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Chapitre 7 - Caravelia

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Puis il se dirigea vers la blanchisserie. Le responsable, le père Syl, vint à sa
rencontre. Il fut charger de veiller sur ses livreurs qui souvent avaient la langue bien
pendue. Le linge sale se lavait en famille et personne n’avait besoin de savoir ce qu’il
se passait entre les murs. Le moine prieur, se rendit, ensuite, à l’église. Il y croisa
l’abbé Regère qui chassait les moutons rebelles avec son balai. Il le salua et s’avança
vers l’autel. Au pied des marches, il faillit perdre l’équilibre. Heureusement, l’abbé
Kille se trouvait là et accouru pour le soutenir. Celui-ci lui proposa de s’asseoir et
d’aller chercher l’abbé Taillère qui pourrait le transporter avec une chaise roulante.
Mais le moine supérieur ne voulût rien entendre. Il agrippa le bras du jeune moine
et le pria de le conduire aux cuisines. L’activité y était dense, le père Sillé découpait
des tranches de tête de veau et les disposait dans un plat qu’il saupoudrait de persil.
L’abbé Arnèse préparait des steaks qu’il envisageait d’accompagner d’une sauce à
sa façon. Quant à l’abbé Chamel, il s’occupait d’un gratin de pommes de terre. Le
chaussée aux moines était déjà sorti et se mettait à température. Il ne restait qu’à
préparer les tartes avec les fruits du verger, entretenu par le père Cheron. Cette visite
avait mis l’abbé Lemaire en appétit. L’idée de savourer ces quelques plats, dans peu
de temps, l’avait requinqué. S’appuyant, de nouveau, sur l’abbé Kille, il se dirigea
vers la bibliothèque.
L’abbé Lemaire était bien incapable de rester dans sa cellule sans rien faire, il
tournait en rond à longueur de journée. Malgré les antidépresseurs et autres calmants,
il ne tenait pas en place. Il décida de reprendre les rênes du monastère, gardant le père
Fectif pour le seconder et le remerciant des directives prises pendant sa courte absence.
Bien décidé à remettre les choses en place, il prit la direction de l’atelier d’imprimerie
où il demanda au père Myapoin, de créer des fiches de bonne conduite pour chaque
frère. Chacun d’eux devrait la remplir quotidiennement en y inscrivant au moins une
bonne action effectuée dans la journée. Douze bonnes actions consécutives, sans faux
pas, vaudrait une récompense exceptionnelle ; pourquoi pas un verre de vin au dîner ?
Jamais du vin n’était servi à table, les règles monacales imposaient de boire de l’eau
pendant les repas. Même en dehors d’ailleurs, seuls les moines chargés des caves
avaient le droit de goûter les alcools qu’ils fabriquaient. Et ils ne s’en privaient pas.
Le site du jeu est à l’adresse : http://www.caravelia.com/Tresor_Pie_de_Palo
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Les pères enquêteurs, le reçurent avec égard et l’invitèrent à se joindre à eux. Le
jeune abbé fut remercié et renvoyé à son activité. La lecture commença et dut
s’interrompre quelques minutes plus tard. Bien calé dans son fauteuil, le moineprieur s’était assoupi et ses ronflements dérangeaient quelque peu le lecteur et son
auditoire. Afin de ne pas le réveiller, ils sortirent du bureau et prirent place autour de
la table dans la salle de lecture.
Le mardi 28 février de l’an de grâce 1553
Nous avons entrepris moults abordages de navires espagnols présumés
garantir la route vers le couchant. Ils furent quelques fois couronnés de succès.
À l’approche de la mer des Caraïbes, notre premier objectif sera Puerto
Rico, suivi de la grande terre d’Hispaniola. En dépit des combats menés
ses dernières semaines et des richesses amassées, les hommes expriment toujours
leur mécontentement. Ils n’aspirent qu’à attaquer tous les vaisseaux que nous
croisons, toutes les îles, et plus encore s’il était possible. Certains d’entre-nous
pourtant s’impatientent de rentrer au pays pour retrouver leur famille. Je
suis de ceux-là. Marie, mon aimée, a mis notre chère fille au monde, peu de
jours après mon départ. Et je souhaite ardemment être de retour pour le premier
anniversaire de sa naissance.
