés ce fait
nouveau en plus d’avoir adressé un
courriel à tous les athlètes de haut
L
Photo : DR
8 MARS : le Grand Prix d’Oran, troisième épreuve du GTAC-2016, coïncide avec la Journée mondiale de la
femme célébrée le 8 mars de chaque
année. Les organisateurs s’attendent à
une grande présence de la gent féminine autour du Centre des conventions
d’Oran, lieu de déroulement de cette
épreuve.
niveau et à sa décharge celle-ci
explique qu’elle n’aurait pas eu le
temps de lire ses mails. D’ailleurs,
Maria Sharapova a tout de suite
validé sa faute en déclarant à chaud
lors d’une conférence de presse
spécialement convoquée à Los
Angeles «…J’ai fait une énorme
erreur, j’ai déçu mes fans, j’ai déçu
la discipline, une discipline que je
pratique depuis mon enfance et que
j’aime au dessus de tout.» La tenniswomen dira encore qu’elle sait
qu’elle va devoir faire face aux
conséquences de son acte, mais a
tenu à souligner qu’il est hors de
question pour elle «de terminer sa
carrière de cette façon» et lance en
forme de supplique à qui de droit
d’obtenir «une chance de rejouer».
Consulté à la suite de cette
actualité sportive, un spécialiste
mondial de la médecine sportive
est catégorique. «Les sportifs des
pays de l’Est consomment réguliè-
rement ce type de produit et il est
pratiquement impossible que
Maria Sharapova ignore son interdiction d’autant plus que les initiés
savaient que le meldonium était
sous la loupe de l’ANA tout au
long de l’année 2015… Par
ailleurs il est de notoriété publique
dans les milieux du sport qu’il est
recouru à grand usage dudit produit dans les autres disciplines :
lutte, cyclisme, boxe, athlétisme,
patinage et nombreux sont parmi
les sportifs qui ont été contrôlés à
partir de ce mois de janvier…».
Rigides dans ses bottes, le
ministre des Sports russe a, malgré
tout, tenu à assurer la championne
d’un officiel et total soutien alors
que pour le président de la fédération il ne s’agirait que «d’un fatras
d’inepties» demeurant persuadé que
Maria Sharapova sera présente aux
prochains Jeux de Rio. Enfin sur la
solidarité de ses collègues du tennis,
la nouvelle aussitôt connue,
l’Américaine Jennifer Capriati a
tout de suite demandé à ce que la
sportive dopée «soit immédiatement
dépossédée de tous ses titres».
Concluons enfin sur l’idée que
cette information fracassante va
apporter encore plus de grain à
moudre à ceux qui, de tout temps,
ont vu en les athlètes des pays de
l’Est des personnes surfaites en
raison d’une monstrueuse pratique
de dopage. Ce genre de stigmates
va en rajouter à la suspicion qui,
obligatoirement, va s’installer
autour des athlètes venus des pays
concernés et devant disputer aussi
bien les Jeux olympiques que les
Championnats mondiaux. Une
politique comme une autre de
mettre la pression, à tort ou à
raison, sur de potentiels champions
sinon pour le moins de sérieux outsiders aux autres sportifs venus du
reste du monde.
A. L.
SURPRISE : ayant le statut d’une
équipe professionnelle continentale
depuis janvier 2016, la formation émiratie de Nasr-Dubaï a réalisé un carton
plein en remportant quatre victoires
sur quatre depuis le coup d’envoi du
GTAC-2016.
MECANICIEN : le mécanicien algérien Djamel Zerouati fait partie du staff
de l’équipe émiratie Nasr-Dubaï. Très
connu dans le milieu du cyclisme algérien, Zeraouti a travaillé au sein de l’équipe nationale algérienne dans les
années 1980.
CHANGEMENT : prévu initialement
sur un circuit de 120 Km finalisé en 20
tours, le Grand Prix d’Oran se déroulera finalement en 15 tours (94,5 Km).
Les organisateurs ont préféré baisser
le nombre de tours suite à la demande
formulée par les équipes participantes.
PRESSE : trente journalistes des différents organes de presse algériens sont
accrédités pour couvrir les
10 épreuves du Grand Tour d’Algérie
cycliste.
APS
DISCIPLINE :
Le huis clos «tue» la passion du football en l’absence d’alternative
UTILISÉ comme moyen de
«juguler» la violence dans les
stades de football algériens, le huis
clos est devenu légion et un classique pendant chaque journée de
championnat, «tuant» la passion du
sport roi alors qu’aucune alternative n’a encore été trouvée pour
permettre aux fans de vivre avec ce
phénomène sans la peur au ventre.
