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Article au format pdf - La revue française de la recherche en viandes

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 La revue scientifique Viandes & Produits Carnés Référence de l’article : VPC‐2016‐32‐2‐3 Date de publication : 18 mars 2016 www.viandesetproduitscarnes.com Effets de la race bovine sur les performances de finition, les caractéristiques de la carcasse et les résultats
économiques obtenus chez des taurillons avec le système de production de viande bovine en Chine
Mots-clés : Production de viande bovine, Croissance, Rendement économique
Auteur : Xiangxue Xie1, Qingxiang Meng1, Liping Ren1*, Fenghua Shi1, Bo Zhou1, Yunlong Huo1
1 Faculté
de Science et de Technologie d’Animal, Université d’Agriculture de Chine, Yuanmingyuan Xilu 2, Pékin 100193, Chine
* E-mail de l’auteur correspondant : renlp@cau.edu.cn
Cette étude initialement parue dans « Italian Journal of Animal Science 2012 ; volume 11:e58 » souligne
l’intérêt des races françaises pour développer la production de viande bovine en Chine par rapport aux races
chinoises locales.
Résumé :
Cette étude a comparé les performances de finition, les caractéristiques de la carcasse et les résultats économiques de taurillons issus de deux
races bovines françaises importées en Chine et de trois races bovines locales abattues à l’âge de 18,5 mois dans le cadre du système de production
typique de viande bovine chinois. Tous les taurillons (n=71) ont été élevés dans le même système de production et ont ingéré la même ration de
finition pendant 105 jours. Huit taurillons de chaque race ont été choisis de façon aléatoire pour l'abattage. En comparaison avec les trois races
locales, les deux races importées ont présenté un gain moyen quotidien plus élevé, une ingestion de matière sèche plus importante et une efficacité
alimentaire supérieure. En ce qui concerne les caractéristiques de carcasse, les deux races importées ont présenté (P < 0.001) un poids de carcasse,
une masse osseuse, un poids net de la viande, et une surface de la noix de côte plus élevés par rapport aux races locales chinoises. Cependant,
les races locales ont obtenu des scores de persillé plus élevés (P < 0.01) que les races importées. Les races importées ont permis de dégager des
bénéfices économiques supérieurs (P < 0.001) par rapport aux races locales chinoises. En conclusion, les taurillons issus des races bovines
importées ont de meilleures performances de croissance, des caractéristiques de carcasse plus favorables et des bénéfices économiques plus
élevés que ceux des races locales à l’âge de 18,5 mois dans les conditions d’élevage et d'alimentation typiques chinoises, alors que les races
locales peuvent avoir un certain avantage au regard de la qualité de la viande dans cette étude.
Abstract: Effect of breed on finishing performances, carcass characteristics and economic benefits of young bulls under typical beef
production system in China
This study compared the finishing performance carcass characteristics and economic benefits of two imported (Limousin and Simmental)
and three local (Luxi, Jinnan and Qinchuan) cattle breeds slaughtered at 18.5 months of age under the typical Chinese beef production system.
All cattle (n=71) were reared under the same production system and fed the same finishing diet for 105 days. Eight bulls from each breed were
randomly selected for slaughtering. The two imported breeds had higher average daily gain, higher dry matter intake and higher feed efficiency
compared with the three local breeds. Regarding carcass characteristics, the two imported breeds had higher carcass weight, bone weight, net
meat weight, and ribeye area (P < 0.001). However, the local breeds had higher (P < 0.01) marbling scores than the imported breeds. The
imported breeds showed higher economic benefits (P < 0.001) than the local breeds. In conclusion, the imported cattle breeds had better growth
performance, carcass traits and economic benefits compared with the local cattle breeds at 18.5 months of age under the typical Chinese feeding
conditions whereas, in this study, the local breeds may have some advantage in terms of meat quality.