Le samedi premier avril de l’an de grâce 1553
Notre passage à San German, aux îles Mona et Saona laissera
notre empreinte sur leurs habitants. La frayeur des habitants était telle qu’il ne
devenait plus utile de livrer bataille. Les portes s’ouvraient en échange de la vie
sauve. Depuis nombres d’années, ils étaient confrontés aux corsaires et pirates
de toutes les nationalités. Ils ont appris à vivre avec et, à présent, leur seule
ambition était d’éviter tout ennui. À Mona, qui pourrait être un paradis si
ce lieu était mieux fréquenté, vivait une jeune femme au joli sourire.
Notre prochaine escale est Azua.
Le vendredi 28 avril de l’an de grâce 1553
La séquestration des notables, des villes d’Azua et de La Yaguana,
nous ont bien rapporté. Devant les difficultés de collecter les rançons, demandées
pour leur libération, nous fumes contraints de les menacer de mort. Et la nécessité
nous a même conduit à pendre l’un d’eux à titre d’exemple. Cette exécution a
miraculeusement déliée les bourses des familles fortunées désireuses de recouvrer,
qui, un père, un fils ou un frère ; jusqu’au Sous-Gouverneur et ses mignons.
Le vendredi 5 mai de l’an de grâce 1553
Nous quittons la torpeur des Isles Antilles, nos vaisseaux reprennent
le large dans la direction de la France. Les cales sont pleines à ras bord
d’or, de bijoux, de pierres précieuses, d’argenterie, de cuivre, d’armes, de cuir et
de salsepareille. Nos réserves, en victuailles et en tonneaux de rhum, nous
garantissent d’arriver à bon port sans risquer ni la faim, ni la soif. Et, pour ma
part, je suis soulagé de m’être sorti d’un guêpier. D’ailleurs, à bord, les discussions
vont bon train quant à mon arrestation à Monte Cristi et celles d’autres
officiers de la flotte. Les hommes se congratulent encore de l’action de force menée
pour notre libération, je remercie le Ciel de leur loyauté.
Voici ce qu’il advint : Nous avions débarqué à Monte Cristi ainsi
qu’à l’accoutumée. Comme il se doit, un grand nombre de marins restaient à
bord des navires ancrés au large pour les défendre de toute attaque. D’autres,
profitant de l’ardeur du soleil, allaient s’égayer dans la ville. Nous entrâmes,
quelques commandants, lieutenants et moi, dans une auberge de la plaza.
Nous nous installâmes confortablement à une table et, commandâmes à boire
et à manger. Sans que nous y prêtions attention, petit à petit, la grande salle se
remplit. Nous remarquâmes néanmoins que des chalands étaient, discrètement,
prier de quitter les lieux pour laisser la place à de nouveaux arrivants. D’autres
entrèrent encore. Alors qu’il n’y avait plus aucun banc, ni même de chaises
libres, ils ne furent pour autant pas rejetés, bien au contraire. Ils se répartirent
dans la salle, qui devint de plus en plus encombrée. Les autres clients se levèrent,
se serrèrent au point d’encercler complètement notre table. Chacun de nous se
trouva ainsi bloqué et cerné. À un signal donné, en un même élan, des dagues
sortirent de leur fourreau et furent pointées sur nous tous ; des mains saisirent
les gardes de nos armes. Il nous était impossible de nous dégager sans périr sur
le champ. Nous fûmes ensuite désarmés, puis conduits sous bonne escorte. Ce
faisant, par quelques signes discrets, des membres de mon équipage, mêlés aux
badauds, me firent comprendre qu’ils profiteraient de la première occasion pour
nous libérer. Ils suivirent le convoi jusqu’aux geôles avant de retourner aux
navires.
Céans, nous fûmes enchaînés et présentés au commandant de la garnison
qui ne cacha pas sa grande fierté d’avoir capturé le célèbre Pie de Palo. Il
s’amusa à me dire qu’il préparerait une grande fête en mon honneur. En fait,
pour le jour de ma pendaison et de ce celles de mes infortunés compagnons. Il
devait cependant attendre l’arrivée, d’une semaine à l’autre, d’une escadre venant
d’Espagne. Il prévoyait de détruire notre flotte, non sans avoir préalablement
repris le butin de nos forfaits. Sa prise importante lui vaudrait certainement
d’être nommé gouverneur de Santo Domingo. Il pourrait ainsi mettre fin au
pillage par ces ratas de barco, comme il nous désignait. Jetés à bas dans une
cellule commune, sombre, répugnante, puante aux épais barreaux solidement
scellés, nous fîmes dégager quelques miséreux du coin que nous convoitions. En
me hissant à la hauteur de l’unique lucarne, une brise légère, venant du large,
chatouilla mes narines. Tant que je serai proche de la mer, je me sentirai fort.
