close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

Cinq projets de partenariat algéro-français seront

IntégréTéléchargement
Khebri appelle les investisseurs à s'impliquer dans le domaine énergétique
Lire page 24
Retrouvez votre
journal sur son
nouveau site :
latribunedz.com
N° 6349 Prix 10 DA France 1 C
Quotidien national d'information
Dimanche 10 avril 2016
LA COOPÉRATION ÉCONOMIQUE ENTRE LES DEUX PAYS CONNAÎT
UNE AVANCÉE REMARQUABLE DEPUIS QUELQUES ANNÉES
Cinq projets de partenariat algéro-français
seront paraphés aujourd’hui à Alger
Par
L’ALGÉRIE et la France veulent développer davantage leurs
relations économiques en misant
amplement sur un partenariat
mutuellement productif sur le long
terme, tel qu’exprimé dans la
Déclaration d’Alger signée le
19 décembre 2012 par les présidents, Abdelaziz Bouteflika et
François Hollande. Concurrencée
depuis des années par d’autres pays
tels que la Chine, devenue le premier fournisseur de l’Algérie depuis
2013, la France veut aujourd’hui
mettre en avant des projets de
«coproduction». De son côté,
l’Algérie veut diversifier son tissu
économique pour qu’elle ne soit
plus dépendante des fluctuations des
prix du pétrole mais aussi pour
développer les exportations hors
hydrocarbures.
A ce titre, la visite du Premier
ministre Manuel Valls à Alger se
présente, aujourd’hui, comme une
occasion propice aux deux parties de
trouver les voies et moyens permet-
Photo : Archives
Bahia Aliouche
tant de consolider leurs relations
économiques. C’est lors du 3e Forum
de partenariats, qui se tiendra
VIGILANCE DES SERVICES DE
RENSEIGNEMENTS ET ACTIONS DE L’ANP
aujourd’hui à Alger, que les entreprises algériennes et françaises souhaitant nouer des partenariats
industriels et commerciaux,
examineront donc les pistes de
coopération à exploiter. Le Forum
ACTUALITÉ
SELON L’OFFICE NATIONAL DES STATISTIQUES
Production industrielle : hausse
de 2,3% des prix en 2015
La sécurité aux frontières
sud renforcée
PARTIS
„ Hanoune : «La justice
algérienne doit faire la lumière
sur les informations
du Panama Papers»..............p4
Par
Mohamed Rahmani
LES REVERS subis par Daech
aussi bien en Syrie qu’en Irak ont
accéléré la «migration» forcée des
groupes terroristes en Libye,
devenue l’Eldorado des djihadistes
en l’absence d’un gouvernement
central. Ce pays où Daech s’im-
plante et conquiert chaque jour de
nouveaux territoires, tuant et massacrant des populations civiles, détruisant tout sur son passage, est
assurément un danger réel pour les
Etats voisins, l’Algérie en tête
puisque partageant avec ce pays
plus de 980 km de frontières.
Suite en page 5
SOCIÉTÉ
L’INDICE des prix à la production industrielle du secteur public
national, hors hydrocarbures, a
enregistré une hausse de 2,3% en
2015 par rapport à 2014, selon une
enquête de l’Office national des
statistiques (ONS) dont les résultats
ont été communiqués, hier, à
l’APS. Cet indice mesure l’évolution du «Prix sortie d’usine» (PSU)
des biens industriels vendus sur le
marché intérieur, à l’exceptions des
produits importés et ceux destinés à
l’export.
Suite en page 3
„ Mohamed Aïssa : «L'islam
de nos ancêtres est le meilleur
rempart contre l'extrémisme
religieux» ..............................p5
Photo : S. Zoheir
Photo : DR
Rafik Elias
De notre correspondant à Annaba
comprendra, cette année, huit ateliers consacrés à des thèmes qui
répondent à une demande algérienne
forte, soit parce qu’ils sont les futurs
piliers de l’économie algérienne sur
le marché domestique et/ou à l’export, soit parce qu’ils sont nécessaires à sa croissance : le BTP, la
sous-traitance mécanique, l’agroalimentaire, le numérique, la santé, la
co-localisation, la formation professionnelle et la finance. A l’issue de
cette rencontre, il est annoncé l’accord et la signature de cinq projets
parmi les 32 déjà identifiés.
Il s’agit d’un projet de valorisation des déchets de métaux ferreux
et non ferreux, qui sera domicilié
dans la zone industrielle de Oued
Tlélat (Oran), de deux softwares qui
permettront à l’Algérie d’avoir ses
propres codes sources en matière
informatique, d’un projet de
construction d’équipements et matériels agricoles, d’un software pour
la gestion des malades au niveau
des hôpitaux et de leurs domiciles,
et d’un autre concernant la lutte
contre le gaspillage du pain et des
viennoiseries.
Suite en page 2
SUPPLÉMENT SPORTS
Tant que les centres
de formation étrangers
répondront présent…
Lire pp 11 à 13
MONDE
„ Al-Qaïda au Yémen :
la guerre dans la guerre ...p19
2
L ’ É V É N E M E N T
Dimanche 10 avril 2016
L’ALGÉRIE ET LA FRANCE ENTRETIENNENT LEURS RELATIONS MALGRÉ LE PASSIF HISTORIQUE
Ballets diplomatiques entre Paris et Alger
pour renforcer et dépassionner les liens
Par
Hasna Yacoub
epuis l’indépendance, la
France et l’Algérie
entretiennent leur histoire
compliquée, attractive et répulsive,
crisogène et détendue, passionnée
et agacée. Aujourd’hui encore c’est
le cas puisque malgré le fait que le
lien franco-algérien a connu une
amélioration certaine depuis
l’élection de François Hollande à la
présidence française, des sujets qui
fâchent persistent. Il n’empêche
que des efforts sont déployés d’un
côté comme de l’autre pour tenter
d’apaiser l’atmosphère. En fait,
depuis quelques années, les
Français tentent de reconquérir leur
première place de partenaire de
l’Algérie, occupée depuis peu par
la Chine. C’est dans cet objectif
que le président François Hollande,
deux ans et demi après une visite
historique qui avait permis de normaliser la relation franco-algérienne, très mauvaise à l’époque de
Nicolas Sarkozy, est à nouveau
retourné à Alger. En décembre
2012, les déclarations du Président
français sur le devoir de mémoire
face aux «souffrances» engendrées
par la colonisation avaient favorisé
le développement d’un partenariat
«d’exception» entre les deux pays.
Depuis, Jean-Yves Le Drian et
Laurent Fabius ont enchaîné les
déplacements. Il y a eu également
la visite du ministre français de la
Défense. Mais pas seulement, la
ministre de la Francophonie,
Yamina Benguigui, et la ministre
du Commerce extérieur, Nicole
Photo : S. Zoheir
D
Bricq, ont successivement visité
Alger. Au cours des derniers mois,
M. Jean-Marc Ayrault, ministre
des Affaires étrangères et du développement international, a effectué
une visite en Algérie ainsi que
M. Stéphane Le Foll, ministre de
l’Agriculture, de l’Agroalimentaire
et de la Forêt, porte-parole du
G o u v e r n e m e n t e t M me A n n e
Hidalgo, Maire de Paris.
Mme Christiane Taubira,
l’ex-ministre de la Justice,
M. Jean-Louis Debré, président du
Conseil constitutionnel français,
M. Jean-Louis Borloo, ancien
ministre et président de la fondation «Energies pour l’Afrique» et
M me F l e u r P e l l e r i n , m i n i s t r e
française de la Culture et de la
Communication et la ministre
Najat Vallaud-Belkacem, ont tous
passé un séjour à Alger. Il y a
même eu une délégation conduite
par Gérard Collomb composée
d’élus, d’industriels, d’universitaires et de représentants des cultes
qui a visité Alger, Oran et Sétif,
ville partenaire de Lyon. Ce ballet
de visites diplomatiques renseigne
sur la volonté de la France à
reprendre sa place auprès de
l’Algérie notamment sur le plan
économique. Certes le partenariat
d’exception signé entre les deux
pays fait état d’une coopération
franco-algérienne diverse et
multiple non pas uniquement sur
un plan politique et économique,
ce qui est aussi dans l’intérêt de
l’Algérie qui tient à préserver les
intérêts de sa communauté, la plus
grande en France, mais du côté
français, il n’en demeure pas moins
que les intérêts économique et
sécuritaire priment. De là, l’enjeu
du déplacement de MM. Valls et
Macron à Alger, accompagnés
d’une large délégation française.
Lors de cette visite de deux jours,
la finalisation de l’implantation de
l’usine Peugeot à Oran, reportée
depuis le mois de février, est
attendue. La marque française va
ainsi emboîter le pas de Renault,
installé depuis dix-huit mois. Le
chantier devrait être lancé l’été
prochain et permettre, d’ici à 2019,
la fabrication de trois modèles,
dont 10% de la production sera
destinée à l’exportation. L’investissement devrait approcher les
100 millions d’euros. Une dizaine
d’accords doivent être signés dans
les domaines de la santé, des
énergies renouvelables et de
l’agroalimentaire. Il s’agit là d’une
nouvelle étape dans la relance de la
coopération économique entre les
deux pays après le dernier Comité
mixte économique franco-algérien
en octobre dernier (Comefa) au
cours duquel neuf accords concernant notamment les transports et
l’agriculture avaient été signés. Sur
le plan sécuritaire, le ministre de
l’Intérieur, Bernard Cazeneuve,
également attendu, va travailler sur
la coopération antiterroriste et la
crise libyenne. Ainsi donc, il
semble bien que les efforts de
François Hollande, conjugués à
ceux de Laurent Fabius et d’autres
qui ont suivi ont payé. Les relations bilatérales s’améliorent, les
entreprises françaises sont de plus
en plus nombreuses à revenir en
Algérie. Reste à savoir maintenant
si les sujets qui fâchent dans le lien
franco-algérien ne vont pas freiner
à nouveau cette embellie.
H. Y.
Cinq projets de partenariat algéro-français seront paraphés aujourd’hui à Alger
Suite de la page 1
Des accords qui s’ajouteront à ceux déjà
signés, en octobre dernier, lors de la tenue de
la troisième session du Comité mixte économique algéro-français (Comefa) à Paris, et
ce, dans les domaines des transports, de
l’agriculture et de la propriété intellectuelle.
Le premier accord signé dans le domaine
des transports consiste en la création
d’ un bureau d’études entre la Société nationale du transport ferroviaire (Sntf) et le
Groupe Egis, spécialiste en conseil et
ingénierie dans le domaine des transports.
Le second, signé entre la Sntf et la Société
française des chemins de fer (Sncf), consiste
en la rénovation du mobilier urbain des
gares. En outre, l’entreprise algérienne
Asmidal et le Groupe Roullier ont signé un
accord pour la production des engrais.
Le Groupe Lafarge et le Groupe industriel du ciment d’Algérie (Gica) ont, eux
aussi, signé un accord pour augmenter
la production de la cimenterie de
Raïs Hamidou (Alger). Un autre accord a
concerné la propriété industrielle, signé par
l’Institut national algérien de la propriété
zzz AU FIL DES JOURS
Par
A. Samil
FAISANT contre mauvaise fortune bon
cœur, De Gaulle forcé au réalisme, qu’on
n’appelait pas encore Realpolitik, avait souhaité et espéré un caractère d’exemplarité à
la relation entre la France et l’Algérie.
Giscard d’Estaing, qui fut partisan de
l’Algérie française, se faisait violence en
condescendant à effectuer une visite
officielle en Algérie en 1975 et à saluer
l’ombrageux Houari Boumediene, comme ils
l’appelaient. Mais non, dès que le ciel
ténébreux de l’«amitié» décrétée des deux
côtés de la Méditerranée s’éclaircissait, un
mauvais vent l’obscurcissait de nouveau de
nuages qui tiraient les relations vers
l’arrière. Et quand se dessine une reprise, ce
sont de nouveaux qualificatifs
dithyrambiques et volontarisme exagéré. Un
plénipotentiaire français (feu Claude
industrielle (Inapi) et l’Institut français de la
propriété industrielle (Inpi), et le dernier a
porté sur la production de vannes industrielles pour le secteur de l’énergie. En
termes de perspectives, les deux pays méditerranéens comptent conclure plusieurs projets de partenariat dans le domaine industriel,
dont les négociations sont actuellement en
cours.
Il s’agit principalement de créer une
société mixte de production de gaz
industriels pour les besoins des usines de
sidérurgie d’El Hadjar (Annaba) et de
Bellara (Jijel). Un autre projet concerne le
secteur automobile, avec la réalisation
prévue d’une usine de montage de véhicules
de marque Peugeot. L’implantation d’une
unité de fabrication de fromage, dont une
partie de la production sera exportée, figure
aussi parmi les projets envisagés.
Ces projets devraient renforcer davantage
la coopération économique algéro-française,
qui connaît déjà depuis quelques années une
avancée remarquable traduite par l’implantation de plusieurs grandes firmes, telles que
Renault, Alstom et Lafarge.
B. A.
Attraction-répulsion
Cheysson, ministre des Relations extérieures
de Mitterrand) parlera même d’«un coup de
passion [qui] est en train de prendre», à
l’issue d’un entretien de trois heures avec le
président Chadli, en 1981.
Puis Chirac, puis Sarkozy, et enfin Hollande.
Avec chacun d’eux, les relations connaîtront
leur petit âge d’or et leurs périodes de
turbulences qui trouvent souvent leur
origine dans le passif non soldé d’une
histoire commune mais douloureuse. Puis le
train-train reprend son cycle routinier. En
attendant le prochain nuage. A Alger depuis
hier à la tête d’une importante délégation
pour la troisième session du Comité
intergouvernemental de haut niveau, le
Premier ministre français n’échappera pas à
l’exercice des instantanés réconciliateurs ni
aux poncifs diplomatiques qui donnent un
aspect convenu à la langue de bois.
Sauf que cette fois, la visite de Manuel Valls
tombe en plein dans le cycle de la reprise
des turbulences. Il y a d’abord cette bronca
de quelques-uns parmi les principaux titres
de la presse française qui ont décidé de
boycotter la couverture de l’événement en
solidarité avec leurs confrères du quotidien
Le Monde et Canal + à qui les autorités
algériennes ont refusé de délivrer un visa.
«Dégât collatéral» de Panama Papers ?
En réalité les divergences couvaient et
l’association maladroite par le quotidien
français du soir de la photo du président
Bouteflika à un titre sur les chefs d’Etat
associés au paradis fiscal panaméen pourrait
n’être que la goutte qui a fait déborder le
vase. Une montée en puissance de crise de
moyenne intensité entre Paris et Alger
pointait à l’horizon, provoquée par certains
parti pris diplomatiques de l’Elysée et du
Quai d’Orsay, entre autres un alignement
quasi-systématique de la France sur les
positions marocaines dans le conflit du
Sahara occidental. Mais ce n’est pas le seul
sujet de tension. Et les deux parties auront
fort à faire pour maintenir le cap que les
présidents Bouteflika et Hollande ont tracé
pour la coopération algéro-française.
En principe un journal qui n’a pas qualité de
porte-parole officieux d’un régime ou d’un
gouvernement ne peut pas être un déclencheur de crise avec un autre Etat. Mais dans
le cas d’espèce, il faut convenir que le
quotidien Le Monde a pris des libertés avec
l’éthique et le professionnalisme : le portrait
de la reine Elizabeth n’a pas illustré le titre
sur le Premier ministre britannique bel et
bien impliqué, lui, dans le scandale
panaméen. Seuls Bouteflika et Poutine ont
eu droit à cette «mention spéciale». Comme
par hasard, les deux hommes affichent les
mêmes positions sur de sensibles états de
conflit, notamment au Moyen-Orient. A. S.
L ’ É V É N E M E N T
Dimanche 10 avril 2016
Production
industrielle :
hausse de 2,3%
des prix en 2015
RELATIONS ALGÉRO-FRANÇAISES
La coopération se renforce malgré les différends
Par
Adel Boucherguine
epuis la fin des années
1990, c’est-à-dire la fin de
la décennie noire qui a valu
à l’Algérie d’être isolée du reste du
monde, de son ancien colonisateur
notamment, le pays a entrepris de
rétablir ses liens diplomatiques
avec plus d’un pays et, surtout, des
relations de coopération. En dépit
d’un passé colonial houleux et d’un
passif historique qui fragilisent les
rapports entre les deux pays, la
France, comme l’Algérie
d’ailleurs, s’est employée à dépassionner les relations et à redonner à
l’histoire la part qui lui revient, ou
du moins une partie, pour devenir
un duo coopérant dans les différents secteurs, économique notamment.
Sur le plan politique, les deux
côtés ont consenti des efforts inlassables, voire colossaux, pour
apaiser et normaliser une relation
depuis toujours tendue entre deux
pays et peuples, liés par une longue
nuit coloniale de 132 ans ! A juste
titre, le président français, François
Hollande, a reconnu «le colonialisme français» en Algérie en affirmant que la France devait regarder
son histoire en face, avec ses bons
et mauvais côtés. L’autre geste fort
du chef d’Etat socialiste est la célébration des accords historiques de
«cessez-le-feu» en Algérie, un certain 19 mars 1962, baptisés «Les
accords d’Evian». L’Algérie, de
son côté, a fait montre, depuis un
certain nombre d’années, de ses
intentions d’établir des relations
d’amitié et de collaboration avec la
France. Sa volonté aussi de
dépasser le triste épisode colonial,
sans toutefois l’enterrer, s’est
manifestée clairement, notamment
lors de la dernière visite du
ministre des Moudjahidine, Tayeb
Zitouni, en France. C’était une première dans les annales depuis
l’indépendance de l’Algérie. Tout
en affirmant la normalisation des
relations entre l’Algérie et la
France, qui peuvent désormais être
qualifiées d’apaisées, le ministre a
toutefois souligné qu’il restait
encore des questions en suspens
Photo : Archives
D
dont trois dossiers, à savoir les
archives, les disparus algériens
durant la guerre et les indemnisations des victimes des essais
nucléaires français effectués au
Sahara algérien. «Il est grand
temps que l’Algérie et la France se
penchent sur les dossiers en suspens», avait soutenu M. Zitouni. A
Paris, c’est dans l’ossuaire de
Douaumont, près de Verdun,
devant la flamme du souvenir, que
Jean-Marc Todeschini, secrétaire
d’État français chargé des Anciens
combattants et de la Mémoire, et
son homologue algérien, se sont
recueillis, en janvier dernier, en
hommage aux soldats algériens
tombés durant la Première Guerre
mondiale. Les deux hommes se
sont également rendus dans le carré
musulman de l’ossuaire, où reposent 222 Algériens parmi les
quelque 20 000 soldats qui ont participé à cette bataille de la Grande
Guerre. Cependant, ces rapprochements qui contribuent à élargir le
terrain de la coopération francoalgérienne ne sont pas toujours vus
d’un bon œil par différents partis et
parties français, qui considèrent
que la France fait preuve de faiblesse en reconnaissant son passé
colonial. Mais ces critiques, qui ne
se contentent pas de livrer leur
avis, agissent souvent pour neutraliser les efforts des deux chefs
d’Etat et des deux gouvernements,
en votant une loi glorifiant les
bienfaits du colonialisme, en inaugurant une stèle en hommage aux
criminels de l’OAS, en condamnant la célébration du 19 mars… et
bien d’autres actions qui jettent
toujours un froid sur les relations
entre Alger et Paris, froid entretenu
épisodiquement par des relais
médiatiques et médiatisant.
La visite, en compagnie d’une
importante délégation de ministres
et chefs d’entreprise, du Premier
ministre français Manuel Valls,
aujourd’hui en Algérie, pour participer à la 3 e session du Comité
intergouvernemental de haut
niveau (Cihn) algéro-français, n’a
pas fait exception ni échappé à
l’action de sabordage habituelle.
La visite officielle, programmée
depuis des mois, s’est vue polluée
par l’acharnement d’une partie de
la presse française contre l’Algérie,
dont quelques titres ont sciemment
attaqué et diffamé l’Algérie et ses
institutions constitutionnelles.
Mais, au regard des enjeux stratégiques, pour la France autant que
pour l’Algérie, de la coopération
entre les deux pays, commentaires
et critiques ne peuvent qu’être submergés par la portée économique
des contrats de partenariats qui
seront signés et leurs impacts sur
les économies des deux pays.
A. B.
83 journalistes algériens, français et étrangers pour la conférence de presse Sellal - Valls
La conférence de presse qu’animeront, aujourd’hui à
Alger, les Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et son
homologue français, Manuel Valls, à l’issue de la 3e session du Comité intergouvernemental de haut niveau
algéro-français (Cihn), verra la participation de
42 médias algériens, 12 médias étrangers accrédités à
Alger et 12 organes de presse qui accompagneront la
délégation française, soit un total de 83 journalistes, sans
compter les photographes et les cameramen. «La plus
large des places possible a été faite pour que l’évènement
soit un succès politique, diplomatique et médiatique.
Aucune restriction, en dehors des refus des visas et de ceux
qui se sont exclus d’eux-mêmes, n’a été opérée par les services du Premier ministère», ont indiqué les organisateurs. En marge de cette session, se tiendront un forum
économique regroupant de nombreux hommes d’affaires
et les assises sur la formation professionnelle et l’employabilité.
LA MISSION D’AFFAIRE S’INTÉRESSERA AUX OPPORTUNITÉS DE PARTENARIATS
Agroalimentaire : des opérateurs algériens en Californie
Par
Reda Cadi
UNE délégation d’opérateurs
économiques algériens va
séjourner en Californie, du 10 au
16 avril, pour jauger les opportunités de partenariats avec les entreprises américaines dans le domaine
de l’agroalimentaire. Organisée par
le Conseil d’affaires algéro-américain (Usabc), la fondation Filaha et
l’agence du développement économique de Kings County en
Californie, la mission d’étude vise
à mettre à profit l’expérience américaine dans l’agroalimentaire en
vue de nouer des partenariats dans
ce secteur stratégique pour
l’Algérie, a indiqué à l’APS le président d’Usabc, Smail Chikhoune.
