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21 MARS 2016
Charles Corlet, Chevalier de la Légion d’honneur.
LA FOLLE JOURNÉE
DE CORLET
La visite d’Emmanuel Macron,
ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.
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Table ronde avec les principaux responsables industriels locaux.
En téléchargeant l'application Paper 3.0, puis en flashant ce document,
accédez à un contenu interactif depuis votre téléphone ou votre tablette.
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www.corlet.fr
É V É N E M E N T
Le 21 mars 2016,
Condé-en-Normandie a reçu la visite
d’Emmanuel Macron. Le ministre de
l’Économie, de l’Industrie et
du Numérique est venu remettre la
Légion d’honneur à Charles Corlet,
fondateur du Groupe Corlet. Il a aussi
rencontré des industriels locaux
et visité Corlet Numérique.
Récit d’une folle journée pour Corlet.
P
ar chance, le soleil est au rendez-vous. La brume matinale se dissipe, laissant apparaître l’important dispositif de sécurité mis en place pour la visite du ministre. Il est 10 h et Emmanuel Macron est attendu au
cinéma Le Royal pour une séance peu ordinaire. Une table ronde
est organisée avec les principaux responsables industriels locaux.
Près de 150 personnes ont pris place dans les fauteuils du cinéma.
Pascal Allizard, sénateur-maire de Condé-en-Normandie, lance la
rencontre. « Condé est un petit territoire (5 000 habitants) en
transition. Il hérite d’une longue histoire industrielle et d’un dossier de santé publique lourd, lié à l’exploitation de l’amiante depuis
Cicero Hors série 1 v1.indd 1
la fin du XIXe siècle. Ce sont des sujets que l’on porte et que l’on
assume, mais qui ne doivent pas occulter les réussites. Aujourd’hui,
le territoire compte des entreprises qui se développent et recrutent. Parmi elles, il y a des pépites. » L’entreprise Corlet est
l’une d’entre elles, 4e imprimeur de livres en France.
« L’exemple de Corlet est formidable. C’est celui d’une entreprise qui, depuis plus de 50 ans,
s’est engagée dans la modernité, qui a investi et a formé ses salariés et qui, aujourd’hui, produit de la qualité.
Elle a transformé en opportunité de développement ce qui aurait pu la tuer. C’est ça, l’esprit d’entreprise ! »
Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.
Révolution numérique dans le bocage
Après une heure de discussions sur les difficultés à investir dans
l’outil productif, à recruter, ou le nécessaire désenclavement du territoire, le ministre se dirige vers Corlet Numérique. Le grand hall
de l’entreprise, sous panneaux photovoltaïques, est déjà investi par
les invités. Emmanuel Macron est accueilli sur le seuil par Charles
Corlet, le fondateur du Groupe et président du Conseil de surveillance. Après la poignée de mains, le ministre rejoint le fils, Jean-Luc
Corlet, actuel PDG du Groupe, pour une visite de l’imprimerie. De
nombreux journalistes lui emboîtent le pas. Nouvelle technologie
numérique jet d’encre, presses couleurs, traceurs bobines ou à plat,
chaînes de finition, tri sélectif du papier... Emmanuel Macron observe, interroge, interpelle les salariés.
Avant la fin de la visite, il reçoit un exemplaire d’un quatre pages
en couleur fraîchement imprimé, sur lequel il apparaît à la Une. La
photo a été prise lors de son entrée dans le hall, quelques instants
plus tôt. Le document est enrichi de l’application Paper 3.0 de Corlet : en flashant la page avec un smartphone, on arrive directement
sur le site du ministère, l’agenda du ministre et son compte Twitter.
La démonstration est efficace. La révolution numérique a bien eu
lieu dans le bocage normand. Mais il faut à présent regagner le
grand hall pour la remise de la Légion d’honneur. L’agenda du ministre est chargé.
La table ronde avec le ministre,
les élus et les chefs d’entreprises de la région.