Nous surplombions le port et la cité avec son église au milieu. Dans
la baie, nos vaisseaux mouillaient et attendaient notre retour. Nous n’allions
certes pas rester là sans rien faire. Je ne savais pas quand, ni quelle stratégie
serait employée pour nous libérer, mais je priais pour qu’elle ne tardât point. Cette
odeur pestilentielle me soulevait le cœur. La paille moisie, servant de litière, grouillait
de vermines. Les murs crasseux étaient couverts de noms, de signes indéchiffrables ou
de simples traits pour compter les jours. Beaucoup de prisonniers étaient passés là.
Mon regard s’élança vers la mer, mes poumons se remplirent de cet air
marin qui me faisait tant de bien. Je me pris au jeu d’imaginer des stratagèmes
que je pourrais utiliser, si j’étais dehors plutôt qu’enfermé. Je remarquais, une
colline surmontée d’une redoute, trois canons, de taille moyenne, protégeaient le
port. Je jugeais leur portée insuffisante pour une défense véritablement efficace.
Mais, orientés vers le fortin où nous nous trouvions, il en serait tout autrement.
J’approfondissais mon étude des lieux, au Nord, j’estimais la pente à 38 degrés,
tout en roche, parsemée de rares bosquets. Des enfants escaladaient le raidillon.
Le cadran du clocher me permit d’estimer qu’il leur fallut précisément 58 minutes
pour arriver au sommet. Ce cheminement était beaucoup trop long et bien trop
exposé ; mes hommes seraient occis avant d’arrivée en haut. Le versant Ouest,
d’une légère déclinaison de 5 degrés, était plus aisé. Pour prendre le contrôle de
la batterie, il faudrait suivre les contournements dus à des crevasses, aux rochers
et obstacles de tous genres. Aussi j’estimais la montée au même temps que par
l’autre versant. Le Sud et l’Est m’étant invisibles, j’abandonnais l’idée d’utiliser
ces deux angles d’attaque.
Quand je me tournais vers mes compagnons, ils riaient de bon cœur, un inconnu
les avaient abordé et discutait avec eux. Je m’approchais à mon tour et
m’asseyais près du groupe. C’est un français qui se nomme Jehan Le Clerc,
dit Bleu-Pâle, sûrement à cause de la couleur de ses yeux. Malgré son nom,
il n’est pas de ma famille. C’est un marin de Cancale. Il voguait sur un navire
marchand et venait régulièrement aux Antilles échanger des produits locaux.
Il avait entendu parler de nous, de nos exploits et était enchanté de faire notre
connaissance en dépit des circonstances. Il était condamné à mort pour avoir
tué un capitaine espagnol en duel. Mais cette mort prochaine ne semblait pas
l’affecter et il se remit à raconter son histoire. Il était écrivain à ses heures et
son humour faisait la joie de ses compagnons. C’est ainsi qu’il nous proposa deux
devinettes, qui nous laissèrent sans réponse :
Amer, je ne fis pas l’unanimité
Il fallut m’adoucir pour être adopté
Depuis, grande est ma notoriété
La seconde :
Notre grandeur fut révélée sur papel amate
La nuit tombait quand une bouillie infâme nous fut servie. Des morceaux
gluants indéfinissables côtoyaient de minuscules bouts de viande avariés et une
chose qui avait dû être du pain noir. Le tout baignait dans une eau grasse de
cuisson. Notre nouvel ami, nous invita à partager ce repas gastronomique, digne
d’un roi espagnol et de sa cour. Notre repas précédent ayant été interrompu,
nous nous vîmes contraints d’avaler cette horrible mangeaille. Les plaisanteries
de mon homonyme nous y aidèrent beaucoup.
Je m’endormis difficilement, la lavure ingurgitée gargouillait dans ma
panse. Comme il était le loin le temps des ripailles organisées, en mon manoir, par
ma chère Marie. Puis, me vinrent à l’esprit les plats colorés et savoureux qui
faisaient le renom de notre table : le cormary, le lapin au sirop, le gravé d’écrevisse,
le civet de lapin aux épices et l’agneau rôti au sel menu. Sans oublier les douceurs : la
tourte bourbonnaise, le flan siennois.. Mon ami de Gouberville était à l’origine
de ces repas plantureux. Il m’avait rapporté, d’un voyage en Italie, quelques
ouvrages culinaires. C’est lui aussi qui m’avait initié à la connaissance des vins,
de Bourgogne, du Bordelais, de Loire.