Viandes & Produits Carnés – Mars 2016
1
INTRODUCTION
En Chine, il y a environ soixante-neuf races bovines
locales, les quatre plus importantes étant les races Luxi,
Qinchuan, Jinnan, et Fuzhou (Zheng et al., 1986). Avant
1980, bien qu'il y ait une population importante de bovins, ils
étaient principalement utilisés pour labourer les champs, et les
animaux les plus âgés seulement étaient abattus pour leur
viande (Zhou et al., 2001). Avec le développement
économique durant les 30 dernières années, la consommation
de viande bovine a augmenté rapidement en Chine (Huang et
al., 2013). Toutefois, les races locales, qui viennent des
agriculteurs et des détaillants, ne peuvent pas satisfaire la
demande de viande à cause de leurs faibles performances de
croissance et de rendement d’abattage. Depuis les années
1970, la Chine a importé des races bovines fortes
productrices, comme par exemple deux races européennes
(Limousin et Simmental). En Chine, ces deux races de bovins
importées sont considérées presque comme des races pures en
raison de plus de cinq générations de classement et de
croisements. Il est bien connu que les deux races bovines
européennes ont généralement d'excellentes performances de
croissance et de production de viande dans des conditions
d'alimentation intensives (Chambaz et al., 2003; Cuvelier et
al., 2006; Vieira et al., 2007).
Toutefois, en raison du prix élevé des concentrés, les
agriculteurs, en particulier ceux qui ont des petites
exploitations familiales, élèvent typiquement des bovins dans
un système de production de viande bovine avec un niveau
d’alimentation modéré et les abattent à un âge similaire quelle
que soit leur race. Néanmoins, peu d'informations sont à notre
disposition sur la comparaison des performances de
croissance et des caractéristiques de carcasse entre les deux
races européennes et les races locales au même âge dans le
cadre du système d'alimentation typique chinois. Il est
toutefois connu que la race influence les performances de
croissance et les caractéristiques de carcasse (Cozzi et al.,
2009; Nancy et Nelson, 2009) . Ainsi, les élevages avec
différentes races peuvent générer des résultats économiques
différents. Cependant, il y a également peu d’études
disponibles comparant les résultats économiques entre les
élevages utilisant les races bovines locales ou les races
importées à partir des mêmes ressources alimentaires
typiques de l’élevage chinois. L'objectif de la présente étude
était de comparer les performances de finition, les
caractéristiques de carcasse et les résultats économiques
obtenus lors de la production de taurillons issus
respectivement de deux races européennes et les trois races
locales abattues au même âge dans des conditions typiques
d'alimentation chinoises.
I. MATERIELS ET METHODES
I.1. Animaux et conditions d’élevage
Des veaux mâles de différentes races [Limousin (LIM),
Simmental (SIM), Qinchuan (QC), Luxi (LX) et Jinnan (JN)],
nés autour de Décembre 2007, ont été choisis à raison de 15,
15, 15, 13 et 13 animaux de chaque race, respectivement.
Tous les veaux ont été élevés dans les fermes d’un village
ayant des pratiques d’élevage typiques de la province du
Liaoning au nord de la Chine. Ces animaux ont été sevrés à
l'âge d’environ six mois puis nourris avec des régimes
alimentaires disponibles localement composés d'ensilage de
tige de maïs, de paille de soja, de drèches de brasserie séchées
et une petite quantité de concentré une fois les animaux sevrés
à l'âge d’environ six mois. En raison de leurs origines
génétiques différentes, les poids vifs des veaux, à l'âge de six
mois, variaient entre 105 et 172 kg. Les animaux ont ensuite
été transférés au centre de recherche sur les bovins à viande
de l’Université d’Agriculture de Chine, au district de Daxing
(Pékin) où ils ont reçu ad libitum le même régime alimentaire
précédent riche en cannes de maïs, paille de soja et sousproduits pendant environ neuf mois. Avant la fin de l'étude,
les poids vifs des taurillons, à 15 mois, étaient compris entre
236 et 388 kg. A cet âge, les animaux ont été répartis en cinq
groupes, selon la race, et ont reçu une ration de finition
chinoise modérément typique pendant 117 jours au total, dont
12 jours pour l'adaptation et 105 jours pour l'enregistrement
des données. Tous les taurillons étaient individuellement
entravés dans des stalles et ont eu libre accès à la même ration
comportant une plus forte proportion que précédemment
d’aliments concentrés mélangés aux fourrages locaux
(ensilage de cannes de maïs et paille de soja). Toutes les
procédures ont été réalisées avec l'approbation du comité
d’éthique de la faculté des sciences animales de l’Université
d’Agriculture de Chine.
