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Quand LVMH a tenté de prendre le
contrôle d'Hermès via le Panama
Tous droits réservés - ©DR
Alors que les "Panama Papers" font la Une de la presse internationale, il
faut se rappeler que l'utilisation de sociétés-écrans au Panama est depuis
longtemps une pratique des grands groupes. Exemple dans les années
2000, avec l'affaire LVMH-Hermès, lorsque le leader mondial du luxe était
entré masqué au capital du célèbre maroquinier.
Pendant près de dix ans, Bernard Arnault a organisé la montée discrète de
Lvmh146,80 € | 0,48 % | 2016-04-07 10:00 Cours - Actualités[1] LVMH
(MC-146,80 € 0,48 %) au capital du groupe Hermès, afin de s’emparer
du maroquinier de prestige. En 2010, l’homme d’affaires surprend tout le
monde quand le numéro 1 mondial du luxe annonce détenir 14,2%
Hermès et être en mesure de monter à 17,1%, sans avoir informé Hermès
ni les autorités boursières. Derrière ce tour de magie se cache des
montages financiers complexes, passant par des paradis fiscaux, au
Luxembourg, dans l’Etat américain du Delaware et au Panama. Pour ne pas attirer l’attention d’Hermès (dont les statuts obligent à
rendre publique toute montée au capital de 0,5%) et éviter les
déclarations légales, LVMH a utilisé comme intermédiaires trois banques
ou filiales de grandes banques françaises (Natixis, Société Générale et
Crédit agricole), qui vont acheter des actions Hermès de façon détournée,
via des swap - des instruments qui permettent d’échanger des produits
financiers. Les actions Hermès détenues par LVMH sont alors en partie transférées
au Panama, dans les sociétés Ashburry Finance, Bratton Service et
Ivelford Business. Ces trois sociétés sont contrôlées par Eley Finance
Corporation, une autre société panaméenne, immatriculée à la même
adresse : Bâtiment PH 2000, 50ème avenue, à Panama City.
Selon l’économiste Benoit Boussemart [2], les trois filiales étaient
financées avec des dettes venant de Eley Finance Corporation, qui avait
elle-même emprunté au groupe LVMH. Fin 2011, elles détenaient 3,53%
du capital Hermès International, actions valorisées 860 millions d’euros
(pour un investissement initial de 329 millions).
Fait croustillant, c’est une firme d’avocats centenaire fondée par un
ancien président panaméen, Arias Fabrega & Fabrega, aussi appelé Arifa,
qui a ouvert toutes ces sociétés, depuis dissoutes ou re-domiciliées en
France. C’est aussi un cabinet juridique français, CMS Bureau Francis
Lefebvre, qui s’est chargé du transfert de siège social vers la France fin
2010.
En 2014, LVMH a été condamné par l’AMF à une amende de 8 millions
d'euros pour ces pratiques trompeuses. Un moindre mal pour le géant du
luxe, qui avait engrangé une plus-value de 3,4 milliards d'euros sur
l'opération, le cours d’Hermès ayant doublé sur la période...
1. http://www.capital.fr/bourse/cotation/lvmh-fr0000121014
2. http://richessem.eklablog.com/2013/04/
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