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00 PAGE UNE 2 - POI Comité de Vitrolles

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L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes
399
INFORMATIONS
OUVRIÈRES
nouvelle série
N0
(2793)
du 28 avril au 4 mai 2016
1,5 euro (soutien 2 euros)
ISSN 0813 9500
INFORMATIONS
OUVRIÈRES
5
408
abonnés reçoivent
ce numéro.
Et vous ?
(page 16)
TRIBUNE LIBRE DE LA LUTTE DES CLASSES H E B D O M A D A I R E D U PA R T I O U V R I E R I N D É P E N D A N T
POI
Là-haut, ils ne parlent que des
primaires, de Macron, de 2017,
avec l’appel “Hé oh la gauche”
HÉ OH,
retrait
de la loi
travail !
Pages 2 à 7
BRÉSIL
Contre le coup d’Etat,
un moment crucial
pour le Parti
des travailleurs
Pages 8 et 9
COMMUNIQUÉ
DU BUREAU NATIONAL
DU POI
page 2
15 mai
Début de la campagne d’été
d’Informations ouvrières :
10 numéros pour 12 euros
INFORMATIONS
OUVRIÈRES
2
INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 399
À LA UNE
Semaine du 28 avril au 4 mai 2016
COMMUNIQUÉ
DU BUREAU NATIONAL,
23 AVRIL 2016
Le bureau national du POI se tient
à la veille de la grève interprofessionnelle du 28 avril.
Les militants du POI, avec tous
les militants, les syndicalistes,
les travailleurs, les jeunes,
participent pleinement
du combat qui a mis en mouvement des millions de travailleurs
pour le retrait du projet
de loi destructeur
du Code du travail. Les travailleurs
et les jeunes, avec leurs organisations, rejettent les manœuvres
du gouvernement et, par la grève
et la manifestation,
exigent ensemble, public et privé,
le retrait du projet de loi.
Dans ce mouvement même,
les militants du POI, avec des centaines et des centaines d’autres
militants, préparent activement
la conférence nationale du 4 juin
pour la défense des conquêtes
de 1936 et 1945.
Dans quelle situation se tiendra
cette conférence ?
A
u plan international,
l’affaire des « Panama
Papers » est une expression du degré de décomposition du système
capitaliste, qui doit s’attaquer aux travailleurs et à leurs conquêtes,
au peuple et à la souveraineté des
nations, y compris par la guerre, comme
le démontre la situation en Syrie. Hollande, subsidiaire de l’administration américaine, est allé faire une tournée au
Moyen-Orient pour y soutenir la dictature
militaire en Egypte, vendre des armes et
confirmer l’engagement militaire de la
France dans les bombardements.
C’est cette situation qui provoque une
vague massive de migrants en Europe. Il a
osé féliciter la Jordanie et le Liban pour
leur accueil des migrants, alors qu’au même
moment, le marchandage honteux passé
entre l’Union européenne et la Turquie vise
à chasser les migrants du territoire européen, bloqués derrière les barbelés érigés
par les Etats de l’Union européenne, provoquant chaque semaine la mort de centaines d’hommes, de femmes et d’enfants.
Au moment où la Grèce n’arrive plus à faire
face à la vague migratoire sur ses côtes et
ses îles, les sommets de l’Union européenne
exigent du gouvernement qu’il mette en
œuvre, sans tarder, un autre plan d’austérité pour qu’il se conforme aux directives
de l’Union européenne sur le remboursement de la dette.
De même, les grandes puissances, les oligarques et leurs agents au Brésil cherchent,
pour détruire les conquêtes arrachées par
la lutte de classe des travailleurs brésiliens,
à réaliser un coup d’Etat, à détruire le PT
et la CUT.
Le POI a répondu à l’appel lancé par la
coordination de l’Entente internationale
des travailleurs et des peuples (EIT), qui
s’est réunie à Paris à la mi-mars (et dont la
Dans quelle situation
se prépare
la conférence du 4 juin ?
prochaine réunion se tiendra à Alger, les
28 et 29 mai prochains), rassemblant des
centaines et des centaines de signatures,
des prises de position, organisant une délégation à l’ambassade du Brésil. Toutes les
semaines, les lecteurs d’Informations
ouvrières peuvent suivre le combat actif
mené par nos camarades d’O Trabalho,
courant du PT au Brésil, que nous saluons,
contre le coup d’Etat.
Cette offensive n’épargne pas la France, où
l’on voit le gouvernement de « gauche »
s’attaquer à un des piliers fondamentaux
des relations sociales dans ce pays depuis
1945 : le Code du travail, et, en conséquence, s’attaquer à l’existence et à l’indépendance des organisations syndicales.
Ce gouvernement est en crise, le président
est rejeté et sa majorité est déchirée, ainsi
que le démontrent les fractures ouvertes au
sein même du gouvernement. Mais la droite
aussi est désarticulée sous l’effet de ses
conflits internes. « Ils ne mourraient pas tous,
mais tous étaient frappés » (La Fontaine,
Les Animaux malades de la peste).