Après une relative accalmie
enregistrée lors de la première
partie de la saison avec un bilan
de 13 matchs joués à huis clos,
dans les deux Ligues professionnelles, la phase retour a apporté
son lot de «mauvaises nouvelles»
avec 15 rencontres sans public
dont 4 avec sursis, au terme de la
21e journée, sans parler des divisions amateur et inter-régions qui
ont battu tous les records, notamment après les sanctions infligées
au CR Village Moussa et à l’USM
Annaba (huis clos jusqu’à la fin
de la saison). Ce ne fut donc
qu’une baisse temporaire, dans la
mesure où les vieux démons ont
resurgi dans les gradins des stades
algériens et même en dehors après
pratiquement chaque match. «Je
regrette le retour du huis clos dans
nos stades, cela prouve que la violence n’est pas totalement éradiquée. De notre part, nous sommes
devenus encore plus sévères dans
le traitement des affaires liées au
fléau de la violence. Les sanctions
ont été revues à la hausse», a
affirmé le président de la Ligue de
football professionnel (LFP),
Mahfoud Kerbadj.
Pour le premier responsable de
l’instance dirigeante de la compétition, «aucune autre alternative»
n’existe pour le moment comme
moyen de combattre le fléau de la
violence.
«Le huis clos est une sanction
qui existe dans le code disciplinaire régissant la compétition
nationale. Pour le moment, il
n’existe aucune autre alternative
du moment qu’il y a des règlements
bien précis à appliquer selon la
gravité des cas», a expliqué
Kerbadj, soulignant que le retour
de la sanction des matchs sans
public est expliquée par «l’enjeu
des rencontres aussi bien pour les
clubs qui visent le podium que ceux
jouant le maintien».
Les clubs refusent le
huis clos et proposent
d’autres alternatives
De leur côté, les responsables
de clubs refusent la sanction du
huis clos qui pénalise, selon leurs
propos, et les supporters et leur
équipe, contrainte de jouer devant
des gradins vides sans le moindre
encouragement, «tuant» la beauté
de la partie. «Pour moi, le huis clos
est loin d’être une solution fiable et
durable pour combattre la violence
dans les stades. Priver le public de
voir son équipe n’est pas fait pour
assurer le spectacle, car les supporters font partie du décor et un
match de football sans public perd
beaucoup de son charme», a analysé le président du Paradou AC
(Ligue 2), Kheireddine Zetchi. Le
président du PAC propose «une
levée du huis clos par une grosse
amende financière ou défalcation
de points», soulignant que cette
alternative est l’«unique» solution
pour «contourner les règlements».
Le président du MC Alger, Achour
Betrouni, à l’instar de son collègue
du PAC, estime que le huis clos
n’a pas lieu d’être en championnat.
«Le MCA a été souvent privé de
son public, notamment la saison
dernière, en raison du comportement irresponsable de certains
supporters. Je propose aux responsables d’imiter ce qui a été fait au
niveau des stades anglais qui ont
réussi à combattre le hooliganisme
en interdisant l’accès au stade aux
fouteurs de troubles», a avancé le
patron mouloudéen. Chez les supporters, les premiers visés par la
sanction, c’est le même son qui se
dégage de leurs propos : refus catégorique du huis clos. «Il faut éviter
de généraliser car il existe une
frange de supporters qui sème la
zizanie dans les tribunes et ce n’est
pas tout le monde qui doit être mis
à l’index. La fermeture partielle
des gradins est une solution de
rechange, comme c’est le cas en
France ou en Italie», propose
Mohamed, un fan du MCA accosté
par l’APS.
Devant cette situation, la
Fédération algérienne de football
(FAF) a appelé, lors de la dernière
réunion de son bureau fédéral, la
LFP à renforcer les mesures d’en-
cadrement des matchs et à «ne
tolérer aucune forme de violence
dans les stades ou négligence susceptible de compromettre le bon
déroulement des championnats».
Pour conforter davantage le
système d’encadrement des rencontres, il a été décidé de créer un
panel de commissaires aux matchs
dont le profil et le niveau doivent
répondre aux exigences de la
compétition. La saison dernière, le
derby algérois entre le MCA et
l’USMA, l’un des rendez-vous les
plus suivis du championnat, si ce
n’est le plus suivi, s’est joué dans
ses deux manches à huis clos, au
grand dam des supporters des deux
camps.
Au total, 58 matchs se sont
déroulés à huis clos lors de la
saison 2014-2015 dans les deux
Ligues professionnelles de football, 1 et 2.
En Ligue 1, 34 matchs se sont
joués en l’absence du public, dont
9 de la JS Kabylie dans l’affaire du
décès de son attaquant camerounais Albert Ebossé, survenu le
23 août 2014 au stade 1erNovembre de Tizi Ouzou.
APS
S P O R T S
19
Mercredi 9 mars 2016
LIGUE DES CHAMPIONS (2E TOUR ALLER) :
L’ES Sétif au Congo avec le moral
dans les chaussettes, mais
Le capitaine d’équipe, Mourad Delhoum (malheureusement suspendu pour la rencontre aller), ne
veut pas se résigner, ni se laisser abattre : «C’est vrai que l’équipe a du mal à aligner de bons
résultats, c’est vrai aussi que l’élimination en Coupe nous a fait mal, mais la Ligue des
champions d’Afrique reste une compétition à part et je puis vous assurer que mes camarades ne
se rendront pas au Congo en victimes expiatoires». Pour le milieu de terrain sétifien, «l’Entente
n’a jamais aussi bien réagi que lorsqu’elle est au pied du mur»
Par
Algérie presse service
l est difficile d’imaginer que
l’ES Sétif qui ralliera mercredi Brazzaville (République du Congo) pour y
affronter l’Etoile du Congo au
2 e tour de la Ligue des champions d’Afrique de football, fera
le déplacement avec un moral
ailleurs que «dans les chaussettes».
