close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

2e version - MEDEF Lyon

IntégréTéléchargement
LE GRAND ENTRETIEN – HENRI DE CASTRIES SUR LA
REVOLUTION NUMERIQUE ET LE CHANGEMENT
La période que nous vivons est-elle porteuse de menaces ou d’opportunités ?
La société a essayé de de développer une nouvelle vision du monde qui essaie de comprendre
les courants qui l’entrainent. Les ruptures technologiques actuelles sont très profondes, les
hypothèses sont fragiles, celles qui étaient considérées comme acquises sont aujourd’hui remises
en questions. Aujourd’hui le monde est devenu asymétrique, c’est-à-dire que ce n’est pas parce
qu’une institution est forte qu’elle n’est pas menacée par tous types d’acteurs. A titre d’exemple,
si deux personnes dans leur garage ont pour objectif de transformer de façon massive le monde,
ils le peuvent. Ces deux individus seront à même d’avoir un impact sur les choses qui étaient
considérées comme acquises depuis longtemps par les autres acteurs.
Il faut s’habituer à vivre dans ce monde-là. Le risque n’est plus le risque classique venant des
concurrents aux comportements classiques et penser le contraire serait se méprendre et donc
s’éloigner du véritable risque. Ce changement conduit à deux réactions et attitudes différentes :
 La première consiste à considérer que l’on comprend bien le monde et que nos clients
nous comprennent et ainsi les autres, sous-entendu les nouveaux venus, vont tous
mourir. Cette certitude du succès est un véritable handicap et risque de conduire à
l’échec. Il faut comprendre que l’entreprise doit s’adapter aux changements. Les
personnes assiégées dans un château ne peuvent espérer un avenir prospère et finiront
par mourir de faim.
 La seconde pensée est l’ouverture d’esprit et du champ des possibilités. Il faut oser sortir
de sa zone de confort pour se déplacer en terre inconnue. Pour optimiser les chances de
succès, il est nécessaire de s’allier avec d’autres individus afin de collaborer et manœuvrer
dans un sens commun et profitable à chacun.
Il faut admettre que l’on ne sait pas tout. Il en va de même avec la réussite car il n’est pas possible
de toujours réussir. Il faut également admettre que les personnes de 20 à 25 ans en savent
davantage que les personnes de 45 ans. Face au changement constant auquel nous faisons face,
il est nécessaire se remettre en question tous les cinq ans sans quoi les méthodes ne seront plus
adaptées. Et c’est pour cette raison que les jeunes en savent davantage et que l’ensemble de
leurs connaissances sont en adéquation avec les besoins de l’entreprise.
Compte-rendu par Julien POTHIN, étudiante en licence 2 MEA à l’aielyon
1
Il existe deux postures de vie : d’une part, les acteurs qui poussent le changement et
entreprennent et d’autre part, les victimes qui de se contentent de suivre les règles préétablies
et subissent le changement conduit par les acteurs. Or, ce n’est pas avec des processus classiques
que l’on peut apporter du changement. L’entreprise doit se rapprocher d’individus capables de
prendre des risques et qui essayent constamment d’apporter des améliorations.
Le métier d’assureur consiste à anticiper et comprendre pour en tirer des conséquences et éviter
les risques. La fonction du service d’aujourd’hui ne sera pas celle de demain. Il faut garder à
l’esprit l’objectif de la mission en considérant l’évolution du rôle des acteurs et des technologies.
A l’image d’un soldat, l’objectif reste bel et bien le même qu’il y a 100 ans : servir la patrie.
L’assurance est un monde de représentations du risque à partir d’informations obtenues de leurs
clients. Le monde virtuel a démultiplié les capacités d’accès à l’information. Aujourd’hui, les
sociétés d’assurances si elles obtiennent le consentement de leurs clients, peuvent avoir accès à
un vivier important d’informations publiques et même privées. Ces informations ont été utilisées
pour comprendre et cerner les comportements des individus dans des situations données. Cette
évolution a permis de changer la mission de l’assureur en passant d’une mission de réparation à
celle de prévention.
Cette transformation a apporté des mutations considérables mais les moyens de celle-ci sont
aujourd’hui contestés. Les questions morales reviennent au cœur du débat en ce qui concerne la
digitalisation. D’autant plus que les informations obtenues ne permettent pas de supprimer les
accidents. Mais est-il seulement possible de supprimer les accidents ? Bien sûr que non, il existera
toujours une part d’aléas qui ne sera jamais maîtrisée. Mais la digitalisation permet de se
concentrer sur les risques pour les réduire. Afin de respecter les règles morales, AXA a écrit une
chartre, précisant la manière dont les données sont utilisées. La transparence est leur réponse
aux éventuelles inquiétudes des individus.
Mise en œuvre stratégique :
Dans un premier temps, AXA a essayé de trouver et comprendre quel était son environnement
en créant des labs, avec tous types de profils y compris des non-assureurs de formation.
Ensuite AXA a engagé des collaborateurs à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise. Des profils
très différents en apparence se sont finalement révélés être assez proches des profils classiques.
A l’image des data scientists, qui ont été formés aux métiers de l’assurance pour qu’ils puissent
développer de nouvelles solutions.
Compte-rendu par Julien POTHIN, étudiante en licence 2 MEA à l’aielyon
2
Enfin un déploiement important de partenariats a été effectué afin de répondre à des intérêts
communs. Par exemple, un partenariat a été conclu entre AXA et une entreprise qui réalisait des
jeux permettant de cerner le comportement des joueurs de manière très précise. Aujourd’hui,
l’essentiel du recrutement des vendeurs est réalisé avec le jeu de l’entreprise partenaire.
Certes, il arrive que des partenariats soient des échecs mais il est nécessaire d’apprendre aux
managers à reprendre des risques.
AXA a effectué une analyse métier par métier afin de comprendre les qualifications qui seront
nécessaires dans 5 à 10 ans. Et le résultat de cette étude a montré que seul 40% des
collaborateurs ont les qualifications qui seront nécessaires dans 5 ans. La société a donc agit en
conséquence durant deux ans en discutant avec ses collaborateurs à propos de leur formation.
La réussite de ce chantier social influencera significativement leur réussite de demain.
Compte-rendu par Julien POTHIN, étudiante en licence 2 MEA à l’aielyon
3
Auteur
Document
Catégorie
Uncategorized
Affichages
0
Taille du fichier
387 KB
Étiquettes
1/--Pages
signaler