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00 PAGE UNE 2 - POI Comité de Vitrolles

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L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes
401
INFORMATIONS
OUVRIÈRES
nouvelle série
N0
(2795)
du 12 au 18 mai 2016
1,5 euro (soutien 2 euros)
ISSN 0813 9500
INFORMATIONS
OUVRIÈRES
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(page 16)
TRIBUNE LIBRE DE LA LUTTE DES CLASSES H E B D O M A D A I R E D U PA R T I O U V R I E R I N D É P E N D A N T
POI
Incapable de faire voter sa propre majorité sur la loi travail,
le gouvernement passe en force avec le 49.3
DANS TOUT LE PAYS,
LA COLÈRE,
81% DES FRANÇAIS CONTRE !
Les travailleurs sont fondés à riposter
par la grève et la manifestation !
15 MAI > 27 JUIN
Campagne d’abonnements d’été
à Informations ouvrières
10 numéros
(du 7 juillet au 7 septembre)
pour 12 euros.
page 9
Abonnez-vous !
Pages 2 et 3
4 JUIN 2016 - PARIS
CONFÉRENCE NATIONALE
Pour la défense des conquêtes
arrachées en 1936 et en 1945.
À LA UNE
INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 401
Semaine du 12 au 18 mai 2016
Dessin Le Fennec
2
CONFÉRENCE
NATIONALE
Pour la défense
des conquêtes arrachées
en 1936 et en 1945.
Pour faire parvenir
vos contributions,
JUIN
vos points de vue,
vos comptes rendus
de réunions préparatoires
SAME
DI
à la conférence nationale
du 4 juin :
informations-ouvrieres@fr.oleane.com
4
Un coup de force pour une
Valls annonce le recours au 49.3 pour faire passer
V
Yan Legoff
ers 15 heures, ce mardi
10 mai, Manuel Valls
annonce que son gouvernement s’apprête à
recourir à l’article 49.3 de
la Constitution pour faire
passer, sans vote, le projet de loi El Khomri, alors même que la discussion sur l’article premier du texte avait à peine
commencé (le gouvernement avait déjà
interdit tout vote d’amendement !).
DANS TOUT LE PAYS, LA COLÈRE
Parmi les travailleurs, la jeunesse dans tout
le pays, c’est l’écœurement, la colère, l’indignation, la révolte. Comment ce gouvernement isolé, rejeté, a-t-il pu oser passer en
force ? Même à l’Assemblée croupion qu’est
la Chambre des députés sous la V e République, il n’a pas été capable de trouver de
majorité ! Un gouvernement en déroute, élection après élection, depuis des mois, incapable de faire voter ses propres lois par ses
propres députés ! C’est dire la crise politique
profonde qui ravage ses rangs et, au-delà, le
régime tout entier. Ce coup de force du gouvernement est, en réalité, un aveu de profonde fragilité.
L’AXE DE RÉSISTANCE CGT ET FO
Depuis des semaines, les confédérations
CGT et FO, avec la FSU et Solidaires, avec les
organisations étudiantes et lycéennes, mobilisent sans relâche, avec une ampleur inédite
sous un gouvernement dit de « gauche »,
pour le retrait du projet de loi. Des millions
de grévistes et de manifestants, le 31 mars
dernier dans tout le pays ! Et la détermination ne faiblit pas. Cet axe de résistance, de
plus en plus soudé sur l’exigence du retrait,
a surmonté toutes les manœuvres, toutes les
provocations, toutes les tentatives de pourrissement depuis deux mois.
Toutes les couches de la population rejettent ce projet : un dernier sondage, le 4 mai,
indiquait à nouveau que 74 % des Français
sont opposés au projet de loi. Et avant cela,
ce gouvernement avait, au cours des derniers mois, soulevé contre lui les taxis, les
agriculteurs, les enseignants…
UN ACQUIS QUI REMONTAIT
À LA GRÈVE GÉNÉRALE DE 1936
Résultat : bien au-delà du cercle des « frondeurs », une partie des députés PS sont en
sécession, réclamant depuis des jours la suppression de l’article 2 du projet sur « l’inversion de la hiérarchie des normes ».
Avec la loi El Khomri, chaque patron pourrait faire adopter dans son entreprise des
accords dérogatoires aux conventions collectives de branche et au Code du travail. Or
le « principe de faveur », qui interdit de tels
accords dérogatoires, structure le droit du
travail en France depuis 1936 ! Un acquis
gagné de haute lutte par la grève générale !