L’objectif de ce voyage d’affaires
est de promouvoir les investissements entre les deux pays, a souligné M. Chikhoune. Il a précisé
que cette mission aidera les opérateurs algériens à tirer profit de
l’expérience américaine dans le
secteur agroalimentaire, basée sur
l’intensification, la spécialisation
agricole et la maîtrise de l’ensemble de la chaîne agroalimentaire qui regroupe la recherche, la
production, la transformation et la
distribution. A cet effet la délégation algérienne visitera en
Californie des champs de production agricole, des fermes d’élevage
de vaches laitières, des unités de
production de fourrage et d’aliments de bétail ainsi que des unités
de production et de conditionnement de plusieurs produits agroalimentaires.
La première mission organisée
l’année dernière s’est soldée par la
conclusion d’une joint-venture
entre le groupe Lacheb et le
consortium américain American
international agriculture group
(Aiag) pour la création d’une
ferme d’élevage de 20 000 vaches
laitières, a-t-il rappelé. D’un coût
initial de 100 millions de dollars,
cette société, dénommée El Firma
(la ferme), sera basée dans l’ouest
algérien entre Mostaganem et
Mascara. La prochaine mission
donnera l’occasion à un autre
Groupe algérien, Tifra-lait, pour
faire avancer les négociations
avec Aiag sur un projet similaire
à Ghardaïa, a fait savoir
M. Chikhoune.
En effet, une délégation d’Aiag
a séjourné récemment dans la
région de Ghardaïa pour une visite
de prospection d’opportunités d’investissement et de partenariat dans
la filière lait. Conduite par le président du group Aiag, Ted Ayash,
cette délégation, qui comprenait
une représentante du conseil d’affaires algéro-américain, USAlgeria business council, et le Pdg
de Tifra-lait, s’était notamment
rendue dans la localité de Zelfana,
à 70km du chef-lieu de la wilaya
de Ghardaïa, où une superficie de
près de 25 000 hectares est
réservée à l’investissement agricole
intégré, tributaire d’un avis d’exploitation par l’Agence nationale
des ressources hydriques (Anrh).
Les représentants d’Aiag ont reçu
au siège des services agricoles des
explications et des informations sur
les potentialités et les opportunités
offertes par la région de Ghardaïa
en matière d’infrastructures de
base, de mobilisation des ressources hydriques et d’énergie
conventionnelle, ainsi que les
différents projets de développement socioéconomiques concrétisés ou en cours de concrétisation,
sans oublier la ressource humaine
existante dans la région. Les
membres de la délégation ont aussi
pris connaissance des différentes
mesures d’accompagnement, d’assistance et d’aide que peut fournir
l’administration agricole pour la
concrétisation de leur projet ambitieux. La délégation américaine a
exprimé son intention d’investir, en
partenariat avec le groupe algérien
spécialisé dans les produits laitiers,
dans la végétation fourragère et
l’aliment de bétail, afin de développer la filière lait en important
cinq mille vaches laitières. R. C.
3
Suite de la page 1
En 2015, selon les données
provisoires de l’ONS, les prix des
industries manufacturières
publiques ont évolué de 1,4% par
rapport à 2014. L’enquête de
l’ONS a porté sur les 231 produits
inscrits à la nomenclature nationale des produits et des activités
industrielles de l’ensemble des
entreprises du secteur public
industriel qui compte 390 filiales
(de 12 groupes) et entreprises,
réparties en 11 secteurs et
50 branches d’activité.
Par secteur d’activité, la quasitotalité des secteurs ont connu des
augmentations, mais légères pour
la plupart, de leurs prix au cours
de l’année 2015 par rapport à
2014, à l’exception du secteur de
l’énergie qui a enregistré une très
légère baisse de 0,1%. Par contre,
le secteur des mines et carrières a,
lui, enregistré la plus importante
hausse des prix qui ont augmenté
de près de 29% entre janvier et
décembre 2015. Cette importante
augmentation est due à l’évolution
de 30,5% des prix d’extraction de
phosphate en 2015 et de 3,1% de
ceux d’extraction de la pierre,
argile et sable. Les prix des
matières minérales se sont, eux,
stabilisés, alors que ceux d’extraction du minerai de fer ont baissé de
2,6%.
Pour les industries diverses,
elles ont vu leurs prix croîtrent de
2,8% durant l’année précédente
tandis que ceux des industries
agroalimentaires, tabac et allumettes ont affiché une hausse de
1,7%. Dans cette dernière filière,
les prix de l’industrie des tabacs
manufacturiers et allumettes ont
progressé de 7,2% contre 0,6% et
0,4% pour, respectivement,
l’agroalimentaire et la fabrication
des produits alimentaires à base
d’animaux.
Concernant les prix de produits
des autres branches (raffinage du
sucre, boissons, conserves de fruits
et légumes), ils se sont stabilisés
en 2015, à l’exception de l’industrie du lait qui a affiché une
modeste baisse de 0,3%.
Entre janvier et décembre
2015, les prix des matériaux de
construction, céramique et verre
produits par le secteur industriel
public ont enregistré une croissance de 1,6%, engendrée par la
hausse de 2,5% des prix de fabrication des liants hydrauliques alors
que l’ensemble des prix des autres
matériaux n’ont pas changé. De
même, les prix dans les industries
sidérurgiques, métallurgiques,
mécaniques, électriques et électroniques ont connu une petite augmentation de 1,5% en 2015, selon
l’enquête de l’ONS. Dans cette
filière, ce sont les prix de l’industrie mécanique pour équipements
et de la fabrication des biens
consommables mécaniques qui ont
notamment augmenté avec, respectivement, 27,4% et 27,3%
contre +12,6% pour la production
des matériaux non ferreux. De
leurs côtés, les prix de l’industrie
du textile, bonneterie et confection
ainsi que de l’industrie du bois,
liège et papier pour impression ont
connu, chacun, une très petite
hausse de 0,7% contre +0,3% pour
l’industrie des cuirs et chaussures.
R. E.
4
Dimanche 10 avril 2016
L ’ É V É N E M E N T
LA SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DU PT, LOUISA HANOUNE :
Publicité
Photo : Archives
«La justice algérienne doit faire
la lumière sur les informations
du Panama Papers»
Par
Karima Mokrani
e Parti des travailleurs (PT) a réagi,
hier, au scandale «Panama Papers»
impliquant, entre autres personnalités, le ministre algérien de l’Industrie,
Abdesselam Bouchouareb. Louisa
Hanoune ne s’en prend pas au ministre,
ne l’accuse pas, ne lui demande pas des
comptes, mais ne le défend pas non plus.
Elle affirme que c’est à la justice, et à elle
seule de mettre la lumière sur cette
affaire. Aussi, soutient-elle, en plus du
travail de la justice algérienne, les
autorités et les personnalités habilitées
devraient faire un travail de fond pour
comprendre qui est derrière ces révélations et pourquoi les rendre publiques à ce
moment bien précis. Le complot étranger
revient dans les pensées de Louisa
Hanoune sans le dire en ces termes, profitant de cet évènement pour relancer son
appel à la préservation du pays contre les
menaces étrangères. Ainsi, interrogée par
la presse, en marge des travaux de la
réunion du bureau d’Alger, consacrée à la
présentation des décisions du congrès
extraordinaire, Louisa Hanoune, a
répondu aux questions par d’autres questions : «Qu’est-ce qui a poussé à la publication de ces informations? Qui en a
décidé et pourquoi maintenant?» Et de
poursuivre pour dire son étonnement du
fait que des noms israéliens et américains
ne soient pas cités dans la longue liste des
mis en cause dans les affaires Offshore.
Ce qui paraît suspect. «On attend les
noms israéliens et américains sachant
que les États-Unis sont au cœur de cette
fraude». La responsable du PT accuse:
«Jusqu’à maintenant, les informations
publiées sont sélectives, orientées et
portent en elles un sceau politique». Pour
ce qui est du ministre Bouchouareb,
dira-t-elle, «il y a le nom d’un ministre
algérien en exercice, un ancien ministre
et ses collaborateurs impliqués dans l’affaire Sonatrach-Saipem. La justice algérienne doit faire la lumière sur ces
informations, comme l’ont fait les instances de plusieurs autres pays où des
noms de leurs ressortissants ont été
L
cités». Louisa Hanoune souligne
toutefois que «le silence des autorités
algériennes» sur cette affaire est «très
dangereux et rajoute à la fragilité du
pays», rappelant ses dires passés sur «les
pressions et les menaces sur l’Algérie».
Elle insiste pour que les autorités du pays
suivent l’affaire et cherchent la vérité car
«seule la vérité peut calmer les esprits
dans ce contexte très difficile que traverse
notre pays». Profitant de cette rencontre,
la première responsable du PT réitère son
appel à «renforcer l’immunité du pays
face aux enjeux sécuritaires dans la
région». Cela par «l’ouverture effective
des droits et libertés, l’ancrage de la
démocratie, la consécration de l’indépendance de la justice et la prise en charge
réelle des questions socioéconomiques».
De même, elle recommande de résoudre
«les problèmes en suspens», entre autres,
ceux liés à «la création d’emplois en
direction des diplômés universitaires et à
la formation et l’enseignement professionnels». Evoquant le problème des
enseignants contractuels, en protestation
depuis plusieurs jours pour leur intégration sans concours et sans condition,
Hanoune dira que le dossier est complexe,
affirmant que l’’intégration est une revendication légitime tant il est question de
personnes en charge de l’éducation des
générations futures. Et comme le problème se trouve au niveau de la Fonction
publique, elle demandera à celle-ci
«d’ouvrir des postes budgétaires dans le
secteur en vue de résoudre ce problème
qui touche à un secteur stratégique». Pour
ce qui est de la supposée fronde interne,
elle dira que «le comité central élu se réunira en fin de semaine pour élire le
bureau politique conformément à la résolution du congrès». Aussi, «le congrès
extraordinaire a mandaté le comité central élu à réunir toutes les conditions
pour la tenue du congrès ordinaire dans
le courant de l’année et à arrêter un plan
d’action pour le déploiement du parti à
travers l’intensification des activités partisanes et le rapprochement des différentes catégories du peuple notamment
les travailleurs, les jeunes, les retraités et
les paysans».
K. M.
L ’ É V É N E M E N T
Dimanche 10 avril 2016
La sécurité
aux frontières sud
renforcée
COLLOQUE SUR LA DIMENSION SPIRITUELLE DANS LE PATRIMOINE
AMAZIGH À TIZI OUZOU
Photo : S. Zoheir
Mohamed Aïssa : «L’islam de nos
ancêtres est le meilleur rempart
contre l’extrémisme religieux»
De notre correspondant
à Tizi Ouzou
Malik Boumati
islam de nos ancêtres
est le seul capable de
protéger l’Algérie et
son peuple de l’extrémisme
religieux qui reste étranger à la
culture de la société algérienne.
C’est la conviction du ministre
des Affaires religieuses et des
Waqfs, Mohamed Aïssa, qui l’a
déclaré, hier, à l’ouverture du
5e colloque national sur la
dimension spirituelle dans le
patrimoine amazigh, qui se
poursuivra aujourd’hui à la
Maison de la culture MouloudMammeri de Tizi Ouzou. En
présence du ministre de la
Jeunesse et des Sports, El Hadi
Ould Ali, de l’ancien ministre
des Affaires religieuses, Saïd
Chibane, ainsi que des autorités
L’
locales, le ministre a aussi
affirmé que l’islam ancestral,
particulièrement celui pratiqué
dans la région de Kabylie, est
un socle pour l’unité nationale.
«Il faut ressusciter les
valeurs de l’islam ancestral et
les vulgariser au sein de la
société pour servir de rempart
contre les nouvelles idéologies
extrémistes, étrangères à la
culture de tolérance profondément ancrée dans la société
algérienne», a estimé
Mohamed Aïssa, lors de son
allocution d’ouverture de ce
colloque organisé par son secteur en collaboration avec la
coordination nationale de
zaouïas, ajoutant que «l’islam
tel qu’il est pratiqué en Algérie
constitue toujours un socle
pour l’unité nationale». Pour le
ministre, l’islam tolérant «a
toujours été pratiqué par la
société kabyle qui a fait de la
tolérance, la solidarité et
l’amour de la patrie, des principes immuables».
Cet islam de tolérance a de
tout temps été propagé par les
savants de Kabylie à travers
tout le territoire national, a
estimé le ministre des Affaires
religieux et des Waqfs, qui a
appelé les religieux algériens à
s’inspirer de l’islam de nos
aïeux pour en faire un élément
de consolidation de l’unité
nationale et de son référent
religieux. «C’est l’ultime rempart contre les tentatives de
semer la division et la discorde
dans les rangs des
musulmans», a-t-il ajouté, non
sans préciser que son département «va combatte toutes les
formes de radicalisme véhiculés par certains courants
étrangers à la culture algé-
rienne, qui essaient de propager des idées destructrices
dans notre société».
Parlant du colloque national
sur la dimension spirituelle
dans le patrimoine amazigh,
Mohamed Aïssa a précisé que
ce genre de rencontres sera
organisé dans plusieurs wilayas
du pays, à commencer par
celles amazighophones, en
attendant de pouvoir de l’élargir aux autres wilayas. Cette
5e édition du colloque va
traiter au cours de ces deux
journées de thèmes aussi variés
que l’apport de la Kabylie dans
le mouvement scientifique,
intellectuel et cultuel et sa relation avec le monde musulman,
la préservation du patrimoine
amazigh des Zouaoua, la transmission du patrimoine amazigh
aux générations futures, entre
autres.
M. B.
SELON LE DERNIER BILAN DES SERVICES DE LA PROTECTION CIVILE
9 morts et 51 blessés sur les routes en 48 heures
Par
Chahira Cheref
PLUSIEURS accidents de
la circulation ont été enregistrés durant la période du 7 au
9 avril, dont 8 accidents ayant
causé le décès de neuf personnes sur les lieux d’accidents et des blessures à
51 autres personnes, traitées
sur place puis évacuées vers
les structures hospitalières par
les éléments de la Protection
civile, selon un communiqué
de la même institution. Le
bilan le plus lourd a été enregistré dans la wilaya de Djelfa,
avec cinq personnes décédées
et 10 autres blessées dans
3 accidents de la circulation,
précise la même source.
Par ailleurs, les éléments de
la Protection civile sont intervenus pour l’évacuation vers
l’hôpital de Rahouia (Tiaret)
de 3 victimes décédées suite à
une fuite de gaz de ville à
l’intérieur d’une habitation.
D’autre part, suite aux
chutes de pluie durant les dernières 48 heures, les services
de la Protection civile ont
effectué des opérations de sauvetage dans trois wilayas.
Ainsi, dans la wilaya de
Djelfa, la Protection civile a
sauvé et prêté assistance à
quatre personnes bloquées sur
la route menant vers le village
de Faidh El Djebel, suite à
la montée des eaux d’oued
Boudchicha, commune de
Hassi Bahbah. Les mêmes services ont, cependant,déploré le
décès d’une personne âgée de
51 ans électrocutée au lieu dit
El Oualdja, commune de
Selmana.
A El Oued, les éléments de
la Protection civile ont procédé
au sauvetage de 4 familles,
composées de 41 personnes,
cernées par la montée des eaux
d’oued Djarech, au lieu dit
Albet Diba, commune Ben
Guecha. Dans la wilaya de
Blida, les services de la Protection civile ont enregistré l’effondrement de 3 habitations
suite à un glissement de terrain
survenu à la cité Sidi el Kebir,
commune de Blida. Aucune
victime n’a été déplorée sur les
lieux, précise l’institution.
Il est à noter que durant
cette période, les unités de la
Protection civile ont enregistré
4 068 interventions de différents types, pour répondre aux
appels d’urgences suite à des
accidents de la circulation,
domestique, ou pour des évacuations sanitaires, extinction
d’incendies et autres.
C. C.
5
Suite de la page 1
Cette présence des groupes terroristes à nos portes, et dont les actions
se sont limitées pour le moment à
quelques attentats sans grande incidence sur la situation sécuritaire globale - assez bien maîtrisée par l’ANP
et les services de sécurité - pourrait
donner lieu à des attaques d’envergure
avec des incursions sur le territoire
national à partir du sud-est.
Ce qui vient encore conforter cette
menace est la déclaration récente
du commandant américain pour
l’Afrique, qui rapporte que l’effectif
de l’Etat Islamique en Libye a doublé
ces 12 derniers mois pour atteindre les
6 000 éléments.
Les attentats en Tunisie,
Benguerdane, Sakiet Sidi Youcef, le
mont Chaambi ainsi que l’attaque de
Khrechba, abritant des installations
gazières dans le sud-est algérien, sont
autant de signaux annonçant d’autres
opérations terroristes des deux côtés
de la frontière.
L’état-major de l’ANP qui prend
très au sérieux ces menaces, a pris des
dispositions et des mesures extrêmes
visant à verrouiller les frontières tout
en veillant à prévenir toute action susceptible de porter atteinte à la sécurité
du pays. Les services de renseignements qui savaient déjà ce «redéploiement» de Daech en Libye avaient
communiqué l’information à qui de
droit, et cette donne a été traitée à
temps avec tout ce que cela implique
comme mesures. Dans leur action de
prévention, ces mêmes services collaborent avec leurs homologues tunisiens, échangeant des informations sur
des individus, en rapports directs ou
indirects avec les groupes terroristes,
en matière de renseignement ou de
logistique pour démanteler les réseaux
de soutien et ainsi déjouer les attentats
avant qu’ils ne se produisent. De
l’aveu même des politiques tunisiens,
à plusieurs reprises, ces mêmes services ont prévenu à temps leurs homologues de l’autre côté de la frontière
sur des actions terroristes imminentes
visant des localités ou des installations
stratégiques, ce qui a permis de les
éviter tout en arrêtant ou en éliminant
les membres de ces réseaux. L’efficacité des services de renseignements
algériens se vérifie sur le terrain car la
situation sécuritaire à travers le pays
est satisfaisante malgré quelques tentatives qui ont toutes échoués.
Les opérations antiterroristes entreprises par les éléments de l’ANP au
niveau du sud algérien ne sont pas le
fait du hasard car celles-ci sont effectuées sur la base de renseignements
communiqués à temps par ces mêmes
services, opérationnels jour et nuit. Le
redéploiement des troupes de l’ANP
dans le sud, auxquelles des renforts de
plus de 5 000 hommes ont été
apportés, selon des plans opérationnels
sans cesse réadaptés, participe de cette
nouvelle approche mise en œuvre sur
le terrain par les stratèges de la lutte
antiterroriste engagée par l’Algérie
depuis plus d’une vingtaine d’années.
Cette expérience acquise et la
stratégie de défense et de prévention
mise en œuvre et menée par des officiers hautement qualifiés et des
hommes de troupe aguerris, stationnés
aux frontières sud du pays, représentent une force de dissuasion et un rempart solide contre la horde terroriste.
M. R.
6
I D É E S
Dimanche 10 avril 2016
Comment combattre
la prochaine récession
ÉDITORIAL
Le partenariat d’exception ne souffre
aucune exception médiatique !
Par
Par
Noureddine Khelassi
LE PREMIER ministre français a entamé hier une visite de travail à
Alger, dans le strict cadre de la troisième session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN). Ce séjour est le énième indicateur officiel de
l’amélioration progressive de la relation bilatérale depuis la visite d’Etat à
Alger du président François Hollande, en décembre 2012. Depuis cette date,
les deux pays s’activent à développer un partenariat d’exception. Avec, il est
vrai, beaucoup de pragmatisme et un sens aigu des affaires. Entre Alger et
Paris, business is usual, comme disent les Anglo-saxons. Et cette visite du
second responsable de l’Exécutif français, minutieusement préparée depuis
des mois, ne déroge pas à cette règle. Des projets d’accord seront donc
signés dans divers domaines de coopération. Précisément, dans les secteurs
de l’électricité, les hydrocarbures, l’engineering industriel et les systèmes de
gestion, sans oublier la formation professionnelle et la santé. Bref, du
concret. Est-ce à dire pour autant que tout baigne dans l’huile des
affaires ? Entre l’Algérie et la France, il y a certes les affaires et le climat
des affaires. Et il y a aussi des points de divergence persistants notamment
au sujet de la colonisation marocaine du Sahara occidental et le paiement
de rançons aux terroristes preneurs d’otages. Comme il y a d’autre part l’atmosphère dans laquelle a débuté la visite. A savoir, le boycott par certains
médias parisiens de la visite de Manuel Valls, en signe de solidarité corporatiste avec le quotidien Le Monde dont l’envoyé spécial s’est vu opposer un
refus de délivrance de visa pour l’Algérie. La raison est connue : le journal,
qui ne porte plus l’éthique de Beuve-Mery son fondateur, avait diffamé le
chef de l’Etat algérien à l’occasion de son traitement de l’affaire des
Panama papers. Le Monde était donc en faute. Et la présidence de la
République avait de bonnes raisons de penser au minimum au manquement
flagrant à l’éthique. A défaut de croire à l’intention réelle de nuire. Elle
avait donc protesté à bon droit et à juste titre. Et elle avait obtenu gain de
cause puisque ce quotidien arrogant et donneur de leçons en maintes circonstances, avait battu publiquement sa coulpe. Les choses auraient dû en
rester là. Et les responsables politiques algériens auraient été bon princes
s’ils avaient délivré le visa au journaliste du Monde qui serait venu à Alger
sur la pointe des pieds pour mieux adopter un profil bas. Mais en l’empêchant d’accompagner son Premier ministre, on l’a peu ou prou transformé
en victime avec laquelle une partie de la presse privée et publique s’est solidarisée. Gageons donc que Le Monde y trouverait matière à avoir à l’avenir
la dent dure avec la présidence de la République. Dans son sillage influent,
d’autres titres pourraient faire de même. Ceci dit, cette petite tempête dans le
verre d’eau médiatique n’est pas de nature à altérer le climat de la visite de
Manuel Valls. Encore moins de compromettre ses résultats. Le locataire de
Matignon n’en ferait pas tout un fromage même s’il pouvait être un tantinet
froissé du fait d’avoir reçu une fin de non-recevoir lorsqu’il a plaidé auprès
de son homologue algérien la cause du journal incriminé. Les affaires sont
les affaires et le partenariat d’exception entre les deux pays ne souffre
aucune exception médiatique. Reste ce qui est attendu de cette troisième session du Cihn, c’est-à-dire, dans l’immédiat, la signature d’accords à long
terme et créateurs d’activités et d’emplois. Et, côté algérien, porter cette exigence qui ferait obligation aux Français d’investir, en priorité, dans les segments à haute valeur technologique. Avec, à la clé, un transfert
systématique d’expertise et de savoir-faire français. Le partenariat d’exception est, par définition, gagnant-gagnant. Pas perdant-gagnant.