En plus d’un parcours en
dents de scie en championnat
(l’ESS, tenante du titre, occupe
la 9 e place du classement à
17 points du leader), en plus
d’une ligne offensive plus que
médiocre (Sétif est la seconde
plus mauvaise attaque derrière
l’USM Blida qu’elle affronte
mardi en match de mise à jour),
l’équipe drivée par le Suisse
Alain Geiger reste sur une
cruelle élimination à domicile en
1/4 de finale de coupe d’Algérie,
la compétition préférée du côté
d’Ain Fouara.
Ce qui n’arrange rien, les supporters ont pris les joueurs (le
coach et le président aussi) en
grippe, cependant que tous les
observateurs s’accordent sur un
point : l’Entente produit, cette
saison, son football le plus indigent depuis sa relégation en D2
en 1995-1996.
Il est patent qu’il n’existe,
dans la composante sétifienne de
la cuvée 2016, aucun de ces
ingrédients qui font qu’une
équipe est capable d’être véritablement compétitive, surtout en
terre africaine où un déplacement n’est jamais une partie de
plaisir. Même les supporters les
plus inconditionnels - du moins
ceux que l’APS a approchés -
Photo : DR
I
ont du mal à croire que les camarades d’Abdelmoumene Djabou
sont capables d’un bon résultat le
11 mars prochain au stade
Alphonse Massamba Debat de
Brazzaville. Et pourtant.
Le capitaine d’équipe,
Mourad Delhoum (malheureusement suspendu pour la rencontre
aller), ne veut pas se résigner, ni
se laisser abattre : «C’est vrai
que l’équipe a du mal à aligner
de bons résultats, c’est vrai aussi
que l’élimination en coupe nous
a fait mal, mais la Ligue des
champions d’Afrique reste une
compétition à part et je puis vous
assurer que mes camarades ne
se rendront pas au Congo en
victimes expiatoires». Pour
le milieu de terrain sétifien,
«l’Entente n’a jamais aussi bien
réagi que lorsqu’elle est au pied
du mur».
De plus, souligne-t-il, «si les
résultats n’ont pas suivi, cela ne
veut nullement dire que l’équipe
ne renferme pas de bons joueurs,
capables de se transcender dans
les grandes occasions (à) soyez
certains que l’objectif que l’ESS
s’est fixé, à savoir atteindre la
phase de poules de la Ligue des
champions, est inchangé, et nous
ferons tout pour y arriver».
Dans le football, où «la
défaite et la victoire se sont toujours côtoyées, il faut savoir
faire la part des choses, se
retrousser les manches et, surtout, positiver», conclut le «porteur d’eau» de l’équipe.
Le coach helvétique de
«l’Aigle Noir», Alain Geiger,
n’est pas loin de partager l’avis
de son capitaine d’équipe : «Il
n’est jamais évident, surtout à
Sétif, de se faire éliminer en
Coupe d’Algérie, je vous le
concède, cela dit, il faut rapidement oublier la rencontre face à
Sidi Bel-Abbès, relever la tête et
penser à demain.»
Faisant part d’un «travail
psychologique» déjà entrepris
avec ses joueurs, Alain Geiger
ne veut pas entendre parler d’équipe abattue. «Nous avons une
carte à jouer, d’abord en championnat où nous entendons améliorer notre classement, ensuite
en Ligue des champions et,
croyez-moi, nous n’irons pas
faire du tourisme au Congo»,
conclut l’entraîneur suisse de
l’Entente.
APS
Football-Algérie : le président de l’ES Sétif suspendu pour un mois
Le président de l’ES Sétif, Hassen Hamar, a été suspendu pour un mois ferme pour
«comportement incorrect» lors du match perdu à domicile par son équipe face à
l’USM Bel Abbès (3-1), vendredi passé en quarts de finale de la Coupe d’Algérie,
indique la Ligue de football professionnel (LFP).
Outre cette sanction, le premier responsable de l’Entente devra s’acquitter d’une
amende de 50 000 DA, précise la même source.
Pour sa part, la direction de l’ESS a fait l’objet de deux amendes: la première
de l’ordre de 20 000 DA pour «conduite incorrecte de l’équipe», et la seconde de
100 000 DA pour «jet de projectiles, pendant et à la fin de la partie».
Une mise en garde a été aussi adressée au club.
