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Communiqué de presse CPA

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COMMUNIQUE
DE PRESSE
Centre Psychothérapique de l’Ain (CPA)
Le Centre Psychothérapique de l’Ain a fait l’objet d’un rapport très alarmant, dénonçant
des dérives au niveau des prescriptions et de la mise en place de mesures de
contention, d’isolement et de liberté d’aller et venir, particulièrement dans les unités du
dispositif de soins de suite, accueillant des patients présentant de graves pathologies
psychiatriques non stabilisées, ne leur permettant pas de vivre de manière autonome.
La dérive la plus grave serait de nier les faits, même si la CFDT tient à souligner que
cette pratique n’est pas généralisée sur l’établissement et que les autres unités
d’hospitalisation n’ont pas fait l’objet des mêmes remarques.
La CFDT, avec ses représentants au CHSCT, a été récemment alertée suite à des
conflits entre les personnels d’une unité du dispositif de soins de suite, avec au centre de
ce conflit le sujet des prescriptions médicales, et plus particulièrement celui des
contentions.
Une enquête réalisée par les membres du CHSCT a mis en exergue un certain nombre
de points que l’on retrouve dans ce rapport. Des propositions ont été formulées par le
CHSCT et devaient être reprises pour certaines d’entre elles.
La CFDT retrouve certaines de ses propositions dans les mesures imposées au CPA
suite au rapport de la contrôleure des lieux de privation de liberté.
La CFDT considère donc que les injonctions de l’ARS vont dans le bon sens, mais ne
sont qu’une étape pour remettre en route les acteurs du soin du CPA.
D’autres causes sont à rechercher si l’on ne veut pas se contenter de traiter le
symptôme constaté.
En premier lieu, le numerus clausus médical, dont on parle si souvent à propos de la
médecine de ville, à l’origine de la raréfaction des médecins généralistes dans nos
campagnes, a également des effets désastreux dans nos établissements. Les
psychiatres ont une moyenne d’âge très élevée avec des départs en retraite très
nombreux et sans commune mesure avec les possibilités de recrutement de personnels
qualifiés pour les remplacer.
Pour illustrer ces propos il suffit de reprendre un extrait du rapport :
« …la brièveté et le caractère épisodique de la présence médicale ne permettent pas de
les réévaluer autant que de besoin… »
Un seul psychiatre pour 5 unités d’hospitalisation. C’est du jamais vu au CPA. Est-il
surprenant que les patients ne soient pas rencontrés aussi souvent que leur état le
nécessite ? L’absence de psychiatres est palliée par la présence de 2 médecins
généralistes qui n’ont pas les compétences et l’expérience requise.
Ensuite, la CFDT estime qu’il est urgent de reparler de la disparition du diplôme
d’infirmier de secteur psychiatrique, avec l’uniformisation du diplôme d’état d’infirmier.
Certes, on entend des propositions, issues de groupes de travail du ministère, qui
préconisent la mise en place d’une spécialisation infirmière en psychiatrie, comme c’est
le cas pour l’anesthésie, le bloc opératoire ou la puériculture. L’idée n’est pas nouvelle et
reconnait la psychiatrie comme une spécialité qui nécessite une formation
complémentaire des personnels qui était effective par le passé. Tout le monde semble
convaincu et rien ne se passe depuis plusieurs décennies.
En quelques années, le CPA aura vu partir en retraite la moitié de ses infirmiers,
diplômés en psychiatrie.
Le tutorat préconisé est certes une modalité palliative, permettant une transmission
partielle de compétences, outil parmi tant d’autres, mais cette conception de la formation
sur le tas a atteint des limites qui sont mises en évidence par ce rapport :
« …Les équipes de soins – constituées en grande partie de jeunes diplômés – se
montrent, dans l’ensemble, attentives aux patients, mais, bien que volontaires, elles sont
démunies…On aimerait faire bouger les choses mais on n’a pas forcément les moyens
pour le faire… »
Les moyens sont un autre élément primordial à regarder. Les budgets des
établissements psychiatriques sous statut associatif stagnent depuis plusieurs années et
diminuent depuis peu.
Les effectifs avaient augmenté d’une centaine de salariés au CPA, soignants pour la
plupart, au moment de la mise en place des 35 heures. Avec la disparition des aides,
ces emplois ont disparus. Cela représente le personnel de 5 unités de soins. Aujourd’hui
les effectifs diminuent encore, avec 14 infirmiers de moins qu’en 2015, soit l’effectif d’une
unité de soins.
Les établissements publics, comme le Vinatier pour la psychiatrie, ou Fleyriat pour la
MCO, ont perçu des financements supplémentaires pour la rénovation de leurs
établissements. Le mot d’ordre pour l’associatif est : tout est dans le budget. Les
investissements d’entretien et de renouvellement des bâtiments sont donc réalisés au
détriment des effectifs puisqu’ils proviennent « d’excédent » réalisés sur la masse
salariale. La CFDT ne peut partager l’idée que le meilleur gestionnaire est celui qui
dégraisse le mieux et qui remet ça tous les ans selon les directives d’un ministère
toujours plus exigeant sur la qualité des soins. Dans le même temps, la population du
département de l’Ain est passée de 430 000 à 680000 en 20 ans. Le nombre de lits
d’hospitalisation de psychiatrie, est, quant à lui, passé de plus de mille à 430.
Les autorisations de l’ARS vont vers la création d’une clinique privée à Chatillon en
Michaille qui s’accompagne d’une nouvelle réduction du nombre de lits du CPA alors que
les missions sont fondamentalement différentes et viendront encore diminuer l’offre de
soins de psychiatrie publique.
L’ARS a validé la création de l’UMAP (Unité pour Malade Agités et Perturbateurs) du
CPA lors de l’ouverture du centre pénitentiaire de Bourg en Bresse alors que l’ARS
aurait dû financer une USIP (Unité de Soins Intensifs en Psychiatrie). Cette unité remplit
donc les missions d’une USIP sans en avoir les moyens.
L’ARS a également validé le nombre de chambre d’isolement de l’établissement.
Enfin, est-il nécessaire de rappeler que le projet d’établissement, élaboré sur la base du
projet médical, a été validé par l’ARS.
La CFDT s’investit pleinement dans la mise en œuvre des injonctions de l’ARS. Il
est demandé aux salariés de se former, de bousculer leurs habitudes, de vivre de
nouvelles restructurations. Ils le feront et la CFDT sera à leurs côtés.
Mais la CFDT exigera que l’emploi, les salaires et les moyens alloués à
l’établissement soient des paramètres aussi incontournables que les autres,
puisque sans prise en compte de ce critère, cette transition est vouée à l’échec.
Bourg-en-Bresse, le 17 mars 2016
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