I.2. Morphologie corporelle et performances de croissance
La longueur et la hauteur du corps, la hauteur de hanche,
le tour de poitrine et le tour de canon ont été mesurés selon
Zhou et al. (2008). L'ingestion de matière sèche (IMS) a été
calculée individuellement en déterminant la différence entre
la quantité de nourriture offerte et refusée par jour. Le poids
corporel a été mesuré avant le repas du matin sur deux jours
consécutifs au début et le dernier jour de l’étude. Le gain
moyen quotidien (GMQ) a été calculé en déterminant la
différence entre le premier et le dernier poids vif divisée par
le nombre de jours de croissance. L'efficacité alimentaire
(gain : aliment) a été calculée par le rapport individuel du
GMQ/IMS.
I.3. Caractéristiques d'abattage
Huit taurillons de chaque race ont été choisis au hasard
pour être abattus à l'âge de 18,5 mois. Le jour avant l'abattage,
les animaux ont été pesés et laissés pendant la nuit à l'abattoir
sans aliments mais avec un point d’eau. L’abattage a été
réalisé en une seule journée en suivant les procédures
commerciales habituelles à l’abattoir expérimental de
l'Université d’Agriculture de Chine à Daxing (Pékin). Le
poids de carcasse chaude a été enregistré individuellement
pour calculer le rendement d’abattage. Le poids de carcasse
froide a été déterminé après 24h à 1-4 . Le muscle long
dorsal de la demi-carcasse gauche a été coupé entre la 12ème
et 13ème côte pour déterminer l'épaisseur de gras dorsal et la
surface de la noix de côte. L’épaisseur du gras dorsal a été
mesurée au niveau de l’entrecôte. Le persillé a été noté entre
Viandes & Produits Carnés – Mars 2016
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Classe de rendement :
 score A (index de rendement ≥67.50)
 score B (62.00≤index de rendement < 67.50)
 score C (index de rendement < 62.00)
1 (faible) et 5 (abondant) selon la grille utilisée en Chine.
L’index et la classe de rendement ont été calculés en utilisant
les équations de Panjono et al. (2009).
Index de rendement = 64.184 − [0.625 × épaisseur de gras
dorsal (mm)] + [0.130 × surface de la noix de côte (cm2)] −
[0.024 × poids de carcasse (kg)] + 3.23
I.4. Rendement économique
La valeur du rendement économique (exprimée par le
rapport des recettes et des dépenses) a été calculée en prenant
en compte le coût de l'alimentation, le poids des animaux et
leur prix de vente au kilo et les performances de croissance
réelle comme suit :
Rendement économique = (GMQ×PMPC)/(IMS×PMA)
où GMQ est le gain moyen quotidien (kg / tête), PMPC
est le prix moyen du marché du kilo de poids vif (Euro / kg),
IMS est l’ingestion de matière sèche par jour (kg / tête / jour),
et PMA est le coût du kilo d’aliments (Dong et al., 2006).
I.5. Analyse statistique
Les effets de la race sur les caractéristiques
morphologiques, les performances de croissance, les
caractéristiques de carcasse et le rendement économique ont
été déterminés par analyse de variance à un facteur en utilisant
les procédures des Modèles Linéaires Généralisés (GLM) de
SAS. (SAS, 2000). Les comparaisons entre moyennes ont été
réalisées en utilisant l’option PDIFF de SAS ou le test t de
student (SAS, 2000).
II. RESULTATS
II.1. Morphologie corporelle et performances de croissance
Les races importées ont des mensurations plus
importantes que celles des races locales (P < 0.001). Entre les
races importées, la race LIM présente des valeurs plus élevées
que celles de la race SIM (P < 0.05), tandis que les trois races
locales présentaient les mêmes caractéristiques à l’exception
de la longueur et de la longueur droite du corps (avec des
valeurs plus faibles pour la race LX) (Tableau 1).