N. K.
Quotidien national d’information
Edité par la SARL Omnium maghrébin de presse
au capital de 100 000 DA
Maison de la Presse Tahar Djaout - 1, rue Bachir Attar Place du 1er Mai, Alger
http://www.latribunedz.com
Directeur de la publication-Gérant
Hassen BACHIR-CHERIF
Directeur de la rédaction
Hassan Gherab
Administratrice
Sabira Boushaki
Publicité :
Rédaction :
e-mail: latribuneredac@yahoo.fr
e-mail: publatribune@yahoo.fr
Tél.: 021.67.63.31/021.66.02.60
Alger : Tél.: 021.68.54.24
021.66.02.66/0770.32.98.24
Fax.: 021.68.54.23
Fax: 021.68.54.22
Béjaïa : Tél./Fax: 034.21.29.11
Impression :
Oran : Tél./Fax: 041.58.79.06
Centre : SIA - Est : SIE - Ouest : SIO
Constantine : Tél./Fax: 031.92.17.03
Sud : SIA Ouargla
Tizi Ouzou : Tél./Fax: 026.22.37.32
Diffusion : Centre : OMP la Tribune Bouira : Tél./Fax: 026.94.81.38
Est : AMP - Ouest : KDPO
ANEP: Tél.: 021.71.16.64 / 021.73.71.28
Sud : SARL TDS
Fax: 021.73.95.59 / 021.73.99.19
Membres fondateurs
Ameyar Kheïreddine, Cherif Tifaoui,
Hassen Bachir-Cherif, Baya Gacemi, Djamel Djerad
Tous les documents remis au journal ne peuvent faire l'objet d'aucune
réclamation, sauf accord préalable avec la direction.
Jean Pisani-Ferry*
i vous ne comprenez pas ce qui se passe dans
l’économie de la zone euro, ne vous sentez pas
seul. On nous dit un jour que la croissance
appartient au passé, le lendemain, que la reprise est en
marche ; et le troisième jour, que la Banque centrale
européenne envisage d’envoyer un chèque à chaque
citoyen de la zone euro pour relancer la production et
ressusciter l’inflation. Rarement la situation économique a été si confuse.
Commençons avec la croissance à moyen terme.
Depuis la crise financière qui a éclaté en 2008, la
croissance de la productivité a ralenti. Curieusement,
la magie des smartphones et de leur puissance de
calcul ne semble pas compenser le ralentissement des
gains d’efficacité dans l’industrie manufacturière et
les services traditionnels. Depuis bientôt dix ans, la
croissance annuelle de la productivité dans les économies avancées est plus proche de 1% que des 2% des
années précédentes.
Peut-être s’agit-il d’une pause passagère, voire
d’une illusion statistique. Mais comme rien n’indique
que cette situation est sur le point de prendre fin, les
responsables de politique économique ont revu à la
baisse leurs prévisions. Le Bureau du budget du
Congrès des États-Unis ne cesse d’abaisser les perspectives de productivité : sa progression anticipée
entre 2010 et 2020 est passée des 25% attendus en
2010 à 16%, selon la dernière projection ; au
Royaume-Uni, le Bureau pour la responsabilité
budgétaire a pareillement ramené la progression
attendue de la productivité de 22% à 14%. Peu à peu,
chacun s’ajuste au temps des vaches maigres.
La manière la plus sûre de contrer cette tendance
est d’investir dans l’éducation, de promouvoir l’innovation et d’encourager l’efficience allocative. En
Europe, notamment, un large éventail de réformes
pourrait contribuer à réduire l’écart d’efficience qui se
creuse avec les États-Unis. La BCE peut donner des
encouragements et prendre des mesures incitatives,
mais c’est aux États d’agir.
Considérons maintenant la croissance actuelle. En
2015, le PIB de la zone euro n’a dépassé que de très
peu le niveau atteint en 2008 – piètre performance
pour laquelle la progression trop molle de la productivité ne peut être blâmée. Malgré ce retard accumulé la
croissance, en 2015, ne s’est hissée qu’au taux décevant de 1,5%, et pour cette année la BCE ne prévoit
pas plus que 1,4%. Certes, c’est beaucoup mieux que
la contraction que nous avons connue de 2011 à 2013,
mais nous aurions pu espérer une franche remontée de
la croissance dans une économie bénéficiant d’un taux
de change favorable, de taux d’intérêt historiquement
bas et de la chute des prix du pétrole.
Le coupable n’est pas non plus l’austérité. Si la
consolidation prématurée des budgets publics fut largement responsable, il y a cinq ans, d’une rechute
dans la récession, la politique budgétaire est à peu
près neutre depuis 2015.
L’explication tient, pour une part, au ralentissement des économies émergentes. Mais ces facteurs
externes impactent aussi le Royaume-Uni et la Suède,
dont les taux de croissance se situent autour de 2 à
3%. À la vérité, la zone euro s’essouffle et aurait
besoin d’un regain de dynamisme. Malgré la croissance des revenus, les ménages hésitent encore trop à
consommer et à construire ; et malgré une hausse
conséquente de leurs bénéfices, les entreprises rechignent encore trop à prendre des risques et à investir.
L’une des raisons de cette prudence est un avenir
qui semble bien terne, et c’est pourquoi les réformes
qui peuvent contribuer au renforcement à moyen
terme de l’économie peuvent aussi s’avérer utiles à
court terme. Une raison supplémentaire est que le
passé pèse d’un poids trop lourd sur le présent. En
effet, l’inflation étant extrêmement faible, la dette
accumulée ne se dévalorise pas et les agents économiques sont contraints d’épargner pour la rembourser.
Enfin le chômage, dans certaines parties de la zone
euro, demeure trop élevé pour que les ménages retrouvent la confiance, tandis que les politiques budgétaires
ne sont pas suffisamment coordonnées pour optimiser
la gestion de la demande.
Cette atonie persistante contribue à maintenir l’inflation en deçà de sa cible et, par voie de conséquence,
à favoriser des taux d’intérêt réels trop élevés.
Face à une économie plus fragile qu’elle ne devrait
l’être, la BCE franchit Rubicon sur Rubicon, afin de
réveiller l’inflation. L’issue de la bataille, malgré ces
efforts réitérés, demeure cependant incertaine.
S
Une troisième question doit donc être posée : que
ferait la zone euro si elle était confrontée à une détérioration grave de l’environnement mondial – par
exemple une remontée précipitée des taux d’intérêt
aux États-Unis ou une franche récession en Chine ?
Dans un tel cas de figure, la demande se contracterait, et avec des États lourdement endettés, qui ne veulent surtout pas se laisser prendre au dépourvu par une
nouvelle épidémie de méfiance, les secours ne viendraient pas de la demande publique. La crise de la
dette souveraine de 2011 est encore dans toutes les
mémoires, et nombre de responsables hésiteraient par
deux fois avant de se résoudre à des mesures de
relance. La BCE, quant à elle, aurait déjà atteint les
limites de l’assouplissement monétaire.
Mais une nouvelle récession, après une reprise
courte et faible, serait considérée par les citoyens de la
zone euro comme un échec politique majeur, qui
minerait encore leur confiance dans la monnaie
unique.
Dans ce contexte, la BCE réfléchit tout haut à la
réponse appropriée. Dans un récent entretien, Peter
Praet, son chef économiste, affirme sans ambages que
«toutes les banques centrales» peuvent imprimer des
billets et les faire parvenir à tout un chacun – une
solution de la dernière chance, connue sous le nom
d’«helicopter money» : si leurs comptes bancaires se
trouvaient crédités comme par magie, les ménages
dépenseraient en effet une partie de cette manne ; la
distribution de monnaie «par hélicoptère» relancerait
ainsi la demande intérieure et ferait remonter les prix.
Mais l’usage de l’hélicoptère soulève des questions
juridiques et techniques. Plus fondamentalement, les
économistes orthodoxes s’insurgent car il s’agirait là
d’une opération budgétaire à peine déguisée, pour
laquelle la banque centrale n’a pas de mandat explicite. À quoi ses partisans répondent que la BCE a en
revanche reçu mandat de maintenir l’inflation aux
environs de 2% et qu’elle se doit de considérer toutes
les options qui s’offrent à elle – y compris les moins
conventionnelles – pour remplir son objectif.
Il est vrai qu’un largage de monnaie par hélicoptère équivaudrait, d’un point de vue fonctionnel, à
un transfert budgétaire vers les ménages, financé par
une émission permanent de monnaie par la banque
centrale. Ce serait cohérent avec le mandat qu’a reçu
la BCE de veiller à la stabilité des prix, mais brouillerait la séparation entre politique budgétaire et politique monétaire.
Une option strictement budgétaire peut-elle lui être
substituée ? Comme il est probable que les États, pris
individuellement, ne souhaiteront pas dépenser, il
reviendrait à la zone euro, considérée comme entité,
d’emprunter afin de financer des politiques susceptibles de relancer la croissance. Une sorte de plan
Juncker renforcé (le président de la Commission
européenne a lancé un plan d’investissement de 315
milliards d’euros sur trois ans), s’appuyant sur des
projets présélectionnés, prêts à être activés au moment
voulu, fournirait une protection significative contre le
risque de récession.
Les projets éligibles pourraient être des investissements destinés à limiter le réchauffement climatique
ou encore à former les actifs pour leur permettre de
faire face aux bouleversements de l’économie numérique. L’emprunt pourrait être souscrit solidairement
et adossé à un financement dédié, soit un impôt, soit
une contribution spéciale assise sur les PIB des États,
qui permettrait à la zone euro de rembourser sa dette.
Les difficultés politiques inhérentes à ce genre de
dispositif compliqueraient sans aucun doute la conclusion d’un accord. Et l’on ne peut pas garantir qu’il
serait plus simple d’envisager un emprunt à l’échelle
de toute la zone euro qu’un quasi-transfert budgétaire
sous l’égide de la BCE. Une chose est certaine : la
zone euro devrait réfléchir à ces options, car l’une ou
l’autre pourrait bien s’avérer tôt ou tard nécessaire.
J. P-F.
(Traduction François Boisivon)
*Professeur à l’Hertie School of Governance à
Berlin et commissaire général de France
Stratégie, une institution politique consultative
à Paris.
In project-syndicate.org
R É G I O N S
Dimanche 10 avril 2016
7
LE MINISTRE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS, EL HADI OULD ALI, À TIZI OUZOU :
«Le 20 avril toujours célébré dans le cadre
d’une Algérie unie et indivisible»
Par
Algérie presse service
e 20 avril «a toujours été
célébré dans le cadre
d’une Algérie unie et
indivisible», a déclaré, hier à
Tizi Ouzou, le ministre de la
Jeunesse et des Sports, El Hadi
Ould Ali. Le ministre précisera
que cette date-symbole de
combat pour l’épanouissement
de la langue amazighe,
«doit être unificatrice et non
dispersive».
Intervenant à l’occasion
d’une réunion ayant regroupé le
mouvement associatif avec la
direction de la culture et celles
de la jeunesse et des sports des
wilayas de Tizi Ouzou, Bouira
et Béjaïa dans le cadre de la
préparation des festivités du
20 avril, le ministre a précisé
que la consécration de
Tamazight comme langue
officielle mérite d’être célébrée
puisque les évènements du
20 avril 1980 allaient dans le
sens de la reconnaissance de
l’identité amazighe dans le
pays. Pour M. Ould Ali, qui,
faut-il le rappeler, s’exprimait
dans une ville où il a ses
Photo : DR
L
repères pour y avoir longtemps
occupé le poste de directeur de
wilaya de la culture, «il est
inadmissible de faire l’impasse
sur l’officialisation de
Tamazight. Nous devons reconnaître que c’est enfin une
consécration qui mérite d’être
fêtée». «Faire du 20 avril un
moment de fête, d’unité et de
liesse pose problème pour un
certain nombre de personnes
qui veulent installer, de
manière durable et définitive,
un mouvement cyclique de violence et de haine et maintenir
la région dans le chaos au lieu
d’œuvrer pour son développement», a-t-il affirmé. Ce 36 e
anniversaire du printemps
berbère sera également une
occasion de rendre hommage à
ceux qui ont milité pour que
Tamazight soit reconnue. Parmi
eux, les victimes du printemps
noir de 2001 qui, grâce à leur
sacrifice, cette langue est
devenue langue nationale, a-t-il
affirmé. Le ministre a soutenu
que cette date est un double
anniversaire «que nous devons
fêter dans le cadre de l’unité
nationale et de l’intégrité territoriale et barrer ainsi la route à
ceux qui sèment la division et
l’invective pour tenter de
conquérir nos villages».
Les efforts devront, cependant, être multipliés par tous les
acteurs de la société, notamment le mouvement associatif,
les directions de wilayas et les
citoyens pour préserver les
acquis du combat identitaire et
les consolider, a-t-il signalé. Le
ministre de la Jeunesse et des
Sports a rassuré, par ailleurs, de
sa disponibilité à accompagner
le mouvement associatif dans
son travail et à encourager les
initiatives intersectorielles,
comme c’est le cas, a-t-il dit,
des directions de la culture et
de la jeunesse et des sports qui
coordonnent leurs efforts dans
le cadre de la célébration du
20 avril.
APS
LA DROGUE SAISIE PROVENAIT DU MAROC
Démantèlement d’un réseau de narcotrafiquants à Nâama
UNE BANDE spécialisée
dans le trafic de drogues
activant à travers le territoire
national a été démantelée et
sept narcotrafiquants (âgés
entre 21 à 54 ans) arrêtés par
les services de la Gendarmerie
nationale de la wilaya de
Nâama, a-t-on appris, hier,
auprès de ce corps constitué.
Agissant sur informations faisant état d’un réseau criminel
organisé versé dans le trafic et
la commercialisation de
drogues, les services de wilaya
de la gendarmerie nationale ont
mis la main, après enquête diligentée deux semaines durant et
prolongation des compétences
territoriales aux wilayas
d’Oran, Sidi Bel Abbès, Tiaret
et Mascara, sur une quantité de
10,6 quintaux de kif traité en
possession de deux narcotrafiquants de la région d’El-Biadh,
a précisé le commandant du
groupement de la Gendarmerie
nationale de Nâama, le colonel
Farhat Belkacem.
Les mis en cause dans cette
affaire de trafic seront
présentés, aujourd’hui, devant
le tribunal de Mécheria, en
attendant l’arrestation de deux
autres acolytes, a précisé le
colonel Farhat, ajoutant
que l’opération a donné lieu
également à la saisie de trois
véhicules et un camion, utilisés
pour le transport de la «marchandise» prohibée et comme
éclaireurs de voies, en plus des
téléphones portables, des
documents administratifs
et une somme d’argent de
375 000 DA.
Les mêmes services ont
indiqué que la quantité de
drogues est en provenance du
Maroc à destination de
Mécheria, via la région de
Ras-Elma (Sidi Bel Abbès),
pour être transférée à l’extrême
sud du pays, Reggane et InSalah, avant d’être acheminée
vers les frontières est du pays.
Cette opération s’inscrit
dans le cadre du plan des différents corps de sécurité pour
déjouer les activités des
réseaux de trafic et lutter contre
les actes criminels visant à
introduire les drogues dans le
territoire national et leur
acheminement, en coordination
avec des réseaux internationaux, vers les pays limitrophes,
a indiqué l’officier supérieur de
la Gendarmerie nationale. Le
plan sécuritaire emploie des
techniques très développées
dans l’élaboration des enquêtes
et l’intensification des contrôles
terrestres et aériens au niveau
de la bande frontalière, a souligné le même officier supérieur.
APS
L’emplacement des kiosques en bois des artisans
de Mila sera revu
L’EMPLACEMENT des
kiosques en bois, destinés aux
artisans, à travers les communes de la wilaya de Mila
«sera révisé» de manière à
créer des espaces professionnels utiles et attrayants,
a indiqué, hier, le wali
Abderrahmane Madani Fouatih.
Les axes menant au Hammam
Béni-Haroun, à la plage
artificielle sur les berges du lac
du barrage de Beni Haroun,
ceux acheminant vers la
commune Tasdane Hadada ou
encore du côté du centre
universitaire seront «privilégiés» dans l’emplacement des
prochains kiosques en bois, a
précisé le chef de l’exécutif
local, au cours d’un conseil de
wilaya. Mettant l’accent sur
l’importance de ces espaces
commerciaux dans le développement de l’activité artisanale,
la promotion du créneau
touristique et dans la création
de postes d’emploi en milieu
urbain et sur les routes.
M. Fouatih a instruit les
responsables concernés à
accélérer le parachèvement de
la réalisation de ces kiosques
dont a bénéficié la wilaya.
Le wali a également appelé à
encourager les bénéficiaires,
des vendeurs d’oiseaux d’agrément, des dinandiers, entre
autres artisans, à mettre leurs
locaux en service dans les plus
brefs délais, soulignant que sur
les 173 kiosques attribués, seulement 30 d’entre eux sont
exploités. Selon le directeur de
l’urbanisme, de l’architecture et
de la construction (Duac),
Hakim Gamri, sur les
600 kiosques en bois dont a
bénéficié Mila, 268 unités ont
été réalisées et dont 173 ont été
attribués. Le même responsable
a ajouté que 147 kiosques en
bois sont actuellement en cours
de réalisation. Lors des
interventions des chefs de
daïras dont les communes sont
concernées par le projet des
kiosques en bois, il a été souligné que le non raccordement
de ces kiosques au réseau
d’électricité figure parmi «les
principales difficultés» qui
entravent l’exploitation de ces
espaces commerciaux.
APS
Saisie de plus de 10 000 supports audiovisuels
contrefaits à Annaba
UNE QUANTITÉ de
10 023 supports audiovisuels
contrefaits a été saisie la
semaine dernière par les services de sûreté de la wilaya
d’Annaba dans deux locaux
commerciaux au centre-ville
d’Annaba, a-t-on appris auprès
de la Direction générale de la
Sûreté nationale (Dgsn). Les
supports audiovisuels (CDDVD) saisis ont été remis aux
services de l’Office national
des droits d’auteur et droits
voisins (Onda) d’Annaba,
ajoute-t-on de même source.
Le préjudice financier
occasionné à l’Onda est de
1 002 300 00 DA, a indiqué la
même source qui a ajouté que
les mis en cause ont été
présentés à la justice. Cette
opération s’inscrit dans le cadre
de la lutte contre les crimes
d’atteinte à la propriété intellectuelle et industrielle menée
par les services de sûreté en
collaboration avec les agents
des directions régionales de
l’Onda.
8
M A G A Z I N E
Dimanche 10 avril 2016
SA COTE DE POPULARITÉ A CHUTÉ AU PLUS BAS DEPUIS JUILLET 2013
David Cameron affaibli à moins de trois mois
du référendum sur le Brexit
Par
Florence Biedermann de l’AFP
e Premier ministre David
Cameron sort affaibli
d’une difficile semaine qui
a altéré son image, à la suite du
scandale des Panama Papers et
des problèmes de la sidérurgie
britannique, alors qu’il se bat
pour convaincre ses concitoyens
de voter en faveur du maintien
dans l’UE le 23 juin.
Dans un exercice de
communication calamiteux, le
leader conservateur s’y est pris à
cinq reprises pour finir par
avouer qu’il avait bien détenu
des parts dans la société offshore
de feu son père Ian dont le siège
est aux Bahamas, mentionnée
dans les fichiers livrés à la presse
et dénonçant l’évasion fiscale.
Conséquence : sa cote de
popularité a chuté au plus bas
depuis juillet 2013 avec
58% d’opinions défavorables,
derrière le chef de l’opposition
travailliste Jeremy Corbyn, selon
un sondage YouGov dont les
résultats ont été rendus publics
vendredi.
L’opposition a vivement
réagi, dès lors que M. Cameron
se présente en chevalier blanc de
la lutte contre la corruption et de
la transparence, thème d’un
sommet organisé par ses soins le
mois prochain à Londres.
«La façon tortueuse dont les
informations ont été arrachées
Photo : DR
L
au Premier ministre ruine sa
crédibilité», a lancé Nicola
Sturgeon, chef du parti
nationaliste écossais SNP (centre
gauche).
«Il y a une érosion significative de la confiance dans le
Premier ministre parce qu’il n’a
pas été honnête», a renchéri John
Mc Donnell, ministre des
Finances fantôme du parti
travailliste, sans toutefois aller
jusqu’à demander sa démission.
«Il va lui être difficile de
donner des leçons aux autres au
sommet contre la corruption»,
relève pour l’AFP Ian Bond,
expert au Centre for European
Reform. Mais au-delà, il estime
que si «ce n’est pas une bonne
nouvelle pour lui, le référendum
sur l’UE est encore loin et il a le
temps de se remettre en selle».
Pour sa part, Ramon Pacheco
Pardo, enseignant en politique
économique internationale au
King’s College de Londres,
considère que «même si David
Cameron n’a pas agi de façon
immorale, dès lors que son
gouvernement demande aux
compagnies de payer une juste
part d’impôts et aux particuliers
de payer tous leurs impôts, cela
affaiblit son capital politique».
Les critiques fusaient y
compris dans son camp. «Son
sixième sens semble l’avoir
abandonné dans sa gestion des
allégations concernant son
père», note Paul Goodman,
ancien député conservateur, sur
le site internet Conservative
Home. «C’est sans doute parce
que le référendum sur l’UE
pompe toute son énergie, sa
concentration et celle de
Downing Street -tout comme sur
Port Talbot la semaine dernière,
dont l’avenir menacé les a pris
par surprise», ironise-t-il.