06/04/2016 11:08
É V É N E M E N T
« Je souhaite rendre hommage à toute l’équipe
de collaborateurs, dont nombreux sont à la retraite
maintenant, ou disparus. D’excellents professionnels,
qui ont pris une part importante dans le développement
des entreprises du Groupe. Un grand merci à nos clients,
qui tout au long de ma longue carrière ont su
me faire confiance. L'évolution technologique a
quelquefois créé des appréhensions, mais nous avancions
ensemble pour le bien de nos métiers communs.
Le Groupe avec sa nouvelle direction, Jean-Luc Corlet,
PDG, Pascal Bazin, DG, Philippe Freulon, DG adjoint,
Rachel Delagarde, DAF adjointe, Benjamin Bazin,
DRH adjoint, Hervé Le Moyne, Directeur Technique,
et l’ensemble des cadres et salariés sont partis
sur la bonne voie. Rien ne sera facile, mais le Normand
est un battant. Ensemble, ils seront conquérants
de nouveaux marchés et réussiront,
j’en suis persuadé ! »
Charles Corlet.
CHARLES CORLET
UN « IMPRIMEUR PAYSAN »
À LA PAGE
Charles Corlet, Emmanuel Macron et Pascal Allizard, sénateur-maire de Condé-en-Normandie.
« Par-delà les évolutions techniques et les mutations
industrielles, il y a l’esprit Corlet qui demeure
inchangé : un savoir-faire constant, l’indépendance,
l’enracinement et l’humanisme. »
Il avait décliné l’invitation
il y a quelques années.
Emmanuel Macron, ministre de l’Économie,
de l’Industrie et du Numérique.
Il a fallu la détermination
d’un député et d’un sénateur-maire
pour convaincre Charles Corlet
d’accepter une Légion d’honneur
qui vient couronner 60 années
d’engagement au service
Continuité familiale
En 2003, Charles Corlet confie les rênes du Groupe à son fils, Jean-Luc,
entré dans l’entreprise en 1975. Il conserve la présidence du Conseil de
surveillance, et « un œil sur les comptes ». La continuité familiale est
assumée. « C’est difficile d’hériter, la dette oblige, poursuit Emmanuel
Macron. Vous avez su le faire et transmettre à votre tour. » Des neuf
petits-enfants, trois d’entre eux travaillent dans le Groupe Corlet. Le
31 mars dernier, Charles Corlet a également passé la main des Éditions
Charles Corlet, fondées en 1974 pour éditer des livres made in Normandie, qui parlent de la Normandie. « C’est ma danseuse », avoue
l’homme, lecteur boulimique, qui entend désormais se consacrer à
l’écriture et à la marche à pied dans le bocage normand. Son bocage.
d’une entreprise, d’un territoire et des
Humaniste
hommes. Une carrière hors normes.
Compagnonnage
A
u point de départ, il y a la petite imprimerie familiale de
la rue de Vire, à Condé-sur-Noireau. Des six enfants,
c’est lui qui s’éprend de la passion paternelle pour
l’encre et le plomb. Charles Corlet devient typographe à
13 ans. Né à Condé en 1936, « en même temps que le Pape François »,
s’amuse-t-il, il revendique une filiation avec un compatriote, né un demi-siècle plus tôt : « Maximilien Vox, éditeur, journaliste, artiste typographe, un grand nom de la profession ! », auquel il consacre son musée de l’imprimerie chez Corlet Numérique. Condé, c’est aussi cette
terre d’imprimeurs depuis deux siècles, où l’hygrométrie et les passions politiques ont toujours nourri le papier.
« Il faut un fort caractère pour mener à bien
une telle aventure. Charles Corlet a consacré
toute sa vie à son entreprise et à notre territoire.
C’est une très belle réussite et je crois qu’il est
bon que la collectivité, les institutions et l’État
honorent ceux qui portent les initiatives en France.
Pascal Allizard,
sénateur du Calvados, maire de Condé-en-Normandie.
