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CLAUDE ANDRÉ, UN NORMAND AU CŒUR DE LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE
Un parcours témoin d’un engagement exemplaire
l n’a pas été difficile de convaincre, Claude André, vétéran de la Seconde guerre
mondiale, de partager son histoire ce 17 décembre avec une classe de première
économique et social du lycée Augustin Fresnel de Caen. Cet homme âgé de 90
ans a impressionné les élèves, ainsi que leurs professeurs, par le récit de son
extraordinaire parcours. Fuyant l’occupation allemande, il s’engageât dès ses 18
ans dans la marine française alors contrôlée par Vichy pour espérer par ce biais
rejoindre la Grande Bretagne. Envoyé en Algérie pour une formation, il arrive en
novembre 42 pendant le débarquement allié. Il profite ce cette circonstance et de
l’escale d’un bateau de la France Libre dans le port de Bougie pour déserter et
gagner l’Angleterre (caché à bord par l’équipage) sur un bateau des Forces
Navales de la France Libre ( FNFL).
Après plusieurs jours d’interrogatoire par l’Intelligence Service, il put
s’engager dans la marine des Forces Françaises Libres. Là, il reçut une formation
à la détection sous-marine (ASDIC) avant de s’embarquer sur une corvette,
la Lobelia, prenant ainsi part à la bataille de l’Atlantique. Escorter les convois de
l’Atlantique Nord, traquer et couler des sous-marins nazis, malgré les conditions
de vie extrême, devint son quotidien pendant de longs mois. La Lobelia fut
plusieurs fois décorée pour avoir coulée des U-Boot. Sans nouvelles de sa famille
pendant pratiquement deux années, c’est lors de sa première permission après la
libération de la Normandie qu’il appris que son père et son frère étaient morts tous
les deux sous les bombardements alliés, le 6 Juin, l’un à Caen, l’autre à Vire Ce
qui force l’admiration, c’est que cet homme jamais ne se posa en héros. Alliant
réalités historiques et anecdotes personnelles, Claude André a livré avec pudeur et
humour un témoignage saisissant sur cet aspect méconnu de la dernière guerre.
Le contexte : La bataille de l’Atlantique
De 1939 à 1945, des combats ont lieu dans le nord de l’Océan Atlantique.
Cette bataille opposa le Reich allemand, voulant mettre en place un
blocus du Royaume­Uni pour paralyser son économie, et une partie des
Alliés dont les États­Unis, le Canada, la Grande Bretagne ou encore la
France libre. Le rôle des Alliés (Américains et Canadiens), lui, était de
ravitailler les Anglais pour qu’ils puissent continuer à lutter contre
l’Allemagne nazie, malgré la défaite de la France. Cette bataille a
principalement opposée des Untersee boot (ou U­Boot) à des escorteurs
alliés. Ces escorteurs dont faisaient partis les corvettes sur lesquelles
navigua M. Claude André, étaient des navires construits dans les
chantiers anglais et pouvant atteindre 940 tonnes et une vitesse de près de
16 nœuds. Ils comptaient un équipage de 47 hommes. En tout ce sont près
de 25 000 convois qui relieront les deux côtés de l’océan Atlantique en
soixante­huit mois de bataille. Le bilan reste lourd même s’il peut paraître
dérisoire face aux pertes des batailles terrestres. Vingt­trois millions de
tonnes de navires ont été coulés et 45 000 marins sont morts ou disparus
côté allié. Côté allemand, ce sont 30 000 marins qui ont trouvés la mort
ou ont été portés disparus et la quasi­totalité de la flotte de surface, ainsi
Lobelia
que 780 U­Boot qui ont été coulés. Le mot de M. Claude André
Je suis très heureux d’apporter mon témoignage aux lycéens,
pendant très longtemps je suis resté sans parler de cet épisode
de ma vie estimant avoir simplement fait mon devoir. Par hasard,
il y a quelques années, je me suis retrouvé à une
commémoration à la gare de Caen avec un autre Français Libre.
L’envie m’est naturellement venue de partager mon expérience
de cette période et de témoigner de mon engagement. Depuis ce
moment, j’ai participé à des films, à des rencontres avec des
lycéens et je suis en train d’écrire mes mémoires. La notion
d’engagement était forte dans notre famille et ma mère m’a
particulièrement motivé pour ne pas accepter la défaite et
rejoindre la Grande Bretagne. J’espère que mon témoignage
intéressera et servira aux jeunes générations. C’est aujourd’hui
Les élèves face au témoignage
Nous avons trouvé que Claude André était un homme remarquable, qu'il avait une joie de vivre et surtout qu'il avait une excellente mémoire malgré son âge. Ce
moment passé avec lui était intéressant. Mais aussi captivant, émouvant et triste lorsqu'il parlait de la perte de son frère et de son père le même jour (le 6 juin 1944), et
dont les corps n'ont pas été retrouvé sauf le porte monnaie du père.
Son histoire a su toucher toute la classe grâce à la clarté de son expression orale. Il nous a permis de nous projeter dans les conditions de vies difficiles de
cette période et différentes des nôtres. On voit la notion d’engagement qui était très présente à cette époque. Par exemple avec sa mère qui, aillant connu la Première
guerre mondiale et l’occupation dans le Nord de la France, lui a dit de partir s'il voulait puisqu'il avait envie de rejoindre Charles de Gaulle.
A la fin de ce témoignage, il nous a présenté quelques photos de lui à cette époque qui ont rendu plus concret la perception qu'on se faisait de la guerre, comme les
photos de lui avec ses camarades.
Avec ses anecdotes, comme lorsqu'il nous a raconté ses escales à Saint Pierre et Miquelon, nous avons découvert un personnage haut en couleurs qui savait
apprécier les bons moments de la vie en laissant de côté les problèmes qu'il avait en ce temps. Ainsi nous retiendrons de lui un homme bon vivant qui ne se présente
pas du tout en héros, d’ailleurs ce n’est que très récemment qu’il a commencé à témoigner de son expérience. Mais ce qui nous a surtout impressionné, c’est la force
de son engagement au nom d’une certaine idée de la France.
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