Tableau 1 : Effet de la race sur les mensurations des taurillons
Races Importées Locales Contraste, valeur P LIM SIM LX JN QC SEM P Importé vs locale 15 15 13 13 15 ‐ ‐ ‐ Longueur du corps, cm 152a 142b 130d 137c 134cd 1.727 < 0.001 < 0.001 Longueur droite du corps ,cm 137a 129b 112d 120c 117cd 1.615 < 0.001 < 0.001 Hauteur d’épaule, cm 131a 124b 117c 119c 118c 1.136 < 0.001 < 0.001 Hauteur de la hanche, cm 139a 129b 119c 121c 119c 1.257 < 0.001 < 0.001 Tour de poitrine, cm 195a 179b 168c 172c 171c 2.027 < 0.001 < 0.001 Tour de Cannon, cm 21a 19b 17c 17c 17c 0.287 < 0.001 < 0.001 Nombre de taurillons a‐d signifie que dans une même ligne, des moyennes avec des exposants différents sont significativement différentes (P < 0,05). Races importées : LIM, Limousin ; SIM, Simmental. Races locales : LX, Luxi ; JN, Jinnan ; QC, Qinchuan. Des différences très significatives ont été observées entre
les races importées et les races locales concernant le poids vif,
le GMQ, l’IMS et l'efficacité alimentaire (EA) (P < 0.001)
(Table 2). Au sein des races importées, la race LIM présente
des valeurs supérieures de poids vif, de GMQ, d’IMS et de
EA par rapport à la race SIM. Pour les performances de
croissance, il n'y a pas de différence significative entre les
races locales. Il était intéressant de noter que les bovins LM
ont des valeurs beaucoup plus faibles (P < 0,001) d’IMS,
exprimée en pourcentage du poids du corps, que les quatre
autres races de bovins.
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Tableau 2 : Effet de la race sur les performances de croissance et l’efficacité alimentaire des taurillons
Races Importées Locales Contraste, valeur P LIM SIM LX JN QC SEM P Importé vs locale 15 15 13 13 15 ‐ ‐ ‐ Poids vif initial (kg) 398a 298b 245c 251c 256c 11.87 < 0.001 <0.001 Poids vif final (kg) 555a 422b 330c 339c 334c 12.56 < 0.001 <0.001 Gain moyen quotidien (kg) 1.50a 1.20b 0.82c 0.82c 0.78c 0.050 < 0.001 <0.001 Ingestion de matière sèche (kg/j) 8.47a 7.51b 6.12c 6.30c 6.02c 0.137 < 0.001 <0.001 b 2.11a 2.08a 2.14a 2.07a Nombre de taurillons 0.065 0.005 0.0056 Ingestion de matière sèche (% 1.82
poids vif) Efficacité alimentaire (gain moyen 0.177a 0.159b 0.136c 0.131c 0.130c 0.007 < 0.001 0.007 quotidien / ingestion de matière sèche) a‐d signifie que dans une même ligne, des moyennes avec des exposants différents sont significativement différentes (P < 0,05). Races importées : LIM, Limousin ; SIM, Simmental. Races locales : LX, Luxi ; JN, Jinnan ; QC, Qinchuan. II.2. Caractéristiques de carcasse
Les données concernant les caractéristiques des carcasses
sont présentées dans le Tableau 3. Les deux races importées
ont des poids de carcasse beaucoup plus élevés (P < 0,001)
que les trois races locales. En outre, la race LIM a le
rendement d’abattage le plus élevé (P < 0,001). Bien que les
deux races importées aient des poids d’os et de viande plus
importants que ceux des races locales (P < 0,001), il n'y avait
pas de différence en pourcentage (Poids d’os en proportion du
poids de carcasse chaude et poids net de viande par rapport au
poids d’os) entre les races importées et les races locales. La
race LX a la plus faible épaisseur de gras dorsal entre toutes
les races sans différence significative entre les autres races.
Les races locales ont une surface de la noix de côte et un index
de rendement plus faibles par rapport aux races importées
mais un index de persillé plus élevés (Tableau 3).