LIGUE 1 MOBILIS/ASM ORAN
«Le maintien sera un miracle», estime Baghour
LE PRÉSIDENT de l’ASM
Oran (Ligue 1 algérienne de football) Merouane Baghour a
estimé, hier, que l’objectif du
maintien «relèvrait du miracle»,
au moment où la formation asémiste se morfond en bas du classement, à huit journées de la fin.
«Sans détour, je pense que le
maintien sera un miracle à réaliser au vu de la mauvaise situation que nous traversons en
championnat. L’espoir demeure
toujours, mais notre mission est
très compliquée», a affirmé à
l’APS le premier responsable de
l’ASMO.
Le club de M’dina Jdida reste
sur une lourde défaite concédée
samedi lors du derby oranais face
au MCO (3-0) pour le compte de
la 22 e journée, un revers qui a
poussé l’entraîneur Nabil
Medjahed à jeter l’éponge.
«Il aurait dû assumer ses responsabilités jusqu’au bout et ne
pas abandonner l’équipe à michemin, mais il a insisté à partir,
chose que j’ai accepté», a ajouté
Baghour. Evoquant le futur
entraîneur de l’ASMO, le président du club oranais a précisé
que la direction «devrait désigner
un nouveau coach dans les prochains jours», qui aura pour mission «de gérer le reste de la
saison et de préparer le prochain
exercice avec l’objectif d’accession en cas de relégation».
La dernière victoire de
l’ASMO en championnat
remonte au 29 janvier dernier à
domicile face à l’USM Harrach
(1-0), dans le cadre de la
18 e journée. Le club asémiste
pointe à la 15e et avant dernière
place au classement de la Ligue 1
avec 18 points à cinq longueurs
du premier non relégable l’USM
Blida. Lors de la 23e journée, les
coéquipiers de Antar Djemaouni
se rendront à Sétif pour donner la
réplique à l’ESS le samedi
26 mars.
Sélection algérienne : Benzia
«Je n’ai pas rejoint les Verts
plus tôt parce que j’étais
remplaçant à Lyon»
L’attaquant de Lille OSC, Yassine
Benzia, qui rejoindra bientôt la sélection algérienne de football, a indiqué
que sa décision de jouer pour les
Verts était prise depuis un bon bout
de temps, mais qu’il a préféré ne pas
s’empresser pour l’annoncer en raison
de son statut de remplaçant au sein de
son ex-club l’O Lyon.
«Ma décision de jouer pour l’Algérie
était prise ça fait déjà un bon bout de
temps. Les responsables du football
algérien m’avaient proposé de rejoindre
les Verts du temps où je portais les couleurs de l’OL, mais je ne voulais pas
venir en sélection alors que j’avais un
statut de remplaçant en club», a
déclaré Benzia dans un entretien
accordé à la chaîne de télévision beIN
Sports.
Benzia (21 ans) a été officiellement
qualifié lundi par la Fédération internationale de football (FIFA) pour
porter les couleurs de la sélection
algérienne après sa demande de
changer de nationalité sportive. Il
jouait jusque-là avec la sélection de
France des moins de 23 ans.
Formé à Lyon (L 1, France), Benzia a
du quitter ce club l’été dernier pour
gagner en temps de jeu, tout en restant dans le championnat de l’élite
français. Il a alors rejoint Lille OSC où
il a fait, 21 apparitions en championnat
dont 16 comme titulaire. Il compte
aussi cinq réalisations.
L’attaquant devrait honorer sa première convocation en équipe nationale le 20 mars en cours en vue de la
double confrontation contre l’Ethiopie
(25 et 29) dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des
Nations (CAN-2017) au Gabon.
Un regroupement
à Tlemcen au menu
du CR Belouizdad
Le CR Belouizdad, qui traverse une
période difficile, effectuera un stage à
Tlemcen de vendredi à mardi prochains, a-t-on appris auprès de la
direction du club de Ligue 1 algérienne de football.
La programmation de ce regroupement intervient après un week-end
mouvementé du club, marqué par une
défaite à domicile contre le MO Béjaïa
(3-1), pour le compte de la
22 e journée du championnat. Une
défaite ayant poussé l’entraîneur
français Alain Michel à annoncer sa
démission avant que celle-ci ne soit
rejetée par les dirigeants.
Le «Chabab», qui postulait pour le
titre de champion, n’a plus gagné
depuis la 16e journée, soit depuis sa
victoire contre le MC Alger. Sa série
de contre-performances lui a coûté la
perte de la deuxième place qualificative à la Ligue des champions
d’Afrique au profit du MOB.
Ligue 2 : un match à huis clos pour la JSM Béjaia,
l’entraîneur adjoint suspendu 6 mois
LA JSM BÉJAIA a écopé
d’un match à huis clos pour «jet
de projectiles avec faits aggravants» lors de sa rencontre
à domicile face à l’OM Arzew
(1-2), vendredi passé comptant
pour la 22 e journée du championnat Mobilis de Ligue 2,
indique la Ligue de football professionnel en Algérie (LFP). La
Commission de discipline réunie
lundi a décidé également de suspendre l’entraîneur adjoint de la
JSMB, Mohamed Choukri, pour
six mois dont trois avec sursis.