Il ne pourra pas être question de dénaturer
ce texte. »
Avec la loi El Khomri, chaque patron pourrait même, s’il trouve des syndicats minoritaires pour l’accepter, organiser des
référendums pour contourner l’opposition
des syndicats majoritaires dans l’entreprise !
VALLS FAIT IMPLOSER
LE PARTI PRÉSIDENTIEL
Valls a préféré faire littéralement imploser
le parti présidentiel, devenu un champ de
ruines, déchaînant une crise incomparablement plus profonde que lors des précédents épisodes (affaire de la révision
constitutionnelle sur la déchéance de nationalité en début d’année ; passage en force
de la loi Macron, l’an dernier ; pacte de responsabilité, etc.).
« L’idée même que la négociation doive avoir
lieu dans l’entreprise, c’est au cœur du texte »,
a-t-il réaffirmé le 6 mai. Et le président du
groupe PS, Bruno Le Roux, proche de François Hollande, avait aussi prévenu qu’« il ne
peut pas y avoir de retour sur l’article 2 ».
Dimanche 8 mai, Valls enfonçait encore le
clou : « Nous assumons d’avoir construit un
projet dont les chefs d’entreprise – j’en suis
convaincu – sauront se saisir pour rendre notre
économie plus agile. » Et de marteler : « La philosophie du texte ne doit pas bouger. »
Le Roux ajoutait, avec hargne, le lendemain :
« Si ce texte est aujourd’hui mis en danger (...)
c’est bien parce qu’une partie de la gauche a
décidé de s’allier à toute la droite pour essayer
d’empêcher le gouvernement de réformer (…).
L’ALARME DES SOUTIENS
AU GOUVERNEMENT
Un gouvernement
en déroute,
élection
après
élection,
depuis
des mois,
incapable
de faire
voter
ses propres
lois par
ses propres
députés !
La presse la plus complaisante avait pourtant mis en garde solennellement Valls : « Le
gouvernement n’a pas le choix. Il ne dispose
pas de cagnotte en légitimité pour s’offrir
le risque de dégainer un 49.3 sur un texte
aussi important, s’alarmait, le 9 mai, l’éditorialiste du journal Libération. A force de
se dire qu’il lui reste du temps pour recoller
les morceaux, François Hollande n’en a plus.
Un passage en force serait son coup de
grâce. » Et d’appeler à la conclusion d’un
« compromis » que le rapporteur du projet, le député Christophe Sirugue, avait
concocté au prix d’un laborieux projet
d’amendement de l’article 2, mais sans
rien changer sur le fond. Mais même cet
amendement, Valls l’a finalement écarté
après l’annonce du 49.3 (lire ci-contre).
L’ACCORD HOLLANDE-VALLS-CFDT
Tous les commentateurs soulignent que
Valls et Hollande n’ont pas voulu remettre
en cause l’accord qu’ils avaient passé avec
la CFDT, précisément sur cet article 2.
« Nous soutenons la philosophie du texte,
car créer la norme au plus près des entreprises (…) est une bonne chose », rappelait
une nouvelle fois, le 4 mai, dans Le Figaro,
le numéro un de la CFDT, Laurent Berger.
À LA UNE
INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 401
Semaine du 12 au 18 mai 2016
ÉDITORIAL
Communiqué CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL
Projet de Loi travail : amplifier la mobilisation
face au déni de démocratie !
lors que les salarié-es, les jeunes, les
privé-es emploi, les retraité-es sont mobilisés depuis plus de 2 mois pour le retrait
du projet de loi travail et l’obtention de
nouveaux droits, alors que l’opinion
publique reste massivement opposée à ce texte, le
gouvernement décide de passer en force en utilisant le 49.3. Inacceptable !
A
Ce sont les mobilisations qui ont contraint le gouvernement à proposer des modifications au projet
de loi pour tenter d’en minimiser les impacts. Le
compte n’y est toujours pas !
Un code du travail par entreprise à l’opposé de la
“hiérarchie des normes”, élément protecteur et égalitaire, perdure dans le projet de loi. Scandaleux !
Plusieurs secteurs professionnels continuent de
développer des actions, des grèves (cheminots, routiers, énergie, chimie, construction, aéroport de Paris,
etc.), qui sont autant d’éléments d’appui et de dynamiques dans la poursuite, l’amplification et l’élargissement du rapport de force.