Personne ne sait où cela peut aller, car ce
sont toutes les représentations politiques
qui sont frappées, ainsi que l’indiquent
tous les sondages. Ceux-ci sont confirmés
par les résultats de la dernière législative
partielle en Loire-Atlantique, dans une circonscription classée à gauche, où l’ancien
député était Jean-Marc Ayrault. La candidate du PS arrive en tête au premier tour,
mais avec près de 75 % d’abstentions ; elle
est en tête avec 7 % des inscrits. La droite
ne fait guère mieux et s’effondre, comme
le Front national.
Les quarante candidatures déclarées à l’élection présidentielle de 2017 sont aussi un
symptôme de cette crise. Les manœuvres
pour 2017 ne font qu’aviver les conflits et
la crise, à droite comme à gauche. Les
manœuvres de regroupements divers et
variés, dans l’objectif de 2017, « la belle
alliance populaire » proposée par la direction du PS, l’attitude des « frondeurs », celle
du PC, qui n’exclut pas de participer aux
primaires à gauche, le jeu de Macron,
brouillent les choses pour la population
de ce pays, confrontée à l’offensive destructrice de ce gouvernement.
TOUTES LES REPRÉSENTATIONS
POLITIQUES SONT FRAPPÉES,
PARCE QUE C’EST LE RÉGIME LUI-MÊME,
LES INSTITUTIONS ANTIDÉMOCRATIQUES DE LA Ve RÉPUBLIQUE,
QUI SONT FRAPPÉS PAR LA CRISE
Mais il est une donnée essentielle de la
situation : aucun de ces partis ne peut plus
sérieusement prétendre représenter les
travailleurs. C’est une situation inédite pour
la classe ouvrière, qui, devant les trahisons
successives, développe une méfiance, voire
un rejet de tous les partis, qui, jusqu’à présent, prétendaient représenter ses intérêts.
C’est là une marque de toute la situation
politique pour tous les militants attachés
à l’indépendance politique de la classe
ouvrière.
Ce président rejeté déclare malgré tout, le
14 avril, qu’il entend maintenir son projet
de réforme du Code du travail. Ses tentatives pour chercher à associer les « partenaires sociaux » à « l’amendement » de son
projet de loi (qui bien évidemment ne
touche pas au cœur de la loi, à savoir l’inversion de la hiérarchie des normes) ont
provoqué, du côté des travailleurs, un
approfondissement du rejet, qui s’est manifesté par la grève et les manifestations de
centaines de milliers de travailleurs et
jeunes. Les confédérations maintiennent
leur exigence de retrait et appellent à la
grève le 28 avril. De l’autre côté, les patrons,
face aux contorsions et aux manœuvres du
gouvernement, s’inquiètent de sa faiblesse.
Ils doutent de sa capacité à aller au bout
de la « réforme » et menacent maintenant
Pour tous les
travailleurs,
il apparaît
possible
et nécessaire
de défaire
ce gouvernement
et sa politique
par la
mobilisation
des
travailleurs
et des jeunes,
exigeant
avec leurs
organisations
le retrait du
projet de loi.
le gouvernement s’il ne revient pas au projet initial.
Pour tous les travailleurs, il apparaît possible
et nécessaire de défaire ce gouvernement et
sa politique par la mobilisation des travailleurs et des jeunes, exigeant avec leurs
organisations le retrait du projet de loi.
A la veille de la grève interprofessionnelle
du 28 avril et des suites qui seront décidées
par les travailleurs avec leurs organisations,
les militants du POI, avec les militants, les
syndicalistes, les élus, les démocrates, les
laïques, préparent la conférence du 4 juin
afin d’élargir encore son assise. Pour en faire
un moment important de rassemblement et
de regroupement de militants et travailleurs
d’origine politique et syndicale diverse, mais
qui entendent œuvrer ensemble afin de faire
prévaloir les intérêts de la classe ouvrière. La
tenue de cette conférence, le 4 juin, permettra ainsi que, dans le respect des positions politiques de chacun, face à la nouvelle
situation de rejet des partis institutionnels,
puisse se constituer une force, un groupement permettant d’agir pour combattre la
politique de ce gouvernement et des institutions de l’Union européenne.
La diversité des tribunes publiées depuis des
mois le démontre : Informations ouvrières est
l’organisateur de la discussion préparatoire
à la conférence du 4 juin.
Elargir la diffusion d’Informations ouvrières,
qui est une tribune libre de la lutte des
classes, ouvrant ses colonnes à tous les militants qui combattent sur le terrain de la lutte
des classes, est directement relié à la préparation du 4 juin.
Le 15 mai, débutera la campagne d’abonnements d’été à Informations ouvrières à
laquelle chaque lecteur pourra participer.
Pour ceux qui se reconnaissent dans le combat du Parti ouvrier indépendant, nous leur
proposons de participer aux réunions des
comités locaux et d’adhérer au Parti ouvrier
indépendant.
■
À LA UNE
INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 399
Semaine du 28 avril au 4 mai 2016
À LA VEILLE DE LA GRÈVE INTERPROFESSIONNELLE DU 28 AVRIL
ÉDITORIAL
Les ministres font la claque
au meeting
é
Avant le 28 avril…
Fabrice Rastoul,
membre du bureau national du POI
Photo AFP
C
Rarement, un gouvernement a été à ce point affaibli, en crise. Les médias
ne parlent que de cela, et de l’élection présidentielle de 2017, du délitement
de tous les partis institutionnels qui se déchirent en la préparant.