Ma rêverie culinaire fut interrompue par des détonations, des cris, des
ordres. Le vacarme s’amplifiait en se rapprochant des cachots. Puis, à la
lueur des torches, je vis mes libérateurs hilares, les trousseaux de clefs en main,
cherchant notre cellule. J’interpellais mes compagnons. Leur allégresse fut à son
comble lorsque la grille de fer fut ouverte. Heureux de nous retrouver, ils nous
étreignirent, faisant fi des grades. J’invitais Bleu-Pâle à se joindre à nous,
s’il voulait revoir le pays et sa famille. Il n’eut guère de mal à accepter. L’idée
de la pendaison ne l’enchantait guère.
Je fis ouvrir toutes les cellules et libérer tous les prisonniers, quelque fut la faute
commise. Les tourments endurés ici dépassaient souvent leurs méfaits.
Avant de reprendre la mer, la ville ne fut pas épargnée. Capturé, le
commandant avait perdu son arrogance et tout espoir d’occuper un jour de hautes
fonctions. Lui et les notables de la ville furent fait prisonniers, ils seront rendus,
contre forte rançon, à notre arrivée en France.
— Encore deux semaines environ. Mais parviendrons-nous à savoir où il a
caché ses richesses ? …
— Il le faudra bien. J’ai prévenu une amie, qui m’est très chère, de se préparer
à une expédition dans les semaines à venir. Elle possède une réplique d’un
magnifique navire du XVIIe siècle, le « Mayflower ». Depuis le temps qu’elle
m’invite à faire un voyage à bord, je vois là, une magnifique occasion.
Il s’agit d’une énigme à tiroirs. Lorsque vous
aurez découvert les trois indices, ils vous
permettront de trouver la réponse à cette
énigme.
Le site du jeu est à l’adresse : http://www.caravelia.com/Tresor_Pie_de_Palo
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La cloche annonçant le repas se mit à tinter, le père Yoddick termina son
chapitre et reposa le dernier feuillet sur la table. Tous se regardèrent,
s’interrogeant du regard. Ils se dirigèrent vers le bureau. L’abbé Lemaire
dormait toujours. Fallait-il le réveiller ? Ils se concertèrent et l’affirmative
fut décidée. Doucement le père Spicasse secoua le père supérieur, celui-ci
émergea difficilement de son sommeil : « — oui ? Que se passe-t-il ? Où suis-je ? Bredouilla-t-il.
— il est l’heure d’aller manger mon père, lui répondit l’enquêteur.
— ah oui !! j’ai dû m’assoupir un peu. Bon, ben, allons manger. Il se leva,
mais dû se rasseoir aussitôt tant sa tête se mit à tourner ;
— allez-y doucement, ce doit être à cause des médicaments que vous prenez.
Voulez-vous que j’aille chercher l’abbé Taillère ?
— non, répondit-il sèchement, je vais y arriver tout seul !
Quelqu’un frappa à la porte, l’abbé Kille venait proposer son aide au père
Prieur. Celui-ci lui lança un sourire reconnaissant. Soutenu par le jeune
homme, il retrouva tous ses esprits : « — qu’a donné la lecture, mes frères ? Je suis désolé de m’être endormi, mais
ces médicaments me font perdre la tête, et me font dormir n’importe quand.
— c’est normal, lui répondit le père Spicasse. Vous étiez surmené, en manque
de sommeil ; il fallait bien qu’un jour l’addition vous soit présentée…
— je sais bien… je sais bien… nous ne sommes plus tout jeune mon ami.
— oui, mais nous avons encore beaucoup d’années devant nous avant d’arriver
à l’âge du père Mien.
— je n’en demande pas tant. Je ne l’envie pas, pas plus que le père Petuel ou
le père Systan. J’espère que Dieu, Notre Père, n’a pas prévu pour moi une
vie interminable. Ni trop douloureuse, d’ailleurs. Je ne me vois pas finir mes
jours comme le père Clut, cloué au lit par l’arthrite ou le père Yclite qui n’en
finit pas de mourir. Mais bon, ce n’est pas le sujet du jour. Où en est notre
corsaire Pie de Palo ?
— Il a été capturé à Monte-Christi, mais a réussi à s’évader grâce à l’aide de
ses équipages.
— Ah !!! Bien, bien !! Et qu’en est-il de son trésor ? L’avez vous trouvé ?
— Non, pas encore, nous savons qu’il en a caché une grande partie sur une des
îles Canaries. Et que là, il revient en France avec le butin prit aux Espagnols
et celui de son séjour aux Antilles. Mais c’est tout !!!
— Ha !!! c’est bien dommage !!! Il vous reste encore beaucoup de pages à
lire ?
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