Le gouvernement Cameron
est aussi sous pression depuis
l’annonce la semaine passée du
retrait du Royaume-Uni du
groupe sidérurgique indien Tata,
qui va vendre son site de Port
Talbot, menaçant à terme
quelque 15 000 emplois.
Manifestement pris de court, le
gouvernement s’est vu accuser
d’avoir privilégié sa relation
avec la Chine en acceptant son
dumping sur les prix de l’acier
au détriment de sa propre
industrie.
Comme si tout cela ne
suffisait pas, s’est ajoutée cette
semaine une autre mauvaise nouvelle : le non des Néerlandais,
mercredi, à un accord d’association entre l’UE et l’Ukraine, un
camouflet pour le bloc européen.
Les partisans d’un British
Exit (ou Brexit) jubilaient, tandis
que David Cameron tentait de
conjurer le mauvais sort en
assurant que les deux questions
n’avaient rien à voir.
«Cela n’aura pas d’impact
direct sur le vote au référendum,
juge Ian Bond, mais cela
fait partie de la vague
d’euroscepticisme qui balaie
l’Europe.»
M. Cameron joue sa carrière
et sa place dans l’histoire avec le
référendum du 23 juin qui doit
décider du maintien ou non du
Royaume-Uni dans l’UE. Le d
ernier sondage en date donne le
non légèrement en tête et les
analystes insistent sur l’importance de la participation des
jeunes, davantage favorables à
l’Europe, pour assurer une
victoire du oui.
AFP
LA BCE EXPLIQUE LA TENDANCE PAR L’EFFONDREMENT DES PRIX DU PÉTROLE
Les Européens sont devenus les fourmis de l’économie mondiale
Par
Jean-Pierre Robin
JAMAIS depuis son
existence qui a commencé
par la création de l’euro en 1999,
l’Union monétaire européenne
n’avait enregistré un excédent
extérieur aussi vertigineux.
La Banque centrale européenne,
qui établit les comptes des
transactions commerciales et
financières de la zone euro,a
annoncé ce jeudi 7 avril que
l’excédent de ces comptes
avait atteint 329,5 milliards en
2015, contre 240,2 milliards en
2014, soit une augmentation de
37% d’une année sur l’autre.
Dans son commentaire, la
BCE explique que ce résultat
s’explique principalement par
l’effondrement des prix du
pétrole ; depuis le printemps
2014 ils ont chuté de
45% exprimés en euros. De ce
fait, la facture pétrolière des
pays de la zone euro s’est réduite
globalement de près de moitié.
Ce phénomène, qui a joué au
bénéfice de tous les pays gros
importateurs d’énergie fossile
comme la Chine et le Japon, ne
saurait toutefois justifier à lui
seul les excédents commerciaux
gigantesques de la zone euro sur
ses échanges de marchandises et
de services avec le reste du
monde. Seules la France et la
Grèce affichent un déficit
extérieur de leurs paiements.
L’Euroland dans son
ensemble dégage désormais le
plus gros excédent extérieur de
la planète et devance très
largement la Chine (soit respectivement 350 et 293 milliards de
dollars en 2015). Les Européens,
du moins ceux de l’Union
monétaire, peuvent être
considérés comme les fourmis de
l’économie mondiale.
Car telle est la signification
d’un excédent des paiements
extérieurs d’un pays vis-à-vis
des autres : ses exportations
l’emportent sur ses importations,
ses ventes sont supérieures à ses
achats. Tout comme pour un
ménage qui dépense moins qu’il
ne gagne, cela conduit à un
excédent d’épargne. Et du coup
la zone euro exporte ses capitaux
faute de pouvoir les investir sur
son propre territoire.
Ces exportations nettes
d’argent sont considérables et
ont représenté 3,2% du PIB de la
zone euro l’an dernier contre
seulement 2,4% en 2014, note la
BCE. Cette dernière observe
également que les encours
d’investissements réalisés par les
pays de l’Union monétaire
européenne à l’étranger s’élèvent
aujourd’hui à 9 700 milliards
d’euros, alors que dans l’autre
sens les investissements des pays
étrangers dans la zone euro ne
représentent que 7 500 milliards
d’euros.
Conformément à sa pratique
habituelle, au demeurant
contestable, la BCE se garde
bien d’indiquer par pays quels
ont été les excédents extérieurs
de la zone euro en 2015. Mais
c’est un secret de polichinelle,
car les 19 pays membres de
l’euro publient chacun de leur
côté leurs propres statistiques
nationales. Il apparaît ainsi
que la France et la Grèce sont
pratiquement les seuls à afficher
un déficit extérieur de leurs
paiements internationaux (de
l’ordre d’une quinzaine de
milliards d’euros pour la
France). A l’inverse nos voisins,
et notamment l’Italie et
l’Espagne, dégagent tous des
comptes excédentaires. La
palme revient évidemment à
l’Allemagne , dont l’excédent
commercial de marchandises a
atteint à lui seul 248 milliards
d’euros en 2015, ce qui
représente 8% de son PIB. De
fait de leur taille, les Pays-Bas
ont des surplus financiers
moindres en valeur absolue.
Mais en proportion de leur
économie, les Néerlandais qui
viennent de rejeter par réfé-
rendum tout accord d’association
de l’Ukraine avec l’Union
européenne, méritent le titre de
«meilleure fourmi d’Europe» :
leurs surplus externes dépassent
la barre des 10% de leur PIB.
Fourmis... et cigales
Curieusement, Vitor
Constancio, le vice-président de
la BCE, qui présentait ce jeudi le
rapport annuel de l’institution
devant le Parlement européen, ne
s’est pas attardé sur ces chiffres.
«La BCE a fait et continuera de
faire tout ce qui est nécessaire
pour atteindre son objectif de
stabilité des prix, ce qui implique
désormais aussi d’essayer de
soutenir la croissance», a-t-il
expliqué dans ce style sibyllin
qu’affectionnent les banquiers
centraux. En clair il semble
renvoyer la balle dans le camp
des Etats qui doivent «faire plus
pour la croissance».
Car la vraie question est toute
simple : les Européens de la zone
euro sont aujourd’hui incapables
d’investir chez eux les fruits de
leur propre travail. Ils préfèrent
exporter leurs capitaux
dans d’autres territoires,
aux Etats-Unis, voire au
Royaume-Uni, qui sont les deux
pays vis-à-vis desquels la zone
euro enregistre les plus gros
excédents commerciaux.
Précisons que cela n’a
strictement rien à voir avec le
problème des paradis fiscaux,
qui sont de simples comptes
écrans, et en aucun cas le
réceptacle de réels
investissements.
Ce constat est évidemment
peu réjouissant, même s’il n’est
pas nouveau : le fameux plan
Juncker, du nom du président de
la Commission européenne,
visant à mobiliser 315 milliards
d’euros en trois ans (2015-2017)
vise précisément à pallier ces
défaillances.
Il faut noter également que
ces surplus d’épargne de la zone
euro par rapport à ses propres
projets d’investissements
constituent la principale raison,
voire la seule, de l’effondrement
des taux d’intérêt et des taux
négatifs en Europe. Tout comme
la panne globale d’investissements contribue à entretenir les
hauts niveaux de chômage que
connaît globalement le Vieux
Continent, faute d’une politique
économique d’ensemble
répondant à ses problèmes.
Les habitants de la zone euro
sont à la fois fourmis, pour leurs
capacités d’épargne, et cigales
pour leur manque d’assiduité au
travail. Un drôle de bestiaire à
tout le moins.
J-P. R.
In lefigaro.fr
C O N J O N C T U R E
Dimanche 10 avril 2016
9
LE GOUVERNEMENT DE SYRIZA A DÛ FAIRE FACE À BON NOMBRE D’OBSTACLES
Il faut donner sa chance à l’économie grecque
Par
Dimitris Papadimoulis
es créanciers de la Grèce
doivent terminer la revue
du programme en cours au
plus tôt pour permettre un retour
rapide à la croissance du pays.
Par Dimitris Papadimoulis,
£Vice-President du parlement
européen et chef de la délégation
de Syriza.
La conclusion rapide et
positive de la première revue du
programme grec est le premier
pas dont a besoin l’économie
grecque pour reprendre le
chemin de la croissance. Après
dix ans d’austérité très sévère et
monolithique, cette recette a clairement échoué et cela est désormais reconnu par de nombreuses
forces politiques dans l’Union
européenne. L’accord de juillet
dernier a été un compromis très
dur pour le gouvernement grec et
le début d’un effort considérable
pour sortir le pays de l’incertitude politique et économique.
Le gouvernement de Syriza a
dû faire face à bon nombre
d’obstacles venant des forces
néolibérales dans l’UE et le FMI
qui voulaient que la Grèce
échoue, mais aussi des partis
d’opposition en Grèce, le Pasok
et la Nouvelle Démocratie, qui
ont gouverné le pays pendant
30 ans en laissant derrière eux
une société détruite et une
économie paralysée. Pourtant,
l’ensemble des réformes du gouvernement a été déployé dans
une période de temps très courte.
La conclusion de la première
revue du programme permettra
d’ouvrir la discussion sur la
restructuration de la dette et donnera à l’économie une chance de
respirer et au gouvernement
l’opportunité de se concentrer
Photo : DR
L
sur le combat contre le chômage
de masse, sur l’attractivité pour
les investissements et sur le
retour à la croissance.
A côté de cet ensemble de
réformes très ambitieux que le
gouvernement met en oeuvre réforme des médias et de
l’administration publique, accès
des plus vulnérables aux services
de santé, jusqu’à la loi de
citoyenneté et la gestion de la
crise des réfugiés -, il faut remarquer que l’économie grecque a
réalisé quelques bonnes performances. En dépit de la prédiction
de la Commission d’une récession pour 2015 comprise entre
2,5% et 4%, cette dernière a été
bien inférieure. 25 millions de
personnes ont visité le pays l’an
passé, un nouveau record.
La Grèce a affiché le plus
taux haut d’absorption de fonds
structurels parmi les 28 pays de
l’UE et il n’a fallu que
5,7 milliards d’euros pour
recapitaliser les banques, pas
25 comme prévu dans l’accord
de sauvetage. De plus, les
recettes publiques ont progressé,
le combat contre la corruption et
l’évasion fiscale a été intensifié,
notamment après l’utilisation
appropriée des listes Falciani et
Walter-Borjans. Parallèlement,
le gouvernement a réalisé avec
succès le programme contre la
crise humanitaire qui apporte son
soutien à des centaines de
milliers de Grecs. Concernant la
réforme des retraites, la
proposition du gouvernement
grec vise à sécuriser la capacité
des générations futures à
recevoir une pension, à assurer
un minimum national pour les
retraités, à abaisser les coûts
opérationnels des régimes de
retraite en les fusionnant pour les
rendre viables et autonomes.
C’est un fait qu’actuellement,
après des décennies de mauvaise
gestion et d’actions frauduleuses
des gouvernements précédents,
le système de retraite grec est à
un pas de l’effondrement.
Il en va de même avec la
réforme fiscale, où les efforts du
gouvernement se concentrent
autour de l’élargissement de la
base fiscale avec un partage plus
efficace et plus juste de la charge
des contribuables, protégeant
ceux qui ont été les plus affectés
par la crise.
Jusqu’ici, il a été prouvé que
les politiques d’austérité myopes
ont entièrement échoué. Le
gouvernement a pour objectif de
combattre la corruption et l’évasion fiscale, deux combats qui
sont mis en avant par Syriza
pour des raisons morales, mais
aussi parce que remporter ce
combat augmente les recettes
publiques, surtout dans une
époque de restrictions financières. Les efforts dans ce
domaine seront encore intensifiés au cours des prochaines
semaines et des prochains mois,
après l’adoption d’une loi créant
une commission parlementaire
pour examiner plusieurs
scandales impliquant le gouvernement précédent, des groupes
de médias et des banquiers qui
ont créé un réseau de clientélisme fondé sur le mépris de la
loi.
Les fondations du retour à la
croissance ont déjà été posées
depuis 2015 avec des perspectives positives de croissance
pour 2017 et 2018. Et c’est en
dépit de crises parallèles, économique et migratoire, que le
gouvernement grec a fait beaucoup en peu de temps. A présent,
il est temps que les institutions et
les créanciers se conforment à
l’accord, achèvent la première
revue et entament les discussions
sur la dette afin que les
investissements puissent
s’intensifier dans un environnement de stabilité économique et
politique.
D. P.
In La Tribune.fr
SUR FOND D’INQUIÉTUDES POUR L’ÉCONOMIE DE LA RÉGION
LES MINISTRES des
Finances des 15 pays africains
membres de la zone franc étaient
réunis samedi à Yaoundé pour
discuter de l’évolution de leurs
économies, confrontées à de
fortes turbulences en raison de la
baisse des cours des matières
premières.
Cette réunion d’une journée,
à laquelle participe aussi le
ministre français des Finances
Michel Sapin, doit permettre,
selon les organisateurs, de
«proposer des solutions» face
aux difficultés financières
rencontrées par plusieurs
membres de la zone.
«Nos pays sont confrontés
aux problèmes de financement
des économies, aux risques
d’instabilité financière et à la
faiblesse des échanges intrarégionaux», a reconnu le Premier
ministre camerounais, Philémon
Yang, à l’ouverture des débats.
Outre la France et les
Comores, la zone franc regroupe
huit pays d’Afrique de l’Ouest
(Bénin, Burkina Faso, Côte
d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali,
Niger, Sénégal et Togo,
regroupés dans l’Uemoa) et six
pays d’Afrique centrale
(Cameroun, Centrafrique,
Congo, Gabon, Guinée-équatoriale, Tchad, membres de la
Cemac).
Ces pays, fortement dépendants des exportations de
matières premières, ont vu leurs
recettes chuter lourdement
depuis 2014, en raison de la
baisse des cours du pétrole, mais
aussi du bois, du fer ou du coton.
Malgré cette situation, plusieurs
d’entre eux fortement augmenté
leurs dépenses.
«Les Etats de la zone ont de
moins en moins de réserves de
change. Certains ont des
arriérés de paiement, et des
difficultés pour verser les
salaires», souligne une source
proche des discussions, qui
redoute une spirale «d’endettement».
Selon le Fonds monétaire
international, les pays de la
Cemac, les plus menacés par la
baisse des cours, pourraient enregistrer un déficit de leurs
comptes courants de plus de 8%
du PIB (produit intérieur brut) en
Photo : DR
Les ministres des finances au chevet du Franc CFA
2016, alors qu’ils se trouvaient
dans une situation de quasi
équilibre en 2013. Cette rencontre intervient par ailleurs sur
fond d’interrogations persistantes sur l’avenir du franc CFA,
nom donné aux monnaies utilisées par les pays de la zone
franc depuis 70 ans, et dont cer-
tains souhaitent l’abandon
au profit d’une monnaie
100% africaine. Interrogé à ce
sujet à l’issue d’une rencontre
avec le président camerounais
Paul Biya, Michel Sapin a assuré
que la question se trouvait entre
les mains des responsables
africains. «C’est la décision des
Africains qui s’impose, pas la
décision de la France. Et j’ai
toujours montré ma très grande
disponibilité s’il y avait des
propositions d’évolution dans
telle ou telle direction, de la part
de tel ou tel dirigeant», a-t-il
déclaré.
AFP
10
F O C U S
Dimanche 10 avril 2016
LES ETATS-UNIS MENACÉS D’UN RECUL DANS LES AFFAIRES MONDIALES
Une Amérique anti-commerce ?
Par
Kenneth Rogoff*
a montée du populisme
anti-commerce dans la
campagne électorale
américaine de 2016 laisse
présager un recul dangereux du
rôle des Etats-Unis dans les
affaires mondiales. Sous prétexte
de réduire les inégalités aux
Etats-Unis, les candidats aux
élections présidentielles des deux
partis entendent contrecarrer les
aspirations à rejoindre la classe
moyenne de centaines de
millions de personnes désespérément pauvres du monde en
développement. Si l’attrait
politique des mesures anticommerciales s’avère durable,
cela pourrait bien marquer un
tournant historique dans les
affaires économiques mondiales,
ce qui est de mauvais augure
pour l’avenir du leadership
américain.
Le candidat républicain à la
présidence Donald Trump a
proposé d’infliger une taxe de
45% sur les importations
chinoises vers les Etats-Unis, un
projet qui séduit de nombreux
Américains qui estiment que la
Chine s’enrichit grâce à des
pratiques commerciales
déloyales. Mais en dépit de tous
ses succès extraordinaires au
cours des dernières décennies, la
Chine reste un pays en développement où une part importante
de la population vit à un niveau
de pauvreté inimaginable selon
les normes occidentales.
Voyez par exemple le
nouveau plan quinquennal
de la Chine, qui vise à tirer
55 millions de personnes
au-dessus du seuil de pauvreté
d’ici 2020, un seuil fixé à
seulement 2 300 CN¥ soit
354 dollars par an. Cela équivaut
à un seuil de pauvreté de près de
12 000 dollars pour une
personne seule aux Etats-Unis.
Oui, il y a des différences
significatives de coût de la vie
qui rendent douteuses les
comparaisons directes. Et oui, la
Photo : DR
L
Trans-Pacifique (PTP), bien
qu’il puisse être d’un grand
secours pour les pays en
développement, par exemple par
l’ouverture du marché du Japon
aux importations d’Amérique
latine.
Sanders reproche sans relâche
à son adversaire Hillary Clinton
son soutien à des accords
commerciaux précédents,
comme l’Accord de libreéchange nord-américain (Alena)
de 1992. Pourtant cet accord a
obligé le Mexique à diminuer ses
droits de douane sur les
marchandises américaines,
beaucoup plus qu’il n’a contraint
les Etats-Unis à réduire leurs
droits de douane déjà faibles sur
les produits mexicains.
Malheureusement, le succès
retentissant de la rhétorique
anti-commerce de Sanders et de
Trump a fortement éloigné
Clinton de sa position plus
centriste et pourrait avoir le
même effet sur de nombreux
membres de la Chambre et du
Photo : DR
pauvreté est aussi bien une
condition sociale qu’une
condition économique, au
moins dans les économies
avancées. Mais le point de vue
général selon lequel les
inégalités entre les pays
submergent les inégalités au sein
des pays est très puissant.
Et le problème de la pauvreté
de la Chine n’est probablement
pas le pire au monde. L’Inde et
l’Afrique ont des populations
plus ou moins comparables aux
1,4 milliard d’habitants de la
Chine et une part bien moindre
de leur population est parvenue
au niveau de vie de la classe
moyenne.
Le candidat démocrate aux
élections présidentielles Bernie
Sanders est beaucoup plus
attrayant que «The Donald»,
mais sa rhétorique anticommerce est presque aussi
dangereuse. A la suite de
certains économistes de gauche,
Sanders vitupère contre la nouvelle proposition de Partenariat
Sénat. C’est une voie qui mène à
la catastrophe. Le PTP a ses
défauts, en particulier dans ses
excès en matière de protection
des droits de propriété intellectuelle. Mais l’idée selon laquelle
l’accord va tuer énormément
d’emplois pour les Etats-Unis est
hautement discutable. Et il faut
faire quelque chose pour faciliter
la vente de marchandises de
haute technologie aux pays en
développement, y compris la
Chine, sans craindre que
ces marchandises soient
instantanément clonées. Un refus
de ratifier le PTP risque de
condamner presque à coup sûr
des dizaines de millions de
personnes vivant dans le monde
en développement à une
pauvreté persistante.
Le bon remède pour réduire
les inégalités aux Etats-Unis
consiste à ne pas se détourner du
libre-échange, mais à introduire
un meilleur système fiscal, plus
simple et plus progressiste.
Idéalement il devrait y avoir un
passage de l’impôt sur le revenu
à une taxe progressive à la
consommation (l’exemple le plus
simple étant un impôt forfaitaire
avec une exemption très élevée).
Les Etats-Unis ont également un
besoin désespéré de réformes
structurelles profondes de leur
système éducatif, pour surmonter
les obstacles à l’introduction
de la technologie et de la
concurrence.
En effet, les nouvelles
technologies offrent la perspective de faciliter énormément un
recyclage et un réoutillage des
travailleurs de tous âges. Ceux
qui prônent la redistribution
en enregistrant de plus grands
déficits publics tiennent un
discours à court terme. Etant
donnée la situation démographique des pays les plus avancés,
le ralentissement de la productivité et la hausse des obligations
de retraite, il est très difficile de
deviner la fin de partie de la
flambée de la dette. Les progressistes favorables au déficit se
rendent-ils compte que le
fardeau des futures crises de la
dette (ou des mesures de
répression financière) risquent de
s’exercer de façon disproportionnée sur les citoyens pauvres
et à revenus intermédiaires,
comme cela a été le cas dans le
passé ? Une simple redistribution
des revenus par les impôts et les
transferts est beaucoup plus
directe et plus puissante et va
certainement servir à élargir la
demande globale.
Quiconque dresse un portrait
des Etats-Unis en grands
perdants du statut quo de
l’économie mondiale doit
prendre du recul sur la question.
Je suis certain que dans un
siècle, le style de vie axé sur la
consommation des Américains
ne sera plus considéré comme
une chose à envier et à reproduire. Et que l’échec du pays à
mettre en place une taxe sur le
carbone sera considéré comme
un échec retentissant. Avec
moins de 5% de la population
mondiale, les Etats-Unis représentent une part largement disproportionnée des émissions de
dioxyde de carbone et d’autres
pollutions et une grande partie de
la faute incombe à la classe
moyenne de l’Amérique.
Mais l’idée que le commerce
fait croître les inégalités est une
perspective très paroissiale et les
protectionnistes qui se drapent
dans un récit moralisateur sur les
inégalités sont profondément
hypocrites. Pour ce qui concerne
le commerce, la campagne
présidentielle américaine
actuelle est un embarras sur le
fond, pas seulement sur la
personne.
K. R.
*Professeur d’économie
et de politique publique
à l’université Harvard et
lauréat du Prix Deutsche
Bank 2011 en économie financière. De 2001 à 2003, il a été
l’économiste en chef du Fonds
monétaire international.