Le club et le technicien
sont sommés de payer
deux amendes de l’ordre de :
100 000 et 40 000 DA respectivement.Par ailleurs, et concernant la rencontre CR Belouizdad
- ES Sétif, dans le cadre des hui-
tièmes de finale de la Coupe
d’Algérie des moins de 21 ans et
marquée par une bagarre générale entre les joueurs en fin de
partie, la commission de discipline a suspendu 3 joueurs du
CRB et un de l’ESS pour trois
matchs. Les deux capitaines des
deux équipes sont également
suspendus jusqu’à leur audition
ce mercredi 9 mars.
C U L T U R E
Mercredi 9 mars 2016
21
LE THÉÂTRE D’ORAN REND HOMMAGE AU DÉFUNT DRAMATURGE
Abdelkader Alloula revient
cette semaine sur scène
Un des traits de génie d’Alloula est dans la rupture que ses œuvres marquent avec le théâtre aristotélicien
où le spectateur reste passif. Il a fait du spectateur un élément dynamique du spectacle. Toutes les
composantes de la pièce comme le décor, la lumière, la musique, les chants jouent un rôle essentiel
dans la compréhension de l’histoire et dans l’évolution de l’intrigue. Rien n’est mis en place par hasard
Par
Algérie presse service
bdelkader Alloula était
un dramaturge
moderniste à l’esprit
novateur. La scène était pour lui
un espace d’expérimentation,
marquant ainsi l’histoire du
quatrième art algérien d’une
empreinte inaltérable. La
seconde édition des Rencontres
Alloula, prévues du 10 au
12 mars prochain, permettra aux
jeunes comédiens, amateurs de
théâtre et autres dramaturges, de
découvrir tout l’esprit créatif et
les techniques scéniques de ce
génie de l’art dramatique.
En effet, cette rencontre
permettra aux jeunes troupes
participantes de mieux connaître,
d’apprécier, voire de s’inspirer
de l’œuvre d’Alloula dans ses
dimensions multiples, dans ses
expérimentations qui ont donné
au théâtre algérien une
dimension si particulière. «La
reprise des œuvres d’Alloula par
de jeunes troupes amatrices
permettra de revisiter son travail
avec un nouveau regard qui ne
peut être qu’objectif, puisque ces
artistes ne connaissent le défunt
que par la richesse de son legs»,
avait indiqué le dramaturge,
Mourad Senouci, lors de la
première édition des Rencontres
Alloula, il y a deux ans.
Photo : DR
A
Sur un autre plan, à travers ses
œuvres et les témoignages de ses
proches et amis, les jeunes
comédiens et amateurs de théâtre
pourront mieux connaître et
s’imprégner des valeurs
humanistes de Alloula qui était
constamment à l’écoute de son
prochain et vouait un grand
amour, une abnégation sans
faille aux enfants malades du
cancer. Ses visites ponctuelles au
centre des enfants cancéreux
d’El Hassi (Oran) étaient autant
de moments particuliers et de
joie intenses pour ces petits
rongés par le mal incurable.
Alloula a été tour à tour auteur,
traducteur-adaptateur,
scénographe et acteur. De
Berthold Brecht à Koltes, en passant par les grands classiques tels
Molière et Shakespeare, ainsi
que les auteurs maghrébins, le
barde Abderrahmane
El-Majdoub, Allalou à Kaki, la
Commedia Dell’arte ou en
adaptant des textes de Gogol,
Goldoni, Aziz Nesin et autres
écrivains, Alloula a puisé dans le
patrimoine local, maghrébin et
universel, son but étant de parachever un nouveau théâtre
algérien à valeur universelle. Son
mérite est d’avoir su adapter la
langue parlée des Algériens, tout
en lui donnant la puissance du
jeu théâtral.
En même temps, il a voulu
moderniser les traditions des
goual et de la halqa. L’expérience de la halqa, cette tradition
ancestrale très répandue dans les
souks et sur les places publiques
dans les campagnes de l’Algérie
profonde, a débouché sur plusieurs œuvres théâtrales, notamment sa célèbre trilogie Lagoual
(Les dires, 1980),
Ladjouad (les généreux, 1985 et
Litham, (Le voile, 1989), pour
lesquelles Alloula a revisité à sa
manière la halqa et le meddah,
tout en élaborant un langage
inspiré de la langue populaire
des Algériens, la langue vivante
par excellence, lui donnant ainsi
une dimension artistique.
Les œuvres d’Alloula
marquent également une rupture
avec le théâtre aristotélicien où
le spectateur reste passif. Il a fait
du spectateur un élément
dynamique du spectacle. Toutes
les composantes de la pièce
comme le décor, la lumière, la
musique, les chants jouent
un rôle essentiel dans la
compréhension de l’histoire et
dans l’évolution de l’intrigue.
Rien n’est mis en place par
hasard.