“L
a gauche, quinze ans
après le choc du 21 avril
2002, s’avance fracturée
de toutes parts à la présidentielle de 2017. Avec
14 % d’opinions positives
dans le baromètre Ifop, le chef de l’Etat est le
plus impopulaire de tous les présidents de la
Ve République à douze mois de l’élection »,
rappelle l’AFP (23 avril).
Le journal Le Monde (21 avril) indique
même que, selon des sondages sur l’élection présidentielle, Hollande, « dans certaines configurations, pourrait être relégué à
la quatrième place, derrière Jean-Luc Mélenchon ».
Il n’y a aucun doute que ce gouvernement
subira en 2017 une véritable bérézina. Mais
pour des millions de travailleurs, l’urgence,
c’est de lui infliger aujourd’hui une défaite
décisive par le retrait de la loi travail. C’est
cela qu’il tente à tout prix d’éviter !
Il essaie par exemple de démontrer qu’il est
de « gauche » malgré tout, bien que l’un de
ses ministres, le banquier Macron, lance une
sorte de parti « ni droite ni gauche »…
“CHERCHE CLIVAGE GAUCHE-DROITE
DÉSESPÉRÉMENT” (LES ECHOS)
Porte-parole du gouvernement, le ministre
Stéphane Le Foll a organisé un meeting pour
initier un mouvement nommé « Hé oh la
gauche ! », le 25 avril. Mais personne n’est
dupe. « Cherche clivage gauche-droite désespérément », est titré, ironiquement, l’éditorial politique du journal patronal Les Echos
(26 avril).
Aux côtés de Le Foll, il y avait quatre autres
ministres « devant quelque 600 militants
conquis dans un amphithéâtre de l’université
Paris-Descartes », à Paris (AFP). Six cents militants « conquis »… dont une dizaine d’autres
ministres dans la salle avec leurs équipes de
conseillers : un exploit !
“PAS SÛR QUE CELA SUFFISE” (L’ALSACE)
« Le choix du lieu – un amphi de fac de médecine, loin des salles géantes d’une campagne
présidentielle – montre bien la confiance limitée des organisateurs sur leur capacité à mobiliser autour de la défense du bilan du
quinquennat ! », note perfidement La Voix du
Nord (25 avril). « Pas sûr que cela suffise à les
réconcilier avec les travailleurs, qui feront grève
à nouveau cette semaine... », ajoute L’Alsace.
C’est bien ce qui les terrifie tous.
Le 28 avril, une nouvelle grève interprofessionnelle pour le retrait de la loi El Khomri
est appelée par les confédérations CGT, FO,
avec Solidaires, la FSU et les organisations
étudiantes et lycéennes. Suivront les manifestations du 1er Mai, qui cette année, fait
exceptionnel, seront organisées dans l’unité
par les même syndicats sur cette même revendication. Sans la CFDT, bien évidemment.
LES CHEMINOTS EN GRÈVE DÈS LE 26
Et le gouvernement veut s’en prendre au
même moment au régime d’assurance chômage (en commençant par les allocations des
intermittents du spectacle) et au statut des
cheminots (à la suite de la réforme ferroviaire
de 2014 préparant l’ouverture à la concurrence) ! Les cheminots sont en grève dès ce
26 avril. Sous prétexte de négocier une convention collective nationale s’appliquant aussi
aux travailleurs du rail du privé, la direction
de la SNCF et le gouvernement ont en effet
présenté un projet de « décret socle » en deçà
de la réglementation actuelle du travail des
cheminots (qu’ils appellent le RH0077).
« Retrait de la loi El Khomri ! Maintien au
minimum de notre RH0077 ! », veut la masse
des cheminots.
“OBTENIR LE RETRAIT DE LA LOI”
Les confédérations, dans cette situation, ont
proposé dans leur appel au 28 avril « l’organisation d’assemblées générales dans les entre-
prises et administrations pour assurer le succès de cette journée et décider de la poursuite
de l’action pour obtenir le retrait de la loi ».
Un appel confirmé tant par le comité confédéral national de Force ouvrière que par le
congrès de la CGT, qui vient de se prononcer
pour « la tenue d’assemblées générales dans
les entreprises et les services publics pour que
les salariés décident, sur la base de leurs revendications et dans l’unité, de la grève et de sa
reconduction pour gagner retrait et ouverture
de véritables négociations de progrès social »
(lire pages 4 et 5).
CE QUE TOUS REDOUTENT EN HAUT LIEU
Cette proposition des syndicats de mise en
discussion, dans des assemblées générales,
de la reconduction de la grève démontre, au
plus grand effroi du gouvernement et de ses
soutiens, que la masse des militants ne veulent
pas lâcher, qu’ils cherchent, avec ardeur et
ténacité, les moyens de gagner.
A l’approche de la discussion du projet de loi
à l’Assemblée nationale, qui commencera le
3 mai, ce face-à-face, qui a déjà mis en mouvement des millions de travailleurs le 31 mars
dernier, montera-t-il d’un cran ? C’est ce que
tous redoutent en haut lieu.
