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Ankabouth » de Amina Agueznay - ArtMarket

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« Ankabouth » de Amina Agueznay
Amina Agueznay est la première artiste plasticienne conviée cette année à investir l’Atrium de Société Générale Maroc à Casablanca, un
espace au cœur du siège de l’entreprise dédié à la diffusion des explorations artistiques contemporaines. Pour cette exposition individuelle,
l’artiste fait une proposition qui consiste en un ensemble d’œuvres
conçues pour s’articuler étroitement avec les données architecturales
de l’Atrium. Des œuvres qui sont essentiellement réalisées à base da
la technique que Amina Agueznay affectionne par-dessus tout : le tissage.
Ankabouth ainsi s’intitule cette
exposition labyrinthique où
l’artiste se métamorphose en
araignée faisant œuvrer sous
sa houlette un groupe de fileuses. L’objectif fondamental
est de tramer patiemment sa
toile à plusieurs mains en vue
de capter, au sein de divers
enchevêtrements de matières,
de couleurs et de lumières,
aussi bien l’attention que le
corps du visiteur appelé à
s’engager
physiquement
et
mentalement dans le rythme
des œuvres qui investissent le
lieu entre horizontalité et verticalité et qui invitent à engager une relation perceptive
entre le macroscopique et le
microscopique, entre toiles
grossièrement nouées de cordons de laine d’épaisseurs variées et bijoux finement confectionnés dans la délicatesse du fil de soie et la subtilité lumineuse du doré et de l’argenté.
Dans son exploration de la poésie du textile et du tissage, Amina
Agueznay se propose d’interagir avec un ensemble de tapis de
l’artisanat traditionnel marocain qu’elle a pris le soin de sélectionner à
partir du fonds d’objets d’art de la Fondation du Groupe Société Générale. Ces tapis de collection réalisés à travers les temps et les territoires du Royaume par diverses mains de femmes et d’hommes, tisserands de notre patrimoine artistique ancestral, serviront
à l’artiste
comme champs référentiel
pour cultiver son propre jardin plastique,
déployer son potentiel créatif sous forme de dispositifs artistiques résolument contemporains. Dispositifs artistiques qu’elle distribue dans
l’Atrium de manière à y dessiner un parcours animé de fils
qui ne sont
tissés et brodés, tramés et plissés que pour définir des espaces
où
s’entrelacent plein et vide, visible et invisible, passé et présent, tradition et contemporanéité.
Le textile est par excellence un matériau d’une
évidente plasticité. Il se
noue
et se dénoue, se
coud et se découd,
s’assemble et se déchire, s’entrelace et se
trame, se plie et se déplie, s’enroule et se déroule, comme il se glisse
aisément du bidimensionnel au tridimensionnel et inversement...
Présentées
frontalement, on peut alors contempler les réalisations en textile comme un
tableau, comme on peut, en tant que structures volumétriques, tourner
autour d’elles ou s’introduire en elles physiquement.
Partant, ainsi, d’un héritage culturel riche d’un vocabulaire formel constitué de signes et de symboles dont le processus de formation remonte
loin dans l’histoire et la transmission des savoir-faire qui se fait par la
succession générationnelle
des maalemines et maalemates (maîtreartisans), Amina Agueznay fait pousser
un art tout à fait singulier qui
sait se nourrir de l’artisanat traditionnel pour mieux nous ouvrir sur des
préoccupations artistiques des plus actuelles. A l’ère de la machine et
du développement des nouvelles technologies du numérique, l’artiste
renoue délibérément avec des procédures techniques au fondement
des pratiques artisanales ancestrales
et œuvre dans la proximité de
l’artisan qui fonde son activité créatrice d’abord et avant tout sur la
main. Toutefois, l’objectif de sa quête et sa revendication sans ambages du fait-main, n’est à l’évidence pas de confectionner des objets
destinés à l’usage quotidien ou de reproduire indéfiniment des formes
artistiques anciennes, mais de tirer des kilomètres de fils pour produire
des œuvres contemporaines capables d’élargir le champ créatif,
d’interroger l’espace architectural et d’interagir avec lui. Des œuvres
réellement aptes à capter dans leur filet le visiteur pour l’engager dans
des univers plastiques novateurs susceptibles de l’ouvrir à de surprenantes expériences esthétiques et des horizons poétiques aux perspectives sémantiques inouïes.
Mohamed Rachdi
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