Tableau 3 : Effet de la race sur les caractéristiques des carcasses des taurillons
Races Importées Locales Contraste, valeur P LIM SIM LX JN QC SEM P Importé vs locale Nombre de taurillons 8 8 8 8 8 ‐ ‐ ‐ Poids d'abattage, kg 559a 461b 333c 350c 342c 13.745 < 0.001 < 0.001 a 262b 185c 197c 190c 8.624 < 0.001 < 0.001 Rendement d’abattage chaud,% 59.0
a 56.7b 55.5b 56.1b 55.5b 0.572 < 0.001 0.001 Poids de carcasse froide, kg 327a 257b 181c 194c 187c 8.501 < 0.001 < 0.001 Rendement d’abattage froid, % 58.5a 55.7b 54.2b 55.4b 54.6b 0.598 < 0.001 0.001 Poids des os, kg 41a 32b
22c
22c
23c
1.206 < 0.001 < 0.001 Pourcentage d'os, % 12.7 12.5 11.9 11.6 12.3 0.437 0.455 0.122 Poids net de viande*, kg 285a 225b
159c
171c
164c
7.883 < 0.001 < 0.001 Poids net de viande / Poids des os 6.98 Poids de carcasse chaude, kg 330
7.04 7.54 7.70 7.14 0.315 0.406 0.123 Épaisseur de gras dorsal, mm ab 2.88
2.63ab
1.69b
3.75a
2.94ab
0.433 0.023 0.925 Score de persillé # 1.50b 1.63ab
2.19ab
2.25a
2.13ab
0.242 0.078 0.004 101.96a 72.88b
57.52c
60.64c
56.72c
3.953 < 0.001 < 0.001 Index de rendement 71.03a 69.07b 69.50ab 68.30b 68.47b 0.624 0.029 0.037 Classe de rendement 3.00a 2.81a
2.88a
2.25b
2.75a
0.118 < 0.001 0.096 Surface de la noix de côte, cm
2 a‐d signifie que dans une même ligne, des moyennes avec des exposants différents sont significativement différentes (P <0,05). Races importées : LIM, Limousin ; SIM, Simmental. Races locales : LX, Luxi ; JN, Jinnan ; QC, Qinchuan. * estimé à partir de la somme des morceaux de gras et de muscles : de valeur élevée, moyenne ou faible, exprimés en pourcentage du poids de carcasse. #Score persillé de 1 à 5 (1 : le plus faible ; 5 : le plus élevé) Viandes & Produits Carnés – Mars 2016
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II.3. Caractéristiques économiques
Le coût de l'alimentation quotidienne des différentes
races, le gain de poids vif et les données économiques sont
présentés dans le Tableau 4. Les recettes ainsi que le
rendement économique global avec les races importées (en
particulier avec la race LIM) sont significativement plus
élevés que celles des races locales (P < 0,001). Globalement,
le coût d’un kilo de gain est de 1,16 euros pour la race LIM,
1,30 euros pour la race SIM mais 1,50, 1,61 et 1,60 euros pour
les races LX, JN et QC, respectivement (Tableau 4).
Tableau 4 : Effet de la race sur les caractéristiques économiques des taurillons
Races Importées Prix moyen des aliments (PMA), Euro / kg MS Ingestion d'aliments, kg/ animal à 105 jours Coût de l'alimentation quotidienne (CAQ), Euro / jours Coût par kg de gain, Euro / kg Prix du marché (PM), Euro / kg de poids vif Gain moyen quotidien (GMQ), kg / animal à 105 jours Recettes*, Euro / animal / jour Locales Contraste, valeur P LIM SIM LX JN QC SEM P Importé vs locale 0.20 0.20 0.20 0.20 0.20 ‐ ‐ ‐ 907a 788b 634c 662c 632c 14.78 < 0.001 < 0.001 1.74a 1.51b 1.22c 1.27c 1.22c 0.028 < 0.001 < 0.001 1.16b 1.30b 1.50a 1.61a 1.60a 0.067 < 0.001 < 0.001 2.13 2.13 2.25 2.25 2.25 ‐ ‐ 162a 124b 85c 79c 86c 5.250 < 0.001 < 0.001 1.45a 1.02b 0.63c 0.58c 0.58c 0.092 < 0.001 < 0.001 Rendement économique, 1.89a 1.68b
1.52bc
1.46c
1.48bc
0.075 < 0.001 0.004 recettes/dépenses # a,b,c signifie que dans une même ligne, des moyennes exposants différents sont significativement différentes (P < 0,05). Races importées : LIM, Limousin ; SIM, Simmental. Races locales : LX, Luxi ; JN, Jinnan ; QC, Qinchuan. *Recettes = PM × GMQ ‐ CAQ, où PM est le prix du marché du kg de poids vif, GMQ est le gain moyen quotidien, CAQ est le coût de l'alimentation quotidienne. # Rendement économique = (GMQ×PM) / (IMS×PMA) où GMQ est le gain moyen quotidien, PM est le prix du marché du kg de poids vif, IMS est l’ingestion de matière sèche (kg / animal / jour), et PMA est le prix moyen des aliments. III. DISCUSSION
Cette étude se situe dans le contexte des difficultés
auxquelles doit faire face la production de viande bovine
chinoise, parmi lesquelles, une longue tradition de sélection
des bovins pour la traction animale, un niveau de
connaissances techniques insuffisant des éleveurs qui
disposent que de ressources fourragères peu digestibles, et
une trop lente amélioration génétique des différentes races
bovines (Meng et al., 2015).