Yan LEGOFF ■
A droite aussi…
Le délitement frappe aussi la droite,
où se déchirent, pour les seuls Républicains, une douzaine de prétendants
à la primaire. L’un deux, Bruno Le Maire,
constate : « Tous les Français renvoient
dos à dos ou commencent à renvoyer
dos à dos le quinquennat de Nicolas
Sarkozy et celui de François Hollande. »
Pas très gentil pour son camarade Sarkozy…
■
’était en février 2016 : le gouvernement Hollande-VallsEl Khomri présentait le plan
de destruction du Code du travail, soulevant l’enthousiasme
du Medef, de la droite, de la CFDT et de la
Commission européenne, jugeant que
tout cela allait dans le bon sens… C’était
hier.
Deux mois plus tard et à quelques jours
du 28 avril, le Medef ne soutient plus le projet de loi travail et menace même de se retirer des négociations sur l’Unedic. Les
leaders de la droite, engagés dans un combat fratricide pour le poste suprême de
chef des institutions antidémocratiques
de la Ve République, hurlent qu’ils ne voteront pas la loi travail, et le représentant de
la CFDT, Laurent Berger, incapable de remplir la mission de supplétif de la ministre
du Travail, a disparu des radars… Ça, c’est
aujourd’hui.
Une logique implacable face à ces changements est à l’œuvre, celle de la lutte de
classe pour le retrait du projet de loi
El Khomri. Une lutte de classe qui voit des
dizaines de millions de travailleurs se déclarer hostiles au démantèlement du Code du
travail, une lutte de classe qui voit des millions de travailleurs utiliser la grève pour
obtenir le retrait. Une lutte de classe qui
soude les travailleurs avec leurs organisations sur un seul mot d’ordre : « retrait du
projet », ce que viennent de confirmer le
comité confédéral national de Force
ouvrière et le 51e Congrès de la CGT, préparant le 28 avril et ses suites.
Quelles seront les suites de cette lutte
de classe ? Impossible de le dire, les travailleurs en discuteront et ils décideront
dans les assemblées générales avec leurs
organisations syndicales. Ils le feront avec
la conviction qui, jour après jour, renforce
l’idée qu’il est possible d’infliger une défaite
à ce gouvernement. Et c’est bien cette
conviction qui amène le Medef et la droite
à se désolidariser d’un projet dont ils soutiennent le fond à cent pour cent.
C’est également cette conviction qui a
amené les militants du Parti ouvrier indépendant à multiplier les débats autour de
la proposition d’une conférence nationale
de défense des acquis de 1936 et 1945, le
4 juin prochain. Des centaines de réunions
se sont déjà tenues, où il est fait état des
conséquences désastreuses des politiques
conduites contre les travailleurs, les jeunes,
les agriculteurs, les retraités, mais également contre les élus des communes. Des
débats où la question de la perspective politique est discutée, celle du pouvoir, celle de
savoir quel parti pourrait représenter les
intérêts de la classe ouvrière. Celle, cruciale, de déterminer les moyens pour agir
ensemble, élaborer petit à petit un plan
d’urgence pour enrayer la spirale de destruction organisée par les gouvernements
qui se sont succédé et pour la sauvegarde
des travailleurs des villes et des campagnes.
Pour les militants du Parti ouvrier indépendant, une conviction : c’est par le libre
débat entre militants, ayant des parcours
divers mais un but commun, que pourra
se construire cette perspective politique.
Des centaines se sont d’ores et déjà inscrits
pour participer à la conférence du 4 juin.
Il reste cinq semaines pour en gagner des
centaines d’autres…
Venez débattre, préparons ensemble la
conférence du 4 juin pour la défense des
acquis et de la classe ouvrière.
3
4
INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 399
ACTUALITÉ POLITIQUE ET SOCIALE
Semaine du 28 avril au 4 mai 2016
Marseille, 18-22 avril 2016
Le 51e Congrès de la CGT
L’appel adopté par le Congrès
et ambitionnant de détruire toutes les garanties
collectives en fixant comme seul horizon la précarité généralisée, l’incertitude du lendemain.
Le désespoir est dans le renoncement, l’espoir
est dans la lutte.
Dans ce cadre, la CGT appelle toutes les organisations à amplifier la riposte, dès le 28 avril,
par la grève interprofessionnelle et les manifestations pour obtenir dans un premier temps
le retrait du projet de loi de casse du Code du
travail.
D’ici le 28 avril, la poursuite de la construction
de l’action implique la tenue d’assemblées générales dans les entreprises et les services publics
pour que les salariés décident, sur la base de
leurs revendications et dans l’unité, de la grève
et de sa reconduction pour gagner retrait et
ouverture de véritables négociations de progrès
social.
– Pour un code du travail du 21e siècle ;
– pour la mise en œuvre d’une réelle sécurité
sociale professionnelle ;
– pour la réduction du temps de travail à
32 heures.
Le 28 avril, comme le 1er Mai, journée internationale de lutte des travailleurs-euses, sont autant
d’étapes vers la victoire.