In project-syndicate.org
DES
SPORTS
SUPPLÉMENT
P12
Ministère, instances sportives et clubs interpellés
Abandon total
de la formation, le sport
algérien en péril
HEBDOMADAIRE
P13
L'Etat peut mettre fin aux subventions des clubs
dits professionnels
Il est temps de sévir
contre les clubs
négligeant la formation
RENOUVELLEMENT DU VIVIER DU FOOTBALL NATIONAL
Il serait faux d’accabler
seulement les clubs de
cette faillite avérée que
connaît la formation
sachant que le premier
concerné dans celle-ci est
l’Etat, ou celui qui le
représente en l’occurrence
le département ministériel
de la Jeunesse et des
Sports, qui avait la charge
de niveler l’espace en
mettant à la disposition
des associations devenues
professionnelles ou sinon
de dégager des espaces
pour la construction de
centres de formation dont
il prendrait en charge le
financement. Dans cet
ordre d’idées, Tahmi, l’exministre de la Jeunesse et
des Sports, en conclave
avec les présidents de
clubs à la fin de l’année
2013, s’était même fendu
d’une utile précision :
«Ces centres seront cédés
aux formations en question
dans le cadre d’une
concession.» Quant à
l’entame des travaux de
réalisation, elle était
prévue pour janvier 2014
! Il est ainsi aisé de
constater que la balle n’est
pas dans un seul camp,
mais vadrouille entre l’un
et l’autre, impliquant
toutes les parties engagées
dans le dossier
Photo : DR
Tant que les centres de formation
étrangers répondront présents…
Par
A. Lemili
appelle les pouvoirs publics
à activer le lancement des
centres de formation au profit
des clubs professionnels au vu du rôle
important que joue ces centres dans le
développement du football algérien», a
déclaré le premier responsable du sport roi
dans le pays à la presse à l’issue de
l’assemblée générale ordinaire de la
Fédération algérienne de football (AF) qui
s’est déroulée jeudi dernier à Alger. Par
ailleurs, le président de la FAF, Mohamed
Raouraoua, a souhaité que les autorités
locales, propriétaires des stades qui
abritent les championnats professionnels,
fassent davantage d’efforts pour la «mise à
niveau» de ces infrastructures
Chaque saison que le championnat fait
et devant un parterre représentatif de la
discipline, M. Raouraoua y va de son
habituel laïus sur l’organisation, voire la
réorganisation et/ou sinon de nouvelles
orientations à même de «réveiller» le
football national. Le volet formation,
notamment avec la dimension prise par la
sélection nationale, relève du leitmotiv
assommant parce que depuis l’instauration
«J’
du professionnalisme il n’a jamais été
suivi d’effet d’autant plus que le cahier des
charges consacré aux obligations des clubs
souligne dans l’une de ses dispositions que
la formation devrait être le maître-mot
dans la démarche globale.
Ainsi dans le cahier des charges et dans
son article 4, il est particulièrement
sollicité des clubs de football
professionnel de disposer de formateurs
qualifiés, conformément à la réglementation en vigueur. Ce n’est que ces derniers
temps que deux ou trois formations s’y
sont réellement lancées en y mettant en
plus des moyens et équipements, une
vision à long terme de la mission au
moment où celles (formations) qui dans
l’euphorie du changement de statut
s’étaient voulues les pionnières dans le
domaine toussotent ou se trouvent dans un
état cataleptique.
Dans le même article 4, il est également
attendu des clubs de football d’assurer la
formation continue des personnels d’encadrement sportif. Une vue de l’esprit… forcément. Les clubs ayant d’autres chats à
fouetter à commencer par le résultat
immédiat condition sine qua non pour
arracher un titre, éviter la relégation ou
faire le matamore, mettre en place une
politique de domestication des salariés
(footballeurs, entraîneur et consorts),
essayer d’amadouer un public exigeant
lequel particulièrement dans sa majorité
n’a rien à voir avec la philosophie de la
discipline et enfin passer son temps à
mettre en place une stratégie de nature à
contrer opposition, pseudo-opposition et
autres empêcheurs de tourner en rond.
Dans ce vade-mecum officiel, il y a
encore le must avec le chapitre 3 et plus
particulièrement cet article 10 où il est précisé que «le club sportif professionnel doit
disposer d’un centre de formation selon
les conditions de création, l’organisation,
le fonctionnement, l’agrément et le
contrôle des centres de formation des
talents sportifs. A défaut, il s’engage à
créer un centre dans un délai de trois ans
à compter de la date de la constitution du
club», alors que dans l’article suivant, il
est fait obligation au club concerné
d’assurer la formation. «Le club sportif
professionnel s’engage à mobiliser ses
moyens, ressources et potentialités en vue
de promouvoir la formation des jeunes
talents sportifs et garantir par voie de
c o n s é q u e n c e l a p ro d u c t i o n d e l a
performance dans toutes les catégories
d’âge», est-il stipulé.
Suite en page 14
SPORTS
DES
12
Dimanche 10 avril 2016
Dimanche 10 avril 2016
13
L’ETAT PEUT METTRE FIN AUX SUBVENTIONS DES CLUBS DITS
PROFESSIONNELS
MINISTÈRE, INSTANCES SPORTIVES ET CLUBS INTERPELLÉS
Abandon total de la formation,
le sport algérien en péril
L
défendant, «corrompu». On a, surtout, un
grave problème d’éthique financière.
L’absence de suivi et de contrôle de la gestion
des clubs dits professionnels ont ouvert la voie
à toutes sortes d’abus et de trafics qui ont,
naturellement, déteint sur le comportement des
uns et des autres, dans et en dehors des stades.
Tous les Algériens savent, au détail près, les
méthodes employées pour siphonner l’argent
des subventions publiques et celui des
sponsors à travers des contrats de recrutement
douteux.
Afin de contraindre les sociétés sportives
(SSPA) à cette mission fondamentale de la
formation, la FAF a mis au point une batterie
de nouvelles mesures en prévision de la
prochaine saison. L’obligation d’inscrire
7 joueurs du cru au minimum dans l’équipe A,
la limitation des prêts à seulement 2 joueurs, et
l’autorisation de 3 joueurs étrangers au
maximum pour les pensionnaires de la
L1 figurent déjà en bonne place dans les
règlements de la LFP pour l’exercice
2017/2018. Rappelons que des décisions
similaires ont été déjà adoptées, il y a deux
ans, mais rares sont les clubs qui s’en sont
réellement astreints. Y aura-t-il une
commission pour veiller de très près sur tout
cela ? A-t-on prévu, cette fois, des sanctions à
l’endroit d’éventuels contrevenants ? Que
feront les clubs, eux qui ont l’habitude de se
«coaliser» pour forcer la main à l’instance
nationale de la discipline et même à la tutelle ?
Il est clair que la réussite de cette
ambitieuse démarche en faveur de la formation
reste, donc, tributaire de la capacité de
l’instance nationale du jeu à onze à imposer
ses règles. Etant donnée l’importance de la
question et l’urgence de la situation, la FAF
doit, cette fois, se montrer intransigeante.
Aucune concession ne doit être faite, car il va
de l’avenir immédiat du football national. En
somme, on ne doit pas crier victoire.
Attendons pour juger sur pièce. Les autres
fédérations doivent également faire de même
et insister sur la formation. Les pouvoirs
publics et les sponsors doivent aussi
conditionner l’octroi d’aides et de subventions
à cette question fondamentale de la formation,
avec un suivi minutieux de l’usage de leurs
fonds sur le terrain. Il faut, coûte que coûte,
forcer la main aux clubs pour qu’ils jouent le
jeu dans le fair-play et la transparence.
Sinon, le sport algérien continuera de couler
indéfiniment.
K. A.
Un échec qui ne dit
pas son nom
Par
Par
Malik Boumati
Abdallah Kaddour
ela fait cinq années que le
professionnalisme a été décrété en
Algérie. Les clubs de football algériens
étaient supposés appliquer certaines règles qui
devaient à terme aboutir à une mise en œuvre
effective et complète des principes du
professionnalisme. Cependant, la seule règle à
laquelle les clubs ont souscrit est d’ordre
administratif. Celle du changement qu’ils
devaient apporter aux statuts des clubs que les
nouveaux règlements devaient transformer en
Sociétés par actions (SPA). Les présidents des
clubs avaient seulement senti le besoin
d’apporter des changements légaux, mais ont
complètement zappé les autres aspects du
professionnalisme contenus pourtant dans la
nouvelle réglementation.
En effet, cinq années plus tard, le constat
est amer. Aucun changement n’est venu rendre
effectif ce processus de professionnalisation.
Pire encore, le niveau du championnat des
Ligues 1 et 2 Mobilis a régressé depuis
2011, alors qu’il était censé de s’améliorer vu
le contenu des cahiers des charges et les
missions assignées aux dirigeants des clubs.
Ces derniers étaient appelés à créer des
écoles de football au sein de leurs clubs avec
l’objectif déclaré d’améliorer le niveau du
football algérien, du championnat national et
des équipes nationales, toutes catégories
confondues. Aujourd’hui, les responsables des
clubs ont failli à leurs obligations, étant
occupés principalement à gérer les équipes
premières.
Le plus terrible dans cette histoire des clubs
algériens, c’est cette tendance de leurs
dirigeants à dépenser des milliards et des
milliards pour s’offrir les services d’un
entraîneur et de quelques joueurs, et à négliger
totalement le volet formation qui aurait pu leur
faire économiser de belles sommes et même
leur renflouer les caisses en un laps de temps
record. En effet, une prise en charge sérieuse
de quelques dizaines d’enfants de 10/11 ans,
donnerait à coup sûr un taux appréciable de
joueurs de haut niveau six ou sept ans plus
tard. Le club aura une équipe compétitive et se
permettra même de vendre des joueurs de
elon le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed
Raouraoua, «aucun club en Algérie n’a construit un centre de formation pour
les jeunes». Une déclaration qui, en fait, est loin de constituer une révélation
ou une surprise, mais elle remet bel et bien en cause la gestion du football en
Algérie. Il a été décidé par la Ligue nationale de football (LNF) et la FAF de
professionnaliser le championnat d’Algérie de football, à partir de la saison
2010-2011. Ainsi, tous les clubs algériens de football qui bénéficiaient jusque-là du
statut de club semi-professionnel sont passés au professionnalisme. La déclaration
du président de la FAF vient six ans après le lancement du professionnalisme qui
était censé apporté un nouveau mode de gestion basé sur la rigueur et le sérieux,
surtout que le football a touché le fond ces dernières saisons, à cause des gestions
catastrophiques des clubs qui n’ont pu aller de l’avant et demeuraient à la traîne par
rapport aux clubs des pays voisins qui ont connu une avancée extraordinaire,
devenant des clubs professionnels à part entière, ce qui leur permettra d’ailleurs,
d’accroître leur domination sur le contient. C’est le cas des clubs tunisiens de
l’Espérance sportive de Tunis, de l’Etoile sportive du Sahel, en plus du CS Sfaxien,
qui est également devenu ces dernières années un des clubs les plus en vue, grâce à
victoire finale en Ligue des champions arabes et en Coupe de la CAF. Il ne faut
pas oublier aussi les Egyptiens qui disposent des clubs les plus structurés et cela a
eu son effet pour des clubs comme Al Ahly SC et le Zamalek, qui à eux deux
disposent du plus gros des titres africains, pour ne citer que ceux là. La ligue
nationale est moins rigide sur ce thème et laisse le statut professionnel à des clubs ne
possédant pourtant pas de centre de formation. La formation est le maillon faible du
football national faute de bonne gestion mais surtout à cause des mentalités
moyenâgeuses de certains dirigeants qui refusent de mettre en place une stratégie à
long terme pour la formation de jeunes joueurs. Le manque de centre de
formation n’est pas dû à un manque de moyen sachant que certains dirigeants
dégagent des sommes faramineuses pour le recrutement des joueurs mais ils
n’investissent pas dans la formation et le potentiel humain. Le volet formation est
complètement négligé par les dirigeants des clubs, et pourtant la formation est le
meilleur moyen pour assurer la survie d’un club. «Il est souhaitable de voir les clubs
professionnels investir dans ce domaine, au lieu de continuer à accorder plus
d’intérêt au recrutement des joueurs», a déploré le président de la FAF. En plus des
centres de formation, un club doit disposer d’un stade qui serait homologué par la
FAF, mais aussi par la CAF, pour qu’il puisse abriter les rencontres internationales.
Le club professionnel devrait disposer aussi de certains moyens financiers qui lui
permettront de faire ses déplacements, en Afrique notamment. L’essor du football
national dépend de la formation de jeunes joueurs et athlètes, actuellement les
dirigeants tournent le dos à ce volet. Ces derniers devraient changer leur mentalité et
leur mode de gestion afin de développer le football national. La FAF pour sa part,
elle devrait être plus stricte et rigide sur cette question et inciter les dirigeants de
clubs à créer des centres de formations.
A. K.
S
Photo : Archives
a sélection algérienne de football est
constituée exclusivement de joueurs
expatriés, évoluant en Europe. La
majorité écrasante de ses athlètes ont été
formés en France. Les footballeurs locaux
sont, il est vrai, en deçà du niveau requis pour
porter dignement les couleurs nationales. C’est
un constat amer qui traduit l’abandon de la
formation au sein des clubs et, in extenso, la
faillite de la politique sportive mise en œuvre
dans le pays. Cette réalité n’affecte pas
uniquement le sport-roi, mais concerne
quasiment toutes les autres disciplines
sportives. Les sélections nationales de
handball, de volley-ball ou d’athlétisme
recourent aussi, de plus en plus, à ce réservoir
de la diaspora établie à l’étranger, au lieu de
prendre en charge les jeunes talents du cru.
Même les clubs ont fini par céder à cette
solution de facilité. Les équipes des deux
ligues professionnelles de football recrutent à
tour de bras des jeunes évoluant dans les
divisions inférieures en France. On assiste,
impuissant, à la mort du sport algérien.
Le président de la Fédération algérienne de
football (FAF), Mohamed Raouraoua, au cours
d’une récente sortie médiatique, a accablé les
clubs sur ce sujet. «Aucun club n’a créé
d’école de football comme prévu dans la loi
sur la professionnalisation !», s’est-il
offusqué. Les clubs professionnels, de leur
côté, rejettent la balle aux pouvoirs publics, en
réclamant les subventions promises pour se
doter de centres de formation. «J’appelle les
pouvoirs publics à activer le lancement des
centres de formation au profit des clubs
professionnels au vu du rôle important que
jouent ces centres dans le développement du
football algérien», ajoute M. Raouraoua, qui
réalise que le foot algérien a beaucoup
régressé ces dernières années.
Mais, cette histoire de centres de formation
ne justifie pas, à elle seule, l’abandon des
petites et jeunes catégories. Pour preuve, dans
les petits clubs amateurs, en dépit de l’extrême
restriction des ressources et des moyens, on
trouve toujours des éducateurs passionnés qui
inculquent les bonnes valeurs à la relève.
L’honnêteté, l’éthique, le respect scrupuleux
des règles jeu et de l’adversaire ainsi que les
bonnes manières sont, en effet, un gage de
réussite. Dans les équipes de quartiers,
évoluant avec les moyens du bord, on déploie
autant de soin dans la préparation des jeunes
talents. Mais dès qu’un bon élément émerge, il
est vite happé par une formation prétendue
professionnelle où il se fera, à son corps
Photo : S. Zoheir
Par
Kamel Amghar
CENTRE DE FORMATION
ET PROFESSIONNALISME
C
qualité pour améliorer la trésorerie. Il y aura
donc de l’argent dans les caisses du club qui
donnera l’occasion à ses dirigeants de créer
des sections dans d’autres disciplines
sportives comme prévu aussi par la nouvelle
règlementation.
Aujourd’hui, le président de la Fédération
algérienne de football, Mohamed Raouraoua,
continue à critiquer les dirigeants des clubs
pour avoir ignoré le contenu des cahiers des
charges élaborés dans le cadre du processus de
professionnalisation des clubs algériens, mais
reste timide dans ses actions. Le ministère de
la Jeunesse et des Sports reste aussi de marbre
devant cette situation qui nuit gravement au
sport national en général et au football en
particulier. Il ne reste plus de temps pour
palabrer et exprimer ses regrets. La FAF et le
MJS doivent agir de concert pour sévir contre
les clubs qui négligent le volet formation.
Parce qu’il s’agit tout simplement d’une grave
opération de dilapidation de deniers publics.
Les Assemblées locales communales et de
wilayas continuent à apporter un soutien
financier à des clubs supposés être des
entreprises économiques privées, et qui ne
respectent pas les règles inscrites dans le
cahier des charges, stipulant notamment que
l’argent public ne doit être utilisé que dans la
formation ou la promotion d’autres disciplines
que le football. Il est temps d’agir contre ces
clubs parce que l’Algérie ne doit plus être
obligée «d’importer» des joueurs pour avoir
une équipe nationale compétitive. Bien
entendu, les Verts auront toujours besoin de
l’appui des joueurs de la diaspora, mais il est
honteux pour tout un pays de monter une
équipe nationale avec 90% de joueurs venus
d’ailleurs. Honteux parce que cela veut dire
que les clubs algériens ne servent à rien. Pire,
cela veut dire que les clubs travaillent contre
les intérêts du sport national, de l’Algérie, d’où
l’urgence d’une action de la Fédération et/ou
de l’Etat pour mettre fin à une situation qui n’a
que trop duré et qui mène encore et encore le
football national vers les abîmes.
M. B.
Photo : Archives
Photo : S. Zoheir
Photo : DR
Il est temps de sévir contre
les clubs négligeant la formation
14
S P O R T S
Dimanche 10 avril 2016
UNION AFRICAINE DE JUDO
Mohamed Meridja : «Un plan de redressement
du judo africain est nécessaire»
Avec son élection mercredi à la vice-présidence, l’Algérien, qui occupe aussi le poste de directeur de
l’Education et de l’Académie à la Fédération internationale (IJF), revient aux affaires de l’UAJ après huit
longues années d’absence
Par
Algérie presse service
e judo africain, «en nette
régression», a besoin
d’un plan de redressement pour retrouver son niveau,
a estimé l’Algérien Mohamed
Meridja, élu mercredi premier
vice-président de l’Union
africaine de judo (UAJ) lors de
l’assemblée générale élective,
tenue à Gammarth (banlieue
nord de Tunis).
«Sincèrement, le judo en
Afrique a fait des pas en arrière
et donc il y a un énorme travail
à faire, notamment dans le
domaine de l’encadrement.
Cette situation est due au
manque de moyens. Nos entraîneurs doivent être à jour pour
pouvoir tirer le niveau des
athlètes vers le haut», a déclaré
Meridja à l’APS en marge du
37 e championnat d’Afrique
seniors au Palais des sports
d’El-Menzah (Tunis).
Avec son élection mercredi
à la vice-présidence, l’Algérien,
qui occupe aussi le poste de
directeur de l’Education et de
l’Académie à la Fédération
Photo : DR
L
internationale (IJF), revient aux
affaires de l’UAJ après huit
longues années d’absence.
«Mon poste à l’IJF ne va
pas m’empêcher d’aider le
continent africain et aussi mon
pays l’Algérie qui occupe une
place particulière dans le gotha
continental qui sera meilleur
avec plus d’application et de
travail à la base», a indiqué le
n°2 de l’UAJ. Le Malien Habib
Sissoukou a été élu nouveau
président de la UAJ, succédant
à l’Ivoirien Lassana Palenfo. Le
bureau se compose également
de la Botswanaise Estoni Haiti,
secrétaire générale et du Gabonais André Angoi, trésorier
général. De son côté, le président de la Fédération tunisienne
de judo, Skander Hachicha, a
été élu membre du bureau
exécutif de l’Union africaine de
la discipline et occupera les
fonctions de deuxième
vice-président.
«Le bureau élu de l’Union
africaine de judo tentera
d’améliorer la situation de la
discipline, a promis Meridja.
Nous allons étudier la situation
pour agir ensuite».
Les nouveaux dirigeants de
l’UAJ prendront officiellement
leurs fonctions après les Jeux
Olympiques de Rio de Janeiro
en août prochain pour un
mandat de quatre ans, soit jusqu’aux Olympiades de Tokyo
en 2020.
APS
Championnat d’Afrique de judo 2016 : échos de Tunis
‰JO : la délégation algérienne compte sur Oussama Djeddi (-73 kg) pour remporter l’or et rejoindre
les trois autres Algériens qualifiés aux Jeux olympiques 2016 (Bouyakoub, Benamadi et Tayeb). «Nous
espérons une médaille d’or pour Djeddi qui va le qualifier aux JO», souhaite le DTN, Samir Sebaâ.
la Fédération) ainsi que Mélanie Angawangue (Gabon). «C’est un vrai plaisir que de rencontrer des
athlètes de notre génération et recevoir cette distinction qui nous rappelle nos exploits sur les tatamis»,
s’est réjoui Souakri, 12 fois championne d’Afrique.
‰AFFLUENCE : le public tunisien ne s’est pas déplacé en force pour assister aux combats. Les tribunes du Palais des Sports d’El Menzah étaient presque vides lors de la première journée. Dans la
matinée de samedi, les gradins se sont un peu remplis.
‰ARBITRAGE : les staffs de plusieurs sélections participantes au championnat d’Afrique-2016 ont
critiqué le rendement des juges. La commission d’arbitrage recourait d’ailleurs souvent à la vidéo pour
revoir les actions litigieuses.
‰RECONNAISSANCE : l’Union africaine de judo (UAJ) a honoré les Algériens Omar Meridja et
Salima Souakri vendredi soir à l’hôtel El Mouradi parmi les 20 meilleurs judokas médaillés de l’histoire
en Afrique. Plusieurs anciens grands noms du judo ont reçu des distinctions comme les Egyptiens
Hichem Mesbah et Basel Al Gharbaoui, le Tunisien Mohamed Hachicha (père de l’actuel président de
‰MEDIAS : la presse algérienne est présente en force à Tunis pour couvrir la compétition. Parmi les
organes se trouvant sur place, l’agence APS qui a tenu à dépêcher un envoyé spécial pour assurer la
couverture de cet important événement qualificatif aux Jeux olympiques-2016.