Dans le cadre de cette expérimentation avec une conduite
alimentaire spécifique du système de production de viande
bovine Chinois, les taurillons de race Limousine tirent leur
« épingle du jeu » par rapport aux races locales. Leurs atouts
(efficacité alimentaire élevée, fort potentiel de croissance
musculaire et rendement en muscle élevé à l’abattage)
associés à une probable croissance compensatrice en finition
favorisant le persillé ont permis d’être économiquement plus
rentables que les races locales. Ces bons résultats ont été
obtenus malgré d’une part, un marché chinois de la viande
favorisant les viandes persillées, et d’autre part un faible
niveau alimentaire durant les 15 premiers mois de leur vie qui
ne permettait pas aux taurillons limousins d’exprimer au
maximum leur potentiel de croissance musculaire. Il serait
toutefois intéressant de préciser si le mode de conduite et
d’alimentation adopté pour toutes ces races est effectivement
le plus adéquat dans les conditions du marché chinois comme
le laisse supposer les résultats obtenus avec l’échantillon de
taurillons Simmental qui se sont révélés, comme le soulignent
les auteurs, anormalement faibles.
III.1. Effet de la race sur les caractéristiques morphologiques et de croissance
Avant l’étude, tous les taurillons ont été élevés dans des
conditions d'alimentation similaires et nourris avec les mêmes
aliments traditionnels pendant plus de 15 mois. Comme les
races étudiées ont un potentiel génétique différent pour la
croissance, le poids corporel initial pour les deux races
importées était plus élevé que pour les trois races locales.
L’aspect visuel de la musculature et les scores squelettiques
sont utilisés comme critères de prédiction précoce pour la
caractérisation des races, surtout chez les animaux retenus
pour les programmes de sélection génétique (Drennan et al.,
2008). Comme dans une étude précédente concernant
plusieurs races bovines européennes (Albertí et al., 2008), des
différences significatives ont été observées concernant les
mesures morphologiques à 18,5 mois entre les races
importées et les races locales chinoises, ce qui confirme la
grande variabilité phénotypique entre les races bovines.
Cependant, aucune différence n'a été observée entre les races
locales. Selon la méthode proposée par Albertí et al. (2008)
sur la base de la taille et des caractéristiques de carcasse, les
races LIM, SIM et les trois races locales de la présente étude
pourraient être classées comme spécialisées (LIM),
intermédiaires (SIM) et locales (pour les races chinoises). Les
races importées ont une plus grande taille que les races
locales, en accord avec les résultats de Hua et al. (2008).
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Chez les races bovines, le poids vif est en grande partie le
résultat de la taille du corps à maturité, du type biologique, et
de la vitesse de croissance (Chambaz et al., 2003 ; Albertí et
al., 2005). Dans cette étude, un même régime alimentaire
avec un niveau modéré a été utilisé pour toutes les races. Le
poids à l’abattage des races LIM et SIM plus élevé que celui
des races locales est associé à des différences de taille entre
races. En outre, dans la présente étude, le GMQ des taurillons
Limousin est similaire à celui observé par Albertí et al. (2008)
mais supérieur à celui rapporté par Hoving-Bolink et al.