Marseille, le 20 avril 2016 » ■
Extraits
du rapport d'ouverture
de Philippe Martinez
Photo DR
« Les 1 000 délégués réunis en congrès à Marseille du 18 au 22 avril 2016 ont analysé la situation économique et sociale, le contexte des
mobilisations désormais ancrées dans le pays
depuis plus d’un mois et demi.
La CGT lance un appel fort et déterminé à l’ensemble des salariés du privé et du public, des
jeunes, des privés d’emploi, des retraités et de
ses syndicats, à poursuivre et amplifier partout
le rapport de force jusqu’au retrait du projet de
la loi dite « travail » dynamitant notre modèle
social.
Il s’agit d’organiser dans toutes les entreprises
et les établissements des réunions d’information, des rencontres, afin de s’opposer encore
plus fort à tous les mauvais coups et à imposer
de nouvelles conquêtes sociales. Un espoir
immense s’ouvre pour le monde du travail grâce
à la lutte unitaire menée par une CGT moderne,
porteuse de propositions en phase avec l’ensemble des travailleurs-euses, à l’image du rejet
massif du projet de loi El Khomri exprimé par
70 % de l’opinion publique. Un mouvement qui
fait face à un gouvernement désavoué, en rupture profonde avec la population et singulièrement toute la jeunesse. Un exécutif à l’écoute
d’un patronat rétrograde et menaçant, privilégiant la finance à la réponse aux besoins sociaux
ans la période, mais à
chaque mouvement
social d'ampleur, se
pose la question de la
généralisation des grèves et des
actions. Tout le monde est d’accord
sur le sujet, la confédération la première. Mais, soyons honnêtes entre
nous, la grève générale ne se décrète
ni à Montreuil ni ailleurs. Le mouvement se construit avec les salariés,
en assemblées générales. D’ailleurs,
la consultation nationale que nous
avons initiée en fin d'année dernière
posait le problème des formes d’action, y compris celle de la grève. Cette
consultation, nous avons du mal à la
porter auprès des salariés, et c’est un
problème. Nous n’avons rien à
craindre à demander l’avis de nos
collègues, à confronter nos points de
vue et nos avis, au contraire. Alors,
profitons de la période pour évoquer
partout toutes les formes de lutte, y
compris la grève reconductible.
La seconde question est celle de l'unité
syndicale et du syndicalisme rassem-
“D
blé. Ne nous arrêtons pas à cette
expression qui date du 45e Congrès,
en 1995, mais essayons plutôt de réfléchir au sens de notre démarche, d’en
faire l’analyse et sûrement les critiques
nécessaires pour mieux afficher nos
ambitions (...).
Oui, nous voulons rassembler largement le mouvement syndical, sans a
priori, mais sans exclusivité. C’est certainement l’erreur que nous avons faite,
ces dernières années, en favorisant
peut-être nos relations avec la CFDT,
au moment de l’accord, puis de la loi
sur la représentativité. On peut avancer avec certains durant une période
parce que nous sommes d’accord sur
un sujet. Cela ne doit pas en faire un
partenaire privilégié. C’est ce que nous
avons corrigé dans le cadre du conflit
qui nous occupe depuis le mois de
février. Nous avons proposé de travailler avec tout le monde, puis nous
avons avancé avec tous ceux qui le souhaitaient sur la base du retrait de la
loi. »
■
ENTENDU DANS LE CONGRÈS
“ “
Intervention de Christine Boullier,
secrétaire générale du syndicat du conseil départemental
de Seine-Maritime, lors du débat sur le rapport d’activité
’intervention que je
vais faire a été partagée et débattue avec la
délégation de SeineMaritime. Dans le syndicat du
conseil départemental et aussi
avec la CSD, nous avons lu le rapport d’activité et en avons débattu.
Notre camarade Philippe Martinez
a amené dans son rapport hier de
nombreux éclairages supplémentaires, et je dirais différents par
rapport à l’écriture du rapport
d’activité. C’est normal puisque se
sont écoulés six mois depuis son
écriture, et ces six mois ont été des
mois de construction et d’action
syndicale, contre le PPCR et contre
la loi El Khomri-Valls, dans un
contexte d’état d’urgence. Cette
différence entre le rapport d’activité et l’introduction de Philippe
Martinez prouve la réactivité de
notre CGT et sa capacité à intégrer
les discussions.
“L
UN GOUVERNEMENT
SOUTENU PAR LA CFDT
Cette période impose que nous
soyons précis dans notre analyse
pour être efficaces dans les combats
de classe qui se développent pour
exiger le retrait de la loi El Khomri.
Tu dis Philippe, Sarkozy en rêvait,
Hollande veut le faire, c’est une
expression très juste qui résume la
situation.
Tu insistes sur l’importance des
assemblées générales, là où nous le
pouvons pour expliquer, débattre,
convaincre et décider, pourquoi pas,
de la grève reconductible avec les
salariés pour imposer ce retrait. Nous
nous félicitons de ces propositions,
elles sont indispensables.