Cette situation renforce la nécessité d’amplifier
les mobilisations déjà engagées le 12 mai sur tout
le territoire.
A partir de tous ces éléments, les organisations
syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse, UNEF, UNL et FIDL invitent leurs
structures à organiser des assemblées générales
avec les salarié-es pour débattre des modalités d’actions, de la grève et de sa reconduction.
Elles appellent leurs organisations à construire
deux nouvelles journées de grèves et manifestations
le mardi 17 mai et le jeudi 19 mai prochains.
De plus, elles n’écartent aucun type d’initiative
pour les semaines à venir, y compris une manifestation nationale.
Afin de faire valoir leurs propositions elles décident de s’adresser ensemble au Président de la
République pour être reçues rapidement.
Une nouvelle réunion des organisations syndicales se tiendra dès le début de la semaine prochaine pour décider de nouvelles mobilisations.
fin de régime
Montreuil, le 10 mai 2016
la loi El Khomri
Mais il ajoutait aussi : « L’état d’affrontement
dans le pays m’inquiète. L’outrance l’emporte. » Lui et le gouvernement qu’il soutient récoltent ce qu’ils ont semé.
LE RÉGIME SE DÉCOMPOSE
Les moyens que le pouvoir s’est donnés vont
des dispositions les plus antidémocratiques
de la Ve République aux provocations directes
contre les manifestations, avec tous les dérapages possibles, dans une situation de décomposition de la société et de l’appareil d’Etat.
Après avoir encouragé les méthodes policières
les plus brutales contre les manifestations, le
gouvernement doit maintenant faire face à
la menace de perte de contrôle de secteurs
de l’appareil policier qui appellent à manifester, place de la République, le 18 mai, contre
la « haine anti-flic » et « l’irresponsabilité de
la CGT », selon les mots de l’Unsa police, qui
dénonce aussi « le laxisme et-ou l’incompétence des organisateurs » des manifestations
contre la loi El Khomri.
Ve République, à bout de souffle. « A voir les
candidats qui émergent pour 2017, rien ne
laisse espérer que le prochain quinquennat
échappe à cette malédiction », ajoute l’éditorialiste. Les patrons ne savent plus qui
pourrait gouverner !
“LES FRANÇAIS NE FONT CONFIANCE
À PERSONNE”
Quant à la masse de la population, toutes
couches sociales confondues, elle « ne fait
confiance à personne », titre le site internet de
“Pour
l’hebdomadaire Le Point, commentant une
81 %
enquête, le 4 mai. « Selon un sondage, les Frandes Français, çais ne croient ni à Hollande qu’ils jugent sévèle bilan
rement, ni à la droite qui ne ferait pas mieux,
ni au FN qui ferait pire », résume l’hebdomadu chef
daire.
de l’Etat
d’expliquer : « Pour 81 % des personnes interest négatif. Et
rogées, le bilan du chef de l’Etat est “négatif ”
Cela ne
(…). (Cela) ne profite pas à l’opposition. Seuls
profite pas
24 % des Français pensent que la situation économique et sociale serait meilleure si Les Répuà l’oppoblicains étaient au pouvoir (…). Les jugements
sition.”
sont encore plus sévères dans l’hypothèse où le
LES PATRONS NE SAVENT PLUS
(Le Point)
Front national serait au pouvoir : seules 18 %
QUI POURRAIT GOUVERNER
des personnes interrogées pensent que la situaL’isolement de l’exécutif, à un an de la prétion serait meilleure. »
sidentielle, est total. « Le quinquennat actuel
risque de s’achever comme le précédent : sur
Le recours au 49.3 est l’emblème d’une fin de
un rejet massif du chef de l’Etat », constate
règne, d’une fin de régime. Le rejet de toutes
avec grande inquiétude le journal patronal
les forces politiques institutionnelles et la colère
Les Echos (9 mai), qui indique également
suscitée par le coup de force gouvernemenl’absence d’alternative politique pour restal ouvrent d’ores et déjà sur une autre situataurer la stabilité des institutions de la
tion, dont nul ne sait jusqu’où elle ira.
