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41ème cérémonie des Césars : Si vous n`étiez pas

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41ème cérémonie des Césars : Si vous n'étiez pas au théâtre du Châtelet,
Vendredi 26 février, se déroulait l'annuelle cérémonie des Césars, qui récompense les meilleures
créations et performances cinématographiques françaises. À ne pas confondre avec le festival de
Cannes qui lui sacre les films internationaux. Les Césars peuvent être comparés aux « British
Academy Film Award », ou encore au prix italien « David di Donatello ».
La soirée a été rythmée par des moments marquants, d’apogées et de félicité pour les vainqueurs.
Mais surtout, des moments d'amour pour un an de cinéma français : comme le discours, de Rod
Paradot, césar du meilleur espoir masculin pour son rôle principal dans le film La tête haute
d'Emmanuelle Bercot, qui a ému toute la salle.
Il faut bien sûr commencer par le sacre du film Fatima, réalisé par Philippe Faucon, vainqueur du
César du meilleur film et qui voit son actrice Zita Hanrot remporter le César du meilleur espoir
féminin. Le film invite à suivre le quotidien en France d'une mère algérienne et ses deux filles.
Quotidien marqué par sa lutte pour donner à ses filles tous les moyens de la réussite scolaire et
d'intégrale sociale, qui lui font défaut et sont responsables de sa précarité et de sa souffrance.
Touchants et justes, tant la réalisation que le jeu des actrices sont une preuve que le cinéma français
trouve toute sa mesure dans des thématiques sociales et proches des gens.
Impossible de ne pas mentionner la consécration tant attendue de Vincent Lindon pour La loi du
marché, réalisé par Stéphane Brizé. Après 5 nominations aux Césars les années précédentes, il
décroche enfin celui du meilleur acteur, pour son rôle d'un père de famille au chômage qui cumule
toutes les contrariétés quotidiennes de sa situation délicate, et qui pourtant conserve son équilibre et
sa moralité. D'un calme et d'une profondeur sincères, son jeu d'acteur est bouleversant.
De même, Catherine Frot, récompensée par le César de la meilleure actrice pour son rôle principal
dans le film Marguerite de Xavier Giannoli, peut se féliciter d'avoir produit une performance
mémorable, à la fois drôle et triste. Son personnage, mélomane, rêve de devenir chanteuse d'opéra,
alors qu'elle chante extrêmement faux, tout son entourage entretien et pousse ce rêve en lui mentant.
Difficile de rester indifférent à son charme et sa naïveté.
On retiendra aussi, le succès de Mustang, film de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze
Ergüven, qui rafle 4 césars (meilleur scénario original, meilleur montage, meilleur musique,
meilleur premier film). Ode à la jeunesse et à la liberté qui se heurte violemment au patriarcat de la
société turque, ce drame malgré sa gravité est auréolé de beauté.
Dans la catégorie, du meilleur film étranger, c'est le film américain Birdman qui s'impose. Réalisé
par le mexicain Alejandro González Iñárritu, le film met en scène l'adaptation cinématographique
de la pièce de théâtre Parlez-moi d'amour, écrite en 1981 par Raymond Carver.
L'année 2016 reconnaît enfin cinématographiquement, l'importance de l'environnement, en
attribuant à Demain, réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, le césar du meilleur documentaire.
Manifeste optimiste sur les solutions apportées aux quatre coins du globe pour faire face à la
situation catastrophique du réchauffement climatique. On peut y voir un remerciement à ce binôme,
qui traite de ce sujet avec espoir, à l'inverse de nombreux documentaires qui prennent un parti plus
alarmiste..
Enfin, vainqueurs obligent, il y a nécessairement des perdants, comme le rappelle avec humour, la
maîtresse de cérémonie, l'humoriste Florence Foresti. Saluons d'ailleurs, son efficacité à avoir su
imposer une nouvelle dimension aux Césars : dynamique, aérée. Une reprise d'un show américain à
la française : moderne et branché, tout en restant modeste et élégant. Un pari réussi avec brio !
Il faut donc rendre hommage, au film de Jacques Audiard, Dheepan. Le récit du combat de trois
réfugiés sri-lankais en France, qui doivent s'intégrer et retrouver une vie normale, c'est ici un
témoignage poignant et palpitant. Palme d'Or à Cannes en 2015, nominé pour 9 césars mais sans
victoire, il est le grand oublié de cette cérémonie.
De même, le drame de Thomas Bidegain, Les Cowboys, nominé quatre fois, ne remporte aucune
récompense, et ce malgré une histoire, des images et des comédiens émouvants.
Enfin, Mon Roi, signée par Maïwenn, sur l'histoire d'amour passionnée et passionnante d'un homme
et d'une femme. Nominé 8 fois, le film repart bredouille ne réalisant pas même le combo prix
cannois-césar, puisqu'Emmanuelle Bercot avait remporté le prix d'interprétation féminine à Cannes.
Un peu vite effacée par la cérémonie des Oscars, qui s'est déroulée une semaine après, celle des
Césars mérite que l'on s'y arrête un instant, notamment pour la justesse et la sincérité de tous les
primés de cette année. Enfin, bonne nouvelle : suite aux récompenses, certains des films sont remis
en salle, c'est le moment d'y aller pour vivre ou revivre ces vrais moment de cinéma !
Élève en troisième année du double cursus Sciences Politiques – Littérature à l’Université
SciencesPo Paris et Paris Sorbonne IV, actuellement en erasmus à Bologna, Andréanne Béguin
aime la littérature, les arts et le cinéma. Celle que vous venez de lire est sa première collaboration
avec Altrementiblog
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