Nous pensons que cette démarche
syndicale ne peut que clarifier nos
propositions auprès des salariés et
aider à les rassembler autour de leurs
revendications et face à un patronat
et à un gouvernement on ne peut
plus réactionnaires. Il faut le rappeler, gouvernement aidé et soutenu
par Berger et la CFDT qui ne ménage
pas ses efforts pour co-écrire la loi,
appeler à sa défense, exhorter les
salariés à ne pas faire grève. CFDT
qui appelle également à des contremanifestations, dont nous connaissons l’échec, mais que la presse a
voulu sanctifier.
UNE BAGARRE DE CLASSE
AVEC FO, FSU ET SUD
Ce positionnement CGT que nous
avons est rassembleur, nous l’avons
démontré le 31 mars avec 25 000 manifestants à Rouen, 45 000 sur le département de Seine-Maritime, du jamais
vu depuis des années. Parmi ces
manifestants, le secrétaire adjoint
d’un syndicat CFDT. Cela confirme
que nos divergences – comme c’est
inscrit dans le rapport d’activité – ne
nous empêchent pas de nous retrouver ensemble, mais pour cela il faut
que les revendications soient claires,
précises, et justement le retrait du
projet de loi El Khomri, ni amendable ni négociable, c’est clair et précis, et non seulement cela ouvre la
porte au rassemblement des syndicats, des syndiqués, mais aussi des
syndiqués CFDT qui veulent nous
rejoindre. Nous avons combattu avec
FO et la FSU sur cette question et
nous nous en félicitons grandement.
Cela confirme notre positionnement
indépendant vis-à-vis du gouvernement et des partis politiques, comme
tu l’as rappelé, Philippe. Alors oui,
le syndicalisme rassemblé ne doit
pas être une expression figée, il faut
revenir dessus… il y a eu énormément de discussions sur le syndicalisme rassemblé. Pour nous, le
syndicalisme rassemblé, c’est rassembler toutes les forces vives autour
des revendications contre cet Etat
réactionnaire. C’est ce que l’on est
en train de faire avec cette bagarre
de classe contre El Khomri, avec FO,
FSU et Sud, rassemblés sur des
revendications claires, formulées
dans l’indépendance vis-à-vis du
gouvernement et des partis. Dans
les assemblées générales avec les
salariés, nous pouvons débattre des
moyens à mettre en œuvre pour arracher ce retrait.
Hier, il a été proposé un appel du
congrès. Je pense qu’il est nécessaire
pour permettre que les propositions
énoncées par Philippe deviennent
un point d’appui au quotidien avec
tous nos syndiqués et avec tous les
salariés. »
■
Intervention de Christian Renard,
délégué des syndicats de la construction de Paris,
lors du débat sur le document d’orientation
a discussion sur le document d’orientation ne
peut pas être extérieure
au moment de la situation. Depuis le début de notre congrès,
la presse aux ordres du gouvernement
et des patrons se déchaîne contre la
CGT, contre ce qui s’exprime dans
notre congrès. Les Echos, Le Figaro…
Aujourd’hui-même, le
premier secrétaire du PS,
Cambadélis, crache son
venin dans Le Figaro sur
la CGT qui serait « gauchisante ».
Camarades, ne nous y
trompons pas, ils ont peur.
Ils ont peur de notre CGT,
fer de lance de la mobilisation unitaire, avec FO, la
FSU et Solidaires, mobilisation qui doit s’amplifier
pour le retrait de la loi
El Khomri.
Notre congrès s’est ouvert
hier, et je suis confiant, car
j’ai entendu les interventions des camarades, j’ai entendu l’intervention de
Philippe Martinez, hier, notamment
concernant la caractérisation de la politique du gouvernement Hollande-Valls.
Ce qui manquait dans le document
d’orientation, mais il rétablit les choses,
et je m’en félicite. Car, oui, “ce que Sarkozy n’a pu faire, Hollande veut le faire
aujourd’hui…” !
Dans la CGT, il peut y avoir des nuances,
des divergences, des sensibilités diverses.
“L
Ainsi, mon syndicat a déposé des amendements au document d’orientation.
Par exemple, la question de la syndicalisation des auto-entrepreneurs nous a
posé question, nous estimons, nous,
dans la construction, qu’il vaut mieux
syndiquer les salariés détachés plutôt
que les auto-entrepreneurs, que rien ne
distingue des petits patrons.
Mais je pense qu’aujourd’hui l’important
n’est pas là, car l’heure
n’est-elle pas à l’unité
de nos rangs pour amplifier la mobilisation
pour le retrait du projet
de loi El Khomri ?
Pour assurer le succès
du 28 avril et de ses
suites, comme nous y a
invités hier Philippe
Martinez, en multipliant
les assemblées générales de salariés partout
sur les lieux de travail,
dans les entreprises, sur
les chantiers, afin de décider ensemble
de l’action à entreprendre pour faire
reculer le gouvernement, y compris par
la grève, y compris par la grève reconductible jusqu’au retrait de la loi travail.
Et, pour moi, c’est cela qui doit être au
centre de notre appel du congrès qui
sera discuté demain. Je fais confiance
aux camarades du bureau du congrès
en charge de le rédiger, je pense qu’ils
vont intégrer cela dans l’appel. »
■
L’heure n’est-elle pas
à l’unité de nos rangs
pour amplifier
la mobilisation
pour le retrait
du projet de loi
El Khomri ?
