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Accompagnement et projet Le projet est d`abord une posture*, une

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Accompagnement et projet
Le projet est d’abord une posture*, une façon de se positionner par rapport au monde.
C’est un modèle philosophique qui nous vient de loin, qui privilégie l’anticipation. Le projet c’est ce qui porte à
faire, ce n’est pas le fait de faire mais c’est ce qui nous donne envie de faire avant et pendant. Le projet va
avec une conception de l’homme inscrite d’emblée dans le changement, « être homme c’est être en éternel
devenir » (Sartre).
Le projet comme toute activité nécessite de se connaitre soi-même, autrui et le monde parce qu’au-delà des
tâches à accomplir et des objectifs à atteindre, un projet fait intervenir des personnes. L’élaboration d’un
projet demande de reconnaitre les liens qui nous relient aux autres, à l’Autre, à l’institution, il nécessite le
partage. La pensée par projet rend prioritaire la parole des personnes investies dans l’action, l’interrogation
sur le sens de ce qu’elles font. Il ne s’agit pas seulement de savoir si ce qu’on fait est bien mais plutôt de se
demander « à quoi ça sert ? Quelle distance je mets entre moi et mes gestes professionnels ? Où me mène
cette distance que je mets ? Qu’est-ce que ça veut dire d’être cadre dirigeant ? Qu’est-ce que ça veut dire de
vouloir l’être ? Faire le va et vient entre mes actes et le sens que je peux leur donner.
Le chef d’entreprise n’est pas le chef du projet, il en est le garant. Il ne détient pas la clé du projet, il est là pour
aider à boucler sur ce qui était prévu mais aussi là pour ouvrir sur la compréhension, à la recherche de sens
que les actions entrainent pour lui et son équipe. Le sens est extrinsèque, il renvoi toujours à autre chose
qu’à lui-même. Le mot sens a diverses significations : sensation, significations, direction. Le sens n’est jamais
où l’on est, c’est toujours où l’on va. Il n’est de sens que de l’Autre.
Ainsi, dans un univers desséché par le rendement et la technique, l’accompagnement des personnes – vu
comme un moment privilégié pour soi - est un moyen de réintroduire la question de l’humain, du rêve, de la
poésie et du désir. Le désir est l’unique force motrice (Aristote), le désir est l’essence même de l’homme
(Spinoza), le désir est donc ce qui nous pousse à agir. Le travail engage autre chose que des opérations et des
compétences, il y faut du désir et du plaisir, afin que la personne puisse construire ou convoquer du sens
(Comte Sponville).
L’accompagnement professionnel répond à un besoin latent des cadres et des dirigeants qui, dotés ou non
de formations de haut niveau, ont bien souvent des comportements conformistes en réponse aux injonctions
normées de l’institution. Leur vie intense et affairée, dans une logique de résolution de problèmes, ne leur
permet pas de prendre le temps de la réflexion profonde. Les facultés d’analyse d’une situation et la réactivité
leur donnent l’illusion de maîtrise de leur vie. Se réfugiant inconsciemment dans l’activisme, ils s’empêchent
de méditer au sens à donner à leur existence.
Cela correspond d’ailleurs aux demandes de ces professionnels de savoir prendre de la hauteur, c’est-à-dire
apprendre à se décoller du réel, à se désengluer, à exercer leur regard critique.
Sandra M.R.
* Posture : C’est une occupation de l’espace signifiante dans les interrelations. Elle est au service de la
fabrication d’un sens, de sa communication. C’est signifier les choses.
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