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BioClips — Volume 24, numéro 13

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Vol. 24, no13, 12 avril 2016
Rédaction :
Renée Lalancette,
de la Direction du développement
des secteurs agroalimentaires
AU MENU
 L’industrie cunicole au Québec :
une demande en croissance
Sur le marché de la consommation, le lapin occupe
une part relativement faible par rapport aux autres
viandes. Toutefois, contrairement à la plupart d’entre
elles, la demande de viande de lapin montre une
dynamique de croissance qui ressort nettement.
Notons en outre qu’entre les deux périodes, la
population du Québec a crû d’environ 7 %.
VOLUME DE VIANDES* VENDUES PAR LES GRANDS DÉTAILLANTS
ALIMENTAIRES AU QUÉBEC, DE 2005 À 2014**(KILOGRAMMES
ÉQUIVALANT AU POIDS DE DÉTAIL)
La consommation au Québec et au Canada tend à s’accroître.
Alors que la consommation de la plupart des viandes
est en baisse au Canada, la viande de lapin, elle,
gagne en popularité. De 2010 à 2014, la
consommation par personne a progressé en moyenne
de 2,8 % par année, tandis que celle des principales
viandes diminuait ou stagnait.
VARIATION ANNUELLE MOYENNE DE LA CONSOMMATION DE VIANDE PAR
HABITANT AU CANADA DE 2010 À 2014
Type de viande
Poulet et poule
Variation
de 2010 à 2014
0,3 %
Bœuf
–1,3 %
Porc
–1,7 %
Dindon
–1,5 %
Mouton et agneau
0,9 %
Veau
–3,1 %
Lapin
2,8 %
Total
–0,7 %
Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada, section de la viande rouge;
Statistique Canada, CANSIM, tableau 002-0011 et compilation du
ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du
Québec (MAPAQ).
De plus, selon les estimations du ministère de
l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation pour
l’année 2014, la consommation québécoise serait
presque le double de la consommation canadienne. En
effet, elle est estimée à 40 grammes par personne,
comparativement à 25 grammes par personne au
Canada. Chez les grands détaillants 1 , les ventes de
viande de lapin dans les comptoirs de viandes fraîches
et congelées ont augmenté de 45 % entre la période
de 2005 à 2007 et celle de 2012 à 2014, soit un
accroissement nettement supérieur à celui des ventes
pour l’ensemble des viandes fraîches et congelées
(6 %). Soulignons que 56 % des ventes réalisées par
les grands détaillants au Canada ont lieu au Québec.
1. Source : Nielsen, ventes au détail dans les magasins à grande surface (à
l’exclusion des boucheries et des magasins à caractère ethnique).
Moyenne annuelle des ventes
(milliers de kilogrammes)
De 2005
à 2007
Ensemble
des viandes
Lapin
Agneau
De 2012
à 2014
Croissance
des ventes
2012-2014
/ 2005-2007
188 627
199 637
6%
76,5
111,3
45 %
701,3
814,8
16 %
* Il s’agit de viandes fraîches ou congelées, offertes dans les comptoirs des
viandes.
** Les données pour les années 2008, 2009, 2010 et 2011 ne sont pas
disponibles.
Source : Nielsen, ventes au détail dans les magasins à grande surface au
Québec et compilation du MAPAQ.
Qu’est-ce qui motive cet intérêt pour le lapin ?
L’augmentation de la proportion de la population
d’origine immigrante et la recherche d’aliments variés
contribueraient possiblement à la hausse de la
popularité des viandes de spécialité telles que le lapin,
le canard ou l’agneau. La viande de lapin se distingue
notamment des viandes traditionnelles par son
originalité et ses qualités nutritionnelles (viande
maigre).
Au Québec, l’offre progresse moins vite que la demande.
La production cunicole du Québec et du Canada ne
semble pas profiter pleinement de cette tendance
favorable, puisqu’elle partage de plus en plus le
marché avec les importations internationales. Avant
2011, l’importation de lapins au Québec, comme au
Canada, était pratiquement nulle. Elle a augmenté
depuis, étant donné, d’une part, la hausse de la
consommation et, d’autre part, la diminution de la
production au Canada. De 2010 à 2014, les
importations annuelles de viande de lapin sont
passées de 3 822 kg à 168 293 kg.
Les principaux pays où l’on élève des lapins sont la
Chine, l’Italie, le Venezuela, la Corée du Nord et
l’Espagne 2 , mais c’est de la France que le Québec
importe principalement du lapin. La France possède
2. Source : FAOSTAT.
les techniques d’élevage, la génétique et le niveau de
recherche les plus avancés. Aussi, elle développe
davantage son marché d’exportation depuis que sa
propre consommation intérieure diminue 3 . La
production cunicole française s’élève en moyenne à
37 millions de lapins par année. En comparaison, celle
du Québec était de près de 350 000 lapins en 2014 4.
Les faibles prix des produits d’importation, la hausse
du dollar canadien jusqu’au tournant des années 2010,
la croissance de la demande et la baisse de la
disponibilité des lapins au Canada à des périodes
précises sont probablement les principaux facteurs qui
expliquent l’augmentation des importations.