ACTUALITÉ POLITIQUE ET SOCIALE
INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 399
Semaine du 28 avril au 4 mai 2016
5
La presse dépitée
et haineuse....
Tout au long de la semaine, la
presse s’est déchaînée sur le
congrès de la CGT.
vant même le début du congrès, différents articles ont cherché à orienter le
débat interne sur la place de Thierry
Lepaon. Mais rien n’y a fait. Les délégués n’étaient pas venus pour cela.
Ensuite, la journaliste des Echos s’est lâchée, le
vendredi 22, en clôture du congrès, avec ce passage : « Jamais les débats n’auront été aussi
pauvres que cette année. La mobilisation contre
la loi travail a monopolisé les débats. On aurait
pu imaginer que le congrès travaille sur le contenu
du “Code du travail du 21e siècle” présenté comme
l’alternative au projet gouvernemental. Un
contenu réduit pour l’instant à un quatre-pages
écrit à la va-vite, sans aucun débat dans l’organisation, pour montrer que la démarche n’est pas
seulement protestataire. Il n’en a rien été. »
Quant au Monde, outre divers articles de son
chroniqueur attitré, il commet, dans son édition des 24 et 25 avril, un éditorial intitulé : « Le
repli mortifère de la CGT », dans lequel on
retrouve le même dépit. Avec, notamment, ce
paragraphe : « Loin de réfléchir à l’avenir, le
congrès ne s’est préoccupé que du combat à court
terme pour le retrait de la loi El Khomri, M. Martinez n’excluant aucune forme d’action, y compris des grèves reconductibles. »
Quant à la place démesurée, et qui ne correspond pas à la réalité, accordée au POI par cette
même presse, elle ne vise qu’à désigner à la vindicte un prétendu instigateur souterrain ! Tout
cela pour tenter de masquer la réalité : l’état
d’esprit des mille délégués qui, dès la séance
d’ouverture, ont hué la CFDT et le PS, scandant
pendant de longues minutes « Retrait, retrait de
la loi El Khomri ».
Daniel SHAPIRA ■
Photo AFP
A
DÉBAT SUR LE “SYNDICALISME RASSEMBLÉ”
L’une des cinq résolutions, partie constituante du document d’orientation, soumises au vote du 51e Congrès portait notamment sur la
question du « syndicalisme rassemblé ». Un large débat a eu lieu sur la question. Nous faisons le choix de retraduire un bon nombre
d’interventions telles qu’elles ont été relatées dans le compte rendu officiel, publié par Le Peuple, quotidien le temps du congrès.
AUDE BOUTET
spectacle, Haute-Garonne
Cette animatrice en centre social commence
par évoquer les liens avec les autres syndicats :
« Nous sommes dans l’obligation de constater
que les traîtres – vous aurez reconnu la CFDT –
continuent de trahir les salariés en accompagnant les réformes de ce gouvernement à la botte
du Medef. Ce n’est pas avec eux que nous obtiendrons la transformation sociale dont nous avons
besoin. »
PATRICK BIONDI
chimie, Hauts-de-Seine
« Le syndicalisme rassemblé crée des débats houleux et pour cause », commence-t-il. Il pointe
notamment des « signatures assassines ». « Les
autres organisations syndicales ne se considèrent
plus comme réformistes, mais à la hauteur du
patronat », poursuit-il. Il en veut pour preuve
le document titré « Réinventer la croissance »,
constitué de « 115 pages qui sanctifient le capitalisme» et qui a été « signé par la CFDT, la CFTC,
la CGC et soutenu par l’Unsa ». « N’avons-nous
pas mieux à faire que de nous compromettre avec
ces organisations ? Nous avons besoin, avant
tout, de rassembler notre syndicalisme CGT. »
MARIE BUISSON
FERC, Hauts-de-Seine
Elle revient également sur le « syndicalisme rassemblé » qui, selon elle, n’est plus d'actualité.
« Les luttes que nous vivons au quotidien sur le
terrain en sont la preuve. »
EMMANUELLE PEREZ-GIRALDEZ
métallurgie, Isère
« Les médias disent qu’on est en conflit perpétuel
avec la CFDT, mais comment ne pas être en conflit
quand une camarade est reclassée après une dure
lutte, que le patronat dit oui, mais la CFDT non.
En clair, pour elle, c’est le licenciement. Comment
expliquer ensuite qu’on veut faire une intersyndicale ? Ce n’est pas possible. »
FRANÇOISE DELIGNON
spectacle, Paris
« Je suis déléguée syndicale à RFI, qui fait maintenant partie de France Médias Monde. Un accord
d’entreprise du 31 décembre dernier a été signé
par la CFDT et la CFTC. Tous nos droits ont été
revus à la baisse, les techniciens passent à la soustraitance (...) », témoigne Françoise Delignon.
Pour elle, ce qui s’est passé à RFI servira de
« modèle pour la chaîne info de Hollande ».
Concernant « l’unité syndicale », elle propose
de préciser dans le document d’orientation
qu’elle doit se faire « avec ceux qui refusent les
reculs sociaux ».