APS
2E SALON NATIONAL DE LA CRÉATIVITÉ FÉMININE À CONSTANTINE
Une trentaine de participantes dévoilent leur art et savoir-faire
Rédaction Culturelle
A L’OCCASION de la
célébration de la Journée
internationale de la femme,
trente artisanes venues de
différentes wilayas du pays
participent, depuis lundi passé au
palais de la culture MohamedLaïd Al Khalifa de Constantine,
au 2e salon national de la
créativité féminine
La cérémonie d’ouverture du
salon dédié à l’artisanat et aux
métiers traditionnels, qui a attiré
un grand nombre de familles, a
été agrémentée d’agréables
moments musicaux, œuvre d’une
jeune troupe constantinoise de
Malouf conduite par l’artiste
Seif-Eddine Torche.
Cette manifestation culturelle
qui se poursuivra jusqu’à
vendredi, est organisée par
l’association El Borhane pour
l’artisanat et les métiers
traditionnels, avec la collaboration de l’Assemblée populaire de
wilaya (APW), l’Assemblée
populaire communale (APC) et
des directions de la culture et de
la jeunesse et des sports, a pré-
cisé à l’APS la présidente de
cette association, Nabila
Derbala. Créée en 1997, l’association El Borhane organise
régulièrement des sessions de
formation aux métiers de
l’artisanat ciblant des jeunes
gens de l’ensemble des
communes de la wilaya, ont
signalé les organisateurs.
Nabila Derbala, estime que
«c’est une réelle opportunité,
aussi bien pour les citoyens qui
peuvent découvrir les riches
différentes facettes de cet art
ancestral, particulièrement des
métiers en voie de disparition,
que pour les artisans eux-mêmes
pour se rencontrer, échanger
leurs expériences, affirmer et
enrichir, par-là même, leur art» .
La rencontre a aussi pour
objectif de promouvoir et de
mettre en lumière le patrimoine
local, tout en contribuant au
développement du tourisme en
faisant connaître le cachet
artisanal authentique de la
région de Constantine, selon
Mme Derbala.
Le salon qui réunit des
artisanes de plusieurs wilayas du
pays, à l’instar d’Alger, de
Tizi Ouzou, de Béjaïa, de
Constantine, de Sétif, d’Annaba,
de Mila et d’Oum El Bouaghi, se
veut également une occasion
pour inciter les jeunes à investir
dans l’artisanat et à améliorer la
qualité du produit artisanal tout
en préservant son cachet
patrimonial. La manifestation a
également permis à beaucoup
d’artisanes de se faire connaître
en exposant pour la première fois
leurs produits, comme c’est le
cas de ces jeunes couturières au
talent avéré, invitées par cette
association. Des artisanes qui ont
pu réaliser, avec très peu de
moyens, de magnifiques tenues
traditionnelles comme le caraco
brodé d’or qui a suscité une
grande admiration. Quinze
femmes, dont des policières et
des artisanes, ont été honorées
lors de cette manifestation
artistique qui propose plusieurs
spécialités artisanales allant des
produits alimentaires, telles les
pâtes traditionnelles et la
pâtisserie, en passant par la
poterie, la broderie, l’habillement traditionnel, la verrerie et
la bijouterie.
R. C.
Photo : DR
Par
www.latribunedz.com
OUVERTURE À ALGER DU 6E SALON ET CONFÉRENCES
NORD-AFRICAINS DES SERVICES PÉTROLIERS
Mercredi 9 mars 2016
MÉTÉO
Centre Max. 16°
Min 07°
Les entreprises pétrolières à la recherche
d’opportunités d’affaires
Venteux
Ouest
Max. 18 Plutôt
Min 11°ensoleillé
Est
Max. 11° Trés
Min 04° Nuageux
Sud
Max. 19°
Ensoleillé
Min 07°
Source
http://fr.weather.yahoo.com
Horaires des prières
Fadjr...........05.42
Echourouk ...07.08
Dohr...........12.59
Assar ..........16.17
Maghreb ....18.52
Icha ............20.10
Photo : S. Zoheir
„ Handisport : décès de l’ancien athlète Mohamed Allek
Par
Smaïl Boughazi
a question de l’investissement dans l’industrie pétrolière est au centre de la
sixième édition du Salon et conférences nord-africains d’équipements et services pétroliers (North
Africa petroleum exhibition and
conferences-Napec), qui a ouvert
hier ses portes à Alger. Avec la
baisse des cours du pétrole, de
nombreuses compagnies pétrolières
ont été contraintes de revoir leurs
investissements et plans de charge à
la baisse afin de faire face aux difficultés financières qu’elles connaissent. Cette situation a été relevée
par de nombreuses entreprises
exposantes, en marge de cette
manifestation. Bien qu’ils reconnaissent l’existence de certaines difficultés, les opérateurs activant dans
les services pétroliers ont mis à
profit cette opportunité annuelle qui
leur permet de fructifier leurs
L
affaires et nouer de nouveaux partenariats. L’organisateur du salon,
Djaafar Yacini, a, lui également,
reconnu que certains exposants ont
été contraints de réduire «de
quelques mètres carrés» leurs
stands. Ce qui dénote d’une baisse
des dépenses. Toutefois, il fera
savoir, lors d’un point de presse,
que l’intérêt pour ce genre de manifestation ne cesse de prendre de
l’ampleur. Preuve en est le nombre
des exposants, qui a atteint
400 entreprises algériennes et
étrangères, représentant 27 nationalités.