APS
Suite de la page 11
Nous laissons évidemment le soin
au lecteur de juger de lui-même de
l’immense percée réalisée par les clubs
de football professionnel en ce sens.
Toutefois, il serait faux d’accabler
seulement les clubs de cette faillite
sachant que le premier concerné dans
celle-ci est l’Etat sinon celui qui le
représente en l’occurrence le département ministériel de la Jeunesse et les
Sports avait la charge de niveler
l’espace en mettant à la disposition des
associations devenues professionnelles
ou sinon de dégager des espaces pour
construction de centre de formations
dont il prendrait en charge à 100% le
financement.
Dans cet ordre d’idées, Tahmi,
l’ex-ministre de la Jeunesse et les
Sports, en conclave avec les présidents
de clubs à la fin de l’année 2013, s’était
même fendu d’une utile précision :
«Ces centres seront cédés aux
formations en question dans le cadre
d’une concession.» Quant à l’entame
des travaux de réalisation, elle était
prévue pour janvier 2014.
Il est donc aisé de constater que la
balle n’est pas dans un seul camp mais
vadrouille entre l’un et l’autre de toutes
les parties engagées dans le dossier.
Tout le monde parle. La facilité avec
laquelle les responsables ont trouvé les
moyens de monter une sélection nationale fonctionnelle à tout moment ne fera
que renvoyer la formation in-situ aux
calendes grecques. En effet, pourquoi se
mettre martel en tête sachant que les
centres de formations français se chargeront sans trop de rancune et de regret
de le faire par procuration aux jeunes de
nationalité algérienne. Et comme avec la
découverte à travers les championnats
européens de football d’un, deux, trois
nouveaux talents chaque mois autant
dire que la source est bien loin de se
tarir et le filon de s’épuiser.
A. L.
Photo : DR
Tant que les centres de formation étrangers répondront présents…
S P O R T S
Dimanche 10 avril 2016
LUTTE CONTRE LE DOPAGE EN ATHLÉTISME
Sporting Lisbonne : Slimani
acquitté par la Fédération
L’absence du Kenya aux JO-2016
pénaliserait l’Afrique
La commission de discipline de la
Fédération portugaise de football
(FPF) a décidé d’innocenter l’attaquant international algérien du
Sporting Lisbonne, Islam Slimani, suite
à la plainte déposée par le Benfica
relative à une «agression» sur son
défenseur grec Andreas Samaris en
coupe du Portugal, ont rapporté hier
des médias locaux.
La FPF avait engagé une procédure
disciplinaire contre Slimani, suite à une
plainte déposée contre lui par la direction du Benfica pour avoir «agressé»
son défenseur Samaris lors du match
de coupe entre les deux équipes en
novembre dernier.
Le Benfica a recouru à la vidéo après
que l’incident a échappé à l’arbitre du
match et à ses assistants. Le club estimait que le coup de coude du buteur
du Sporting aurait pu causer «des
lésions corporelles graves».
Slimani ne risque donc aucune sanction qui pouvait aller jusqu’à six
matchs de suspension.
Auteur de 22 buts en championnat
portugais cette saison, Slimani est l’un
des atouts du Sporting, en quête d’un
titre de champion qui fuit le club lisboète depuis 2002.
Au terme de la 28 e journée, le
Sporting occupe la 2e place au classement de la «Liga Nos» avec 68 points,
à deux longueurs du leader, le Benfica.
Le Kenya représente à lui seul, à chaque fois, au moins le tiers, et presque la moitié
avec l’Ethiopie, du nombre de médailles récoltées au cours des événements
sportifs mondiaux
Par
A. Lemili
vant le 2 mai prochain,
le Kenya, terre d’élection de l’athlétisme
continental et mondial, doit
«accoucher» d’une loi sur la
lutte contre le dopage. A
défaut, les autorités sportives,
voire nationales, s’exposeraient
à des sanctions pouvant aller
jusqu’à l’exclusion, même si
celle-ci semble être démesurée,
des athlètes kenyans aux prochains Jeux olympiques qui se
dérouleront à Rio (Brésil).
Néanmoins, la nécessité de
faire adhérer le Kenya à la
politique de lutte contre le
dopage dans le sport est
d’abord légitime puisque dans
leur majorité les autres Etats de
la planète l’ont fait et ensuite
parce que cela relève au
minimum de l’éthique et du
respect des valeurs sportives et
morales auxquelles souscrirait
n’importe quel sportif. Le bras
de fer entre l’Agence mondiale
anti-dopage et le Kenya a commencé à quelques mois du
début de l’année 2016 quand
l’AMA faisait part à la Fédération kenyane d’athlétisme de sa
frustration de voir qu’elle ne
prenait toujours pas de mesure
sérieuse de lutte contre le
dopage. L’agence allant jusqu’à considérer, par la voix de
l’ancien et immense champion
mondial Kipchoge Keino que
«le Kenya essayait de cacher
sous le tapis des problèmes en
ce sens…», ajoutant ensuite
que «l’ADAK (agence antidopage kenyane) et le gouvernement» devaient se rapprocher
et affronter de concert ledit
A
Photo : DR
Red Star : 7e but de la saison
pour Hameur Bouazza
phénomène, «au risque de
mettre le pays en grande difficulté» face aux instances sportives internationales. L’ancien
champion s’était en outre
épanché sur ce qui se disait à
hauteur des responsables de
l’AMA lesquels s’étonnaient
sur l’absence de sanction à
l’encontre de deux coureuses
en l’occurrence Joyce Zakari et
Koki Manunga contrôlées positives lors des derniers Mondiaux de Pékin. A peine deux
mois après ce constat, deux
autres coureuses avaient été
également suspendues par
l’agence faisant jeter désormais
l’opprobre sur des dizaines
d’autres athlètes kenyans. Rappelons que l’attitude des autorités kenyanes sur ce dossier est
effectivement suspecte sachant
qu’elles ont été saisies à plusieurs reprises et n’ont exprimé
aucune volonté de répondre aux
ultimatums lancés par l’AMA.
Quoiqu’il en soit, il semblerait
qu’il n’y ait plus d’autre issue,
au cas où le Kenya n’obtempérerait pas aux injonctions de
l’agence, que l’interdiction de
participation aux jeux de Rio.
En conclusion, si à la date
butoir du 12 mai, une loi n’est
pas promulguée par les autorités kenyanes autant dire que
le pays africain le plus repré-
sentatif sur le plan sportif lors
d’une manifestation internationale d’envergure internationale
comme les Jeux olympiques ne
serait pas le seul pénalisé mais
tout le continent car est-il
besoin de le rappeler de nouveau, le Kenya représente à lui
seul et à chaque fois au moins
le tiers (et presque la moitié
avec l’Ethiopie) du nombre de
médailles récoltées au cours
des événements sportifs précédemment évoqués. A Londres,
sur la trentaine de médaillés
récoltée par l’Afrique 11 l’ont
été grâce aux athlètes du
Kenya.
A. L.
TRANSFERT
Fenerbahçe et l’Inter Milan se positionnent pour Feghouli
LES CLUBS turc de
Fenerbahçe et italien de l’Inter
Milan se sont sérieusement
positionnés pour s’attacher les
services du milieu international
algérien du FC Valence (Liga
espagnole de football) Sofiane
Feghouli, dont le contrat expire
en juin prochain, rapporte
samedi le site spécialisé Plaza
Deportiva.
La formation stambouliote
aurait fait une proposition supérieure à 3 millions d’euros
tandis que l’Inter Milan en a
proposé 2,7, selon la même
source.
Le club anglais de
Tottenham n’est pas en reste
puisqu’il semble intéressé par
le profil de l’ancien joueur de
15
Grenoble Foot 32 (Ligue
2/France).
L’éventuelle participation
des Spurs la saison prochaine à
la Ligue des champions pourrait faire basculer la balance en
faveur des Londoniens.
Le joueur âgé de 26 ans et la
direction du FC Valence n’ont
toujours pas trouvé un accord
pour un prolongement de
contrat, sachant que Feghouli a
réclamé une revalorisation salariale au même titre que d’autres
cadres de l’équipe à l’image de
Pablo Alcacer.
Le club valencian est en
train de réaliser un parcours
décevant en Liga avec une
15 e place au classement
(34 points), soit six de plus que
le premier relégable, le
Sporting Gijon. Deux entraîneurs ont été consommés déjà
depuis le début de la saison :
l’Espagnol Nuno Esperito et
l’Anglais Gary Neville. Le FC
Valence accueille dimanche le
FC Séville dans le cadre de la
32e journée du championnat.
APS
L’ancien attaquant international algérien du Red Star Hameur Bouazza a
marqué vendredi soir son 7e but de la
saison lors de la victoire en déplacement sur le terrain de l’AC Ajaccio
(2-1) dans le cadre de la 33e journée
du championnat de Ligue 2 française
de football.
Le joueur algérien a répondu, sur
penalty (57’), à l’ouverture du score
des Corses signée Johan Cavalli (43’).
Le Red Star a pris l’avantage en fin de
partie grâce à Remi Fournier (90’).
Le classement des buteurs de la Ligue
2 est dominé par l’international sénégalais de Clermont Foot Famara
Diedhiou qui compte 20 réalisations.
A la faveur de cette victoire, le Red
Star rejoint le Havre AC à la 3e place
au classement avec 55 points chacun,
à sept longueurs du leader Dijon FC.
Bouazza (31 ans) s’est mis en évidence également en terme de passes
décisives puisqu’il occupe la 3e place
au classement des meilleurs passeurs
avec 8 offrandes derrière Gustavo
Campanharo (Evian TG) et Yeni
Ngbakoto (FC Metz) avec 9 passes
chacun. L’ancien joueur de Watford
(Premier league anglaise) avait rejoint
le club de la banlieue parisienne, alors
en National (3e division) en septembre
2014 en provenance de l’ES Sétif
(Ligue 1/Algérie) avec lequel il avait
joué quatre matchs seulement sans
marquer le moindre but.
FC Bologne : Taider incertain
face à l’AS Rome lundi
LE MILIEU international
algérien, Saphir Taider, blessé
à la cheville, est incertain pour
le déplacement sur le terrain de
l’AS Rome lundi soir (19h45
algérienne) en clôture de la
32 e journée du championnat
d’Italie de football, rapporte
samedi le site spécialisé Tutto
Mercato. Le joueur algérien a
dû quitter ses coéquipiers au
bout de 10 minutes de jeu,
lundi soir lors de la défaite
concédée à domicile face à
l’Hellas Vérone (0-1). Taider se
contente actuellement d’un travail spécifique et la date de son
retour à l’entraînement collectif
n’a pas encore été arrêtée. Le
milieu récupérateur des Verts
est revenu l’été dernier à
Bologne après un premier passage dans ce club entre 2011 et
2013. Il a fait 25 apparitions en
championnat cette saison. A
sept journées de l’épilogue,
Bologne pointe à la 12e place
avec 36 points au classement,
dominé par la Juventus qui en
compte 73.
APS
16
L I V R E
Dimanche 10 avril 2016
L’ENCYCLOPÉDIE EN 4 TOMES EST PUBLIÉE PAR LES ÉDITIONS AL BAYAZIN
La fabuleuse histoire du sport algérien en librairie
En plus de la masse d’informations inestimables qu’elle offre, toutes disciplines confondues, l’encyclopédie
constitue une source de documentation pour les instances sportives et un support pédagogique
dans les établissements sportifs de formation
Par
Algérie presse service
ne encyclopédie illustrée
du sport national, sous
forme de collection
intitulée La fabuleuse histoire du
sport algérien, proposée en
quatre tomes et retraçant
l’histoire du sport algérien de
1912 à 2014, vient de paraître
aux éditions Al Bayazin. La
fabuleuse histoire du sport
algérien, qui aura nécessité plus
de 15 années de recherches, de
témoignages et de recoupements,
tant en Algérie qu’en France, est
un récit rédigé par Fayçal
Chehat, journaliste algérien
résidant en France, fait revivre
au lecteur des moments exaltants
et de magie de sportifs algériens,
dont certains ne sont plus de ce
monde, mais qui ont eu à
représenter l’Algérie dans des
rendez-vous sportifs à forte
signification, pas seulement
sportive, mais également
diplomatique et politique dans
certains cas.
Le tome I de l’encyclopédie,
proposé en version bilingue
(arabe et français) et titré
1912-1962, les moissons de
l’exil, offre un véritable voyage
dans le temps qui permet de
découvrir des phases méconnues
et des exploits réalisés alors que
les Algériens vivaient encore
sous le joug colonial. L’auteur
raconte que même si «les
Photo : DR
U
Algériens, ayant eu accès à la
pratique du sport dans (les)
cercles fermés, se comptaient sur
le bout des doigts», cela n’a
guère empêché certains parmi
eux, notamment ceux engagés
sous les drapeaux, de «faire
étalage de leurs qualités de
résistance et d’endurance», se
frayant, dès lors, le chemin qui
les mènera droit vers la représentation algérienne dans les
compétitions internationales.
Parmi les sportifs ayant
émergé pendant la période
coloniale, l’auteur cite quatre
figures de disciplines distinctes,
à savoir Bouguera El Ouafi
(athlétisme), premier marathonien algérien et médaillé d’or
aux Jeux olympiques de Stockholm-1923, Chérif Hamia
(boxe), champion d’Europe des
poids plumes, Abdelkader Zaâf
(cyclisme), un des meilleures
cyclistes algériens avec Ahmed
Kebaïli et grand animateur de
Tours de France, sans oublier
Rachid Mekhloufi (football),
stratège de l’AS Saint-Etienne et
membre de la glorieuse équipe
du FLN.
En plus de retracer certaines
compétitions qui ne sont plus de
mise aujourd’hui, à l’exemple du
Grand prix cycliste de Bône
(Annaba) qui se tenait pendant
une trentaine d’années depuis
1924, «Les moissons de l’exil»
est aussi riche en illustrations
fortement expressives que le
lecteur retrouve dans cet ouvrage
de 220 pages. Le tome II de
cette encyclopédie sera réservé
aux 16 premières années de
l’indépendance (1962-1978)
sous le titre La renaissance, le
tome III (Feux d’artifice) promet
de s’intéresser à la période allant
de 1978 à 1990, alors que le
tome IV, intitulé Ombres et
lumières, traite de 1990 à 2014,
soit une couverture totale de plus
d’un siècle.
«Si le tome I de cette collection est proposée exceptionnellement en version bilingue, les
trois titres qui vont suivre seront
en versions arabe et française
séparées», promet l’éditeur. En
plus de la «masse» d’informations inestimables qu’elle offre
aux férus de sport, toutes
disciplines confondues, la
compilation d’Al Bayazin
constitue incontestablement un
support de documentation de
valeur pour les instances sportives et un outil pédagogique
dans les établissements sportifs
de formation.
La collection La fabuleuse
histoire du sport algérien est la
seconde offre éditoriale
d’Al Bayazin dans le domaine
sportif après celle intitulée
Sportifs d’exception dont le
premier numéro a été consacré à
l’ancien footballeur algérien
Rachid Mekhloufi, sous le titre
Une portion de ciel bleu dans le
monde du football. Entamée par
le livre dédié à Rachid
Mekhloufi - ouvrage désormais
disponible en langue arabe -, la
collection Sportifs d’exception
proposera dans les prochains
mois des titres qui traiteront de
sportifs ayant marqué leur temps,
tels que Chérif Hamia, Hassiba
Boulmerka, Salima Souakri et
bien d’autres.
APS
LIVRE DE MARCEL YANELLI, ANCIEN MILITAIRE DU CONTINGENT DES APPELÉS
UN NOUVEL ouvrage sur la
guerre de libération, édité par
l’Harmattan, vient s’ajouter aux
nombreux témoignages d’appelés
du contingent français réprouvant le
combat contre un peuple qui luttait
pour son indépendance. J’ai mal à
l’Algérie de mes vingt ans.
Carnets d’un appelé, 1960-1961
(253 pages) est la compilation des
notes et des impressions écrites au
jour le jour pendant 14 mois par un
jeune homme de 22 ans, Marcel
Yanelli, militant communiste «tourmenté» par la guerre qui était à son
épilogue avec les négociations entre
le Gouvernement provisoire de la
République algérienne (Gpra) et
le gouvernement français.
L’auteur place ses témoignages
dans le cadre du travail de mémoire
de cette guerre «que l’on a longtemps appelée hypocritement ‘‘opérations de maintien de l’ordre’’».
«Je pense que les choses doivent
venir en leur temps, celui du mûrissement par exemple... Ou encore
celui du sentiment aigu de la précarité du temps, surtout pour les gens
de mon âge qui ont vécu cette
période... Celui, également, du travail de mémoire, d’histoire de réparation que la France n’a pas voulu
effectuer...», explique-t-il. Car, pour
lui, il est impossible, du côté des
Français, d’oublier ses soldats
«morts pour rien en Algérie».
«Pour rien, car cette guerre était
perdue d’avance, car on ne peut
rien faire quand tout un peuple est
debout ! Comment ignorer ces centaines de milliers d’Algériens et
Algériennes morts pour que leur
pays devienne indépendant ?», se
demande-t-il.
Loin de constituer un lot de
révélations sur le déroulement de
cette «sale guerre», l’ouvrage de
Marcel Yanelli tente de montrer
qu’en parallèle à cette guerre, une
autre guerre secrète était menée par
les militants communistes envoyés
à dessein combattre en Algérie. «Je
n’y suis pas allé pour faire la
guerre mais pour gagner mes compatriotes à la conscience que cette
guerre n’avait rien à voir avec les
intérêts de la France», explique-til, ajoutant que «le moment était
venu pour moi, comme pour
d’autres jeunes communistes ou
chrétiens, non de refuser de partir,
mais de me retrouver avec les gars
du contingent, ‘‘les appelés’’, pour
faire mon travail de militant de la
paix en Algérie». Affecté en opérationnel (dans un commando de
chasse), Marcel Yanelli, né en 1938
dans une famille de 8 enfants, de
parents émigrés italiens, ne reste
pas cependant coupé de ce qui se
passe autour de cette guerre. En sui-
vant le procès des membres du
«Réseau Jeanson» et prenant
connaissance de l’appel des 121, il
écrit que «ces deux choses soulignent le drame d’un peuple tiraillé
par le devoir, par l’esprit de justice.
Le caractère de cette guerre est mis
à jour». Ce qui le met dans un
questionnement existentialiste :
«Les milieux littéraires agissent.
N’est-ce pas le moment pour accentuer notre mouvement ? Et moi ?
Que faire ? Rester ici ?» Il relate
les atrocités et les crimes des soldats (les viols, la torture et les vols),
qu’il dénigre mais ne peut rien
faire. «J’exprime ma rancœur, mon
indignation. Ils ne me comprennent
pas, justifient la torture», relève-til.
Marcel Yanelli revient dans son
ouvrage sur la loi de 2005 qui soulignait «le rôle positif de la présence
française dans les colonies». «Et
double honte ou colère quand une
majorité de députés de l’Assemblée
nationale ose voter en 2005, une loi
insistant sur ‘‘le rôle positif de la
présence française dans les colonies’’, une loi qui impose un mensonge officiel sur des crimes, sur
des massacres allant parfois jusqu’au génocide, sur l’esclavage,
sur le racisme hérité de ce passé»,
s’indigne-t-il.
APS
Photo : DR
J’ai mal à l’Algérie de mes vingt ans, témoignage sur le crime colonial
17
C U L T U R E
Dimanche 10 avril 2016
PROGRAMME D’ACTIVITÉS DU THÉÂTRE NATIONAL POUR LE MOIS D’AVRIL
De nouvelles productions sur les planches du TNA
Des coopératives et des associations théâtrales sont intégrées au programme et présenteront leurs
nouvelles pièces
Par
Sihem Bounabi
e Théâtre national algérien
Mahieddine-Bachtarzi
(TNA) a concocté pour ce
mois d’avril tout un programme
de représentations théâtrales,
ainsi que des spectacles chorégraphiques et artistiques. Ainsi,
dès demain, les amateurs du
4e art sont conviés à découvrir, à
partir de 18h, la générale de la
pièce Appel Masqué écrite par
Tarek Achba et mise en scène
par Nabila Ibrahim. Produite
par la Coopérative Port Saïd
d’Alger, la pièce sera également
présentée sur les planches mardi
prochain à partir de 14h30.
Mercredi prochain, dès 18h,
pour ceux qui n’ont pas pu
assister aux précédentes représentations ou désireux de revoir
le spectacle, le ballet théâtre
«Juba 2» mise en scène par
Nouara Adami qui retrace le parcours historiques du roi numide
qui a marqué l’histoire de l’antique Césarée est à l’affiche. Le
14 avril prochains, le TNA et
l’association culturelle et artistique El-Hadhria convient le
grand public, dès 14h, à une
soirée artistique en hommage
aux sportifs algériens avec un
plateau riche et varié et pleins de
surprises au menu.
Pour vendredi prochain, c’est
l’association «Lions Club»
d’Alger qui convie les férus de
théâtre à venir découvrir, dès
Photo : DR
L
18heures, la pièce théâtrale
«Cabaret Macabre» d’après Jean
Pierre Siméon et mise en scène
par Hélène Exbrayat.
L’association «Lions Club»
d’Alger, propose également trois
autres pièces dans la même veine
à l’instar de celle programmée
pour le 16 avril prochain intitulée «Toqués, Toqués» d’après
le texte de Laurent Baffie qui
sera à l’honneur sur les planches
du TNA avec une mise en scène
de Geneviève Tréjaut. Le lendemain, les passionnés de théâtre
pourront apprécier, toujours à
partir de 19 heures, la représentation de la pièce intitulée «Le
Voyage d’Ulysse» mise en scène
par Véronique Rabalo.
La programmation initiée
par l’association Lions Cub
d’Alger sur les planches du TNA
se clôturera lundi prochain, à
19 heures avec la pièce intitulée
«Maintenant que nous sommes
ensemble ça va mieux» du dramaturge Wadjdi Mouawad et
mise en scène par Geneviève
Tréjaut.
La talentueuse coopérative
«El-Melga» de Tindouf, sera
quand à elle a l’affiche, le
19 avril prochain, à 14h 30 avec
la pièce intitulée «El-Moulhim
El-Hafid Abi Ras El-Nassiri»
écrite par Mohamed Meziane
et mise en scène par Bella
Boumediene.