« J’ai entendu Philippe Martinez dire que nous
nous étions trop rapprochés de la CFDT, mais le
document d’orientation continue d’utiliser la
formule du syndicalisme rassemblé. C’est faire
comme si ces précisions n’avaient pas été apportées. »
Elle doute également qu’il soit suffisant de préciser que ce « syndicalisme rassemblé » doit être
« de conquête sociale », car « la CFDT essaie d’expliquer que la loi El Khomri est une conquête
sociale ».
Françoise Delignon demande donc un « vote
séparé » sur la présence ou non de l’expression
« syndicalisme rassemblé » dans le document.
PASCAL TAILLEUX
chimie, Seine-Maritime
« Ces dernières années, nous avons accumulé les
défaites et on n’a toujours pas digéré celle des
retraites en 2010. Aujourd’hui, nous sommes
engagés pour défendre le Code du travail. Un
mois après, on peut se féliciter de la convergence
des luttes au sein de la CGT et avec les organisations qui ont le même objectif que nous : le retrait
de la loi travail. » Pour lui, la mobilisation sur
le projet de loi travail « permet de trancher le
débat : la CGT peut changer la société, mais la
CFDT est pourrie ». C’est pour cela qu’il demande
le retrait du terme « syndicalisme rassemblé »
du document.
CLARISSE DELALONDRE
FNME, Yvelines
Clarisse Delalondre « se félicite de l’appel du
51e Congrès », voté quelques minutes avant son
intervention. « C’est un sacré point d’appui pour
faire reculer le gouvernement. » Clarisse Delalondre
précise qu’elle était dans la troisième sous-commission qui a examiné les amendements du thème
3. Le vote de la sous-commission était majoritaire,
mais elle précise que deux membres, dont elle,
n’étaient pas « pour maintenir le texte en l’état ».
«La question du syndicalisme rassemblé fait vraiment débat. Le nombre d’amendements, 140, est
énorme. Le syndicalisme rassemblé symbolise l’alliance avec la CFDT, que nous rejetons.» Elle note
que Philippe Martinez a qualifié d’«erreur » le fait
« d’en avoir fait un partenaire privilégié ». Elle aussi
demande un vote séparé «sur cette question ».
CHRISTINE GAGNAIRE
commerce, Seine-et-Marne
Christine Gagnaire estime que le 51e Congrès
se tient « à un moment bien particulier », celui
d’un « mouvement syndical d’ampleur » contre
le projet de loi El Khomri. Christine Gagnaire se
« félicite que la CGT prenne ses responsabilités
contre ce projet, qui représente un danger de
régression sociale ».
A l’inverse, note-t-elle, « la CFDT s’en est félicitée, avec le Medef. Là où ils voient des avancées,
nous ne constatons que des régressions. » Elle ne
voit pas comment, dans ces conditions, le « syndicalisme rassemblé » peut perdurer. Christine
Gagnaire demande également un « vote séparé»
sur le « syndicalisme rassemblé ». Pour elle,
« l’unité » doit se faire avec les organisations qui
luttent contre le projet de loi. « C’est cet axe qui
permettra de faire reculer le gouvernement, à la
botte du patronat. »
MICHAËL LABLANCHE
FSPBA, Charente
« Le syndicalisme rassemblé, voté en 1995, a montré ses limites », estime Michaël Lablanche, pre-
nant pour exemple le conflit des retraites en
2010. « Nos militants ne le comprennent plus, ils
ne veulent plus travailler avec ces syndicats d’accompagnement du gouvernement, du capitalisme et du patronat. » Michaël Lablanche ne
rejette pas la possibilité d’un rassemblement syndical, mais « si les autres organisations veulent se
joindre à nous, ce sera sur nos revendications.
Pas de compromis, pas de recul. Nous ne sommes
pas là pour accompagner le gouvernement et le
Medef dans la casse de nos droits. Nous sommes
un syndicat de lutte. »
■
Dans la réponse du rapporteur,
Gilbert Garrel
En réponse au débat, Gilbert Garrel note que
l’objectif de « transformation sociale » figure
dans les textes fondateurs de la CGT. Il souligne que l’identité syndicale peut être « à géométrie variable ».
Enfin, concernant le « syndicalisme rassemblé », il insiste sur le fait qu’il est inscrit « dans
les textes de la CGT depuis 1995 ». « La scission de la CGT avait été vécue comme un traumatisme », insiste-t-il. « Le syndicalisme
rassemblé ne veut pas dire : la CGT avec la
CFDT », insiste-t-il. « En 2003, lors du mouvement des retraites, la CFDT a trahi les salariés
à un moment stratégique ». Il prend l’exemple
de sa fédération : « Des cheminots CFDT ont
rejoint la CGT. » Avant de conclure, citant Bernard Thibault : « Quand deux syndicalistes ne
se serrent pas la main, c’est le patronat qui
se les frotte. » (extraits du Peuple)
● A l’issue de cette réponse, un vote a été
organisé sur la résolution 3, qui a donné 57 %
de pour seulement, soit nettement moins que
pour les autres résolutions. Si un vote séparé
avait eu lieu sur la question du « syndicalisme
rassemblé», nul doute qu’il aurait « été balayé»
comme l’a relevé la presse.
C. M. ●
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