Parallèlement au salon, les organisateurs ont voulu également plancher sur la conjoncture pétrolière
actuelle, à travers l’organisation de
workshops et un cycle de conférences qui sera animé par de nombreux experts et spécialistes des
questions énergétiques. Ainsi, outre
le ministre de l’Energie, qui devrait
visiter aujourd’hui l’exposition, des
experts aborderont, durant leurs
communications de nombreuses
thématiques liées, entre autres, au
marché pétrolier. Elles porteront
notamment sur «Le marché mondial, questions et commentaires»,
«Le déploiement énergétique de
l’Algérie en Afrique», «Hydrocarbures non conventionnels : où en
sommes-nous ?», ainsi que les
«Nouveaux développements dans le
raffinage».
D’autres problématiques en
relation avec le développement de
l’industrie gazière, le management
des champs pétroliers et la transition énergétique seront au menu du
cycle de conférences du salon.
Quant aux ateliers, il sera question
du diagnostic des installations
hydrocarbures selon décret 14-349,
des différentes activités d’étalonnage sur site client et au laboratoire
de métrologie du Credeg (Centre de
recherche et de développement de
l’électricité et du gaz) et de la maintenance et entretien des capacités de
stockage des hydrocarbures. S. B.
Une avancée vers la réalisation d’une usine
Volkswagen en Algérie
Suite de la page 1
«Nous sommes ouverts à ce partenariat car nous
ne pouvons pas imaginer une industrie mécanique
sans un partenaire allemand qui est déjà présent en
Algérie dans la fabrication des véhicules de poids
lourds», a-t-il souligné, tout en souhaitant la concrétisation prochaine d’un accord entre les deux parties. Le
ministre qualifiera le groupe allemand «d’important et
actif» sur le marché algérien avec lequel le gouvernement est prêt à aller «aussi loin que possible». «Les
entreprises vont poursuivre les négociations. J’espère
qu’elles aboutiront bientôt à un accord», a-t-il avancé.
Les conditions à remplir posées par l’Algérie
concernent l’obligation de procéder au montage en
Algérie et la fabrication locale d’un taux de pièces de
rechanges qui devrait, à terme, atteindre 40% d’intégration des véhicules assemblés localement. La firme
allemande devra se plier à la règle 49/51% dans la
société mixte à constituer.
Concernant les différentes dispositions déjà mises
en place pour l’assainissement du marché national de
véhicules, M. Bouchouareb a rappelé la mise en place
prochaine d’un cahier des charges organisant l’activité
de l’industrie automobile afin «de ne pas vivre ce que
nous avons déjà vécu en matière de gestion de l’activité des concessionnaires automobiles», laquelle avait
connu de profonds dysfonctionnements. Il a insisté sur
le fait que l’organisation et la réglementation de l’activité de l’industrie automobile serviront non seulement
les intérêts des entreprises étrangères partenaires, mais
aussi l’intérêt de l’Algérie qui ambitionne de relancer
l’industrie mécanique.
De son côté, le représentant du constructeur allemand a affirmé à la presse que le marché algérien était
«très attractif» et «très important» pour Volkswagen.
«Aujourd’hui, nous avons eu l’occasion de discuter
avec le ministre et notre partenaire sur place (le
Groupe Sovac) d’un projet de fabrication locale»,
a-t-il ajouté.
Rappelons qu’en janvier dernier, le P-dg de Sovac,
Mourad Eulmi, avait avancé certains détails sur le
projet de l’usine en question, et ce, dans un entretien
accordé à un journal électronique. Selon M. Eulmi,
Sovac qui réalisera l’usine avec l’assistance technologique de son partenaire Volkswagen, va fabriquer en
Algérie la Polo classique, la Skoda Octavia et le pickup Amarok.
D’un montant d’investissement de 170 millions
d’euros, l’usine, qui sera réalisée à Relizane, exportera
une partie de sa production vers l’étranger. Sur le
moyen terme, le constructeur allemand procédera à la
fabrication de pièces de rechange en Algérie avec
d’autres projets. Cette usine sera ainsi la deuxième en
Afrique après celle d’Afrique du Sud.
B. A./APS
L’ex-champion du monde handisport, Mohamed Allek, s’est éteint dans la nuit de lundi à
mardi à son domicile à Alger à l’âge de 42 ans des suites d’une longue maladie, laissant
derrière lui un riche palmarès sur le double plan national et international, a-t-on appris
auprès de sa famille. Allek a notamment porté haut l’étendard national dans les grands
évènements planétaires, à l’instar des championnats du monde et des Jeux
paralympiques, où il avait décroché plusieurs médailles d’or et battu des records du
monde dans les 100, 200 et 400 mètres. L’athlète sera enterré aujourd’hui dans son
village d’origine, Agouni Gueghrane (Tizi Ouzou) après la prière de Dohr.
