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a copie sur Nonobs d`une discussion

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Propos potentiellement racistes
Racisme(s), islamophobie, antisémitisme...
C'est la discussion d'un article du "plus"
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1502924-islam-voile-et-mode-islamique-les-6-erreurs-graves-delisabeth-badinter.html?cm_mmc=EMV-_-LEPLUS-_-20160408_NLLEPLUS-_-islam-voile-et-modeislamique-les-6-erreurs-graves-d-elisabeth-badinter#xtor=EPR-8-[LePlusHebdo]-20160408
qui m'a amené à revenir sur des points que j'ai déjà développés d'une part ici même, de l'autre en
commentaires sur d'autres blogs, notamment sur le blog "allezjacteralest" de Marc et Leperse.
Je conteste d'une part une critique qui me semble infondée du discours d'Elizabeth Badinter, mais surtout je
conteste la mise au même niveau de l'islamophobie et de l'antisémitisme.
Que T. Guénolé discute, voire conteste, l'analyse et les arguments d'Elizabeth Badinter est
légitime. Qu'il appelle "erreurs graves" des points de désaccord qu'il définit lui-même est
beaucoup plus gênant, voire confine au jugement de valeur.
-1- Invoquer le Coran, du moins deux versets de deux sourates (on sait à quel point, dans le
contexte même du Prophète, l'écrit révélé comporte des versets contradictoires), n'exonère
pas ce fondement (qui se veut) "religieux" de la tare générale de nos monothéismes
abrahamiques consistant à soumettre la femme à l'homme, à voir avant tout dans le regard
porté par l'homme sur la femme un regard concupiscent... Alors, "le voile" est bien à la fois
un symbole de cette aliénation et une prison morale autant que textile.
Qu'il soit revendiqué à titre identitaire ne fait que démontrer l'emprise de cette interprétation.
-2- Monsieur Guénolé écrit "L’invocation du principe républicain de laïcité pour fustiger le
port du voile musulman constitue donc une erreur." Or, sans même argumenter sur les textes
(1905 évidemment, 2004), dès lors qu'il a invoqué le Coran, dès lors qu'il a appuyé sa
première dénégation sur une prescription considérée comme fondamentale puisque tirée du
"livre saint", il a pris le parti du religieux auquel nous sommes fondés à opposer notre
neutralité laïque, un "vivre ensemble" sans arrière-pensée puisque fondé sur la laïcité.
-3- On peut faire de la sémantique et se contorsionner pour expliquer l'usage du mot
"islamophobie". Il ne s'agit -du moins étymologiquement- non de haine mais de peur de
l'autre, cet autre se réclamant de l'islam, du moins d'une culture et d'éventuelles pratiques
religieuses que nous généralisons sous le vocable d'islam (en réalité, pour un musulman : la
soumission à Dieu). Le discours violemment xénophobe de certains mouvements politiques,
en particulier tourné vers l'immigration maghrébine, voire sahélienne et/ou moyen-orientale
(et indécemment dévié sur les réfugiés, eux-mêmes victimes bien souvent de régimes
islamiques ou de groupes armés islamistes), et la menace de l'islamisme armé et pratiquant
dans nos pays assassinats et attentats ont conduit à ce qu'islamophobie soit connoté haine du
musulman au lieu de peur, de crainte plus ou moins diffuse.
Et cela est habilement retourné de telle façon que toute critique, toute discussion critique,
toute interrogation, tout refus du corpus inégalitaire inhérent aux textes invoqués (on revient
à E. Badinter...), toute injonction à la pratique de la neutralité laïque dans l'espace public est
taxée de discours islamophobe, fait de celles et ceux qui en débattent des islamophobes.
Il y a bien "diabolisation"...
-4- Comparer, du moins mettre sur le même plan islamophobie et antisémitisme est une
forfaiture.
Au départ, l'islamophobie comme bien d'autres xénophobies (y compris à connotation
coloniale) procède, que ce soit délibéré ou inconscient, d'une réaction à caractère "raciste".
Rejet (y compris violent et meurtrier), mépris et avilissement, ségrégation, stigmatisation...
en sont les manifestations comme pour tout "racisme". Selon l'historien Georges Bensoussan
(remonter à Édouard Drumont en fin de XIXème siècle pour mieux comprendre, et au
discours ensuite des "anti-dreyfusards"), l'antisémitisme, quant à lui, relève d'une
problématique démonologique : agents du mal, vecteurs d'un complot mondial, le juifs ne
sont pas à dominer mais à exterminer. Le racisme est ségrégationniste, l'antisémitisme est
génocidaire. Le racisme prend des visages différents selon les régions du monde et selon les
contextes économiques et socio-politiques. L'antisémitisme est carrément universel.
Je laisse ouvert aux commentaires. Mais, si je dois de nouveau subir les commentaires et le harcèlement
d'un blogueur qui me pourrit la vie, je fermerai et prie toute personne intéressée par la discussion de le
comprendre et de m'en excuser.
Vendredi 8 avril 2016
Lien permanent Tags : racisme, antisémitisme, islamophobie, femme, monothéisme, islam,elizabeth badinter, thomas
guénolé2 commentaires
Commentaires
Un commentaire de Momo a été rejeté 'censure) au motif surprenant de "agression".
Je le recycle en espérant que la modération comprendra pourquoi et laissera passer:
Bonsoir,
"Comparer, du moins mettre sur le même plan islamophobie et antisémitisme est une forfaiture."
Je ne pense pas que le mot forfaiture soit approprié en l’occurrence. Par contre, il s’agit ,selon
moins, d’une totale malhonnêteté intellectuelle à base de relativisme.
Je suis d’accord avec la teneur générale de votre note. Il y a dans l’air une chasse aux sorcières
organisée dès qu’on ose critiquer l’islam…
Écrit par : BL le vendredi 08 avril 2016 à 20h24Avertir le modérateur
J'ai supprimé quelques commentaires inappropriés.
Écrit par : BL le vendredi 08 avril 2016 à 20h25Avertir le modérateur
Les commentaires sont fermés.
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