(1999) à un âge similaire. Ces résultats indiquent que
d’excellentes performances de croissance peuvent être
obtenues pour des bovins LIM dans des conditions typiques
d'élevage et d’alimentation des animaux en Chine. Toutefois,
le GMQ et le poids d'abattage des bovins SIM dans cette étude
sont inférieurs à ceux des bovins LIM, ce qui est en
contradiction avec certaines études précédentes (Chambaz et
al., 2003 ; Clarke et al., 2009). Par ailleurs, par rapport aux
données de GMQ de Hoving-Bolink et al. (1999), avec un
système d'alimentation intensive, le GMQ des animaux de
race SIM dans la présente étude était faible. Par conséquent,
il peut être suggéré que le système chinois typique de
production de viande, avec un niveau d’alimentation modéré
et un même âge d'abattage n’est pas le meilleur choix pour
obtenir des résultats optimaux pour la race SIM. Les
conditions d'élevage typiques en Chine sont probablement
mieux adaptées à la race LIM qu’à la race SIM.
III.2. Effet de la race sur les caractéristiques de carcasse
Des différences entre races de la vitesse de croissance
peuvent affecter le poids de carcasse (Vieira et al., 2007). Les
poids de carcasse inférieurs des trois races locales dans cette
étude sont certainement dus à des potentiels de croissance
génétique différents entre races. La race LIM a un rendement
d’abattage relativement élevé, ce qui s'explique par son faible
pourcentage de graisse viscérale et un poids plus faible des
éléments du cinquième quartier (tube digestif, organes
viscéraux, peau, pieds et tête) (Vieira et al., 2007). Le
rendement d’abattage supérieur de la race LIM a également
été observé par Chambaz et al. (2003) et Sañudo et al. (2004).
Cependant, il n'y avait pas de différence de rendement
d’abattage des SIM par rapport aux races bovines locales, ce
qui peut s’expliquer par des poids des éléments du cinquième
quartier supérieurs (Simões et al., 2005). Dans la présente
étude, il n'y avait pas de différence significative du
pourcentage d’os parmi entre les cinq races étudiées, malgré
le poids des os plus élevé observé dans les races importées.
Le pourcentage d'os des deux races importées était légèrement
inférieur à la valeur observée par Nancy et Nelson (2009), ce
qui peut être dû aux différents systèmes d'alimentation entre
les deux études.
Un haut score de persillé est généralement associé à une
qualité de viande supérieure et est un facteur décisif dans le
prix du marché de la viande bovine en Chine. Dans la présente
étude, les races locales ont un score de persillé légèrement
plus élevé, ce qui signifie qu’en Chine, le prix de la viande
bovine issue de races locales est plus élevé. Les scores
d’épaisseur de gras dorsal et de persillé des carcasses des
taurillons LIM et SIM sont similaires à ceux observés par
Sami et al. (2004), Clarke et al. (2009) et Nancy et Nelson
(2009) à un âge de l'abattage similaire, mais significativement
plus faible que celui rapporté par Chambaz et al. (2003).
Panjono et al. (2009) ont observé que l'épaisseur de gras
dorsal et le score de persillé des bœufs étaient
significativement plus élevés que ceux des taurillons. Ainsi,
les valeurs inférieures de ces deux caractéristiques dans la
présente étude peuvent être attribuées à l’utilisation
d’animaux non castrés. Comme dans les études précédentes
(Chambaz et al, 2003; Panjono et al, 2009), la surface de la
noix de côte du muscle long dorsal est la plus élevée pour la
race LIM. Ceci est important car l’entrecôte est considérée
comme un excellent morceau et est parmi les plus chers dans
les restaurants et les marchés spécialisés. De plus, une valeur
élevée de ce critère pour les races LIM et SIM élevées dans le
système typique chinois de production de viande est utile pour
réduire la dépendance envers les produits de viande importés.
L’index et la classe de rendement dépendent des
caractéristiques de la carcasse en termes de taille et
muscularité appréciés par la surface de la noix de côte,
l’épaisseur de gras dorsal et le poids de carcasse (Kim et Lee,
2003). Bien que les deux races importées aient une surface de
noix de côte plus élevée, il n'y avait pas différence
significative de l’index de rendement entre la race SIM et les
trois races locales, ce qui peut s’expliquer par une épaisseur
de gras dorsal et un poids de carcasse plus élevés pour la race
LIM.