„ 38 morts et 1 019 blessés sur les routes en une semaine
31 personnes ont trouvé la mort et 1 008 autres ont été blessées dans plusieurs
accidents de la circulation, enregistrées du 28 février au 5 mars, au niveau national, a
indiqué, hier, un communiqué de la Protection civile. Le bilan le plus lourd a été
enregistré dans la wilaya de Tébessa avec 4 personnes décédées et 21 autres blessées.
Le bilan s’est alourdi hier avec deux autres accidents meurtriers à Boumerdès et Bouira.
Dans la commune d’Aomar (nord de Bouira), une collision entre un camion semiremorque et un véhicule utilitaire a fait, hier, trois morts, des enfants d’une même
famille, et trois blessés dont une femme. A Larbaâtache (Boumerdès), un carambolage
sur l’autoroute Est-Ouest ayant impliqué deux véhicules légers, deux camions semiremorques et une ambulance transportant des patients vers Alger a coûté la vie à quatre
personnes, deux médecins internistes (un homme et une femme) le chauffeur de
l’ambulance et un bébé âgé d’un mois, morts sur le coup, alors que huit autres
personnes ont été blessées.
„ 2e session des consultations politiques algéro-slovènes
La deuxième session des consultations politiques entre l’Algérie et la Slovénie se tiendra
aujourd’hui à Alger, sous la co-présidence du secrétaire général du ministère des Affaires
étrangères, Abdelhamid Senouci Bereksi, et le sous-secrétaire d’Etat du ministère des
Affaires étrangères slovène, Tomaz Lovrencic. Cette session permettra aux deux parties
«d’évaluer l’état des relations bilatérales aux plans politique, économique et de la
coopération technique et culturelle», a indiqué, hier, un communiqué du ministère des
Affaires étrangères. Elles procéderont à cette occasion à «une évaluation du cadre
juridique bilatéral en faisant le point de situation sur les nombreux projets d’accords inscrits à
l’agenda bilatéral dans tous les domaines».
„ Extension du port de Tixter à 55 hectares
Le port sec qui sera prochainement opérationnel dans la commune de Tixter fera l’objet
d’une extension qui en portera la superficie de 20 à 55 hectares. Cette extension est
appelée à devenir une plate-forme d’entreposage de marchandises couvrant les régions
Centre et Est du pays. L’infrastructure aura également pour vocation de faire intervenir
le rail pour l’acheminement de marchandises. De plus, les opérateurs industriels et les
importateurs pourront, à court terme, mieux organiser dans ce port les opérations de
leur chaîne d’approvisionnement et, à moyen terme, y développer l’assemblage, le
conditionnement et l’étiquetage de leurs marchandises. Situé à 20 km de Bordj Bou
Arréridj et à 30 km de Sétif, ce port sec désengorgera le port de Béjaïa. Il devra
accueillir, après extension, près de 740 000 tonnes/an de marchandises et générera plus
de 3 500 postes d’emplois directs et indirects.
Créances des hôpitaux français : le contentieux financier
avec l’Algérie résolu
Le contentieux financier sur le non-remboursement des dettes médicales algériennes
est «aujourd’hui résolu», a indiqué, hier à Paris, le ministère français des Affaires sociales,
de la Santé et des Droits des femmes. A une question écrite de la députée (Les
Républicains) Bérengère Poletti, à l’Assemblée française, sur les créances des hôpitaux
concernant les étrangers, le ministère a précisé qu’entre la France et l’Algérie «plusieurs
sessions de négociations ont eu lieu au cours des deux dernières années entre le ministère de
la Santé, des hôpitaux publics détenteurs de créances à l’encontre de patients résidant en
Algérie et les autorités de ce pays». Concernant ce «contentieux financier», il a souligné qu’il
«est aujourd’hui résolu grâce à un accord entre l’AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de
Paris) et les autorités algériennes sous l’égide des gouvernements français et algérien». «Un
nouveau protocole de soins de santé franco-algérien, qui remplacera le protocole actuel de
1980, doit être adopté prochainement. Il permettra de prévenir ces dettes», a encore
indiqué le ministère français dans sa réponse publiée, hier, au Journal Officiel. A la fin de
2014 plusieurs pays dont l’Algérie, le Maroc et les Etats-Unis avaient accumulé une telle
dette à l’égard de l’AP- HP qui propose un plan d’action pour éviter ces excès. Pour
rappel, la dette accumulée, à la fin 2014, par les pays étrangers, dont l’Algérie, avoisinait
les 120 millions d’euros. Selon un bilan du 7 juillet 2015 de la direction en commission
médicale d’établissement (CME), les sommes non recouvrées par les hôpitaux de l’APHP auprès de patients, français ou non, résidant à l’étranger, ou de leurs assureurs,
s’élevaient à 118,6 millions d’euros au 15 novembre 2014.
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