Une offre constante de lapins représente le principal défi de
la production québécoise.
Pendant que le lapin européen perce les marchés
québécois et canadien, les élevages connaissent des
changements au Québec. De 2010 à 2014, le nombre
d’entreprises cunicoles a diminué, tout particulièrement
le nombre de grosses entreprises (100 lapines et plus),
passant de 37 à 28 5. Le cheptel, déterminé selon le
nombre de lapines en production, suit la même
tendance.
ÉVOLUTION DU NOMBRE DE LAPINES EN PRODUCTION AU QUÉBEC
Nombre de lapines en production
16 000
14 000
12 000
Taille des entreprises
10 000
De 450 lapines et plus
8 000
6 000
De 100 à 449 lapines
4 000
De 25 à 99 lapines
2 000
Moins de 25 lapines
0
2007
2010
Année
2014
Source : Fiches d’enregistrement des entreprises agricoles du Québec,
MAPAQ.
Malgré une baisse de la production, la taille moyenne
des grosses entreprises (100 lapines et plus) s’accroît
(de 279 à 310 lapines en production). D’ailleurs, les
grandes entreprises possèdent la majorité du cheptel.
Au cours des dernières années, elles ont recours à des
techniques de production de plus en plus
sophistiquées (système d’alimentation automatisé,
insémination artificielle, utilisation de meilleures lignées
génétiques, conduite en bande, etc.) et certaines
entreprises se spécialisent (éleveurs multiplicateurs,
maternité, engraissement). Les plus grosses
entreprises cunicoles améliorent ainsi leur rendement.
L’absence d’une chaîne d’abattage de compétence fédérale
freine le développement de l’industrie cunicole au Québec.
En 2005, le Québec était en tête dans le secteur de
l’abattage de lapins au Canada 7. Mais, depuis 2007, la
filière cunicole québécoise a dû composer avec les
problèmes de rentabilité et d’approvisionnement de la
seule chaîne d’abattage bénéficiant d’un agrément
fédéral. Cette situation a entraîné la fermeture et la
réouverture temporaire du seul « abattoir fédéral » au
Québec et a causé le déplacement graduel de
l’abattage vers l’Ontario. Ainsi, depuis le mois
d’octobre 2014, le Québec ne dispose plus d’une
chaîne d’abattage de lapins sous l’autorité du
gouvernement fédéral.
VARIATION DU NOMBRE DE LAPINS ABATTUS AU QUÉBEC, EN ONTARIO ET
AU CANADA DE 2005 À 2014
Régions
Variation
de 2005 à 2014
TCAM*
de 2005 à 2014
Québec
–65 %
–11,1 %
Ontario
108 %
8,5 %
Canada
–8 %
–0,9 %
* Taux de croissance annuel moyen.
Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada et compilation du MAPAQ.
Le déplacement d’une partie de l’abattage vers
l’Ontario est également à l’origine d’une diminution de
la valeur des livraisons manufacturières du Québec.
De 2004 à 2013, la valeur des livraisons est passée au
Québec de 4,4 millions de dollars à 1,9 million de
dollars. En contrepartie, celle des livraisons de
l’Ontario a crû de 2,1 à 5,4 millions de dollars 8.
La nouvelle donne a aussi une incidence sur la
compétitivité de la filière québécoise. En effet, les
cuniculteurs québécois doivent désormais supporter
des coûts de production supplémentaires, tels que des
frais de transport plus élevés.
Les perspectives du secteur cunicole du Québec.
Le potentiel de croissance de la consommation de
viande de lapin et le perfectionnement des techniques
d’élevage rendent les conditions propices à l’essor de
la filière cunicole. C’est en ce sens que les entreprises
cunicoles s’emploient à améliorer leur performance et
tentent de relever le défi que pose l’approvisionnement
régulier dans les périodes de pointe.
Bien qu’on observe une stabilisation du nombre de
lapins produits en 2014 et en 2015 6 , les quantités
n’arrivent toujours pas à combler la demande des
acheteurs. Des pénuries de lapins surviennent, en
particulier à certaines périodes de l’année, comme
dans le temps des fêtes ou à Pâques.
3. ITAVI (2014). Note conjoncture ITAVI – Lapin – Octobre 2014, 11 pages.
4. Source : Fiches d’enregistrement des entreprises agricoles du Québec
(2014), MAPAQ.
5. Ibid.
6. Suivant les données des fiches d’enregistrement et selon les ventes
déclarées par l’agence de vente.
Pour plus de renseignements concernant le BioClips :
Tél. : 418 380-2100, poste 3248
Courriel : bioclips@mapaq.gouv.qc.ca
Internet : www.mapaq.gouv.qc.ca
7. L’abattage de lapins s’effectue dans deux catégories d’établissements, à
savoir : les abattoirs profitant d’un agrément fédéral et les abattoirs
provinciaux soumis à une inspection de compétence provinciale.
8. La valeur des livraisons est calculée selon le nombre de lapins abattus au
Québec et les prix du gros sont établis pour les années de 2004 à 2013.
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