Par ailleurs, d’autres associations théâtrales seront à l’honneur sur les planches des
Théâtres régionaux algériens, à
l’instar de l’Association Dhiaa
El-Khachab Tiaret qui présentera
la pièce pour enfants intitulée
«Les Trois Courageux», écrite
par Derdar Houdaifa et mise
en scène par Abdessamed
Mohamed Amine. Il y a également l’Association d’Art Dramatique Mahfoud-Touahri de
Meliana qui présentera la nouvelle production intitulée «Soukout Hor» mise en scène par
Mourad Oudjit.
La programmation du mois
d’avril se clôturera au TNA,
avec deux spectacles artistiques.
Le premier, le 28 avril prochain,
dès 19 heures avec une coproduction entre le Théâtre national
algérien et le Ballet national, un
spectacle chorégraphique intitulé
«La Flamme du Sahara» une
adaptation de Namous Snoussi
Fatema-Zohra et Salim Baba
avec une mise en scène et chorégraphie de Namous Snoussi
Fatema et Ahmed Khemis.
Quant au 30 avril prochain, à
19 heures les mélomanes et les
amoureux de musique universelle auront rendez-vous avec un
concert de l’Orchestre symphonique dirigé par le maestro
Amine Kouider.
S. B.
13E FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM PANAFRICAIN DE CANNES
Par
Rédaction culturelle
LE LONG MÉTRAGE
Rêveries de l’acteur solitaire
du réalisateur algérien HamidBenamra prendra partà la
compétition officielle du 13 e
Festival international du film
panafricain de Cannes qui se
tiendra du 16 au 20 avril, prochains, a appris l’APS auprès
des organisateurs. Le film produit par Nunfilm se focalise sur
les préoccupations d’un acteur,
ses rêves, ses ambitions en suivant l’acteur Mohamed Adar,
personnage principal du film,
lors du montage d’une pièce de
théâtre. Exploitant beaucoup
d’images d’archives, ce film se
veut également un hommage
aux artistes, cinéastes et
hommes de culture algériens et
dans les pays arabes.
Réalisateur, acteur et photographe, Hamid Benamra, avait
sorti sa première œuvre, Pour
une vie meilleur, en 1981, avant
de se consacrer aux courts
métrages puis au documentaire
à partir de 2007. Plus récemment, il avait présenté le documentaire Bouts de vies, bouts
de rêves, en 2012, qui avait participé à une multitude de grands
événements cinématographiques internationaux dont les
Journées cinématographiques
de Carthage en Tunisie (JCC) et
le Festival panafricain du
cinéma de Ouagadougou (Fespaco). Rêveries de l’acteur solitaire a, lui, décroché une
mention spéciale du jury, une
distinction qui lui reviendra
également au Festival du film
africain de Louxor en mars dernier. Les critiques ont souligné
à propos de ce long métrage
que «Benamra puise dans un
talent infini, voyageant du présent au passé, du singulier au
général. Une organisation
éblouissante qui exige du réalisateur, du cadreur et du monteur Benamra, un tissage fluide
de milliers de plans. Il n’y a
pas une seule minute de perdue
ou de subie, donc un travail
excellent, émouvant à tous
niveaux».
«Je dis quelques mots sur
ce cinéaste, rare comme un
bout de diamant. Depuis que
j’ai vu ses films je suis ébahi et
ensorcelé par la valeur de sa
perception, par le regard qu’il
porte sur ce qui l’entoure et par
sa capacité à déceler chez ses
comédiens des choses qui lui
permettent de les diriger de
façon magique», dira le
cinéaste syrien Mohammed
Mallas à propos de Hamid
Benamra.
Pour cette 13 e édition, les
organisateurs annoncent la participation de 50 films en provenance de 30 pays, en plus de
conférences thématiques, expositions et concerts de musique.
Le Festival international du
film panafricain de Cannes, qui
se déroule depuis plus de dix
ans, à quelques semaines du
Festival de Cannes, œuvre pour
le développement et l’accompagnement des projets culturels et
se place aussi comme marché
de diffusion d’œuvres cinématographiques, littéraires, musicales ou picturales.
R. C.
Photo : DR
L’Algérie en compétition
avec Rêveries de l’acteur solitaire
de Hamid Benamra
18
M O N D E
Dimanche 10 avril 2016
DANS LA GUERRE MENÉE CONTRE L’EI
Syrie : les différentes forces en course
pour regagner des territoires
L’EI contrôle près de 40% du territoire avec du pétrole, du gaz, du coton
et une agriculture florissante, ce qui peut pousser régime et rebelles à s’affronter
Par
Sammy Ketz de l’AFP
es différentes forces
militaires en Syrie sont
engagées dans une course de
vitesse pour s’emparer d’un
maximum de territoires sur le dos
du groupe jihadiste Etat islamique
(EI) et s’assurer des prés-carrés
si un système fédéral venait à
être instauré. «Les trois parties
(régime, Kurdes, rebelles) sont
engagées dans une course dont le
but est de prendre la plus grosse
part possible du gâteau, non seulement aux dépens de l’EI, mais
aussi, indirectement, aux dépens
des autres protagonistes», note
Thomas Pierret, spécialiste de la
Syrie, pays en guerre depuis cinq
ans. Dans la province centrale de
Homs, les forces du régime de
Bachar al-Assad, appuyées par la
Russie, ont chassé l’EI de la ville
antique de Palmyre et de celle d’alQaryatayn. Dans la province septentrionale d’Alep, les factions
rebelles et islamistes, soutenues par
la Turquie et l’aviation américaine,
ont pris à l’EI une vingtaine de villages, dont Al-Raï, principal point
de passage avec la Turquie utilisé
par le groupe jihadiste. Dans le
sud, les jihadistes du Front alNosra (branche syrienne d’AlQaïda), associés aux salafistes
d’Ahrar al-Cham et à d’autres
rebelles, ont pris trois localités. Et
dans le nord-est, l’alliance arabokurde des Forces démocratiques
syriennes (FDS) avance vers la
riche province pétrolière de Deir
Ezzor que convoite aussi le régime.
Quand le régime «s’empare de
Photo : DR
L
Palmyre, il pense à l’avantage que
cela lui conférera au niveau diplomatique dans des négociations (...)
avec les rebelles», souligne
M. Pierret. «Et quand les rebelles
avancent le long de la frontière
turque, ce n’est pas seulement pour
repousser la menace de l’EI, mais
surtout pour empêcher les Kurdes
d’avancer dans la région et pour
se recréer une profondeur stratégique face à ces mêmes Kurdes et
au régime», ajoute-t-il. «Pour
l’heure, le gâteau est assez grand
pour que chacun y trouve son
compte. Les prochaines étapes
seront plus compliquées : à l’est
d’Alep, il y a des régions qui intéressent à la fois le régime, les
Kurdes et les rebelles», souligne ce
maître de conférence à l’Université
d’Edimbourg.Mais si la part aux
mains de l’EI est alléchante - le
groupe contrôle près de 40% du
territoire avec du pétrole, du gaz,
du coton et une agriculture florissante-, il est très possible qu’elle
pousse régime et rebelles à s’affronter.
«Je ne crois pas que Russes et
Américains pourront éternellement
empêcher leurs alliés de se battre
entre eux», note l’expert français
du jihadiste Romain Caillet. «Dans
le cas, peu probable, où tous les
ennemis de l’EI resteraient ligués
entre eux, sous la supervision américano-russe, une reprise du
territoire de l’EI aurait pour
conséquence un retour de l’organisation à une activité totalement
clandestine», ajoute-t-il. En fait,
pour le moment régime et opposition se disent opposés au fédéralisme et rejettent la proclamation
en mars par les Kurdes d’une
région fédérale dans le Nord. Mais
leurs parrains, Washington et
Moscou, à l’initiative d’une trêve
instaurée depuis fin février entre
régime et rebelles, n’y sont pas
opposés, selon Fabrice Balanche,
chercheur associé au Washington
Institute. «Les Etats-Unis et la
Russie semblent d’accord pour le
fédéralisme en Syrie», dit-il. «Une
façon d’affaiblir Assad est de se
ménager des zones d’influences
respectives (...).» Si les Américains
se félicitent que la trêve ait permis
aux protagonistes de se focaliser
sur l’EI -qui en est exclu-, la question de qui sera le premier à Raqa,
capitale de facto de l’EI, reste
ouverte. «Qui libérera Raqa le premier n’est pas encore d’actualité.
Il y a beaucoup de combats difficiles», déclare à l’AFP le porteparole du Département d’Etat
Mark Toner. Mais pour un diplomate européen membre de la coalition internationale anti-EI menée
par Washington, il ne faut surtout
pas que le régime et la Russie
l’emportent en prenant Raqa.
«Pour nous, un point très important c’est Raqa. Si les Russes et le
régime prennent la ville (...) cela
démontrerait, pour être franc,
qu’ils ont gagné la guerre et que
l’opposition ne détient qu’une
petite poche dans le nord», dit-il à
l’AFP.
AFP
RÉITÉRANT SES MENACES CONTRE WASHINGTON
Pyongyang dit avoir testé un moteur de missile balistique
Par
Giles Hewitt de l’AFP
LA CORÉE DU NORD a
affirmé, hier, avoir testé avec
succès un moteur de missile balistique intercontinental (ICBM) qui
lui assurerait la capacité d’effectuer une frappe nucléaire sur le
continent américain. Grâce à ce
nouveau moteur, la Corée du Nord
«peut équiper ses fusées balistiques intercontinentales d’un nouveau type avec des têtes nucléaires
plus puissantes et maintenir à
portée de tir tous les bas-fonds
remplis de malfaisants de la Terre,
y compris la partie continentale
des Etats-Unis», a déclaré le leader
nord-coréen Kim Jong-un, selon
l’agence de presse officielle
KCNA. L’agence a souligné que
M. Kim avait ordonné et supervisé
personnellement le test. Ce «grand
succès» donne à la Corée du Nord
la «garantie» de pouvoir lancer
une «attaque nucléaire sur
les impérialistes américains et
d’autres forces hostiles», a assuré
le président, cité par KCNA. Le
principal quotidien nord-coréen, le
Rodong Sinmun, a publié hier sur
ses deux premières pages des
photos de M. Kim supervisant
l’essai du moteur, en indiquant que
le test avait été effectué au centre
spatial de Sohae. L’une des photos
montre le leader nord-coréen en
train de regarder vers le bas depuis
une tour d’observation alors qu’on
peut voir des flammes à l’horizon.
Une autre photo montre des
flammes jaillissant vers le bas
depuis un moteur installé verticalement. Nombre de spécialistes
étrangers sont sceptiques devant de
nombreuses revendications nordcoréennes récentes de succès dans
les domaines du nucléaire militaire
et des missiles. Ces experts estiment que le pouvoir de Pyongyang
tente de mettre en valeur ses
actions avant le congrès du parti le
mois prochain. La tension n’a pas
cessé de croître dans la péninsule
coréenne depuis le quatrième essai
nucléaire conduit par la Corée du
Nord début janvier, suivi en février
par le lancement d’une fusée, largement considéré par les spécialistes étrangers comme un essai
déguisé de missile à longue portée.
En riposte, le Conseil de sécurité
de l’ONU a adopté début mars de
nouvelles et très lourdes sanctions
contre Pyongyang, y compris des
restrictions au commerce maritime
et à l’exportation de minerais ainsi
que l’interdiction de se procurer du
carburant pour avions et fusées.Ces
dernières semaines, la Corée du
Nord a intensifié les annonces belliqueuses sur les progrès de ses
programmes nucléaire et balistique, interdits par plusieurs résolutions l’ONU. Elle a notamment
affirmé être parvenue à miniaturiser des têtes thermonucléaires
pouvant être placées sur un missile
balistique et à créer ainsi une
«vraie» dissuasion nucléaire.
Pyongyang a aussi menacé plusieurs fois la Corée du Sud et les
Etats-Unis de frappes nucléaires
préventives. La Corée du Nord n’a
encore jamais testé d’ICBM, mais
elle a montré récemment un exemplaire de ce type de missile, le
KN-O8, lors de défilés militaires à
Pyongyang. Si le pays a clairement
fait des progrès en développant le
KN-08, les experts estiment qu’il
est à des années d’avoir une
capacité crédible d’effectuer une
frappe avec un missile balistique
intercontinental.M. Kim a toutefois
déclaré que le test de moteur
d’ICBM qu’il a supervisé démontrait au monde la capacité de
défense nationale de la Corée du
Nord. Il l’a qualifié de «nouvelle
grande victoire» à présenter lors
du congrès du Parti des travailleurs, au pouvoir, qui devrait
avoir lieu le 7 mai prochain. Il
s’agit du premier congrès du parti
depuis 36 ans, et il est perçu
comme une vitrine pour le pouvoir,
permettant de mettre en valeur ses
accomplissements et de cimenter
l’unité nationale autour de M. Kim.
«Kim exhibe ses réalisations dans
le domaine du renforcement militaire pour consolider la loyauté
avant le congrès du parti, et ce
alors que les difficultés économiques (de la Corée du Nord, ndlr)
grandissent à la suite des sanctions
de l’ONU», a déclaré à l’AFP le
professeur Yang Moo-jin, de
l’Université des Etudes nordcoréennes. Les Nord-Coréens ont
été mobilisés à travers tout le pays
pour une «campagne de
70 jours» afin de préparer le
congrès du parti, de nombreuses
villes du pays se voyant embellies
et rafraîchies pour l’occasion.
Selon certains experts, Pyongyang
pourrait mener un 5e essai
nucléaire avant le congrès, et la
Corée du Sud a dit être préparée à
une telle éventualité.
La Corée du Nord avait affirmé
en janvier avoir réussi son premier
essai de bombe à hydrogène, bien
plus puissante que la bombe atomique ordinaire, annonce que les
experts internationaux ont
accueillie avec scepticisme. AFP
BRÉSIL
Des élections
anticipées pour
sortir de l’impasse ?
DESTITUTION de Dilma
Rousseff ou pas, des responsables politiques brésiliens
prônent des élections anticipées,
seule catharsis capable à leur
yeux de sortir le Brésil de sa
profonde impasse politique et
économique. Le constat est
simple : 68% des Brésiliens
souhaitent le départ de l’impopulaire présidente de gauche, selon
un récent sondage Datafolha.
Mais seuls 16% ont confiance
dans un futur gouvernement du
vice-président centriste Michel
Temer qui lui succèderait
jusqu’aux élections de 2018 si
elle était destituée. «Ni Dilma ni
Temer», a pris position,
dimanche dernier, l’influent
quotidien Folha Datafolha dans
un éditorial retentissant. Un
sénateur du parti centriste PMDB
du vice-président, Valdir Raupp,
a mis les pieds dans le plat cette
semaine en proposant des élections générales anticipées qui
coïncideraient avec les municipales programmées en octobre.
«Dans quelles conditions le
vice-président va assumer ? J’ai
déjà dit que je voterais pour
l’impeachement mais je ne crois
pas que ce soit la solution pour
le pays», a-t-il lancé.
M me Rousseff peut sauver son
mandat dès le week-end
prochain. Il lui suffirait d’obtenir
à peine un tiers des votes des
députés pour faire avorter la
procédure. Mais ce n’est pas
gagné. Pour beaucoup, elle a de
toute façon perdu toute capacité
de gouverner. Sa coalition
parlementaire a explosé. Les
milieux économiques ne lui font
plus aucune confiance. La
gauche la défend dans la rue
contre le «coup d’Etat», mais
rejette son programme d’ajustement budgétaire. L’alternative
Temer suscite tout aussi peu
d’enthousiasme. Sa formation, le
PMDB qui a claqué la porte de la
coalition de M me Rousseff, est
tout autant éclaboussée que le
Parti des travailleurs au pouvoir
(PT) par le scandale de
corruption Petrobras, aux développements
imprévisibles.
M. Temer est lui-même cité dans
cette enquête, sans être à ce stade
poursuivi. Il est aussi visé par
une procédure de destitution,
encore embryonnaire, pour les
mêmes motifs que Mme Rousseff.
La Constitution brésilienne de
1988 ne prévoit la convocation
automatique d’élections anticipées, sous 90 jours, qu’en cas
de démission conjointe du chef
de l’Etat et de son vice-président.
Plus qu’improbable. Dernière
option, il faudrait un amendement à la Constitution qui exigerait l’approbation des 2/3 des
députés (342 sur 513).
Le président du Sénat, Renan
Calheiros, bien que membre du
PMDB, s’est dit prêt à créer une
commission pour analyser des
propositions d’amendement à la
Constitution et propose même un
référendum sur le sujet.
«Tout scénario doit être pris
en considération pour que nous
ayons des portes de sortie
demain (...), et consulter la
société ne sera jamais une
mauvaise idée», a souligné
M. Calheiros, réfractaire à l’impeachment de Mme Rousseff.
19
M O N D E
Dimanche 10 avril 2016
20 SOLDATS TUÉS DANS LE SUD PAR LE GROUPE TERRORISTE
Al-Qaïda au Yémen : la guerre dans la guerre
Au moins vingt soldats ont été tués hier dans une embuscade tendue par des éléments d’Al-Qaïda dans le
sud du Yémen, où le réseau terroriste est très actif. Ces violences interviennent alors qu’un cessez-le-feu
pour un autre conflit devrait entrer en vigueur dimanche à minuit, en prévision de pourparlers de paix,
convoqués par l’ONU pour le 18 avril au Koweït. Selon l’ONU, les hostilités au Yémen ont coûté la vie
à près de 6 300 personnes depuis un an, pour moitié des civils
Par
la Rédaction Internationale
u moins vingt soldats ont
été tués hier dans une
embuscade tendue par
des éléments d’Al-Qaïda dans le
sud du Yémen, où le réseau terroriste est très actif. «Des
membres armés d’Al-Qaïda ont
tendu une embuscade à un
groupe de jeunes soldats circulant à bord de trois véhicules
civils dans la province d’Abyane,
tuant au moins 20 d’entre eux»,
a déclaré une source militaire,
qui a requis l’anonymat. Selon
elle, les soldats faisaient route
vers un camp militaire au Hadramout, la province voisine dont le
chef-lieu, Moukalla, est contrôlé
depuis un an par Al-Qaïda.
La source militaire a indiqué
que les hommes abattus étaient
de nouvelles recrues de la jeune
armée que le gouvernement
tente de mettre sur place pour
rétablir la sécurité dans les
zones sous son contrôle. Le
Yémen est en proie au chaos
depuis l’intervention militaire
de l’Arabie saoudite avec une
coalition de pays arabes. Le
conflit interne entre les Houthis
et le gouvernement pro-Hadi
Photo : DR
A
s’est aggravé. Les terroristes
d’Al-Qaïda et ceux du groupe
Daech en ont profité pour renforcer leur emprise sur le sud et
le sud-est du Yémen. Les
attaques, revendiquées ou attri-
buées à des groupes terroriste,
contre des symboles de l’Etat,
dont les jeunes militaires, se
sont multipliées ces derniers
mois dans le sud, dans une
apparente tentative d’entraver
les efforts du gouvernement de
remettre sur pied l’armée et les
forces de sécurité. Après avoir
longuement ignoré cette présence, les forces régulières et la
coalition de l’Arabie saoudite
ont commencé récemment des
opérations militaires contre ces
groupes. A la mi-février, un
attentat revendiqué par Daech
avait fait au moins 14 morts
dans un camp militaire à Aden,
la grande ville du sud, où de
jeunes recrues suivaient un
cycle de formation. Dans la province de Maarib, à l’est de
Sanaa, de violents combats
opposent forces loyalistes et
Houthis. Ces combats dans la
région de Sarwah ont fait en
deux jours 21 morts, dont
13 combattants loyalistes et
8 Houthis. L’aviation de la coalition saoudienne a lancé deux
raids sous le prétexte d’empêcher les Houthis d’avancer dans
le secteur où ils cherchaient à
reprendre une base militaire,
reconquise fin 2015 par les
forces progouvernementales.
Ces violences interviennent
alors qu’un cessez-le-feu devrait
entrer en vigueur dimanche à
minuit, en prévision de pourparlers de paix, convoqués par
l’ONU pour le 18 avril au
Koweït. Selon l’ONU, les hostilités au Yémen ont coûté la vie
à près de 6 300 personnes
depuis un an, pour moitié des
civils.
R. I.
POUR PERMETTRE LE RETOUR DE LA STABILITÉ DANS LA RÉGION
Les Américains feraient mieux de quitter
le Moyen-Orient, estiment les Iraniens
a appelé «l’Iran à prouver au
monde qu’il veut être un membre
constructif de la communauté
internationale, contribuer à la
paix et à la stabilité, nous aider
à mettre fin à la guerre au
Yémen, et non la prolonger, et
nous aider à mettre fin à la
guerre en Syrie, pas à l’intensifier». Il faisait notamment référence aux accusations récurrente
de l’Arabie saoudite selon lesquelles les Houthis au Yémen
reçoivent l’appui de Téhéran.
Malgré l’entrée en vigueur en
janvier de l’accord nucléaire
entre l’Iran et les grandes puissances occidentales et la levée
d’une partie des sanctions occidentales, la politique régionale
de l’Iran et son programme balistique restent des sujets de
discorde entre Téhéran et
Washington. Dehghan a en outre
accusé Washington de «vendre
des armes aux pays de la région
pour les rendre dépendants» des
Etats-Unis. Si Kerry «pensait à
tout cela, il n’aurait pas proféré
de telles balivernes», a-t-il
déclaré, ajoutant que les ÉtatsUnis étaient «frustrés» face aux
capacités de l’Iran dans la
région. Par ailleurs, plusieurs
responsables militaires iraniens
ont dénoncé les propos de Kerry
qui a martelé que «les États-Unis
et les pays du CCG restaient
unis contre (le programme) de
missiles (balistiques) de l’Iran».