■
Repères
Les institutions
antidémocratiques
de la Ve République
Depuis sa fondation, le Parti ouvrier indépendant combat les institutions antidémocratiques de la Ve République. Dans
son manifeste, adopté lors de son congrès
de fondation, les 14 et 15 juin 2008, à
Paris, nous écrivions : « Le Parti ouvrier
indépendant se prononce contre les institutions antidémocratiques de la Ve République fondées dès l’origine dans un esprit
bonapartiste. »
En effet, à la différence du régime de la
démocratie parlementaire, où l’Assemblée
nationale est la source des lois et désigne
le Premier ministre, dans la Ve République,
l’ensemble des pouvoirs est concentré
dans les mains du président de la République. C’est lui qui désigne le Premier
ministre et forme le gouvernement. Et c’est
ce gouvernement qui élabore les lois qui
doivent être ratifiées par l’Assemblée
nationale, caractérisée comme un Parlement croupion.
Dans les cas de crise de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, le gouvernement a la possibilité, en recourant
à l’article 49.3, de faire passer son projet
sans le vote des députés.
■
3
é
A
Chantage
à tous les étages
Philippe Riché
membre du bureau national du POI
l’heure où ces lignes sont
écrites, le Medef aura peutêtre décidé s’il quitte ou non
la négociation sur l’assurance
chômage, en « représailles »
envers le gouvernement, coupable, selon
lui, d’avoir vidé de son contenu le projet
de loi « travail ». Ruse grossière pour tenter, en vain, de faire croire aux salariés
qu’il n’est plus nécessaire de faire grève
ou de manifester pour le retrait du projet.
C’est vrai que le gouvernement l’a modifié quelque peu, mais cela n’a pas suffi à
désamorcer la mobilisation. Car le cœur
du projet n’a pas été touché : permettre
au patronat de faire disparaître à terme
les conventions collectives, auxquelles
devraient se substituer des accords d’entreprise défavorables aux salariés. Chantage à l’emploi : baisse de salaires,
travailleurs soumis en permanence aux
modifications d’horaires au gré des fluctuations des carnets de commande… ou
licenciements, même si l’entreprise
dégage des bénéfices.
Chantage du côté du gouvernement :
Manuel Valls n’exclut pas d’avoir recours
à l’article 49.3 de la Constitution pour faire
passer en force la loi travail. Il lui manquerait une quarantaine de voix pour
qu’une majorité de députés la votent.
Les confédérations CGT, FO, avec FSU
et Solidaires, et les organisations étudiantes
et lycéennes, appellent à faire du 12 mai
une journée d’initiatives et d’interpellation des parlementaires.
La démocratie exigerait que les députés, soucieux de favoriser une politique en
faveur du monde du travail, refusent de
discuter du projet El Khomri, relaient l’exigence majoritaire dans le pays : que le gouvernement retire son projet de loi.
Il n’y a qu’une chose qui puisse les faire
revenir à la raison : que les salariés décident de s’y mettre tous ensemble, se réunissent en assemblées générales comme les
organisations syndicales les y invitent,
débattent et décident la grève, jusqu’au
retrait.
Nous ne sommes pas en démocratie.
Combien de fois les députés ont-ils été
interpellés et, plutôt que d’entendre le
peuple, ont fait ce que le gouvernement leur
ordonnait ?
Ils n’écoutent ni les salariés ni les paysans étranglés par la « grande distribution »,
par les négociants et les multinationales de
l’agroalimentaire et des spiritueux.
Alors, pour faire diversion, on nous
matraque quotidiennement sur les élections de 2017, alors qu’elles n’auront lieu
que dans un an. Sur les primaires à droite,
à gauche, le danger du Front national, dont
ils font la promotion…
Il n’y a plus grand monde pour considérer que ces élections puissent apporter
les solutions à nos problèmes.
Et pourtant, au rythme où vont les
choses, que restera-t-il bientôt du Code du
travail, des services publics, de la protection sociale, des acquis de 1936 et 1945 que
les gouvernements s’acharnent à détruire ?
Combien de petits paysans devraient
encore être sacrifiés, combien d’exploitations devraient encore disparaître ?
C’est collectivement qu’il nous faut discuter de tout cela, quelles que soient nos
sensibilités ou appartenances politiques.
Le 4 juin, la conférence à l’initiative du
Parti ouvrier indépendant est ouverte à
toutes celles et ceux qui cherchent les
moyens de préserver tous les acquis sociaux
et de reconquérir ceux qui nous ont été
volés.
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