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Nyon, le 17 mars 2016
Geste patrimonial fort de la part de la Ville de Nyon
Alors que, depuis quelques années, on assiste plutôt à la diminution des sonneries de cloches, il faut relever
la volonté patrimoniale forte manifestée par la paroisse réformée et la Ville de Nyon qui ont décidé de
réhabiliter deux cloches historiques.
Jusqu’en 2015, le Musée historique de Nyon possédait deux cloches historiques, d’origine
nyonnaise ;
entrées dans ses collections au cours du XXe siècle, l’une est datée de 1446 et l’autre de 1617. Lors de la
conception du beffroi du temple en 1936, il avait été prévu de compléter la sonnerie des 5 cloches par la pose
d’un bourdon, projet finalement abandonné. A l’occasion des travaux de restauration, la paroisse réformée et
la Commune de Nyon ont proposé de redonner vie à ces deux cloches en les suspendant dans la travée du
beffroi, restée vide par l’absence de bourdon.
La cloche de 1446, la plus ancienne cloche nyonnaise
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Datée de 1446, cette cloche a été coulée par le fondeur genevois Jean Perrodet pour la commune de Nyon ;
elle était liée à une horloge. Nous ne savons toutefois pas exactement où était suspendue cette cloche,
vraisemblablement à l’ancienne église Notre-Dame (le temple actuel) au vu de la prière mariale en latin « ave
maria, gracia plena, dominus tecum… qui court sur son vase. On y admire des motifs de la Vierge à l’Enfant
et du Christ de Pitié, soit le Christ entouré de quelques instruments de sa passion.
A la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle, le cerveau de la cloche a été percé pour modifier la
suspension de son battant. Cette intervention malheureuse a provoqué, à une date inconnue, des fêlures de
sa partie haute qui a réduit la cloche au silence. Afin de lui redonner sa voix, cette cloche a été envoyée dans
une entreprise spécialisée des Pays-Bas, la fonderie Eijsbouts à Asten. Après avoir analysé la composition du
métal de la cloche, il a été procédé à une fine observation des importantes fêlures. Après un lent
réchauffement de la cloche, on a procédé à la soudure des multiples fêlures, préalablement meulées.
L’opération s’est terminée par la ciselure des textes et des motifs iconographiques endommagés par la
soudure. Ce travail très délicat a été réalisé avec grand soin et professionnalisme aux mois de janvier 2016.
Retour au bercail de la cloche de 1617
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Cette cloche était placée dans un petit clocheton qui surmontait autrefois le clocher du temple. Elle était liée à
une horloge qui actionnait le marteau frappant sur son vase. Suite à la destruction du clocher en 1795, elle a
continué son office au temple, positionnée au-dessus de la toiture. Suite à la construction du nouveau clocher
en 1936, elle a été déplacée sur le bâtiment des Postes de Nyon, à la place Bel Air. A une date inconnue, elle
a été déposée au Musée historique de Nyon.
Cette petite cloche, dont on ne connaît le fondeur que par ses initiales IG, est ornée du texte « A Dieu seul,
gloire et honneur ». De jolies têtes d’angelots agrémentent le texte.
Restauration de la sonnerie du temple entre 2012 et 2015 (voir tableau à la page suivante avec
le détail des cloches)
En 1936, 5 cloches ont été suspendues dans le nouveau clocher du temple, 4 coulées par la fonderie
Rüetschi d’Aarau (photos cloches no 1, 2, 4 et 6) et une cloche historique, datant de 1518 (photos cloche no
3). En 2014, les cloches de 1936 ont subi un gros entretien ; les efforts de restauration se sont concentré sur
la cloche de 1518, joyau médiéval de la sonnerie, déjà classée par les Monuments historiques en 1931.
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Les pérégrinations de la cloche de 1518 à travers les beffrois nyonnais
Cette cloche a été fondue en 1518, probablement pour l’ancienne église nyonnaise de Saint-Jean, qui abritait
des reliques de la légion thébaine (Saint-Maurice). Elle est due à deux fondeurs genevois Guillaume Pocteti
et Nicolas Baley. Sur son vase, on observe un exceptionnel décor fait de saints placés sous des dais
gothiques (Pierre, Paul, André, etc…) ainsi qu’un texte qui évoque des soldats de la légion thébaine (Eraclius,
Aquilinus, Alexander, Valérianus, etc…). L’église Saint-Jean ayant été détruite après la Réforme, c’est assez
naturellement que sa cloche a été rapatriée dans le courant du XVIe siècle dans le beffroi du temple. Celui-ci
est détruit en 1795 à cause de problèmes statiques. La cloche de 1518 est alors déplacée dans la tour de
l’horloge toute proche, pour faire son retour en 1936 dans le nouveau clocher du temple, après 141 ans
d’absence.
Restauration de la cloche de 1518
A force de recevoir les coups de son battant pendant presque 500 ans, la paroi inférieure de la cloche de
1518 s’est bien usée. Suite à une expertise campanaire en 2012, la Commission de construction du temple a
commandé un rapport Pro Bell au Centre de compétence pour les cloches à Kempten, en Allemagne ; cet
examen a confirmé qu’il fallait changer la forme du battant et faire tourner la cloche d’un angle approchant
20°. Ce travail a été réalisé par l’entreprise H. Rüetschi AG d’Aarau en 2014-2015. Aujourd’hui, le son de la
cloche s’est bien amélioré ; son battant frappe dans deux zones saines et l’intensité des coups du battant ont
diminué, ce qui assure à la cloche un prolongement de sa durée de vie.
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Expert campanologue
Fabienne Hoffmann, Chexbres
fabhoffmann@bluewin.ch
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