III.3. Effet de la race sur le rendement économique
Dans la présente étude, en raison du niveau alimentaire
relativement faible, le coût alimentaire était seulement de 0,20
euros par kg de MS. Les conditions typiques d'alimentation
chinoises, avec un prix bas des aliments, expliquent au moins
en partie ce faible coût de l’alimentation. En outre, Cruz et al.
(2010) ont observé que le rapport entre gain et alimentation
(Gain / Alimentation) uniquement ou l’association IMS et
GMQ pourraient expliquer 98,5% des différences dans le coût
du gain de poids corporel. Ainsi, dans les conditions
d'alimentation de cette étude, l'obtention d'une meilleure
efficacité de gain des races importées permet de réduire la
consommation d'aliments et par conséquent de réduire les
coûts d'alimentation. Le prix du marché de la viande issue des
races locales est plus élevé que pour les races importées en
raison de leur score de persillé plus élevé associé à une saveur
de la viande potentiellement plus importante. En effet, le prix
est d'environ 2,25 euros par kg de poids vif pour les races
locales et 2,13 euro par kg de poids vif pour les races
importées. Même si les races importées ont un prix de marché
inférieurs, les deux races présentent des profits et des
rendements économiques plus élevés que les trois races
bovines locales en raison de leur meilleure efficacité
alimentaire. Li (2009) a également obtenu un bénéfice
économique plus élevé avec des bovins Simmental au lieu de
bovins Jingyuan dans les mêmes conditions d’élevage.
Compte tenu de cela, l'élevage des races importées pour la
production de bovins devrait être étendu en Chine et plus
largement accepté autant par les petites fermes familiales que
par les élevages chinois de grande taille.
Viandes & Produits Carnés – Mars 2016
6
CONCLUSIONS
Les deux races européennes de bovins, Limousin et
Simmental, ont de meilleures performances de croissance,
une plus grande efficacité de gain, un poids de carcasse plus
élevé, ainsi qu’un poids net de viande, une surface de la noix
de côte et un rendement économique supérieur
comparativement aux races locales au même âge dans des
conditions d’élevage typiques en Chine. En outre, les
conditions d'alimentation modérées étaient adaptées à la race
LIM, mais n'étaient pas le meilleur choix pour atteindre une
performance optimale de croissance par la race SIM en Chine.
Par ailleurs, les races locales avaient un score de persillé
légèrement plus élevé, ce qui est l'indice le plus important
pour la qualité de la viande en Chine. Les races importées ont
des caractéristiques morphologiques et de carcasse
supérieures et des rendements économiques plus élevés, ce
qui devrait encourager les agriculteurs à élever des bovins de
races importées.
D’une façon générale, cette étude souligne l’intérêt des
races françaises, par rapport aux races locales chinoises, pour
accroitre l’efficacité de la production de viande dans le
contexte traditionnel chinois. Cette supériorité des races
françaises pourrait être accrue en cessant d’abattre les
animaux au même âge, mais en définissant pour chacune de
ces races le poids optimum d’abattage et la forme de courbe
de croissance les plus adaptés pour les taurillons afin
d’atteindre un niveau de finition correspondant au marché
chinois tout en optimisant le rendement économique. Il y a
déjà près de 40 ans que des chercheurs de l’INRA ont mis en
évidence l’existence d’une interaction génotype x niveau
d’alimentation dans l’utilisation de l’énergie ingérée qui a
conduit à préciser, dès 1978, dans le système nutritionnel
français, les apports alimentaires à fournir aux taurillons en
croissance et à l’engrais selon le poids et le niveau de
croissance recherché pour satisfaire le marché.
Remerciements :
Cette étude a été soutenue financièrement par le « China National Supporting Project » (n. 2006BAD12B02) et « Earmarked
Fund for Modern Agro-Industry Technology ResearchSystem (Beef Cattle and Yaks, CARS-38) ». Les auteurs remercient
également Xiaodong Li et Liu Wanxiang pour leurs soins de qualité apportés aux animaux, le personnel du centre bovin sur la
viande pour leur aide dans l'évaluation de la qualité de la viande.
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