Avec pour seul diplôme le certificat d’études, Charles Corlet rejoint Paris pour suivre des cours du soir et faire ses classes auprès
d’autres imprimeurs. Un compagnonnage à l’imprimerie Keller qui
l’éloigne quelques années du bocage, avant d’y revenir, en 1954,
comme chef d’atelier de l’imprimerie familiale. En 1961, un an après
le départ de son père, il rachète l’imprimerie et crée sa propre entreprise, l’Imprimerie Charles Corlet, avec huit salariés. Il a 25 ans,
est marié et père de deux enfants. Très vite, il se spécialise dans
l’impression de livres. Pour démarcher les maisons d’édition à Paris, il a écrit sur sa carte de visite : « imprimeur paysan ». L’audace
est payante. Les contrats et les commandes s’enchaînent, avec
Maspero, Beauchêne, Centurion, les Éditions ouvrières, Présence
Africaine... À leur contact, l’autodidacte acquiert « une richesse
culturelle et sociale extraordinaire ».
La Légion d’honneur rend aussi hommage à l’humaniste, qui a
œuvré à la réinsertion des détenus. Sa main tendue au plus emblématique d’entre eux, Patrick Henry, condamné à perpétuité en 1977,
lui vaudra d’ailleurs quelques reproches. Il a parrainé des réfugiés
en Normandie. « Grâce à lui, certains ont pu s’établir », mentionne
le député Alain Tourret. Il loue les locaux historiques de l’entreprise
à une réfugiée géorgienne, qui y a installé... une petite imprimerie.
S’il a l’esprit d’entreprise, il n’a certes pas celui de la concurrence.
« Je suis l’anti-Tapie, répète-t-il souvent. Moi, je construis. » Il a aidé
d’autres imprimeurs à s’installer, à Madagascar, en Tunisie et en
Roumanie. Chaque fois, les équipes de Corlet ont formé du personnel sur place, avant de transmettre le témoin. « Cette graine que
vous avez semée a joué son rôle dans l’émancipation des peuples »,
conclut le ministre. Lui, il continue de remercier ses collaborateurs
et se montre « surpris qu’un bonhomme comme moi ait pu faire tout
ça ». Ce 21 mars, l’assemblée réunie ne l’était pas.
« Notre Gutenberg normand est aussi un grand
humaniste, qui a toujours fait confiance à l’homme
et a souhaité partager son bonheur avec les autres :
ses salariés, ses enfants, des réfugiés, des détenus...
Je suis son premier admirateur. »
Alain Tourret, député du Calvados.
Anticiper plutôt que subir
Pendant 40 ans, il va investir sans cesse dans les outils, le savoir-faire
et les hommes, pour faire du petit atelier familial une entreprise qui
compte aujourd’hui 10 sites de production et 400 salariés. Une aventure partagée avec le clan familial et les salariés. « La force de votre
entreprise est la capacité à travailler ensemble », apprécie le ministre
Macron, venu remettre les insignes de chevalier de la Légion d’honneur. Chaque mutation technologique – et il y en aura dans l’industrie graphique – est sciemment anticipée. « Si nous n’étions pas allés
de l’avant, nous ne serions plus là », résume Charles Corlet. Développement de l’impression offset, arrivée de l’informatique dans le
prépresse et avènement du numérique. Autant de défis relevés, qui
ont permis au Groupe de connaître une croissance régulière et de
diversifier ses activités. « Vous avez transformé ce qui aurait pu être
une appréhension en opportunité de développement. C’est l’exemple
même de l’esprit d’entreprise », souligne le ministre. Charles Corlet
avait souhaité la présence d’Emmanuel Macron pour « saluer sa jeunesse et sa volonté de réformes nécessaires pour dépoussiérer cette
vieille France qui croule sous les lois d’une autre époque et qui bloque
notre économie et l’esprit d’entreprendre en France, dans un monde
qui bouge à la vitesse du numérique ! »
Jean-Luc Corlet présente à Emmanuel Macron l’application numérique Paper 3.0.
Le papier connecté est devenu une réalité quotidienne chez Corlet.
Directeur de la publication > Jean-Luc Corlet - Rédaction : Corlet Communication : Marylène Carre - Conception-Réalisation > Corlet Communication - Impression > Corlet Imprimeur - Photos > Stéphane Maurice
aaccess agence de Paris
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