«Les États-Unis ne sont pas
compétents pour parler de notre
programme balistique (...) qui
n’est pas un sujet de négociation», a déclaré pour sa part le
responsable militaire iranien, le
général Hossein Salami. Les
USA particulièrement embarrassés par ses alliés d’Israël à
l’Arabie saoudite qui n’ont pas
complètement accepté l’accord
sur le nucléaire ont récemment
imposé de nouvelles sanctions
contre l’Iran sous le prétexte de
tirs de missiles balistiques par
l’Iran.
R. I.
Photo : DR
LES ÉTATS-UNIS devraient
quitter le Moyen-Orient pour
permettre le retour de la stabilité
dans cette région du monde, a
déclaré hier le ministre iranien
de la Défense en réponse au
secrétaire d’Etat américain qui
avait dénoncé la veille «les
actions déstabilisatrices» de
l’Iran dans la région. «Si les
Américains pensaient réellement
à la stabilité dans la région, ils
feraient mieux de la quitter et de
cesser de soutenir les terroristes», a déclaré le général
Hossein Dehghan, selon la télévision publique iranienne. Les
responsables iraniens accusent
souvent les États-Unis de soutenir des groupes extrémistes et
autres formations rebelles
notamment dans le théâtre syrien
où le rôle de la coalition mené
par les Américains reste sujette à
caution.
Le secrétaire d’Etat américain
John Kerry a dénoncé jeudi les
«actions déstabilisatrices de
l’Iran dans la région», au terme
d’une réunion avec ses homologues et alliés du Conseil de
coopération du Golfe (CCG, qui
regroupe l’Arabie saoudite, le
Bahreïn, les Émirats arabes unis,
le Koweït, le Qatar, et Oman). Il
M A G A Z I N E
Dimanche 10 avril 2016
21
LA PARLEMENTAIRE FAIT PLUS DE 3 000 KM POUR OPÉRER DES FEMMES EN PALESTINE
Une députée britannique reprend le bistouri
contre le cancer du sein à Ghaza
Par
Joseph Dyke de l’AFP
es députés britanniques
utilisent communément les
vacances parlementaires
pour rattraper leur retard de
paperasserie, mais Philippa
Whitford a préféré faire plus de
3 000 km pour opérer des
femmes atteintes du cancer du
sein dans les Territoires
palestiniens. Spécialiste du
cancer du sein avant d’entrer au
Parlement en 2015 comme
élue d’une circonscription du
sud-ouest de l’Ecosse, elle a
pratiqué quatre opérations
lourdes la semaine passée en
Cisjordanie occupée.
L’une des femmes qu’elle a
opérées était atteinte d’un cancer
«à un stade très avancé», relate
la chirurgienne de 57 ans.
«L’opération a été difficile, nous
savions que ce serait le cas»,
déclare-t-elle, ajoutant que les
premiers résultats indiquaient
que l’intervention avait été un
succès.
Philippa Whitford s’est
ensuite rendue dans la bande de
Gaza pour dispenser ses conseils
dans les hôpitaux de cet autre
territoire palestinien, séparé
géographiquement de la
Cisjordanie par Israël. Elle y a
rencontré des journalistes de
l’AFP. Ce membre du Parti
national écossais (SNP, gauche)
dit se sentir obligée d’offrir son
aide devant les carences de la
lutte contre le cancer dans les
Territoires palestiniens,
qui manque de ressources,
d’organisation et souffre
des restrictions israéliennes
selon elle.
A Gaza surtout, la médecine,
comme toute une population
Photo : DR
L
entassée sur un territoire exigu et
hermétiquement clos, pâtit du
conflit entre Israël et le Hamas.
Israël et le mouvement islamiste
qui refuse de le reconnaître et de
renoncer à la lutte armée se sont
livré trois guerres depuis 2008 et
s’accusent mutuellement des
malheurs gazaouis. Israël, au
nom de sa sécurité, impose un
rigoureux blocus au territoire
depuis 2006. A Gaza, le cancer
du sein tue plus de femmes que
tout autre cancer, rapportait en
2011 un document de la Harvard
Medical School. Les taux de
rechute y seraient deux fois plus
élevés qu’au Royaume-Uni,
souligne Philippa Whitford. Les
chirurgiens gazaouis ont
tendance à retirer la totalité d’un
sein atteint, faute de formation
ou d’équipement, quand leurs
collègues britanniques ne
procéderaient qu’à une ablation
partielle, dit-elle. Les pénuries
de médicaments sont fréquentes,
l’accès à la radiothérapie limité.
Israël se targue d’accueillir
des Palestiniens de Gaza ou de
Cisjordanie occupée dans ses
hôpitaux à titre humanitaire. Plus
de 120 000 Palestiniens,
principalement de Cisjordanie,
sont entrés en Israël en 2015
pour se faire soigner, selon les
autorités israéliennes. Mais sans
parler de l’éloignement, les
Palestiniens soulignent la
difficulté d’obtenir des
autorisations, le caractère
aléatoire de l’ouverture de la
frontière et le coût financier que
certains ne peuvent supporter.
Quant aux matériels et
produits médicaux, «on n’a
jamais aucune garantie de faire
entrer quoi que ce soit à Gaza.
Vous ne pouvez jamais dire :
‘‘On va livrer tel produit tous
les mois et on le stockera à
l’hôpital’’. Du coup, on est tout
le temps à court de tout»,
regrette Mme Whitford.
Aucune délégation de députés
britanniques n’a reçu d’Israël la
permission d’entrer à Gaza
depuis 2009. Philippa Whitford a
contourné l’obstacle en
demandant son permis en tant
que praticienne. Il s’agit d’un
retour aux sources pour la
députée, qui avait travaillé
comme chirurgienne à Gaza
pendant 18 mois au début des
années 1990 avec l’organisation
britannique Medical Aid for the
Palestinians. Refaire ce voyage,
c’était comme «revenir à la
maison», dit-elle.
A l’époque, le cancer du sein
tuait en silence parce qu’il était
tabou dans une société réputée
conservatrice. «Quand je suis
arrivée en 1991, les médecins me
disaient qu’il n’y avait pas
de cancer du sein ici», se
souvient-elle.
«Quand les gens se sont
rendu compte qu’il y avait une
femme chirurgien ici, ils ont
commencé à venir me voir
et j’ai compris qu’il y avait en
fait beaucoup de cancers du
sein».
Le SNP, dont elle est la
porte-parole pour les Affaires de
santé, reproche au gouvernement
britannique son manque de
fermeté vis-à-vis d’Israël et la
poursuite de la colonisation en
Cisjordanie, considérée comme
illégale par la communauté
internationale.
La Cisjordanie occupée «est
gangrénée» par les colonies,
affirme Philippa Whitford.
«Chaque fois que je reviens, les
colonies sont plus grandes
et plus proches des villes
palestiniennes.»
«Nous devons dire : ‘‘Nous
ne voulons rien avoir à faire
avec les colonies, nous refusons
que des sociétés britanniques
fassent des affaires avec les
colonies’’», proclame-t-elle.
AFP
SES CRITIQUES ENVERS DES JOURNALISTES LUI ONT COÛTÉ SON POSTE
Quand facebook fait tomber un ministre
les commentaires acerbes de
deux éditorialistes du journal de
référence portugais Publico
publiés la veille.
«Démissionnez, la culture de
ce pays a honte de vous !»,
s’étaient insurgés des internautes
dans les nombreux commentaires
postés sur les réseaux sociaux.
Sous le feu des critiques, il
avait fini par présenter ses
excuses quelques heures plus
tard : «Je suis un homme
pacifique, je n’ai jamais frappé
personne. Je n’ai pas réagi à des
opinions, mais à des insultes. Je
demande pardon si je les ai
effrayés».
Antonio Costa est intervenu
jeudi soir en s’excusant à son
tour auprès des deux journalistes,
Augusto Seabra et Vasco Pulido
Valente, et en rappelant à l’ordre
son ministre de la Culture.
«Même au cours de conversations de comptoir, les ministres
ne doivent jamais oublier qu’ils
sont membres du gouvernement
et qu’ils doivent modérer leurs
paroles et leurs émotions», a-t-il
dit. Joao Soares, maire de
Lisbonne entre 1995 et 2002,
est le Premier ministre à
démissionner du gouvernement
socialiste, qui était entré en
fonctions fin novembre après
avoir évincé du pouvoir
l’exécutif minoritaire de droite
grâce à une alliance avec la
gauche radicale.
AFP
Photo : DR
LE MINISTRE portugais de
la Culture Joao Soares, 66 ans,
qui avait déclenché une tempête
sur les réseaux sociaux après
avoir promis sur sa page
Facebook des «gifles salutaires»
à deux journalistes, a
démissionné vendredi de son
poste.
«J’ai présenté ce matin ma
démission au Premier ministre
Antonio Costa», pour des raisons
de «profonde solidarité avec le
gouvernement et son projet
politique de gauche», a-t-il
déclaré dans un communiqué
publié par l’agence de presse
portugaise Lusa.
Le fils de l’ancien président
de la République Mario Soares,
dont la démission a été acceptée
par M. Costa, a indiqué aussi ne
pas vouloir «renoncer au droit
à la liberté d’expression et
d’opinion».
«Des gifles salutaires ne
peuvent leur faire que du bien.
Et à moi aussi», avait-il écrit sur
Facebook jeudi matin, irrité par
www.latribunedz.com
LORS D’UNE VISITE D’INSPECTION À LAGHOUAT
Dimanche 10 avril 2016
MÉTÉO
Khebri appelle les investisseurs
à s’impliquer dans le domaine énergétique
Centre Max. 19°
Min 06°
Par
Algérie presse service
e ministre de l’Energie,
Salah Khebri, a convié, hier
de Laghouat, les investisseurs nationaux à «s’impliquer»
dans le domaine énergétique en
Algérie. «Il appartient aux promoteurs économiques nationaux d’investir dans le domaine énergétique
en Algérie tant que le cadre juridique existe et des avantages leur
sont assurés, y compris l’achat par
l’Etat de leurs productions d’électricité», a rassuré M. Khebri en
marge de l’inspection des structures et installations relevant de
son secteur dans le cadre de sa
visite de travail dans la région.
Le ministre de l’Energie a, à
cette occasion, relevé qu’uneproduction électrique de 22 000 mégawatts (MW) sera réalisée à partir
des énergies renouvelables, à l’horizon 2030, soit 27% de la production nationale d’électricité. Cette
perspective s’inscrit, a déclaré le
ministre, au titre du programme
national de développement des
énergies nouvelles et renouvelables
(EnR), solaire et éolienne
notamment, en vue d’exploiter ces
énergies dans la satisfaction des
différents besoins et d’assurer le
mix énergétique. S’agissant du
marché international du pétrole, le
ministre de l’Energie a indiqué
qu’une réunion sera tenue, le
17 avril prochain à Doha (Qatar),
avec la participation des pays
L
Ouest
Max. 22°
Ensoleillé
Min 07°
Est
Max. 14° Peu
Min 03° Nuageux
Sud
Max. 24°
Ensoleillé
Min 08°
Source
http://fr.weather.yahoo.com
Horaires des prières
Fadjr...........04.53
Echourouk ...06.23
Dohr...........12.50
Assar ..........16.28
Maghreb ....19.20
Icha ............20.41
Photo : Archives
„ Cinq narcotrafiquants arrêtés et plus de 300 kg de kif saisis à Oran
producteurs du pétrole Opep et
non Opep pour examiner et se
concerter sur le gel de la production et le rééquilibrage du marché.
M. Khebri a, lors de sa visite
dans la wilaya de Laghouat, inspecté le centre d’enfutage du gaz
butane de la zone industrielle du
chef lieu de la wilaya, opérationnel
depuis 2000 dans le cadre de l’investissement privé, pour une production de 1 400 bonbonnes par
jour, et couvre 46 points de vente,
selon les explications fournies à la
délégation ministérielle. Dans la
commune d’El-Kheneg, le ministre
a inauguré une centrale électrique
utilisant l’énergie solaire et réalisée
par trois entreprises chinoises.
D’un montant d’investissement de
près de quatre milliards de dinars,
cette station assure une production
électrique de 20 mégawatts, a-t-on
fait savoir. Sur ce site, M. Khebri a
procédé à la pose de la première
pierre pour la réalisation, dans un
délai de 8 mois, d’une centrale
similaire d’un montant d’investissement de 7,8 milliards de dinars
pour la production, en perspective
de 60 mégawatts.
Au terme de sa visite d’une
journée dans la wilaya de
Laghouat, le ministre de l’Energie
a inauguré un transformateur électrique installé dans la zone d’activités de la commune de Laghouat.
D’une capacité de 60 kilovolts,
cette nouvelle installation électrique a nécessité un investissement
de 600 millions de dinars, selon la
fiche technique du projet.
APS
ASSOCIATIONS DE L’ONU POUR LES PAYS NORDIQUES
Appel à l’extension du mandat de la Minurso aux droits de l’Homme
LES ASSOCIATIONS des
Nations unies pour les pays nordiques (Danemark, Finlande,
Islande, Norvège et Suède) ont
exhorté le Conseil de sécurité à
l’extension du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au
Sahara occidental (Minurso) à la
surveillance des droits de l’Homme
dans ce territoire occupé par le
Maroc. «La Minurso est actuellement la seule mission de l’ONU
qui ne dispose pas d’un mandat
des droits de l’Homme», indique
un communiqué conjoint des cinq
associations, cité, hier, par
l’agence de presse sahraouie
(SPS).
Cet appel est lancé à la vielle
des débats sur la question sahraouie et le renouvellement du
mandat de cette mission durant le
mois d’avril. «En dépit de la
situation précaire des droits de
l’Homme au Sahara occidental,
plusieurs initiatives occidentales
ont appelé à une extension du
mandat de la Minurso pour y
inclure la surveillance des droits
de l’Homme, afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les violations des droits de
l’Homme qui se produisent sur le
terrain et agir ainsi pour la prévention», souligne le communiqué.
A cet égard, ces associations
demandent au Conseil de sécurité
de «proroger le mandat de la
Minurso pour y inclure les droits
Peu
Nuageux
de l’Homme et à permettre au
personnel de cette mission le libre
accès pour mener à bien son
mandat dans les territoires
occupés du Sahara occidental, les
zones libérées et les camps de réfugiés sahraouis», conclut le communiqué.
Le Conseil de sécurité consacrera la séance de jeudi 28 avril à
l’adoption de la décision annuelle
du Conseil de sécurité sur le
Sahara occidental portant prorogation du mandat de la Minurso qui
doit prendre fin le 30 de ce mois.
Inscrit depuis 1966 sur la liste des
territoires non autonomes, et donc
éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale
de l’ONU portant déclaration sur
l’octroi de l’indépendance aux
pays et peuples coloniaux, le
Sahara occidental est la dernière
colonie en Afrique, occupée depuis
1975 par le Maroc, soutenu par la
France. La Minurso doit prendre
fin le 30 de ce mois. Elle a été
créée en vertu de l’accord de
cessez-le-feu conclu entre le
Polisario et le Maroc en 1991. APS
Bouchouareb reçoit une délégation du Groupe SOVAC
LE MINISTRE de l’Industrie
et des Mines, Abdesselam
Bouchouareb, a reçu, hier, une
délégation du Groupe SovacAlgérie, conduite par le P-dg du
Groupe, Mourad Oulmi, afin de
s’enquérir de l’avancement des
négociations au sein de la commission mixte chargée du suivi du
projet de production des véhicules
par le groupe Sovac, en partenariat
avec le Groupe Volkswagen.
En perspective de la prochaine
visite d’une nouvelle délégation du
Groupe Volkswagen pour la finalisation du dossier, le ministre a
d’abord confirmé le choix de la
wilaya de Relizane pour abriter ce
projet de grande envergure.
Considérant l’importance du projet
et de l’engagement du Groupe
Volkswagen à produire plusieurs
modèles dès la première année, le
ministre s’est personnellement
engagé à suivre l’avancement du
projet jusqu’à la sortie de la
première voiture Volkswagen
«Made in Algeria», durant le
premier semestre de l’année 2017.
M. Bouchouareb a également
assuré de la levée de toutes les
contraintes administratives qui
risquent de retarder l’avancement
du projet.
«Cette nouvelle rencontre nous
permet de bien avancer. Nous
sommes rassurés que les négociations évoluent vite et que nous
allons atteindre l’objectif que nous
nous sommes assignés, à savoir
présenter la première voiture
Volkswagen au prochain Salon de
l’automobile d’Alger», a déclaré
M. Oulmi.
Cinq narcotrafiquants ont été arrêtés, vendredi dernier à Oran, par des éléments de la
Gendarmerie nationale, qui ont également saisi 390 kg de kif traité, a indiqué, hier, un
communiqué du ministère de la Défense nationale. Par ailleurs, à Tamanrasset et In
Guezzam, deux détachements de l’Armée nationale populaire (ANP) «ont arrêté deux
contrebandiers, et saisi 1,78 tonne de denrées alimentaires, un véhicule tout-terrain, une
motocyclette, 11 détecteurs de métaux, un marteau piqueur, un groupe électrogène et 800
litres de carburant». D’autre part, 71 immigrants clandestins de différentes nationalités
africaines «ont été arrêtés à Ouargla, Aïn Témouchent, Bordj Badji Mokhtar et In Guezzam»,
rapporte le communiqué.
„ Election du président algérien de la Comares à Monastir
L’élection d’une personnalité universitaire algérienne à la présidence de la Conférence
maghrébine des responsables d’établissements d’enseignement supérieur (Comares) est
prévue le 28 mai prochain à Monastir (Tunisie), a indiqué, hier, l’Agence universitaire de la
francophonie (AUF). «Initialement fixée au 6 avril dernier à Oran, l’élection devant consacrer le
passage sous la présidence algérienne de la Comares a dû être reportée pour des raisons d’ordre
statutaire (quorum non atteint)», a-t-on indiqué dans un communiqué transmis à l’APS par
l’AUF. «La Conférence maghrébine est devenue rapidement opérationnelle en multipliant les
projets de coopération, de mobilité estudiantine et de promotion de la recherche par
l’instauration du Prix de la meilleure production scientifique», a-t-on fait valoir de même
source.
„ Tebboune reçoit les ambassadeurs qatari et canadien à Alger
Le ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, hier, les ambassadeurs du Canada
et du Qatar à Alger, respectivement Isabelle Roy et Ibrahim Ben Abdelaziz. L’entretien
avec l’ambassadeur du Canada a porté sur la contribution des entreprises du bâtiment à la
mise en œuvre des programmes arrêtés par les autorités algériennes dans le secteur de
l’habitat et de l’urbanisme. Mme Roy a indiqué que son pays encourage les entreprises
canadiennes de bâtiment à établir des partenariats avec les entreprises algériennes et à
participer à la short-list des entreprises de réalisation conformément au droit algérien. Avec
l’ambassadeur qatari, M. Tebboune a évoqué «les liens fraternels unissant les deux pays et les
moyens de renforcer la coopération bilatérale dans différents domaines».
„ Le VIH capable de résister à la modification génétique
Une étude de chercheurs canadiens et chinois a révélé que le virus du VIH sida pouvait
développer rapidement une résistance à la technologie prometteuse de modification
génétique Crispr/Cas9, également connue sous le nom de «Couteau suisse moléculaire».
Ainsi, l’idée selon laquelle le VIH serait particulièrement doué pour survivre et s’adapter
aux mutations a reçu une nouvelle confirmation. Ces conclusions, publiées dans le journal
américain Cell reports, montrent que le Crispr/Cas9 pourrait avoir besoin de quelques
mises au point supplémentaires avant de pouvoir constituer une solution efficace contre le
virus VIH. Lorsque le VIH entre dans une cellule, son génome d’ARN est converti en ADN
et devient ainsi intégré à l’ADN cellulaire, de sorte que le Crispr/Cas9 pourrait être
programmé pour cibler une séquence d’ADN et purger l’ADN infecté. La nouvelle étude a
utilisé cette thérapie au «couteau suisse moléculaire» pour éliminer une souche de VIH-1 de
l’ADN cellulaire, et découvert que les mutations ainsi provoquées pouvaient bien inhiber la
réplication virale, mais que certaines généraient également une résistance inattendue, ou
virus rescapé.
Moody’s abaisse les notes de Total, Chevron et Shell
L’agence de notation Moody’s a abaissé les notes de trois grands groupes pétroliers, le
français Total de deux crans, l’anglo-néerlandais Royal Dutch Shell et l’américain
Chevron d’un cran en raison de l’impact de la faiblesse prolongée des cours du pétrole
sur leurs résultats financiers. L’abaissement de la note de Total, de «Aa1» à «Aa3»,
«reflète principalement l’environnement actuel de prix bas pour le pétrole et le gaz naturel»
et son impact sur la capacité de l’entreprise à générer des liquidités «après plusieurs années
d’investissements élevés», souligne Moody’s dans un communiqué. L’agence prévoit un
baril de pétrole à 33 dollars en moyenne en 2016, à 38 dollars en 2017 et 43 dollars en
2018. Total «ne va probablement pas être capable à court terme de réduire son importante
dette», remarque Moody’s. L’agence ne prévoit toutefois pas de faire évoluer à moyen
terme la note du groupe, estimant qu’il devrait pouvoir améliorer progressivement sa
situation financière «grâce à la remontée des prix du brut en 2017 et 2018, la hausse de la
production et l’accélération des économies de coûts en 2016-2017». Royal Dutch Shell a vu
pour sa part sa note abaissée d’un cran, «Aa1 à «Aa2», et Moody’s prévient qu’elle
pourrait être de nouveau dégradée à moyen terme. La note du groupe américain
Chevron est de son côté passée de «Aa1» à «Aa2». Cette décision «reflète le fait que nous
anticipions un flux de trésorerie négatif et des niveaux élevés de dette en raison des prix bas
du pétrole en 2016 et 2017», souligne Moody’s. L’agence ne prévoit pas en revanche de
modifier son appréciation à moyen terme, estimant que les «coûts opérationnels et les
investissements vont reculer de façon importante au cours des deux prochaines années,
Chevron ayant fait en sorte de réaligner ses dépenses sur les prix plus bas des matières
premières».
Auteur
Документ
Catégorie
Без категории
Affichages
1
Taille du fichier
2 768 Кб
Étiquettes
1/--Pages
signaler